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Politique : qui sont les stars de nos journaux ?

Après avoir découvert une énième couverture sur Rachida Dati cette semaine dans mon kiosque à journaux, j’ai décidé de regarder à quelles personnalités politiques la presse s’intéresse le plus depuis les élections de 2007.

 Pour ce faire, j’ai regardé combien d’articles évoquaient les seize personnalités choisies dans la presse nationale1. Un moyen un peu plus simple que de mesurer le temps de parole de chacun et qui permet déjà de dégager de sérieuses tendances.

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Le premier constat est sans appel, la presse n’en a que pour Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas une surprise mais les chiffres sont sans appel. Depuis l’élection présidentielle, sur trente cinq mille articles évoquant l’un des présidentiables (Bayrou, Le Pen, Royal, Sarkozy) plus de 75% des articles font référence à Nicolas Sarkozy. S’il est assez logique que le président de la République fasse parler de lui, on ne peut qu’être surpris de remarquer qu’environ un article politique sur deux évoque Nicolas Sarkozy, un sur deux ! On peut tout de même remarquer que depuis un an, sa présence dans les colonnes de presse s’est (un peu) raréfiée. L’écart le plus faible entre lui et Ségolène Royal a été atteint pendant la primaire socialiste en novembre 2008. Toutefois, le président de la République est tout de même évoqué deux fois plus souvent que sa rivale socialiste sur cette période !

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Avant de revenir sur les leaders de l’opposition notons que Jean-Marie Le Pen n’a plus vraiment la cote. Après avoir été omniprésent dans les médias en 2002, il désintéresse de plus en plus. Sur les huit titres de la presse écrite que j’ai sélectionnés le leader du front national est évoqué en moyenne 30 fois par mois soit environ cinq fois moins que François Bayrou par exemple et même moins qu’Olivier Besancenot (50 articles / mois). Ceci explique ses dernières tentatives de dérapages contrôlés. Cette semaine il annonçait que le maire de Marseille devrait bientôt s’appeler Ben Gaudin si la population d’origine maghrébine continuait à croître. Sans commenter cette sortie raciste, cette phrase me rappelle une des premières unes de l’Echos des Savannes que l’on voit ici.benlepen2

 

 

 

opposition

Pour en revenir à notre sujet, le plus inquiétant dans mes résultats c’est que lorsque l’on compare les articles évoquant les principaux leaders de l’opposition (Martine Aubry, François Bayrou, Olivier Besancenot, François Hollande et Ségolène Royal) et ceux consacrés à Nicolas Sarkozy, on se rend compte que ce dernier est évoqué dans deux fois plus d’articles que tous les autres réunis. Jusqu’à l’élection de Martine Aubry à la tête du P.S., la figure de l’opposition était indiscutablement Ségolène Royal. Le seul mois où il y avait plus d’articles au sujet de François Bayrou que de la présidente de la région Poitou-Charentes c’était en mars passé lors des élections municipales de 2008… Rappelons que l’élection à Pau avait été sur-médiatisée car l’enjeu était évidemment de faire barrage au leader centriste. Un autre point est intéressant à noter dans ce graphique. Si Ségolène Royal a perdu les élections internes du parti socialiste, elle n’en est pas moins présente dans la presse. Martine Aubry arrive à peine à la dépasser ces derniers mois. A propos de cette dernière, on peut remarquer qu’il y a un an, la presse ne l’évoquait à peine. Elle ne s’est imposée comme dirigeante possible que très tardivement ce qui risque d’être un handicap supplémentaire pour son mandat à la tête du parti qui incarne comme le montre ce graphique la principale opposition au gouvernement.

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Pour finir j’avais prévu de faire un graphique sur tous les membres du gouvernement pour essayer de voir ceux qui intéressent au premier plan les journaux français. Le graphique présentant un trop grand nombre de courbes devient totalement illisible une fois présenté sur ce blog. Je me contenterai donc de vous présenter ce camembert sans appel. Rachida Dati qui rafle de loin le plus grand nombre de unes, est aussi la ministre la plus fréquemment évoquée par les journaux français. Elle est suivie de près par Xavier Bertrand et Bernard Kouchner dont on parle beaucoup en ce moment. L’hyper-médiatisation du Grenelle de l’environnement permet à Jean-Louis Borloo de prendre une bonne place dans ce classement quand des personnalités qui font beaucoup de bruit -comme Fadela Amara- intéressent finalement assez peu les médias. Rama Yade n’est pas présentée ici, mais elle occupe aussi beaucoup les pages des magazines qui ont abondamment évoqué les ministres d’ouverture et ceux représentant la « diversité » dans ce gouvernement. A titre d’exemple, j’ai indiqué dans ce camembert Dominique de Villepin qui, en moyenne, est évoqué 70 fois par mois soit près de 20 fois moins que Nicolas Sarkozy ! Dur de se mettre sur les rangs pour 2012 dans ce cadre là !

 

 

1J’ai selectionné : l’humanité, libération, le monde, la croix, le figaro, le nouvel observateur, le point et l’express


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1 réactions à cet article    


  • Romain Desbois 14 février 2009 23:46

    Les médias font et défont les carrières des politiques. C’est ainsi que nous n’entendrons pas parler des "petits candidats" de la présidentielle pendant cinq ans. Ce qui justifiera ainsi que les médias les snobent sous prétexte que personne ne les connait. Ce qui justifiera leur petit score aux élections car la majorité des émecteurs se basent sur ce qu’ils savent des candidats par le biais des médias. La boucle est bouclée !

    je me souviens il y a sept ans quand les Verts ont décidé de choisir Liepiez pour représenter leurs couleurs. Les médias lui sont tombés sur le rable ; tout ce qu’il pouvait faire ou dire était tourné en dérision. Au point que les verts l’ont remplacé par Mamère, d’autant plus chouchou des médias qu’il est du sérail.

    C’est peut-être la première fois qu’en France les médias ont aussi ostensiblement décidé qui serait candidat pour un parti.

    Hélas le code électoral va dans ce sens puisque tous les candidats n’ont pas le même temps de parole, donnant la prime à ceux qui ont eu des scores importants précédemment. Ce qui fait qu’un parti qui se présente pour la première fois aura la partie congrue de la campagne officielle, pendant que d’autres se seront répandus tout au long de la précédente législature mais aussi pendant la précampagne, la campagne.

    Mais le système est déjà vérouillé en amont par l’obtemption des 500 signatures d’élus, cooptation à la Française qui veut qu’un candidat demande aux partis concurrents le droit de se présenter (dans le cas d’un nouveau parti plus particulièrement).

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