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Accueil du site > Actualités > Politique > Peut-on encore être anarchiste de nos jours ?

Peut-on encore être anarchiste de nos jours ?

L’anarchie a eu ses heures de gloire à la fin du 19ième siècle en Russie avec les nihilistes prêts à se faire sauter à l’explosif pour éliminer le Tsar et ses séides. Reviennent en mémoire les noms de Kropotkine, Bakounine et Netchaïev et leur lutte acharnée contre le régime impérial et l’Okhrana, le KGB de l’époque. En France la grande période anarchiste se situe de part et d’autre de l’année 1900 avec entre autres Ravachol, Vaillant, Henry et Bonnot, prônant l’action violente, l’appropriation des biens et pour les anarchosyndicalistes, l’action paralysante dans les usines et les ateliers. Certains de ces antimilitaristes convaincus essayèrent même d’infiltrer l’armée et des tentatives de sédition et de crosse en l’air eurent lieu à l’initiative des anarchistes, en particulier par le refus de se battre, de tirer sur les ouvriers et les viticulteurs. On retrouve un peu plus tard l’anarchie aux Etats-Unis avec Sacco et Vanzetti, mais aussi avec le Suédois, Joseph Hillström, dit Joe Hill, bien moins connu en France (fusillé en 1915 dans l’Utah) et tout un mouvement de pensée libertaire non marxiste qui perdura jusqu’à après le premier conflit mondial.

Mais peut-on vivre sur le souvenir d’une épopée qui n’a plus le même sens au début du 21ième siècle, car le monde a radicalement changé. Avant de devenir anarchistes, Vaillant, Ravachol ou Libertad ont connu la pire des misères, une enfance sordide dans un environnement d’injustices flagrantes et de disparité sociale impensable de nos jours. Leur univers, la pauvreté extrême que l’on retrouve caricaturale, remaniée ou misérabiliste dans les romans d’Eugène Sue, de Victor Hugo, d’Hector Malot, de Dickens, mais surtout beaucoup plus réaliste dans le reportage de Jack London dans « Le peuple des abimes » décrivant le dénuement à Londres des miséreux et des sans abri. Comment est-il encore possible de professer l’anarchie, surtout dans sa composante radicale et armée quand existent le SMIC, le RMI, les aides sociales et que la majorité des citoyens croit au leurre des élections et de la démocratie pour changer de politique ? La politique sociale des démocraties occidentales et en particulier de la France, est suffisamment attrayante pour endormir les faibles, sans pour autant résoudre les causes les plus criantes d’inégalité. Le petit confort matériel, la peur de perdre les droits acquis, refroidissent les ardeurs des plus protestataires. On ne renverse pas un gouvernement en défilant Bastille-Nation ! A niveau social et économique égal, les Flamands et les Wallons se seraient égorgés comme Croates, Serbes et Bosniaques l’ont fait récemment. Les Belges se contentent d’injures et de revendications linguistiques, car ils ont trop à perdre dans des affrontements violents.

Et puis, il n’est pas raisonnable de demander le beurre et l’argent du beurre quand on a un minimum de dignité. Les rebelles qui ont l’argent de papa et maman et qui assurent leurs arrières avec l’aide de l’état providence, peuvent-ils de nos jours être pris au sérieux ? Seule une baisse drastique du pouvoir d’achat semble pouvoir voir refleurir les théories anarchistes. Mais quand on a la chance de ne pas crever de faim, est-on encore crédible quand on se bat contre la société et ses privilèges, une société dont on profite de la manne qu’elle dispense ?

Et puis, il faut être réaliste, lutter contre l’ordre établi demande une éthique personnelle stricte pour ne pas tomber dans la complaisance, la délinquance purement crapuleuse drapée dans un alibi politique et finir par la perte de dignité. Ce qui est envisageable quand on ne sait si l’on va manger ce soir et s’il va falloir dormir dans la rue se justifie difficilement quand on rêve d’écran plat ! Saccager un magasin et y voler des Nike ou des DVD ne peut être sérieusement considéré comme un acte politique, même pour des adeptes tardifs de Proudhon. Enfin, certains reprochent aux anarchistes leurs méthodes radicales et agressives. « La violence n’est pas une solution » disent les beaux esprits. On aurait bien aimé le voir, Gandhi face à Hitler ou à Staline, il n’aurait pas eu le temps de commencer une grève de la faim, qu’il aurait déjà pris une balle dans la nuque. Les Anglais de son époque étaient presque des tendres si on les compare à d’autres régime. L’autre joue ne marche pas à tous les coups.

Libertad, Vaillant, Ravachol sont nés dans la misère la plus noire, quasiment livrés à eux même dès la plus tendre enfance et pourtant, ils ont appris à lire et à écrire à un niveau nettement plus élevé que ce que l’on peut espérer des élèves formés dans un établissement d’une zone d’éducation prioritaire de nos jours. On peut associer à ce trio, bien qu’ayant fait de solides études, Raymond Callemin, dit Raymond la Science, la tête pensante de la bande à Bonnot et Victor Serge leur présumé complice. C’est ce mélange de misère sordide associée à une formation quasi autodidacte à la lecture et à l’écriture et à la réflexion qui est à l’origine de leur engagement politique. Certains anarchistes cependant franchiront la ligne séparant l’acte politique du délit purement crapuleux, ce qui est loin de les glorifier. Mais la fin du 19ième siècle voit également un foisonnement d’idées révolutionnaires, utopistes et altruistes qui ont pris comme terreau la misère totale, le manque de respect élémentaire de la dignité des travailleurs et des pauvres. Certains en resteront à l’action purement syndicale et au recours à la grève, tous deux interdits à l’époque, il ne faut pas l’oublier, d’autres considèreront que seule une action violente contre l’ordre établi est capable de faire bouger les choses et obtenir des résultats. Résumer l’Anarchie au terrorisme est donc une méconnaissance totale du mouvement, l’attentat n’est qu’une composante possible de l’expression anarchiste mais il n’est pas un but en soi. Tous les anarchistes ne prônent pas l’action violente, mais certains la considèrent comme primordiale et indispensable pour faire avancer la société.

Curieusement, de prime abord, mais en réalité tout à fait naturel, les communistes bolcheviques, tout comme ceux de la guerre d’Espagne se montrèrent parmi les plus farouches adversaires des anarchistes. Dès la prise de pouvoir des Soviets, les anarchistes furent du côté de l’Ukrainien Nestor Makhno et de la révolte paysanne ainsi que des mutins de Kronstadt. Le communisme ayant dérivé quasiment depuis les origines vers un totalitarisme d’état se voulant prolétarien, mais de fait au service de privilégiés du régime. Pour les marxistes, la violence d’état est justifiée quand elle est orchestrée par le Parti Communiste dans l’intérêt de « la cause du peuple ». Par contre les anarchistes sont considérés comme des aventuristes, des opportunistes et des déviationnistes quand ils refusent d’agir dans la ligne d’un mouvement.

