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Pourquoi la gauche a perdu

Une fois de plus la gauche a perdu. Pourquoi ? Parce que la gauche française est trop divisée, parce que le Parti socialiste n’a toujours pas su faire - et surtout annoncer - sa mutation en parti social-démocrate et parce que sa candidate n’a pu faire une bonne campagne parce qu’entachée d’un vice initial.

-1- Une gauche française divisée

 

Le Parti socialiste, qui avait pourtant il y a quelques années flirté avec les 30%, est une fois encore battu.

« Son allié naturel, le PC, qui n’a pu se transformer en parti de gouvernement, bien qu’il ait donné à la France d’excellents ministres, n’existe plus que par ses municipalités... Encore ne gardera-t-il celles-ci que si le PS renonce à le combattre au 1er tour.

Son allié le plus récent, dans l’ex « gauche plurielle », les Verts, est un parti qui n’a aucune culture de gouvernement et se complait à tirer sur ses leaders dès qu’ils prennent une stature d’homme d’Etat. Quoi qu’ils disent, Dominique Voynet a été une assez bonne ministre, mais beaucoup de Verts lui reprochent de ne pas avoir appliqué tel quel leur programme... en oubliant qu’ils faisaient partie d’une coalition, ce qui requiert évidemment de faire des compromis...

Le parti radical de gauche (comme si un parti radical pouvait ne pas être de gauche...) ne sert à rien, sauf à faire perdre des voix au PS et à empêcher sa mutation sociale-démocrate. Je m’explique : il rassemble trop peu de voix pour peser réellement dans les grandes décisions politiques ; et quant à la présidentielle, soit il présente un candidat et contribue à la défaite de la gauche (comme en 2002), soit il est obligé comme en 2007 de ne présenter personne ; si ses membres rentraient dans le PS, sans renier leurs idées, ils renforceraient l’aile sociale-démocrate du PS, permettraient sa mutation, prendraient place dans sa majorité interne et, donc, auraient une influence beaucoup plus importante qu’actuellement.

Restent les autres, ceux que l’on dit gauchistes, ceux qui rêvent encore au « grand soir », aux « il n’y a qu’à », qui assimilent les compromis (la base de la démocratie) à la compromission... Ceux-là n’ont jamais été utiles à ceux qu’ils prétendent défendre ; ils n’ont jamais rien fait puisque refusant de gouverner ; ils peuvent alors évidemment prétendre qu’ils n’ont jamais trahi leur cause ni jamais changé d’idée... alors qu’ils sont de fait des alliés objectifs de la droite. Cette persistance de voix perdues dans la gauche française est sans doute liée à l’histoire de notre pays mais ce serait risible (et cela fait rire la droite dure) si ce n’était pas triste à en pleurer.

Résultat : S. Royal ne remporte qu’un peu moins de 26% des voix contre, certes, un peu moins de 24% à Jospin en 2002 ; mais si l’on ajoute à ce dernier score les voix qui s’étaient portées sur Mme Taubira et M. Chevènement, le « gain » n’est plus que de 2%, loin de compenser les pertes de voix enregistrées par les représentants des Verts et du PC. Le résultat du 1er tour de Mme Royal n’est donc pas une victoire mais un échec sanglant.

 

-2- Un PS qui n’ose affirmer sa social-démocratie

 

Pourquoi le PS s’obstine-t-il à ne pas se déclarer social-démocrate ? Quand va-t-il se débarrasser du poids de son histoire ? Il y a longtemps qu’il a fait sa mutation lorsqu’il était au gouvernement, depuis la « pause » de 1982-1983... En 1980-1981, Mitterrand l’a emporté sur Rocard, parce qu’il avait politiquement raison. Il a malheureusement respecté la quasi-totalité de ses 110 propositions, contrairement à ce que l’on dit trop fréquemment. Cela a conduit à un échec économique sanglant et il a fallu l’intelligence et la volonté d’un Mauroy, auquel on n’a pas assez rendu hommage, pour que la politique économique du gouvernement change. C’était de fait la victoire des idées économiques de Rocard mais Mitterrand, ce qui est humainement compréhensible, et la gauche, hélas, n’ont jamais voulu le reconnaître. Je citerai pour seul exemple l’ineptie de la nationalisation à 100% : elle a coûté beaucoup plus cher que des nationalisations à 33-40% sans donner réellement à l’Etat plus de pouvoir. Et cela n’a pas plus gêné la droite quand elle a dénationalisé ; au contraire même, cela lui a permis de faire bénéficier « ses petits copains » de plus gros avantages, puisque, en vendant tout presque en même temps, les actions ont eu moins de valeur ; les deux fois, le seul perdant a été l’Etat, c’est-à-dire vous et moi...

