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Pour la présidentialisation du PS

L’organisation interne du parti est constituée de telle façon qu’il n’est pas compatible avec les institutions de la Ve République. Pour un parti qui entend incarner la France et se revendique comme l’autre parti de gouvernement, c’est assez spécial de rejeter le modèle républicain du pays. Même si on n’est pas d’accord avec celui-ci il me semble indispensable de dire à nos futurs électeurs que nous serons en adéquation avec nos institutions puisque nous sommes démocrates et respectons la République. Et si nous portons une volonté de changement alors ce sera de l’intérieur. C’est la position forte que nous exprimons à propos de l’Europe par exemple. Il nous est évident que nous devons combattre à l’intérieur du système et non en dehors. Autrement cela veut dire que l’on a déjà perdu et que nous sommes résignés.

Or, ce n’est pas le cas ! Nous croyons en l’avenir du socialisme et nous pensons qu’il faut aussi changer l’organisation interne du parti. Celui-ci est organisé sur un modèle dépassé qui n’a plus cours dans aucun grand pays démocratique ! Notre parti se veut angélique en instituant comme dogme le vote à la proportionnelle à 100 % pour ses élections internes. A certains cela peut paraître le sommet de la démocratie, mais pour d’autres c’est l’encouragement aux divisions puisque tout le monde est sûr d’être représenté quelle que soit sa force. Donc au lieu de se retrouver avec deux ou trois grandes forces de pensée en interne nous avons une multitude de baronnies internes qui revendiquent le leadership. Mais ensuite ses motions sont complètement déconnectés d’un choix d’une personnalité. Pour le PS, c’est incompatible. Pour lui, toutes les personnalités se valent et ont vocation à se rassembler dans un maelström idéologique qui permet l’irrésistible continuité du système.

Car tout le monde trouve son compte à la continuation de ce système. En empêchant les militants socialistes de faire un choix sur un leader, une équipe, un projet on favorise une sorte de synthèse molle qui profite surtout à nos élus qui veulent garder un PS fort, en apparence, et permettre ainsi leur réélection... Aussi certaines personnalités proches du pouvoir actuel, celui de Hollande, acceptent difficilement de passer la main à d’autres et militent donc pour une convergence majoritaire où le choix du premier secrétaire serait coopté dans une belle unanimité.

Eh bien en tant que militant socialiste je pense que cette organisation doit changer car elle porte en elle les germes de notre inaudibilité dans l’opinion et du flou de nos positions. Je crois que ce congrès de Reims doit servir à trancher entre différentes visions d’avenir du PS. Ces visions sont portées par des leaders et sont bâties sur des projets. Que l’on arrête de nous faire croire que la compétition interne pour incarner le chef de l’opposition est une hérésie. Au contraire ! C’est tout à fait normal que les ambitions individuelles s’expriment parce que l’on sait bien que le PS ne sera pas le même s’il est dirigé par Delanoë, Aubry ou Royal. Ne serait-ce que dans la manière de s’opposer au sarkosysme, dans la volonté de faire participer les militants en interne, de l’ouverture sur la société dans son ensemble sans dogmes et sans sectarisme.

Alors je milite pour la présidentialisation du PS. Clairement. Il est temps que nous tranchions clairement notre vision d’avenir pour être audible dans la société. Entre Mélenchon et Valls, par exemple, la différence est énorme, donc la voix officielle du PS doit être reconnue et légitimée par le vote des militants. Je suis donc pour un vote ramené à la proportionnelle à 50 % maximum pour permettre la constitution d’une motion majoritaire. Car actuellement le système est organisé pour empêcher une motion d’être majoritaire et favoriser la synthèse molle du Mans 2005. Cette motion est portée par un leader entouré d’une équipe. Une fois élu, ce leader incarnera la voix officielle du PS pendant trois ans. Son équipe sera clairement identifiée dans l’opinion et les médias comme étant porteuse de la voix officielle. Ceci pour bien différencier avec les voix des contestataires ou opposants internes, qui ont le droit de s’exprimer, mais qui ne doivent plus être confondus avec la majorité choisie par les militants. Ainsi, nous aurons clairement une majorité et une minorité comme dans tout parti démocratique.

Le vote des motions doit permettre l’élection des représentants au conseil national, le parlement du parti. Ce parlement élit son premier secrétaire qui sera, à coup sûr, le représentant de la motion majoritaire. Il sera chargé de faire vivre la démocratie en interne car le débat d’idées doit continuer en interne. Nous sommes un parti vivant et nous devons continuer à évoluer avec le monde. Ce débat doit descendre jusque dans les sections locales dans lesquelles les militants doivent participer plus complètement aux orientations politiques. Ils doivent être partie prenante de la décision car cela nous engage tous. L’exemple de la déclaration de principes votée à Solferino sans aucune concertation avec les militants est symptomatique d’une conception dépassée des pratiques.

