Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Pourquoi Bayrou et le MoDem ne sont pas morts

Pourquoi Bayrou et le MoDem ne sont pas morts

Les élections européennes ont à nouveau modifié le paysage politique français en laissant sur le bord du chemin le parti socialiste et le Modem. Les analyses fusent. Erreur de stratégie, prises de bec, querelles stériles, sanction de l’establishment. Certains ont déjà enterré avec fleurs et couronnes le Modem et François Bayrou. Pourtant un regard plus fin montrent que ses perspectives ne sont pas jouées d’avance et que son avenir n’est pas aussi compromis comme certains commentateurs peuvent le dire.

Fort de son très bon résultat aux dernières élections présidentielles, le MoDem vient d’être rappellé aux réalités de la politique. Les analyses fusent. Mea culpa, erreur stratégique, pas assez d’écologie. Soit. L’élection est passée. L’avenir s’ouvre avec un handicap certes, mais un potentiel important.

Le Modem n’est pas le consensus mou

Jusqu’à présent François Bayrou savait ce qui avait fait sa réussite. Un positionnement nouveau sur les nouvelles technologies, un appui sur les questions vertes, une vision équilibrée de la sécurité, une approche humaniste, la référence à des valeurs constructrices pour l’individu et la société, le respect mutuel, un attachement au terroir. Cet ovni politique avait su profitant de l’effet Ségolène Royal séduire un nouvel électorat en apparaissant comme un mouvement alliant tradition et modernité avec un ancrage citoyen du politique. Un mouvement jeune, branché et citoyen avait réussi à émerger. Le succès de son dernier livre a montré notamment que le modem n’était pas le mou. En s’éloignant de son positionnement humaniste et en délaissant le terrain du politique au profit de celui du politicien lors de la fin de la campagne, le "dur" a cassé.
 
Les perspectives d’un avenir politique favorable

L’abandon du cocktail de la réussite au cours des dernières élections a fait revenir le Modem au traditionnel parti centriste, au poussiereux UDF de ses origines. L’abandon de la question verte dans sa campagne, l’oubli des nouvelles technologies, la surpolitisation des élections et le rôle surjoué du leader (qui n’a pas su être) charismatique lui ont été fatals. Pourtant ces questions restent des problématiques fondamentales d’avenir et le potentiel de ces questions est à terme sur un point de vue électoral très rentable.

L’élection présidentielle n’est pas pour demain et il reste encore trois ans. En politique c’est long, surtout en temps de crise. Sur les nouvelles technologies, l’UMP devra dans trois ans porter le poids des lois HADOPI et des nouvelles lois à venir sur le verrouillage de plus en puls important d’Internet et des nouvelles technologies. Ce bilan de l’instrumentalisation par le pouvoir des nouvelles technologies, l’UMP devra le défendre dans trois ans. Sur la question verte, le bilan gouvernemental sera-t-il à la hauteur ? Que restera-t-il alors du grenelle de l’environnement et des grenelles en tous genres ? Comment le gouvernement pourra défendre un bilan à la hauteur de ce qui a été porté ce dimanche dans les urnes pour les listes vertes ? Sur la question du rapport entre le politique et le citoyen la majorité aura du mal pour défendre des europdéputés qui préfèrent rester au gouvernement, un président dont aujourd’hui on ne doit plus prononcer le nom, les ministres qui attaquent en diffamation à tout va les citoyens dans un jeu inégal du pouvoir. 
 
Et puis surtout la crise. Selon les prévisions, la crise semble s’installer plus confortablement qu’on ne l’aurait cru et les perspectives de sortie de crise dès 2010-2011 semble s’estomper. Le pays devrait alors en 2012 être au niveau de l’opinion le plus traumatisé par la crise même si des signes positifs devraient apparaître d’ici là. Le décalage entre la réalité économico-sociale et celle des opinions ayant toujours un temps de retard.

Et puis il y a les retours du président dont on ne doit pas prononcer le nom. Celui-ci tiendra-t-il ses promesses et reviendra-t-il à Argenteuil ? à Gandrange ? se faire un barbecue avec l’acteur des visiteurs ? auprès des marins-pêcheurs et de toutes les autres promesses à venir ?
 
Un vide politique et une volatilité électorale à saisir

Le positionnement de l’offre politique du Modem n’est pas sans avenir face à un parti socialiste touché-(quasiment) coulé, où les appels à la fin du PS se multiplient, les demandes de têtes à tomber se multiplient, l’abandon de son aile gauche. Bref, la continuité du PS décadent comme la droite l’adore. La volatilité de l’électorat de centre-gauche et de gauche est un vrai problème et un atout majeur pour le Modem. Europe écologie en a profité lors de ces dernières élections mais en grande partie sur des effets de personnalité, de prises de bec et de désarroi électoral.Cette volatilité et cette proximité peut constituer pour le Modem un vrai réservoir de voix qu’il va devoir remobiliser. Son électorat potentiel est donc beaucoup plus fort qu’il n’y paraît et sa reconquête n’est pas impossible. Si Europe ecologie a su conquérir son électorat en grande partie grâce au tandem Cohen-Bendit, Eva Joly, qui présentera-t-il aux présidentielles ? Son réservoir de personnalités est limlité et est-il capable de construire idéologiquement un consensus national pour obtenir une majorité ? Cela paraît aujourd’hui difficile au niveau du contexte national. De plus les perspectives de développement d’une fiscalité verte, les projets de directive européenne de taxer les véhicules particuliers polluants à l’horizon 2010-2012 sont autant d’élements qui risquent d’atténuer la popularité du mouvement écologique.
 
Si le Modem a subit un revers, il n’est pas seul et son principal concurrent politique le parti socialiste est lui aussi sévèrement touché. La reconstruction du PS englué dans ses querelles internes dans la perspective de la prochaine présidentielle donnent au Modem une longueur d’avance qui malgré des désaccords sur la stratégie de campagne reste uni sur le point de vue des personnes. La capacité à ressouder son équipe et ses militants semble plus aisé qu’au PS où les divergences de ligne de conduite du parti et d’analyses politiques divergent fortement.
 
