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Présidentielles, Le Pen superstar

medium_Segolene_Sarkozy_Le_Pen_Delize.2.jpgDepuis 1984, où Laurent Fabius, alors Premier ministre, déclarait que le président du Front national posait les bonnes questions mais y apportait les mauvaises réponses, les problèmes soulevés restent, désespérément, en suspens. Au point que Jean-Marie Le Pen n’a fait que progresser, dans l’opinion publique, pour obtenir son véritable bâton de maréchal en supplantant le Parti socialiste, à l’issue du premier tour du scrutin pour la désignation du président de la République en 2002.

Au bout de vingt ans, il agrège, sur son nom, près d’un électeur sur cinq. Il a recueilli plus de 5 525 000 suffrages, au second tour, avec une progression de 720 000 voix entre les deux tours. Pour mémoire, Lionel Jospin n’avait obtenu que 4 610 000 voix au premier tour.


Lors des élections législatives qui ont suivi, le FN avait obtenu au premier tour 11,84 % des suffrages correspondant à 2 862 960 électeurs. Pourtant, ceux-ci ne sont nullement représentés au Parlement, alors que le PCF, avec seulement 4,82 % des voix, possède un groupe parlementaire composé de 26 députés et l’UDF, avec 4,85 % des suffrages, 22 élus.

Aucun système politique ne peut perdurer en enregistrant une telle distorsion entre la réalité du pays et sa traduction institutionnelle, sauf à vouloir exclure de toute vie publique un pan entier de la population. Et c’est bien ce qui se passe actuellement, générant un ressentiment, sans cesse grandissant, contre une caste présentée comme confisquant le pouvoir.

La simple application d’une dose de proportionnalité aurait permis de ne pas être confronté au faux dilemme de l’opportunité d’une présence, ou d’une absence, frontiste dans la compétition électorale pour l’Elysée.

Au demeurant, on ne peut gommer d’un simple trait près de 20 % d’une sensibilité politique, que ce soit sous le prétexte qu’elle se calquerait sur des idées nauséeuses ou qu’elle se serait laissé suborner par le leader extrémiste. Sur ce dernier point, personne aujourd’hui ne peut plus entretenir d’ambigüité sur les thèses xénophobes et ultraconservatrices qu’il propage. Croire le contraire serait une grave erreur.

Il est assez remarquable de considérer combien l’émergence de l’idéologie lepéniste est contemporaine de l’entrée en politique de nos principaux prétendants à la magistrature suprême, notamment Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, qui en vingt-cinq ans ont, à plusieurs reprises, occupé des responsabilités gouvernementales.

Il leur aurait donc fallu plus de vingt ans pour se rendre compte que la progression de l’extrême droite pouvait être une menace pour nos institutions républicaines. Et le remède proposé serait tout simplement de faire en sorte que le peuple français soit empêché, par une mesure tout arbitraire, (le refus de parrainage), de se prononcer sur son actuelle persistance.

Ce n’est pas en cachant le thermomètre qu’on soigne la fièvre du malade. Exclure Le Pen de la compétition électorale serait une médecine pire que le mal qu’il désigne. Il est le symbole d’une société en mal d’idéal qui génère, durablement, exclusions sociales et inégalités de revenus de plus en plus flagrantes. De cette triste réalité, nous sommes tous responsables. Ne serait-ce que pour avoir laissé faire et pour nous satisfaire d’un monde, arraisonné à la technique, sans transcendance ni réflexion.

Une telle situation délétère demande tout autre chose qu’une simple substituabilité d’offres électoralistes fondées sur une surenchère sécuritaire. Pourtant, c’est l’hypothèse retenue par nos deux principaux challengers que valide une étude du CSA. L’absence du président du FN profiterait, pour 8 % au président de l’UMP et pour 5 % à l’égérie de nos désirs d’avenir.

Un lepénisme sans Le Pen, n’est-ce pas la meilleure des consécrations pour le FN, mais un triste naufrage pour la démocratie ?