Mais en dehors de la violence, les anarchistes se veulent actifs dans de nombreux autres domaines. D’abord par le rejet de la religion, considérée comme une aliénation et un outil de pouvoir et de domination aux mains des puissants. « Ni Dieu ni maitre » fait avant tout ressortir la concussion entre religion et pouvoir. En se débarrassant de l’emprise religieuse, l’homme se met sur la voie de la libération politique et sociale et prépare son émancipation du pouvoir des humains. Les anarchistes sont aussi depuis longtemps pour une libéralisation des mœurs, pour l’union libre, pour le droit à la sexualité et à l’avortement. La première législation libéralisant l’avortement date du régime républicain espagnol sur proposition des anarchistes. Les anarchistes se sont aussi longuement exprimés sur la famille, sur l’éducation, le milieu du travail, la liberté de la presse, le partage des richesses et sur d’autres utopies constructives. La phrase de Bakounine « il ne faut pas éduquer le peuple » souvent comprise comme un a priori de stupidité de celui-ci, peut aussi être interprétée comme une défiance vis-à-vis d’un système éducatif aux mains du pouvoir et des puissants, donc comme un instrument d’aliénation.

On peut fort bien ne pas adhérer aux vues des anarchistes, les trouver irréalisables, du domaine du rêve et totalement inadaptées à notre société, mais on ne peut condamner et dénigrer tout un courant de pensée sans une analyse profonde de la portée de son message. Par exemple, la réflexion de Libertad sur le culte des morts, (le culte de la charogne) est un texte fondateur, qui ouvre le débat sur l’importance donnée aux morts par rapport aux vivants dans toutes les sociétés.

De nos jours, la question qui se pose est celle du terrorisme islamiste et de ses attentats suicides. Si l’on considère que l’action violente est envisageable comme réponse à une agression par quelqu’un de plus fort, de plus équipé militairement et technologiquement, de plus riche que vous alors elle peut se justifier comme arme des pauvres. Par contre s’il s’agit de propager la foi, d’atteindre un jour le Khalifat universel, alors le terrorisme est à l’opposé du message et de la pensée anarchiste, qui prône la libération de l’homme sans l’aide de Dieu. Le terrorisme islamique est finalement assez proche de la secte des ashachites qui envoyait des assassins fanatisés et drogués dans tout le Moyen-Orient pour liquider des opposants au temps de Saladin. Il existe donc plus qu’une nuance, mais un monde entre « ni Dieu ni maitre » et « Allah akbar » quand on se fait exploser. Par contre pour les victimes, il est certain que peu importe la motivation du poseur de bombe. C’est pourquoi, un acte dirigé contre des responsables politiques, une armée ennemie, un bâtiment symbolique comme le Pentagone ou un parlement comme dans le cas de Vaillant, peut se justifier. En revanche, dans un avion, un restaurant et même un lieu de culte, il passe à côté de l’objectif de lutte armée libératrice et ne peut être que condamné. Sauf si l’on considère comme Emile Henry « qu’il n’y a pas d’innocent ! » Mais alors, encore faut-il arriver à déterminer la culpabilité collective, ce qui est loin d’être évident.

Si les attentats contre le Tsar Alexandre, l’Archiduc autrichien, les présidents, Mac Kinley, Sadi-Carnot et Doumer sont le fait d’anarchistes, ceux contre le Roi de Yougoslavie, contre de Gaulle et bien sûr contre Hitler, ceux du FNL en Algérie ou ceux du groupe Stern en Palestine ne furent pas le fait d’anarchistes, mais ils avaient tous un but politique incontestable. Une bombe sur un marché, dans un bistro, dans un hôtel visent une toute autre catégorie de victimes qui le plus souvent n’ont rien à voir avec le but de la revendication. Enfin, il ne faut en aucun cas résumer l’action et la pensée anarchistes au seul recours à l’attentat, mais comme une réponse possible dans certains cas précis. Cela serait commettre la même erreur que de se limiter au terrorisme aveugle pour réfuter le droit à la résistance aux Palestiniens et aux Irakiens et à tant d’autres peuples opprimés ou occupés..

Et puis, pour ceux que l’action violente de l’anarchie répugne, reste la vision séditieuse chantée par Georges Brassens dans L’hécatombe au marché de Brive-la-Gaillarde et ses mégères gendarmicides, criant « Mort aux vaches, vive l’anarchie ! » au moins, le massacre reste-t-il symbolique et irrévérencieux ! Et pour les plus pointus sur le thème, se reporter sur Béranger !

La vision anarchiste du monde est une utopie, mais sans utopie se développe un peuple de comptables et d’épiciers. Est-ce vraiment mieux ?

Quelques figures de l’anarchie

Chacun mériterait un article biographique à lui seul, mais celui qui est intéressé peut lui-même faire des recherches de lecture pour approfondir ses connaissances.

Rien qu’en France : Auguste Vaillant, Ravachol, Jeronimo Caserio (affaire Sadi Carnot), Gorguloff (affaire Doumer), Emile Henry, Jules Bonnot, Albert Libertad, Victor Serge et Rirette Maitrejean et tant d’autres.


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88 réactions à cet article    


  • Bardamu 1er mars 2010 10:46

    Bardamu, quant à lui, est « anarchist tory » !
    Entendez par là « anarchiste conservateur », tout comme le bon Orwell !


    • sheeldon 1er mars 2010 11:24

      bonjour

      orwell se défini comme « socialiste » dans « a ma guise » .

      pas comme anarchiste conservateur , la tribune le journal ou il exerçait était a la gauche du partis travailliste de l’époque ( c’est dire si c’était un gaucho le orwell ) . il était anti-communiste mais socialo pur jus !

       il y en a ici qui vont être surpris s’ils lisent orwell , qui est contre les frontières pour les hommes , mais pour des frontières pour les marchandises , l’exact inverse de ce que l’on a ;o)

      il est contre les passeports aussi , j’adore .

      il est pour le pillage quand c’est les pauvres qui le font && un mec bien je vous dit  !!!!

      http://www.avoixautre.be/spip.php?article2281

      pour l’auteur , certains des assassinats que vous évoquez ne sont pas le fait d’anars , mais leur ont bien été mis sur le dos !

      cordialement


    • Bardamu 1er mars 2010 12:07

      Voir l’ouvrage de Michéa : « Orwell, anarchiste tory » !

