Alors que le fuel domestique et l’essence à la pompe atteignent des records historiques rien ou quasiment rien ne se passe dans notre pays qui n’est pas réputé pour être le plus « docile » de la planète. Avant l’arrivée de l’Euro le slogan était de dire si l’essence atteint les « 10 francs le litre c’est l’émeute ». Aujourd’hui on grogne à chaque fois que l’on fait le plein de citerne ou du réservoir et puis sa passe. Non cela ne passe plus, ne nous laissons plus endormir par les discours fatalistes du on ne peut rien faire. Si nous en sommes arrivé là c’est bien que nos dirigeants n’ont pas voulu voir les choses en face et laisser les grandes compagnies pétrolières faire ce qu’elle voulaient.
En effet, pendant des décennies les besoins mondiaux en énergie n’ont cessé de croître et ont été satisfaits en grande partie grâce aux dérivés du pétrole. C’est alors qu’une évolution très caractéristique s’est développée. Tandis que les prix d’une manière générale, et le coût de la vie montaient progressivement en occident, le prix du pétrole restait invariables ou connaissait même une baisse, ce qui apportait des bénéfices extraordinaires aux grandes compagnies pétrolières et provoquait une série de conséquences économiques et techniques dont nous payons aujourd’hui les conséquences.
On a ainsi provoqué le déclin du charbon avec à la clé les déserts industriels que l’on connaît. Par ailleurs la primauté au pétrole a freiné pendant longtemps la recherche scientifique et technique sur de nouvelles sources d’énergies. Bien que le nucléaires s’est développé dans notre pays, les autres sources d’énergie qui compose le mixe énergétique ont été longtemps ignorés voir dénigrés. En ce qui concerne les prix mondiaux, il s’agit de définir ce que se sont les marchés mondiaux. On constate ainsi que les grandes places qui opèrent les transactions comme Londres, ne sont en générale que des marchés marginaux qui ne couvrent parfois qu’une faible part des échanges mondiaux réels.
A cela s’ajoute un phénomène de concentration très généralisé : Ainsi le même groupe est à la fois extracteur de telle matière première dans un pays du tiers monde, et utilisateur de cette même matière première dans un pays industrialisé. On a donc affaire à des échanges internes qui en plus obéissent à des considérations fiscales ou de change qui les rendent arbitraires. Ainsi les pertes, manque à gagner ou profits se trouvent compensés dans les bilans consolidés du groupe.
Depuis très longtemps et sans que personne ne dise rien, les compagnies pétrolières jonglent avec les prélèvements fiscaux des pays producteurs et les contrôle des changes.Ainsi elles font resurgir les bénéfices là ou s’est le plus avantageux. De plus elles ont l’habitude de tirer profits de la crise internationale pour engranger des bénéfices extraordinaires. Par exemple lors du premier choc pétrolier en 1973 elles avaient réévalués les prix de leur cargaison flottante et de leur stocks de pétrole en raffinerie. Ainsi A tonnage égal les compagnies avaient multipliés par quatre leurs bénéfices en un an. Cela démontre qu’en fonction de la conjoncture elles s’adaptent à une situation qui semblent au départ les deservir.
Dernièrement lors d’un atelier de la DGCCRF consacré à la « concurrence » j’ai pu constater que le seul sujet de preocupation d’une entreprise comme Total était de minimiser au maximum le rôle de l’Etat pour continuer à prospérer. En effet c’est bien d’une maîtrise publique de l’énergie dont nous avons besoins et non pas de rustines provisoires pour attendre des jours meilleurs. Le code du commerce permet certes le blocage provisoire des prix des carburants pour pallier à des circonstances exceptionnelles mais cela ne suffira pas si on ne s’attaque aux racines du problème. Il en est de même pour l’utilisation des stocks stratégique pour faire remonter provisoirement l’offre. Pour contrarier durablement le lobbies du pétrole il est primordial de créer dans un pays tel que la France un grand pôle public qui serait composé de subdivision tel que la recherche et le développement pour lutter contre la pollution, le gaspillage, appréhender au mieux les ressources disponibles et investir dans le domaine des énergies alternatives, un pôle économique chargé d’observer l’évolution des marchés et de proposer des moyens pour juguler les tendances inflationnistes, Un pôle précarité énergétique avec des mesures d’accompagnement pour les plus démunis, un pole indépendance énergétique qui permettrait d’orienter la production en fonction besoins réels de la population . Alors que nous manquons cruellement de raffinage dans le domaine du diesel il est absurde de fermer des raffineries comme celle Dunkerque ou en Seine Maritime. Enfin il faudrait mettre en place un pôle coopération qui permettrait de proposer un partage des richesses et des connaissances dans les pays ou l’on exploite les gisements pétroliers. Il n’est pas normal qu’un petit nombre d’Etat technologiquement avancés puissent obtenir seuls des renseignements exhaustifs sur les ressources du monde entier. Enfin à terme il sera nécessaire de réfléchir à une politique énergétique commune en Europe basé sur la solidarité et non pas comme aujourd’hui sur des critères de concurrence qui n’ont fait que creuser les inégalités.
Arnaud Faucon
INDECOSA-CGT

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