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Accueil du site > Actualités > Politique > Présidentielles, une histoire de gros sous

Présidentielles, une histoire de gros sous

« Dis-moi combien tu gagnes, je te dirai si je vote pour toi. » Après la vague d’indignation face à la non-utilisation des dons pour le tsunami, les Français se sont passionnés, ou on l’a fait pour eux, pour des questions d’argent très prosaïques.

Autant les Français tolèrent toutes les incartades sexuelles de leurs dirigeants, à en croire le succès de librairie de Sexus politicus, autant ils semblent de ne pas supporter toute opacité financière et pour tout dire toute présomption de richesse chez leurs dirigeants politiques. Cela tient, d’après les théologiens, à la culture catholique dans laquelle baigne notre pays. Les Américains, ancrés dans leurs traditions protestantes, acceptent la culbute (financière) mais pas la turlute. Ce que l’exemple de Bill Clinton, soupçonné dans des affaires d’argent dans son Arkansas natal, mais inquiété pour une légère aventure avec une stagiaire, semble confirmer.

Patrie...moine

Ainsi, la semaine écoulée aura été marquée par le débat sur le patrimoine de chaque candidat. Savoir si untel est assujetti à l’ISF ou possède des parts de SCI. Depuis plusieurs mois déjà, un e-mail d’origine inconnu apprenait, sur la base d’une information, publiée par le site d’informations sur les sociétés www.societe.com, que Ségolène Royal possédait des parts dans une SCI appelée La Sapinière. Aux Etats-Unis, on aurait pu vérifier l’état de ses dents ou le pedigree de son voisinage.

Les fausses interprétations, qui continuent comme ici, ont provoqué une réaction en chaîne dont il conviendra de dire qu’elle a arrosé l’arroseur, si bien que tous les candidats sont sommés de donner le montant de leur patrimoine net. Pour l’un d’entre eux, ce n’est que prendre un peu d’avance, car le prochain président devra, comme c’est la loi, communiquer l’ensemble des éléments de son patrimoine, ce qu’une simple feuille d’impôts devrait en capacité de faire.

Voici les résultats :

  • Ségolène Royal. 355 800 euros
  • Jean-Marie Le Pen. Au moins 1,4 million d’euros
  • Nicolas Sarkozy. 1,1 million d’euros
  • François Bayrou. 607 000 euros
  • Philippe de Villiers. 540 000 euros
  • Dominique Voynet. Moins de 240 000 euros
  • Marie George-Buffet. Au moins 120 000 euros
  • Olivier Besancenot. 37 000 euros
  • Arlette Laguiller. 12 000 euros + une clio
  • Corinne Le Page. 2,4 millions d’euros.
  • Et puis Nicolas Miguet, variable selon que l’on compte en vrai argent ou en billets de Monopoly.


Chouette. On sait que Olivier Besancenot a acheté un appart à Paris pour un peu moins de 300 000 euros avec « quelqu’un », que François Bayrou possède un haras sous forme d’entreprise, et que Corinne Lepage sait bien gérer son cabinet d’avocat avec son époux. Bon, c’est aussi intéressant que de savoir si Johnny va divorcer d’Adeline. Comment ça, il n’est plus marié avec Adeline ?


Des budgets de campagne qui gonflent

Plus intéressant serait de publier les budgets de campagne des différents candidats en course. Voici une liste qui n’est pas exhaustive, basée sur les déclarations des candidats ou de leurs proches.

Budgets de campagne 2007

C’est incomplet, car les candidats publient rarement d’eux-mêmes les chiffres des coûts de leur campagne. Au total, la campagne électorale 2007, et ceci uniquement pour les présidentielles, coûtera la bagatelle de près de 240 millions d’euros, organisation comprise. C’est cela aussi, le prix de la démocratie. Aux Etats-Unis, pour la campagne présidentielle 2004, les deux principaux candidats, John Kerry et Georges Bush, ont dépassé ensemble 410 millions de dollars, notamment en spots télévisés. Ce qui, ramené à la population, reste environ 2,5 fois plus élevé que les deux plus dépensiers de nos prétendants.

