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Pour de nouvelles formes de politique collaborative

Ce n’est pas en clivant les citoyens et en favorisant sans cesse le conflit politique que l’on fait avancer la société. L’heure est à la mobilisation de tous pour sortir des crises et travailler ensemble sur un projet de société commun. Sans nier leurs différences, les partis politiques devraient être plus constructifs et accepter de nouvelles pratiques collaboratives pour le bien de tous.

Un article de Marie-Anne Kraft et Judith Jérusalmi.

Les partis politiques sont censés représenter des courants d’idées qui s’appuient sur des valeurs. Ils visent des objectifs à atteindre selon certaines priorités et favorisent des moyens d’action pour atteindre ces objectifs. Par ailleurs, l’exercice du pouvoir en démocratie est confié à des représentants élus par les citoyens. Ainsi, le parti majoritaire dispose de voix prépondérantes lui donnant le pouvoir principal de décision, mais les autres partis devraient au moins prendre leur part dans les propositions, dans la préparation des lois, jouer aussi un rôle équilibrant. Or que constate-t-on, à tout le moins en France ?

  • Les partis politiques ne sont pas clairs dans leurs intentions. Ces dernières demeurent souvent confuses, non dites, pas toujours partagées. Il peut même y avoir des contradictions d’intention au sein d’un parti (pudiquement appelées des courants) ;
     
  • Les partis font semblant de croire que leurs finalités sont claires, en affichant des objectifs concrets mais sans exprimer l’intention qui les motivent. Par exemple « réduire la dette », mais sans en expliquer le pourquoi (Pour ne pas pénaliser les générations futures ? Prétexte pour réduire les charges sociales et la dépense publique ? ). Un autre exemple : une réforme fiscale proposant des taux d’imposition jusqu’à 100% au dessus d’un revenu de 360 000 euros (proposition du Front de Gauche), est affichée comme une finalité de « partage juste de la richesse ». Mais à un tel niveau confiscatoire, la motivation à entreprendre et à gagner au-delà du seuil tombe ou alors tous les riches atteignant ce seuil s’en vont, donc au final il n’y a plus de répartition de richesse et l’intention non dite se révèle plutôt être de « faire payer les riches, de les punir » ;
     
  • Les partis se mettent en concurrence pour gagner des électorats (comme si c’étaient des marchés). Ils se livrent alors à une sorte de guerre, de lutte pour le pouvoir, et tous les moyens sont bons pour arriver à leur fin : manipulations, insultes, dégradation de l’image du concurrent. Une fois le parti gagnant au pouvoir, les partis d’opposition critiquent et dénigrent systématiquement toutes les actions du gouvernement. En cas d’alternance, le parti nouvellement élu détricote les lois mises en place par le gouvernement précédent. Il est assez rare que l’opposition collabore aux projets de lois souhaités par le gouvernement. En tout cas les partis veulent s’afficher ainsi dans ce conflit permanent, même si en réalité la pratique des commissions de l’Assemblée ou du Sénat met autour de la table des parlementaires appartenant à des partis différents : en commission, ils travaillent ensemble mais dès qu’ils se savent filmés, par exemple lors de la séance de questions au gouvernement, ils reprennent leur combat de coqs. Lorsqu’une personnalité politique étiquetée d’un parti opposé au pouvoir fait un pas dans le sens d’une volonté constructive de coopération avec le pouvoir, elle est presque toujours traitée de traître, de « collabo ». Ainsi est-il difficile et assez mal vu de monter un gouvernement d’ouverture. Que n’a-t-on dit aussi de Jacques Attali, ex-conseiller socialiste de François Mitterrand, acceptant de présider une commission de travail sur la croissance commandée par le gouvernement Sarkozy ? Pourtant des initiatives collaboratives ont été mises en place, comme la commission sur le Grand Emprunt, co-présidée par une personnalité de droite Alain Juppé et une personnalité de gauche Michel Rocard. Et quelle polémique s’est déclenchée tout récemment lorsque Robert Rochefort, député européen du MoDem, a déclaré lors d’une interview qu’il était prêt à travailler avec la nouvelle majorité gouvernementale sur les sujets économiques (il n’avait parlé ni de ministère, même si le titre de l’article le laissait entendre, ni de ralliement, il pouvait s’agir d’autres formes de collaboration). Preuve de la sensibilité du sujet, plusieurs parlementaires du MoDem se sont sentis obligés de préciser que l’heure n’était pas au « ralliement », pour éviter toute interprétation erronée. De même que Bruno Le Roux, président du groupe PS à l'Assemblée, a réagi en conditionnant une telle éventualité de collaboration à une approbation de l’ensemble de la politique définie par le président et le gouvernement, une sorte de soumission inconditionnelle. Aucune nuance, réactions caricaturales. Ce à quoi Robert Rochefort a répondu « Le sujet n'est pas de devenir ministre, mais d'inventer des formes nouvelles pour permettre une plus large coopération politique  », citant l’exemple de Martin Hirsch qui avait été nommé Haut Commissaire et non ministre.
     
