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Accueil du site > Actualités > Politique > Pour la République. Pour le bilinguisme français-langues régionales

Pour la République. Pour le bilinguisme français-langues régionales

 Avancer. Pour sauver nos langues régionales. Pour développer, pour généraliser le bilinguisme à l’école. Parce que, quelle que soit l’issue du débat constitutionnel, qui n’est sans doute pas l’essentiel, il faudra aller plus loin...

Le texte qui suit prend appui sur les échanges qui ont agité le Sénat mercredi soir. C’est une contribution personnelle pour lancer un débat d’idées. Pas un débat d’idéologues contre idéologues. Il traduit l’état d’une réflexion à un moment donné. Aujourd’hui. Pour ensemble, avec d’autres (qui ?), avancer demain.

Commentez ! Critiquez ! Apportez vos idées ! Vous êtes tous les bienvenus.

Au Sénat mercredi soir, Joseph Kergueris, sénateur du Morbihan rappelait avec une émotion certaine qu’il appartenait " à une région qui a son histoire et son identité, et ce qui fonde en grande partie cette identité, c’est sa langue. Enfant de ce pays", ajoutait-il, "j’ai appris à la fois le breton et le français ; porté par tous ceux qui autour de moi parlaient le français, porté par les hussards noirs qui me l’ont appris, porté par ceux qui ne le parlaient pas et le regrettaient, j’ai acquis le sentiment d’appartenir à un pays républicain, uni et laïc." Il aurait pu ajouter, comme l’a écrit Pierre Jakez-Hélias dans son Cheval d’orgueil, que ces hussards noirs étaient souvent des fils de paysans, qui avaient eux-mêmes appris le français pour, une fois promus de l’Ecole normale, l’apprendre à leur tour à leurs sœurs et frères, à coup de "vaches" et de "sabots". Cette marche forcée vers le français se menait avec la bénédiction des parents qui, eux, ne parlaient que breton. Pour leurs enfants, ces gens du peuple espéraient un avenir différent de la misère et l’ignorance dans laquelle la bourgeoisie et la noblesse locale - qui, elles, parlaient français depuis longtemps, intérêts économiques obligent - les avaient volontairement laissés au fil des siècles précédents.

Devenus, sans trop le savoir, fils de la République, ces petits bretons, à qui on extirpait leur langue maternelle au nom d’un idéal républicain, parlaient encore breton chez eux avec leurs parents, car c’était alors la seule langue d’échange possible entre les générations. Dans le même temps, ou presque, chez le jeune Robert Badinter, fils d’immigré aujourd’hui sénateur des Hauts-de-Seine, le père, "farouche républicain et ardent patriote, interdisait à quiconque de parler une autre langue que le français chez lui." (1) L’Histoire se construit ainsi, avec des décalages souvent mal perçus. Et cette Histoire devint commune et partagée entre Paris et toutes les régions de France.

Car oui, comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon hier soir, "les pratiques pédagogiques de la IIIe République étaient rudes". Certes, "à l’époque, la pédagogie était rude dans tous les domaines !" Mais c’est bien ainsi que la République s’est construite, avec le consentement d’une population, alors encore essentiellement rurale, qui n’avait guère le choix si elle voulait progresser socialement.

Cette époque, révolue, fut aussi celle où tous ces enfants bretons furent, sans même le savoir intellectuellement, des enfants bilingues. Des enfants qui, devenus adultes, parlèrent français dans la vie publique. Et qui, comme Joseph Kerguéris aujourd’hui, continuèrent de parler breton dans leur vie privée. C’était leur chance. J’y reviendrai.

Les années ont passé et, en Bretagne, le nombre de locuteurs bretonnants n’a cessé de diminuer. Estimés par Sébillot à 1,3 million en 1900, ils étaient encore 600 000 en 1983 (6,3 % de la population des cinq départements bretons (2). On les estimait à 270 000 en 2001. Ils ne sont guère plus de 200 000 aujourd’hui. Seulement 4 % d’entre eux ont moins de 40 ans, ce qui représente 8 000 personnes ! Devrons-nous attendre d’être huit pour qu’un Jacques Chirac, ou un autre petit Nicolas, inverse la tendance ?

Voilà comment une langue s’éteint, en moins d’un siècle. C’est sur ces décombres, encore fumants, que s’est construite la République, une et indivisible. Et les foyers d’extinction des langues, non pas de la France, mais des français, fument aussi en Alsace, en Corse, en Occitanie, au Pays basque, en Catalogne, dans les Ardennes ou dans les Flandres. Et, en ce moment même, les pyromanes républicains sont encore à l’action en Martinique, en Guadeloupe, à la Réunion, en Kanakie, à Mayotte ! Voilà comment une langue s’éteint, et avec elle une littérature qui s’oublie. Les Comtes de Luzel, si "pittoresques", furent rédigés en breton. Nos "Eternels" Académiciens ont-ils oublié - savent-ils même ? - que, bien avant le leur, si inutile, Le Catholicon, rédigé en 1464, fut le premier dictionnaire trilingue : latin, français (déjà), breton. Voilà comment une langue s’éteint, et avec elle une vision du monde. Penn-ar-Bed. La tête (la fin ?) du monde. Gwer, glas... Vert ou bleu ? Et avec la disparition d’une langue, c’est aussi le sens, la mémoire des lieux qui s’évanouit. Quoi qu’en pensent les dirigeants du Comité du tourisme d’Ille-et-Vilaine, leur département n’est pas si Gwilenn que ça. Et le 35 ne sera jamais, à, lui seul, la Haute-Bretagne. Quant à la Rance, à la ria si lumineuse entre Dinan et Saint-Malo, elle est loin d’être rance. Et, n’en déplaise aux promoteurs qui détruisent nos côtes à coup de villas secondaires en béton, le Morbihan ne doit pas son nom à un club de golf(e) !

Voilà comment nos langues s’éteignent, celles de nos parents, celles de nos ancêtres, emportant avec elles nos mémoires collectives, et c’est la République qui les tue. Et l’intermède constitutionnel qui nous est offert en ce moment n’y changera rien.

Dans cette France malade et soumise à tous les maux provoqués par la mondialisation économique, la Constitution n’est plus, depuis déjà longtemps, l’expression d’un socle commun qui nous relierait tous. A coup de congrès annuels dont celui qui s’annonce ne sera que le prochain - mais non le dernier - avatar, la Constitution française n’est plus qu’adaptation à des choix décidés ailleurs. Des choix imposés par une Commission européenne soumise aux lobbyings des puissances financières mondiales, hors de tout contrôle démocratique. En cette année 2008, députés et sénateurs ne sont des "constituants" que par auto-proclamation, sur injonction du gouvernement. Où est le peuple ? Où est le souverain ?

Les discussions en cours ne sont que marchandage entre un pouvoir exécutif hypertrophié qui réclame pour lui encore plus de démesure, et un pouvoir législatif servile qui s’auto-flagelle, telle une Cour versaillaise, pour conserver des privilèges fort notables. C’est un triste, mais combien réel, jeu de maux (3) que d’affirmer que dans les deux Chambres, Marianne a définitivement, et il y a déjà longtemps, éteint les "Lumières". Hier soir, dans l’hémicycle, le seul a l’avoir peut-être pressenti est M. David Assouline, sénateur de Paris. "Je comprends que certains craignent que la mention des langues régionales ne fragilise l’édifice. Mais si autant de doutes s’expriment, c’est qu’il se passe quelque chose dans la société, une menace peut-être pour l’unicité de la République, la laïcité, la langue française..." Merci à lui pour ces propos d’intelligence. Contrairement au vieil adage, il y a parfois prophète en son pays.

En attendant cette Europe sociale et démocratique que nous sommes - signe d’espoir - nombreux à appeler de nos vœux, oublions donc ces débats qui ne marqueront ni le Marbre ni l’Esprit, pour revenir à notre propos essentiel : la sauvegarde et l’enseignement de nos langues. Que disaient donc nos censeurs hier soir avant de voter ?

