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Accueil du site > Actualités > Politique > Présidentielle 2012 : le déni des éditorialistes

Présidentielle 2012 : le déni des éditorialistes

L’annonce dans les médias, le dimanche 15 mai, de l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn pour une agression sexuelle présumée a engendré dans toutes les couches de la société française une réaction de stupéfaction* à la hauteur de la nature des faits évoqués et du statut de DSK, directeur général du FMI et favori de la présidentielle 2012. Ce moment passé, éditorialistes et politologues se sont très vite penchés sur les implications de cette pathétique affaire sur le paysage politique hexagonal. Et ils se sont très largement plantés ! Depuis, malgré les évidences, ces bons apôtres persistent peu ou prou dans l’erreur, drapés dans un déconcertant déni...

Imbus d’eux-mêmes, pénétrés de leur supériorité intellectuelle, il n’a pas fallu 48 heures à ces pontifiants personnages, omniprésents dans les médias, pour pronostiquer un avenir douloureux, voire catastrophique, à un PS décapité par la chute de Dominique Strauss-Kahn. « On ne perd pas impunément son champion, de surcroît exposé à un long feuilleton judiciaire, sans y laisser des plumes, pour ne pas dire toute chance de gagner l’élection présidentielle » ont doctement clamé en substance les Christophe Barbier, Jean-Marie Colombani, Alain Duhamel, Serge July, Pascal Perrineau, Dominique Reynié et autre Yves Thréard, pour ne nommer que ceux-là parmi les plus assidus devant les micros et les caméras.

 Comment ces gens-là, dont c’est le métier et qui font partie de l’élite – il est vrai autoproclamée – de nos analystes politiques, ont-ils pu à ce point se montrer sourds et aveugles au mode de fonctionnement et de pensée de ce que l’on nomme généralement « le peuple de gauche » ? Car il crevait les yeux depuis des semaines à quiconque était à l’écoute de la vox populi que DSK n’était pas un candidat de l’adhésion mais un candidat de la raison, imposé à une majorité d’électeurs de gauche et du centre anti-sarkozyste par le spectre du 21 avril 2002 et le désir concomitant viscéral de se débarrasser du calamiteux locataire de l’Élysée. Malgré les violentes diatribes de Jean-Luc Mélenchon à l’encontre du patron du FMI, des militants du Front de Gauche eux-mêmes en venaient à souhaiter que DSK porte les couleurs du PS pour donner à la gauche la meilleure chance de vaincre en 2012 !

 Strauss-Kahn hors-jeu, il était évident que les sympathisants allaient, ipso facto, se reporter massivement sur les autres postulants du Parti Socialiste, et notamment les têtes d’affiche Martine Aubry et François Hollande. « Impossible ! », se sont récriés nos éditorialistes et politologues, pétris de certitudes, aveuglés par leurs monumentales œillères, et beaucoup trop à l’écoute des potins germanopratins pour entendre les bruits de la rue et les remontées des militants. « Impossible, cette affaire est au contraire du pain béni pour Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen » ont-ils ajouté avec suffisance. Impossible, vraiment ? La suite leur a montré que non. Sondages à l’appui, il est apparu clairement que les duettistes du PS faisaient jeu égal avec les dernières performances de DSK en termes d’intentions de vote, mettant ainsi à bas les théories catastrophistes des médiatiques pythies électorales.  

 L’affaire DSK booste les adhésions au PS

 Il va de soi que nos brillants éditorialistes et nos éminents politologues ont été affectés d’être ainsi pris en défaut – et un tantinet ridiculisés – par des sympathisants de gauche si peu en phase avec ce qu’aurait dû être leur réaction : le désarroi, voire la perte totale de repères. Or, voilà que cette piétaille indocile, non seulement n’a pas été abattue par les évènements new-yorkais, mais s’est montrée a contrario très vite soulagée de la mise à l’écart forcée et définitive de l’homme qu’elle soutenait jusque là par pragmatisme électoral mais dont le profil personnel et l’action à la tête du FMI lui donnaient, à juste titre, des boutons. Strauss-Kahn hors-jeu, les électeurs de gauche ont d’autant plus vite tourné la page qu’ils ont collectivement, et de manière intuitive, compris qu’il ne fallait pas laisser d’espace à la droite, à cette droite cynique dont Le Canard Enchaîné nous apprenait au même moment que des caciques avaient sabré le champagne à l’annonce de l’arrestation de DSK sans se soucier un instant qu’il y avait dans cette affaire une présumée victime de crime sexuel.