Il y a, raisonnablement parlant, une majorité très large pour la social-démocratie à l’intérieur du PS ; seule son histoire et un certain manque de courage empêchent une officialisation de ce virage. D’ailleurs, lors du débat interne, si DSK, seul, a affirmé sa social-démocratie, il n’a qu’à voir le nombre de fois où les pays scandinaves ont été cités en exemple par Ségolène Royal, par exemple lors de sa prestation à TF1 le 19 février, pour être certain qu’elle est dans le même camp. Et qui fera croire que L. Fabius n’y est pas non plus, lui que ses copains du PS ont longtemps qualifié d’homme de droite (!) ; il est vrai qu’il a cru bon de renier ses idées européennes, lors du référendum, afin de prendre le pouvoir au PS...

A ce propos, le PS a été dirigé de manière quelque peu curieuse depuis quelques années

· Pourquoi organiser un référendum interne au PS si l’on n’est pas capable d’imposer la démocratie à l’intérieur du PS ?

· Pourquoi le PS et la gauche en général semblent de plus en plus considérer comme démocratique l’emploi du référendum, après l’avoir combattu durant des décennies ?

· Que Fabius ait voulu voter non au référendum, c’est son droit « à titre personnel » malgré le résultat du vote interne ; qu’il ait fait ouvertement campagne est une négation de la démocratie et F. Hollande n’aurait jamais dû admettre un tel comportement ! À ce sujet, la position d’A. Montebourg a été beaucoup plus respectueuse de la démocratie.

· Où a été la neutralité de la direction interne du PS durant la période précédant la « pré-campagne » officielle lorsque les n°1 et n°2 du PS demandaient aux candidats de ne pas « s’épancher dans la presse » mais que Mme Royal ne se privait pas pour le faire... bien aidée il est vrai par la quasi-totalité des médias ?

Un dernier point : certains ont traité de « dégueulasse » l’attitude de M. Rocard et B. Kouchner ! Ils ont pourtant tous deux pris bien soin de préciser qu’ils voteraient Ségolène Royal au 1er tour ; qu’y a-t-il donc de « dégueulasse » dans leur attitude alors qu’ils ont eu au contraire le courage de dire tout haut ce que beaucoup pensaient tout bas. A ce propos, je n’ai pas entendu ces censeurs qualifier l’attitude de L. Fabius, au moment du référendum sur le traité européen...

 

-3- Un choix de candidat faussé dès le départ

 

Pourtant, malgré toutes ces raisons, la gauche aurait pu gagner l’élection présidentielle. Pourquoi a-t-elle perdu l’élection ?

Non pas parce que le candidat PS était une femme. Au contraire, pouvoir enfin voter pour une femme était un plus incontestable, pour les femmes certes, mais aussi pour beaucoup d’hommes. Non pas parce que c’était dans l’air du temps, même si c’est en partie exact, mais parce que beaucoup étaient convaincus que cela apportait un plus, une sensibilité différente, une vision moins sectaire, plus pragmatique. Et ceci était vrai non seulement à gauche mais aussi au centre, et pouvait donc faire gagner beaucoup de votes. Malheureusement, pendant trop longtemps, cela a été le seul moteur de sa campagne ; si elle était attaquée, c’était parce qu’elle était une femme ; si elle n’était pas jugée crédible, c’était parce qu’elle était une femme ; si son programme n’était pas cohérent, c’était parce qu’elle était une femme... Soyons sérieux, Madame Royal a certainement été gênée au début de sa carrière parce qu’elle était une femme ; ce n’est pas une hypothèse mais évidement la réalité, ne nous voilons pas la face ! Les premiers commentaires qui ont suivi sa déclaration de candidature ont également suscité certains propos machistes, là aussi c’est évident. Mais les attaques politiques qui ont suivi, ses bourdes (comme la « bravitude » ; curieux pour une fervente de l’Education nationale d’inventer un mot qui ne sert à rien...), les incohérences de son équipe, ou sa rigidité en certaines occasions (voir sa réaction à la plaisanterie de Montebourg au sujet de F. Hollande, plaisanterie peut-être de mauvais goût mais qu’il fallait alors traiter par le mépris, en l’ignorant)... Ce n’est pas parce qu’elle était une femme qu’elle a perdu...