Une majorité monolithique : atout ou faiblesse ?
 
Même si la majorité présidentielle arrive en tête, son score reste parmi les plus faibles de la droite européenne. La majorité actuelle ne bénéficie pas de réserves de voix et son espace politique reste limité autour des 25-30% pas plus. Le débauchage de l’extrême-droite lui a permis de faire le plein de voix. La conquête de son aile gauche est bloquée par le Modem en dépit du contre-feu du Nouveau centre dont l’espace politique est extrêmement limité. De plus, l’image monolithique de la majorité comme un bloc uni sans nuances ne donne pas une image engageante de la diversité citoyenne. Le départ significatif des militants depuis la présidentielle, les failles internes qui font grincer les élus locaux de la majorité montrent des signes de fragilité plus forts que l’unité médiatique affichée. De plus, les mesures impopulaires ont été repoussées après les élections européennes. L’augmentation inéluctable de la fiscalité devra être assumée par les élus de la majorité. Le véritable positionnement de la majorité se fera sur les élections régionales de 2010. La majorité actuelle sera-telle capable de briser le mur rose auquel elle est confrontée ? Le Modem aura-t-il l’occasion de réinvestir le terrain des élus locaux pour construire une assise d’élus locaux actifs ?

L’extrême-droite : un nouveau phenix ?
 
La donne de l’extrême-droite n’est pas à négliger. On croyait le Front national enterré par la récupération des questions sécuritaires et d’immigration par la majorité actuelle. Pourtant ses scores ne sont pas si faibles qu’annoncés et à y regarder de près, ses scores sont mêmes (relativement) bons au-delà des viviers traditionnels. De plus, la succession à venir du parti en donnant une note féminine et jeune à un parti pénalisé par une image plutôt poussiéreuse risque de lui donner un souffle nouveau. Si l’extrême-droite investit les thématiques du social et de la fiscalité qui s’annoncent être les points faibles de la majorité sa marge de progression n’est pas à négliger. Les contextes de crise comme l’ont montré les résultats des élections au niveau européen sont des éléments favorables pour les extrêmes politiques. A y regarder de plus près comment Marine Le Pen a construit la dernière campagne présidentielle de son père, les perspectives de séduction de l’électorat ne sont pas à négliger. Récupération des symboles de la construction républicaine, discours adoucis, rupture avec les dérapages verbaux de papa sont autant d’éléments capables de séduire un nouvel électorat victimes de la crise et déçus du sarkozysme. Entre séduction d’utopies politiques et construction de la social-démocratie, le Modem peut idéologiquement jouer un rôle dans l’offre politique alternative.

Trois ans
 
Trois ans, c’est encore long. A l’image des guignols de l’info dont la marionnette de Jacques Chirac ressassait : "putain ! Deux ans ! ", la réalité semble bien différente pour les forces politiques. Rien n’est perdu, rien n’est gagné. Souvenons nous d’un Jacques Chirac interrogé par Arlette Chabot au moment où il était au plus bas dans les sondages pour savoir s’il souhaitait continuer à se présenter montre bien que tous les revers sont possibles.
 
La recomposition du paysage politique français connaît à l’issue de ces élections un nouvel épisode. Les prochaines échéances seront décisives pour baliser de nouveaux projets politiques qui baliseront l’élection présidentielle.
 
Aujourd’hui le Modem et François Bayrou sont dans le creux de la vague. Leur rebond résidera dans la capacité à proposer un projet de social-démocratie et de rassembler les forces politiques qui formeront une offre politique viable aux yeux des citoyens. Il en va de même pour le PS. Lequel des deux sera le plus armé pour construire un projet politique ? Réponse en 2012.
 

Moyenne des avis sur cet article :  3.83/5   (24 votes)




Réagissez à l'article

53 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 juin 2009 09:31

    Bayrou et la manipulation des sondages

    Chacun se souviendra que François Bayrou a annoncé qu’il révélerait les preuves de la manipulation médiatique, causée par les instituts de sondage, dont lui et son parti auraient été les victimes.

    Je lui ai donc écrit afin de lui demander de nous fournir les preuves qu’il détient.

    J’invite chaque lecteur à lui envoyer le même message (ci-dessous).

    QUOTE

    Objet : Manipulation médiatique
     
    De :
    « Jean-Pierre Llabrés » <Jean-Pierre.Llabres@laposte.net>
    À :
    fbayrou@assemblee-nationale.fr, f.bayrou@lesdemocrates.fr
     
    Date : Aujourd’hui 12:07:13

    Cher Monsieur Bayrou,

    Quand allez-vous nous révéler les preuves de la manipulation des sondages que vous nous promettiez avant les élections européennes ?

    Vous abstenir vous décrédibiliserait totalement.
     

    Bien cordialement,
     —
    Jean-Pierre Llabrés
    UNQUOTE

    • saletam 10 juin 2009 17:20

      Réveillez-vous, cela fait 2 jours que François Bayrou a présenté ses excuses au directeur-adjoint de TNS Sofres et admis qu’il s’était trompé en formulant ces accusations. Dont acte.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 juin 2009 20:16

      à saletam (xxx.xxx.xxx.74) 10 juin 17:20

      "Réveillez-vous, cela fait 2 jours que François Bayrou a présenté ses excuses au directeur-adjoint de TNS Sofres et admis qu’il s’était trompé en formulant ces accusations. Dont acte".

      J’ai écrit à Bayrou avant qu’il ne présente ses excuses aux instituts de sondage ou/et qu’il daigne me répondre.

      Par ailleurs, croyez-vous que les excuses de Bayrou l’absolvent de tout vis-à-vis des instituts de sondage et de l’opinion publique ?

      Le « pudique silence » de Bayrou sur »ses" preuves implique une conclusion encore plus négative à son sujet.

      Mais il est encore trop tôt pour conclure. Laissons lui le temps de répondre ou de ne pas daigner le faire.


    • buildfreedom 11 juin 2009 14:25

      Il semble que vous n’ayez pas entendu, comme beaucoup et les médias simplificateurs, que Bayrou avait promis des révélations si les résultats lui donnaient raison contre les sondeurs. Force est de constater qu’ils lui ont donné tort.

