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Accueil du site > Actualités > Politique > Postures et règlement de compte à OK Royal

Postures et règlement de compte à OK Royal

 

Les primaires au PS semblent indiquer quelques orientations quant à la vie politique actuelle. Les déclarations de candidature à l’investiture se font avec une mise en scène, une théâtralisation évidente, avec à la clé une volonté d’ancrer le geste dans une symbolique ayant valeur de sens historique. Dominique Strauss-Kahn a choisi la mairie de Sarcelles, afin de retracer son engagement et de signifier une proximité avec non seulement les militants, mais aussi une population locale que l’on sait être parmi les moins aisées, bref, un candidat pragmatique, proche, cherchant dans une base populaire moyenne un sens à sa démarche de conquête du pouvoir.

Ségolène Royal a choisi au contraire Vitrolles. Le lieu n’est pas innocent. C’est dans cette ville que le Front national a géré les affaires avant que le PS ne reprenne la ville. La symbolique est évidente. Conjurer l’humiliation du 21 avril 2002. Dieu sait si les socialistes ont été traumatisés par cet événement. Ayant souvent l’occasion de rencontrer leurs militants, je tiens pour sûr, notamment lors de la campagne des régionales, que la revanche sur la défaite de Jospin était au cœur de leurs préoccupations et à la limite, une obsession. Madame Royal venue en mission, mais portée par une obsession, voilà un trait dominant, un contenu à cet engagement pour les primaires, le reste, du style et donc, une mise en scène prête à l’emploi pour les télévisions. En d’autres temps, nos deux candidats à l’investiture auraient choisi le JT de 20 heures pour se déclarer. Ségolène est investie d’une mission... drôle de vocabulaire.

Lionel Jospin a insisté à maintes reprises sur sa disponibilité. Je suis disponible, a-t-il répété. Disponible, même racine que dispositif, ce terme désignant aussi une instance technique (voir par exemple les méditations sur le Gestell, par Heidegger). Que signifie cette rhétorique jospinienne ? Que le Parti socialiste est fort de ses militants, élus, gouvernants et techniciens de la politique. Et que lui est disponible au titre d’homme d’expérience et de capitaine de navire capable de faire fonctionner l’équipage et de mener à bien la trajectoire. Madame Royal se présente au contraire comme missionnée ? Ce qui signifie qu’elle se positionne en visionnaire, capable d’occuper le poste de vigie, et de voir où le navire doit virer de bord. Elle est la vérité. Elle le dit, se réclamant du vrai changement contre la fausse rupture. Du vrai débat, de haute voltige. L’adversaire Sarkozy répliquera qu’il défend la vraie rupture contre le faux changement. Soyons admiratifs, quand deux visionnaires se font face, le peuple est ébloui de tant de lumières, pardon, je voulais dire, en vérité, aveuglé ! Assumer une mission, c’était aussi ce que répétait à l’envie Georges W. Bush, mais, bon, Madame Royal ne reçoit pas de message de Dieu. Sa mission, c’est une religion laïque qui en fournit le contenu autant que le ressort, le national doit se marier avec le social. Nous sommes conviés à cette noce qui ne se déroule pas à l’Eglise mais à Vitrolles, là où le national se conjugua un moment avec le front.

Fabius, tel qu’on le soupçonne, choisira une méthode plus sobre pour annoncer sa candidature à l’investiture. Peut-être le JT de la deux ? C’est de son style, et puis ça ne lui ressemble pas, le côté théâtral utilisé par ses deux adversaires au PS. Les méchantes langues diront que Laurent manque de charisme. Mais on pourra tout aussi bien noter le sérieux du candidat et en fin de compte, savoir gré à Fabius de ne pas jouer de cette fausse proximité. Quoi qu’on en dise, ce troisième prétendant à l’investiture semble être le moins factice, le moins inauthentique et qui sait, le plus apte à prendre des décisions importantes, si on en juge par sa position lors du référendum sur l’Europe. Bref, du socialisme sobre et efficace.