Alors pourquoi cet échec ? Probablement parce que sa nomination a été entachée par un péché originel : elle a joué sur les sondages, elle s’est fabriqué une image... en innovant et faisant une campagne quasi américaine, dans le mauvais sens du terme. Pas besoin de parler du fond, c’est-à-dire du programme, mais de mesures ponctuelles servant son image. Au besoin en se détachant du programme du PS, programme certes imparfait mais qu’elle a signé.

Le débat interne a donc été complètement faussé. Non seulement les deux premiers dirigeants du PS ont entretenu une fausse neutralité en empêchant les autres candidats de démarrer leur campagne, mais encore ont-ils éliminé les candidats qui auraient pu faire de l’ombre à Mme Royal, par exemple Jack Lang. Malheureusement ( ?), une image ne peut remplacer un programme.

Et plus grave surtout, le flou volontaire ou involontaire de beaucoup de ses idées. Prenons l’exemple de la « Démocratie participative ». Si rapprocher le peuple du monde politique, c’est consulter les gens, je n’ai évidemment rien contre car il n’y a pas de démocratie sans cela, il n’y a pas de social-démocratie sans cela. Mais il faut ensuite, non pas faire des propositions ponctuelles, mais faire un véritable programme... que ceux qui n’ont pas voté pour Mme Royal ont attendu en vain. De fait la démocratie participative proposée peut même et doit être considérée comme la négation de la démocratie. Un programme, une politique efficace ne peuvent pas être un ensemble de votes « oui/non » sans aucun lien. Et là on peut constater une certaine contamination de la candidate par des « conseillers occultes » n’ayant pas de lien avec le PS. La révélation d’une enquête interne sur l’un de ceux-ci, l’ancien dirigeant de Greenpeace-France, a fait beaucoup de mal ; non pas à Nicolas Sarkozy mais à Mme Royal ; les liaisons et commentaires pour le moins ambigus relatifs à certains mouvements (antinucléaires, faucheurs d’OGM) ont peut-être amené quelques voix... elles en ont sûrement enlevé beaucoup, en particulier dans les milieux scientifiques. Cela a fait autant de mal que d’introduire le « principe de précaution » dans la Constitution sans l’avoir défini auparavant ; même s’il s’agit là d’une erreur du PS et de son premier secrétaire, cela est revenu à l’esprit de certains et a joué contre elle.

 

-6- Une campagne de 2e tour autour d’une idée excellente mais trop tardive

 

Que ce soit par calcul ou par conviction, la proposition de débat que Mme Royal a proposé à M. Bayrou était excellente. Son score du 1er tour exigeait en effet de récupérer le maximum de voix centristes. Mais, pour quoi faire ? Pour montrer que l’on peut discuter avec les centristes, que nombre de valeurs et d’idées sont communes ? Mais ceci est une évidence pour les sociaux-démocrates ; et s’il fallait en convaincre les électeurs, il fallait le dire et le démontrer avant le second tour, comme ont tenté de le faire MM. Rocard et Kouchner, aussitôt « vertement dénoncés » non seulement par F. Hollande mais aussi, à demi-mots, par S. Royal. Espérait-elle un ralliement de F. Bayrou ? Il ne pouvait en être question et un accord ne pouvait être signé entre les deux tours qu’à condition d’avoir donné lieu à des discussions avant, ce qui n’a pas manifestement été le cas. Et pour récupérer les deux tiers des voix centristes, performance exigée par le score médiocre de S. Royal et de la gauche au 1er tour, il aurait fallu être plus précis sur le plan économique. On retrouve là l’une des faiblesses de S Royal ; non ce n’est pas une Bécassine, comme certains ont voulu le faire croire (pour mieux la défendre ?) ; sa stratégie de prise du pouvoir au sein du PS a prouvé son intelligence, sa volonté et sa légitime ambition ; mais ayant trop (tout ?) misé sur « le paraître », elle a négligé certains dossiers dont celui de l’économie... tout en contredisant de temps à autre ses propres soutiens.

-5- Et maintenant ?

 

La gauche a perdu pour la deuxième fois consécutive la présidentielle ; en 2002, la « certitude » d’un 2e tour Chirac-Jospin » avait conduit ce dernier a faire une campagne terne et la « trahison » de ses anciens alliés (PC, Verts, Parti radical, Mouvement républicain et citoyen) l’ont éliminé. En 2007, en jouant sur les sondages ne prenant en compte qu’un 2e tour Sarkozy-Royal, la candidate a atteint le 2e tour, sans véritable concurrence à gauche mais a sacrifié par son discours ses chances de 2e tour. On ne peut en même temps s’allier aux centristes et faire les yeux doux à José Bové et compagnie...

