A contre-courant des aspirations des Français, dont il veut incarner le destin national, le président du Modem, défendant le dogme ultralibéral et les intérêts des financiers, s’est dit farouchement opposé au retour à la retraite à 60 ans. Une position claire, mais très risquée dans la perspective de la présidentielle.
Depuis 2008, avec la crise des « subprimes », et aujourd’hui, avec la soi-disant crise de la dette, la démonstration a été faite que les peuples ne sont en rien responsables du désordre financier visant à asservir les Etats au marché, avec la complicité de gouvernants cupides et irresponsables -comme Sarkozy -, en conférant un pouvoir d’appréciation exorbitant à des agences de notation « bidons » (Moody’s, Fitch, etc.).
Dans un passé récent, ces agences, dont on nous rebat les oreilles, n’ont pourtant pas brillé. Aux Etats-Unis, elles ont démontré leur incurie en surnotant des banques multinationales, dont certaines ont fait faillite (Lehman Brothers, en septembre 2008,) quelques semaines après avoir obtenu le triple sésame, tandis que d’autres, telle Goldman Sachs, réalisaient des profits colossaux sur le dos de certains Etats, aujourd’hui en quasi-faillite :
« En février 2010, le New York Times affirme que GS porte une responsabilité directe dans l’aggravation de la crise de la dette publique grecque. Elle aurait aidé le gouvernement grec à camoufler sa dette grâce à des outils financiers qui lui auraient permis de dissimuler ses transactions tout en renflouant ses comptes avec l’aide d’autres banques américaines. Goldman Sachs en aurait tiré 300 millions de dollars de bénéfices. »(Source Wikipédia)
François Bayrou compromet sérieusement ses chances
Le système capitaliste et la spéculation dont il se nourrit sont seuls responsables de cette gabegie, dont on veut faire porter le chapeau aux acquis sociaux. En Grèce d’abord (dans les autres Etats bientôt), dont la population subit de plein fouet le remède ignoble imaginé par les pantins qui gouvernent l’Europe et les Etats qui la composent.
François Bayrou participe-t-il de cette volonté de s’en prendre aux victimes, sans véritablement mettre en cause les vrais coupables ? En tout cas, il semble commettre une erreur d’analyse, doublée d’une maladresse politique, en s’arqueboutant sur le refus de rétablir le droit au départ à la retraite à 60 ans.
Outre qu’il le fait passer pour un partisan de la casse de la retraite par répartition au profit des rapaces -assureurs et banquiers-, son entêtement contre la retraite à 60 ans obère considérablement ses chances à la présidentielle
A droite toute pour le président du Modem ?
Si Bayrou, ancien patron de l’UDF, -avant que cet agglomérat de hobereaux provinciaux ne vole en éclat en 2007 au second tour de la présidentielle-, après son score remarquable de 18%, a pu faire croire durant quelques années à son appartenance à un centre aux idées humanistes, sa déclaration, dimanche soir, sur France Gouvernement 2, contre la retraite à 60 ans, l’a probablement disqualifié en tant qu’homme politique porteur des aspirations du peuple.
L’homme politique a retrouvé les accents du libéral de droite en se positionnant en « comptable » du capitalisme. Il a semblé prendre fait et cause pour tous ceux qui sont à l’origine des déficits abyssaux en Europe et en France en particulier, c’est-à-dire les banquiers et les financiers qui spolient la planète depuis le triomphe de l’ultralibéralisme, qui est un véritable terrorisme contre l’humanité.
Dommage pour le Modem et pour son président. En s’attaquant à un acquis qui témoigne du progrès social indispensable à la paix et à la concorde au sein d’une société évoluée, Bayrou montre à nouveau le visage d’un homme de droite sans sentiment ni compassion pour ceux qui ont besoin de tout, sauf qu’on attaque les quelques droits à mieux vivre que leurs aînés ont arraché de haute lutte, souvent dans les larmes et le sang.
Hollande pousse-t-il Bayrou à se rapprocher de Sarkozy ?