  • Il existe un socle de valeurs commun aux partis, qui fonde notre pacte social : les valeurs de la république exprimées par le triptyque liberté-égalité-fraternité. Presque tous les partis s’entendent a priori sur ces valeurs de la république, de même que celles de la démocratie. Mais quelle définition attribuent-ils à ces valeurs ? Et mettent-ils ces valeurs dans leurs actes ? Par exemple le libre-échange prôné par un parti de droite peut être qualifiéde néolibéralisme par la gauche ; de même que l’égalité et la solidarité, prônées par un parti de gauche, peuvent être qualifiées d’égalitarisme et d’assistanat par la droite. La gauche prône plus de justice, mais la droite trouve que ce n’est pas juste de récompenser les paresseux ! L’UMP, avec la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, est allée jusqu’à proposer de nouvelles valeurs pour le modèle français : le travail, le mérite, la responsabilité. Comme si travail, responsabilité et mérite étaient opposés à justice, solidarité et fraternité… Or il n’est pas possible de ne pas vouloir les deux en même temps, l’équilibre des deux !
     
  • Nous sommes malheureusement dans une démocratie d’opinion. Comme le dit Roger Nifle  : « L’opinion publique est simplement la marque d’une émotion publique trafiquée par les caisses de résonances que sont les médias. Convergent là les intentions malveillantes de manipulateurs, l’écho toujours plus aisé dans les zones de faiblesses humaines, [...] Démagogie et démocratie dans la plus terrible confusion. [...] La caricature grimaçante du politique. » Les médias valorisent la mise en scène des conflits, les petites phrases assassines. Faire mousser pour vendre et plus il y a de mousse, plus les journalistes sont contents. Ils pensent que le peuple aime ça. Il le pousse même à aimer ça. Ainsi, une personnalité politique comme François Bayrou qui cherche l’équilibre, la nuance, la complémentarité, qui veut travailler à la fois avec la droite et avec la gauche pour se concentrer sur quelques sujets graves et prioritaires pour le pays en crise (emploi, finances publiques, moralisation, échec scolaire), n’est pas vendeur pour les médias, il ne joue plus la règle du jeu implicite. 