 Un instant désarçonnés, nos suffisants hérauts se sont alors répandus dans les médias pour proclamer qu’il n’y avait là qu’un épiphénomène, certes inattendu, voire troublant, mais assurément destiné à faire long feu, le PS étant, foi d’analystes infaillibles, condamné à affronter durant toute l’enquête américaine et jusqu’à l’éventuel procès de Strauss-Kahn, de graves difficultés idéologiques et une remise en cause mortifère de sa stratégie de campagne.

 Possible, mais cela n’en prend pas le chemin, entre une attitude apaisée – au moins en façade – des caciques du Parti Socialiste et des sondages qui continuent d’être très favorables** à Martine Aubry et surtout François Hollande relativement à un Nicolas Sarkozy en très grande difficulté et toujours menacé par Marine Le Pen. Comble de stupéfaction pour nos spécialistes en politologie, voilà que l’on apprend que près de 2000 de nos concitoyens se sont inscrits au PS depuis la chute de DSK, dans un mouvement d’adhésion d’une ampleur comparable, dit-on du côté de la rue de Solferino, à ceux qui suivent les victoires électorales du parti de la rose ! Un phénomène à comparer avec l’irrésistible érosion du nombre des adhérents de l’UMP, et surtout l’inquiétant vieillissement de cette population dont la moyenne d’âge a, du fait des défections, été portée à... 68 ans !

 Lui, c’est lui ; nous, c’est nous !

 Ces constats faits, les éditorialistes et les politologues auront, en définitive, peut-être raison d’avoir pronostiqué de grandes difficultés pour le PS dans les mois à venir. Mais contrairement aux théories qu’ils ont développées, ces difficultés ne seront en aucun cas dues à l’affaire Strauss-Kahn, mais plus probablement à la capacité toujours renouvelée des socialistes à saborder leurs chances de victoire à une présidentielle, soit par une campagne ratée (Jospin 2002), soit par un sabotage en règle de sa championne (Royal 2007). Fort heureusement pour la gauche, rien de tel ne se profile dans l’immédiat et l’on peut raisonnablement penser que le PS a tiré les leçons du passé et saura, comme l'exigent militants et électeurs, serrer les rangs après le coup de tonnerre new-yorkais.

 Quant à Nicolas Sarkozy et la droite UMP, tout aussi déconcertés que nos éditorialistes par les études d’opinion, ils auraient tort de voir dans la chute de Strauss-Kahn un évènement positif susceptible de gripper durablement la machine socialiste et d’entacher définitivement de nullité « le discours moralisateur de la gauche » récemment évoqué par François Fillon. Car, comme le soulignent les militants du PS à propos de DSK : « Lui, c’est lui ; nous, c’est nous ! ». Une prise de position nette et tranchée, relativement à une affaire considérée par tous comme strictement privée. Une prise de position de surcroît confortée de manière on ne peu plus explicite par les sympathisants de gauche, sondage après sondage, depuis près d’un mois. Strauss-Kahn éliminé, le Parti Socialiste retrouve du même coup toute sa capacité à cibler Nicolas Sarkozy sur ses amitiés avec les milliardaires et son comportement bling bling. Gageons que le candidat du PS, qu’il s’agisse de Martine Aubry ou de François Hollande, ne se privera pas d’attaquer le « président des riches » sur sa politique de caste et les cadeaux faits aux plus fortunés de notre pays, au détriment de classes populaires appauvries et de classes moyennes elles aussi tirées vers le bas.

 Comment va évoluer, dans les médias, le discours des analystes politiques ? Va-t-il même évoluer ? Souvenons-nous, à cet égard, du chorus de 2005 lorsque quasiment tous les éditorialistes pronostiquaient la victoire du OUI au référendum sur la loi de ratification du Traité de Constitution pour l’Europe. Bel exemple d’aveuglement, pathétique illustration de la déconnection des « élites » avec les attentes du peuple français ! Mais après tout, que ces messieurs soient plus ou moins lucides – et manifestement ils n’en prennent pas le chemin – n’a en définitive guère d’importance tant ils ont perdu de crédit dans l’opinion. Car une seule chose importe, et leur parole dépréciée n’y fera sans doute pas grand chose : que les Français puissent, en rupture avec la mandature en cours, porter en 2012 à la tête de l’État une personne digne de la fonction, respectueuse des Institutions, et à l’écoute de nos concitoyens.