D’après les dernières nouvelles, Laurent Fabius se déclare, après avoir participé à un forum organisé par le collectif Sauvons la recherche. Le geste est éminemment symbolique. Rien de la démagogie de ses concurrents avec leur théâtralisation visant à séduire les militants. Laurent Fabius se positionne déjà en 2007, présent sur ce point essentiel et sensible qu’est la recherche fondamentale et son destin. C’est ce qu’on appelle un signal clair, rien à voir avec le ton emphatique et emprunté de Madame Royal en missionnée pour 2007... des mots, des formules, tout cela sonne creux et bien artificiel.

On ne sera pas surpris des haines tenaces inhérentes au PS et qui font dire à certain éditorialiste étranger que ce parti possède une capacité infinie à se détruire. Rien de bien nouveau, les milieux politiques ne sont pas connus pour être une communauté de saints. Parfois les haines se montrent, comme lors de ce fameux Congrès de Rennes, et actuellement, lors de la course à l’investiture. On ne manquera pas cependant de noter un phénomène nouveau. Il semblerait qu’au sein du PS et des militants ou sympathisants de gauche, règne une sorte de vénération vis-à-vis de sainte Ségolène. Au point qu’une sorte de ralliement inconditionnel se développe, mouvement qu’un Lionel Jospin a considéré comme relevant d’un socialisme de l’émotionnel, par opposition au socialisme rationnel, fait de débats d’idées et représenté par sa personne. Sans doute, l’effacement de Jospin et l’échec probable de Fabius vont-il appuyer la thèse d’un Rosanvallon, reprise par les Duhamel et autres analystes patentés, d’une transition depuis la démocratie représentative vers la démocratie d’opinion. Avec le chef de l’UMP comme acteur principal aux côtés de la sainte socialiste.

Les esprits son exacerbés. J’ai pu moi-même m’en rendre compte à l’occasion d’une réunion d’associations près de chez moi, où après une intervention ironique sur le côté partisan et autocrate de la présidente de Poitou-Charentes, j’ai été interpellé par une militante, avec une agressivité que je ne connaissais pas, comme si j’avais commis un blasphème. Des menaces diffuses traduisant cette atmosphère délétère, lire ces liens, un député menaçant, un militant admonesté, un éditeur malmené. Tout ceci est sans grande importance. La politique est le terrain des inimitiés et des haines. Quelques-uns confondent politique et religieux, pas seulement dans certaines contrées d’Orient. Cette campagne s’organise autour des débats, critiques, blessures et blasphèmes. Les débats étant tronqués, pour la bonne raison que l’action politique n’a plus grande incidence sur un monde qui épouse la Tendance.


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50 réactions à cet article    


  • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 octobre 2006 12:52

    En complément à ce billet, un extrait du rebond de ce jour sous la plume d’A Duhamel évoquant l’ère de la politique rationnelle envolée avec Jospin. Mais Duhamel oublie une chose, c’est que Fabius incarne encore ce type de politique (c’est ce que j’ai essayer d’évoquer).

    http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/208364.FR.php

    On opposait des rationalités au lieu de traquer des popularités. Il s’agissait de conduire l’opinion et non pas de la suivre, d’accepter les austérités de la pédagogie au lieu de rechercher les facilités de la démagogie, c’est-à-dire des consensus à la mode. Ce goût des responsabilités, voire des sacrifices dans les moments houleux, conférait cependant une autorité démocratique, pourvu que s’y mêlât un certain charisme.


    • Sylvain (---.---.179.106) 4 octobre 2006 12:58

      « d’accepter les austérités de la pédagogie... »

      Là, vous blaguez ! Quelle « austérité » à la bourse en ce moment ? Pour ne pas parler des stock options, etc...


    • (---.---.209.203) 4 octobre 2006 13:20

      Les cabinets des ministres PS ont été des belles pépinières de PDGs de multinationales. A commencer par deux copains de Fabius : Serge Weinberg, membre comme lui de la Trilatérale, et Patrick Ponsolle, le PDG très contesté d’Eurotunnel.

      « Le socialisme comme si vous y étiez... »


    • duong (---.---.123.107) 4 octobre 2006 13:50

      Je ne pense pas que Fabius incarne la politique rationnelle comme Jospin, il s’inspire plutôt de Mitterrand qui est l’homme qui a dit « on ne sort jamais de l’ambigüité qu’à son détriment » et qui inspire incontestablement Ségolène Royal (qu’Attali a d’ailleurs rejointe). Et le même Mitterrand qui a quand même changé le contour de sa veste plus d’une fois, tout comme Fabius : je veux bien qu’il ait eu une réflexion profonde qui l’ait amené à modifier ses options politiques, mais l’aspect démagogique de ses positionnements est quand même évident. Les évolutions de Jospin étaient moins brutales et plus explicables.