      Il n’y a donc rien à révéler.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 12 juin 2009 08:17

      à buildfreedom

      "Il semble que vous n’ayez pas entendu, comme beaucoup et les médias simplificateurs, que Bayrou avait promis des révélations si les résultats lui donnaient raison contre les sondeurs. Force est de constater qu’ils lui ont donné tort.
      Il n’y a donc rien à révéler".

      BIS REPETITA PLACENT :

      à Yann 35

      « Il avait bien précisé « si le résultat de dimanche est autre que celui annoncé » »

      Dans le cadre de son accusation contre les sondeurs, en vue de sa victimisation pré-électorale, il lui fallait bien prendre cette précaution oratoire afin, post-électoralement, de n’avoir pas à rendre des comptes sur son accusation.

      Cela ne doit pas nous empêcher de les lui demander ! ! !


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 26 juin 2009 08:45
      Bayrou : décrédibilisé, lâche et menteur ! ! !

      Retour sur la manipulation médiatique tentée par Bayrou

       
      De :
      « Jean-Pierre Llabrés » <Jean-Pierre.Llabres@laposte.net>
      À :
      fbayrou@assemblee-nationale.fr, f.bayrou@lesdemocrates.fr
      Date : 16 juin 2009, 11:24
       
      I) Premier courriel du mardi 9 juin 2009, 12h07.

      Cher Monsieur Bayrou,

      Quand allez-vous nous révéler les preuves de la manipulation des sondages
      que vous nous promettiez avant les élections européennes ?

      Vous abstenir vous décrédibiliserait totalement.

      Bien cordialement,

      — 
      Jean-Pierre Llabrés
       ===============
       Il faut penser en héros pour, simplement, se comporter en être humain digne de ce nom.
       May Sarton.
       ===============
       
      II ) Deuxième courriel du mardi 16 juin 2009, 11h24

      Cher Monsieur Bayrou,

      Vous n’avez pas daigné répondre à mon courriel ci-dessus. J’en tire une première conclusion : votre silence est la preuve d’une insigne lâcheté.

      Quant à la seconde conclusion, elle implique un retour en arrière.

      Le 5 juin, Richard Robert écrivait, sur « slate.fr » :
       le "4 juin, intervenant sur France Inter à trois jours des élections européennes, François Bayrou fustigeait les sondages qui signalent en cette fin de campagne un repli du Mouvement démocrate. « Il y a une manipulation de la vie politique par les sondages », expliquait-il, réagissant à une enquête selon laquelle la liste Europe Écologie menée par Daniel Cohn-Bendit ravirait la troisième place au MoDem. Si le scrutin montre « que cette affaire était une vaste entreprise pour essayer de créer un courant, ou en tout cas des mouvements d’opinion qui n’existent pas en réalité (...) je dirai tout ce que je sais des sondages et des manipulations. Et je dirai qui et je dirai comment », a-t-il ajouté. « S’il y a au pouvoir, ou proche du pouvoir, des gens qui sont les grands organisateurs de tout cela, alors il va falloir que l’on regarde de près et que la démocratie se défende. »

      On notera votre précaution oratoire :
       "Si le scrutin montre « que cette affaire était une vaste entreprise pour essayer de créer un courant, ou en tout cas des mouvements d’opinion qui n’existent pas en réalité (...) je dirai tout ce que je sais des sondages et des manipulations. Et je dirai qui et je dirai comment ».

      Dans le cadre de votre accusation contre les sondeurs, en vue de votre victimisation pré-électorale, il vous fallait bien prendre cette précaution oratoire afin, post-électoralement, de n’avoir pas à rendre de comptes sur votre accusation.

      Le scrutin du 7 juin a bien confirmé la tendance des sondages et vous êtes piteusement resté silencieux. Pas tout à fait silencieux, cependant, car, selon « Rue 89 », "François Bayrou a été jusqu’à appeler Brice Teinturier, directeur adjoint de la TNS Sofres, pour reconnaître que ses soupçons contre les sondages étaient « infondés ».

      Beaucoup pensent que vos excuses à Brice Teinturier closent cette affaire.
      Je ne partage absolument pas ce point de vue.

      En effet, le 4 juin, vous affirmiez disposer de preuves relatives aux sondages et aux manipulations.
      Le scrutin n’a aucunement détruit ces preuves.
      Ces preuves, vous les déteniez encore le lendemain du scrutin et rien ne vous interdisait de les révéler.

      Vous vous êtes refusé à cette révélation. Non parce qu’elle aurait été inopportune mais parce que, tout simplement, vos prétendues preuves du 4 juin n’ont jamais existé !

      Ma seconde conclusion est donc que vous êtes un fieffé menteur ! ! !

      Bien cordialement,

      — 
      Jean-Pierre Llabrés
       ===============
       Il faut penser en héros pour, simplement, se comporter en être humain digne de ce nom.
       May Sarton.
       ===============
      III) mardi 23 juin 2009, 11h00
       
      En vertu du principe selon lequel « qui ne dit mot consent », l’obstiné silence de Bayrou légitime la publication de mes courriels.

    • « Pourquoi Bayrou et le MoDem ne sont pas morts »

      Heu, j’ai une idée : « parce qu’on ne les a pas tués ! »

      Mais il va falloir faire très attention. Et pour commencer, avant de parler de rassemblement qui suppose le pluralisme et la diversité, il faut commencer par laisser s’exprimer au sein du MoDem ses diverses composantes, à savoir :

      - la composante écolo (qui sans cela ira voir chez les Verts ou Cap 21 fera bande à part)
      - la composante citoyenne (militants du web, amateurs de nouvelles technologies, sinon ils quitteront le navire)
      - la composante politique (traditionnels et nouvelles élites)

      Du coup, la création d’une fonction de porte-parole s’impose. Un porte-parole distinct de son chef. De même un reponsable de com + Internet distinct du chef de campagne (De Sarnez).


