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Accueil du site > Actualités > Politique > Parti Socialiste : désembourber la gauche

Parti Socialiste : désembourber la gauche

Les enseignements de Tonio Negri, le mimétisme de l’organisation électorale du Parti Socialiste sur l’organisation administrative de la France doivent nous amener à repenser la gauche.

Le découplage des partis de la gauche de gouvernement avec le mouvement social les éloigne la gauche du pouvoir pour de très, très nombreuses années. A moins que...

La sortie de Mélenchon du PS en créant, avec le PdG, une base arrière pour ses amis restés au PS, la création du NEP (Nouvel Espace Progressiste) par Robert Hue, l’appel de Clémentine Autain à la création d’une fédération, l’arrivée prochaine du NPA de Besancenot, la disparition électorale au niveau national de LO et du PCF sont autant de signaux d’un processus de décomposition de la gauche politique dans notre pays. Le non-choix des militants socialistes lors du congrès de Reims et le 50-50 entre Martine Aubry et Ségolène Royal sont autant de réalités qui confirment cette triste impression.

Comme pour mieux l’accompagner, Sarkozy et Bayrou y travaillent chacun à leur façon. Pour le chef de l’UMP, la stratégie d’ouverture s’appuie sur le fait que les représentants de la gauche politique sont loin d’être sociologiquement de gauche. Les passerelles en sont alors rendues beaucoup plus faciles. Pour François Bayrou, la dégradation de l’image du Parti Socialiste auprès des sympathisants de gauche lui permet sereinement de se présenter comme le leader naturel de la gauche et du centre contre la droite aux prochaines élections présidentielles de 2012. Sans doute, faut-il y voir les raisons de l’acharnement du chef de l’UMP à poursuivre son débauchage en direction, notamment, des radicaux de gauche ?

Tous ces événements récents posent clairement la question de la mise en place de nouveaux outils politiques de conquête pour la gauche de gouvernement.

Un mode de fonctionnement archaïque...

Combinaison issue de l’organisation administrative de la France et des modes de fonctionnement de la République, les structures du Parti Socialiste en font aujourd’hui une machine à perdre. La schizophrénie institutionnelle du Parti Socialiste mâtinant parlementarisme (pour des raisons historiques et culturelles) et présidentialisme (pour des raisons de circonstances liées à la nécessaire adaptation au quinquennat) explique aujourd’hui sa réelle complication à se ré-autonomiser à défaut de le ré-enchanter.

En milieu rural et dans les villes de taille moyenne, les sections du Parti Socialiste sont rattachées aux cantons. Dans les grandes villes, elles sont liées aux arrondissements. Le choix des candidats se fait sur des critères "locaux" à la manière du fonctionnement du Parti Radical sous la troisième République. Dans ce cadre, il n’y a vraiment pas de quoi se gargariser des succès locaux du Parti Socialiste. Ils sont endogènes à son mode d’organisation. La résistance électorale du PCF observée lors des dernières municipales et cantonales de 2008 peut d’ailleurs s’expliquer sur le même mode. Du fait de leur faible surface électorale, les Verts et le PCF sont organisés désormais selon des unités administratives plus importantes. Ils ont intégré et anticipé la place de plus en plus grande réservée à la Région du fait que les règles administratives de la France sont induites des directives européennes.

L’incapacité à gagner les élections nationales s’explique par un autre facteur qu’avait mis en évidence Antonio Negri. Les organisations politiques de gauche reproduisent le mode de fonctionnement de l’entreprise industrielle taylorienne. Dans les partis, il y aurait d’un côté les producteurs (militants colleurs d’affiche) et les cadres (membres des instances nationales et fédérales). Mais la vision d’Antonio Negri n’a pas intégré le fait que la division du travail fait aujourd’hui que la rédaction des projets politiques, la communication sont confiés à des professionnels qui se situent en dehors des partis. Les représentants politiques brillent alors par leur qualité de bon répétiteur.