      Mais Ségolène Royal incarne un passage encore à une nouvelle ère de la démagogie : celle de la « démocratie à l’américaine » qui l’emporte sur l’héritage mitterrandien : http://www.liberation.fr/opinions/rebonds/206710.FR.php


    • Sylvain (---.---.194.114) 4 octobre 2006 12:56

      Le PS est très nerveux, à l’idée qu’on puisse gratter un peu son véritable bilan politique et le passé des vedettes qu’il nous propose.

      Et la « droite » n’aime pas, non plus, qu’on fouille ce passé qui est aussi très largement le sien, surtout en matière de mensonges d’Etat et d’immobilisme politique.

      Dans l’ « héritage mitterrandien », ils sont tous mouillés. Lire, par exemple, pour en rester à un auteur d’Agoravox :

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12339

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12532

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13393

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13471

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13881

      http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=13976


      • Marsiho Marsiho 4 octobre 2006 13:12

        Comme l’a déclaré elle-même la Royale sur France Inter ce printemps : « La politique, c’est d’abird une posture »...


        • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 octobre 2006 13:53

          Notons que le mot « posture » fait aussi partie du vocabulaire de Tariq Ramadan, tout en étant employé par ceux qui parlent de lui

          Extrait d’une googlerie

          En se félicitant de l’annulation de la conférence de Tariq Ramadan à ... Ramadan revendique une posture, celle de l’islam politique qui a marqué le monde ... www.oumma.com/spip.php ?article1932 - 57k - En cache - Pages similaires

          Critiques contre Tariq Ramadan, procès de l’islam (Oumma.com : L ... Dans leur volonté d’enfermer Tariq Ramadan dans une posture « communautariste », ses ennemis se gardent bien de commenter les critiques qu’il adresse à sa ... www.oumma.com/spip.php ?article786 - 131k - En cache - Pages similaires [ Autres résultats, domaine www.oumma.com ]

          [Les Pénélopes] Au châtiment terrifiant de la lapidation, que répond Tariq Ramadan ? Quelle posture et quelle pédagogie adopte-t-il ? Il répond : un moratoire suspensif des ... www.penelopes.org/xarticle.php3 ?id_article=4574 - 39k - En cache - Pages similaires

          Tariq Ramadan et François Burgat - C’est une posture plus répandue que l’on ne croit au sein de l’Université ... du jury qui a validé la thèse à la gloire d’Hassan al-Banna de Tariq Ramadan, ... www.prochoix.org/cgi/blog/2005/01/24/287-tariq-ramadan-et-francois-burgat - 30k - En cache - Pages similaires


        • (---.---.123.107) 4 octobre 2006 13:22

          Il parait que Ségolène Royal voue une profonde admiration à Jeanne d’Arc depuis son enfance lorraine. Elle aurait par exemple déclaré en 1988 : « Jeanne d’Arc a dans un monde confisqué par les hommes, commis le triple sacrilège : être une femme stratège, une femme de guerre et une femme de Dieu. Et tout cela, pire offense encore, en venant de rien et en n’étant rien. »

          Ca explique sans doute un peu le recours à la notion de « mission ».


          • Bernard Dugué Bernard Dugué 4 octobre 2006 13:44

            Comme quoi, j’ai été bien inspiré de la nommer saint Ségolène, mais nous ne savons pas si elle a entendu des voix et d’où elles venaient.

            Zinedine zi d’Arc lui aussi a été missionné pour conquérir la coupe mais ça c’est achevé par un coup de boule.

            Conquérir 2007 Ségolène ? Attention au coup de blues !


          • duong (---.---.123.107) 4 octobre 2006 14:00

            Il y a incontestablement un côté mythique et quasi-mystique chez un certain nombre de ses partisans (lire ou écouter Domenach par exemple).

            Et effectivement c’est quelque chose qui me fait peur : quand on soulève une telle foi, la cruauté des réalités et la désillusion peut engendrer à la fois beaucoup de souffrances et même peut-être de la violence.