"Je ne nie pas la grande richesse des langues régionales et chacun connaît les chefs-d’œuvre que nous leur devons. Il faut que ces langues continuent à être enseignées et fassent l’objet de travaux universitaires et de thèses", a déclaré M. Badinter. "Nous partageons la volonté de promouvoir et de développer les langues régionales", avait dit, une heure avant, Jean-Luc Mélenchon. "Nous sommes favorables au plurilinguisme et à la diversité culturelle ; les langues régionales y contribuent, et nous soutenons leur pratique et leur enseignement", ajoutait Ivan Renar. Ad lib. : "Je suis, moi aussi, attaché aux langues régionales" (Adrien Gouteyron). "Il serait absurde d’opposer les langues régionales et la langue française." (Jacques Legendre). " Le patrimoine que représentent nos langues régionales, le plus riche en Europe, je le rappelle, puisqu’il ne comporte pas moins de 79 langues, y compris celles pratiquées outre-mer, et souvent en déclin" (Jean-Jacques Hyest). "Je comprends ceux qui souhaitent renforcer les langues régionales" (François Fortassin). "La découverte et l’apprentissage des langues régionales sont d’ores et déjà encouragés : l’État finance des postes d’enseignants pour ces langues. Il serait certes toujours possible de faire mieux" (Robert Bret). Quel florilège ! Ballotés entre optimisme de la volonté et volonté de l’optimisme, acceptons, au moins le temps de ce billet, de croire en la sincérité de nos sénateurs !

Faire mieux, conclut Robert Bret ! Oui, il serait possible de faire mieux. Et de faire mieux tout de suite. Mme Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord, a intelligemment donné une première clé : "Le pédiatre Aldo Naouri, proche de la majorité, connu pour sa rigueur éducative et contempteur des choix hérités de 1968, décrit bien comment le très jeune enfant acquiert sa langue maternelle par l’abandon de dizaines de phonèmes qui lui auraient permis de maîtriser très tôt le « th » anglais ou le « j » espagnol ou arabe. L’existence de parlers locaux n’est pas une atteinte au français. L’initiation à d’autres phonèmes est utile pour l’acquisition des langues étrangères, c’est une fenêtre ouverte." (4)

Comme Joseph Kerguéris, comme Pierre-Jakez Hélias, comme Mistral, comme tant d’autres, les petits Bretons, les petits Occitans, les petits Basques, les petits Catalans, les petits Alsaciens, les petits Corses, tous ces fils de la République étaient des enfants bilingues. Devenus adultes, ils sont restés bilingues. Et ils sont parfois même devenus trilingues, quadrilingues...

Mais l’école de la République, aujourd’hui, ne le permet plus. Et personne ne l’a vu. Ou personne ne veut le voir !

Elle ne le permet plus, sauf là où des parents, des enseignants, des élus du peuple (ils sont trop rares !) se battent, face à un Etat qui n’accepte les ouvertures de classes bilingues qu’au compte-goutte. Pour la seule Bretagne, alors que les parents, en nombre suffisant, sont demandeurs pour leurs enfants, le Rectorat refuse d’ouvrir des classes bilingues publiques à Guichen, Plougonvelin, Bannalec, Saint-Etienne-de-Montluc... A Lorient, sur le groupe scolaire bilingue de Merville, l’Inspecteur d’Académie prévoit un seul enseignant face à 51 élèves sur 6 niveaux ! Est-ce un nouvel effet des suppressions de postes décidées autocratiquement par Xavier Darcos, hors de tout contrôle législatif ?

Au cours de ces trente dernières années, l’expérience acquise dans les écoles Diwan ou les Ikastolas, dans les calandreta ou les écoles bilingues publiques ou privées de Bretagne ou d’Occitanie (pardon à ceux que je ne cite pas) ont largement démontré les avantages du bilinguisme précoce en langue régionale dès la maternelle. Les enfants qui fréquentent ces classes parlent couramment deux langues dès leur plus jeune âge. Et ils se révèlent les plus adaptés, les plus disponibles pour l’apprentissage d’autres langues dès l’école primaire, puis au collège et au lycée. Leur bilinguisme se transforme alors en un véritable multilinguisme dans leur cycle d’étude. Ils ne se contentent pas d’apprendre une ou plusieurs langues. Ils apprennent DANS une ou plusieurs langues. L’histoire, les sciences et technologies, les mathématiques... Comprenez bien la différence ! Et ce sont eux qui ont les meilleurs résultats de France au baccalauréat...

Qu’attend la République pour étendre ce type d’enseignement à tous ses enfants ?

Avec Jean-Pierre Fourcade, sénateur des Hauts-de-Seine qui regrette "qu’enfants et petits-enfants parlent plus volontiers le « texto » que le français", avec Bruno Retailleau, sénateur de Vendée, qui disait hier soir que "le principal problème qui se pose aujourd’hui en France, c’est celui de l’apprentissage et de la maîtrise du français", pourquoi députés et sénateurs n’imposeraient-ils pas une vraie refonte de l’Education nationale intégrant, dès la maternelle, un enseignement bilingue précoce en français et en langues régionales ? Nos enfants, les adultes de demain, auraient tant à y gagner. En imposant ses choix à l’exécutif, notamment sur ces questions d’éducation et d’enseignement de nos langues régionales, le législatif reprendrait enfin du poids sur l’exécutif. Les Français, qu’ils habitent Paris ou ailleurs, retrouveraient, ensemble, leurs racines et leurs langues. Dans une maison et une ambition communes enfin retrouvées. Dans l’unité de la République. Pour participer à la construction d’une Europe enfin sociale et démocratique. Cette Europe dont nous avons tant besoin.

Ne ’vo ket penn ar Bed. Penn ur bed eo ! (5)

Pierrick le Feuvre

Notes

Cet article a été initialement publié jeudi 19 juin [sur le site ouiaubreton->http://ouiaubreton.com/spip.php?article4847]


- (1) Dixit Robert Badinter hier soir. Je profite de cette note pour préciser que j’ai une profonde estime pour Robert Badinter à qui nous devons l’abolition de la peine de mort en France en 1981.


- (2) Les quatre départements de la Bretagne administrative et la Loire-Atlantique.


- (3) Il n’y a malheureusement pas de faute.


- (4) Il faut lire les ouvrages de Gilbert Dalgalian, linguiste, sur le même thème.


- (5) Ce ne sera pas le bout, la fin du monde. Juste la fin d’un monde.


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91 réactions à cet article    


  • Parpaillot Parpaillot 23 juin 2008 12:50

    @ Auteur :

    Article intéressant, mais lorsque vous écrivez :

    "... Des choix imposés par une Commission européenne soumise aux lobbyings des puissances financières mondiales ..."

    Je ne vois pas en quoi ces choix seraient imposés par la Commision européenne, ni surtout le lien que vous faites entre ces choix prétendument imposés et l’agonie des langues régionales ? 

    Cette agonie, regrettable pour la pérennité de la richesse culturelle, est le résultat du jacobinisme étriqué qui prévaut en France depuis le début du XIXème siècle, comme si les langues régionales pouvaient constituer un danger pour la cohésion de la République. Ce comportement paranoïaque pourrait laisser à penser que la République est aux abois, alors que tel n’est pas le cas !

    Cordialement !


    • La Taverne des Poètes 23 juin 2008 13:08

      Qu’une langue meure est une chose, mais que la République l’achève sur son lit de mort en est une autre encore plus grave. Ainsi, par une réprobation à l’unisson, l’Académie française et le Sénat s’élèvent d’une même voix. Ce ne sont déjà pas des hauts lieux de la démocratie mais quand ils s’y mettent, ceux-là, c’est pire... c’est réactionnaire !

      Cette persécution ne finira-t-elle donc jamais ? Et quid de la charte européenne ? Ces messieurs de l’Académie et ces messieurs du Sénat assis sur leurs séants vont-il s’asseoir aussi sur elle ? Et l’Europe alors, c’est quand ça les arrange seulement ?