En voulant un chef à tout prix afin d’éteindre le feu qui couve, les socialistes font un contre-sens historique qui emprunte autant à la thèse de Tonio Negri qu’à l’accident mitterrandien. A gauche, Mitterrand était un homme de droite. Et c’est en homme sociologiquement de droite qu’il a su comprendre que les divisions des socialistes étaient culturellement insurmontables. L’échouage en eaux profondes de Ségolène Royal tient en sa croyance en la possibilité de reproduire le hold-up mitterrandien. L’histoire ne se répète pas. N’est pas Mitterrand qui veut ! En cela, en quoi les schémas tactiques de Delanoë, d’Aubry ou de DSK se différencient-ils du schéma tactique de la présidente de la région Poitou-Charentes ?

...amplifié par les tarres de la société française !

Plus perceptibles à gauche, la tension sur l’emploi et la guerre des places telle que l’avait évoquée Vincent de Gaulejac n’ont fait que renforcer la professionnalisation de la vie politique française. Les représentants nationaux du Parti Socialiste proviennent, pour l’essentiel, de l’ENA. Élu(e)s, les énarques nomment des assistants parlementaires qui deviennent alors des représentants de deuxième division promis à la première, fidèles à ceux qui leur ont mis le pied à l’étrier. Les liens "alimentaires" expliquent alors de bien curieuses "solidarités" idéologiques qui résistent à l’épreuve du temps. Il faut y voir une réelle complication des socialistes français à s’opposer frontalement au cumul des mandats.

L’autre mode d’accession au pouvoir au sein du Parti Socialiste est manifestement l’appartenance aux loges franc-maçonniques. La spécificité de la maçonnerie française est avant tout cette culture du secret qui l’entoure et qui la pervertit. Les maçons auraient les clés leur permettant de comprendre le fonctionnement du monde. Chez les socialistes, on pourrait se contenter de leur demander d’essayer de comprendre le fonctionnement de la société française. Les hiérarchies ou grades au sein des loges font que les décisions se font très souvent en dehors du Parti Socialiste. Pour preuve, ce sont bien les "frangins" qui ont demandé à Ségolène Royal de mettre en sourdine sa contestation du scrutin des 20 et 21 novembre derniers. Les modes de désignation aux élections locales se font aussi dans le secret des loges. Ce n’est pas complètement un hasard si les plus grosses fédérations sont tenues par des franc-maçons.

On pourrait enfin évoquer le népotisme, cette gangrène qui ronge la société française. Au sein du Parti Socialiste, le phénomène est extrêmement récent. Mais il est réel. L’arrivée de Martine Aubry est, en la matière, tout un symbole qu’il conviendrait, certes, de relativiser. Ajoutons-y un repli communautaire et identitaire qui creuse artificiellement les différences comme pour mieux "apparaître" dans cet îlot d’indifférence.

Que faire : concilier les engagements événementiels et structurels !

La loi Marleix qui prévoit le transfert des compétences des communes vers des communautés de communes élargies et des départements vers les régions n’a toujours fait l’objet d’aucune anticipation des hiérarques socialistes englués qu’ils sont dans le grand souci de leurs petites personnes, de leurs amis. L’échelle cantonale n’est plus adaptée à l’affaiblissement continu du militantisme politique. Car, à ce rythme, les salles seront bien trop grandes pour réunir les militants des sections. Elles le sont déjà. Le PS a perdu plus de 100000 adhérents depuis 2007, soit près de 2/5 de ses effectifs.

