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Accueil du site > Actualités > Politique > Où chacun en prend pour son grade

Où chacun en prend pour son grade

Un récent article de P. Jorion* titre : "La crise est politique". A quoi un commentaire objecte que la crise est civile. Ce qui réconforte, car l’auteur des lignes qui suivent se sentait un peu seul à voir ce qu’il croyait avoir vu.

La crise politique est encore dissimulée non sans mal par l’establishment, mais la crise sociale est évidente quoique longue, douloureuse et loin de son terme.

C’est ce qui paraissait évident dans la tenue de la conférence de presse de l’AN II, qui suivait de près le vote de l’ANI. Cet indigeste "évènement" a montré que le pédalo s’enfonce, que la crise politique est cachée sous le mascara, la poudre de riz et les perruques.

Malgré le bombement de torse du Chef de l’Etat à l’évocation de son rôle historique à venir en tant que leader européen. Sans doute pour continuer à dissimuler les tractations menées dans les coulisses pour établir le Traité Transatlantique, si cher aux USA, à la Troîka et à Mme Merkel.

"... le sentiment amer d’avoir été trompés n’a malheureusement pas été dissipé", énonçait malencontreusement un édito de l’Humanité.fr, qui aujourd’hui publie un éditorial de P. Le Hyaric* dans La Terre visant à mobiliser contre le TA, mais en oubliant de mentionner explicitement le rôle de la France, c’est-à-dire de F. Hollande dans les négociations actuelles.

Encore heureux, si cela pouvait être vrai au contraire, que ce "sentiment amer" n’ait pas été dissipé : ce serait le comble !

D’ailleurs ne se sentent floués que ceux qui affectaient de prendre des vessies pour des lanternes, un dirigeant socialiste pour un homme de progrès et le PS pour un parti de gauche. Ils y sont allés si fort depuis des années, qu’ils avaient vidé de toute substance l’expression être "de gauche", ou mieux : qu’elle ne pouvait plus seulement être employée, car elle rendait la bouche pâteuse.

Il a fallu la campagne du représentant du Front de gauche à la présidentielle pour qu’elle retrouve quelque sens.

Donc discordance flagrante entre la distance affichée du monarque à l’égard de son impopularité dans l’opinion publique, ce qu’il faut appeler en langage soft sa clairvoyance, son courage et sa détermination, et le temps qu’il a mis pour essayer de se faire valoir sous les lambris et devant des gens propres (ils étaient 400) dans leur mise. C’est qu’on va chercher son réconfort et sa légitimité morale où l’on peut : une fois du côté de l’Europe, l’autre fois du côté d’un parterre sélectionné, mais difficilement du côté de son bon peuple

Parce qu’on traîne quelques casseroles plutôt de fonte que d’aluminium. Le TSCG faussement renégocié, les 20 milliards de crédit d’impôt accordés les yeux fermés aux entreprises, et tout récemment l’ANI qui remet en cause le Code du travail, si chèrement conquis par les travailleurs au cours de 170 ans de luttes parfois féroces. Ou encore l’annonce de la poursuite de la liquidation des bijoux de famille avec la diminution de la part de l’Etat dans de grandes entreprises. Processus qui a d’ailleurs déjà été enclenché avec Safran (450 millions d’euros) et EADS (707 millions d’euros). Il reste ainsi à céder sur ce qui n’a pas été dilapidé, au cours de précédentes décennies, et massivement sous L. Jospin et J-L Mélenchon et les communistes au gouvernement, chez : la SNCF, les Aéroports de Paris, Air France et Renault. Ceci au titre fallacieux de réinvestissement dans des secteurs productifs et au nom de la fameuse politique de "création d’emplois".

Autre remarque : la future réduction des droits lors de l’accès à la retraite n’est plus faite pour répondre aux exigences apatrides de réduction des intérêts de la dette, non ! quelle erreur de la part de ceux qui le croiraient ! ... Mais maintenant, selon F. Hollande, pour préparer l’avenir de nos jeunes. Voyez comme au détour apparaît quand même la natte du philistin : la jouissance masochiste dans l’impopularité trouverait-elle donc ici ses limites ? Et voyez aussi la mine rayonnante de Mme L. Parisot : elle a tout de la femme comblée. Avec F. Hollande et sa clique qu’ils ont sur les bras, beaucoup se demandent quel peut bien être cet avenir des générations futures : c’est cela que disent les sondages calamiteux.

