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Accueil du site > Actualités > Politique > Politiques, journalistes : des liaisons dangereuses ?

Politiques, journalistes : des liaisons dangereuses ?

Le pays de Voltaire et d’Hugo compte encore de grands journalistes et intellectuels, donc libres. L’offensive de pseudo journalo-animateurs n’en demeure pas moins manifeste. Tous agissent en service recommandé de la Cour. Cela n’est pas nouveau. Que cela s’aggrave est évident. La « copinocratie »(faussement fraternelle...) porte atteinte à tout ce qu’une démocratie même imparfaite pouvait encore nous laisser espérer. La confusion des genres entre Pouvoir médiatique et Politique est a son comble.

Face à tant de soumission et courbettes (Cour bête ?), on reconnait et distingue d’autant plus les rares esprits encore critiques, honorant la noble mission d’information.

La pénétration d’une logique de « spectacle », du langage du Net invitant au « buzz », de la people-politique croissante...tout cela réduit peu à peu l’accès à une réelle et sérieuse information. Les vedettes hebdomadaires se succèdent, une réalité tragique demeure, et s’aggrave.

Après plusieurs jours en première page médiatique, grande tristesse du Député à vie Georges Frèche, ce milieu de semaine. Pierre Camatte lui aurait donc volé la vedette pour avoir été libéré par l’Aqmi (groupe d’Al Qaida du Maghreb Islamique). Certes, il était déjà sur le point de se faire distancer par la Secret Story d’Ali Soumaré, mêlant violence caractérisée et sombres révélations de casier judiciaire, le tout fondu enchainé dans une dose de politique. Finalement, la classe gouvernante semble compter bien trop d‘autres cas, souhaitant étouffer au plus tôt celui qui nous aura occupé quelques heures. L’Info vole, bas. On occupe le brave peuple avec les petites graines hebdomadaires de l’info-gadget.
 
Au grand tiercé du temps de vacances, notamment pour la Région d’Ile de France, le suspens fût palpitant dans les brèves de comptoirs s’apparentant plus que jamais aux "informations" médiatiques. Tout le monde s’improvise journaliste, et pas que sur Internet. Certains pensent qu’il faut juste savoir collectionner les images, des visages qui passent bien (les plats), toujours du nouveau, idéalement du sang et des larmes. Outre le héros permanent portant le pseudo habilement familiarisé de « Sarko » (avec respect) en suggestion subliminale de Zorro, la sauce servie à toute heure par l’information en continue exige en effet des seconds rôles plus provisoires. Le peuple doit garder l’illusion de la diversité démocratique. Certes, tout bon rédacteur en chef garde toujours quelques sportifs sponsorisés sous le coude en cas de pénurie de piment, en plus des bons mots de politiques répertoriés « bons clients ». Du Spectacle…loin des vrais journalistes qui retiennent tout notre respect.
 
Notre Député vedette hebdomadaire devrait s’en tirer bien et accéder à une seconde semaine de primauté, en plus de sa Principauté territoriale. Il sait la jouer et placer gagnant dans le match entre Province et Capitale, le populo est ravi. Avoir la couverture du journal Marianne rival dans l’écurie pseudo libre avec le Canard ("enchaîné" surtout aux Rois successifs, tel le bouffon d’antan ? ), fera passer un bon Week End à Monsieur Frèche. Ne résistons pas au jeu de mot induit par son joli petit nom. En effet, de même que certains sont en recherche perpétuelle de chair « fraîche », le (faux) journaliste actuel court plus que jamais après le « buzz ».
 
La contamination du Net et de la Téléréalité est maximale. Le bon "éditorialiste" doit faire du bruit dans la basse cour de la petite société parisienne. L’art du métier repose sur l’acoquinement avec les fameux « bons clients » de tous les domaines. Le "mélangisme" du Spectacle gagnerait il toute l’élite ? Plus on est petit plus on s’élève, vers le bas. Il faut être connu, aussi en politique. Le bon carnet d’adresses sera ainsi celui des porteurs de bons mots et formules creuses mais sonnantes, ou ne sera pas. Fréquenter les intellectuels, les vrais (ceux qui ne portent pas chemise blanche avec gomina et autobronzant permanents comme leurs passages en TV), cela est passé de mode. Penser ? Non ! Passer, oui, à la télé et sur le net...Côtoyer les journalo-animateurs, volailles soumises et juvéniles de Neuilly, et les nymphettes blondes plates formatées à M6 pour finir à TF1 ? Tout cela assurerait notoriété et « top réputation » dans la branchitude régnante. Du spectacle.
 