Nicolas Sarkozy, avec l’UMP, a réussi à fédérer les droites. Conscient que son œuvre est partiellement achevée, il cherche à donner un véritable cadre fédéral à ce Parti, le mettant ainsi à l’abri d’une guerre des chefs que la conquête du pouvoir aura su atténuer le temps d’un quinquennat. La proposition de Clémentine Autain s’inscrit dans cette même logique. Mais là où l’alter-mondialiste le pense à la gauche du Parti Socialiste, il est urgent que les socialistes le fassent au centre de la gauche. Quelles sont les différences réelles, aujourd’hui, entre un radical, un Vert, un alternatif, un communiste et un socialiste en dehors d’un vague sentiment identitaire qui donne une consistance à son engagement ? Il est temps de se poser la question et d’essayer de travailler sur nos valeurs... communes pour sortir du processus de décomposition qui risque de nous plonger dans une longue, longue cure d’opposition. Elle a d’ailleurs déjà commencé. La question est de savoir à quel niveau de décomposition nous en sommes aujourd’hui.

La constitution d’une fédération permettrait aussi de fournir un cadre aux sympathisants et aux électeurs qui souhaitent s’engager le temps d’une campagne. La raillerie permanente à laquelle ont été confrontés les militants à 20 euros est symptomatique de l’incapacité à accepter des modes d’engagement différents. Au lieu d’additionner, le Parti Socialiste ne fait que soustraire. En terme d’image, elle coûte chère à la gauche. Cette fédération de la gauche de gouvernement permettrait aussi de sortir du cadre des Partis et des appareils lors de la désignation des candidats. Ils n’en auraient alors que plus de légitimité !

Du haut de ces 3 petites années passées au sein du Parti Socialiste, j’ai surtout le sentiment d’avoir rencontré des militants en incapacité de penser par eux-mêmes les réponses à trouver aux maux de la société française. Je n’ai d’ailleurs pas la prétention de m’en singulariser. L’absence de travail intellectuel entraîne la production de réponses simples à une société qui ne cesse de se compléxifier... souvent artificiellement. Elle confine au choix d’une rhétorique défensive qui, par son caractère répétitif, finit par jouer à contre-emploi. La sous-traitance programmatique que le Parti Socialiste a confié à quelques économistes, sociologues et philosophes n’est pas de nature à réarmer la gauche. La paresse qui nous a envahis entraîne aussi à croire que l’habileté à la parole est un élément nécessaire et suffisant pour faire de la politique à gauche. Ce n’est pas de beaux parleurs qui parlent avant tout pour ne rien dire dont la gauche et le Parti Socialiste ont besoin.

Il faut d’urgence, de toute urgence réintellectualiser le débat. C’est aussi à ce prix que nous pourrons désembourber la gauche.

Crédit photos  : Au feminin


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14 réactions à cet article    


  • oncle archibald 16 décembre 2008 11:33

     Non non non Saint Eloi n’est pas mort ....mais on comprend bien à la lecture de votre article pourquoi, contrairement au saint Eloi de la chanson paillarde, le PS ne b...e plus et ne fais plus b..er personne.


    • Julius Julius 16 décembre 2008 11:57

      Le parti socialiste en France a un sérieux problème : il n’y a pas assez de place entre la constellation neobolshevik sur la gauche et la social-démocratie sarkozyst sur la droite.


      • LE CHAT LE CHAT 16 décembre 2008 12:16

        franc maçonnerie , népotisme , clientelisme 

        on comprend que ce parti a fait fuir son électorat des classes populaires !


        • jeanclaude 16 décembre 2008 12:59

          Enfin un article concret et qui sait de quoi il parle.

          A un degré bien moindre, il y avait aussi de la léthargie dans certaines associations nationales (Secours Catholique, Croix rouge). Des projets d’entreprise sont en place depuis plusieurs années pour clarifier les objectifs, s’approprier les bonnes méthodes, progresser.

          Il n’y a pas la question de concurrence entre vizirs.

          Je dis tout cela pour trouver une explication secondaire, en complément de vos analyses, sur l’entropie des organisations.

          Une autre interrogation serait de voir s’il y a un lien entre la baisse du nombre de bénévoles dans les associations caritatives et le nombre de militants dans les partis politiques.