            Par exemple le contraste de la démocratie participative avec son caractère connu comme très autoritaire et peu collaboratif dans la gestion de sa région : http://forum.nouvelobs.com/archives/forum_754.html

            Le chemin de l’espoir repose sur un fil ... alors que la complexité et la gravité de la situation nécessiteraient à mon avis beaucoup de réflexion et de raison.


          • Antoine (---.---.11.37) 5 octobre 2006 18:23

            Avez-vous remarqué qu’il n’y a aucune femme autour de Ségolène Royal ? Que des mecs : Mauroy, Menucci, Montebourg, Savary, Bianco, Dray, Rebsamen... et Hollande ! Bizarre, non ?


          • Sam (---.---.156.17) 4 octobre 2006 14:13

            Bof, bof, l’auteur lui-même ne semble pas très convaincu que tout ça ne soit pas qu’écume..

            Mais il a raison quand il parle de tendance. Tout le monde, le monde médiatique s’entend, s’entend bien pour ignorer la présence d’Alternives Unitaires Anti-Libérales.

            Yves Sallesses, intelligent, probe, courageux militant de l’Institut Copernic, précieux think-tank pour contrer la com libérale, en sera sans doute le « candidat collectif ».

            C’est la GAUCHE DE LA GAUCHE. Oui, ça existe, les blogueurs et les apprentis journalistes !

            500 Comités Locaux en France, il s’en crée de nouveaux tous les jours.

            La surprise, le changement, la rupture avec cette société de marché qui nous écrase, il ne peut venir que de là.

            Pas des candidats archi-matraqués d’une élection morne comme un enterrement car elles nous dit que les jeux sont faits de toute éternité.

            Alors, les journalistes de rupture, vous attendez quoi pour y aller voir et creuser les propos, les thèses, les combats, pour que le citoyen revienne au centre, à la place des potentats vendus et pourris, hommes ou femmes ? smiley


            • Le Herisson (---.---.46.229) 4 octobre 2006 14:39

              La « posture », mot à la mode du moment... (Comme post ?) Il signifie « position du corps », c’est à dire, rien de très actif dans tout cela. « Mireille Mathieu n’est ni de gauche, ni de droite, elle est là où on la pose... » a dit Guy Bedos. Je crois que la même chose pourrait qualifier Ségolène Royal, à ceci près qu’elle n’est pas là où on la pose, mais là où elle se pose, c’est à dire entre, d’une part, ses origines, et d’autre part, l’opinion publique.


              • Romain Baudry (---.---.30.177) 4 octobre 2006 15:14

                J’ai un meilleur titre pour cet article : « Votez Fabius, c’est le meilleur ! »

                Franchement, j’aimerais bien lire des articles qui font un peu plus d’effort pour se montrer objectifs (ou alors qui annoncent la couleur d’entrée de jeu, ça n’a rien de déshonorant). Tomber, en milieu d’article, sur des « Fabius est le moins factice » et des « il n’a rien de la démagogie de ses concurrents », ça donne à l’ensemble une couleur terriblement partiale qui tranche désagréablement avec l’impression initiale.

                J’ajouterai - mais c’est un avis purement personnel - que Laurent Fabius a toute l’authenticité d’une bouteille de champagne made in China.


                • Duduche (---.---.4.88) 4 octobre 2006 15:35

                  @ Sylvain:tu dis le PS est« trés nerveux »...Sans doute mais j’ai l’impression qu’à droite malgré le dispositif mis en place ça commence aussi à s’affoler.Ce n’est pas pour rien qu’on passe son temps à dénigrer et dénaturer les propos de Mme Royal....

                  Quand j’étais petit plein de personnages me faisaient rêver : Vercingétorix,Charlemagne,Duguesclin,Jeanne d’Arc,le Père Noël, la vierge Marie (mon dieu quel mystère)Buffalo Bill,Rintintin,Tartin et Tartine,Guignol,Ben Hur,et Moïse qui a rencontré dieu ,est redescendu de la montagne avec les 10 commandements où il est écrit : « tu ne tueras pas même ton voisin palestinien ».


                  • (---.---.102.41) 4 octobre 2006 16:59

                    Trop troll !!!