      • Dans un premier temps, le MoDem va survivre. Dans un second temps, il va revivre. Si toutefois, il aura sur se remettre en ordre de marche par quelques modifications simples et salutaires en prise avec l’évolution des choses (l’impératif écologiste en fait partie).


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 juin 2009 23:34

        Pourquoi ne pas diviser cette question ? Je crois que le Modem sera le coeur d’un centre élargi qui deviendra un parti de gouvernance, mais je ne crois pas que Bayrou sera ni ne devrait etre son candidat aux présidentielles de 2012



      • linus20024 linus20024 10 juin 2009 10:15

        François Bayrou n’est en effet pas mort politiquement. Mais le résultat du Modem aux européennes (8,5%) doit absolument l’inciter à redéfinir sa feuille de route.

        Bayrou a fait plusieurs erreurs stratégiques.

        Il n’a pris que trop tardivement position lors de l’examen du projet de loi Hadopi alors qu’internet avait été une fabuleuse caisse de résonance lors de la campagne des présidentielles de 2007.
        Par ailleurs, c’est bien Daniel Cohn Bendit qui a bataillé comme un beau diable au Parlement Européen pour maintenir l’amendement Bono (anti Hadopi).

        Concernant le débat Bayrou/Cohn Bendit à l’émission « A vous de juger », le leader du Modem savait où il mettait les pieds. Il était bien conscient qu’en tant que rival potentiel du chef de l’état et source de problème pour les leaders socialistes, une pression énorme serait exercée sur lui.
        Il lui revenait donc de faire preuve d’une matrise totale et de garder son sang froid. Hélàs, son dérapage sur les excès de Mai 68 lui a donné une image d’homme faillible aux yeux de l’opinion. Et permis le déchaînement du microscosme médiatique.

        Enfin, à force de vouloir faire de l’antisarkozysme son thème de campagne, Bayrou a fini par adopter un des travers du chef de l’état à savoir trop centrer sa campagne sur sa personne et passer à côté de l’essentiel, à savoir les enjeux européens.

        Un échec donc mais qui bien analysé, peut permettre au leader du Modem de revenir sur le droit chemin.

        Affaire à suivre donc...


        • L’effet HADOPI est exagéré sur Agoravox et sur la toile en général. Il n’a pas grand influence sur l’ensemble de l’électorat. La preuve, cela n’a pas nui à l’UMP. Le coup de la bande à Bono et le « Home » cinéma ont créé une sorte de happening géant qui a fait une vague en faveur des Verts, vague toute relative compte tenu du taux important d’abstention et surtout vague éphémère. Ce happennig géant a nui aux partis traditionnels, c’est un vote apolitique comme l’a justement dit Marielle de Sarnez. La suite ? Les Verts sont s’essouffler, se désolidariser, et les partis vont revenir au premier plan et donc le MoDem aussi.


        • linus20024 linus20024 10 juin 2009 11:41

          @ Paul Cosquer,

          Il est difficile de dire si la diffusion du film « Home » de Yann Arthus Bertrand a eu un lien réel de cause à effet direct sur la percée d’Europe Ecologie. En revanche, sa date de projection est effectivement suspecte et je partage votre sentiment quand à une réelle intention d’influencer le choix des électeurs à quelques jours du scrutin.

          Au delà du cas « Home », il est avéré que Daniel Cohn Bendit a mené une campagne extrêmement dure à l’égard du leader du Modem et a curieusement épargné Nicolas Sarkozy alors qu’il y avait matière à contester son bilan européen et la façon dont il privatisait la campagne.
          Même si je trouve le dérapage de François Bayrou, jeudi dernier, difficilement acceptable, je comprends aisément qu’il ait pu être exaspéré au point de craquer.

          De lâ même manière, le fait que les médias aient repris l’altercation Cohn Bendit/Bayrou avant la diffusion de l’émission et en aient fait des tonnes en ne retenant qu’un « pétage de plomb supposé » au détriment du reste a ouvertement desservi les intérêts de la campagne européenne en général et du Modem en particulier.

          Par ailleurs, et comme vous avez pu le constater vous même lors de certains échanges houleux que vous avez eus avec l’auteur de l’article « Baryou est cuit/la mort politique de Bayrou », la déferlante d’articles hostiles au Modem et de commentaires violents de certains internautes (au hasard, pendragon, Bluelight, et j’en oublie certainement) est tout sauf anodine.
          Encore une fois, il y a une différence entre critiquer Bayrou ( ce qui est tout à fait normal vu qu’il a commis quand même un certain nombre d’erreurs) et le descendre en flammes à coups d’arguments fallacieux.

          Il sera intéressant de voir si Bayrou va réussir à redresser la barre et a tiré tous les enseignements de son échec pour se repositionner intelligemment face à Sarkozy. Je pense franchement qu’il en est capable. A suivre donc. 


        • Il y a une salve d’articles anti-Bayrou actuellement sur Agoravox et pas du premier choix pour ce qui est de la tenue. Donc, je peux déjà deviner les ttires des prochains :

          « Bayrou, le plus nul d’entre tous ! »,
          « Bayrou, vraiment quel gros con ! »,
          « ’Bayrou le looser du MoDem »,
          « Bayrou vu par Cohn Bendit, le héros »
          « Le vrai Bayrou par J. Kahn »
          etc.

          Je note que tous mes articles traitant du MoDem sont bloqués ad vitam aeternam en modération.

          Bref, je suis à deux doigts de supprimer mon compte sur Agoravox.


        • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 juin 2009 12:18

          à Paul Cosquer (ex « Taverne des poètes »)

          « Je note que tous mes articles traitant du MoDem sont bloqués ad vitam aeternam en modération ».

          J-P LL : Personnellement, en modération, j’ai approuvé la publication de votre article « B... les Maudits ». De plus, j’ai écrit ceci à AgoraVox :
          http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=57300
          De :
          « Jean-Pierre Llabrés » <Jean-Pierre.Llabres@laposte.net>
           À :
          « redacteurs at agoravox.fr » <redacteurs@agoravox.fr>
           Date : Hier mardi 9 juin, 16:49:12
          Madame, Monsieur,
           Pourquoi retenez-vous l’article de Paul Cosquer en modération alors qu’il revêt une réelle urgence ?
           Merci de le mettre en ligne dans les plus brefs délais.
           Bien cordialement
           Jean-Pierre Llabrés

          « Bref, je suis à deux doigts de supprimer mon compte sur Agoravox ».

