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Primaires Démocraties

Depuis la Crise de 2007-2008 plus personne ne conteste qu’il y a les 99% et les 1% qui vivent dans deux mondes bien différents. On a même vu récemment que huit de nos milliardaires chéris par Macron possèdent autant que la moitié des humains de cette terre (rapport Oxfam).

Pour les 1%, le monde est un village mondial plein de perspectives et d’opportunités à cueillir à pleines dents.

Pour la très grande majorité des 99% c’est plutôt une jungle inquiétante dans laquelle il devient toujours plus incertain et difficile de trouver une place et illusoire de vouloir la conserver trop longtemps.

Entre les deux groupes oscille une masse variable de compradores divers sur qui « ruissellent » quelques miettes du repas des 1%. On y trouve aussi bien des acteurs de l’économie réelle que des éléments du paysage médiatique, sportif, culturel ou politique. Ils constituent à la fois le rideau et la vitrine de ce théâtre mondialisé. Ils ne sont pas les marionnettes passives ou contraintes des 1% ; ils ne font qu’agir au mieux de leur propre intérêt pour le maintien de cet ordre du monde.

La doxa démocratique s’étant réduite progressivement au formalisme fétiche du scrutin majoritaire, il est donc devenu essentiel pour les 1% de « contrôler » les opinions des 99%. Marketing, publicité, communication, les méthodes et moyens ne manquent pas, toujours plus discrets et sophistiqués. On a vu se créer en ce début de siècle l’ingénierie génétique, on nous parle maintenant d’ingénierie climatique ; je pense que nous ne sommes plus très loin de l’ingénierie politique. Les médias de masse, les écrans de tous formats en sont les indispensables vecteurs et on ne s’étonnera pas de voir qu’ils sont majoritairement détenus par de puissantes holdings financières dont le premier souci n’est pas la pluralité mais la redondance des contenus favorables à leurs objectifs. On les retrouve aussi avec quelques variantes dans le mécénat culturel et sportif.

Et pourtant, en ce début d’année 2017, quelques grincements suspects sont venus troubler cette mécanique bien huilée au point même d’en perturber le ronronnement béat du Forum de Davos. On avait pris l’habitude des gesticulations altermondialistes ou souverainistes en les épinglant au grand tableau médiatique sous l’étiquette du populisme craintif, replié et revanchard. Mais ne voilà-t-il pas cette fois que le mal a frappé au cœur de cible, en Grande Bretagne avec le Brexit, contre vents et marées médiatiques puis aux USA avec l’élection de Trump malgré une terrible bronca mondiale.

Dans ce contexte, l’approche des présidentielles en France avait une saveur particulière avec une Marine le Pen promise en tête au premier tour suivi par un Juppé conquérant, assuré de la victoire au second tour par l’effet repoussoir de la diabolisation médiatique du FN. On connait la suite. Le livre malheureux du Président gaffeur, carbonisé dans les sondages, obligé de renoncer tardivement à se présenter à la primaire de gauche, le départ de Macron, puis de Vals pour des horizons présidentiels…

Les Primaires à la française et tous les efforts du barnum médiatique pour nous les présenter comme le parangon de la démocratie à grands coups de Haute Autorité par ci et de Vote Souverain par là, sans oublier la scène majeure du Grand Débat, avec pupitres, temps de parole et mains sur le cœur à l’instar du grand Frère Américain et des républiques bananières d’antan ! On en sourit encore…

On attendait Juppé mais on a eu Fillon.

On attendait Valls, puis on a eu Hamon.

On dirait un refrain des comptines enfantines, ainsi va la ronde des primaires. 

 

 

De surprises en surprises à tel point qu’on en venait presqu’à échafauder de complexes théories du complot visant à pousser le gentil Macron, bien propre sur lui, libéral moderne, européiste, atlantiste et même Young Leader adoubé par les élites franco-américaines tout comme son comparse Hollande.