      Vous tapez dans le moteur de recherche... et vous trouvez !

      Traduction : « Anarchiste conservateur »... dixit Orwell.
      Se renseigner ou savoir avant d’affirmer !... c’est tellement mieux !... lire, plus encore, c’est épatant !


    • Fergus Fergus 1er mars 2010 11:04

      Salut, Georges, et merci pour ces intéressantes réflexions sur l’anarchisme. Un anarchisme pour lequel j’ai de la sympathie, non pour ses dérives mais pour le fondement de sa pensée, fut-elle utopique. L’anarchisme trouve d’ailleurs une partie de ses sources dans le fouriérisme et l’on est là sur une construction intellectuelle attachante et peu suspectée de dérives violentes.

      A toutes utiles, et en rapport avec l’anarchie, je vous renvoie à l’un des articles intitulé L’étonnante histoire de « Fort Chabrol » qui relate un épisode anecdotique et peu connu dont le nom est pourtant passé dans le langage courant.

      Bonne journée.


      • Georges Yang 1er mars 2010 11:32

        fERGUS
        Je pense que vous aurez au moins apprecie la reference a Brassens
        Pour Fort Chabrol, merci mais je connaiissais


      • Georges Yang 1er mars 2010 15:54

        oui c’est Leo Ferre


      • Philou017 Philou017 1er mars 2010 11:09

        G Yang : votre article montre que vous méconnaissez complètement le mouvement anarchiste.

        En l’assimilant à quelques factions violentes, vous reprenez la propagande des pouvoirs qui ont tout fait pour le décrédibiliser.
        S’il y a eu quelques excités qui ont perpétré des attentats, la plupart des militants anarchistes ont été des militants syndicaux, humanistes, universalistes.
        Vous oubliez de parler de figures aussi emblématiques que Pierre Joseph Proudhon ou Louise Michel, pour ne retenir que quelques poseurs de bombes.

        L’anarchisme représentant un rejet profond et une critique aiguë de la société, certains exaltés se sont laissé aller à des actes violents. Ce qui fait qu’on assimile souvent anarchisme et désordre.

        Pourtant, dans sa vision politique, l’anarchisme propose un des modèles de société les plus évolué et organisé qui soit : il s’agit d’installer les mécanismes démocratiques à tous les échelons de la société, tout en contrôlant de pres tout mandat de pouvoir. Comme le dit wikipédia, l’anarchisme a pour but de développer une société sans domination, où les individus coopèrent librement dans une dynamique d’autogestion.

        Le syndicalisme anarchiste à été assez puissant et présent en France et en Europe jusque vers les années 20. Il était en concurrence avec le syndicalisme marxisme, qui finira par s’imposer après le congres de Tours.

        Si l’anarchisme s’est ankylosé et souvent embourbé depuis dans une attitude d’opposition et d’isolationnisme stérile, la réflexion politique anarchiste reste toujours le modèle le plus évolué et le plus juste pour nos sociétés.

        Pour moi, le modèle auto-gestionnaire est l’évidence de la société du futur, quelque soit la forme où l’appelation que cela prendra. Il est donc parfaitement juste d’être anarchiste aujourd’hui, car les idées du modèle libertaire n’ont pas pris une ride.
        Une fois que la société actuelle, dominée par des élites prédatrices, submergée de propagande et emprisonnée dans ses fausses croyances, se sera écroulée d’elle-même.


        • Georges Yang 1er mars 2010 11:19

          Relisez bien, je dis que resumer l’anarchie aux attentats est une meconnaissance totale du mouvement et de citer des domaines de reflexion abnarchiste
          Je ne refute pas la violence quand elle est utile, mais les vrais anarchistes n’en font pas une fin en soi


        • Georges Yang 1er mars 2010 11:35

          Relisez donc quand je parle de l’avortement, de l’anarchosyndicalisme de l’utopie
          J’aurais pu aussi citer les editeurs de journaux anarchiste du debut du 20 ieme siecle, parler de la Commune de Paris, mais il me faudrait au moins 3 ou 4 articles supplementaires
          Ceci est une introduction


        • sheeldon 1er mars 2010 11:37

          merci philou c’est exactement ce que je pense cet auteur ne connait rien aux mouvements anarchistes , il confond violence et anarchisme , d’ailleurs même quand ce n’est pas des anarchistes qui sont derrière ces dits attentats , l’archiduc françois ferdinand n’a pas juste été victime d’un anar , qui c’est dit je vais faire une grande guerre .


        • morice morice 1er mars 2010 11:38

          G Yang : votre article montre que vous méconnaissez complètement le mouvement anarchiste.


          c’est bien vrai. Aujourd’hui c’est du post Guy Debord, celle de « l’Insurrection qui vient »..

          celle qui fait si peur à la bonne vieille droite façon MAM... les carrés Hermés et les anars, quoi....

          votre texte, Mr Yang est d’une légèreté inouïe sur la question ! Les anarchistes ont le meilleur système démocratique existant : pour eux, l’état n’est plus nécessaire car les gens sont devenus intelligents et savent tout gérer... c’est pas encore demain la veille visiblement, à vous lire Mr Yang...

        • Georges Yang 1er mars 2010 11:44

          Morice
          C’est votre opinion, mais d’autres intervenant me repprocchent de faire la part belle a la branche radicale de ce mouvement de pensee
          Or j’insiste sur le fait qu’il y a une ideologie, je parle de la Republique espagnole, je n’ai pas eu le temps et la place de parler de la Commune de Paris, du mouvement libertaire et de l’autogestion
          Donc je concois que cet article est incomplet mais il souleve tout de meme une possibilite de reflexion


        • Philou017 Philou017 1er mars 2010 11:49

          G Yang : « Ceci est une introduction »

          Elle est particulièrement mal faite et partisane. Vous commencez par présenter des actes violents, en citant tous ceux que vous avez pu trouver.
          Je cite une phrase du début de l’article :
          "Comment est-il encore possible de professer l’anarchie, surtout dans sa composante radicale et armée"
          Où y a-t-il une composante anarchiste armée en France et même dans le monde aujourd’hui ?
          A Tarnac peut-être ?
          Ridicule.