Pourtant, il existe des pays où la culture collaborative, l’esprit de coopération, une démocratie moins conflictuelle, permet une mobilisation plus constructive des élus issus de partis différents et facilite un travail en commun. C’est le cas des pays nordiques : Michel Hastings remarque que « les pays scandinaves partagent une culture politique de la négociation qui leur a permis de mettre en place un répertoire très diversifié de modalités de consultation et d’association entre le gouvernement et l’opposition parlementaire. Mais au-delà de ces diversités, on constate aujourd’hui un recul des recherches de majorités ad hoc au profit d’un soutien conçu dans la durée par des partis érigés en partenaires. Ces arrangements s’institutionnalisent progressivement, engageant désormais les loyautés et les confiances dans des programmes de plus en plus intégrés. Il est probable qu’à terme ces reconfigurations coalitionnelles s’accompagnent d’une hiérarchisation des partis d’opposition en fonction de leur potentiel d’association. »

Remarquons d’ailleurs, comme le constatent Yann Algan et Pierre Cahuc dans leur étude sur « La société de défiance  » que les pays qui favorisent cette culture de coopération ou de collaboration, tels les pays nordiques, sont plus propices au climat de confiance entre les citoyens. Ou bien le climat de confiance est-il un conditionnement préalable à un fonctionnement collaboratif ? L’étude montre que « le manque de confiance des Français entrave leurs capacités de coopération, ce qui conduit l’État à tout réglementer et à vider de son contenu le dialogue social ».

Citons aussi le Parlement européen, où les députés de partis différents arrivent mieux à travailler ensemble dans des commissions, sur des projets. Ce n’est donc pas impossible.

 

Comment redonner un sens positif à la « collaboration » ?

Ce mot « collaboration » est porteur d’un sens négatif en France, rémanence du gouvernement de Vichy, teinté de « traîtrise », de soumission au plus fort, ou parfois de mépris (lorsque Nicolas Sarkozy avait qualifié son premier ministre de simple « collaborateur »). Aussi lui préfère-t-on souvent le terme de « coopération ». Or la collaboration, qui est labeur et œuvre ensemble (co), dans un projet partagé, va plus loin que la coopération qui se limite à opérer, à faire ensemble, pour des objectifs ponctuels communs. Les notions de finalité et de sens partagé sont donc primordiales dans le concept de collaboration. Ce terme mériterait de retrouver ses lettres de noblesse.

 Collaboration à six mains
Collaboration à six mains

Il faudrait commencer par arrêter de faire semblant, de faire croire que des personnes de partis différents ne peuvent pas travailler ensemble. Certains médias devraient peut-être prendre le contre-pied du mauvais état d’esprit consistant à valoriser le conflit, en mettant en valeur les initiatives constructives, de personnes ou d’organisations, en mode collaboratif. Il en est souvent question mais cela reste des actions isolées. Il faut changer l’état d’esprit, libérer les politiques de cette quasi obligation actuelle de se critiquer mutuellement, même quand ils peuvent être d’accord sur un point ! Changeons les critères d’évaluation des politiques : les meilleurs seraient ceux qui parviennent à faire travailler les gens ensemble pour faire aboutir les projets, les objectifs communs dans l’intérêt de la France (dette, emploi, éducation, moralisation …). On pourrait suggérer un site Internet où pourraient être évalués les comportements politiques, les attitudes plus ou moins constructives, la capacité à rassembler, un peu sur le modèle du site « désintox » pour faire la chasse aux mensonges lors de la campagne présidentielle. 

Enfin pensons à de nouvelles formes de gouvernance, introduisant des plates-formes collaboratives, utilisant mieux des commissions de travail gouvernementales. Non pas des comités « Théodule » donnant l’impression que l’on traite un sujet pour mieux s’en débarrasser, mais des groupes de travail pluralistes, faisant travailler ensemble différentes nuances politiques, des experts et des acteurs de la vie civile, qui soient de véritables forces de proposition et de progrès. Le gouvernement prend des initiatives allant dans ce sens mais encore timides, limitées et dont le casting laisse à désirer … Déplorons que la Commission sur la moralisation de la vie politique, récemment constituée sous la présidence de Lionel Jospin, ne comporte qu’une personnalité d’opposition, Roselyne Bachelot, de l’UMP, aucun membre du MoDem qui pourtant a été à l’origine de cette idée, ni de EELV comme par exemple Eva Joly, dont la corruption en politique est l’un des fers de lance. Regrettons aussi qu’il n’y ait pas eu (pour le moment) de commission de travail sur le « produire en France », dont une personnalité reconnue comme Robert Rochefort aurait très bien pu prendre la présidence. 