      • La Taverne des Poètes 23 juin 2008 13:10

        Cela dit je ne suis pas pour la possibilité de rédiger des formulaires administratifs en langue régionale ou en patois ou dialecte. Je suis pour le français obligatoire dans ces cas. Point de vue personnel.


      • Pierrick 23 juin 2008 13:58

        Moi non plus ! Qui parle de cela à part quelques vieux caciques qui utilisent ces arguments pour justifier en bloc leur refus des langues régionales et de leur enseignement ?

         


        • jeanclaude 23 juin 2008 14:33

          Si vous me dites que parler breton et français dès qu’on commence à parler est un plus, je veux bien reconsidérer ma position. Mon expérience à moi, alsacien, est que ceux qui n’allaient pas au-delà de la scolarité obligatoire n’étaient forts ni en allemand, ni en français. Alors s’ils devaient apprendre le dialecte alsacien à la place de l’allemand...

          La réalité d’aujourd’hui, c’est qu’il est important pour l’avenir que les français parlent mieux au moins une langue étrangère nationale. Ce genre de billinguisme serait utile (tout luxembourgeois parle français et allemand et luxembourgeois, plus l’anglais bien souvent).

          Qu’il y ait des choix particuliers, faits dans des familles, de retenir une langue régionale ne me gène pas, chacun est libre. Mais aller jusqu’à inscrire cela dans l’article 1 de la constituion, c’est démesuré. Tout comme les "peurs" de l’académie française.

          Ma position, c’est donc pour des raisons pratiques, et pas symboliques. Mais pas anti-culturelles. Un alsacien qui pratiquerait mieux l’allemand entrerait peut-être davantage dans la culture de ce voisin. Idem pour l’Espagne, l’Italie, l’Anglais, etc...

           


          • Pierrick 23 juin 2008 16:06

             Tous les linguistes sérieux s’accordent aujourd’hui à reconnaître que le bilinguisme français-langues régionales ou maternelles, développe chez le jeune enfant des capacités qui lui permettront ensuite d’acquérir beaucoup plus facilement d’autres langues. Il en va de même pour l’anglais ou toute autre langue si c’est la LANGUE D’UN DES PARENTS.

            En dehors de ce cas, généraliser un bilinguisme précoce français-anglais (ou autre langue étrangère) ne produit pas les mêmes effets. C’est une question d’environnement socio-culturel.

            Regarder la question des langues sous un angle utilitaire est une erreur. L’apprentissage des langues est d’abord un plaisir pour l’enfant. La notion utilitaire viendra ensuite. 

            Les deux choses à comprendre là dedans sont les suivantes : 

            1. Le bilinguisme précoce ne s’oppose pas au français. BIen au contraire, les enfants bilingues ont généralement une meilleure méâitrise du français, précisément parce qu’ils parlent aussi une seconde langue. Et cela ne nuit en rien à leur attachement au français qui est et demeure leur langue d’échange avec les adultes, et très souvent leurs parents-mêmes. 

            2. L’utilisation de langues régionales dans cet apprentissage est beaucoup plus porteur que l’utilisation de l’anglais, ou toute autre langue étrangère, qui n’appartient pas à l’environnement de l’enfant.

             


          • Dolores 24 juin 2008 14:36

            On va crier haro ! sur le baudet - moi en l’occurence - dans toute la file de commentaires ! Qu’importe !

            Je suis agacée d’entendre parler de "langues régionnales" alors qu’il serait plus juste de parler de dialectes ou de patois.

            Ma famille est originaire des Landes, et ce, depuis des siècles. Mon nom de famille est un mot de patois qui signifie selon les uns "roncier" et selon les autres "futaie", d’autres encore pensent qu’il est peut-être en relation avec le scieur de bois. Il y a déjà là matière à discussion comme vous le constatez.

            A la maison, avec les voisins, avec les amis, tout le monde parlait patois et jamais personne n’a été obligé d’y renoncer pour une quelconque raison, sauf la liberté personnelle de ne pas l’employer. Par contre la politesse a toujours exigé de s’adresser en Français à une personne étrangère à la région et qui ne le comprend pas. Les parents ont toujours eu la liberté de transmettre leur dialecte à leurs enfants,s’ils ne l’ont pas fait , c’est qu’ils ne le désiraient pas.

            "La langue d’Oc" ou occitane est sensée être employée dans toute l’Aquitaine, or si vous savez écouter vous verrez qu’il n’existe pas une langue d’Oc mais "des" langues d’Oc.

            A Toulouse, par exemple, il existe un patois. Vous vous éloignez de 30 km vers la Haute Garonne et déjà vous avez des variations ; vous vous éloignez de30km cette fois vers le Gers et c’est encore des variations différentes. Que dire si on fait 150 km !

            Une annecdote : ma grand-mère est née dans le sud des Landes en 1891. Elle parlait le patois en usage à cet endroit. Dans les années 1930, elle, son mari et leurs enfants ont "émigré"d’abord dans le Lot-et- Garonne, puis dans la Haute Garonne. Ma grand-mère n’a plus jamais parlé patois, sauf en famille : elle craignait de ne pas se faire bien comprendre à cause des différences entre le patois de sa région natale et celui qu’utilsaient les personnes originaires de Haute Garonne.

            Ces dialectes sont le reflet d’une époque où on vivait isolé dans des lieux d’où on sortait peu et où le langage évoluait à l’intérieur de petites communautés.

            En faisant ma généalogie, j’ai pu constater que mes ancêtres naissaient, se mariaient, mouraient dans des villages distants au maximum de 15 km. Presque en circuit fermé.

            Pendant des siècles, ça a été une langue uniquement orale : peu des gens qui l’utilisaient savaient lire et écrire.

            Les patois occitans n’ont pas l’unité d’une langue, on peut même dire que chaque village a le sien. Personne ne reprochera à quiconque de vouloir les parler, mais de là à en faire une langue n’a aucun sens : c’est une diversité de langages.

            Lequel va-t-on choisir d’enseigner ? Celui de Toulouse ? La Gascogne va hurler : le sien est la seul véritable langue d’Oc ! Celui parlé à Bordeaux ? Toulouse et la Gascogne seront révoltées, elles aussi sont détentrices de la seule langue occitane !

            Bref, le régionalisme, qu’il soit administratif ou linguistique ou les deux, est source de divisions.

            Qu’on apprenne le patois pour se faire plaisir et pour conserver une tradition familiale et régionale, très bien ; mais qu’on veuille en faire une langue au même titre que le Français serait une erreur monumentale encourageant une fois de plus le communautarisme et le repli sur soi.

            Vivent les patois d’Oc et de Provence, le gaëlique et tous les autres !

             

             

             


          • Krokodilo Krokodilo 24 juin 2008 17:16

            Je suis d’accord avec vous sur bien des points, mais "langue régionale" est une appellation pratique qui regroupe tout, les langues, dialectes, patois, sans le côté péjoratif de ces qualificatifs. Ce n’est pas simplement du poltiiquement correct, c’est surtout qu’il est dififcile de donner une définition précise de patois et dialecte ; finalement ce sont tous des langages, répandus sur un territoire plus ou moins grand.


          • Dolores 26 juin 2008 17:08

             

            @ Krocodilo,

            Prenons la langue française en exemple :

            pour désigner un objet, on utilise le même mot dans toute la France, du nord au sud et de l’est à l’ouest. Il se prononce, se lit, s’écrit de la même manière et signifie la même chose.

            Dans ce qu’on veut appeler aujourd’hui des "langues regionales", à l’intérieur d’une même région , pour désigner la même chose on emploie des mots différents.Je parle surtout de l’Aquitaine car c’est la région que je connais le mieux.

            On ne peut donc pas parler d’une "langue régionale" quand il y a une multitude de différences ( même si les racines sont les mêmes) quoiqu’en pensent certains.

            Ce sont des dialectes et des patois, il n’y a rien de péjoratif dans ces mots.