Que faire alors ? Refonder le PS pour créer enfin un véritable parti social-démocrate. Vous me direz que certains quitteront le navire ? C’est évident mais c’est la seule façon de refonder la démocratie française. N. Sarkozy a pris la droite de vitesse en fondant l’UMP ; pourquoi ne pas faire de même à gauche en créant une opposition analogue à l’opposition républicains-démocrates existant aux USA ; les Français ne sont pas mûrs pour cela ? je crois au contraire qu’ils le sont et c’est ce que le 1er tour a démontré en donnant près de 19% de suffrages à F. Bayrou. D’ailleurs si ce dernier veut réellement quitter la « droite dure », pourquoi ne pas créer un parti démocrate français incluant les militants du PS, des Verts, du Parti radical de gauche, du mouvement républicain et citoyen et de l’UDF ? Si certains élus de l’UDF comme du PS refuseront, les citoyens, eux, suivront. Il est temps de comprendre, au PS comme à l’UDF, que la coupure droite/ gauche existe toujours mais s’est déplacée ; il est temps de comprendre au PS que la victoire ne peut s’obtenir qu’en convainquant les électeurs du centre et non ceux des gauchistes.

Il est probablement trop tard pour faire ceci avant les législatives ; mais il faudrait avoir le courage de commencer à le faire tout de suite ; on perdra sans doute les législatives mais l’on préparera enfin l’avenir. Si l’offre d’alliance au centre faite par Mme Royal a été faite par conviction et non « contrainte et forcée », elle peut mener ce combat et le gagner, en faisant gagner la France...

 

 

 

 


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14 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 15 mai 2007 10:41

    Vous avez bien résumé l’echec ,mais il n’y a aucune raison de s’appeler « social-democrate » au lieu de socialiste.

    Il suffit de redéfinir le mot socialiste dans notre société et je ne pense pas que cela s’appelle social-démocrate car cela voudrait dire que les nouveaux alliés seraient à droite.

    Les valeurs d’un parti de gauche c’est d’etre de gauche pas de retouner sa veste.

    La candidature de Me ROYAL était une erreur déjà annoncée car elle ne portait déjà plus les idées socialistes mais celle de la compassion

    Entre Royal et SARKOZY en regardant bien les programmes celui de Sarkozy était plus (+) à gauche que celui de Me ROYAL


    • Cangivas 15 mai 2007 13:50

      Oui. Le programme du PS se résume à la compassion et quelques rustines sociales pour faire illusion (et faire croire qu’il incarne toujours le camp du progrès et des victimes contre les bourreaux).

      A cela il ajoute des mesures sociétales pour plaire au plus grand nombre de « communautés » au nom du « vivre ensemble » et masquer ainsi son incapacité à élaborer un projet collectif ou/et à peser sur les nouvelles réalités (globalisation, immigration, etc.).

      Le PS sombre dans le conservatisme en prenant soin de le cacher à coup de jeunisme.

      Au final que valorise t-il sinon l’individualisme qu’il est censé combattre ?


    • Voltaire Voltaire 15 mai 2007 10:42

      Bonne analyse.

      Le problème de fond du PS est de vouloir conciler l’inconciliable : entres anti-libéraux et sociaux-démocrates, le fossé est incomparablement plus grand qu’entres les diverses sensibilités du MoDem... Et pourtant, François Hollande persiste à vouloir faire « un grand parti de gauche » qui rassemblerait toutes les tendances.

      Ce qui a marché à l’UMP, pour des raisons électoralistes, peut-il fonctionner aussi au PS ? Je ne pense pas. La droite « gaulliste » a quasiment disparue à l’UMP, d’un point de vue idéologique, et une convergence vers une droite libérale classique s’est fait jour au sein de la grande majorité de ses membres.

      Ce n’est pas le cas au PS. Même une confédération, sur le modèle du MoDem, ne pourrait réussir.

      A terme, les sociaux-démocrates sont condamnés à se rapprocher du MoDem (ou vice-versa), tandis qu’apparaitra sur la gauche un parti anti-libéral altermondialiste.


      • machinchose machinchose 15 mai 2007 12:27

        Voltaire il y a en vous un peu de ces gens de l’UMP qui explique que le PS n’a pas compris qu’il devait être de droite.