Ainsi, tous les « journalistes » vrais et faux étaient ils pareillement convoqués cette fin Février par le service de presse Elyséen, pour se rendre à Bamako, lors d’une grande séance de promotion gouvernementale. Le nom de Pierre Camatte prévalait moins que d’autres. Il y aurait, promis juré (autant dire, craché), plein de vedettes, pour le moins notre French Doctor passé à droite, reçu chez un de nos frères placés en Afrique pour nos intérêts. Cette fois ci, l’exotisme pour l’image de temps de vacances sera assuré par le Président Malien Amadou Toumani Touré. Bien que survenant en pleine crise diplomatique entre le Mali, la Mauritanie et l’Algérie, « l’info » d’état se contentera de relayer seulement l’image d’un héros (portant beaucoup d’euros ?) libérateur d’otage. L’information ne doit plus être au su et au vu de tous, voir suffira, et toujours les mêmes. Le journaliste de nos temps modernes est contraint au sous titrage des images. Pour certains, le fond tend à devenir facultatif. De simples animateurs désormais titulaires de carte de presse, pullulent. Les vrais analystes et éditorialistes gardent leur petit Edito, noyé au beau milieu de pages de pub et de brèves. Vive vous ! les vrais journalistes, vous vous reconnaitrez. Le commentaire d’images reste le creuset valorisé de la ligne éditoriale des animateurs journalisant, le suivisme se généralise. Même si la Presse n’en finit pas de moins se vendre, la planète et confrérie de l’Info officielle persiste donc à s’inspirer du Net et de la Téléréalité, sous l’offensive des faussaires du si noble métier de Journalisme. L’événement est pour eux dans l’anecdotique, à leur niveau. Le moindre vent de scandale et de coucherie fait le plus grand bruit. En attendant, la misère, bien réelle (pas seulement intellectuelle), la démocratie de plus en plus virtuelle, une France qui appartient plus que jamais à un petit clan jouant « l’ouverture » pour nourrir les gazettes et le paparazzi de famille, en attendant, en attendant…Triste spectacle, indigne…mais savent ils encore le sens de ce mot ?
 
Donc, il parait que l’épouse du Ministre ex « plus populaire » french Doctor dirigerait toujours France Monde (le mot en dit long…) regroupant RFI, France 24 et TV5 Monde…Il parait que la journaliste Valérie Trierweiler serait avec F…Il parait que Marie Drucker et François B ne seraient plus autant…Par contre, personne ne doute que le patron du FMI soit toujours marié avec…On dit même qu’autrefois Laurence F aurait fréquenté Napoléon...Les amours saphiques entre une grande journaliste politique de la Télévision et une ancienne Ministre du gouvernement Raffarin seraient toujours d’actualité…Une journaliste des Echos viendrait de s’installer avec un successeur potentiel de Martine Aubry à la tête du PS (pour peu que le PS n’ait pas totalement perdu la sienne)…Une autre journaliste traitant de politique notamment pour le Parisien vivrait avec un Député socialiste de premier plan…Une autre du Nouvel Obs passerait jours et nuits avec un quadra médiatique du PS…Sinon, Christine Kelly, Membre du CSA, outre le fait que tout Paris la dit Ministrable après les Régionales, serait avec un bon avocat de la cause peut être perdue du PS… On dit. Ils disent...
 
Pour en revenir au si sympathique et doux monsieur Georges Frèche, qui n’est pas soutenu que par Gérard Depardiou, et qui permet actuellement à bien des pseudo journalistes de gagner leur vie (la stratégie du bouc émissaire est un peu facile, non ?), une bonne nouvelle doit lui être rappelée. Elle concerne son principal rival d’audience. On dit que le temps de parole du Président serait désormais comptabilisé avec la part accordée à son Gouvernement, même si le Conseil d‘Etat affirmait il y a peu (Bakchich Info) que le CSA n’est pas destiné à « apprécier le respect du pluralisme ou exclure par principe toute forme de prise en compte des interventions du Président ». Au moins les choses sont, claires, et le CSA assurément justifié dans sa fonction tout à fait magistrale. La prise en compte des couvertures régulières des magazines, les reportages permanents aux journaux des 20HR (le programme thématique y reste identique sans que personne ne s’en offusque ? ), les rubriques Radio et TV assises sur l’évocation du Président (« la France de Nicolas » sur RMC, le « Journal de Sarko » sur BFM…), toutes ces évocations permanentes du nom de notre Président…Mais bon, chacun se souvient de Mourousi "accompagnant" un autre Président « chébran ». La Cour nourrissait déjà les gazettes et gazetons d’alors. Elle alimente aujourd’hui « l’ouverture ».
 