          • claireopale claireopale 16 décembre 2008 13:39

            Désembourber la gauche ? vous avez d’autres conneries à proposer ?
            il est temps de donner des bons de coup de pieds à tous ces partis qui font que nous en sommes là
            aujourd’hui, dès qu’ils sont au pouvoir, ils font la même politique !
            Les partis c’est comme les religions ........Museler et manipuler les peuples


            • bernard29 bernard29 16 décembre 2008 13:46

              Article trés intéressant. Des remarques trés justes.
              En particulier

              • La question est de savoir à quel niveau de décomposition nous en sommes aujourd’hui.
              Pertinent pour la reconquête du pouvoir au niveau national, parce qu’au niveau régional ou local, ça va encore trés bien. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le PS restera incontournable à gauche pendant encore un long moment. Le PS c’est le Parti Radical de Gauche puissance 100. Ce PRG continue a survivre malgré le fait qu’il ne représente plus rien politiquement à tous les niveaux. Mais c’est pas grave, il fait quand même vivre du monde.

              C’est pour cela que je ne comprends pas lorsque vous mettez vos espoirs dans la création d’une fédération au centre de la gauche. Qu’est ce que ce centre de la gauche ? Le PRG, le PS ?? les Verts aussi peut être ?? Mais les Verts, 6 000 militants, sont tiraillés entre la gauche de la gauche, et la droite de la gauche. Et puis rassembler ces partis, PS PRG et mêm les verts, dont je crois que vous ne mesurez pas bien le discrédit, ne me semble pas porteur d’avenir. Votre seule voie est celle de la renovation du Parti, même si vous remarquez fort justement toutes les difficultés et à la limite que c’est impossible.. 

              Pour ces raisons, Ségolène Royal a quand même eu le cran de tenter son hold up, avec quand même un peu plus de maestria que ses adversaires. Il a quand même fallu qu’ils se mettent à quatre ou 5 pour la battre. Aubry, Delanoé, Hamon et "DSK,-Fabius", à la manoeuvre dans les coulisses.

              Non c’est pas joyeux pour les militants PS.

              • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 16 décembre 2008 18:35

                Votre article est juste pour l’essentiel et je souscrits à la plupart de vos critiques du PS mais je note une apparente et surprenante contradiction : tous vos propos vont dans le sens du projet de rénovation de Ségolène Royal et de ses amis, mais en un détour de phrase vous jugez négativement cette dernière sans nous expliquer pourquoi.

                Si vous désirez réduire cette contradiction il faudrait ajouter que vous voudriez faire du ségolénisme sans Ségolène. C’est du reste tout à fait ce que tentent de faire, d’une manière très édulcorée et dans le sens de la préservation de leurs pouvoirs (contre elle) , un certain nombre de ses concurrents potentiels . mais on voit que le succès n’est pas au rendez-vous : Ségolène ne cesse de déjouer les pronostics défavorables et de faire mieux que de résister aux attaques personnelles injurieuses qu’elle subit de leur part.

                Mais la question que vous ne vous posez pas est celle de savoir en quoi, même si vouis n’y êtes pas sensible (ce qui n’est pas un argument politique) , elle continue à exercer un tel pouvoir charismatique sur des publics très différents, y compris et surtout dans plus milieux les plus exploités, voire les populations plus discriminées, alors même que ses camarades concurrents en semblent incapables.Votre article est juste pour l’essentiel et je souscrits à la plupart de vos critiques du PS mais je note une apparente et surprenante contradiction : tous vos propos vont dans le sens du projet de rénovation de Ségolène Royal et de ses amis, mais en un détour de phrase vous jugez négativement cette dernière sans nous expliquer pourquoi.

