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Accueil du site > Actualités > Politique > Pierre Joxe : Croisade contre une justice qui s’égare

Pierre Joxe : Croisade contre une justice qui s’égare

Pierre Joxe, ancien député, plusieurs fois ministre sous la présidence de François Mitterrand, premier président de la Cour des Comptes et membre du Conseil constitutionnel de 2001 à 2010, exerce depuis deux ans comme avocat spécialisé dans la défense des enfants. 

Dans un livre intitulé "Pas de quartier'", publié récemment chez Fayard, il plaide pour une justice des mineurs fidèle à l’ordonnance de 1945, dont il constate destruction progressive.

Une histoire souvent ignorée de la justice pour les enfants

Cela commence par une interview de Pierre Joxe sur France info courant janvier. 

On ne l’attendait pas forcément sur ce terrain de la justice des jeunes. Dans cette interview, on apprend notamment que : 

« Depuis dix ans, le parlement a beaucoup durci la justice appliquée aux mineurs. Pierre Joxe s'insurge contre cette évolution.

Commis d'office depuis deux ans auprès de jeunes qui n'ont pas les moyens de se payer un avocat, l'ancien ministre veut réhabiliter l'ordonnance de 1945, laquelle instaure des tribunaux pour enfants et dispose que « Le tribunal pour enfants prononcera, suivant les cas, les mesures de protection, d’assistance, de surveillance, d’éducation ou de réforme qui sembleront appropriées. » (art 2.)

Une entreprise de démolition de la justice des mineurs par la droite

Depuis 2002, la majorité parlementaire a démantelé de façon régulière et méthodique la fameuse ordonnance de 1945.

" J'ai découvert la justice des mineurs à l'occasion de la loi Perben I de 2002, déjà d'inspiration sarkozyste, qui commençait à démolir le système. Puis, la loi dite Perben II de 2004 a introduit une mesure unique en Europe : La possibilité de mettre un enfant en garde à vue pendant quatre jours dans certaines circonstances. C'est là que je me suis dit : quand je sortirai du Conseil constitutionnel, je vais me consacrer au droit des mineurs". a dit P.Jox (source AFP). 

En mars 2010, Pierre Joxe s'est donc inscrit au barreau de Paris. A 77 ans, il exerce son activité d'avocat en se consacrant uniquement aux mineurs et aux commissions d'office.

"Je refuse toute clientèle privée. Premièrement, je n'ai pas besoin de ça pour vivre. Deuxièmement, je fais ça pour des raisons patriotiques et civiques, parce que la démolition du système français de 1945 est un grand danger pour la démocratie" dit-il.

Ecouter ici l’interview

 

Pierre Joxe : Pas de quartier ou la croisade d’un militant

Dans son livre «  Pas de quartier ? Délinquance juvénile et justice des mineurs chez Fayard », Pierre Joxe livre son expérience de cette justice.

Au travers de l’histoire de Bianca, jeune délinquante enceinte de 14 ans qui inaugure son propos, on découvre un homme de gauche véritable, sensible, empathique, militant sincère et engagé. On assiste à son parcours de « jeune » avocat qui se fait ballotter par le système, dont la complexité et le cynisme bafoue les droits les plus élémentaires des jeunes délinquants et se moque des avocats. Une justice qui n’a cure de la convention internationale des droits de l’enfant ni de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui accorde à l’enfant et à la maternité « une aide et une assistance spéciale".

Saluons son militantisme sincère et presque "juvénile".

