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Accueil du site > Actualités > Politique > Qu’a-t-on fait de la démocratie ?

Qu’a-t-on fait de la démocratie ?

En 2007, monsieur Sarkozy a été élu à la majorité, au deuxième tour d’une élection qu’on a appelé démocratique. En réalité, il n’a été élu que par 53% des votants, ce qui pose déjà la question de la représentativité, mais admettons ce calcul : cela ne fait guère qu’un vote sur deux, ce qui n’est pas non plus un plébiscite. 

Il faut ajouter à cela que le chef de l’Etat a été élu selon un programme injuste et trompeur, usant dans celui-ci de toutes les subtilités offertes par le double langage et la double-pensée, et qu’il s’apprête malgré tout à réaliser : les riches sont de plus en plus riches, et les pauvres de plus en plus pauvres. 

Il serait sain de s’interroger sur la validité d’une telle élection qui, à en croire les faits qui ont suivi, est loin de satisfaire une population qui ne le soutient plus, pour autant qu’on puisse appeler le résultat d’un conditionnement outrancier un soutien. Et si on ajoute à cela les soupçons actuels quant au financement de la propagande (pardon, de la campagne), on serait en droit de réclamer quelques éclaircissements. 

Car une fois au pouvoir, le président et son équipe se sont acharnés à retirer au peuple son pain, à la justice son indépendance, aux médias leurs libertés, aux étrangers leurs droits… en moins de trois ans, le gouvernement a réussi le formidable tour de force de saboter toutes les valeurs qui ont forgé la France, et ce en utilisant jusqu’à leurs noms ! Malgré une côte de popularité qui devrait pousser le premier individu ainsi désavoué à la démission, le gouvernement persiste dans son entêtement, sans doute poussé par une vision à plus long terme de la politique qu’il mène. 

En « renforçant les pouvoirs » d’un parlement déjà affaibli, il en a fait une chambre d’enregistrement de ses volontés, à tel point que chaque proposition de Loi est d’avance adoptée, et cela malgré les grèves, les manifestations, l’opposition syndicale et politique, associative, et bien d’autres preuves du mécontentement du peuple (suicides, désintérêt pour la politique…). 

En « améliorant » la Constitution, il s’est ainsi protégé de toute attaque judiciaire, et de toute destitution éventuelle. D’ailleurs, il est difficile de ne pas voir dans l’application de cette modification la prescience de ses actions futures et des «  affaires » qui l’entourent, à savoir l’affaire Bettencourt, Karachi, Clearstream et j’en passe… 

En supprimant les juges d’instruction, il met la justice sous sa dépendance, et en votant le bouclier fiscal il favorise les riches. En sauvant les banques il endette l’Etat (et donc le peuple), et en stigmatisant les étrangers il défie l’Histoire ; en jetant l’anathème sur certaines religions il méprise la séparation de l’Eglise et de l’Etat. 

Même à droite certains ne sont pas d’accord, et même à gauche on commence à trouver que cela fait beaucoup. 

Mais que nous faut-il de plus ? Pourquoi personne ne demande-t-il, n’exige-t-il pas la démission de ce gouvernement ? 

Ne sommes-nous déjà plus en démocratie, puisque la parole du peuple ne vaut plus rien ? Le pouvoir ne l’écoute plus, et ne veut même plus l’entendre. Aujourd’hui, tous les pouvoirs (et contre-pouvoirs) tombent un à un dans la même escarcelle. Il faut bien se rendre compte que si demain le président voulait se faire voter les pleins pouvoirs, le parlement démocrate et représentant le peuple ne s’y opposerait pas, car les « règles démocratiques » seraient respectées, comme elles le sont pour le vote de l’assemblée sur les retraites : biaisées par le mode de scrutin d’un côté, et par le contrôle strict de la majorité sur ses membres de l’autre. 

Mais est-il besoin d’aller jusque-là, quand on s’arrête un instant sur les pouvoirs dont dispose déjà ce gouvernement, qui agit en toute impunité ?