        • Georges Yang 1er mars 2010 11:55

          Justement, je dis que la misere sordide de la fin du 19 ieme siecle justifiait l’action violente (du moins certaines bien ciblees pollitiquement) Mais de nos jours en France elle ne serait concevable qu’en cas de desagregation sociale et de chute importante du pouvoir d’achat
          Les solutions anarchistes sont quelquefois utopistes, mais partent d’un constat politique et ne peuvent etre rejetee uniquement a cause du passe violent de certains des membres du mouvement il y a plus d’un siecle


        • Mycroft 1er mars 2010 12:07

          Il est faut de dire que l’anarchie propose une démocratie généralisé. Il nie en effet la nécessité d’un état de droit, alors que c’est une composante nécessaire de la démocratie. L’anarchie n’est au final que l’application du libéralisme économique aux autres aspect de la société.

          On remarque empiriquement que, quand le pouvoir a tendance à se concentrer quand la possibilité lui ai laissé. Aussi l’anarchie ne mène elle que vers une domination des forts sur les faibles, en l’absence d’un système contraignant les dits forts à protéger les faibles.

          La démocratie adaptés à tout niveau serait plutôt le sovietisme-marxisme, très opposé à l’anarchisme, car bien plus égalitariste que libertaire. La démocratie étant justement un système à tendance égalitariste.


        • Philou017 Philou017 1er mars 2010 12:23

          Mycroft : vous faites fort dans la manipulation des idées.

          Il est faut de dire que l’anarchie propose une démocratie généralisé. Il nie en effet la nécessité d’un état de droit, alors que c’est une composante nécessaire de la démocratie.

          Faux, bien sur. Ce n’est pas l’état de droit qui est rejeté, mais l’état de droit institutionnalisé. Il y a un état de droit dans le système auto-gestionnaire, simplement il est entièrement décidé et contrôlé par le peuple, à travers un système auto-gestionnaire continu.

          L’anarchie n’est au final que l’application du libéralisme économique aux autres aspect de la société.

          Vous confondez deux notions en fait totalement antagonistes.

          L’anarchie est la liberté contrôlée au profit de l’intérêt général

          Le libéralisme est la liberté économique au profit des forts et des puissants.

          En fait, totalement antagonistes.

          On remarque empiriquement que, quand le pouvoir a tendance à se concentrer quand la possibilité lui ai laissé. Aussi l’anarchie ne mène elle que vers une domination des forts sur les faibles, en l’absence d’un système contraignant les dits forts à protéger les faibles.

          C’est bien sur totalement faux. Dans un système intelligent contrôlé directement par les gens,il est hors de question que quelques forts arrivent à profiter des faibles. C’est la délégation de pouvoir qui permet aux forts de manipuler les gens et d’instaurer des pratiques à leur avantage.

          La démocratie adaptés à tout niveau serait plutôt le sovietisme-marxisme, très opposé à l’anarchisme, car bien plus égalitariste que libertaire. La démocratie étant justement un système à tendance égalitariste.

          Quand les gens décident directement de la façon dont sont partagées les richesses, l’égalitarisme est quasiment assuré.

          A la différence des dictatures marxistes ou des démocraties libérales qui créent systématiquement un système de privilèges et d’inégalités. Les faits l’ont montré et continuent à la faire.


        • Mycroft 1er mars 2010 14:37

          Vous parlez d’état sans institution, c’est aussi absurde que parler de logique sans le formalisme mathématique qui permet de l’exprimer d’une manière intellectuellement constructive.

          Vous faites de l’anarchie bisounours, là, ce système est absolument irréalisable, complètement utopique. Il va de soit que, sans garde fou inflexibles et inaltérables (ce que sont les institutions, justement), il y aura toujours un petit malin pour tirer son épingle du jeu.

          Le fait est que le système le plus égalitaire qu’on ai eu, à savoir le régime d’après guerre, était très institutionnel. Très loin des dictatures ou pseudo-démocratie dans lesquels l’électeur n’a pas de réel choix, et, de facto, dans laquelle les puissants ce sont arrangés entre eux pour ne pas subir de contre-pouvoir, donc pour être libres. Problèmes liés à une hiérarchie pyramidale, imposant l’unicité du chef, alors que justement, c’est ce qu’il faut éviter (et ce que les soviets préconisaient, justement, en contradiction avec la dictature qui s’est mis en place par la suite en usurpant leur nom).

          Car institution ne signifie pas pour autant hiérarchie pyramidale. Le système soviétique (le vrai, pas l’URSS), est justement basé sur un système non pyramidale. Mais, la dictature étant un système politique hautement probable lors d’un changement majeur de système de gouvernance (il suffit de suivre le déroulement du 20 ème siècle pour s’en convaincre, bon nombre de gouvernements renversé ont aboutis à l’émergence de dictatures, communiste ou non), le système soviétique n’a finalement pas été mis en place.

          Le système soviétique pur a néanmoins un problème, il néglige l’aspect primordiale de la compétence scientifique. En effet, du point de vu du sovietisme, la voie d’un ingénieur est strictement équivalente à celle d’une personne non scientifiquement formée, et ce, même sur des aspect directement liés au domaines scientifique. C’est là une faille, car la science n’est pas démocratique. Même si les gens votent à l’hunanimité contre la gravité, ça ne l’empechera pas d’exister. 

          Pour vous donner un exemple de ce que pourrait être le soviétisme réadapté au gout du jour, il serait intéressant, à l’heure actuelle, de remplacer, au sein d’une entreprise, notamment de grande taille, l’ensemble de la direction de haut niveau (PDG, DG, et leur nombreux conseiller) par une assemblé composé de client, d’ingénieurs de terrain (ceux qui ont une expertise technique, par opposition aux ingénieurs de directions, qui pour un grands nombres, n’ont plus l’expertise technique), et d’ouvrier chaque camps ayant autant de voie. Une telle organisation est, par nature, institutionelle, pourtant, elle n’est pas pyramidale, et n’a donc pas les failles des modèles actuels.


        • Emile Red Emile Red 1er mars 2010 15:10

          Philou,

          Je crois qu’il sera très compliqué d’expliquer les systèmes libertaires surtout à des libéraux qui ne comprennent en rien ce que pourrait être une société sociale et égalitaire

          Comment leur expliquer ce qu’est la révocabilité, la mandature contrôlée ou l’autogestion ou l’école moderne ?

          Quant à l’article je vous rejoint complètement, un fatras d’images d’Epinal, une anti-démonstration de ce que l’auteur prend pour une idéologie avec les limites imposées du genre en éludant l’ensemble des axes sociaux, culturels et unitaires pour présenter un galimatias politico-syndical sans queue ni tête.