Portrait de Pierre Joxe, pris le 17 novembre 2010 à Créteil. BORIS HORVAT afp.com


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10 réactions à cet article    


  • hans 30 janvier 2012 13:51

    Merci Kali, une très belle initiative de Mr Joxe auquel je reprocherais juste de ne pas avoir tenu promesse en quittant le Conseil Constitutionnel, il avait promis une énorme pavé dans la marre , mais rien, je paris que Mr Badinter va aussi reprendre sa robe.
    Cel montre bien l’état de déliquescence de notre belle justice


    • gordon71 gordon71 30 janvier 2012 16:56

      joxe ?


      c’est bien le ministre de l’intérieur de françois mitterand qui a instrumentalisé l’affaire de carpentras :
       alors qu’il était le mieux placé pour savoir où se portaient les soupçons 

      il a choisi délibérément de mentir et de diaboliser le FNational après l’avoir fait monter pour battre la droite il fallait le diaboliser pour l’amoindrir et l’exclure de la représentation nationale 

      l’histoire décidément, à tendance à se répèter

      Le Point constate, six mois après la profanation, que l’opinion a « le pénible sentiment d’avoir été roulée dans la farine  » et dénonce « les apprentis-sorciers de la surchauffe médiatique ». 
      En oubliant simplement d’exhumer ses propres textes et de battre sa coulpe. 

      Pour gagner des lecteurs, tous les médias ne peuvent pas, comme Le Figaro, distribuer matinalement - gratuitement - un exemplaire du journal avec des croissants, aux habitants du XVIe ... 
      Il leur suffit, plus simplement, d’exploiter à fond le sensationnel - surtout lorsqu’il va dans le sens du pouvoir - et puis, plus tard, quand l’émotion retombe parce que les faits reprennent leur vraie dimension, de se refaire une virginité en expliquant que seuls les autres étaient responsables. 
      Ainsi pour les fausses exécutions de Tîmisoara. Ainsi, plus près de nous, de la profanation du cimetière habiroux de Carpentras, voilà six mois. 
      Celle-ci fut commise huit jours après le vote en première lecture de la scélérate loi Gayssot, et cinq jours avant la publication du rapport du député socialiste Marchand, préconisant la naturalisation en masse des étrangers, et qui devait servir de base au débat parlementaire sur l’immigration, prévu pour la fin mai. 
      L’affaire de Carpentras tombait à pic, comme une sorte de divine surprise. Le pouvoir n’allait pas se priver de l’exploiter, et de quelle manière ! Avec la complicité franche et massive de la grande presse, particulièrement ... empressée. 
      Aujourd’hui. la manœuvre spécialement dirigée contre le Front national (dont la montée inquiétait) ayant échoué, cette même presse tente sans vergogne de récupérer les sympathies lepénistes. Après la calomnie, les sourires. La ficelle est bien grosse ! 
      Jean Daniel peut bien reconnaître, six mois plus tard, dans le Nouvel Observateur, qu’à Carpentras « on s’est fait une fantasmagorie de l’atroce  » ; dans la revue Le Débat de septembre-octobre 1990, le sociologue de gauche Paul Yonnet peut bien dénoncer « la profonde erreur qui a consisté à vouloir faire de Le Pen et du Front national en bloc le bouc émissaire de la profanation ». Il est bien temps ! 
      Mais que penser du cynisme du Point qui, le 5 novembre dernier, barrait sa couverture d’un énorme titre Carpentras, l’exigence de vérité, et consacrait un gros dossier à l’affaire ? Toujours pour vendre du papier, sans doute. 


      • xray 30 janvier 2012 18:00


        LA … « JUSTICE » 

        Le vrai problème de la justice est un problème de mobilier humain. 
        Trop d’argent va à la justice pour payer des magistrats irresponsables et incompétents. 

        Les juges sont des fonctionnaires.  
        Payé à ne rien faire au profit d’un système qui ne se justifie que par le désordre.  

        Des juges irresponsables et incompétents 
        http://mondehypocrite.midiblogs.com/archive/2009/06/06/trop-d-argent-va-a-la-justice-pour-payer-des-juges-irrespons.html 



        • franor 16 février 2012 16:28

          Après avoir consulté le blog que vous mettez en lien, je puis répondre pour partie à vos commentaire ci-dessus".Le vrai problème de la justice est un problème de mobilier humain. « 

          Effectivement la pauvreté des effectifs de la justice en province n’a rien avoir avec l’opulence de celle-ci dans les grandes villes. Il est donc plutôt question d’immobilisme humain.