Et contrairement à ce que veut y comprendre P. Laurent, ce n’est ni "aveuglement", ni "obstination" de la part d’un Président : c’est une orientation politique élaborée de longue date et appliquée avec détermination. L’aveuglement ou l’obstination relèveraient de l’erreur faite par un homme de gauche qui agirait mais avec maladresse pour le bien du peuple ; homme de gauche que le monarque n’est pas.

D’où aussi cette permanente "confirmation" ( pour J-L Mélenchon, lui qui tombe de confirmation en confirmation) de cette évidence antédiluvienne que les socialistes sont des néolibéraux honteux.

Pour revenir à une image de la navigation, plutôt que le pédalo, n’avons-nous pas plutôt revu une scène de Titanic, dans le luxe et l’apparat, sous les ors et les éclairages des salons de la classe des gens bien, tout à l’écoute et au questionnement du commandant de bord qui, comme eux, ignore le choc imminent ?

Parce qu’au pire peut très bien succéder le pire encore.

 

* http://bellaciao.org/fr/spip.php?article135505

* http://www.humanite.fr/monde/marche-transatlantique-refusons-leurope-nord-ameri-541935


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2 réactions à cet article    


  • Akerios 22 mai 2013 18:31

    Je reste sans voix.

    C’est vrais le naufrage sera Titanesque. Mais dans tous les naufrages ce sont les rats qui quittent les premiers le navire.

    Dans un autre message j’ai parlé d’un énorme, vraiment un gros rat dans tous les sens du terme .......... que j’ai vu passer.

     Il était français et maintenant il est russe mais il reste un rat.

     Il va bientôt rentrer en France pour retrouver sa gamelle et s’en retournera en russie chanter les louanges d’un président libérateur des peuples, d’un grand démocrate......si, si .....cela n’est pas une blague.

    De loin j’ai aussi vu passer une autre rat au pelage brillant , aux yeux bleus , a l’allure encore magnifique bien que âgé . Il déclare fièrement qu’il reste en France seulement pour ses petits. Quel rat , un véritable exemple !

     Chut ! .....une mauvaise langue vient de dire « mais lui c’est un rat Suisse , je le connais c’est Alain ! »

    Il en est parti des centaines..... cela n’est pas bon signe. Moi je reste en France , je paie mes impôts alourdis par plus de 90 milliards d’intérêts de la dette.

    Mes enfants sont endettés à vie pour des générations et la dette n’est plus remboursable.

    Qui a tord qui a raison ? Le rat est un animal libre et intelligent , ses petits seront libres et en s’échappant il les sauvent.

    Je commence à envier ces rats !

    Mais moi je ne suis pas un rat.

     

     


    • soi même 22 mai 2013 21:31

      Ne nous trompons pas, cette crise est avant tout spirituelle et morale, le politique et l’économie sont juste le paravent, de maux bien plus profond.

      Malraux disait à sa fin de sa vie, le XXI siècles« sera spirituel où ne seras pas », en cela il annonçait l’enjeu de l’affrontement que nous vivions.
       Et quel affrontement, il est mener de main de maître, car se focalisant sur la publicité des extrémismes religieux de tous poils, bien de tous poils, et bien il y a par cette double opération qui se produit réduire au silence le fait religieux et sa raison d’être, et par la même occasion viré tous le corpus morale qui est multiple millénaire par une morale de pacotille qui va être modeler par la réalité de la financiarisation du monde.

      Donc au final il y a bien une crise politique, non pas dans l’ ethnologie classique du terme moderne mais bien dans se sens « 

      - ETYMOLOGIE

      Nom formé à partir de deux termes grecs :

      * « polis », qui signifie « cité » (au sens politique du terme) ; * « -ikos », suffixe d’adjectif qui donne « -ique » en français .

      Ce mot est donc à l’origine un adjectif et, d’après son étymologie, il signifie « qui concerne le citoyen ».

      - DEFINITION

      La politique est l’ensemble des pratiques, des faits, des institutions et des décisions d’un gouvernement, d’un état ou d’une société.

      Le mot « politique » a commencé à être employé dans son sens actuel au 13e siècle après J.C : il signifie alors" science du gouvernement de l’état". En 1361, sa définition s’élargit aux affaires publiques, et en 1552 la politique regroupe les affaires de l’état. Apparaît ensuite le terme d’ « homme politique ». Dans les années 1630, l’adjectif politique connaît une évolution de sens important et peut signifier « prudent et adroit ».  »

      la politique en son sens plus large, celui de civilité ou Politikos, indique le cadre général d’une société organisée et développée.

      Donc c’est bien une crise qui vise à détruire la société humaine sous toute ses formes, pour nous imposez de force une autre qui n’a mis racine mis légitimité.


      .

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