          Le bouquet étant la présentation des anarchistes Américains par le biais de deux pauvres erres n’ayant que peu à voir avec l’anarchisme et bien loin de l’activisme d’une Emma Goldman ou d’un Alexandre Berkman , de l’écriture d’un Edward Abbey, de la pensée d’un Murray Bookchin ou de la réflexion d’un Normand Baillargeon.

          Une vaste caricature sans présentation, où pèle mèle viennent se téléscoper Bakounine et Vaillant, Kropotkine et Bonnot... de Babeuf, pas un mot, de Proudhon, nulle ombre, de Malatesta, pas un os et May Piqueray ne doit avoir jamais éxisté.

          Et je ne parle pas des élucubrations sur Makhno....

          Un véritable fourre tout sans cohérence empli d’idées reçues et d’opinions toutes faites prouvant une totale méconnaissance du sujet.


        • Philou017 Philou017 1er mars 2010 15:35

          Emile Red : « Comment leur expliquer ce qu’est la révocabilité, la mandature contrôlée ou l’autogestion ou l’école moderne ? »
          Rien n’empêche d’expliquer. Il y a à mon avis deux raisons pour lesquelles les idées dites libertaires sont méconnues et rejetées :
          - la propagande des médias qui non seulement les caricaturent les rares fois qu’ils en parlent, mais font l’apologie du système avec les chefs, vedettes, dirigeants qui ont avec, présentés constamment comme une élite indispensable et à admirer béatement.
          - Les préjugés des gens qui pensent pour des tas de raisons qu’on ne peut vivre sans chef, c’est à dire que les gens sont incapables de décider par eux-mêmes sur un certain nombre de sujets.

          Le délabrement du système étant ce qu’il est, on peut espérer un certain renversement de situation dans les temps qui viennent.


        • Philou017 Philou017 1er mars 2010 16:25

          Mycroft : "Vous parlez d’état sans institution, c’est aussi absurde que parler de logique sans le formalisme mathématique qui permet de l’exprimer d’une manière intellectuellement constructive."
          Je n’ai pas parlé de l’absence d’institutions, mais d’état de droit institutionnalisé, cad que certains pouvoirs sont délégués à des institution sans contrôle. En mode d’auto-gestion, les délégations de pouvoirs et les institution peuvent être révoquées à tout moment. Mais il peut et il y a forcément des institutions pour faire fonctionner la société, bien sur. A commencer par celles qui permettent aux citoyens de décider du fonctionnement de cette société (politique, économique, social, culturel,etc)

          Vous faites de l’anarchie bisounours, là, ce système est absolument irréalisable, complètement utopique. Il va de soit que, sans garde fou inflexibles et inaltérables (ce que sont les institutions, justement), il y aura toujours un petit malin pour tirer son épingle du jeu.

          Vous soulevez l’argument principal qu’on oppose à l’autogestion. Si n’y a pas des gardes-fous (des dirigeants ?), on tombe dans le n’importe quoi. C’est évidemment faux. Est-ce que les gens font n’importe quoi dans leur vie, est-ce qu’ils changent tout le temps de décision, d’attitude ? bien sur que non.

          Le modèle parlementaire est un mauvais modèle car il est plombé par les intérêt partisans et autres qui existent à beaucoup de niveaux, ne serait-ce que l’intérêt électoraliste des partis politiques.

          Les choses sont beaucoup plus simples dans une démocratie directe, où ces pesanteurs sont bien moindres. Cela n’empêche pas les problèmes et difficultés du débat, mais quand on met les gens en face de responsabilités et de de leurs choix, ils montrent beaucoup plus de sagesse qu’une certaine croyance populaire veut bien le croire.

          D’ailleurs ce mode de fonctionnement existe souvent d’ailleurs dans la gestion des grèves, notamment avec des étudiants qui n’ont que bien peu d’expérience politique. Et ca se passe pas si mal.

          D’une manière générale, on mésestime le changement des mentalités que représente la démocratie directe. Dans notre système, on est encadré de mille façons, de la maternelle à la maison de retraite. Dans le système auto-gestionnaire, c’est vous qui décidez et en subissez les conséquences. Quand les gens se sentent responsables en charge de problèmes, ils deviennent bien plus matures et intelligents que dans un système hiérarchique.

          Le fait est que le système le plus égalitaire qu’on ai eu, à savoir le régime d’après guerre, était très institutionnel.

          Un système capitaliste et hiérarchique ne peut qu’avoir des institutions, qui finissent d’ailleurs toujours par dériver et/ou s’ankyloser.

          il suffit de suivre le déroulement du 20 ème siècle pour s’en convaincre, bon nombre de gouvernements renversé ont abouti à l’émergence de dictatures, communiste ou non.

          Le communisme a fait une énorme erreur, c’est de placer la doctrine avant l’homme. A partir de là, quand on institue un système qui nie ou minimise le role de l’homme, il ne peut qu’échouer, voire dériver gravement.

          De plus, la guerre idéologique féroce et fermée entre les deux blocs a empêché toute évolution originale. Ou vous étiez d’un coté ou de l’autre, avec l’application forcée et la pesanteur des deux modèles en concurrence. Sinon, le système vous broyait.

          Le système soviétique pur a néanmoins un problème, il néglige l’aspect primordiale de la compétence scientifique.

          Le problème n’est pas au niveau scientifique, mais au niveau du pouvoir de décision du citoyen. Chaque citoyen a le même pouvoir de décision que le voisin, quelque soit son niveau. Pour les décisions scientifiques, c’est aux gens calés de convaincre la majorité de la validité de leurs projets. Un mode beaucoup plus sain que le système de délégation, où lobbies, intérêts corporatistes ou privés, intérêts économiques viennent polluer le débat, quand ils ne le confisquent pas.

          il serait intéressant, à l’heure actuelle, de remplacer, au sein d’une entreprise, notamment de grande taille, l’ensemble de la direction de haut niveau (PDG, DG, et leur nombreux conseiller) par une assemblé composé de client, d’ingénieurs de terrain et d’ouvrier chaque camps ayant autant de voie.

          Pourquoi pas. A condition de les élire et de les contrôler de près et de pouvoir les remettre en question à tout moment. Sinon, bonjour les gens qui s’incrustent, qui confondent intéret général et intérêt personnel,les privilèges qui s’installent, etc.

          Tout pouvoir de délégation non contrôlé finit pas dériver, et s’approprier des pouvoirs et des acquis qu’il ne devrait pas. Seuls l’auto-gestion démocratique peut permettre d’empêcher ces dérives, au moins dans le temps.