Quand on pense qu’il défie les règlements européens (qui ne sont pourtant pas les plus humanistes) au sujet des roms, qu’il bafoue les lois sur la protection des sources, qu’il entrave les enquêtes le mettant en cause, qu’il refuse les votes qui ne lui conviennent pas, qu’il musèle les détracteurs de son propre camp, qu’il fait fi des mouvements populaires, qu’il ment sur les chiffres du chômage, qu’il couvre les bavures et incite à la haine raciale ou qu’il fait licencier ses opposants, on ne peut qu’être révolté à l’idée qu’un tel gouvernement soit toujours en place. 

il faut se réveiller maintenant, et regarder les choses objectivement. il faut passer au dessus des clivages gauche/droite, car les mécontents sont plus nombreux que les satisfaits. et la démocratie, c’est ça : lorsque le pouvoir va trop loin, le peuple possède le droit de le démettre. Et lorsque ce droit n’est pas respecté, il a le devoir de prendre les mesures qui s’imposent, c’est à dire de faire entendre sa voix, ainsi que d’exiger du pouvoir sa soumission à la volonté du peuple.

Exigeons donc, ou organisons nous-mêmes un référendum sur la volonté qu’a le peuple français de voir rester ce gouvernement au pouvoir, et attendons le résultat, comme lors du référendum sur la privatisation de la Poste. Faisons vérifier les votes par des juristes ou huissiers, et attendons…

Nous saurons bien, alors, ce qu’on a fait de la démocratie.

 

Caleb Irri

http://calebirri.unblog.fr


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15 réactions à cet article    


  • wakatanka wakatanka 16 septembre 2010 10:34

    les pseudo choix que nous avons lors des érections pestilentielles ont toujours été les meme : la peste ou le cholera

    ce gouverne-ment est une faribole, son chef moralisateur n’a aucune éthique, ses laquais non plus.... et pas un referendum ne changera la donne, ni meme une election


    • Yvance77 16 septembre 2010 10:34

      Salut

      Ce qui me fait doucement rire c’est que les parlementaires ont la possibilité de destituer le président par un vote des deux tiers de la Haute Cour, et ce depuis la réforme de 2007.

      Bien des situations se sont présentées qui auraient dû conduire à une telle saisie des plus hautes instances.

      On voit le résultat : la France est dans une dictature libérale fachisante.

      A peluche


      • Kalki Kalki 16 septembre 2010 13:04

        Le problème du yaourt a la place du cerveau c’est que ce n’est pas très facile a remuer.

        Les parlementaires défendent toujours leur boulot avant de défendre le peuple.

        Les politiques, ont sait tous ce que ca en est quand il s’agit de magouille et de corruption ( a toute échelle ) alors ils se sèrent un peu trop les coudes.

        Ce n’est pas eux qui font la guerre voyons.

        A gauche : Des hommes de consensus, qui ont perdu leur vision, leurs valeurs, pour l’idéologie adverse.

        Comment fonctionnait : Le tonton françois ? Et comment fonctionne le PS aujourd’hui ? Est ce la raison de l’échec du PS depuis des années ?

        Celui qui n’évolue pas , meurt.


      • liberta 16 septembre 2010 11:17


        Et si le mot d’ordre général des citoyens devenait : "MES CHERS COMPATRIOTES, N’ALLEZ PAS VOTER !!!!!!!! TANT QUE LE SYSTEME N’A PAS CHANGE !!!!!!!!-----------par votre vote, vous cautionnez la politique à venir qui sera la même que la précédente !!!!!!!!!!!!!

