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Présidentielle : une droite déboussolée

François Hollande jouait gros hier au Bourget. Celui que beaucoup affublaient de surnoms malveillants visant à affaiblir sa candidature, voire à ridiculiser sa personne, en ont été pour leurs frais : devant une foule enthousiaste, le candidat socialiste, au terme d’un discours de 1 heure 30, a démontré, tant dans la forme que sur le fond, qu’il saurait, le moment venu, endosser l’habit de Président si les Français lui font confiance. Mais la surprise n’est pas dans cette prévisible présidentialisation, elle est venue des rangs de l’UMP. Une UMP totalement déboussolée...

On avait constaté, depuis déjà quelques semaines, à quel point le discours des tenants du sarkozysme, affolés par les sondages calamiteux, était creux, les snipers de l’UMP en étant réduits à des accusations de caniveau ou à brandir le spectre d’un danger en cas de victoire de la gauche en mai. C’est ainsi que Gérard Longuet s’est laissé aller à comparer François Hollande à l’irresponsable commandant du Costa Concordia. C’est ainsi que Nadine Morano a qualifié le candidat socialiste d’homme « dangereux » pour la France.

Mais comme le dit, avec beaucoup de bon sens, le proverbe populaire : « Les chiens aboient, la caravane passe ». Ainsi en est-il allé du cheminement de François Hollande sur la route de l’Élysée. Sourd à ces attaques mesquines, il s’en est tenu à sa programmation de campagne. Bien lui en a pris, si l’on en croit les appréciations flatteuses qui saluent aujourd’hui sa prestation du Bourget dans la grande majorité des organes de presse. Rien d’étonnant à cela pour quiconque a regardé et écouté le discours du candidat socialiste. Un discours sans doute insuffisant aux yeux des forces représentatives de la véritable gauche de progrès vers lesquelles va mon suffrage, mais un discours fort, très bien structuré, et surtout porteur d’un axe d’engagement de lutte contre la financiarisation de la société ainsi que de nombreuses décisions programmatiques.


Des décisions qui ont manifestement laissé l’UMP sans voix sur le fond. Et la grande surprise du jour est peut-être là, dans cette impuissance affichée du parti présidentiel à réagir. Certes, on a entendu Jean-François Copé, Bruno Lemaire, Henri Guaino, François Baroin ou Valérie Rosso-Debord dans les médias, mais l’incroyable vacuité de leurs interventions montre à quel point l’UMP n’a pas vu venir les engagements de François Hollande, et à quel point elle est démunie face à ce projet structuré et cohérent.

Deux paroles illustrent bien le désarroi qui gagne le parti présidentiel. Celle de Jean-François Copé qui, en lieu et place d’une critique argumentée, résume ainsi le discours du candidat socialiste : « Ce ne sont que des mots ». Exact, mais des mots chargés de sens contrairement aux siens. Celle de Henri Guaino qui, ce matin sur France-Inter, en a été réduit à affirmer « Les Français ne se laisseront pas voler la présidentielle ». Stupéfiante attaque venant de quelqu’un qui se prend pour l’un des gardiens de la démocratie. Ainsi la gauche serait-elle en position de voler la victoire en mai ? Plus que tout autre élément, l’énormité de cette accusation montre la détresse qui s’installe dans le camp du sortant.

Mais qui peut être surpris par ce type de réaction venant d’un parti qui méprise tout ce qui n’est pas lui-même, tout ce qui touche aux classes populaires et à ceux qui s’en prévalent dans leurs engagements ? Il y a quelques semaines, j’ai assisté à Paris à une représentation de l’excellente pièce Sunderland qui relate les difficultés de trois femmes modestes dans un contexte social lourd marqué par le chômage. En attendant de pouvoir pénétrer dans la salle, j’ai lu quelques critiques apposées sur un panneau. La plupart faisaient, à juste titre, référence à Ken Loach, et dressaient avec des mots justes le décor de la pièce en évoquant les « classes populaires » ou un « milieu ouvrier ». Seul Le Figaro se démarquait : son critique avait, quant à lui, osé décrire « une Angleterre bas de gamme ». Á vomir, à l’image du propos d’Henri Guaino !




par Fergus lundi 23 janvier 2012 - 104 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Daniel Roux (---.---.---.156) 23 janvier 2012 11:06
    Daniel Roux

    Bonjour Fergus

    Et pendant ce temps là, dans un bateau à la dérive sur un fleuve conduisant vers la déchéance et l’oubli, Sarkozy en costar-cravatte, livide, déprimé, perdu, fini...

    Puisse l’UMP sombrer avec le capitaine sans courage !

  • Par wesson (---.---.---.62) 23 janvier 2012 12:23
    wesson

    bonjour deovox,

    « ça veut dire que la presse commence à lacher sarkozi. et sans la presse il est cuit.  »

    ça fait un petit moment qu’une partie de la presse l’as lâché. Il ne lui reste pratiquement plus que le Figaro (avec malgré tout une hostilité grandissante de la rédaction que Mougeotte a bien du mal à contenir), et TF1 qui est encore avec le petit doigt sur la couture du pantalon.

    TF1 c’est le sphincter de l’information : il retient toute la merde qui s’accumule en amont et n’en laisse passer qu’un tout petit peu et quand il faut. Si il lâche, ça sera une diarrhée innommable dans les médias, tellement ils ont accumulé...

  • Par wesson (---.---.---.111) 23 janvier 2012 10:57
    wesson

    Bonjour Fergus,

    je reconnais que le discours de Hollande était une surprise. Une surprise modéré, mais plutôt bonne. Il a lancé quelques idées à creuser, et surtout ce que j’ai apprécié, ça a été le « 60.000 enseignants c’est vrai que ça ne va pas, il en faut plus. »

    « Celle de Henri Guaino qui, ce matin sur France-Inter, en a été réduit à affirmer « Les Français ne se laisseront pas voler la présidentielle ». »

    Ce matin il était en dessous de tout : bafouillant des phrases sans queue ni tête, sans aucun argument, on l’aurai dit complètement affolé. Et lorsque le journaliste lui sort « mais vous n’en avez pas de programme », c’était le naufrage... Il n’a même pas eu le courage de rester pour les questions des auditeurs.

    Ceci dit, mais affaibli comme il l’est Sarko n’en reste pas moins redoutable. La difficulté finira de le désinhiber, ils vont tout tenter. Espérons juste que ce sera tellement énorme que ça se verra.

  • Par Fergus (---.---.---.167) 23 janvier 2012 11:16
    Fergus

    Bonjour, Daniel.

    Sarkozy avait en effet un air déprimé en Guyane. Et les images qui l’ont montré au côté des chefs coutumiers revêtus de leur uniforme d’officier de marine (curieuse tradition) ont été très négatives car elles révélaient à l’évidence un terrible ennui d’être là !

    Le naufrage n’est pas encore là, mais pour celui qui veut renouveller son contrat de capitaine du paquebot France les écueils sont de plus en plus nombreux et de plus en plus mençants !

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