          Pourtant, n’est-ce pas vous qui représentiez AgoraVox pour J’ai été interviewé par Hervé Claude ?...


        • Merci Jean-Pierre de votre soutien. Mais j’ai la conviction qu’Agoravox veut détruire Bayrou. On le voit à l’accumulation d’articles qui sont des attauqes personnelles souvent sans fond sérieux.

          Oui j’ai représenté Agoravox au débat sur le journalisme citoyen à Quimperlé. On m’a sollicité à nouveau pour un autre débat mais QU’ILS AILLENT SE FAIRE FOUTRE !


        • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 10 juin 2009 12:34

          à Paul Cosquer (ex « Taverne des poètes »)

          Ne me remerciez pas.
          Comme vous pouvez le constater, je ne soutiens absolument pas Bayrou. Cependant, je l’attaque sur un autre front que la majorité.


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 juin 2009 23:44

          @ C : je vais passer à la modération et faire ma modeste part pour vos articles. je n’ai jamais cru, cependant que ce processus soit impartial et encore moins transparent. 


          Quant à votre réaction face a AGV, souvenez vous que les absents ont toujours tort. Je critique AGV sans aucune retenue, mais je vois la relation auteur - éditeur sans états d’âme. Je leur offre des articles parce que ça m"arrange qu’Ils les publient et je suis sûr qu’ils les publient parce que ça les arrange. 

          Pierre JC Allard 

        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 10 juin 2009 23:57

          @ PC : 


           C’est fait. Espérons que ca aidera. J’esèpre que vous atteindrez rapidement au Modem une influence à la mesure des efforts que vous y consacrez

          PJCA

        • airlane 11 juin 2009 10:31

          Bonjour,

          S’il n’y avait que sur AV ! Faites donc un tour sur Mediapart, c’est devenu une vraie foire d’empoigne à tel point que je suis en train de me demander si je ne vais pas résilier mon compte. Quant au Figaro n’en parlons pas, tous les messages favorables à Bayrou ne passent pas tout simplement (à croire qu’il doit falloir envoyer une copie de sa carte UMP).

          Sans doute que l’altercation entre FB et DCB a eu des conséquences sur les électeurs encore indécis (voir l’émission sur RTL « On refait le monde » de jeudi à 19 h.15 soit avant la diffusion, où les journalistes participants se sont fait une joie de commenter et donc de donner envie à certains de regarder France 2) mais la diffusion du film Home par son effet subliminal a achevé de décider les indécis à porter leurs voix sur EE au détriment du PS et du MD.

          Sarkozy a quand même eu le triomphe modeste car il n’y a pas de quoi être fier d’une abstention de 60 % et de 28 % de 40 % ce qui ne fait que 11 % des suffrages exprimés.

          Il faut tout de même accorder à Bayrou qu’il a eu du courage depuis le début de la campagne pour supporter successivement des qualificatifs comme imposteur, lepenlight, (j’en passe et des meilleurs) le dernier en date de DCB étant « Bayrou a été touché par la Vierge » alors je pense que l’attaque n’est pas venue d’où on veut bien nous le faire croire.

          Je lis les articles et les commentaires et je préfère garder mes réflexions pour moi car certains ne méritent même pas qu’on leur réponde (comme aurait dû le faire Bayrou à DCB).


        • resistance 11 juin 2009 23:45

          « Dérapage (de jeudi dernier) difficilement acceptable » écrivez-vous. Pour moi, ça se discute... Si DCB se permettait de « la ramener », d’émettre des jugements à l’emporte-pièce, de condamner... Peut-être fallait-il que quelqu’un ose dégonfler la baudruche et le remettre face à sa propre histoire. Celle-ci aurait nécessité au moins une certaine modestie dans l’attitude. On doit pouvoir défendre une thèse et se défendre soi-même sans insulter. FB n’a pas insulté, il a mis le projecteur sur certains faits (occultés par les médias, pourquoi ?).

          Il est clair qu’à court terme, ce clash a beaucoup nui au Modem. Mais qu’en sera-t-il à l’avenir, si les électeurs se mettent à douter de la solidité de leurs élus écologistes ? Ne soyons pas présomptueux ; l’avenir le dira...


        • laelia laelia 10 juin 2009 10:43

          Une vie, une idée, c’est valable quand c’est éprouvé.

          Ce serait facile de rester dans sa tranchée sans s’exposer. François Bayrou est le contraire de cela, autrement il serait pénard avec nos anciens copains qui sont au Nouveau Centre ! Bien au chaud sous la couette de la Majorité.

          Le Mouvement Démocrate est sur le terrain plus que jamais.
          De toutes nos forces.


          • Manuel de Survie Manuel de Survie 10 juin 2009 10:55

            Drôle d’analyse. C’est avec ce même bric à brac spéculatif que l’on a conçu le marketing du produit Bayrou. On dirait du Sanez. Comme s’il suffisait de changer le dosage des ingrédients dans la communication pour récupérer sa part de marché. C’est d’ailleurs Marielle de Sarnez qui a lancé dès l’annonce des résultats cette considération profonde : « Cohn Bendit ne sera pas candidat aux présidentielles ».

            Le score de Bayrou aux dernières présidentielles résultait principalement de la conversion de certains comportements habituellement abstentionnistes, de la conquête de l’électorat des Verts, mais aussi, en troisième lieu, de l’existence de l’UDF, avec ses parlementaires, ses anciens ministres, etc.

            Pour passer de la troisième à la deuxième place, on comptait sur « l’éclatement du PS ».

            De ses trois conditions favorables, il ne restait plus grand chose, déjà, dès les législatives. Aux européennes, elles se sont même toutes inversées : abstention massive, surgissement de la liste menée par Cohn Bendit, et désertion des restes de l’UDF.