                Si vous désirez réduire cette contradiction il faudrait ajouter que vous voudriez faire du ségolénisme sans Ségolène. C’est du reste tout à fait ce que tentent de faire, d’une manière très édulcorée et dans le sens de la préservation de leurs pouvoirs (contre elle) , un certain nombre de ses concurrents potentiels . mais on voit que le succès n’est pas au rendez-vous : Ségolène ne cesse de déjouer les pronostics défavorables et de faire mieux que de résister aux attaques personnelles injurieuses qu’elle subit de leur part.

                Mais la question que vous ne vous posez pas est celle de savoir en quoi, même si vouis n’y êtes pas sensible (ce qui n’est pas un argument politique) , elle continue à exercer un tel pouvoir charismatique sur des publics très différents, y compris et surtout dans plus milieux les plus exploités, voire les populations plus discriminées, alors même que ses camarades concurrents en semblent incapables.

                Je vais vous dire que ce qui me semble au coeur de son "aura", en plus de sa beauté expressive de sa volonté sincère de briser les rituels archaïques et puritains de son parti qui ne comprenda pas et qui refuse de comprendre le rôle de l’audio-visuel dans notre société renforcé par le présidentialisme que pourtant il à contribué à accroitre (quinquennat et l’inversion du calandrier électoral) , est sa sincérité dans la volonté qu’elle exprime de jouer le jeu donnant/donnant qui est au fond la seule règle de justice qui vaillle. Cette aura est telle qu’elle a été capable de séduire les 20% militants que n’ont pas voté pour sa motion et qui se sont ralliés à sa candidature à la tête du parti,malgré les insultes et les coups bas qu’elle a subi en interne.

                Sur le fond cette aura est faite pour l’essentiel de son effort de parler simplement et d’écouter ces différents publics sans recours à un langage préformaté propre à susciter des réflexes d’ adhésion irréfléchie. Il n’ y a qu’à lire la contribution de Martine Aubry, lors de sa pseudo-prise de pseudo-pouvoir, pour s’apercevoir de la différence (il est vrai que pour qui veut concilier l’inconciliable, le mieux est de transformer ses paroles en moulin à prière). Ségolène Royal s’adresse à des individus riches de leur expérience sociale différenciée et néamoins conscients de leurs devoir de solidarité. Cette écoute est à la base de la définition de ses propositions programmatiques qui restent toujours à corrigée à l’expérience négative et positive qu’elle accumule déjà comme présidente de région. C’est cela qui fait sa différence, sa popularité spécifique auprès des couches dévavorisée (et la gauche, nous le savons, ne gagnera pas sans rallier ces couches et les couches dites moyennes victimes de la crise et de la politique de la droite), et c’est aussi sa détermination inflexible comme l’était celle de Mitterand (en cela elle est bien le pendant à gauche de Nicolas sarkosy) à devenir présidente de la république qui lui donne toutes les chances de s’investir dans et de faire progresser en vue de la victoire électorale indispensable, le projet politique qui conjoint votre analyse.

                Qitte à faire de ségolénisme sans le savoir ou sans le vouloir, il vaut mieux, si l’on veut l’emporter sur les archaïsmes que vous dénoncez justement, se rendre à l’évidence : Ségolène et ses amis sont aujourd’hui les seuls dans le parti à pouvoir conduire cette rénovation que vous recherchez. Beaucoup de ceux qui l’on rejointe lors du vote pour désigner la direction du parti l’ont compris et comprennent que les basses manoeuvres qui ont fait échouer in-extremis sa candidature ne sont que des combats d’arrière garde, sans perpectives d’avenir.



                Je vais vous dire que ce qui me semble au cœur de son "aura", en plus de sa beauté expressive de sa volonté sincère de briser les rituels archaïques et puritains de son parti qui ne comprenda pas et qui refuse de comprendre le rôle de l’audio-visuel dans notre société renforcé par le présidentialisme que pourtant il à contribué à accroitre (quinquénat et inversion du calandrier électoral) , est sa sincérité dans la volonté qu’elle exprime de jouer le jeu donnant/donnant qui est au fond la seule règle de justice qui vaillle. Cette aura est telle qu’elle a été capable de séduire les 20% militants que n’ont pas voté pour sa motion et qui se sont ralliés à sa candidature à la tête du parti, malgré les insultes et les coups bas qu’elle a subi en interne.