Le choix de Hamon pour le PS se comprend mieux : élection perdue d’avance après la catastrophique pseudo-alternance de Hollande, règlement de comptes avec Valls et son 49-3, volonté de l’aile libérale de soutenir Macron en siphonnant des voix à Mélenchon et en lui apportant au premier tour les voix de l’aile libérale des électeurs PS qui de toute façon ne votera pas Hamon. On ne peut pas écarter non plus le fait que certains électeurs de droite aient pu faire le même calcul avec la volonté d’éliminer Valls. Le périmètre réduit et mal défini d’une primaire se prête bien à ce type de manœuvre.

C’est plus difficile à imaginer pour expliquer la surprenante victoire de Fillon ; qui aurait eu intérêt à pousser Fillon et comment, compte tenu de la forte mobilisation ? La proximité de Fillon avec la Russie aurait pu au contraire entrainer des réactions négatives du camp atlantiste du genre de ce que l’on voit aujourd’hui. Cela n’a pas été le cas.

Puis il m’est revenu à l’esprit le cas Mariton et sa surprenante éviction du droit à être candidat à la primaire de la droite. Alors qu’il avait été le Chevalier portant les armes de la Droite durant sa plus grosse bataille contre Hollande, celle du mariage pour tous, comment se fait-il qu’il n’ait pas pu être candidat à la primaire ? J’ai réalisé alors que les dirigeants du PR ont du craindre qu’il ne bénéficie d’un trop grand nombre de soutiens de la Manif pour tous (capable de déplacer à Paris plus d’un million de personnes) et que cela ne nuise à leur favori d’alors Juppé.

Fillon a surfé habilement sur cette éviction et a su jouer sournoisement comme à son habitude sur son côté « catho tradi » avec la croix de sa porte-parole et ses propos ambigus sur l’avortement. Il a donc pu bénéficier d’un apport très actif de voix de la Manif pour tous. Des opposants a Sarkozy, de gauche comme de droite, ont pu également lui apporter leur soutien. Au deuxième tour des primaires il a bénéficié en plus du soutien actif de la droite dure et on ne peut écarter un apport de voix du FN et de soutiens de Macron pensant qu’il serait plus facile à battre que Juppé.

La suite leur a donné largement raison.

L’origine du Penelope-gate actuel peut donc être très diverse : vengeance personnelle d’un « ami » de droite du genre Sarkozy-croc de boucher, fuite du camp atlantiste russophobe s’inquiétant d’un possible rapprochement avec Poutine et voyant en Macron une alternative probable, information venue du camp Macron lui-même qui voit ainsi la route s’ouvrir largement.

D’ailleurs, ce matin, Alain Minc, un soutien de Macron, sur France Info, parlait à ce propos de « Providence » sur le chemin de son protégé.

Et c’est un fin connaisseur ! 

 


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4 réactions à cet article    


  • JL JL 4 février 09:37

    Bonjour redrock,

     
     je souscris volontiers à cette analyse intéressante. 
     
     Ceci dit, ça mène où ?

    • redrock redrock 4 février 10:48

      @JL
      Si on veut sortir du piège, il n’y a que deux solutions : renverser la table en votant Mélenchon ou Le Pen.Ce qu’ont fait en partie GB et USA. On verra la suite. Wait ans see.


    • leypanou 4 février 11:31

      @redrock
      renverser la table en votant Mélenchon ou Le Pen. : c’est vrai çà, ne serait-ce que pour l’une déjà.

      Mais E Macron a de quoi répondre : quasiment tous les médias n’en ont que pour lui. Même si sa femme est apparemment mise un peu de côté parait-il.


    • zygzornifle zygzornifle 4 février 14:56
      Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs , des voleurs et des traîtres n’est pas victime !.... il est complice.(George Orwell)

      N’attendez pas la solution de vos problèmes des hommes politiques puisque ce sont eux qui en sont la cause (Alain Madelin)

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