            Rien ne s’oppose à ce qu’on les parle, qu’on les étudie ; mais de là a en faire une langue, j’y suis opposée car inévitablement on choisirait le patois d’une région au détriment de celui des autres pour la facilité de l’enseignement. C’est là qu’une parti de la richesse linguistique se verrait détruite.

            Je vais quelques fois sur un site Gascon et j’y rencontre souvent un "nationalisme"parfois sous-jacent, parfois virulent, avec des revendications linguistiques notamment contre les autres dialectes de l’Aquitaine, banières et drapeaux. De quoi attiser la haine envers les voisins si une "autre langue" était choisie pour être enseignée

            Je dois dire que j’aime entendre parler le patois, mais avec " l’acent" du cru, et pas anonné par des personnes qui l’on appris de façon artificielle avec l’accent parisien !


          • Pierrick 26 juin 2008 17:40

             Ni haro ni baudet dans mes propos. Je veux simplement vous dire que vous vous trompez sur l’occitan qui est bien une langue à part entière composée de plusieurs dialectes.

            Les langues régionales, source de divisions ? Oui si on les reconnaît car on ne maintient pas l’unité entre des gens, quels qu’ils soient, si on nie leur culture et on surtout on leur interdit de parler leur langue. Que diriez-nous si le français était interdit au Québec au prétexte que 95 % des canadiens parlent anglais et qu’une majorité de québecquois parlent eux-même aujourd’hui anglais ?

            La France défend les langues minoritaires hors de son territoire. Jacques Chirac, notre ancien Président de la République, vient même de créer une Fondation pour cela ! 

            Assez d’hypocrisie et reconnaissons-nous, tous ensemble, en France, pour ce que nous sommes. C’est à dire un territoire fait de mélanges et d’échanges, qui a cette chance aujourd’hui d’avoir une langue commune, le français, qui nous permet d’échanger tous entre nous (qui aujourd’hui le conteste ?) et qui est aussi, par notre histoire même, un lieu de diversité, culturelle et linguistique. Car au délà des langues régionales, il y aussi aujourd’hui en France les langues issues de l’immigration, parlées par bon nombre de français, et qui, elles aussi font partie de notre diversité. De notre richesse. C’est aussi cela l’intégration. Peut-être même commence-t-elle par là.

             


          • Dolores 26 juin 2008 19:06

            @ l’auteur

             

            Vous apparaissez très convaincu par votre sujet. Mais pas très convaincant car vous ne vous penchez que sur les arguments "pour" sans avoir étudié las arguments "contre" que avez délibéremment écartés.

            Je suis assez âgée pour avoir connu toutes les "modes " que les politiques ont mis en avant depuis plus de 30 ans pour aboutir aujourd’hui aux "langues régionales" et au bilinguisme dont vous vous faites l’apôtre.

            On a vu successivement

            - "retrouver ses racines" pour être mieux dans sa peau en sachant d’où l’on vient,

            - le "retour au pays" (quel déchirement de vivre en Anjou, un pays étranger, quand on est Berrichon ! )

            - "travailler au pays" ( regroupement par communauté d’origine territoriale, rester entre soi !)

            - "la régionalisation" ( c’est plus facile à gérer, tout en reforçant le sentiment d’appartenance communautariste)

            - les "langues régionales" aujourd’hui pour séparer les terroirs d’origine linguistique différente. Pour l’instant il ne s’agirait "que" de bi-linguisme" ( Français -dialectes ), mais rien ne dit que dans quelques années ( quand les poires seront mûres) on inversera pas la donne.

            Voyez-vous le but ?

            Détruire l’unité de la France en renforçant les différences : on sera Breton ou Gascon avant d’être Français, les régions seront rivales au lieu d’être alliées.

            Diviser pour régner : il sera plus facile d’imposer aux régions les politiques choisies qu’à la France toute entière où une résistance aurait un grand poids.

            Les politiques ont pris soin de proceder par étapes pour amener des Français à partager leur point de vue, et ils sont assez retors pour dissimuler leur but et ne pas l’avouer.

            La plupart des experts délivrent le message de celui qui les a payé.

            Prenez le temps de réfléchir à la question, à moins que vous soyez totalement naïf pour ne voir là qu’un enrichissement culturel absolument innocent et dénué d’arrières pensées.

             

             

             

             

             

             

             


          • Pierrick 26 juin 2008 19:46

             Bonsoir, 

             

            Puisque vous décrivez ce que vous avez-vu depuis 30 ans, "retrouver ses racines", le "retour au pays" "travailler au pays", "la régionalisation"les "langues régionales" aujourd’hui, permettez-moi de vous dire qu’au cours de ces 30 ans, j’ai moi aussi vu des choses. J’ai vu des mines fermer dans le Nord , des usines textiles mettrent leurs salariés au chômage. Ceux-là souhaitaient travailler au pays et ils avaient raison.

            Retrouver les racines. ?.. Mais toutes ces fêtes régionales ou locales, ces festivals qui sont nés un peu partout en France ces trente dernières années, n’est-ce- pas "retrouver ses racines", un "retour au pays" face à l’uniformisation que la société française a imposé à tous ses concitoyens dans l’après-guerre ? Unformisation accélée par cette mondialisation qui voudrait nmaintenant ous réduire à des buveurs de coca-cola, des mangeurs de hamburgers habillés en Nike avec un I-Pod sur les oreilles !

             Et de plus, comble de l’ironie, cette prise en compte des racines (je ne parle pas de "retour’) est sur quoi se batit aujourd’hui un des premiers attraits touristiques de notre pays, si utiles en devises quand le budget de l’Etat est exangue...

            Ces 30 dernières années, j’ai vécu dans pratiquement toutes les régions de France, dont Paris. Un des côtés merveilleux de Paris, c’est que c’est une ville cosmopolite. On y parle toutes les langues. Etrangères. Mais aussi régionales. Mais c’est aussi à Paris que certains décident d’interdire ces mêmes langues régionales.

            Dans toutes les régions de France, j’ai vu "folkloriser" les cultures (voir plus haut), et dans le même temps, des locuteurs provençaux, occitans, alsaciens, ch’ti, bretons se refuser à parler leur langue... sauf à se révéler quand ils sont en confiance. Ce n’est plus les hussards noirs qui agissent. C’est entré dans les esprits des anciens.

            Une relève arrive aujourd’hui pour redonner la parole à ces langues, justement. Il était temps. Encourageons les. Et reconnaissons aussi les langues issues de l’immigration ! Ceux qui les parlent sont français comme tous les autres, des français dont les parents étaient des immigrés et qui ont amené dans leurs bagagse de nouvelles langues, de nouvelles cultures qui doivent, non pas disparaître, mais s’intégrer à la nôtre. Et - nouveau paradoxe - on ne peut accuser ceux-là de vouloir diviser le territoire en régions autonomes. Leur culture, leur langue n’est pas liée à une zone de notre territoire. Mais ils sont pourtant bien là. Alors, intégrons les avec tut ce qu’ils nous apportent.

            Car intégrer, c’est toujours transformer. Cette "France" que vous avez connu il y a 30 ans n’existe plus. Pas plus que celle des hussards noirs. Et demain sera, doit être encore différent. C’est le sens de la vie. Pas de nostalgie.

            Le français est notre langue commune. Celle qui me permet de vous parler en ce moment. Elle est précieuse et riche. J’entends l’utiliser et la préserver. Comme toutes les autres langues. Y compris, et peut-être encore plus celles que je ne parle pas. Pour, un jour, demain peut-être, pouvoir encore rencontrer quelqu’un de différent qui m’apprendra sa langue et m’ouvrira ainsi les portes de son imaginaire.

            Pour finir en clin d’œil, suivons l’exemple des capitalistes, même si, n’ayez crainte, ce n’est pas dans le même but.. Eux savent bien, et depuis fort longtemps, qu’on s’enrichit toujours des autres !

            Cordialement,

             

            PLF


          • xavier 26 juin 2008 21:29

            Sur le mythe occitan, puis-je vous recommander la lecture de "l’imposture occitane", lettre ouverte visible sur http://club-acacia.over-blog.com/article-12549809.html ?