      • pixel pixel 15 mai 2007 19:31

        J’aimerais que vous me disiez où se situe la frontière gauche/droite dont vous vous proclamez le douanier.En effet si on reprend l’histoire du socialisme qui est né d’une scission avec les communistes, le moins que l’on puisse dire c’est que vous avez courru derrière votre frontière.L’histoire récente du Mittérand nationalisateur et du Jospin privatiseur doit donner le tourni à quelqu’un comme vous qui observe scrupuleusement le clivage gauche/droite.Il me semble que vous vivez encore sur un PS réformiste.C’était l’époque ou l’action politique avait pour objectif une société idéale et sans état.Ce qui n’est plus à l’ordre du jour.Il s’agit maintenant de répartir au mieux les richesses produitent par le système capitaliste. Je pense donc que vos notions gauches droites ne sont bonne qu’a cliver et non à éclairer le chemin que l’on doit suivre pour améliorer le rapport de force avec le CAC 40.


      • pixel pixel 15 mai 2007 19:33

        Mon commentaire s’adresse à Machinchose.


      • machinchose machinchose 15 mai 2007 12:26

        et bien sur la campagne médiatique massive et totalement hysterique voire de pure propagande pour le candidat de l’UMP ne doit surtout pas être analysé comme l’une des causes de cet échec... non non... surtout pas... ça atténuerait le plaisir bien à droite de casser un peu plus de sucre sur le dos de Royal et de saper encore le PS (qui, il faut bien l’admettre, le cherche bien)...


        • Niklaus 15 mai 2007 13:24

          et ce serait comme un sprinter qui reprocherait à son adversaire de courir plus vite que lui... Il est temps que la gauche se remette en cause non ? ce PS inamovible au double visage ne sert ni les démocrates libéraux (je préfère cette appellation à celle, hypocrite, de « sociaux-démocrates »), ni la gauche alternative, ni personne ... à part maître Sarko lui-même ! pour les législatives, à bon entendeur...


        • Vincent 15 mai 2007 13:06

          Le problème est simple : une partie du PS est social-démocrate, une autre socialiste « dure ». Trois solutions possibles :

          - le PS continue sur la même ligne, c’est à dire qu’il fait du surplace, pour ne facher ni un camp ni l’autre. ça fait 5 ans que c’est comme ça, et cette solution n’est plus tenable très longtemps.

          - il change de ligne en se replaçant plus à gauche : les sociaux-démocrates, DSK en tête, se fachent, quittent le navire et rejoignent le MoDem de Bayrou, ils seront les garants du volet social de la politique du parti, mais surtout ils seront enfin entourés de gens qui les comprennent et les approuvent (au moins en partie). Les membres du PS, quand à eux, seront aussi enfin entre gens de bonne volonté, purement socialistes. Tout le monde est content, cette solution me semble la meilleure (avis personnel).

          - le PS change de ligne, et devient un parti social-démocrate. Les socialistes « purs et durs » se fachent, quittent le navire et rejoignent les partis d’extrème gauche, probablement en grande partie la LCR et le PC. La France se retrouve alors avec deux partis « démocrates », alors qu’il n’en existait pas même un il y a un mois. Les deux partis se font une lutte acharnée, au lieu de porter les valeurs de la social-démocratie. C’est sûrement la pire solution : elle renforce l’extrème gauche, et ralentit la social-démocratie. Elle ne devrait pas se produire, les socialistes « purs » étant majoritaires au PS.

          Franchement, à un moment il faut prendre ses responsabilités. On ne peut pas rassembler des gens aux idées trop différentes dans un même parti, au risque de faire du surplace. Les démocrates sont en minorité au sein du PS, et de nombreux membres du PS ne veulent pas de leurs idées « trop à droite ». Si ils croient en leurs idées, ils doivent rallier le MoDem, le parti est en pleine construction, c’est le bon moment pour s’assurer que leurs idées seront respectées et mises en pratique. Le gros problème dans tout ça est la question de l’ambition personnelle : est-ce-que DSK est prêt à rallier le MoDem, parti qu’il ne pourra pas présider, n’en êtant pas l’initiateur, où préférera-t-il créer son parti démocrate, pour en être le chef, mais au risque de plomber la social-démocratie (il n’y a pas de place pour 2 partis sociaux démocrates en France...) ?