        Exigeons une gouvernance citoyenne et cessons d’élire des potentats qui nous ruinent et ne pensent qu’à leur carrière

        Il faut retrouver dans la vie politique le but de l’intérêt général




        • caleb irri 16 septembre 2010 12:55

          @ la personne qui a écrit un commentaire supprimé

          tout d’abord, je dois vous dire que ce commentaire n’a pas été supprimé à ma demande, car je considère pour ma part que même les pires horreurs doivent pouvoir être dites, ne serait-ce que pour qu’on puisse se rendre compte de la haine qui aveugle certains.

          cela dit, j’ai réussi à parcourir votre commentaire avant qu’il soit supprimé, et je ne m’étonne pas qu’on vous ait censuré : vous alliez beaucoup trop loin.

          si vous voulez exprimer votre désaccord, vous pouvez le faire avec des mots choisis, sans pour autant vous mettre sous le coup de la loi, qui interdit de proférer les paroles que vous avez exprimées. ce n’est pas que je sois pour ce genre de loi, car pour moi elles empêchent de voir et le ridicule de certaines idées, et en plus font fantasmer ceux qui sont victimes d’une censure qui, au fond, doit les ravir. je ne me rappelle plus exactement votre propos, mais je me serais fait un plaisir de tenter de vous convaincre de votre erreur...


          • slipenfer 16 septembre 2010 13:17

            La démocratie n ’existe plus

            Les responsables des organisations qui exercent le pouvoir réel ne sont pas élus,
            et le public n’est pas informé de leurs décisions.
            les vrai décideur sont
            le FMI, la Banque mondiale, l’OCDE,l’ OMC, banques centrales

            La marge d’action des états est de plus en plus réduite par des accords économiques
            internationaux pour lesquels les citoyens n’ont été ni consultés, ni informés.

            Tous ces traités élaborés ces cinq dernières années (GATT, OMC, AMI, NTM,
             NAFTA) visent un but unique : le transfert du pouvoir des états vers des
            organisations non-élues, au moyen d’un processus appelé « mondialisation ».
            Les citoyens continuent à voter, mais leur vote a été vidé de tout contenu.
             Ils votent pour des responsables qui n’ont plus de pouvoir réel.

            Et c’est bien parce qu’il n’y a plus rien à décider que les programmes
             politiques de « droite » et de « gauche » en sont venus à tant se ressembler
             dans tous les pays occidentaux.
            Et py c’est tout


            • hgo04 hgo04 16 septembre 2010 13:19

              «  »«  En réalité, il n’a été élu que par 53% »«  »

              Que dire alors des 47% restant ??


              • HELIOS HELIOS 17 septembre 2010 00:04

                il a été elu par 53% DES SUFFRAGES EXPRIMES, ne confondons pas !.

                il y a en France 44 472 733 electeurs. au second tour, Sarkozy a eu 18 983 138 bulletins valides a son nom ce qui fait 42,685%.

                Peu importe ce que pensent ou ne pensent pas les 25 489 595 autres electeurs, ce qui se passe, c’est que notre president gouverne sans aucun respect pour ces 25 millions de gens qui ne l’ont pas choisi. Il gouverne pour ces 18 millions a lui, point barre.

                Dans le cas ou les elus ont une conscience, une morale et un respect pour les français et les electeurs, ils font en sorte de mener leur politique (puisque c’est eux qui sont elus) en faisant en sorte de ne pas le faire contre ceux qui n’etaient pas de leur avis, car, une fois elus, ils representent TOUT le peuple et non pas seulement leurs electeurs.

                Sarkozy est le president de TOUS les français. Helas, ce n’est pas du tout ce qu’il fait et a mon avis, rien que cela c’est deja une cause suffisante de destitution.


              • Krapulax 16 septembre 2010 15:38

                @ l’auteur : c’est une bonne idée en effet, mais peut-elle aboutir ?

                Tout ce qui peut être fait pour s’opposer à la politique menée actuellement sans répondre par la violence aux provocations de Mr Sarkozy et de ses amis est une bonne chose.
                Ma crainte : qu’en marge des prochaines manifs se déroulent des affrontements avec « les forces de l’ordre » (comme en 86 et 95 entre autres) et qu’il se produise le pire....

                il va nous falloir beaucoup de patience, de courage et de sagesse pour tenir jusqu’à l’élection présidentielle de 2012 sans rentrer dans le jeu de Mr sarkozy : c’est quasiment mission impossible.
                La colère gronde et la révolte n’est pas loin car ils jouent avec le feu mais c’est nous qui risquons de nous brûler.