          • Hubert 18 octobre 2013 17:29

            Je souhaite lire la lettre ouverte que signale Xavier le 26 mai 2008


            « Sur le mythe occitan, puis-je vous recommander la lecture de »l’imposture occitane« , lettre ouverte visible sur http://club-acacia.over-blog.com/article-12549809.html ? »

            Ce document, qui n’est plus en ligne à cette adresse, serait-il paru dans l’Idiot international dans les années 1970 ?

            Mercès per avança

          • tarkan 23 juin 2008 15:53

            Les Français feraient mieux de parler et d’écrire le françcais correctement et de maitriser une langue internationale tel que l’anglais. Au lieu de s’ouvrir vers le monde , la France se referme sur elle même en mettant en avant ses langues régionales. En mettant en avance les langues régionales , les politiques ne préparent pas les françcais à la mondialisation ...

             


            • Pierrick 23 juin 2008 16:23

               Bonjour et merci du message.

              Je vous invite cependant à sortir de ces poncifs. Relisez-moi, relisez les commentaires, renseignez-vous sur ce que disent les linguistes. Au besoin, rencontrez des enseignants qui pratiquent aujourd’hui un enseignement bilingue français—langue régionale. Vous comprendrez alors que la question n’est pas là où vous la posez.

              Et que bien au contraire, les langues régionales peuvent aussi être un formidable atoût pour une meilleure maîtrise du français par nos enfants. Et pour un meilleur rayonnement de notre langue commune, que personne ne conteste . Bien au contraire.

               


            • elric 23 juin 2008 16:08

               Oui,mais la france ne peut pas prétendre défendre la diversité culturelle à l’exterieur et la combattre à l’interieur,au niveau internationnal ça discrédite par là même la francophonie,quand la france dit qu’elle défend la diversité culturelle dans le monde et que chez elle,elle fait tout pour faire disparaitre les langues régionnales,elle n’est pas crédible


              • Parpaillot Parpaillot 23 juin 2008 19:16

                @ ELRIC :

                J’abonde dans votre sens !


              • Luc-Laurent Salvador Luc-Laurent Salvador 23 juin 2008 22:21

                @ Elric

                Votre propos n’est-il pas exagéré. Il fût un temps où la France a bien tenté d’éliminer les langues régionales. Mais cela n’est plus.

                Les langues régionales sont enseignées que je sache, non ?

                La question est ici non pas celles des bons sentiments mais celle de la législation qui, ensuite, entraîne des devoirs.

                Je suis d’origine catalane, mais je ne parle pas cette langue et je n’ai pas l’ombre d’un regret. Je n’ai pas le temps de l’apprendre et aucune envie que cela puisse être le moins du monde obligatoire à l’égard de quiconque.

                Autrement dit, laissons les langues régionales vivre leur vie. S’il faut une obligation pour qu’elles survivent, alors qu’elles meurent.

                Ceci dit, le catalan n’est pas une langue régionale. C’est la langue officielle de l’Andorre et la Catalogne espagnole vivra. Donc je peux dormir sur mes deux oreilles.

                On me jugea inconséquent, mais j’ai toujours été individualiste et je n’ai que fairent des habitus du passé qui ne contribuent pas à mon activité présente.

                S’il est une langue que j’aimerais apprendre, c’est le chinois. Le reste, c’est de la poésie. Qu’elle reste libre, qu’elle soit enseignée, mais pitié, jamais ô grand jamais obligatoire pour personne.


              • Pierrick 23 juin 2008 22:33

                 Merci de votre message.

                De vos propos, je retiens surtout que par deux fois, vous vous déclarez favorable à l’enseignement des langues régionales et non à l’obligation de cet enseignement. Je crois que vous avez raison.

                Obligatoire, l’enseignement des langues régionales ? Non, bien sûr. mais qu’il soit systématiquement proposé, oui. Et qu’il soit donné partout où les parents des enfants concernés le demande. Et surtout, pour commencer, dès la maternelle dans le cadre du bilinguisme précoce.

                Si l’état et les services de l’éducation acceptait simplement de suivre cette ligne, nous progresserions déjà beaucoup. Car contrairement à ce que vous croyez, faute sans doute d’information sur le sujet, de nombreuses classes bilingues n’ouvrent pas par volonté de l’administration, alors que la demande parentale existe. Où les moyens mis à disposition de l’enseignement bilingue, surtout en nombre de postes accordés, ne sont pas suffisant.

                Pour la prochaine rentrée et pour la seule Bretagne, des demandes d’ouverture dans les écoles publiques de Guichen, Plougonvelin, Bannalec, Saint-Etienne de Montluc ont été formulées. le nombre d’enfants est suffisant et conforme aux circulaires de l’éducation nationale et l’administration refuse d’ouvrir les classes. a Lorient, dans ses prévisions officielles présentées au dernier Conseil Académique des Langues régionales de Bretagne, l’inspecteur d’académie du Morbihan annonçait 51 élèves sur le groupe scolaire Merville de Lorient. Il ne propose qu’un enseignant en face, pour des enfants sur 6 niveaux. C’était le 4 juin dernier. Comment voulez-vous que cela fonctionne ?

                Cordialement,

                 

                PLF

                 

                 


              • Krokodilo Krokodilo 23 juin 2008 16:44

                Pourquoi toujours parler d’imposer une langue à l’école ? Déjà aujourd’hui c’est l’anglais qui est imposé à la plupart des élèves (seule l’Alsace a un choix) - sans qu’aucun média n’en parle… maintenant, ce serait la langue régionale ?

                Jusqu’à quel niveau d’enseignement demandez-vous que les langues régionales soient développées ? De la maternelle à l’université dans toutes les matières et toutes les filières ? Avez-vous fait une estimation du nombre d’enseignants que cela supposerait pour toute la France ? Au-delà des phrases militantes et des généralités, on n’a pas de vue d’ensemble de ce que vous proposez.

                Et les professions qui se déplacent ? Un enfant d’enseignant, de militaire, ou autre profession suite à une mutation imposée, se verrait brutalement obligé de suivre l’histoire en occitan, la géo en breton, les maths en corse ?

                Vous sortez de votre chapeau des affirmations sans preuve, sans références, sans citation, sur le fait que les enfants bilingues auraient de meilleurs résultats au bac, etc., est-ce que ça guérit aussi la calvitie ?
                On impose pas une langue, la première condition est la motivation, et un enfant voit très bien si autour de lui, c’est utile dans son environnement ou pas ; sinon, il n’en voit pas l’intérêt. les langues vivent si les gens les apprennent et les pratiquent, difficile de les imposer. de plus, notre cerveau est plus limité qu’on veut nous le faire croire : langue nationale, régionale + familiale parfois + langue du pays voisin + une ou deux dite internationale, ça fait déjà 5 ou 6 !

                " Tous les linguistes sérieux s’accordent aujourd’hui à reconnaître que le bilinguisme français-langues régionales ou maternelles, développe chez le jeune enfant des capacités qui lui permettront ensuite d’acquérir beaucoup plus facilement d’autres langues."

                Evidemment que s’il travaille les langues jeune, ça lui facilitera l’apprentissage ultérieur, c’est pareil pour la musique, pour les arts du cirque, pour les sciences, le sport et le bricolage. Il n’y a aucune raison de sacraliser ainsi les langues par rapport à de nombreuses autres compétences, également très utiles.