La désignation de François Hollande comme candidat du PS a manifestement réduit l’espace politique de Bayrou. L’ouverture, envisageable avec Ségolène Royal, est à présent rangée au placard. Se place-t-il désormais aux côtés de la droite dure sarkozyste, défenderesse acharnée des puissances financières, que lui-même, en son temps, pourfendait ?
Changement de cap, virement de cuti, retournement de veste de la part du Béarnais ? Non, Bayrou tient le discours de 2010, il n’a pas varié. C’est bien là le problème. Il reste sourd aux 8 millions de Français qui ont battu le pavé durant l’année 2010.
Il ne semble pas avoir pris en compte les éléments fiables, et difficilement contestables, du dossier des retraites. Moultes analyses ont en effet démontré l’inefficience de la réforme des retraites Sarkozy-Fillon, au moment où, par ailleurs, le gouvernement présente de façon totalement fausse les déficits sociaux (1). Ce qui prouve la malhonnêteté de Sarkozy en matière de gestion sociale !
Les électeurs de droite et du centre voteront Le Pen
En se crispant sur cette question de la retraite à 60 ans, alors qu’elle est une des préoccupations majeures des Français, jeunes et vieux, François Bayrou cherche-t-il un positionnement politique susceptible de lui faire récupérer les centres qui composent le marais français, du Parti Radical au Nouveau Centre, avec, bien entendu, le Modem comme épicentre ?
Le calcul est risqué. Ses anciens et « chers » amis de l’ex-UDF ne sont pas prêts à l’accueillir ! Le second tour de 2007 a laissé des traces encore vives, comme en témoignent les propos acerbes de son ex-ami Hervé Morin : « Voter Bayrou, c’est voter socialiste au second tour ».
Bayrou oublie que dans la compétition, Marine Le Pen, démago ou pas, s’est rangée du côté de la retraite à 60 ans. De même que Nicolas Dupont-Aignan et les Républicains de Progrès. De ce côté, il ne glanera plus rien. Les électeurs de droite et du centre, attachés à la retraite à 60 ans, qui répugnent habituellement à voter Le Pen, et qui ne veulent pas davantage voter socialiste, n’auront pas d’autre choix que la présidente du Front National.
Son positionnement confirmé sur la retraite le rapproche de Sarkozy, avec lequel il se montre depuis quelque temps beaucoup moins critique. Viserait-il un maroquin en cas de victoire de l’agité de l’Elysée, en 2012.
Et pourquoi pas celui en cuir de croco de Matignon ?
(1) La sécu en excédent de… 9 milliards
Le soi-disant déficit de la sécu est annoncé à hauteur de 11 milliards d’euros. Or :
1) Une partie des taxes sur le tabac destinée à la Sécu, n’est pas reversée, soit : 7,8 milliards. 2) Une partie des taxes sur l’alcool, destinée à la Sécu, n’est pas reversée, soit : 3,5 milliards. 3) Une partie des primes d’assurances automobiles destinée à la Sécu, n’est pas reversée soit : 1,6 milliard. 4) La taxe sur les industries polluantes destinée à la Sécu, n’est pas reversée soit : 1,2 milliard. 5) La part de TVA destinée à la Sécu n’est pas reversée soit : 2 milliards. 6) Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés soit : 2,1 milliards. 7) Retard de paiement par les entreprises, soit : 1,9 milliard.
Soit … 20 milliards d’euros de manque à gagner.
Le faux trou de la sécu
Contact : Evelyne DUBIN Secrétaire Générale Adjointe au Directeur Général Institut National du Développement Local Avenue Michel Serres BP 32 47901 AGEN Cedex 9 tél : 05.53.48.06. 74 fax : 05.53.48.06. 71 mob : 06.72.19.53. 50 mail : e.dubin@indl. fr
Verdi
Lundi 24 octobre 2011

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Journaliste engagé contre le "sarkozysme", auteur du livre "2002-2009 Le Temps des Cretins".
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