Plusieurs candidats, parmi les petits, peuvent prétendre obtenir le financement de l’Etat. A condition d’obtenir les cinq cents signatures, chaque prétendant reçoit 153 000 euros d’avance forfaitaire. Puis après l’élection, 774 000 euros de plus. Si bien qu’en-dessous de 927 000 euros un candidat ne risque aucune perte d’argent. S’il obtient plus de 5% des suffrages exprimés par contre, il peut prétendre à une prise en charge plus importante de la part de l’Etat. Les chiffres précis seront publiés dans les prochaines semaines. Mais grosso modo les seuils de dépenses acceptées sont de 15,5 millions d’euros pour des candidats de premier tour et de 20,7 millions d’euros pour les deux candidats du second tour. L’Etat prend à sa charge la moitié de ce montant dans la limite des dépenses réalisées. Notons que le compte de campagne ne débute son compte à rebours que lors de l’officialisation de la candidature. La légende veut que le trésorier de chaque candidat consacre la première dépense de la campagne à l’achat d’une montre qui précise les millionnièmes de seconde. Qui a dit que le temps, c’était de l’argent ?

Le classement précédent donne ainsi l’état des espérances des candidats. Le second tour pour Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, l’embuscade pour Jean-Marie Le Pen, et le premier pour les autres dont François Bayrou, dont le budget atteint la part maximale de remboursement de l’Etat pour un candidat, dont il devrait être, qui dépasse le seuil fatidique des 5%.

On pourrait croire que c’est un peu comme au foot où le classement des budgets ressemble étrangement à celui du classement sportif de la fin de saison. Il n’en est rien ici comme le montre ce petit tableau réalisé à partir des résultats aux élections présidentielles de 2002 et des comptes de campagne déposés par les candidats.


L’arrivée d’Internet

En 2002, François Bayrou et Jean-Pierre Chevènement avaient été les plus internautophages avec environ 4% du budget de leur campagne dédié à Internet. Cette année, on peut penser que près de 20% du montant des dépenses sera versé à Internet. Entre l’achat des mots clés, des campagnes mails, de la création de sites et de blogs spécifiques, c’est ainsi 16 millions d’euros qui seront consacrés au marketing politique sur le Web. On remarquera cependant que le marketing Web n’en est tout de même qu’à son commencement. Pas de wiki sur les sites, par exemple, pour booster « la démocratie participative ». Pas de skype pour appeler ou se faire appeler gratuitement. Pas de PayPal pour des transactions sécurisées. Beaucoup de logiciels libres, par contre, pour la construction des sites de campagne. Un peu de virtuel sur Second Life, rien en revanche sur World of Warcraft ! Sur ce dernier point, il paraît que la campagne sera suffisamment saignante comme cela.


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14 réactions à cet article    


  • CedricA (---.---.181.106) 24 janvier 2007 12:45

    Peut être que ne dépenser que ce que l’on est certain de se voir rembourser est gage d’une certaine capacité de gestion de l’argent publique ?

    Bayrou, Le Pen, Royal et Sarkozy sont quasiment assurés de faire plus de 5%, ils peuvent donc légitimement financer leur campagne à hauteur de 7 million d’euro.

    Les autres candidats par contre, n’ont que 1 million d’euro de dépenses couvert. Ce qui pose le problème de l’égalité de traitement.

    Pour compléter cet article, la synthèse des comptes de campagne 2002 http://www.conseil-constitutionnel.fr/dossier/presidentielles/2002/documents/comptes/synt hese.pdf


    • Christophe Christophe 24 janvier 2007 14:57

      Au passage, le budget de Sarkozy est le maximum autorisé par les règles sur les 2 tours : 21 millions d’euros.

      De son sacre le 14 janvier dernier, seulement 20% du coût de la journée (estimée à environ 5 millions d’euros en prenant en compte tous les frais) sera imputé sur son budget campagne, sous prêtexte qu’il n’a parlé que 20% du temps. Le reste sera assumé par l’UMP.

      Mais que font les commissions de contrôle ?!