                En outre, d’autres façons de faire sont possibles à l’école primaire, personnellement, j’ai un faible pour le projet Evlang (Eveil aux langues) ,

                http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=37511

                une initiation linguistique non spécialisée dans l’anglais, mais au contraire avec apprentissage de divers alphabets, et initiation à la prononciation de diverses langues européennes. La langue régionale pourrait être choisie en option, et une langue étrangère ou deux choisies ensuite au collège.
                Ce serait moins dirigiste que votre proposition d’imposer le bilinguisme français-régional, et serait également tourné vers l’UE ; Malheureusement, nos décideurs ont choisi d’imposer l’anglais…
                 


                • Pierrick 23 juin 2008 17:02

                   Qui parle d’imposer ? Vous ! Pas moi. J’écris simplement qu’il faut permettre l’enseignement bilingue précoce dans toutes écoles, et notamment les écoles publiques, où les parents le demandent pour leur enfant. je dis aussi, avec bon nombre de linguistes,i qu’un enseignement bilingue français-langue régionale (ou maternelle car les autres langues minoritaires parlées en France sont dans le même cas) est préférable dans la plupart des cas (voir plus haut) qu’un enseignement bilingue français -anglais ou toute autre langue étrangère. Je dis aussi que la généralisation de cet enseignement bilingue précoce serait aussi un formidable atout pour nos enfants. Tous nos enfants.

                  Visiblement, vous ne savez pas ce qu’est un enseignement bilingue. Ce n’est pas l’apprentissage d’une langue en plus avec quelques heures comme l’éducation tente de le faire actuellement en primaire. C’est un enseignement en deux langues. L’enfant apprend une deuxième. Il apprend aussi DANS une autre langue : l’histoire, les maths, les sciences, les arts...

                  Cet enseignement n’est pas coûteux en postes. Pour la raison simple que le nombre d’enfants, quel que soit le type d’enseignement, ne change pas. Ce sont les enseignants qui changent. Ce sont des enseignants bilingues qui prennent, petit à petit, la place d’enseignants monolingues.

                  Quant aux résultats, désolé je ne porte pas de chapeau et ne souffre pas de calvitie. Par contre, consultez sur les sites pédagogiques les résultats au Bac, ou les rapports d’évaluation faits en fin d’école primaire. Ils vous confirmeront mes propos que tous les linguistes, eux encore, et les pédagogues sérieux connaissent parfaitement.

                  Vous avez totalement raison quand vous dites qu’on n’impose pas une langue, et c’est bien pour cela que l’enseignement des langues étrangères, tel qu’il est pratiqué en France, fonctionne si mal. Le bilinguisme précoce français-langue régionale, là où il est pratiqué, fonctionne très bien, précisément parce que les enseignants sont motivés, les parents sont motivés, les enfants aussi qui baignent dans un environnement favorable à ces apprentissages.

                  Vous avez tout autant raison d’évoquer la musique et les arts, trop sacrifiées dans l’enseignement, et ça ne s’arrange pas avec les dernières directives de M. Darcos.

                  Je n’ai pas d’avis particulier sur Evlang, mais toutes les initiatitives pédagogiques sont à encouragern celle-là comme les autres.

                   

                  Cordialement.

                   

                  PLF

                   

                   

                   

                   


                • Krokodilo Krokodilo 23 juin 2008 17:29

                  "Qu’attend la République pour étendre ce type d’enseignement à tous ses enfants ?"

                  Désolé, mais cette phrase que vous avez mise en valeur, je l’ai comprise comme une obligation.

                  Je sais ce qu’est un enseignement bilingue, l’UE veut d’ailleurs le développer à l’échelle européenne par le programme Emile. Leurs rapports regrettent que ça ne se développe que lentement… A mon avis, le bon sens et les difficultés de mise en œuvre bloquent ces programmes Emile ! Comment former des professeurs, les élèves comprendront-ils aussi bien dans une deuxième langue ?
                  Ce n’est pas parce que quelques linguistes trouvent que c’est une bonne idée que ça devient une preuve scientifique. C’est un domaine où les choses sont particulièrement difficiles à prouver, et où la passion et les convictions jouent un bien plus grand rôle que les études probantes sur le terrain (difficiles à concevoir, à réaliser et qui durent des années).
                   Personnellement, je trouve tous ces projets de bilinguisme scolaire total et précoce très dangereux, on joue aux apprentis sorciers.

                  "Cet enseignement n’est pas coûteux en postes. (…) Ce sont des enseignants bilingues qui prennent, petit à petit, la place d’enseignants monolingues."

                  Et vous les sortez d’où, ces enseignants bilingues, vous les formez où ? Est-ce qu’on revient à la préférence régionale des fonctionnaires, ce qui veut dire la fin du système national de gestion des enseignants, un sacré changement à organiser...
                  le Minsitère est partagé entre la demande de reconnaissance des langues régionales non encore acceptées au bac et le souci de rationalisation, le joli nom pour éviter le mot qui fâche : économies budgétaires !

                  « Le ministre veut s’attaquer aux langues rares, qui permettent de gagner des points mais coûtent cher. (...)
                  Et les auteurs du rapport de poursuivre : « la mission recommande de diminuer de moitié le nombre d’options de détermination de classes de seconde »

                  http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/04/19/01001-20080419ARTFIG00011-les-options-au-bac-sont-trop-couteuses.php
                   

                  les économies visent les méthodes (visioconférences plutôt que profs), l’abandon de’otpions fantaises (art du cirque, surf, escalade), etc.
                  Dans ces conditions, j’imagine mal un développement tel que vous le souhaitez…


                  "Par contre, consultez sur les sites pédagogiques les résultats au Bac, ou les rapports d’évaluation faits en fin d’école primaire. Ils vous confirmeront mes propos que tous les linguistes, eux encore, et les pédagogues sérieux connaissent parfaitement."

                  D’habitude, c’est l’auteur qui cite ses sources, c’est un peu facile de dire débrouillez-vous à les trouver, je sais qu’ils exsitent. vous parliez du bac, et maintenant du primaire.

                  Je préfère de loin ma propre proposition de réforme de l’enseignement des langues,

                  http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=34856#commentaire1606836

                  mais quoi qu’il en soit, nos "élites" ont déjà collé tous les enfants à l’anglais de force, alors…
                   


                • Pierrick 23 juin 2008 17:52

                   "Qu’attend la République pour étendre ce type d’enseignement à tous ses enfants ?" Je maintiens ma phrase qui ne parle aucunement d’obligation. Je pense cependant que la géralisation de l’enseignement bilinue, en tout cas de son offre, permettrait effectivement d’avancer. Mais ce n’est pas le sujet du jour. Que l’administration de l’Etat permette déjà, aujourd’hui, cet enseignement bilingue là où les parents le demandent. Nous aurons déjà fait un grand pas.

                  DIfficle de soutenir qu’on jouerait à l’apprenti-sorcier. L’enseignement bilingue précoce existe depuis plus de trente ans en France. On a largement eu le temps de regarder, d’apprendre et de tirer des conclusions. La question pédagogique, aujourd’hui, est résolu. Reste la volonté politique. Et là, l y a du travail.

                  En Bretagne, les enseignants bilingues sont formés dans les IUFM, comme les autres. Avec une spécificité en langue régionale. S’ils décident, ensuite, de ne plus enseigner en breton, ils en sont libres comme leurs autres collègues. S’ils désirent changer de région, ils participent au Mouvement des enseignants comme les autres. Ils sont fonctionnaires de l’éducation. Je note au passage qu’il y a beaucoup de breton en région parisienne. Beaucoup parmi eux seraient aussi heureux que leur enfant apprenne aussi le breton. 

                  Vous évoquez avec raison les économies budgétaires souhaitées par le Ministère. Outre que celles-ci, telles qu’elles sont menées, sont un non-sens économique et politique, il n’y aucune raison que les langues régionales en pâtissent plus que les autres enseignements. Et encore une fois, la question de l’enseignement des langues régionales est d’abord un choix pédagogique, c’est ensuite un choix politique. L’incidence économique de cet enseignement est dérisoire. Pour parler comme les économistes, il est même certainement meilleure, et de loin, en terme de "retour sur investissement." (Rires)

                  Sur les rapports d’évaluation que je vous invite à consulter, je vous trouve un peu limite sur la bonne foi. Ceci est un article, pas un livre, et vous ne pourrez pas nier que je passe déjà, avec patience, beaucoup de temps à vous répondre posément. Allez sur le Café Pédagogique, sur Ouiaubreton, faites une recherche sur Google et vous n’aurez pas beaucoup de peine à trouver les infos que j’évoque. Ceci dit, et notamment pour vous être agréable, je produirai un autre papier sur ce sujet. Mais il faudra attendre un peu. On ne traite pas de tout en même temps. Soyons sérieux ! 