Dessin : Delize

par Bernard Lallement (son site) mercredi 29 novembre 2006 - 51 réactions
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  • Par Internaute (xxx.xxx.xxx.240) 29 novembre 2006 19:37

    Il faut combattre les idées nauséeuses de SégoSarko, tout le monde est bien d’accord là-dessus. Le FN semble la voie d’avenir vers la liberté retrouvée. Si les manoeuvres antidémocratiques conduisent à empêcher Le Pen de se présenter, il n’y a aucune raison pour que les socialistes aient le droit de voter pour Ségolène alors que 20% des français n’auraient pas le droit de voter pour leur candidat ou que les électeurs de la droite molle aient le droit de voter pour Sarkozy. Dans ces conditions, les élections doivent être annulées. Les citoyens sont soit-disant égaux devant la loi, n’est-ce pas ?

    Au nom de quelle "valeur" démocratique serais-je interdit de vote ?

  • Par Jim (xxx.xxx.xxx.33) 30 novembre 2006 11:08

    Je pense aux racines que l’on appelle chrétiennes, mais qui sont surtout le découllement de 2000 ans de vie traditions, de mythes, de rites, de fêtes etc.. etc...la France à mis Dieu dans un placard et à jetté la clef, la France a consideré les traditions des campagnes étaient débiles, que les fêtes religieuse c’etaient de la bigotterie crétine. Mais tout celà avait au moins l’avantage de rassembler les peuples, Où se rassemblent les peuples et les familles maintenant ? Au centre commercial ? à la caféteria Casino ? à des concerts de musique ? Au risque de me prendre un -200 , j’ai l’intime conviction que la France pouvait vivre le XXe siècle tout en gardant sa foi, ses traditions, et sa culture.La technologie et le dieu argent nous fait oublier notre condition humaine, nous menant à l’individualisme à outrance. Les montées extremes, c’est peut être notre nature nous rapelle à l’ordre, c’est violent je le conçoit, mais on est tout de même allé loin dans la bêtise et l’egoisme. Admettons notre humanité, pensons NOUS et ne pensons plus MOI, le racisme et l intolérance s’effondreront aussi vite qu ils sont apparus Jim

  • Par Jim (xxx.xxx.xxx.33) 29 novembre 2006 18:10

    Il faut arreter avec le racisme des français. oui quelques français sont intolérants sans distinction de couleur, mais de là a dire que c’est du racisme non, non et non. Le racisme c’est un gros nuage de fumée, il y a une montée du communautarisme ( musulmans avant musulmans, chrétiens avec chrétiens, boulangers avec boulangers ) mais ce n’est en aucun cas ce qu’on appelle du racisme. La montée de l’intolérance, pour moi, vient du fait que les français se sentent des étrangers par rapport à leur propre pays car ils ont oublié leur racines, leur culture, ils essayent désesperément de se rattacher aux quelques principes dont ils se souviennent et c’est tout. NB : quand je dit français, je parle d’habitant du sol, je ne fait pas de disctinction de couleur ou d’origine car là, ce serait du racisme smiley

  • Par SERGE (xxx.xxx.xxx.77) 29 novembre 2006 20:14

    Si le personnel politique qui se partage le pouvoir depuis des décennies,n’avait pas, par myopie et égoïsme, interdit au FN d’être représenté aussi bien au parlement qu’au sénat, le FN se serait fondu dans le paysage politique et ne représenterait maintenant guère plus de 5 à 7 % des voies. Et encore... Une proportionnelle, soit intégrale, soit partielle permettrait non seulement au FN mais aussi à l’extrême gauche et même pourquoi pas aux Musulmans de pouvoir être représentés en particulier au Parlement. Eliminer la représentation d’au moins 30% des électeurs est antidémocratique et une grosse bêtise car ceux qui se sentent exclus en arrivent à la haine ou au mieux au mépris des hommes politiques qui se partagent le pouvoir. Et un jour, il y a le risque d’explosion.

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