Cette souhaitable évolution des mentalités dans le sens constructif, coopératif et surtout collaboratif, n'est ni naïve, ni angélique, c'est avant tout une question de volonté et d’affirmation claire des intentions.

 

Marie-Anne Kraft et Judith Jérusalmi

 

*Judith Jérusalmi est consultante dans la conduite mobilisatrice du changement au sein des grandes entreprises, des administrations et du secteur de la santé et du social. Elle travaille sur la motivation, l’émergence des potentiels, l’implication dans l’action et l’adhésion aux projets, par la pratique du travail collaboratif.

Marie-Anne Kraft est auteur de « La Révolution Humaniste  », une réflexion sur le modèle de société. Pour remettre l’homme au centre, à la place de l’argent, pour que la politique et l’économie soient au service de l’humain, elle prône une société plus coopérative, en alternative ou en complément à la compétition, des approches plus collaboratives dans différents domaines, notamment la gestion de l’entreprise, la construction européenne et le fonctionnement politique.


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8 réactions à cet article    


  • Surya Surya 16 août 2012 11:39

    Merci pour cet article extrêmement intéressant, bien écrit et lucide.

    "Une fois le parti gagnant au pouvoir, les partis d’opposition critiquent et dénigrent systématiquement toutes les actions du gouvernement.« 

     »Lorsqu’une personnalité politique étiquetée d’un parti opposé au pouvoir fait un pas dans le sens d’une volonté constructive de coopération avec le pouvoir, elle est presque toujours traitée de traître, de « collabo ».« 

     »Comme si travail, responsabilité et mérite étaient opposés à justice, solidarité et fraternité… Or il n’est pas possible de ne pas vouloir les deux en même temps, l’équilibre des deux !"

    « Aucune nuance, réactions caricaturales. »


    Vous venez de résumer en quatre phrases la raison pour la quelle je ne parviens pas à m’intéresser à la politique, au delà des idées que nous avons tous sur la façon dont la société devrait fonctionner. Ce manichéisme, ces guerres de clan, ce climat permanent de suspicion et de culpabilisation me fatiguent. Il faut choisir son camp, rejeter systématiquement l’autre, dire le plus de mal possible de lui (pas seulement pour affirmer son désaccord, mais aussi pour ne pas que ses amis se mettent à douter de vous...) ne pas s’éloigner ne serait-ce que d’un millimètre de la politique officielle du parti, et surtout, surtout, ne pas réfléchir par soi même.


    Pourtant, il existe des pays où la culture collaborative, l’esprit de coopération, une démocratie moins conflictuelle, permet une mobilisation plus constructive des élus issus de partis différents et facilite un travail en commun.

    Et ce serait donc une bonne chose que les politiciens français commencent à regarder un peu comment s’en sortent les autres, et s’il n’y a pas ailleurs, aussi, de bonnes choses dont ils pourraient s’inspirer. Il y a en effet des pays où les choses se passent mieux, alors plutôt que d’être vexé comme un pou en le constatant, on peut aussi avoir l’humilité d’accepter de se remettre en question.

    « Ou bien le climat de confiance est-il un conditionnement préalable à un fonctionnement collaboratif ? » En effet, et c’est l’éternel problème de la poule et de l’oeuf ! Personnellement, je pencherai plutôt sur le fonctionnement collaboratif qui induit un climat de confiance entre citoyens, par l’exemple positif que montrent les personnes de pouvoir. Mais c’est vrai que le climat de confiance peut aussi commencer, et s’apprendre dès l’école.