Le conseil des régions nouvellement créé doit servir de champ d’expérimentation et de boîte à idées pour le PS. Il doit être notre Conseil économique et social à nous. C’est-à-dire que toute décision politique doit être concertée, dialoguée, échangée avec les représentants de la société civile. Une université militante doit être implantée au moins dans chaque région. Dans ces universités, serait rappelée l’histoire du socialisme, mais aussi elles seraient consacrées au débat d’idées avec des experts, des associations, des syndicats... Le PS doit revendiquer le débat et en être le porte-flambeau.

Pour en finir avec ce flou artistique savamment entretenu par ceux qui dirigent le PS depuis longtemps, et qui nous font croire que le rassemblement des contraires serait la panacée pour l’avenir alors que nous voyons bien que cela ne marche pas, je milite clairement pour la présidentialisation du PS. Pour que celui-ci élise démocratiquement la personnalité qui incarnera la vision socialiste pour les trois prochaines années et qui définira la ligne politique à opposer au sarkosysme. C’est ce que le peuple français nous demande. Mettre un terme aux divisions, mais sans nier la nécessaire clarification. Il ne veut pas croire en la continuité d’un flou artistique. Il veut des réponses claires et concrètes.


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10 réactions à cet article    


  • Rodney Rodney 15 septembre 2008 14:10

    Je crois qu’il est nécessaire que toute la diversité, toute la pluralité d’opinions du PS puisse s’exprimer.

    C’est une richesse.

    Dans un souci de respect de cette diversité, des statuts évitant l’émergence d’une dominance, d’un commandement des opérations, ont été édictés. A ce point devue (respect dela diversité), c’est louable. Mais c’est totalement insuffisant face à une droite qui dispose demoyens formidables et échelonnés sur bien plus que le six moix précédant l’élection présidentielle. juste un exemple :

    Il y a des indices convergents qui donnent à penser que les milliardaires Paul Desmarais (Power Corp. Canada) et Albert Frère (Belgique) se sont mis en branle dès la fin des années 90 pour faire accéder Sarkozy à la présidence. Ils l’on fait via une société commune d’investissement qui a fondé le groupe RTL en 99-2000. Puis, ils ont échangé leur mise defond avec une participation de25 % dans le groupe bertelsmann qui contrôle la majorité des chaînes TV européennes. Ils ont alors réussi à placer Albert Frère à la présidence du conseil de surveillance du groupe M6 (une quinzaine de chaînes françaises, si on inclut celles contrôlées conjointement avec TF1) En 2004, ils ont encore fait entrer le milliardaire Bernard Arnault (ami et témoin demariage de Sarkozy), ainsi que Guy de Panafieu dans ce même conseil de surveillance.

    Il y en a probablement d’autres du même calibre. Par exemple, je n’exclus pas que la prise d’assaut du Figaro par le le plus puissant fond d’investissement mondial, le groupe US Carlyle, l’ait été pour en souffler le contrôle exclusif à la chiraquie et pousser Sarkozy. En 2005 cette participation de40% avait été revendue à un milliardaire acquis à Sarkozy (Dassault)

    C’est sûr qu’en désignant un(e) candidat six ou 12 mois auparavant et en n’entreprenant rien auparavant, n’a probablement aucune chance de succès face à des moyens pareils où des milliards d’Euros sont lancés dans la bataille.

    Alors, je pense que tu as fondamentalement raison, mais il faut que cela se fasse dans le respect de cette diversité qu’il faut parvenir à intégrer positivement avec la dignité qui est la sienne. Il faudrait totlement repenser la participation de la base et de tous les courants à une force commune qui doit être celle d’accéder au pouvoir.

    Il faudrait pouvoir améliorer et développer les outils de démocratie participative, afin d’intégrer tout le monde à cet objectif commun. Les meilleures idées ne seront rien, si elles restent inconnues, ignorées de tous et loin des centres de décision. A ce point de vue, je pense que Ségolène Royal, si elle développe et intensifie sa volonté d’une vraie démocratie participative, pourrait être la meilleure chance du PS. Et la droite ne s’y trompe pas non plus : c’est sur elle que se concentrent toutes les attaques de l’UMP et de leurs nombreux médias, alors qu’ils poussent ouvertement Aubry et Delanoë.


    • Le citoyen engagé asse42 15 septembre 2008 14:37

      Rodney

      J’apprécie ta volonté d’élargir le sujet de l’organisation interne du PS à son environnement extérieur. Il est évident que nous devrions nous en soucier pour l’avenir et nous organiser en conséquence. Or si on reste un parti dispersé et divisé nous n’aurions aucune chance. C’est pourquoi je plaide pour la présidentialisation qui est le seul moyen démocratique nous permettant de pouvoir nous rassembler car légitimé par les militants.


    • ben ben 15 septembre 2008 16:04

      Oh la belle photo que vous avez !
      Une rose dans une cruche, c’est ça ?


    • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 15 septembre 2008 16:40

      En tant qu’adhérent je contre-signe ton analyse et ton appel au changement dans le fonctionnement du PS.

      Je préciserai l’argumentation de la manière suivante :

      Que l’on soit pour ou contre le régime présidentiel il nous impose une présidentialisation de notre offre politique, sauf à refuser de l’emporter dans une élection présidentielle.