            Alors, bien sûr, on peut toujours spéculer sur la « volatilité » du marché. Imaginer les conditions les plus favorables à un retournement de tendance. Un retour massif des abstentionnistes, accompagné d’un maintien de Corinne Lepage au MoDem, et de scores de gauche divisés en petits tas inférieurs à 15% peuvent mettre Bayrou à la deuxième place, c’est vrai. Mais trop loin du premier pour avoir la moindre chance de le dépasser au second tour.

            Il reste cependant souhaitable, pour éviter de livrer notre pays aux hasards des circonstances, que le sénateur Mercier, trésorier du MoDem, entre dans le prochain gouvernement, et que Cap 21 se sépare du MoDem.


            • bluelight 11 juin 2009 10:09

              Excellent .

              La bulle Bayrou a explosé .

              DCB a peut être été excellent, le film de Yann Arthus Bertrand a peut être été diffusé, mais il y a une réalité expliquant le vote écologiste :une espèce, l’humanité, en quelques siècles détruit la nature à la surface de la Terre résultant de milliards d’années d’évolution : sixième extinction des espèces, épuisement des ressources, ravages causés aux espaces naturels

              une réalité qui hélas ne disparaîtra pas sans l’émergence d’une véritable civilisation

              Bayrou c’est du vent et à la différence des trois très médiocres présidents élus depuis 1981 Bayrou n’a pas de parti assez fort pour compenser

              Bayrou ne sera jamais président

              place aux jeunes







            • bluelight 11 juin 2009 10:10

              Bayrou est le Chevènement de 2007


            • Manuel de Survie Manuel de Survie 11 juin 2009 14:57


              Nous sommes nombreux à avoir fait notre choix bien avant l’embourbement télévisuel de Bayrou ou la diffusion du film de Yann Arthus Bertrand. Selon le dernier sondage TNS Sofres fait avant ces événements, paru le 5 juin, les intentions de votes en faveur de la liste menée par Cohn Bendit se situaient à 15,5%, et le MoDem à 12,5%. Europe Ecologie n’a donc gagné que 0,78% de voix dans les derniers jours. Mais surtout : ce que le MoDem a perdu (non pas « 6% », comme Bayrou le prétend, mais 4%), dans les derniers jours, il ne l’a pas perdu au profit de la liste Europe Ecologie. 

              Les interprétations paranoïdes de Bayrou sont dépourvues de fondement. Il ne peut s’en prendre qu’à lui-même. Bayrou, pour se rapprocher de son score aux présidentielles, devait tenir compte de la forte proportion de voix qui lui sont venues de ceux qui avaient voté non au référendum de 2005, et qui ont été séduit, en 2007, par son discours contre les élites et pour la démocratisation de la politique. D’où l’ambivalence et la mollesse de ses propositions européennes. La dénonciation du « plan » sarkoziste, l’incarnation de premier opposant (non homologuée), et le refuge dans la défense des « valeurs » lui ont semblé être les seuls moyens de « faire le plein ». Il a grandement sous-estimé la frustration d’une autre part de ce plein : l’électorat des Verts ( Dominique Voynet à obtenu moins de 2% des voix aux présidentielles).

              Ce marketing personnaliste, appliqué à la concurrence écologique, se fourni quasiment aucune prise, aucun argument. D’où les accusations minables de Bayrou au sujets des visites de Cohn Bendit à l’Elysée. La droite et la gauche complotent ensemble contre lui ? Il se trouve que Bayrou a ridiculement rendez-vous avec Sarkozy aujourd’hui, à 17 h. Pour quel complot ?

              On peut, à condition d’adopter la voie du populisme intégral, parvenir au second tour des présidentielles sans le soutien d’un grand parti. Le Pen en a donné une démonstration mémorable en 2002. C’est pourquoi il convient d’être vigilant à l’égard de Bayrou. A chaque échec du MoDem, la tentation populiste risque de prendre définitivement le dessus.

              Le populisme intégral ne connaît ni droite, ni gauche, ni centre. Il est fait d’une relation directe entre un meneur et ceux qui lui font confiance ou ont foi en lui. Au second tour, en 2002, tout le monde a compris l’enjeu. Mais Bayrou, avec son extrême centre tout neuf, n’est pas Le Pen, héritier de toute l’histoire de l’extrême droite. Dans l’hypothèse peu probable d’un Bayrou recyclé, resublimé et recharismatique parvenu au second tour en 2012, le choix serait moins facile, pour beaucoup de gens.

              C’est pourquoi, à titre préventif, il faut, comme au football, continuer le marquage de Bayrou. Quitte à fournir un semblant de nourriture à son sentiment de persécution.


            • buildfreedom 11 juin 2009 15:57

              Tiens, un revenant.

              On ne vous avait plus lu depuis les municipales où vous nous aviez savamment expliqué que le MoDem n’avait fait que 3,5% des voix.

              8,5% ce dimanche : comment expliquez-vous ce spectaculaire redressement ?

              Amicalement.


            • resistance 11 juin 2009 23:58

              Une chose que vous semblez ne pas réaliser, c’est que la plupart des adhérents du Modem ont adhéré à ce parti en 2007, et cela pas grâce aux anciens UDF, mais parce que les discours de Bayrou les ont emballés, qu’ils les ont sentis justes... Cette considération vous déplaît peut-être, mais elle me semble de l’ordre d’un fait.

              Que certaines choses aient été mal expliquées durant la dernière campagne, je le crois. Mais quel parti a fait une campagne parfaite ?


            • Manuel de Survie Manuel de Survie 12 juin 2009 00:03

              Alors, mon cher Buildfreedom, le slogan, c’est toujours « ou bien la démocratie interne, ou bien l’efficacité » ?

              Lorsque, aux municipales, pour être sûr d’obtenir le remboursement des frais de campagne, on ne propose des listes indépendantes qu’à 15% de l’électorat, on renonce à rivaliser avec les scores nationaux des partis qui s’efforcent d’être présents partout. C’est ce qu’on appelle une capitulation sans combat. En très rase campagne.

              Des détails ? Consultez donc mes archives, elles sont faites pour ça : « Mesurons-nous autrement », « Nos 3,22% ».