                Ils sont dangereux certes mais pas si forts que ça : la prochaine élection présidentielle suffira à les dégager du pouvoir et ce sera déja énorme.

                Il faut donc entrer en résistance, en effet, mais sans violence et sans affrontements ; ne pas céder à la tentation de répondre aux provocations, et les combattre avec les armes les plus sûres que nous avons à disposition : nos valeurs et le suffrage universel.


                • HELIOS HELIOS 17 septembre 2010 19:11

                  La violence proviendra «  »« des forces de l’ordre »«  » puisque selon le juge de Draguignan un gendarme est acquité lorsqu’il tire 7 balles (vous avez bien lu, 7 -sept— tout un chargeur, c’est pas par erreur) au niveau de la poitrine sur une jeune homme menotté qui tente de s’echapper !


                • Tiberius Tiberius 16 septembre 2010 18:21

                  Je déplore tout comme vous les conséquences fâcheuses de la politique de monsieur Sarkozy, mais je ne saurais souscrire à votre point de vue.

                  En démocratie, le candidat qui recueille le plus grand nombre de suffrages est élu et ceci quand bien même l’écart ne serait que d’un seul vote. L’élection de Sarkozy est sur ce point PARFAITEMENT légitime et l’on ne saurait remettre en question le mandat d’un président légalement élu en se fondant sur des sondages de popularité. Le mandat de monsieur Sarkozy s’achève en 2012 et sauf acte de haute trahison recevable devant la haute court de justice, RIEN ne saurait remettre en question la validité du mandat du chef de l’État, ceci quand bien même sa politique nous déplairait au-delà de tout.

                  Il est nécessaire de se dire qu’il n’y a pas de démocratie possible sans un respect ABSOLU du mandat électif.


                  • caleb irri 16 septembre 2010 18:31

                    @ Tiberius

                    et s’il s’avérait que la campagne de Sarkozy a été illégalement financée, et qu’il entrave la justice pour le cacher, cela vous suffirait-il ?

                    mais si entre temps lui et sa majorité font voter une loi interdisant l’indépendance de la justice pour ne pas qu’elle enquête, cela vous paraitrait-il mieux ?


                  • Tiberius Tiberius 16 septembre 2010 19:08

                    Il y a des règles précises qui définissent les modalités de saisine de la haute cour de justice et que je sache, l’on ne pourrait renvoyer le président devant celle-ci pour les motifs que vous indiquez.

                    Cela dit, je vous concède que je trouverais juste que, si le président s’est effectivement rendu coupable des faits en question, il soit renvoyé devant un juge à la fin de son mandat. Et en ce sens, cette possible collusion entre le président et le parquet de Nanterre m’apparaît particulièrement malsaine. Peut-être la constitution devrait-elle être révisée pour éviter ce genre de comportements d’un président à l’avenir.


                  • caleb irri 16 septembre 2010 20:19

                    @ tiberius

                    oui, mais qui a le pouvoir de modifier la constitution, et à son avantage ?


                  • Tiberius Tiberius 16 septembre 2010 23:51

                    Qui a le pouvoir de modifier la constitution a son avantage ? Aucun individu en particulier car pour la réviser il faut réunir les 3/5 des votes du parlement (assemblée nationale et sénat réunis à Versailles) ou la majorité à un référendum populaire. La droite ne disposant pas d’une majorité de cette ampleur au parlement, à moins d’un accord improbable avec les socialistes, Sarkozy ne pourrait pas réviser la constitution à son avantage, sauf à organiser un référendum et de le gagner bien sûr, mais cela confine à l’impossible.

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