Tout cela atteste que dans notre démocratie théorique, certains Politiques et Journalistes fondent un bon « Parti » pris. Les hommes et les femmes s’y répartissent toujours dans le même sens. La parité reste un but lointain. La Démocratie s’éloigne de son fondement, le peuple.
 
Ré-engageons nous dans la société, afin que le nouveau "Parti" médiatico-politique ne réduise pas plus encore notre plus chère valeur, la Liberté !
 
Guillaume Boucard
 
 
 

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6 réactions à cet article    


  • jps jps 26 février 2010 11:59

    La comparaison des informations données, au sujet dernier rapport de la cours des comptes le 9 février 2010 entre David Pujadas sur France2 et Audrey Pulvar sur itélé est très révélatrice. David Pujadas estime qu’il est plus important de communiquer sur le coût des timbres amendes (il ne veut pas froisser sarkozy) alors qu’Audrey Pulvar préfère mettre le doigt où cela fait mal c’est-à-dire les raisons principalement structurelles de la croissance de la dette publique. En d’autres termes à cause du boucler fiscal, de la baisse de la TVA dans la restauration et de la croissance des niches fiscales


    • finael finael 26 février 2010 12:22

      Il ne faut pas oublier un facteur : de par leur « besoin d’information » les journalistes sont de plus en plus amenés à fréquenter les politiques, à gagner leur confiance, voir à les suivre afin de les « couvrir ».

      Ce qui ne peut qu’entrainer une collusion, volontaire ou involontaire et une « surmédiatisation » de leursparoles et faits et gestes au dépend du « journalisme d’informaion et d’investigation » en voie de disparition.

      Qui plus est la collusion entre les propriétaires des médias et les politiciens n’est plus à démontrer.


      • Vilain petit canard Vilain petit canard 26 février 2010 13:45

        Vous pourriez en dire un peu plus sur les liaisons entre journalistes et hommes/femmes politiques ? Sans faire du ragot ou du people, on voudrait savoir ... avec qui couche Arlette Chabot ! smiley


        • Philou017 Philou017 26 février 2010 15:22

          Article bien écrit et soigné, même si un peu brouillon.

          « De simples animateurs désormais titulaires de carte de presse, pullulent. »
          On est d’accord. Ceux qu’on appelle les journalistes, sont dans les médias bien plus des animateurs/commentateurs que de vrais journalistes.

          « Même si la Presse n’en finit pas de moins se vendre, la planète et confrérie de l’Info officielle persiste donc à s’inspirer du Net et de la Téléréalité, sous l’offensive des faussaires du si noble métier de Journalisme. »
          Vous trouverez sur Agoravox des gens qui ont bien plus l’esprit journaliste que nos animateurs.
          Quand à s’inspirer d’Internet, vous devriez mettre la charrue médiatique avant les beaufs d’Internet. Le people, le spectaculaire à outrance, le superficiel et le scoop anecdotique ne datent pas d’internet, mais de certaines pratiques de presse. Certains médias du web ont tendance à imiter ce marketing journalistique, mais de grâce, rendez à César ce qui est d’abord aux Empereurs de la presse aguicheuse.


          • Gabriel Gabriel 26 février 2010 18:03

            Le cinquième pouvoir si nécessaire à notre équilibre démocratique est devenu le paillasson de la politique.


            • Romain Desbois 1er mars 2010 00:51

              Guillaume

              je vous invite à lire cet article dans lequel je dénonce le mélange des genres entre politiques et présentateur/journaliste

              Le cas de Schonberg et Chain cité est emblèmatique.

              http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/un-borloo-ca-va-deux-bonjour-les-46349

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