      • candidat 007 (---.---.41.75) 24 janvier 2007 16:30

        C’est intéressant de le savoir, mais pour comparer les budgets, il faudrait aussi rapporter les montants dépensés au nombre d’adhérents des partis, ou au nombre des votants pour chaque parti.

        le chiffre utile est quand même le montant de 927 000 euros pour un candidat ayant franchi la barre des 500 parrainages. Pour un petit parti c’est intéressant de tenter le coup, car on peut ainsi se payer une bonne tranche de communication, juste avant les législatives. (législatives qui permettent ensuite le fonctionnement des partis par une rémunération pendant la législature au prorata des voix obtenues.) Ceci entre en ligne de compte pour par exemple Arlette, Besancenot, le Parti des travailleurs et le PCF, qui ne peuvent donc pas accepter comme ça une union aux présidentielles, les Verts aussi qui jouent entre vote utile ou pas, mais également de Villiers, Dupont Aignan.

        La présidentielle sert à beaucoup de choses pas seulement à élire un président et en particulier à entretenir des chapelles. Le PT (parti des travailleurs) est l’exemple type. Ce qui a valu aussi il y a quelque élections de cela , de voir apparaître une secte aux présidentielles (ceux qui sautaient sur les coussins, pour ceux qui s’en souviennent).


        • mik (---.---.207.132) 24 janvier 2007 16:33

          Concernant les chiffres de l’ISF des divers candidats : Sarkozi a été avec Le Pen le seul à ne pas donner le détail de son patrimoine, bien qu’il s’y été engagé. Tous les médias savent très bien qu’il y a dissimulation fiscale mais que voulez-vous, il faut bien nourrir sa famille et éviter d’en parler ! Ce candidat vient de vendre un appartement plus de 1 900 000 euros. Il a fait dire (toujours prudent et courageux lui n’a rien dit)) qu’il paie pour la première fois 2000 euros d’ISF pour un patrimoine évalué à 1 130 000 . On peut se poser la question suivante : comment ce magicien a-t-il fait pour passer d’un patrimoine de moins de 732 000 euros (seuil de non ISF l’année précédente) à 1 130 000 en l’espace d’un an ? On attend toujours qu’il fournisse le détail de son patrimoine comme l’on fait les autres candidats.On aura de belles surprises ! Le silence ressemble à un aveu.


          • caramico (---.---.227.229) 24 janvier 2007 18:35

            Si Sarko est élu, il remplacera un autre qui s’en est mis plein les fouilles, chateau de bitty, compte au Japon, frais de bouche, voyages et séjours à l’oeil...

            Il y aura une certaine continuité dans la « rupture »


          • (---.---.229.236) 24 janvier 2007 19:50

            Donnez son patrimoine, c’est faire tourner la tête aux gens simples et frustes. Mieux vaut pour eux qu’ils restent dans l’ignorance.


          • Zamenhof (---.---.198.111) 24 janvier 2007 21:34

            Bon, maintenant une petite questio : à votre idée qui de ces bonnes gens va proposer une fois élu de diminuer de moitié son propre salaire et csuccéssivement : Evo Morales en Bolivie, Daniel Ortega au Nicaragua, et Correa en Equateur ?

            ça c’est une question qu’elle est bonne !!!

            aucun ? p’tete bien aucun ....

            allez ! les paris sont ouverts !

            qui commence ?


            • Zamenhof (---.---.198.111) 24 janvier 2007 21:35

              une parti du texte a disparu, lire :

              « son propre salaire et ceux de ses ministres, comme l’ont récemment fait, successivement »


            • nature32 (---.---.84.8) 24 janvier 2007 22:25

              excellent article,

              Voila un « bon » début de comparaison entre prétendant.

              un « petit » tableau avec pour chaque candidat un comparatif du programe et surtout des haut « faits d’arme » passé, cad « les casseroles » serait pas mal ? Un wiki ferai très bien l’affaire pour des citoyen(ne) motivé(e)s.