                  • Romain Baudry (---.---.30.177) 4 octobre 2006 17:05

                    Soit dit en passant, Moïse semble avoir plus ou moins zappé ce commandement en particulier. Lisez donc Nombres 31 : http://www.info-bible.org/lsg/04.Nombres.html#31


                  • bob (---.---.84.41) 4 octobre 2006 22:09

                    Par contre les palestiniens tuent allègrement leurs voisins israéliens...aussi !


                  • (---.---.102.41) 5 octobre 2006 08:27

                    Troll !!!


                  • Bonjour Tristesse (---.---.29.230) 4 octobre 2006 17:22

                    Du blablaba partisan !!!!


                    • Bonjour Tristesse (---.---.29.230) 4 octobre 2006 17:28

                      Du dégeuli de frustré


                    • Le Herisson (---.---.121.162) 4 octobre 2006 17:22

                      C’est curieux comme les « royalistes » fustigent de « fabiusien » ou « machistes » ceux qui ne sont pas d’accord avec eux. Autre argument entendu : en dénigrant Royal, on ferait le jeu de Sarkozy. Désolé, la démocratie vaut la peine qu’on s’en occupe. Et qu’on épluche le programme et la personnalité des candidats. Et il y a d’autres candidats que Royal, Sarkozy et Fabius, non ? C’est comme si la sondagomanie devait s’imposer à tous les socialistes et à tous les gens de gauche ou du centre.


                      • 3p (---.---.102.41) 5 octobre 2006 08:33

                        C’est pour cette raison qu’il y aura encore un bouleversement au soir du premier tour. Mais cette fois-ci on aura été prévenus.

                        A force de naviguer à vue en fonction des sondages, d’adapter son discours à la sensibilité du jour et au journal télévisé, de ratisser le plus large possible quitte à se contredire chaque jour, les hommes politiques se discréditent un peu plus à chaque élection. Le vote de protestation et de dégoût fera, cette fois encore, la différence.

                        On aura les dirigeants que l’on mérite.


                      • duong (---.---.123.107) 5 octobre 2006 10:41

                        Où sont les idées concrètes chez Ségolène Royal ? Je les cherche désespérément ! Toutes ses positions sont floues et ambigües, ou quand elles sont un peu plus précises, elles sont immédiatement démenties car ses conseillers et partisans savent que ses propositions ont soit déjà été mises en oeuvre, soit sont impossibles à mettre en oeuvre, soit sont extrêmement coûteuses à efficacité constante (le 2e adulte dans les classes, le temps de présence accru des enseignants), soit vont au contraire des souhaits des gens de gauche. Elle parle « syndicalisme obligatoire » et comme totu le monde sait que c’est impossible et sans intérêt, on pose la question "comment mettre en place un syndicalisme de masse ? Elle dit « dans l’idéal, il faudrait supprimer la carte scolaire » et d’autres, se rendant compte que tel quel, c’est impossible et ça accroitrait la ségrégation sociale, d’autres donc répondent « assouplissement » et « nouveaux mécanismes (donc contraignants) pour plus de mixité sociale ». Elle dit « la réforme des 35 heures a fait du mal » mais elle corrige aussitôt pour dire qu’elle a aussi fait du bien. Ses partisans disent « sa critique des 35 heures est de gauche » quand les seules choses précises qu’elle a dites est que « les entreprises qui sont durement confrontées à la concurrence internationale comme celles qui prennent des risques en innovant doivent pouvoir bénéficier de souplesses sur les 35h pour rester agiles et créer des emplois ou les sauvegarder » et qu’il faudrait donner la possibilité à ceux qui le souhaitent de travailler plus de 35 heures. Elle dit « la msie en place de visas saisonniers permettra de diminuer le regroupement familial » alors que tous ceux qui connaissent l’immigration savent que l’immigration familiale n’a rien à voir avec une immigration saisonnière de travail. Elle fait espérer à Kouchner, au Nouvel Obs et le Point à un « Bad Godesberg » (social-libéralisme) à la française, elle est conseillée par Pascal Lamy et soutenue par de nombreux centristes, et elle fait dire à Arnaud Montebourg qu’elle est « la seule candidate à avoir évoqué la nécessité d’imposer dans la mondialisation dérégulée actuelle des normes sociales et environnementales » et qu’elle « s’attaque aux structures du système politique, économique et social » et est « la candidate la plus à gauche ». Elle est la candidate de la « démocratie participative » et on sait que la gestion de sa région est autoritaire et solitaire. Elle n’a conclu que deux débats sur « Désirs d’avenir », site le plus surveillé et censuré de tous les blogs socialistes.