                Sur le fond cette aura est faite pour l’essentiel de son effort de parler simplement et d’écouter ces différents publics sans recours à un langage préformaté propre à susciter des réflexes d’ adhésion irréfléchie. Il n’ y a qu’à lire la contribution de Martine Aubry, lors de sa pseudo-prise de pseudo-pouvoir, pour s’apercevoir de la différence (il est vrai que pour qui veut concilier l’inconciliable, le mieux est de transformer ses paroles en moulin à prière). Ségolène Royal s’adresse à des individus riches de leur expérience sociale différenciée et néamoins conscients de leurs devoir de solidarité. Cette écoute est à la base de la définition de ses propositions programmatiques qui restent toujours à corrigée à l’expérience négative et positive qu’elle accumule déjà comme présidente de région. C’est cela qui fait sa différence, sa popularité spécifique auprès des couches dévavorisée (et la gauche, nous le savons, ne gagnera pas sans rallier ces couches et les couches dites moyennes victimes de la crise et de la politique de la droite), et c’est aussi sa détermination inflexible comme l’était celle de Mitterand (en cela elle est bien le pendant à gauche de Nicolas sarkosy) à devenir présidente de la république qui lui donne toutes les chances de s’investir dans et de faire progresser en vue de la victoire électorale indispensable, le projet politique qui conjoint votre analyse.

                Qitte à faire de ségolénisme sans le savoir ou sans le vouloir, il vaut mieux, si l’on veut l’emporter sur les archaïsmes que vous dénoncez justement, se rendre à l’évidence : Ségolène et ses amis sont aujourd’hui les seuls dans le parti à pouvoir conduire cette rénovation que vous recherchez. Beaucoup de ceux qui l’on rejointe lors du vote pour désigner la direction du parti l’ont compris et comprennent que les basses manoeuvres qui ont fait échouer in-extremis sa candidature ne sont que des combats d’arrière garde, sans perpectives d’avenir.

                 


                • Denis Szalkowski Denis Szalkowski 16 décembre 2008 20:27

                  @Sylvain Reboul

                  Pour l’avoir recontrée, je ne suis pas insensible au "charisme" de Ségolène. Mais sa poignée de main molle a, quelque peu, brisé le charme tout comme ce "Aimons-nous les autres" à Charletty. Et puis, Bayrou 1er ministre, c’était parfaitement inutile. Le gascon a su, de son côté, en tirer parfaitement profit.

                  Par rapport à d’autres, c’est vrai qu’elle a su se ré-autonomiser... très insuffisamment à mon goût. A gauche et notamment au Parti socialiste, ne serait-il pas opportun d’interdire les techniques de clonage "mitterrandien" ?

                  Merci de votre commentaire.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 16 décembre 2008 21:36

                    Parfaitement inutile ? Voire !

                    En tout cas, le report des voix MODEM au second tour, déjà important, sur Ségolène aurait pu être meilleur encore et Nicolas ne serait probablement pas aujourd’hui au pouvoir. Je suis certain que la question se reposera en 2012, quel que soit notre candidat, sauf si l’on décide de laisser le gouvernement à la droite pour préserver nos contre-pouvoirs locaux. (ce qui serait à terme contre-productif).

                    Bayrou ou pas, Le MODEM est aujourd’hui un parti de centre-gauche autant sinon plus que les radicaux du même nom. On ne gagnera pas sans lui ! Et Martine n’est pas la dernière, au delà du bla-bla rituel et hypocrite de congrès, à le savoir !

                    La main molle ? parce que tu préfères les mains dures ? As tu compter le nombre de paluches qu’elle avait palucher avant le tienne ?