      Si l’on est contre le régime présidentiel il faut d’abord être élu dans cadre de celui-ci et selon ses règles du jeu avant de prétendre changer ce régime pour changer la nature de l’offre politique . On ne peut jouer au foot avec les règles du rugby ou l’inverse ! Le fonctionnement actuel du PS est adapté à un régime parlementaire et non présidentiel et si F. Mitterand en 88 l’a emporté c’est qu’il a joué un jeu de plus en plus présidentiel en soumettant son parti à sa prééminence (contre Rocard par exemple) 

      C’est la gauche et le PS qui ont exigé le quinquennat pour les présidentielles suivies des élections législatives , séquence chronologique qui a renforcé considérablement la présidentialisation du régime.

      Une telle contradiction de la position de la direction actuelle du PS est insoutenable.




      • SALOMON2345 15 septembre 2008 16:53

        - Je partage beaucoup les remarques évoquées ci dessus et il est évident que SARKO - seul représentant d’une droite (toutes tendances confondues) - à eu les coudées franches en laissant apparaître un camp uni, donc plus sérieux pour l’opinion qui s’est contenté de l’aspect bulldozer du vainqueur, plus rassurant à leurs yeux que le camp d’en face avec ses batailles de polochons alors que la France et le monde sont en danger  !

        - J’émets une idée laquelle consisterai - pour baisser d’un ton les décibels de la valse des égos - à présenter, comme pour un examen et de façon anonyme : les crédos, idées et professions de foi des prétendants, sans qu’apparaissent avant le choix, l’identité des postulants masqués, pour ne subir ainsi ni charme ni crainte de leur part !
        Cette utopie permettrai - par cet anonymat, dans une première phase - de choisir en son âme et conscience ce qui semblerait à chacun essentiel et proche de ses propres espérences...mais je rêve...

        - Exemple. Une liste A, B ou C ... et recueillant le plus de votes, dévoilerai par la suite et seulement après dépouillement et par l’identité découverte de son auteur...la personnalité la plus proche de l’ensemble des militants ! A cette condition de la majorité d’idées choisies, l’auteur deviendrait ainsi le leader naturel, incontestable et LEGITIME des militants ; les listes B et C et autres, resteraient anonymes mais leurs propositions dévoilées feraient ensuite l’objet de débats pour éventuellement les intégrer, en totalité ou partiellement ! Par cette méthode, les discussions à l’infini de bouts de ficelles cesseraient au profit des urgences et "gros morceaux" désirés par presque l’unanimité du PS ...mais, quant à cette espérence, j’ai des doutes car déjà Guy Mollet disait à son époque qu’il y avait autant de partis que de Français...alors !


        • non666 non666 15 septembre 2008 17:50

          (SARKO) "....seul représentant d’une droite (toutes tendances confondues"

          A mon avis, il n’y a plus qu’ a L’UMP, le fan club de sarko qu’on croit encore qu’il represente TOUTE les droites.

          Les derniers gaullistes ont fuit en claquant la porte.

          Les democrates chertien qui restent ont signé le pacte de soumission avec leur sang et ne sont plus que des feaux sans aucune autonomie de pensée.

          Meme les vrais liberaux se posent des questions depuis le montage du RSA....

          Moi je dis que les 3 droites vont revenir plus caricaturale que jamais aux prochaines europeennes.

          Vous verrez que ceux ceux qui etaient colonne par deux derriere son altesse nieront en avoir été dans 3 ans.


        • arturh 16 septembre 2008 10:39

          Bon, sans vouloir m’imiscer dans le débat, je voudrais juste rappeler quand même qu’en réalité, le seul vrai débat en cours au Parti Socialiste est de savoir quel est le ou là Haut Fonctionnaire Enarque qui va remplacer le Haut Fonctionnaire Enarque François Hollande.

          L’énarque Fabius étant hors course, ce sera donc l’énarque Royal, l’énarque Aubry ou l’énarque Moscovici.

          Delanoë ? Soyon sérieux ! Il n’est même pas fonctionnaire !


          • Le citoyen engagé asse42 16 septembre 2008 14:46

            ArturH

            Je peux comprendre ton exaspération mais je ne crois pas qu’il faille en faire un combat idéologique. Est-ce mieux pour le PS d’avoir un énarque à sa tête, ou un avocat d’affaire, ou un grand financier, ou un expert en communication ? Je crois donc qu’il ne faut pas renter dans ce genre de débat parce qu’on n’en sort pas smiley


          • arturh 16 septembre 2008 15:39

            De toute façon, la question de savoir ce qui serait le mieux ne se pose pas. Ce sera un ou une énarque, point.


          • arturh 16 septembre 2008 16:38

            Au moins on est d’accord : il ne faut pas en faire un combat idéologique. Il suffit d’attendre que le PS s’effondre sur lui-même de ne plus être qu’un super-syndicat de la Fonction Publique qui déteste pour une raison ou une autre plus de la moitié de la population française et ne veut pas en entendre parler.

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