                        Mais qui est, que veut Ségolène Royal ? Une pure machine électorale censée faire gagner le PS, et qui a pris à son compte l’adage de Mitterrand « on ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment ».

                        Les gens de gauche qui aiment leur pays vont vers des temps très durs.


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 octobre 2006 11:31

                          Une simple remarque :

                          Fabius est pour un nouveau référendum qui serait le clone simplifié du TCE accompagné d’une charte sociale plus explicite mais pas plus contraingante que la section 3 la partie 3 du TCE ; sachant très bien quelle est la situation des rapports de forces en Europe, il se prononce en outre pour une plus grande intégration politique dans les domaines de la fiscalité et de la défense.

                          Conclusion : Nul doute qu’au pouvoir il ferait comme il l’a déjà fait lorsqu’il y était : se prononcer pour le oui au référendum recosmétiqué par ses soins, en accord avec les propositions de l’Allemagne (Merkel) qui présidera le processus de reprise du TCE..

                          Je fais le pari, tout en sachant qu’il est vain : Fabius n’a aucune chance après le coup de force de 2005 ,d’obtenir l’investiture du PS.

                          Quant à Ségolène, sa démarche a de quoi séduire, ce qui peut en effet inquiéter, mais et ce n’est pas nécessairement un défaut : dans un contexte de démocratie d’opinion elle au moins le mérite de tenter d’ébranler les préjugés et de s’intéresser aux problèmes des electeurs les plus modestes.

                          Fiction pour fiction...


                          • duong (---.---.123.107) 5 octobre 2006 14:58

                            Et vous vous en contentez ... En 2007, si Royal est élue (ce qui est malheureusement loin d’être fait), le pouvoir sera à des technocrates. Les électeurs seront bien loin ... ils auront donné leur blanc-seing sans demander à voir ... pour changer. Tout ça est d’une tristesse à pleurer.


                          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 6 octobre 2006 11:51

                            Je signale que c’est au gouvernement et au parlement de décider de la politique concrète (lois) et non au président de la république qui lui est élu sur de grandes valeurs ou principes généraux d’action ; ne confondez pas élection présidentielle et élections législatives.

                            En cela nous sommes dans un cadre de démocratie globalement indirecte et c’est une perversion de la constitution de confondre les rôles et les pouvoirs ; perversion qui tend à instaurer une monarchie élective au lieu et place d’une démocratie représentative. : ex la cohabitation Chirac/Jospin a illustré parfaitement cette séparation constitutionnelle.


                          • duong (---.---.194.89) 6 octobre 2006 13:04

                            Vous savez bien qu’il n’y aura pas de débat pour les législatives, et que le résultat de la présidentielle déterminera celui de la législative.

                            Par ailleurs, compte tenu de la complexité des problèmes de la France, parler de « valeurs », c’est la meilleure façon de noyer le poisson et de ne pas parler des vrais sujets ... d’autant que sur le sujet des valeurs il y a un accord général dans le pays, ou en tout cas les désaccords sont masqués derrière le débat en gros de la crédibilité des gens par rapport à ces valeurs.

                            Hé oui on est dans une monarchie élective, je le déplore aussi mais c’est comme ça.


                          • duong (---.---.194.89) 6 octobre 2006 13:24

                            Les Français n’ont pas désespérément besoin de valeurs, ils ont désespérément besoin de résultats concrets pour améliorer leur vie, et surtout pas de débats sans queue ni tête.


                          • duong (---.---.194.89) 6 octobre 2006 13:27

                            Ségolène Royal ne s’intéresse pas aux souhaits des électeurs les plus modestes, elle essaie de les séduire, c’est différent.

                            Fabius aussi bien sûr ... mais Ségolène Royal ne s’y intéresse pas plus, c’est du vent. Au moins, les 100 euros d’augmentation du Smic (qui ne sont pas la panacée), c’est concret.