    • Surya Surya 16 août 2012 11:41

      J’ai dit :
      « pas seulement pour affirmer son désaccord, mais aussi pour ne pas que ses amis se mettent à douter de vous... »
      Phrase mal tournée et totalement incompréhensible smiley
      Mais vous aurez quand même compris smiley


    • Login Login 16 août 2012 15:42

        j’aurais dit collaboration politique smiley
        

      • citoyenrené citoyenrené 16 août 2012 18:07

        aux auteures,

        vous dites
        « Par ailleurs, l’exercice du pouvoir en démocratie est confié à des représentants élus par les citoyens »

        il y a un mot erroné dans votre phrase : démocratie

        Extrait du discours du 7 septembre 1789 d’Emmanuel-Joseph Sieyès, un des « barons » de la fausse Révolution française 1789, (les révolutions sociales auront lieues de 1792 à 1795) :

        «  »"Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer.

        S’ILS DICTAIENT DES VOLONTES, LA FRANCE NE SERAIT PLUS CET ETAT REPRESENTATIF ; CE SERAIT UN ETAT DEMOCRATIQUE.

        Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. «  »«  »

        pour le reste de l’article, vous semblez placez les partis politiques trop haut, combien ont-ils d’adhérents ?

        3 fois rien au regard des 40 millions d’électeurs ! ...les partis sont déjà adémocratiques, le lien entre le pouvoir et le peuple souverain ne peut être que direct  !

        Référendums d’Initiatives Citoyennes, référendums révocatoires, constituante citoyenne

        Et ROTATION DES CHARGES pour les délégués (mandat court et non renouvelable) ...alors peut-être pourrions nous commencer à employer le mot « démocratie »

        votre avis sur l’extrait de discours de Sièyes ?


        • bigglop bigglop 17 août 2012 02:45

          Je n’ai pas noté cet article pour la bonne raison qu’il entretient l’illusion comique de l’illusion démocratique.

          Si vous revenez sur les « programmes » des deux grands partis dominants, ils sont vides, le néant et le nouveaux chiens de garde ont bien maîtrisé la communication.

          La classe politique se « vend » comme de la lessive avec des conseillers en communication, en image.
          Nous avons eu le choix entre un néolibéral de droite et un néolibéral de gauche aux ordres de l’oligarchie.

          Pour le Parlement Européen, il ne parvient pas à imposer une réelle régulation des activités financières (CDO, CDS, HFT, Hedge funds, dark pools qu’il a institué au non de la libre concurrence et non faussée et de la libre circulation des capitaux.)
          Ce même Parlement a voté, discrètement, le 26 mars 2009 le Traité de grand marché transatlantique dénoncé notamment par JL Mélenchon

          L’analyse de Nicolas Doisy (Cabinet Cheuvreux) sur le combat de Hollande contre les marchés financiers


          • Marianne Marianne 17 août 2012 12:05

            Merci Bigglop pour les liens !

            Je suis assez d’accord avec l’analyse de Cheuvreux (Doisy). Hollande n’a pas dit la vérité à son électorat « de gauche ». D’ailleurs il avait dit à ses proches « on ne conduit pas un enfant chez le dentiste en lui disant qu’il va avoir mal » !
            Voir article intitulé « Déni(s) de réalité », par Laurent Neumann, dans le Marianne n°795 du 13-20 juillet 2012 page 6

            Cependant, il faut nuancer : les marchés mettent la pression sur l’Etat pour réduire la dette publique qui est abyssale et c’est plutôt sain à mon avis. La règle d’or aussi est une mesure de saine gestion (ce qui ne l’est pas c’est la façon dont le traité est fait, donnant l’impression de l’imposer aux peuples). C’est l’Etat mauvais gestionnaire qui est à blâmer pour avoir ainsi laisser filer la dette et l’avoir mise aux mains des marchés, des investisseurs étrangers, ce qui risque maintenant de faire monter le taux d’intérêt et rendre difficile ou trop coûteux les nouveaux emprunts, comme en Grèce, puis au Portugal, en Espagne et en Italie (7%), ce qui reviendrait en France par doublement du taux d’intérêt à avoir un doublement de la charge financière de la dette (rien qu’en intérêts !), qui est déjà équivalente à l’impôt annuel sur le revenu !