              Sur le même principe que l’éco-comparateur de la SNCF ! avec une ponderation sur chaque sujet, ainsi chacun pourait rationellement décider de :
              - qu’est-ce qui est important pour mois ? => pondération forte
              - calcul en fonction de chaque profils des candidats. => je peux voter pour qui !!

              Techniquement c’est possible ! a voir si la transparence est raisonable en politique ? ou si l’empire de la peur et la « dictature médiatique » sont prépondérante dans la décision des votans.

              buno


              • Thierry (---.---.150.51) 25 janvier 2007 07:40

                Mensonges des époux Hollande ...Rien que leur maison de Charentes est estimée au bas mot à 1 MILLION d’EUROS ....


                • (---.---.229.236) 25 janvier 2007 07:49

                  J’avais quelque doute aussi..

                  A t on des sources fiables ?


                • armand armand 25 janvier 2007 11:24

                  Le moindre petit merdeux chez Goldman-Sachs touche dix fois le salaire d’un haut-fonctionnaire ; tous les hommes et femmes poilitiques USA sont multi-millionnaires ; quant à la rapacité de Cherie Blair,elle est devenue proverbiale. Je trouve bien qu’on lève le rideau sur les fortunes des candidats, mais franchement, pour des quinquas qui gagnent depuis vingt ans des salaires de cadres-sup, il n’y a rien de scandaleux.


                  • konébien (---.---.135.48) 26 janvier 2007 19:15

                    ce n’est pas ce qu’ils ont qui pose problème il y a déjà un problème s’il n’existe pas un document consultable par tout le monde sur internet sur le patrimoine de ceux qui veulent nous représenter , documents à compléter par l’élu sortant. Ce ne serait pas du voyeurisme ,simplement une illustration de la probité de l’élu . Dans le cas de Ségoléne , ce qui pose aussi problème c’est son positionnement politique : on ne peut à la fois déclarer vouloir effrayer les capitalistes et son compagnon ne peut déclarer ne pas aimer les riches sans que quelquepart on ne puisse estimer que nous avons en face de nous de fieffés Tartuffe Mais il y a plus, j’ai été incapable à lire internet ou la presse de déterminer des choses apparemment simples mais bien contradictoires oui ou non le domicile légal de ségolène et François est Rue Duquesne paris 75007. c’est bien là qu’est enregistré la sapinière mais .qu’y a t il rue Duquesne une domiciliation boite à lettres ou le domicile ? selon la réponse cela change tout et cela pose encore plus de questions.... si le domicile est à Boulogne ,cad qu’ils y habitent effectivement , c’est presque limpide même si l’estimation fait sourire les professionnels de l’immobilier Par contre s’ils habitent le 7eme là un vrai problème de cohérence se pose ?voila un couple n’hesitant pas à minorer la valeur de leurs actifs pour réduire l’impôt ,qui posséde un grand domicile bien situé ,qui irait louer un appartement dans le 7eme ? mais pourquoi donc ? c’est stupide d’un point de vue fiscal cela ferait apparaitre des revenus imposables sur la location de Boulogne et entrainerait une sortie conséquente pour la location du 7eme (sauf si le logement conformément aux règles non écrites de la nomenklatura est obtenu à prix d’amis auprés d’un de ces organismes publics si généreux pour les amis des amis) Bref il y a là un mystére et il ne faut pas poser la question ,partout ou je la pose ,le message n’est pas accepté ;il ya donc quelquechose quoi ?est ce financier ?est ce personnel ,on lit à longueur de forums que ce couple n’existe plus .Serait ce le logement de l’un et le logement de l’autre ?? si ce message passe ,et que quelqu’un a laréponse ..merci d’avance il semble comme le dit Laurent Bazin ,que la liberté de s’exprimer trouve ses limites dans le copinage de la Presse et du pouvoir


                  • Jean MOLO (---.---.136.74) 29 janvier 2007 12:01

                    Jean MOLO, élu local, donne son avis sur l’ISF et les candidats dans la campagne présidentielle, c’est ici, en video : http://www.dailymotion.com/video/x10lpu_isf-3


                    ISF 3
                    envoyé par vasimolo

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