                          • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 6 octobre 2006 16:47

                            Je constate que SR a beaucoup parlé de quelques sujets de première importance d’une manière qui au moins suscite le débat, c’est à dire sans langue de bois.

                            Quant aux mesures concrètes je tiens le parlement pour nécessaire à leur élaboration, sinon autant le mettre définitivement en vacances. Vous êtes peut-être pour la perpétuation de cette perversion actuelle de la démocratie que j’appelle la monarchie élective, pas moi. Sinon , vous devez exiger que le parlement fasse son travail, c’est à dire refuser que tout soit décidé et décidable par un président de la république monarque soumettant le parlement à son arbitraire, sans contre-pouvoir législatif.


                          • duong (---.---.123.107) 6 octobre 2006 17:48

                            Je suis pour un système parlementaire et pour la suppression de la présidentielle. Je suis absolument contre la « monarchie élective » même si vous me faites ce procès d’intention.

                            Le Parlement ne pourra pas aller à l’encontre du président tant que le résultat de l’élection législative sera soumis au résultat de l’élection présidentielle : c’est mon point de vue.

                            A défaut de supprimer l’élection présidentielle, j’ai fait de multiples autres propositions (notamment sur débat2007 et sur divers sites) sur ce sujet même si je n’ai pas de blog ou de site ici comme vous, a minima il me semble nécessaire d’organiser l’élection présidentielle et l’élection législative le même jour.

                            Par ailleurs, je considère qu’« ouvrir des débats » en lançant des mauvaises pistes est une mauvaise chose pour le débat démocratique. Par exemple, j’en ai déjà parlé s’agissant du 2e adulte en classe : bien d’autres mesures ont été proposées par des gens sérieux, que je crois avoir évoquées dans un post ci-dessus, et qui sont passées au 2e plan parce que tout le monde se focalise sur cette « fausse piste ». J’en suis triste. Moi je voulais de vrais débats, concrets, car je pense que l’élection présidentielle de 2007 est cruciale pour le pays. Ces débats, nous ne les aurons pas car on entendra parler de « valeurs » et de multiples concepts vides.


                          • duong (---.---.123.107) 6 octobre 2006 17:53

                            Bon je m’aperçois que je n’ai pas parlé des mesures qui circulent dans les débats sérieux contre la violence scolaire : les pistes sont généralement l’accroissement du nombre de surveillants, voire des policiers référents, la vidéosurveillance et les détecteurs de métaux dans les établissements les plus difficiles, l’éducation au conflit et l’instruction civique pratiquée par des enseignants spécialisés (pratiqué au Canada) ... toutes ces mesures sont beaucoup plus efficaces à coût constant que la présence d’un 2e adulte en classe qui serait issu d’un cursus en éducation physique et sportive ...


                          • Alonzo Bistreau (---.---.50.1) 5 octobre 2006 15:32

                            Ses idées, je m’en f..., son programme, je m’en contre-f..., son « autoritarisme », je m’en réjouis si cela permet de remettre de l’ordre dans la maison France et quant aux déceptions éventuelles, j’ai déjà tellement donné que plus rien ne peut m’atteindre.

                            Ce que je veux, c’est virer tous ces vieux c...rabes (d’autres parlent d’éléphants) et changer la donne politique de manière inattendue et radicale : une femme présidente de la République !

                            C’est décidé, j’arrête de voter Le Pen et je choisis Ségolène dès le premier tour ! Au point où on en est, on ne risque plus rien...


                            • (---.---.151.103) 5 octobre 2006 22:18

                              Fabius NON JAMAIS, non et non. Ca n’est certainement pas parce qu’il est en queue des sondages qu’il incarne je ne sais quelle « autenticité » ou quelle « rigueur ». En politique les derniers ne sont pas les premiers, ils le seront peut etre mais pas dans ce monde. Tout ça pour vous dire laborieusement que je n’ai toujours pas digéré ce sacré foutu NON de gauche ! Quant à Sarko ou Royal ça NON plus ? me font trop deviner Le Pen...Et que l’extréme gauche défile sans moi sous la banniére du hezbollah... Me reste plus que la peche à la ligne... mais Fabius NON. Trop facile de décrier les sondages quand ceux-ci ne sont pas en faveur de votre tete d’ampoule et peut on etre non- élitiste sans etre populiste ?