                  • Denis Szalkowski Denis Szalkowski 17 décembre 2008 05:33

                    C’était en petit comité, lors d’une séance de debriefing de DA à l’Assemblée Nationale auquel j’appartenais... en très petit comité.

                    Dès qu’on parle de Ségolène, tout devient affectif. Je ne suis pas sûr que cela ait quelque chose à voir avec la politique. Je ne suis pas sûr non plus que ces sur-réactions lui aient toujours été très favorables.

                    Lors du dernier vote au PS, bien que motion C, j’ai voté blanc.

                    NB Pour le Modem, c’était inutile de part le côté "repoussoir" de Sarkozy. Mais le problème, ce sont bel et bien nos petits camarades qui ont voté Bayrou au 1er tour et toutes ces sections restées fermer lors de la présidentielle sur consigne. Là est le problème et pas ailleurs !



                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 17 décembre 2008 07:33

                    Dès que l’on parle de Napoléon, Jaurès, de Gaulle, Mitterand, voire de Chirac et Sarkosy etc.. l’affectivité s’en mèle nécessairement plus ou moins. C’est là que l’on reconnaît le plus ou moins charisme du grand homme.

                    Or on ne peut gagner dans des élections présidentielles, qui plus est aussi sur médiatisées, sans un charisme qui déborde largement au delà de son camp et même parfois, voire toujours, contre lui (Mitterand était haï par les socialistes de la SFIO, comme De Gaulle par la droite conservatrice traditionnelle). Refusez le charisme en politique c’est refuser la politique comme conquête du pouvoir de représentation (au sens aussi théâtral du mot)

                    La passion est la ruse de la raison (Hegel) et il n’ y a pas de grand homme (ou femme) qui ne soit animé(e) par et qui ne suscite une grande passion.

                    Toute la question est de savoir ce que signifie, pour qui et en vue de quoi cette mobilisation affective indispensable. La raison est toujours incarnée, nous en avons les preuves scientifiques par les recherches en neuro-sciences (Antonio Damasio)


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 17 décembre 2008 07:45

                    Côte repoussoir de NS ? Certainement pour vous (et éventuellement pour moi, cela dépend de ses interventions) mais pas pour tout le monde apparemment !

                    Penser la politique c’est toujours penser au delà de son camp (ce que l’on appelle la triangulation !). On ne gagnera pas en croyant qu’il suffira de se dire plus socialiste que les autres pour être élu. Les élections nationales ne se gagnent pas dans un congrès du parti socialiste, même si cela peut aider...


                  • Denis Szalkowski Denis Szalkowski 17 décembre 2008 17:35

                    D’accord sur un point : la politique est l’art d’additionner les contraires.

                    En revanche sur les paradigmes hégéliens, leur atemporalité leur enlève beaucoup de pertinence dans une société où l’accessibilité à l’information couplée à l’augmentation du niveau de connaissances (sur la longue période) détruit les charmes.


                  • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 17 décembre 2008 13:38

                    Pas d’accord : tout penseur croit, ne serait-ce qu’à la valeur de la pensée et aux prémisses de sa pensée, sinon il ne s’arrêterait instantanément de faire le moindre effort de pensée. Tout penseur est croyant, la différence c’est qu’il préserve sa capacité critique et peut argumenter sa croyance (ce que je viens de faire sur ce fil)
                    et la remettre en question s ’il trouve de meilleurs arguments contraires,


                    Il n’ ya pas de savoir absolu car il n’y a pas de vérité absolue ; toute hypothèse argumentée sur fond d’expérience commune logiquement interprétée est une croyance rationnelle. L’erreur des religions est de croire à des vérités absolue anti-expériementales, en cela la religion est toujours dogmatique et donc limite, en effet, la capacité de penser.

                    Je ne pense pas que ma défense du ségolénisme relève d’une religion de l’absolu.

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