        • Bodhi 1er mars 2010 16:50
          • Vous parlez d’état sans institution, c’est aussi absurde que parler de logique sans le formalisme mathématique qui permet de l’exprimer d’une manière intellectuellement constructive.

          Attention il y a une erreur !
          L’ Anarchisme n’a pas pour but de créer un Etat sans institutions mais bien des institutions sans Etat, en tout cas pour les anarcho-communistes (communistes libertaires) !!!
          Pour le coup ça fausse votre raisonnement.

          Il me semble que dans ce type d’organisation on ne parle plus d’Etat mais plutôt de Fédération (libertaire).


        • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 1er mars 2010 17:10

          Voici une citation de Pierre-Joseph Proudhon :

          « Voilà donc tout mon système : liberté de conscience, liberté de la presse, liberté du travail, liberté de l’enseignement, libre concurrence, libre disposition des fruits de son travail, liberté à l’infini, liberté absolue, liberté partout est toujours ! C’est le système de 1789 et 1793 ; le système de Quesnay, de Turgot, de Jean-Baptiste Say (...) La liberté, donc, rien de plus, rien de moins. Le « laisser-faire, laissez-passer » dans l’acception la plus littérale et la plus large ; conséquemment, la propriété, en tant qu’elle découle légitimement de cette liberté : voilà mon principe. Pas d’autre solidarité entre les citoyens que celle des accidents de force majeure (...) C’est la foi de Franklin, Washington, Lafayette, de Mirabeau, de Casimir Périer, d’Odilon Barrot, de Thiers... »

          Une autre de Bakounine :
          « La liberté est indivisible ; on ne peut en retrancher une partie sans la tuer tout entière. »

          La différence entre anarchisme et libéralisme, c’est que le libéralisme est basé sur le droit, et sur un état dont la seule vocation est de faire respecter ce droit.

          L’anarchisme peut être considéré comme l’adolescence du libéralisme : Trop pur, trop carré, trop entier, trop utopiste (un homme parfait dans un monde parfait). Emouvant à quinze ans, affligeant à trente-cinq ans.

          Enfin, le libéralisme, le vrai, celui des libéraux, pas le fantasme des gauchistes, ne privilégie ni le faible, ni le fort, il les considère de façon égalitaire. De cette « Egalité » inscrite sur le fronton des mairies. Car être faible ou fort : quand ? comment ? par rapport à quoi ? La force ou la faiblesse ne se mesure pas qu’en termes économiques. Le nombre, la connaissance, la spécificité, sont aussi des forces. Enfin, qui est fort aujourd’hui, peut être faible demain, et vice versa.

          Enfin, une dernière citation :
          « Le pluriel ne vaut rien
          à l’Homme et sitôt qu’on
          est plus de quatre, on est une bande de cons,
          bande à part, sacrebleu c’est ma règle et j’y tiens. »
          G. Brassens


        • Mycroft 1er mars 2010 17:33

          Philou, votre façon de découper mon message en supprimant des passages me gène particulièrement, c’est une technique assez basse. Je n’ai rien contre les « quote-war », à la condition que les citations soient totalement reprises. Sinon, vous déformez les propos.

          Ceci étant dit, pour répondre à votre post.

          Vous condamnez de fait les scientifiques à une double peine, si j’ose dire. Ils doivent à la fois être capable de comprendre les lois et principes qui gouvernent l’existence, mais également les faire accepter par le public. Quand on fait trop de chose en même temps, on ne fait rien de bien. Etre un scientifique compétent actuellement exige des capacité de compréhension, d’analyse, de déduction et d’imagination largement supérieures à la normales. Si on leur demande d’avoir, en plus, des capacité à communiquer et à convaincre, on diminuera d’autant le nombre de personne apte à faire de la science. Alors qu’on a besoin de tout les cerveaux disponibles.

          Vous confondez le communisme au sens Marxiste, donc un système qui n’a jamais été mis en place, avec les dictatures se réclamant du communisme. Et vous reprochez à ces système d’avoir fait passer l’idéologie avant l’humain, alors qu’au contraire, elles ont fait passer certains humains (la nomenklatura) avant les idéologies.

          Vous confondez la notion de garde fou avec celle d’individus, c’est une erreur. On ne peut faire confiance aux individus. Aux règles, si. C’est à elles que je pensais quand je parlais de garde fou. Quand aux individus pouvant faire autres chose que du n’importe quoi quand ils ne sont pas canalisés par la société, réveillez vous. Les gens font n’importe quoi de leur vie. Le modèle des grève étudiante est bien un beau modèle de n’importe quoi. Qui ne se traduit, en fin de compte, que par un trop grand laxisme du corps administratif des université, qui réduit en réponse aux grève la difficulté aux examens, pour éviter d’avoir un . On est là en plein dans le n’importe quoi. Ce qui ne signifie pas pour autant qu’un modèle de démocratie participative est mauvais, mais cela, ce n’est pas l’anarchie, c’est justement la « dictature du prolétariat » de Marx. Le modèle de démocratie participative n’a qu’un problème : les idées simplistes sont attirantes, mais elles sont rarement juste. C’est ce problèmes qu’il faut résoudre, et je ne saurais dire comment. C’est justement là qu’il faut rajouter des gardes fou. Pour éviter les absurdités comme l’interdiction des minarets en suisse alors qu’on autorise les clochers d’église.

          vous parlez de responsabilité individuel, c’est un leur. Une chimère inventé par ceux qui ont beaucoup pour faire croire aux autres qu’ils méritent d’avoir beaucoup. Si on regarde la vie d’un être humain, on s’aperçoit que le nombre de décisions qui ne sont pas directement influencé par son environnement présent ou passé est infime.


        • Philou017 Philou017 1er mars 2010 18:24

          Je paraisunhommelibre :
          « Voici une citation de Pierre-Joseph Proudhon »

          Vous prenez une citation particulière pour déformer le propos de Proudhon. Il défendait la liberté dans le sens où :

          « Proudhon défendait la liberté individuelle contre toute force dominante : l’Église, la religion et toute espèce de dictature, l’individu ne doit jamais être sacrifié à l’intérêt général ou à la justice sociale »

          Sa position économique est ambiguë :« Dans ses Contradictions économiques, Proudhon s’attache à montrer que l’économie est fondée sur des contradictions internes »

          et il n’accepte la concurrence dans une visée sociale que comme pis-aller, parce qu’il la pense bénéfique aux ouvriers ;

          "La concurrence est de même contradictoire, d’un côté elle est injuste par ses effets (il lui prête de mener nécessairement au monopole) mais Proudhon l’accepte car elle est efficace et nécessairement opposée aux privilèges : « Par cela seul que l’ouvrier de l’administration n’a point de concurrence, qu’il n’est intéressé ni aux bénéfices, ni à la perte, qu’il n’est pas libre en un mot, sa productivité est nécessairement moindre et son service trop cher. »

          "La différence entre anarchisme et libéralisme, c’est que le libéralisme est basé sur le droit, et sur un état dont la seule vocation est de faire respecter ce droit.« 

          Vous interprétez à votre guise. Dans la théorie anarchiste, ce qui prime c’est la volonté populaire. Le droit vient ensuite. Dans le système libéral, c’est l’inverse.