                              • (---.---.151.103) 5 octobre 2006 22:19

                                J’ajoute NON


                              • Antoine G. (---.---.72.17) 6 octobre 2006 10:30

                                Alors Sylvain Reboul nous parle de contexte de démocratie d opinion comme si cela allait de fait ! Je crois surtout que certains tentent d imposer cette nouvelle conception de la politique car cela permet d évacuer du débat certaines questions idéologiques toujours clivantes. Des personnes comme Fabius ou DSK ont un vrai positionnement idéologique. ILs prennent le risque de choisir une voie en sachant bien que cela ne plaira pas à tout le monde. Mais est ce que la politique c est vouloir plaire à tout le monde ? Quand on voit Ségo et Sarko ils sont dans cette démarche. Le problème c est qu’avec ce genre de choix on joue sur l affectif plus que sur la raison. Alors vous alllez me dire que c est souvent le cas dans une élection présidentielle oui mais ça n a jamais trop réussi au PS l affectif... Mitterrand s est fait élire en 1981 alors que les sondages lui donnaient une côte de popularité quasi négative. Sauf qu il savait parler aux gens et qu il avait un projet pour la France. Le PS ne gagne que grace aux idées concrêtes et pas aux belles déclarations. Chirac et aujourd hui Srkozy sont sur ce terrain de la fracture sociale et de la rupture sans éprouver le besoin de développer. A gauche les électeurs veulent un peu plus et j ai l impression que c est ce qui fera défaut à Ségolène Royal. Comment va t elle faire pour rassembler à gauche alors qu elle ne joue que sur l affectif et les notions trans partisanes donc floues. A gauche l affectif et les sondages jouent pendant un moment mais jamais au moment du vote final. Demandez à Jospin qui avait une bonne côte et des intentions de vote qui le désignaient président de la république.


                                • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 6 octobre 2006 11:42

                                  Quand je parle de démocratie d’opinion c’est dans un sens précis : ce sont les électeurs qui votent (et non les partis) qui font les opinions majoritaires ou minoritaires et donc la décision politique y compris en ce qui concerne le choix des élus.

                                  En ce sens une démocratie est toujours d’opinion, sauf que les partis doivent y « concourir » et non pas se substituer aux électeurs pour décider du juste et de l’injuste en politique ; ce qu’ils ont trop souvent tendance à faire.

                                  Ainsi une démocratie « partisanne » est une contradiction dans les termes. On ne peut être démocrate en récusant l’opinion publique.


                                • Patrick Adam Patrick Adam 6 octobre 2006 16:17

                                  @ l’auteur

                                  Très bon article traitant du trio que le parti socialiste va mettre en vitrine pour quelques temps. Je le dis avec d’autant de détachement car je suis utopiquement favorable à un trio Bayrou- Fabius-Chevènement à la romaine, sur une période de six ans avec turn-over de deux ans pour chacun. Du pur concentré de rêve politique.

                                  Quoiqu’il en soit, votre texte est utile et tout à fait normalement « partisan ». C’est toujours assez comique qu’on vous traite de « partisan » parce que vous ne fondez pas devant un sourire pipolisé comme tous les bobos-béats qui eux se proclament sans aucune retenue être de chauds « partisans » de Mme Royale.

                                  c’est pareil avec la tolérance. C’est ceux qui en témoigne le moins qui en réclame le plus pour leur propre compte. Je vois ça tous les jours sur d’autres fils.

                                  Bien à vous. Patrick Adam


                                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 6 octobre 2006 16:38

                                    Partisan, peut-être pas mais citoyen qui essaie d’être raisonnable, oui. Alors plutôt que me cantonner dans un déclinisme protestataire ou démissionnaire (ce qu’on me reproche) je cherche à être responsable (ce qu’on me reproche aussi)

                                    Par ailleurs, Fabius a plaidé, comme moi, pour le Non au TCE. Et drôle de coïncidence, vous avez 55 pour cent de oui à votre article du Fabius, comme mon présent article à cette heure-ci, 55 pour cent, c’est le résultat du TCE ! Etrange, non ?

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