 

Stupéfaction et non sidération comme il a été improprement dit et écrit ici et là, la sidération étant un terme de psychiatrie désignant un état de totale impuissance consécutif à un grave choc émotionnel.

 

** Harris Interactive pour Marianne le vendredi 10 juin et Ifop pour le JDD le dimanche 12 juin.


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122 réactions à cet article    


  • wesson wesson 14 juin 2011 09:26

    Bonjour Fergus,
    étant moi-même un esprit simple, je tenterai bien une explication simple au déni des médiacrates :

    ils nous refont le coup du TCE... Le peuple est tellement bête de ne pas penser comme eux nous le dise !

    Plus sérieusement, ils avaient tous misé sur ce cheval qui s’est révélé plus bourrin qu’étalon ...


    • Fergus Fergus 14 juin 2011 09:39

      Salut, Wesson.

      Effectivement. Je fais d’ailleurs allusion dans le dernier paragraphe à ce moment si emblématique de la rupture entre les « patriciens » médiatiques et les « plébéiens » incultes et sots qui ont eu l’audace de leur faire un affront.

      A l’époque Serge July, notamment, n’avait pas de mots assez durs pour vilipender les tenants du « non ». Ce type n’est pourtant pas sot, mais à l’écouter ces derniers jours, il n’a manifestement pas retenu la leçon.

      Cordiales salutations.


    • Fergus Fergus 14 juin 2011 11:12

      Merci pour ce commentaire, Zubi

      J’avais oublié Apathie, l’un des plus puants donneurs de leçons du Paf. Merci d’avoir rappelé cet individu.

      Bonne journée.


    • Peachy Carnehan Peachy Carnehan 14 juin 2011 16:20

      Bonjour tout le monde.

      Un mot d’Yves Calvi (lui aussi, il le vaut bien). Dans son émission « Mots Croisés » du mois dernier, consacrée à DSK, il a demandé quatorze fois à ses invités (j’ai compté) de disserter sur les conséquences (forcément) néfastes de l’affaire Strauss-Kahn pour la gauche (sic) et les avantages « énormes » que Nicolas Sarkozy allait (fatalement) en tirer. Il s’est fait remballer à chaque fois et, faute de réponse, semblait très en colère. Depuis que son pote Sarko continue de sombrer dans les sondages il s’est enfin décidé à ne plus aborder le sujet.


    • Fergus Fergus 14 juin 2011 18:59

      Salut, Peachy.

      Je n’ai pas vu cette émission, mais connaissant Yves Calvi, cela n’avait rien d’étonnant. J’ai regardé en revanche l’émission « C dans l’air » consacrée à la petite phrase de Chirac. Pas de langue de bois pour une fois : mis à part Raphaelle Baquet, tous les participants, Calvi en tête, ont parfaitement compris le sens du message chiraquien, et le scud envers Sarkozy qu’il contenait. Comme quoi il peut arriver que la lumière éclaire leurs esprits.

      Cordialement.


    • Fergus Fergus 14 juin 2011 09:55

      Bonjour, Calmos.

      Electeur de gauche, je me serais évidemment rallié à Strauss-Kahn s’il était sorti vainqueur des primaires (ce qui n’était pas fait), mais à contre-coeur. Comme la plupart des gens de gauche, j’éprouvais pour lui une grande défiance, mais j’aurais fini, par pragmatisme, à voter pour lui lors de la présidentielle. Sa mise hors course ôte un énorme poids à beaucoup de gens !

      Cordialement.


    • Dzan 14 juin 2011 11:37

      @ Fergus
      Tout autour de moi, j’ai de nombreux électeurs de gauche, qui partagent à 1000 % votre analyse.
      Et dans les réunions, un vent de révolte souffle, devant les 1ers coups tordus.
      Si la gabegie de 2007 se reproduit 70% des cartes de membres vont partir en confettis.


    • posteriori 14 juin 2011 11:52

      Dsk était le candidat de la gauche d’après ceux que dénonce l’auteur, même s’il n’avait une majorité qu’avec les voix de la droite, ça leur suffisait quand même à en faire le champion de ceux qui n’en voulaient pas. Trop facile à abattre pendant la campagne à cause de ses frasques, trop diviseur de la gauche qu’il n’aurait jamais pu rassembler. Il n’était un bon candidat que pour faire gagner sarkozy, la preuve : l’immense douleur causée par son absence qui semble toucher tous ceux qui ont fait voter ou voté sarkozy en 2007.

      Quand à la présumée victime, il va falloir choisir, c’est ou on le présume innocent ou on la présume victime, mais pas les 2 à la fois. 


    • Fergus Fergus 14 juin 2011 15:53

      Bonjour, Posteriori.

      Le fait est que Strauss-Kahn aurait eu du mal à rassembler toute la gauche et qu’il n’aurait dû une éventuelle victoire qu’à un ralliement d’une partie de la droite sur son nom.

      Pour ce qui est de l’« affaire », en l’état actuel personne ne peut « choisir » même si chacun a son idée. C’est pourquoi nous sommes obligés de parler encore de « présumée victime » comme de « présumé coupable », faute de preuves.


    • Fergus Fergus 14 juin 2011 19:44

      Bonjour, Parkway.

      N’étant pas électeur socialiste, je maintiens « électeur de gauche ». Et si Strauss-Kahn n’était effectivement pas un homme de gauche au sens où je l’entend, du moins aurait-il eu, en cas d’élection à l’Elysée, l’immense qualité de barrer la route à un 2e mandat de Sarkozy.


    • Fergus Fergus 15 juin 2011 11:04

      @ Parkway.

      Je suis d’accord sur ce point. C’est pourquoi mon choix se porte plutôt sur Mélenchon, ou plutôt les idées qu’il défend.

      Mais je ne me fais pas d’illusion, ce que vous appelez la « vraie gauche » n’a aucune chance de l’emporter dans notre pays en ce moment, eu égard à sa sociologie et au climat qui y règne. Je le regrette sincèrement.

      Bonne journée.


    • Yvance77 14 juin 2011 09:59

      Salut,

      Ce qui me fait toujours sourire ; chez les clowns de type Perrineau, Thréard et les cons-sorts, est que malgré toutes les prudences de langage qu’ils utilisent, ils auront toujours du mal à masquer le « pour-ki-je-roule ».

      Un peu comme ce Giacometti qui sondait à sa façon en 2007. Deux années plus tard, il est le sondeur attitré du château et ses fouilles se sont remplies comme par magie.

      Tout est si innocent dans leur monde ...


      • Fergus Fergus 14 juin 2011 10:09

        Salut, Yvance.

        Tous ces « experts » présents dans les médias ne sont heureusement pas inféodés à Sarkozy (exemple : Roland Cayrol), mais la plupart ont du mal à sortir d’un modèle de pensée très auto-centré sur le microcosme parisien.

        Bonne journée.


      • Fergus Fergus 14 juin 2011 11:16

        Bonjour, Le Sudiste.

        Il est vrai que les sondages jouent un rôle dans la décision de nombreux Français. Je ne connaissait pas cette enquête à laquelle vous faites référence. Mais il est sûr que si ces chiffres avaient été portés à la connaissance du public, les scores de premier tour en eussent été modifiés. Encore eût-il fallu que ce sondage soit confirmé par d’autres allant dans le même sens pour créer une dynamique. 


      • Eliott40000 14 juin 2011 12:11

        Bonjour Fergus, bonjour Le Sudiste

        Cette dynamique existait, même sans qu’il soit besoin d’autres sondages. Beaucoup de mes amis et moi-même, pourtant de gauche, avons voté Bayrou au 1er tour, persuadés que nous étions qu’il était le seul capable de battre l’autre olibrius (Et pourtant, nous ne lisons pas le figaro).
        Malheureusement, la gestion de l’entre deux tour - souvenons nous de ce débat grotesque et vain organisé à la va-vite entre Royal et Bayrou - fut trop calamiteuse pour éviter la catastrophe.
        Fergus, votre analyse est très bonne mais la remarque du Sudiste l’est davantage encore.
        En ce qui me concerne, je n’aurais jamais voté pour Straus Kahn. C’est une question presque idéologique.
        Les cartes ont été redistribuées.
        DSK éliminé, les choses sont beaucoup plus simples. Quel que soit le candidat du PS, les tenants dont je suis, du « Tout sauf sarko » voteront comme un seul homme et sans état d’âme pour celui-ci.
        Bonne journée


      • Fergus Fergus 14 juin 2011 12:40

        Bonjour, Eliot.

        Nul doute que, si l’élection de 2007 était à refaire avec les mêmes protagonistes, Bayrou aurait sa chance. Mais l’histoire ne se répète pas, et sa chance est sans doute passée. Comme celle de Royal, même si elle fait min de croire le contraire.

        @ Le Sudiste.

        Merci pour ces liens intéressants et éclairants.


      • Fergus Fergus 14 juin 2011 19:48

        @ Parway.

        Merci de me donner des leçons de comportement électoral.

        Comme vous, je vote en fonction des programmes défendus par les candidats, par adhésion au meilleur, ou par rejet du pire.

        Cela n’empêche pas d’observer que nombre de nos concitoyens sont sensibles aux sondages, que vous le vouliez ou non.


      • Fergus Fergus 19 juin 2011 08:03

        Bonjour, Le Sudiste.

        En forme, apparemment, et avec une colère intacte. Très sain !

        Je vais relire à tête reposée le très dense premier commentaire (bien que n’en étant pas le principal destinataire). Quant au second, entièrement d’accord sur la subjectivité, pour ne pas dire le discours manipulateur, de nombreux intervenants de « C dans l’air ». Certains de ceux que j’ai cités dans mon article y pontifient d’ailleurs régulièrement.

        Cordialement.


      • Fergus Fergus 20 juin 2011 10:23

        Bonjour, Le Sudiste, et désolé de mon absence une grande partie de la journée d’hier.

        Beaucoup de questions soulevées par tes commentaires. De quoi alimenter de nombreux et animés débats, sur le net ou ailleurs. Pas sûr qu’Apathie soit très intéressé par nos articles et nos échanges tant que cela ne menace pas sa position de donneur de leçons médiatique, qui plus est servile avec certains de ses interlocuteurs et odieux avec d’autres. Ce type, avec son attitude inquisitoriale sélective, est quasiment ce qu’il se fait de pire dans le genre.

        Cordialement. 


      • Gorg Gorg 14 juin 2011 10:15

        Bonjour Fergus

        « Malgré les violentes diatribes de Jean-Luc Mélenchon à l’encontre du patron du FMI, des militants du Front de Gauche eux-mêmes en venaient à souhaiter que DSK porte les couleurs du PS pour donner à la gauche la meilleure chance de vaincre en 2012 »

        Ça va pas. Vous plaisantez j’espère. Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer cela ? Elle est bien bonne…

        Je crois entendre les sondeurs et autres analystes que vous vilipendez  un peu plus haut.


        • LE CHAT LE CHAT 14 juin 2011 10:55

          on croirait entendre du Roland Cayrol , je connais beaucoup de gens à gauche qui se seraient abstenus en cas de DSK / Sarko ! le rejet de DSK est MASSIF chez les ouvriers et employés !


        • Fergus Fergus 14 juin 2011 11:23

          Bonjour, Gorg.

          Il se trouve que je parle beaucoup aux gens que je rencontre, et notamment aux militants. Je n’affirme par conséquent rien qui ne soit vérifié sur le terrain. Des propos de ce type, j’en ai effectivement entendus sur les marchés de la part de militants estampillés Front de Gauche. Et à les écouter, ils n’étaient pas les seuls à penser ainsi. Non qu’ils se soient montrés des fans de DSK, mais malgré les défauts, pour ne pas dire les tares, de ce candidat du PS, ils estimaient qu’il était la meilleure chance de la gauche pour l’emporter au 2e tour en 2012. Manifestement, ceux-là étaient mûs avant tout par leur colossal rejet de Sarkozy !


        • Dzan 14 juin 2011 11:40

          Le Chat
          Très juste, et moi le 1er.
          DSK socialiste ? Mdr comme disent les d’jeun’s


        • sisyphe sisyphe 14 juin 2011 11:42

          Bonjour Fergus 


          La remarque de Gorg me parait pertinente. 

          Comment pouvez-vous généraliser VOTRE évaluation des « militants » du Front de Gauche, à partir de votre « expérience sur le terrain » ? Franchement ? 

          Vous n’avez pas le sentiment, en faisant de telles interprétations abusives, de procéder exactement comme les « éditorialistes » que vous dénoncez ( et pour quoi je vous approuve) ? 

          On n’avance pas des assertions comme celle-ci sur son propre sentiment, sur SON expérience du « terrain » ; aussi légitime fut-elle. 

          Les militants, sympathisants, du Front de Gauche sont surtout centrés sur la nécessité de faire connaître et avancer les idées contenues dans leur programme ; qui n’a rien à voir avec celui du PS qu’aurait défendu DSK. Je ne pense pas qu’à aucun moment, ils aient souhaité que DSK soit le porte-parole de toute la gauche. 

          Pour le reste de l’article, je suis d’accord avec vous ; mais gare aux généralisations abusives 
          et aux amalgames. 

          Cordialement

        • Eliott40000 14 juin 2011 12:14

          Fergus,

          Ne confondez pas militant et électeur !

          Les premiers n’ont qu’une paroisse, les seconds sont beaucoup plus instinctifs.


        • Fergus Fergus 14 juin 2011 12:48

          Bonjour, Sisyphe.

          Je ne fais en aucun cas de généralité concernant le Front de Gauche : j’ai écrit DES militants parce que c’est la réalité. Et j’ai mentionné cela pour montrer que, même au coeur de la véritable gauche, il existait des gens qui, par phobie de Sarkozy, en venaient à souhaiter que DSK gagne la primaire socialiste. Un discours dur à entendre pour des gens qui, comme moi, voteront au 1er tour pour Mélenchon ou Joly.

          Cordialement. 

          @ Eliot.

          Je parle bien de militants officiels du Front de Gauche et non de sympathisants dans mon genre.


        • Gorg Gorg 14 juin 2011 18:47

          Fergus

          L’UMP et le PS c’est le même combat, ce qui les sépare c’est l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette… Je n’oublierais jamais qu’il a fallu l’appoint de députés PS pour que passe le traité de Lisbonne (majorité des 2/3). Le traité constitutionnel ayant été rejeté par le peuple, la démocratie aurait voulu que son fac similé passe par le peuple. Les Valls, DSK, Hollande me font vomir. Il est temps de renverser la table….Ce qui m’intéresse c’est un programme (le PS n’en n’a pas ou alors à géométrie variable) et le retour de la justice Républicaine (il y a du travail). Par ailleurs, comme vous sans doute, je méprise la(les) crapule(s) que nous avons actuellement au pouvoir.


        • Fergus Fergus 14 juin 2011 19:53

          @ Gorg.

          Les différences entre l’UMP et le PS sont heureusement plus importantes que nous le dites. Cela dit, je reconnais bien volontiers que ces deux partis sont trop proches sur de trop nombreux sujets, et cela me désole. Mais il n’est pas interdit d’espérer qu’enfin le PS puisse s’amender. Encore que... je n’y croie pas trop.

          @ Parkway.

          Je n’ai rien à voir avec le PS, et mes idées me placent assez nettement à gauche de ce parti. Merci de ne cataloguer que des gens dont vous connaissez bien le positionnement.


        • oncle archibald 15 juin 2011 09:23

          @ Fergus : malgré le grand respect que j’ai pour vous et vos écritures, lorsque je lis : « Je n’affirme par conséquent rien qui ne soit vérifié sur le terrain » .. je vous trouve un peu léger voire imprudent ..


        • Fergus Fergus 15 juin 2011 09:40

          Bonjour, Oncle Archibald.

          Vous avez raison, la formulation est sans doute imprudente, voire quelque peu pédante.

          Cependant, lorsque je fais allusion à des propos de militants, c’est réellement à des propos tenus que je me réfère, et non à des impressions. C’est pourquoi, en ce qui concerne nos amis du Front de Gauche, j’ai bien veillé à écrire « des militants » et non « les militants ».

          A cet égard, je suis persuadé que l’immense majorité d’entre eux n’étaient évidemment pas sur cette ligne, mais le fait qu’il ait pu y en avoir montrait à quel point la peur de rater l’élection de 2012 était (et reste) présente dans tous els esprits à gauche.

          Cordiales salutations.


        • Fergus Fergus 15 juin 2011 11:09

          @ Parkway.

          Le courant DSK n’est fort heureusement pas tout le PS, et vous savez fort bien qu’il existe une aile progressiste dans ce parti, même s’il est dominé par des socio-démocrates assez largement alignés sur la tambouille mondialiste libérale.


        • Imhotep Imhotep 14 juin 2011 10:44

          A mon sens il y a deux effets :

           - Un immédiat qui est que le choc de l’arrestation n’a pas changé le vote de rejet de Sarkozy et a contrario a profité aux candidats encore en lice au PS. 

          - Un plus long et plus profond un écœurement des hommes politiques et un poison lent dont j’ignore la force à l’encontre du PS 
          • a- pour avoir fait de DSK son héros et héraut et 
          • b- pour avoir tant tardé à parler de la femme de chambre que ce soit Aubry, Hollande ou Royal et pire concernant Val et Moscovici. Je pense que des partis comme le Front de gauche sauront le rappeler à répétition.

          • Imhotep Imhotep 14 juin 2011 10:47

            Valls et non val, et de s’être tu (Hollande) concernant DSK. A cela s’ajoutent les affaires du sénateur PS qui un an après sa condamnation définitive n’est toujours pas exclu pour ses agressions sexuelles, l’affaire Guérini, l’ancienne affaire Frèche, l’accord Delanoe-UMP etc.


          • Fergus Fergus 14 juin 2011 11:29

            Bonjour, Imhotep.

            Je ne crois pas que le poids des affaires ayant touché le PS soit de nature à changer foncièrement la donne tant est grande l’envie des Français de tourner la page du sarkozysme.

            Quant à l’attitude des caciques du PS dans les preliers jours de l’affaire DSK, elle a été à l’unisson de celle des personnalités de tous bords qui se sont exprimées. Et tout cela sera bien oublié lors de la présidentielle.

            En revanche les mêmes caciques du PS gardent une très grande capacité à s’auto-détruire. Là réside, à mon avis, le plus grand danger pour la gauche en 2012.

            Cordialement.


          • Imhotep Imhotep 14 juin 2011 19:04

            Ce sondage semble contredire cette analyse : 28 % des Français ont révisé leur jugement depuis cette affaire. C’est énorme et cela redistribue les cartes. 

            Si c’est auprès des sympathisants socialistes que l’on trouve la plus forte part d’individus ayant revu leur position (42%), « on note que l’impact de l’absence de Dominique Strauss-Kahn dans ’l’équation présidentielle’ pour 2012 transcende les clivages partisans avec une part importante de ’positions revues’ auprès du Modem (33%) et de l’UMP (22%) ». De même, 25% des personnes qui avaient voté Nicolas Sarkozy en 2007 ont déclaré avoir changé leur position après le forfait de l’ancien chef du FMI.
            A mon sens il serait erroné et contre productif d’ignorer l’impact de l’affaire DSK. Il faut appuyer à fond sur le fait que Sarkozy, comme il l’a dit ouvertement, a tout fait y compris fait payer la campagne de DSK par la France comme c’est le cas pour le scandale ambulant qu’est Lagarde, pour qu’il soit nommé tout en l’avertissant. C’est donc en connaissance de cause qu’il a fait prendre ce risque à la France et aux membres féminins du FMI. Il faut donc sans arrêt rappeler se fait afin qu’il ne sorte pas blanchi de cette affaire. Il est co-responsable de la dégradation de l’image de la France et indirectement complice des déviations de DSK, notamment sur Piroska Nagy, car en faisant donner ce poste il donnait un pouvoir encore plus grand et le sentiment d’impunité totale qui va avec à DSK.

          • Fergus Fergus 14 juin 2011 20:20

            @ Imhotep.

            Merci pour ce lien. Mais en fait ce sondage ne nous apprend pas grand chose car il n’est pas très lisible. Qui plus est, dans les 28 % qui auraient changé d’attitude, il y a sans doute de très nombreux électeurs de gauche passés, par la force des choses, de DSK à Hollande ou Aubry. A suivre...

            En ce qui concerne Sarkozy, il est évident que sa reponsabilité a été engagée dans sa proposition, pour le FMI, d’un homme dont il soupçonnait la fragilité. C’est la raison pour laquelle il ne pourra se permettre de chatouiller les socialistes sur le cas Strauss-Kahn. Et le pire serait pour lui que Lagarde soit à son tour sous les feux de l’actualité dans le cadre de l’affire Tapie.

            Bonne soirée.


          • docdory docdory 14 juin 2011 10:52

            @ Fergus

            Le PS peut gagner à deux conditions
            1°) qu’il ne cède pas à sa bêtise habituelle en préférant Martine Aubry à François Hollande aux primaires.
            En effet celle-ci traîne de trop nombreuses casseroles qui vont rapidement lui exploser à la figure, la première d’entre elle étant le mensonge éhonté quant à son identité réelle : cela fait belle lurette qu’elle a divorcé de Mr Aubry, elle devrait donc, soit avoir repris son nom de jeune fille ( Martine Delors ) soit adopter le nom de son mari ( Martine Brochen ) , ce qui pose problème eu égard aux causes très douteuses et très impopulaires qu’a défendu son avocat de mari ...
            2°) Que le programme du PS abandonne ses projets « politiquement corrects » , mais également politiquement suicidaires , que sont le droit de vote pour les immigrés non nationaux, le mariage homosexuel, et le financement massif insensé et illégal des mosquées par les mairies socialistes
            En effet , ces mesures sont déjà très mal vues par l’électorat ouvrier et des classes populaires en général, mais sont encore plus mal vues de l’électorat indécis.
            En voulant gagner quelques pour cents de voix dans l’électorat bo-bo et l’hypothétique électorat musulman ou immigré, le PS perd, avec ce genre de propositions, une bonne partie de son électorat naturel qui vient grossir les rangs du front national.

            • Fergus Fergus 14 juin 2011 11:37

              Bonjour, Docdory.

              Pas d’accord avec vous sur le premier point : je pense que les électeurs se fichent de savoir quel est le nom que la Première secrétaire devrait logiquement porter. C’est sous le nom d’Aubry qu’elle a fait l’essentiel de sa carrière en politique, et comme les gens du show-biz, elle garde ce nom à la manière d’un nom de scène. Ce phénomène est d’ailleurs assez fréquent, et on le retrouve dans l’encadrement des entreprises ou chez des chercheurs de renom dont la notoriété s’estomperait en cas de changement de patronyme.

              Avec le deuxième point, vous soulevez des questions intéressantes et qui devront être abordées par le PS. A lui d’évaluer le plus finement possible si les avantages de soutenir ces mesures l’emportent sur les inconvénients. Je note toutefois que ces questions pèsent relativement peu en regard des questions socio-économiques (notamment du pouvoir d’achat) et de sécurité. 

              Cordialement.


            • sisyphe sisyphe 14 juin 2011 11:52

              Par docdory (xxx.xxx.xxx.224) 14 juin 10:52
              le financement massif insensé et illégal des mosquées par les mairies socialistes

              @ Fergus

              Le PS peut gagner à deux conditions
              1°) qu’il ne cède pas à sa bêtise habituelle en préférant Martine Aubry à François Hollande aux primaires.
              En effet celle-ci traîne de trop nombreuses casseroles qui vont rapidement lui exploser à la figure, la première d’entre elle étant le mensonge éhonté quant à son identité réelle : cela fait belle lurette qu’elle a divorcé de Mr Aubry, elle devrait donc, soit avoir repris son nom de jeune fille ( Martine Delors ) soit adopter le nom de son mari ( Martine Brochen ) , ce qui pose problème eu égard aux causes très douteuses et très impopulaires qu’a défendu son avocat de mari

              Tu parles d’une casserole ! smiley 
              Vous êtes lecteur de voici et de gala, docdory ? 
              Qu’est-ce que les électeurs ont à faire de ces ragots de couloir, qui n’intéressent que les concierges, et les pochtrons du Bar du Commerce ? 
              C’est sur un programme que se juge un candidat, et non sur le nom supposé du candidat. 
              D’ailleurs, si elle a gardé le nom d’Aubry, c’est que la loi l’y autorise, point barre. 
              ..
              2°) Que le programme du PS abandonne ses projets « politiquement corrects » , mais également politiquement suicidaires , que sont le droit de vote pour les immigrés non nationaux, le mariage homosexuel, et le financement massif insensé et illégal des mosquées par les mairies socialistes
              En effet , ces mesures sont déjà très mal vues par l’électorat ouvrier et des classes populaires en général, mais sont encore plus mal vues de l’électorat indécis.
              En voulant gagner quelques pour cents de voix dans l’électorat bo-bo et l’hypothétique électorat musulman ou immigré, le PS perd, avec ce genre de propositions, une bonne partie de son électorat naturel qui vient grossir les rangs du front national.

              C’est ça ! 
              En somme, le PS devrait présenter le programme du FN ! smiley 
              D’ailleurs, d’où vient cette mesure (je cite) : « le financement massif et illégal des mosquées par les mairies socialistes » ? 
              Vous avez des sources, des exemples précis,un extrait du programme du PS contenant ces mesures ? 
              Ou vous vous contentez de colporter les rumeurs du FN ? 

              On attend vos précisions... 
               smiley 

            • wesson wesson 14 juin 2011 12:13

              bonjour docdory,

              « Le PS peut gagner à deux conditions ... »

              oui oui, on a compris le PS ne gagnera que si il mets au pouvoir des sociaux démocrates, et qu’il pratique une politique de droite !

              Mais bon, cette rengaine là, ça ne fait que 25 ans qu’on nous la ressert, avec les succès que l’on connait !

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