          Les juges sont des fonctionnaires. »
          Depuis quand ? Là une seule chose vous n’avez aucune maitrise du sujet dont vous parlez.

          Après le blog ou vous trouvez vos sources, faites d’anecdotes, de racontars, ne représente rien du fonctionnement réel des tribunaux de notre pays.


        • armand armand 31 janvier 2012 10:42

          Avant les droits des jeunes délinquants, je me soucie des droits de leurs victimes. C’est la priorité de toute société un tant soit peu civilisée. On ne devient pas brusquement responsable à 18 ans de ses actes, et bien des mineurs savent parfaitement faire la part du bien et du mal, du licite et de l’illicite.


          • kali 31 janvier 2012 11:39

            Bonjour Armand
            « Avant les droits des jeunes délinquants, je me soucie des droits de leurs victimes »

            L’un n’empêche pas l’autre.. Ce n’est pas parce que l’on parle de Pierre Joxe et de son combat pour une justice des mineurs convenbale que l’on néglige le droit des victimes..le raisonnement n’est ni binaire ni exclusif, il faut juste choisir un thème à un instant t.
            Une mauvaise justice créera toujours plus de délinquants et donc plus de victimes.
            Par ailleurs, la justice doit garantir que les « présumés coupables » soient traités et jugés équitablement. Même en temps de guerre, les prisonniers ont des droits (convention de Genève dixit).

            Bonne journée


          • HerveM HerveM 31 janvier 2012 10:59

            Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. Et que la mémoire fait défaut au plus grand nombre.....

            Ce sont leurs politiques anti-sociales mais surtout leur insistance à insinuer la haine de la France dans l’esprit des populations issues de notre défunt empire colonial qui sont les causes de l’état actuel de la délinquance.


            • appoline appoline 31 janvier 2012 11:30

              Il est surprenant de constater que les victimes des délinquants mineures sont vite rejetées dans le fond d’un tiroir quelconque, celui du civil la plupart du temps en espérant qu’une compensation financière apaisera leurs maux.

              L’être humain est ainsi fait, si l’épée n’est pas au dessus de sa tête, il arrive très vite au pire. Il faut donc se montrer sévère dès la première infraction, dès le premier délit et surtout dès le premier crime. Il faut réouvrir les fameuses maisons de correction où dès le premier écart, le délinquant prenait une bonne baffe au lieu de jouer les caïds devant ses copains. Peut-être pas très éducatif mais oh combien efficace. Ils ne se levaient pas le matin, qu’à cela ne tienne, un bon seau d’eau remettait les choses en place. Quand ils sortaient de là, ils n’avaient pas trop envie d’y revenir. Et ça, ça marche.

              • clostra 31 janvier 2012 12:41

                pour répondre à Appoline que je n’ai pas envie de citer, ce qu’elle dit est exactement sur le thème qui permettrait de répliquer à l’UMP lorsque ce parti accuse la gauche actuelle de revenir en arrière et de proposer un programme suranné.

                A pourtant une exception près : la poursuite acharnée de la lutte contre les caïds et tout l’arsenal mis en place par le pourfendeur du karsher...

                Maisons de correction etc

                Pourtant Françoise Dolto et quelques autres sont des témoins de culture qui auraient du faire progresser la société toute entière (s’il est vrai que les véritables éducateurs des adultes sont précisément leurs enfants...)

                Le manque d’imagination est tel qu’on désespère vraiment ! à quelques exceptions près comme des initiatives « d’école de parents » dans certains quartiers.


                • clostra 31 janvier 2012 12:43

                  avec excuses : c’est la gauche qui devrait pourfendre le Karsher mais ne le fait pas

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