              En « optimisant » sa présence électorale, on se prive aussi de pouvoir mesurer ses progrès, au niveau national, d’une élection à l’autre. Que cela ne vous empêche pas de faire des comparaisons partout où c’est possible, mon cher Buildfreedom, notamment dans les 268 villes de plus de 10 000 habitants où des listes du MoDem ont été présentées lors des municipales de mars 2008. A mon avis, vous devriez constater une érosion moyenne d’environ 1%.

              Cette stabilité quantitative dissimule peut-être une importante recomposition interne de l’électorat. Moins d’éleveurs de chèvres. Plus de petits commerçants. En tout cas, moins d’éleveurs de chèvres pédophiles, et plus de petits commerçants paranoïaques.

              Mais ce n’est pas le score, le problème. C’est le rang. Il va désormais falloir lutter contre le tripartisme. Ça se complique.

              Amicalement.


            • Concernant le fonctionnement interne du Mouvement Démocrate, François Bayrou a annoncé qu’une réunion de tous les mouvements départementaux aurait lieu « avant le 20 ou 22 juin », que seraient organisés « des états-généraux dans les régions », et qu’un conseil national se réunirait « le 4 juillet ».

              « Nous avons décidé que je proposerai une nouvelle composition de notre comité exécutif » pour essayer de « le diversifier », a-t-il ajouté, et d’avoir « une méthode de travail en commun qui va nous faire davantage réfléchir ensemble que pendant la campagne ».

              « J’ai le sentiment d’avoir été entendue et que les choses vont dans la bonne direction », a déclaré Corinne Lepage, députée européenne et vice-présidente du Mouvement Démocrate, en quittant la réunion.

              http://www.mouvementdemocrate.fr/actualites/europe/bayrou-europe-alliance-anti-barroso-090609.html


              • moebius 10 juin 2009 21:40

                 c’est un peu artisanal, non ! comme organisation. Moi ça me semble ça, « artisanale » cette organisation... trés amateur, bricolo. A propos de vis et de boulons, comment va la fille du quincailler de la rue qui monte à l’église ? Mais trés sérieusement j’ai peine a croire qu’un tel artisanat local ait pu prétendre soutenir une telle ambition. Les bras m’en tombent, chef !


              • solo 10 juin 2009 13:43

                Tout le monde reproche à M. Bayrou son antisarkozyme - qui n’est pas primaire, il suffit de lire son bouquin -, ce qui absolument pas mon cas.

                Sans doute cela a été une erreur de campagne, je suis incapable de juger sur ce point. Mais il y a une chose dont je suis sûr. C’est qu’il a fait le pari que les électeurs sont des personnes responsables et conscientes que l’Europe n’est réellement gouvernée que par les états membres (les plus gros surtout).

                Le parlement européen est malheureusement impuissant. Il n’y a qu’à constater la portée de l’amendement Bono, pourtant deux fois voté, qui a eu AUCUNE incidence sur l’adoption de la loi HADOPI. Par contre le lobbying de Sarkozy au niveau de la commission a été efficace.

                Jusqu’à preuve du contraire, mon opinion est que M. Bayrou est dans le vrai quand il affirme que l’on ne peut séparer le niveau national et européen, même dans ce genre d’élections.

                Ce que l’on peut lui repocher est d’avoir cru au réalisme et à la clairvoyance des électeurs et cela est sans doute sa grande faute politique.

                Quant à la polémique avec Cohn-Bendit, elle reste à mon avis ridicule. Le fait divers qui suit en lien me touche bien plus :

                A 77 ans, il conteste un PV... et se retrouve menotté


                Qui pourra nous défendre dans l’avenir ? Cohn-Bendit ? Franchement, je ne le crois pas.

                • Stéphane Bouleaux 10 juin 2009 14:18

                  Le Modem n’est pas le consensus mou’

                  Justement SI !

                  Votre raisonnement est faussé dès le debut.

                  Modem et bayrou c’est ni la gauche, ni la droite. C’est le refus de choisir, la volonté de rester au milieu, de ne rien changer, sans faire de vagues.


                  • moebius 10 juin 2009 21:54

                     C’est pas que le consensus est mou c’est que la sociale démocratie est partout con sensuelle en Europe et que donc en conséquence on a essayé là dans ce qui doit absolument passer pour un duel qui nous engage au plus profond de notre survie en tant qu’espéce menacé de cliver malgré tout en jouant sur des critères qui sont pas vraiment fondamentaux mais qui voulaient se faire passer comme tels comme par exemple ; il faut être humble et pas faire étalage de sa roleix parce que c’est pas bien et qui pouvaient éventuellement se terminer par des acouintrances supposées et toute sorte d’ ignominies qui au final n’ont trompé personne


                  • Jean-paul 10 juin 2009 14:30

                    Bayrou a son conseiller personnel : Paul Cosquer


                    • barkhane 10 juin 2009 15:09

                      Mon article ne tend pas à dire que Bayrou sera le nouveau président de la République ou même qu’il sera au second tour. Il cherche à poser quelques éléments d’analyse pour nuancer un peu les enterrements politiques de lendemain d’élections. Effectivement, il y a beaucoup de facteurs qui peuvent influencer l’avenir du politique en France. Sur l’abstention massive, elle a toujours été le point faible des élections européennes, l’absence de véritable campagne y est aussi pour beaucoup. Nul doute que sur une élection nationale en contexte social difficile l’électorat sera au rendez-vous. Peut-être pas là où les analystes l’attendent.
                      Quant au cocktail du marketing politique, il est la règle du monde politique. Hors mis des contextes particuliers, la conquête du pouvoir s’est toujours fait par la fabrication de produits politiques et des OPA idéologiques. Mitterrand et l’aile gauche, Chirac et le centre gauche, Sarkozy et l’aile droite et l’électorat populaire. L’accès au pouvoir politique nécessite de construire un « produit » convaincant. On peut le regretter mais c’est hélas la vie du politique. L’autre alternative est de jouer sur les rapports de force électoraux en l’absence de « produit » clair. C’est ce qu’a fait Chirac en 2002 ou George Bush fils en pleine guerre D’Irak.