          Sauf que le droit est avant tout édicté par les élites. On ne consulte jamais le peuple sur le vote d’une loi, seulement par rapport à des slogans politiques qui servent à amuser la gallerie. Qui veut voter LOPSI II ?

          Proudhon : »« L’anarchie c’est l’ordre sans le pouvoir ». 

          Le libéralisme, c’est un ordre contrôlé par des élites dominantes, comme on l’observe parfaitement aujourd’hui.

          un homme parfait dans un monde parfait. 

          Non. Un homme imparfait dans un système intelligent et adapté. Un monde parfait serait celui où tout le monde saurait ce qu’il faut faire sans se concerter.

          Enfin, le libéralisme, le vrai, celui des libéraux, pas le fantasme des gauchistes, ne privilégie ni le faible, ni le fort, il les considère de façon égalitaire.

           smiley smiley

          Alors là, je rigole. Si vous parlez du libéralisme économique, les faits vous démentent tous les jours. Si vous parlez du libéralisme en tant que philosophie sociale, c’est pâreil dans la mesure où la patrie de ce libéralisme c’est les USA où les inégalités sont aussi fortes qu’ailleurs, même si elles se voient moins.

          Pur fantasme de libéral.

          De cette « Egalité » inscrite sur le fronton des mairies.

          L’égalité inscrite au fronton des mairies n’a rien à voir avec le dogme libéral.

          sitôt qu’on est plus de quatre, on est une bande de cons,
          Dans notre société où les reflexes individualistes et l’égoïsme sont encouragés, ca n’a rien d’étonnant.


        • Philou017 Philou017 1er mars 2010 19:39

          Philou, votre façon de découper mon message en supprimant des passages me gène particulièrement, c’est une technique assez basse. Je n’ai rien contre les « quote-war », à la condition que les citations soient totalement reprises. Sinon, vous déformez les propos.

          Désolé. Mon intention était uniquement de ne pas faire de message trop long. Pas de déformer.

          «  »Vous condamnez de fait les scientifiques à une double peine, si j’ose dire. Ils doivent à la fois être capable de comprendre les lois et principes qui gouvernent l’existence, mais également les faire accepter par le public. Quand on fait trop de chose en même temps, on ne fait rien de bien. Etre un scientifique compétent actuellement exige des capacité de compréhension, d’analyse, de déduction et d’imagination largement supérieures à la normales. Si on leur demande d’avoir, en plus, des capacité à communiquer et à convaincre, on diminuera d’autant le nombre de personne apte à faire de la science. Alors qu’on a besoin de tout les cerveaux disponibles.«  »

          Il ya des scientifiques qui sont plus aptes à la communication que d’autres. Cela ne pose pas de problème, à mon avis. Sinon, vous avez l’air de dire qu’il faut faire avancer les gens malgré eux, opinion que je ne partage pas. D’ailleurs le public n’est pas rétif aux avancées scientifiques, il a besoin d’être informé. Et de décider ce qu’il veut ou pas.

          "Vous confondez le communisme au sens Marxiste, donc un système qui n’a jamais été mis en place, avec les dictatures se réclamant du communisme. Et vous reprochez à ces système d’avoir fait passer l’idéologie avant l’humain, alors qu’au contraire, elles ont fait passer certains humains (la nomenklatura) avant les idéologies.« 

          Ce que je veux dire, c’est que dans l’idéologie communiste, le but à atteindre est plus fort que le libre-arbitre humain. CAD que le communiste moyen estime que la révolution doit passer en force. Autrement dit que le système génèrera un nouvel homme  »socialiste". C’est une grosse erreur, car l’homme doit évoluer avant de passer à un autre système.

          La Nomenklatura est issu de ce concept. Il faut des leaders pour faire avancer la révolution communiste, et ces leaders deviennent inévitablement des apparatchiks, car ce genre de personne est essentiellement égoïste. De plus, c’est eux qui contrôlent le système, donc qui se contrôlent eux-mêmes. Dans ce cadre, les dérives sont assurées.

          Vous confondez la notion de garde fou avec celle d’individus, c’est une erreur. On ne peut faire confiance aux individus. Aux règles, si. C’est à elles que je pensais quand je parlais de garde fou. Quand aux individus pouvant faire autres chose que du n’importe quoi quand ils ne sont pas canalisés par la société, réveillez vous. Les gens font n’importe quoi de leur vie.

          Contrairement à vous je fais confiance à l’homme globalement, même s’il faut différencier la confiance que l’on fait suivant les individus.

          Vous mettez le doigt sur quelque chose d’essentiel, peut-être la principale difficulté du socialisme. Les gens ne se font pas confiance et donc ne font pas confiance aux autres.

          C’est la société qui est responsable de cela principalement, imposant aux individus de rentrer dans un/des moules prédéfinis, plutôt que de faire confiance à leurs propres jugements.

          Pourtant, envisager n’importe quelle forme de socialisme sans faire confiance à l’homme est un échec assuré. La première des choses à assurer pour réussir une évolution vers un nouveau système sera d’apprendre qu’il peut (globalement) se faire confiance. Bien plus important que n’importe quelle idéologie. Ca fait tellement longtemps que l’homme vit avec des maitres qu’il a oublié sa sagesse innée et en est venu à se méfier de lui-même.

          Le modèle des grève étudiante est bien un beau modèle de n’importe quoi. Qui ne se traduit, en fin de compte, que par un trop grand laxisme du corps administratif des université, qui réduit en réponse aux grève la difficulté aux examens, pour éviter d’avoir un . On est là en plein dans le n’importe quoi.

          Moi j’accuserai plutôt des programmes trop chargés. Mais ma réflexion concernait l’organisation d’une grève et pas ses conséquences.