            L’autre erreur est de dire que notre problème vient du coût du travail et d’un rapport compétivité-coût. Même si les Allemands ont gelé leurs salaires pendant 10 ans, ils sont maintenant au même niveau que nous (même un peu plus cher dans l’industrie) et pourtant ont un commerce extérieur en excédent et ont fortement réduit leur chômage. Tout ceci est une question de stratégie industrielle et commerciale, d’efficacité des entreprises, des PME notamment, de choix des produits, de la réputation de solidité et de qualité.
            La France bénéficie aussi d’une des meilleure productivité (PIB/heure travaillée) au monde, supérieure à l’Allemagne.

            Je préfère donc nettement la vision de François Bayrou, ses propositions pour produire à nouveau en France, avec certes une certaine flexibilité du travail et plus de souplesse administrative pour les PME, mais sans réduction des salaires, et au moins Bayrou lui avait clairement dit la vérité. 

            En revanche je ne crois pas aux solutions illusoires de sortie de l’euro et de l’UE, ni celles de laisser filer le déficit et de le financer par création monétaire avec grand risque d’inflation et de ruine du pays et de la zone euro. Ce serait pire, pas seulement pour les épargnants qui perdraient leurs avoirs mais aussi pour les classes populaires et défavorisées, par forte dégradation du pouvoir d’achat (inflation), problèmes pour les entreprises et risque d’explosion du chômage.

          • bigglop bigglop 17 août 2012 19:29

            @Marianne,

            Vous affichez vos convictions bayrouistes (que je ne partage pas), ce qui est à votre honneur.
            François Bayrou est favorable au Mécanisme Européen de Stabilité et au TSCG (Pacte Budgétaire), ce dernier va nous entraîner dans le piège des réformes structurelles (austérité) axées sur les réductions drastiques des dépenses publiques (social : chômage, retraites, SS), la flexibilisation du marché du travail, la libéralisation à outrance des échanges, la privatisation de certaines activités régalienne de l’état (eau, énergie, transports).

            Mario Draghi l’a très bien explicité dans son interview « le modèle social européen est mort ».

            Vous parlez des marchés financiers, mais avez-vous réfléchi qui leur a donné des pouvoirs aussi exorbitants ? Tout simplement nos décideurs politiques qui ont privilégié les intérêts particuliers des acteurs financiers au détriment de l’intérêt général des citoyens.
            Nixon avec l’accord de la Jamaîque, Reagan, Thatcher et Mayor puis Mitterrand, Fabius, Delors, pour la France.

            Tout dernièrement, le gouvernement légalise le racket du HFT des banksters en le taxant.
            Mais aussi la BCE a autorisé la création de 6 mds € de fausse monnaie par la Banque centrale grecque pour qu’elle puisse, in fine, payer une créance de 3 mds € à la BCE !!!!

            Et la France, avec d’autres états, fait l’objet d’une procédure pour déficit excessif (PDE) depuis 2009, renforcée avec le futur TSCG, Six et Two Packs

            Je vous joins le lien d’un commentaire précédent sur un autre article concernant Goldman-Sachs

            Je vous souhaite d’y réfléchir avec un esprit ouvert


          • Marianne Marianne 17 août 2012 19:48

            @bigglop

            J’ai lu et je suis plutôt d’accord avec ce que vous dites.
            Votre analyse rejoint la mienne, de même que beaucoup de vos préconisations.
            Cela n’est pas contradictoire avec la position de François Bayrou.
            Le rôle de Goldman Sachs dans la crise est indéniable : non seulement dans les subprimes mais aussi dans la gestion de la dette Grecque. Et comme par hasard, on retrouve des liens entre cette banque et les dirigeant européens que vous citez. C’est assez choquant.

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