          Dans tous les cas, c’est maintenant que ça se joue, c’est maintenant que ça doit se faire, pas dans un mois, il sera bien trop tard. Et quoiqu’il arrive, ça va bouger bientôt : DSK en a marre, et Hollande est pressé de... ne rien faire : DSK-HOLLANDE le nom, ça ne change rien tout ça, c’est les idées qui sont en cause, c’est le fait que nous n’avons pas attiré les Français


          • Oliv’ 16 mai 2007 14:53

            Bien vu Vincent, il est temps que le PS choisisse sa voie... Laissons la sociale-democratie aux « centristes », qu’ils rejoignent Bayrou (mais Bayrou veut il se retrouver avec des DSK/Royal/Kouchner/Rocard dans ses pattes ??? si j’etais lui je reflechirais a deux fois avant de dire oui) et creeons un PS de gauche, avec des idees de gauche, qui se batte contre l’ultraliberalisme ( ce qui ne veut pas dire retour aux kolkhozes), qui rejette le nationalisme (drapeau beurkkk), qui soit humaniste (l’encadrement militaire j’en ai des frissons)... Enfin, j’en profite pour feliciter Besson et Kouchner. Avec des gens de gauche comme eux c’est pas etonnant que le PS ait perdu. Pour les anglophones, un article tres interessant sur la politique etrangere de sarko, si kouchner suit cette ligne il meritera sa carte de l’UMP, et une medaille : http://www.gulfnews.com/opinion/columns/world/10125533.html


          • Niklaus 15 mai 2007 13:47

            je rebondis sur le commentaire précédent. Bien d’accord sur le pb de dualité du PS et sur la nécéssité d’une scission. Cependant je ne souhaite pas une social-démocratie à la DSK, made in UE, car en se positionnant comme un parti de gauche, elle empêche véritable une gauche alternative moderne de se développer. C’est la pensée unique, personne ne conteste le système, a part quelques olibrius un peu dingos, tout au plus on l’accompagne doucement. Tout l’intérêt de la proposition de Bayrou réside dans son honnêté : un parti qui accepte l’économie de marché dans un cadre démocratique. Ce positionnement permettrait à la gauche alternative d’exister.


            • LE CHAT LE CHAT 15 mai 2007 13:52

              avec si peu de voix au 1er tour , elle n’avait aucune chance ! elle n’a pas non plus entrainé d’adhésion à un projet , le vote Ségiolène fut surtout anti sarko


              • moebius 16 mai 2007 00:32

                Ces élections se sont faite d’abord contre Chirac ce que n’a pas compris la gauche qui a aucun momment n’a eu le leaderchip de cette opposition au Chiraquisme vieillissant et trop compromis. A aucun momment il semble qu’elle n’ait pris en compte le simple fait, que ces élections et leur enjeux ne concernaient que la droite. Eviction du chiraquisme ; un gaullisme tardif et impuissant, union de toute les droites à l’intérieur d’un grand parti conservateur, hégémonie culturelle et idéologique de la droite ect... La gauche qui se croyait au centre du débat et dans un role actif, a été exclu dès le renoncement de Jospin en 2002. Les épisodes tels que ; élections intermédiaires, CPE, référendum europeéns ect... qui se voulaient des moments de certitude et de force pour la gauche et faisaient qu’« elle ne pouvait pas perdre ces élections » ont été rabattu sur la seule dialectique de rupture avec le chiraquisme et ont servi la candidature de Sarkosy (revoir les épisode Raffarin, villepin...). Ont pourrait ainsi dire que la finalité de ces élections n’ était que la fin du gaullisme historique ou plutot de son dernier avatar le chiraquisme. Une question ! est ce que les prochaines élections ne verront elles, pas la fin d’une autre utopie désormais séche et impuissante, inadapté aux « enjeux » et la formation en contre coup d’un « grand partie d’opposition » car démocratie oblige nous devons conserver la symétrie et l’équilibre des forces et c’est ici la seule idée qui vaille. Si l’on en croit « le logiciel » (mot à la mode) en cours de traitement et lancé par « la candidate » les prochaines élections ne devraient elle pas ne concerner,à chacun son tour, que la gauche ? La démocratie et la participation responsable seront elles pas pour la cohérence de la gauche et des idées aussi efficace que ne la été à droite le recours sentimentale à l’homme providentiel ?(c’est la le seul enjeux qui vaille). Vaste chantier, un quinquénnat suffira t’il ? Nous voulons la vitesse et seul la vitesse nous.....


                • Fabrice Trochet Fabrice Trochet 16 mai 2007 06:27

                  @ l’auteur

                  « Le parti radical de gauche (comme si un parti radical pouvait ne pas être de gauche...) » Il y a aussi un parti radical de droite qui s’apelle Parti Radical d’où Parti Radical de gauche pour les différencier.

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