          Ce qui ne signifie pas pour autant qu’un modèle de démocratie participative est mauvais, mais cela, ce n’est pas l’anarchie, c’est justement la « dictature du prolétariat » de Marx. Le modèle de démocratie participative n’a qu’un problème : les idées simplistes sont attirantes, mais elles sont rarement juste.
          Parce que vous supposez que les gens vont forcément vers les idées simplistes, comme dans le système actuel où on bourre le crane des gens de concepts faux et de slogans. Quand vous discutez avec des gens en prenant l’effort de leur présenter tous les tenants d’un problème, ils réfléchissent et sont capables pour une majorité tout au moins de prendre des décisions intelligentes.
          C’est l’ignorance et la soumission à des hiérarchies qui rendent bêtes.

          C’est ce problèmes qu’il faut résoudre, et je ne saurais dire comment. C’est justement là qu’il faut rajouter des gardes fou. Pour éviter les absurdités comme l’interdiction des minarets en suisse alors qu’on autorise les clochers d’église.
          Il vaut mieux quelques absurdités, elles seront compensées par une grande majorité de mesures justes et adaptées. Personnellement je ne vois d’ailleurs aucun problème avec l’interdiction des minarets, puisque c’est la volonté populaire. On ne fais pas évoluer les gens en leur interdisant de prendre des décisions, mais en leur permettant d’expérimenter leurs choix.

          "vous parlez de responsabilité individuel, c’est un leur. Une chimère inventé par ceux qui ont beaucoup pour faire croire aux autres qu’ils méritent d’avoir beaucoup. Si on regarde la vie d’un être humain, on s’aperçoit que le nombre de décisions qui ne sont pas directement influencé par son environnement présent ou passé est infime."

          Mais non./ C’est parce que beaucoup de citoyens ont abandonné leur pouvoir de décision aux mains d’institutions, de politiciens, de financiers, de docteurs, de gourous et bien d’autres que ca va si mal.

          Rendre les citoyens responsables de et dans leur vie, c’est la première condition à une société équilibrée et juste. La déresponsabilité entraine l’asservissement, l’inconséquence et la soumission aux dogmes.


        • sisyphe sisyphe 2 mars 2010 00:39

          Puisque« jesuis un machin » ose citer Brassens, à l’appui de ses théories libérales (un comble !!),
          on va lui faire la réponse qu’a adressée Ferrat :

          « On peut me dire sans rémission
          Qu’en groupe, en ligue, en procession
          On a l’intelligence bête
          Je n’ai qu’une consolation
          C’est qu’on peut être seul et con
          Et que dans ce cas on le reste. »

           smiley


        • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 2 mars 2010 11:31

          @ Sisyphe

          Si Ferrat a écrit quelques belles chansons, et les a interprétées avec sa voix magnifique, son engagement politique est bien plus douteux (complice de la pire tyrannie).

          Chez Brassens, en revanche, « Tout est bon chez lui, il n’y a rien à jetter, sur l’ile déserte il faut tout emporter »


        • Emile Red Emile Red 2 mars 2010 11:50

          Complice ?

          Je rêve, un chanteur chante, parlez moi de Kissinger au Chili, de Hayek et de ses théories, vous parliez de tyrannies ?

          Ferrat n’a aucune responsabilité parcequ’il a eu un espoir, les deux autres, eux sont totalement responsable de massacres....

          Le libéralisme est l’antithèse parfaite de l’anarchisme, pour la bonne et simple raison qu’il a calqué les principes pour les adapter à ses dogmes, dogmes qui n’existent pas dans l’anarchisme.


        • LE CHAT LE CHAT 1er mars 2010 11:16


          I am an antichrist
          I am an anarchist
          Don’t know what I want but
          I know how to get it
          I wanna destroy the passer by cos i

          I wanna be anarchy !  smiley


          • Fergus Fergus 1er mars 2010 11:29

            Le chat, pseudo de Johnny Rotten ou Sid Vicious !


          • Georges Yang 1er mars 2010 11:29

            jE NE FAIS AUCUN AMALGAME, BIEN AU CONTRAIRE , RELISEZ L’ARTICLE


          • morice morice 1er mars 2010 11:39

            je ne connais pas vraiment les mouvements anarchistes contemporains


            achetez-le donc ; ce livre, c’est en vente en librairie... 

            et ne le regardez pas que sur le net : faites vivre les petits imprimeurs : sont souvent..anarchistes !

          • Philou017 Philou017 1er mars 2010 11:41

            Mais si, rien que le fait de comparer une violence anarchiste qui principalement appartient à un passé relativement lointain, aux attentats islamistes est mal venu et complètement injustifié.
            C’est un parallèle qui ne viendrait à l’idée qu’aux manipulateurs politiques qui ont inventé l’ultra-gauche, ou à des réactionnaires haineux de tout ce qui est étiqueté gauchisme.
            Et à George Yang.

            C’est sans doute parce que vous cherchez à justifier une violence que beaucoup d’anarchistes rejettent.


          • sisyphe sisyphe 1er mars 2010 12:12

            Entièrement d’accord avec Philou.

            Et d’une, le mouvement anarchiste ne se résume pas à ses activistes , aucune référence ici, à ses théoriciens, à la définition d’un idéal anarchiste, qui n’ a rien à voir avec la violence.

            Et de deux, le rapprochement avec le terrorisme islamiste est particulièrement mal venu.
            Même si l’auteur s’en dédouane en partie ; alors, pourquoi le faire ?

            Et de trois ; citer Brassens, soit, Béranger, d’accord, mais ne pas citer Ferré est plus qu’un oubli ; une faute majeure.

            A force de pondre au moins 1 article par jour, monsieur Yang s’expose, évidemment, à un survol grossier des sujets qu’il aborde : ce qui s’appelle du pisse-copie.

            On attendra des articles un peu plus sérieux pour parler réellement de l’anarchisme.

            Ni Dieu, ni maître
            Pas vrai, mec ?


          • Georges Yang 1er mars 2010 13:02

            Mea Culpa de n’avoir pas cite le grand Leo
            Merde a Vauban


          • Emile Red Emile Red 1er mars 2010 15:17

            Le problème est que vous n’avez cité personne....

            Pour ce qui est de venir nous rabattre les oreilles avec l’islamisme, bonjour le rapport, comme si un médecin parlait de rougeole à un patient grippé. Les amalgames ne sont jamais neutre, et la volonté de comparer est déjà délibérément une condamnation.

            Restez donc dans vos fadaises afro-coloniales et laissez donc ce à quoi vous n’entendez rien...


          • brieli67 1er mars 2010 11:37

            Quelques utopies en marge de l’anarchisme :
            http://raforum.info/dissertations/spip.php?article89

            En ce temps de Salon de l’Agriculture.. uin peu de Petr Kropotkine ?

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