                      • barkhane 10 juin 2009 15:20

                        Si l’on se place dans une logique de bipartisme je suis effectivement d’accord. Il y a la droite, il y a la gauche et le mou du milieu. Si l’on considère que l’offre politique est diverse et est principalement constitué sur l’agrégat d’un électorat autour d’un mouvement politique alors non.
                        Le cas d’Europe écologie est sur ce point très intéressant. Il n’est ni de gauche, ni de droite (on a vu le report de l’électorat de droite sur ses listes) il offre une alternative politique. La construction d’un espace social-démocrate constitue un projet politique qui n’exsite pas aujourd’hui en France. Le changement politique ca n’est pas que la Révolution. Nombre de réformes de la majorité ont été passées sous silence dans un mou médiatique total sans faire aucune vagues.


                        • Mifi 10 juin 2009 16:45

                          C’est long tout ça ! Je pensais qu’avec le score de 18% au présidentielles, le MODEM allait voir une montée en flèche de nouveaux députés au parlement, que nenni, que dalle, nada, et ça continue. Une question me traverse l’esprit ? Que sont devenus les électeurs du MODEM des présidentielles ? Une autre m’horrifie : Les français qui acclamaient Pétain lors de son discours à Notre Dame dans les années 40, ne sont -ils pas les mêmes qui encensaient De Gaulle lors de sa descente des Champs Elysée en août 44 ?
                          Ou encore Marine LE PEN ne sera-telle pas présente au second tour des élections présidentielles de 2012 ? Les jeux sont ouverts.
                          Vive la République, vive la France et les joueurs d’accordéons !


                          • Gazi BORAT 10 juin 2009 17:29

                            Le MODEM pas mort ?

                            La structure devrait survivre..

                            Et Bayrou ?

                            Rien n’est moins sur...

                            Il s’était construit ces dernières années une image de probité, de refus des « connivences » qu’il avait complété ces derniers temps par une touche par une sorte de moralisme intransigeant dont l’attaque contre Cohn Bendit, mûrement planifiée sans doute et qui devait rallier une partie de l’électorat de droite, plutôt âgée comme l’ont confirmé les sondages relatifs à l’âge moyen des électeurs participants...

                            Mauvais calcul..

                            D’autant plus que le retors Dany, en « balançant » froidement le nom de ses informateurs au sein du MODEM tout en tendant sa main aux membres de ce mouvement, a décrédibilisé François Bayrou comme meneur de sa troupe..

                            Quant au moralisme intransigeant et au refus des connivences, la révélation d’un François Bayrou participant aux agapes de l’anniversaire de « Dany Le Rouge » en compagnie de Kouchner, tout ce petit monde entonnant « l’Internationale » fait éclater la duperie de ce celui qui se présentait encore il y a peu comme un chevalier blanc solitaire..

                            Les sensibilités de droite y verront une reprise du refrain « copains et coquins », les sensibilités de gauche s’offusqueront d’entendre ces bons bourgeois bien installés profaner un chant symbole des luttes ouvrières...

                            gAZi bORat


                            • moebius 10 juin 2009 21:20

                              le structure du modem c’est Bayrou et la structure du modem a la forme d’un croix


                            • bluelight 11 juin 2009 09:55

                              commentaire initial très pertinent

                              Bayrou en 2007 a réussi à attirer des voix de la droite de la droite, de la gauche de la gauche et des républicains qui ne voulaient pas d’un ’néo conservateur à passeport français’ selon l’expression d’un ’traître’ ayant quitté le PS pour l’UMP, des écologistes de Cap 21 et écologistes indépendants, des libéraux politiques et économiques (Alternative Libérale), des centristes du centre gauche au centre droit, des républicains de droite et de gauche pour qui PS et RPR-UMP ayant cogéré depuis 1981 ont perdu tout crédit, des ’lili’, des indépendants

                              depuis Bayrou s’est aliéné toutes ces sensibilités

                              les libéraux ne supportent pas que Bayrou démagogiquement défende par posture ce qui serait un ’modèle’ français, lequel a la jeunesse la plus déprimée du monde

                              les républicains de gauche ne peuvent pas croire aux indignations anti UMP de Bayrou, Bayrou n’ayant pas tout fait en 2007 pour aider à réduire le score électoral de l’UMP, voire à faire battre l’UMP

                              les écologistes ont compris que Bayrou, adhérent à la FNSEA, ne s’intéressait pas à la première crise, la crise écologique, l’extinction des espèeces, l’épuisement des ressources, les ravages aux espaces naturels, causés en quelques siècles par une seule espèce

                              Corinne Lepage a perdu de son crédit, qu’elle quitte le parti de Bayrou

                              les centristes constatent que le gauchisme de posture de Bayrou, anti atlantiste par exemple, est contre les valeurs du centre

                              enfin, sociologiquement, les ’lili’, les libéraux libertaires qui nombreux ont voté Bayrou en 2007 et qui n’avaient pas compris l’imposture de Bayrou dès le second tour de l’élection présidentielle ont pu constater dans l’altercation médiatique entre Bayrou et DCB que Bayrou a provoquée avec une invective sur ce qui serait une collusion DCB UMP, ce qui peut être résumé par la formule très à propos utilisée par Noël Mamère : Bayrou fait du ’lepénisme en bas de soie’, de la même manière que Talleyrand a été associé à tous les régimes Bayrou a navigué entre rénovation de la droite où il côtoyait des anciens de l’extrême droite et postures gauchistes qui l’ont fait signer des pétitions aux côtés de Besancenot, la seule logique étant l’acharnement d’une ambition personnelle et non l’humanisme professé

                              c’est quand même excellent de voir comme un Jean François Kahn a perdu toute raison en suivant l’aventure personnelle du couple gourou Bayrou -Marielle de sornettes Sarnez et déjà tourne sa veste

                              Jean François Kahn qui s’indigne de l’image donnée de la politique par les politiciens, quelle image donne t-il aux électeurs qui ont voté pour lui, de quitter sa place au parlement européen ?



Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès