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Accueil du site > Actualités > Politique > Présidentielle : le risque et le paradoxe

Présidentielle : le risque et le paradoxe

Voter le 22 avril pour des mirages ne produira pas de miracle. N'en déplaise à ceux qui croient aux lendemains qui chantent, mieux vaut choisir l'exigence de vérité et la voie de la rigueur, pour éviter une future austérité après les mensonges de la campagne.

Faire la part des choses. Pas facile. Essayons.

Raisonnablement, ce n'est pas l'élection présidentielle qui réglera tous nos problèmes quotidiens, comme par magie. Le prochain chef de l'Etat ne fera pas de miracles. Même si certains candidats ont tendance à le laisser croire. Démagogie ordinaire. Mais la démagogie de temps de crise constitue un risque majeur.

Lorsque les temps sont difficiles pour une majorité de familles, lorsque les crises entraînent frustrations et peurs à des points culminants, le danger grandit de voir les responsables politiques charrier des rêves impossibles et des délires collectifs. L'Histoire nous le prouve...

Comment retrouver le sens de la mesure ? A l'heure où la dette publique - comme le surendettement dans une famille - menace l'avenir de nos enfants, c'est la question clé. Les affaires de la cité, la conduite de la République doivent retrouver exigence, rigueur et modération.

Exigence de vérité. Rigueur dans la gestion de l'argent public, qui est l'argent de tous. Modération dans l'exercice des pouvoirs. Les trois à la fois ! Pas l'un sans les autres. Un triangle vertueux doit s'affirmer.

Et la rigueur, ce n'est pas l'austérité. C'est l'inverse !

Regardons nos voisins. En Grèce, c'est parce que les gouvernements successifs, droite et gauche, ont manqué de rigueur que le pays berceau de la démocratie est aujourd'hui contraint à la cure d'austérité. C'est par la faute de ces gouvernements corrompus et destructeurs que les jeunes Grecs - ceux qui le peuvent - quittent leur pays pour bâtir leur avenir ailleurs. L'Espagne connaît la même pente à haut risque.

La rigueur, c'est la capacité à organiser efficacement la République pour que les citoyens retrouvent des marges de manoeuvre, des libertés, des raisons d'espérer. La rigueur est aujourd'hui une urgence. Une urgence humaniste qui respecte les personnes en s'appuyant sur la vérité de la situation de l'Etat et la possibilité d'une perspective d'avenir. Car on ne sauvera pas notre modèle social sans la rigueur.

La France est l'un des pays démocratiques où les acteurs de la société - travailleurs, chômeurs, créateurs d'entreprise, syndicalistes sincères, bénévoles d'association... - se sentent oubliés, de moins en moins reconnus par les pouvoirs en place. Tous les pouvoirs : ceux des grandes entreprises, ceux des administrations, ceux des élus politiques du pays et des Institutions européennes insuffisamment démocratiques... La France est aussi l'un des pays du monde où les médicaments anti-dépresseurs se vendent le plus. La France est le dernier Etat démocratique du monde où l'on attend le "médecin" providentiel à chaque élection présidentielle. Si c'est un beau parleur qui raconte des merveilles, le "remède promis" passera encore mieux.

Les électeurs français semblent continuer de croire au "rêve en politique", si l'on se fie aux sondages. C'est l'illusion du discours contre l'intelligence et la raison

Le risque majeur réside dans ce paradoxe : nous savons - tous - raisonnablement quelle voie suivre, mais nous préférons continuer de rêver à des lendemains qui chantent.

Les sondages - faut-il les croire ? - montrent que François Bayrou est à la fois le responsable politique le plus crédible et le plus apprécié (70% de popularité) et le candidat présidentielle raisonnable le moins enthousiasmant (autour de 10% d'intentions de vote). Pourtant...

Le 22 avril, et le 6 mai, si nous voulons éviter le risque, il faudra résoudre le paradoxe.


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13 réactions à cet article    


  • Patrick Samba Patrick Samba 12 avril 2012 02:20

    Bonsoir,

    " La France est l’un des pays démocratiques où les acteurs de la société - travailleurs, chômeurs, créateurs d’entreprise, syndicalistes sincères, bénévoles d’association... - se sentent oubliés
    "

    Une phrase gentiment compatissante où grâce à un seul mot tout est dit de ce qu’il faut comprendre de cet appel à la raison. Ce mot est un adjectif. Il n’est accolé qu’à un seul autre mot désignant un groupe dans la liste comportant un certain nombre de groupes sociaux. Et ce mot est : « syndicalistes ». Les seuls pour lesquels l’auteur envisage qu’il y ait parmi eux des personnes sincères et donc d’autres qui ne le sont pas.
    Par contre pour ce qui est des autres catégories, pas d’hésitation : ses membres sont forcément sincères.

    Intéressant !

    VOTEZ BAYROU ! 


    • jadismanu 12 avril 2012 08:25

      Résoudre le paradoxe, oui.
      Espérons que cela ne prendra pas autant de temps que de résoudre celui de Poincarré.

      VOTONS BAYROU dès le 22 Avril


      • Robert GIL ROBERT GIL 12 avril 2012 08:38

        Voter, ce n’est pas être dupe ; c’est savoir que les hommes élus sont tout comme vous des hommes qui ne peuvent tout savoir et tout comprendre. C’est pourquoi en raison même de l’immensité de la tâche, il ne faut pas que le peuple s’en retourne à ses occupations le lendemain des élections. L’histoire nous enseigne que le pouvoir a toujours corrompu, « le parlotage » a toujours abêti, et que si on n’y prend garde, la médiocrité prévaut fatalement. Le peuple doit en être le garde fou..............
        http://2ccr.unblog.fr/2012/04/10/votez-ce-nest-pas-abdiquer/


        • Nanar M Nanar M 12 avril 2012 08:46

          Blablabla Rigueur, blablabla Modération, blablabla soumission, soumission, soumission.
          Le programme de la troïka défaitiste-collabo : Hollande-Bayrou-Sarko.


          • Agerate Agerate 12 avril 2012 11:56

            C’est d’un niveau votre commentaire ...


          • Nanar M Nanar M 12 avril 2012 12:52

            Il est bon de rappeler inlassablement quelques vérités simples face aux manipulations de ceux qui « savent ».
            Les fameux experts qui tentent de nous expliquer par a+b que le monde est trop complexe pour le citoyen et qu’ils faut les laisser « gérer ».
            Ce temps est révolu, ne vous en déplaise.


          • Agerate Agerate 12 avril 2012 14:19

            @Nanar M

            Il est bon de rappeler inlassablement quelques vérités

            Houuu, merci Mickey, qu’est-ce qu’on aurait fait sans vous !

            simples face aux manipulations de ceux qui « savent ».

            Forcément : tous ceux qui ne pensent pas comme vous sont des manipulateurs. Ca vole haut.


            Ce temps est révolu, ne vous en déplaise.

            Je vous propose de garder vos leçons de morale : je me bats concrètement pour rétablir une démocratie authentique en France depuis longtemps.

            Et ce ne sont pas vos commentaires puérils et caricaturaux qui vont nous aider, nous qui nous sortons les doigts pour faire bouger les choses pour de vrai, en citoyens responsables.

            Cordialement.


          • devphil30 devphil30 12 avril 2012 09:41

            Dans quelle mesure pouvez vous parler au nom de tous ????

            « Le risque majeur réside dans ce paradoxe : nous savons - tous - raisonnablement quelle voie suivre, mais nous préférons continuer de rêver à des lendemains qui chantent. »

            Les lendemains sont surtout faits des jours précédents par l’incompétence de 30 ans de gestion publique associé à des décisions néfastes pour le pays en terme de coût de l’emprunt.

            Rejoignez ceux qui votent blancs ou ne votent même pas et attendez comme celui qui se jette par la fenêtre et qui à chaque étage dit pour l’instant tout va bien ......mais surtout ne faites rien soyez résolu et défaitiste.

            Ce type d’article prend de l’ampleur sur Agoravox , un signe de crise dans des partis qui espérer beaucoup de le démobilisation des électeurs .....

            Philippe



            • epicure 12 avril 2012 18:35

              La raison actuellement c’est de sortir la France des rails qui ont été tracés actuellement et qui nous mènent droit vers le mur, comme la Grèce.
              La raison c’est de sortir la démocratie des diktats des marchés financiers.

              Ceux qui ne sont pas raisonnables ce sont ceux qui se laissent bercer par le système actuel sans rien remettre en cause. Ce sont les lâches vis à vis des pouvoirs économiques.
              Il n’y a rien de raisonnable à laisser le pays glisser vers un système où certains d’autorité décident qu’ils peuvent concentrer les richesses et que les états doivent pressurer les peuples si besoin pour accomplir ceci.


              • Laurent Watrin Laurent Watrin 13 avril 2012 11:26

                @ Par epicure, qu’entendez-vous par diktat des marchés financiers ? A titre personnel et familial, lorsqu’une banque vous prête de l’argent, elle est en position de force si vous êtes endetté. Elle ne prête plus du tout si vous êtes surendetté. Pour les Etats, il y a une donné supplémentaire. Le statut d’un pays, son environnement, ses ressources et ses projets entrent dans la balance du « marché » qui continue potentiellement à prêter de l’argent. La régulation est nécessaire. Mais le diktat des marchés survient par la faute des gouvernements. Encore une fois, les Grecs ont raté des étapes dans l’administratio nde leur pays, et c’est aussi la faute de l’Europe qui n’a pas su être suffisamment transparente et démocratique pour éviter le pire. Les prêteurs ne sont pas les payeurs, comme dit la sagesse populaire. Mais ils prêtent toujours (sans état d’âme) si les dirigeants continuent de faire croire au peuple qu’il n’a rien à payer... Le programme de M. Mélenchon, à ce titre, nous emmène sur un terrain dangereux.


              • chapoutier 13 avril 2012 11:45

                wautrin

                Les prêteurs ne sont pas les payeurs dites-vous en défense des banques.

                Mais les états créaient la monnaie par essence, et c’est une décision politique inique qui à contraint les états à emprunter aux banques de l’argent virtuel, pour le plus grand bonheur des banquiers qui se morfalent les intérêts de la dette. Il s’agit bien d’un hold-up organisé par les banquiers avec la complicité des politiques.

                Par contre vous trouvez certainement normal que les états sauvent les banques en faillite ?



              • Laurent Watrin Laurent Watrin 13 avril 2012 23:44

                Je ne défends pas les banques. Je les prend pour ce qu’elles sont : des gestionnaires de patrimoine circulant. Rien ne vous oblige à payer des services bancaires. Tout est négociable. Rien ne vous oblige à acheter des actions si vous n’en voulez pas. Rien n’oblige à contracter un emprunt délirant. etc etc. Ce qui est valable pour la personne raisonnable que vous êtes, l’est aussi pour un Etat. Mais aujourd’hui, la situation de la France impose de dire aux citoyens que la dette est une urgence à résorber. Ensuite, nous pourrons remettre le marché à sa place. Chacun dans son rôle. Nous sommes tous responsables. Car l’Etat c’est nous. Cela aurait d’ailleurs pu être le slogan de M. Mélenchon mais je constate qu’il préfère le mot POUVOIR au mot ETAT. Etonnant, non ? ;))


              • Laurent Watrin Laurent Watrin 12 avril 2012 22:52

                Pourriez-vous m’éclairer ? Je ne comprends pas votre propos.

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