                  Comme vous le dites enfin nos "élites" ont collé de nos force nos enfants à l’anglais. E on voit les pitoyables résultats que cela produit. il serait temps, enfin, de penser autrement. La question des langues régionales et du bilinguisme précoce font indéniablement partie du nécessaire débat sur l’apprentissage des langues par nos enfants. Votre proposition d’enseignement des langues aussi bien évidemment.

                  Toujours tout aussi cordialement,

                   

                  PLF

                   


                • Pierrick 23 juin 2008 18:41

                  "Qu’attend la République pour étendre ce type d’enseignement
                  à tous ses enfants ? 
                  Je maintiens ma phrase qui ne parle aucunement
                  d’obligation. Je pense cependant que la géralisation de l’enseignement
                  bilinue, en tout cas de son offre, permettrait effectivement d’avancer.
                  Mais ce n’est pas le sujet du jour. Que l’administration de l’Etat permette
                  déjà, aujourd’hui, cet enseignement bilingue là où les parents le
                  demandent. Nous aurons déjà fait un grand pas.

                  DIfficle de soutenir qu’on jouerait à l’apprenti-sorcier. L’enseignement
                  bilingue précoce existe depuis plus de trente ans en France. On a largement
                  eu le temps de regarder, d’apprendre et de tirer des conclusions. La
                  question pédagogique, aujourd’hui, est résolu. Reste la volonté politique.
                  Et là, l y a du travail.

                  En Bretagne, les enseignants bilingues sont formés dans les IUFM, comme
                  les autres. Avec une spécificité en langue régionale. S’ils décident,
                  ensuite, de ne plus enseigner en breton, ils en sont libres comme leurs
                  autres collègues. S’ils désirent changer de région, ils participent au
                  Mouvement des enseignants comme les autres. Ils sont fonctionnaires de
                  l’éducation. Je note au passage qu’il y a beaucoup de breton en région
                  parisienne. Beaucoup parmi eux seraient aussi heureux que leur enfant
                  apprenne aussi le breton.

                  Vous évoquez avec raison les économies budgétaires souhaitées par le
                  Ministère. Outre que celles-ci, telles qu’elles sont menées, sont un
                  non-sens économique et politique, il n’y aucune raison que les langues
                  régionales en pâtissent plus que les autres enseignements. Et encore une
                  fois, la question de l’enseignement des langues régionales est d’abord un
                  choix pédagogique, c’est ensuite un choix politique. L’incidence économique
                  de cet enseignement est dérisoire. Pour parler comme les économistes, il
                  est même certainement meilleure, et de loin, en terme de "retour sur
                  investissement." (Rires)

                  Sur les rapports d’évaluation que je vous invite à consulter, je vous
                  trouve un peu limite sur la bonne foi. Ceci est un article, pas un livre,
                  et vous ne pourrez pas nier que je passe déjà, avec patience, beaucoup de
                  temps à vous répondre posément. Allez sur le Café Pédagogique, sur
                  Ouiaubreton, faites une recherche sur Google et vous n’aurez pas beaucoup
                  de peine à trouver les infos que j’évoque. Ceci dit, et notamment pour vous
                  être agréable, je produirai un autre papier sur ce sujet. Mais il faudra
                  attendre un peu. On ne traite pas de tout en même temps. Soyons sérieux !

                  Comme vous le dites enfin nos "élites" ont collé de nos force nos enfants
                  à l’anglais. E on voit les pitoyables résultats que cela produit. il serait
                  temps, enfin, de penser autrement. La question des langues régionales et du
                  bilinguisme précoce font indéniablement partie du nécessaire débat sur
                  l’apprentissage des langues par nos enfants. Votre proposition
                  d’enseignement des langues aussi bien évidemment.

                  Toujours tout aussi cordialement,


                • Krokodilo Krokodilo 23 juin 2008 18:51

                  Vous signez cordialement, mais certains passages ne sont guère cordiaux :

                  "Ceci est un article, pas un livre, et vous ne pourrez pas nier que je passe déjà, avec patience, beaucoup de
                  temps à vous répondre posément. Allez sur le Café Pédagogique, sur Ouiaubreton, faites une recherche sur Google et vous n’aurez pas beaucoup de peine à trouver les infos que j’évoque."

                   

                  Il me semble que vous n’avez pas encore beaucoup fréquenté Agora vox ; si vous jetez un oeil, vous verrez que nombre d’auteurs répondent à beaucoup de messages sans qu’il soit besoin de les remercier systématiquement de leur patience, vu que c’est la base même d’AV, des articles et un forum de discussion. De même, nombre d’auteurs citent précisément leurs sources, mentionnent leurs références, indiquent des liens Internet, ce qui rend la Toile dynamique ; je maintiens que c’est à vous d’indiquer sur quoi vous vous basez.

                   

                  On peut aussi faire des manifestes, mais dans ce cas, les formules du style "c’est prouvé", "tous les bons auteurs le disent" ne passent pas très bien.


                • Pierrick 23 juin 2008 19:07

                  Monsieur,

                  Je vous ai déjà répondu. Je vous ai proposé plusieurs pistes si le sujet vous intéresse vraiment. J’ai, entre temps, donné deux références à un autre internaute qui me posait des questions similaires à la vôtre. Je vous ai indiqué que j’écrirai, dès que le temps m’en laissera le loisir, un article documenté sur les questions d’évalutations que vous avez, le premier, évoqué avec raison.

                  Ces questions des évaluations, qui sont d’importance, ne sont pas pour autant le sujet principal du papier sur lequel nous commentons. De dérive en dérive, on finit par être hors sujet.

                  Je crois que nous y sommes. 

                  J’ai l’habitude terminer par un

                  Bien cordialement, auquel vous n’échapperez pas. 

                   

                  PLF


                • Wlad Wlad 24 juin 2008 16:18

                  "D’habitude, c’est l’auteur qui cite ses sources, c’est un peu facile de dire débrouillez-vous à les trouver, je sais qu’ils exsitent."

                  Un peu comme un certain Krokodilo ou Masson, ou Vendredi, et compagnie, quoi.

                  Dire "Les preuves que l’espéranto s’apprend en 5 fois moins de temps que l’anglais partout dans le monde, et permet à chacun de communiquer dix fois plus rapidement et efficacement, pullulent et je ne vais pas chercher quoi que ce soit pour étayer cette affirmation pleine d’aplomb", aucun problème, mais renvoyer quelqu’un aux stats du bac, alors là, NON !


                • Krokodilo Krokodilo 24 juin 2008 17:21

                  Gonflé le Wlad sur ce coup : les articles de HM contiennent de très nombreux liens, et moi-même j’essaie de citer mes sources systématiquement. Evidemment, sur la vitesse d’apprentissage de l’Eo (d’ailleurs probablement plus proche de 10 fois que de 5), comme l’UE refuse de financer des études à ce sujet, il n’y a aucune référence disponible, les seules viennent des témoignages des enseignants espérantistes ou des élèves, et vous les mettez systématiquement en doute : on voit où est la mauvaise foi...


                • Gargamel Gargamel 24 juin 2008 17:42

                  Sérieusement vous trouvez que les gamins ont pas assez de cours, pour vouloir rajouter des trucs comme les "langues régionales" ? Soyons sérieux deux minutes, l’utilité "ouverture d’horizon" c’est juste bon à les surplomber de travail. Etudier sa langue régionale c’est un hobbie, pas un truc scolaire ! A l’école on étudie les langues vivantes parcequ’on donne au gamin des choses dont il pourra se servir dans la vie. S’il a envie plus tard d’étudier les langues régionales hé ben que des cours soient dispensés à la fac ça me semble très bien.

                  La différence entre vouloir apprendre une langue régionale de soit-même quand on est adulte et de vouloir l’imposer à son gamin à l’école, c’est que dans le premier cas on veut redécouvrir son patrimoine et c’est très bien, dans l’autre on veut juste tracer une nouvelle frontière avec les autres régions, marquer précisément le fait qu’on ’est pas les mêmes, on parle pas la même langue’, et c’est malsain. Je trouve l’essentiel des arguments de Krokodilo justifiés (même si c’est ceux qu’on lui balance souvent dans les débats sur l’espéranto).

                  Votre bilinguisme qu’il soit obligatoire ou pas couterait une fortune, n’apporterait rien aux gamins (et par pitié me sortez pas le "ça les rendra drôlement meilleurs en langues", parcequ’à ce compte là on leur en enseigne des utiles), et tracerait de nouvelles frontières entre les gens.

                  Vu votre description j’imagine que c’est le combat de votre vie, que pour vous y a rien de plus important que faire apprendre des langues régionales aux gamins parceque sinon elles se perdront vu que la plupart des gens s’en foutent. Je trouve ça vraiment triste comme choix de vie.


                • Pierrick 26 juin 2008 17:46

                   Cher Monsieur, vous vous trompez.

                  Le bilinguisme scolaire, ce ne sont pas des cours en plus. C’est apprendre plusieurs langues. C’est surtout apprendre EN plusieurs langues. Les enfants bilingues français-breton, par exemple, selon les écoles, ont des cours d’histoire, de sciences, de musique... en breton. Et c’est bien là qu’est la différence, surtout si ces enfants commencent dès la maternelle.

                  Ce n’est pas non plus facteur de coût. Les enfants bilingues ne sont pas des enfants en plus. C’est la manière d’approcher leur enseignement qui est différente, l’organisation pédagogique de l’école qui est différente. Leurs professeurs ont compétence dans leu matière propre... mais ils ont aussi compétence dans une autre langue.

                  Cela ne coûte pas plus cher qu’un enseignement monolingue. Cela ne demande pas plus d’enseignants. Ca demande simplement de penser l’enseignement de façon différente.

                   

                  Cordialement.


                • xavier 23 juin 2008 18:01

                  Pouvez-vous nous préciser quelles sont les études qui montrent l’effet positif d’un enseignement bilingue (pas d’un bilinguisme familial) sur les résultats scolaires des enfants ?

                  Je vous pose cette question, car, ici en Corse, la question de l’évaluation de l’enseignement bilingue est totalement taboue : qui souhaite un bilan en ce domaine est aussitôt suspecté (au minimum) d’être un adversaire de l’enseignement bilingue, mais ne se voit opposer comme argumentation que des péremptoires "on sait bien que c’est positif" ou des vagues "tous les spécialistes le disent" .

                  Je suis donc preneur de références.


                  • Pierrick 23 juin 2008 18:19

                    Deux éléments que j’ai sous le coude :

                    - Résultats du Bac 2007 dans le Finistère Regardez D !wan.

                    - Évaluations des élèves de CE2, en français et en mathématiques,

                    dans les 15 sites bilingues ayant des CE2 (pdf)

                     

                    Je publierai un autre papier documenté sur cette question dans les prochains jours

                     

                    PLF


                  • xavier 23 juin 2008 18:59

                    Les deux éléments que vous donnez illustrent je crois la difficulté de l’évaluation dans l’éducation et ne sont pas forcément probants :

                    - les résultats au bac de Diwan, régulièrement cités comme une preuve de l’efficacité du bilinguisme, ne concernent qu’un nombre restreint d’élèves, dont le profil sociologique est sans doute bien différent de l’ensemble des jeunes bretons (et les résultats scolaires sont en général fortement corrélés avec l’origine socio-culturelle). Il me parait hasardeux de tirer des conclusions de ces résultats.

                    - concernant les résultats CE2, je n’arrive pas à ouvrir le lien. Mais je suis là aussi un peu dubitatif : les enfants n’étant pas des rats de laboratoire pour lesquels, dans une expérience, on peut ne faire varier qu’un seul élément à la fois, comment peut-on attribuer à une seule cause (l’enseignement bilingue) une évolution des résultats dans une situation complexe où interagissent de multiples facteurs ?

                    En Corse, les résultats aux évaluations CE2 des classes bilingues sont d’ailleurs brandis avec assurance, lorsqu’ils sont bons, par les militants de la filière bilingue, et rapidement évacués, lorsqu’ils sont mauvais, par les mêmes : dans ce cas bien sûr, le bilinguisme n’y est pour rien. Inversement, ces résultats sont brandis, lorqu’ils sont mauvais, par les adversaires du bilinguisme, comme le preuve absolue de l’effet négatif de l’enseignement bilingue.

                    Les uns et les autres me paraissent ignorer les exigences méthodologiques et la difficulté de l’évaluation dans l’éducation.

                     

                     


                  • Pierrick 23 juin 2008 19:14

                     Il est exact que l’échantillon est réduit dans le document cité. Pour la raison simple qu’il y a encore peu d’enfants à poursuivre leur scolarité jusqu’au bac dans le cadre de l’enseignement bilingue. Ce commentaire n’enlève rien à la validité de votre critique ou de vos doutes...

                    Je pense que ce sujet est suffisamment important pour mériter une analyse plus détaillée que quelques échanges en commentaire à la suite de cet article, dont c’est loin d’être le sujet central. 

                    Comme je l’ai déjà écrit à un autre commentateur, j’y reviendrai dans un autre papier ultérieurement. Il y a des éléments intéressants, avec des échantillons beaucoup plus importants, sur les évaluations de fin de cycle en primaire. 

                    Et aussi des comparaisons entre les différents systèmes d’eneignement bilingues (immersion, parité horaire... qui sont intéressantes à regarder. J’y reviendrai.

                     

                    Cordialement.

                     

                    PLF

                     


                  • chlegoff 23 juin 2008 21:51

                    Le jacobinisme s’est toujours opposé au respect des identités culturelles régionales. La décentralisation initiée au cours des années 80 n’est toujours pas terminée, ce qui coûte à la nation. C’est dire la force des conservatismes de ce courant de pensée... alors accepter que nos petits puissent s’exprimer dans leur langue maternelle, doit être particulièrement insupportable pour ces gens là.


                    • subissu cucu 23 juin 2008 22:11

                      Quand’ ellu canta lu cucu, si rallegra la marina !

                      Per esse Corsu un’ basta a scrive o à parla (in lingua corsa), cì vole dinù ave u stintu Corsu, quellu chì oghje smarisce pocu a pocu, per fà piazza à u stintu francese.

                      Paesi ghjente natura

                      eccu quì a nostra cultura.

                       Lagnendusi pianu pianu

                       si spenghjerà stù veranu ?

                      In’ u duie milla e ottu,

                      o u tre milla trent’ ottu ?

                      ma un’ vogliu pienghje oghje

                      e ancu menu dumane

                      a morte di u mio paese

                      sumiglia à quella d’un cane.

                      D’ una razza maladetta

                      inbastardittu tra i seculi

                      purtera la so vindetta

                      a tutti i so enemichi.

                      Sin’ a à morte

                       

                       


                      • faxtronic faxtronic 23 juin 2008 22:30

                        Moi j’ai pas de langue regionale, pour la simple raison que ma famille a toujours voyagé en France.


                        • faxtronic faxtronic 23 juin 2008 22:35

                          En fait pour que je prenne une langue regionale familale, il faudrait que j’apprenne le corse, L’occitan et l’alsacien. Je vous dis pas le boulot dis...

                          Les langues regionales c’est bien, mais il faut que cela soit une enieme segregation ou communautarisme.

                          Avec ton idee cher auteur, bientot il faudra etre un pure breton de souche pour enseigner en Bretagne, car tu veux des enseignants bilingues.


                        • Pierrick 23 juin 2008 22:37

                           Figurez-vous que moi aussi. Ce qui me fait m’intéresser aux langues d’Alsace, de Provence, du payas catalan, ou à l’occitan, sans oublier la Bretagne... parce que j’ai vécu dans tous ces lieux (sans oublier Paris !).

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