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Quand la ferveur idéologique mène sur le chemin de l’irresponsabilité sociale

Aujourd’hui peut-être plus que jamais, le sentiment de justice sociale est mis à mal. Un contexte morose, une réalité violente et un gouvernement droit dans ses bottes, fidèles à des valeurs qui s’accommodent bien mal des réalités quotidiennes. Est-il possible de garder un cap idéologique sur fond de crise ? 

La journée de grève de ce jeudi 19 mars 2009 se présente comme un argument d’autorité. Elle détient plus particulièrement sa légitimité du fait du contexte de crise internationale. A l’unanimité, chacun comprend la peur qui envahit les salariés de toute part et il ne se trouve personne pour contredire ce qui apparaît comme un phénomène humain : l’angoisse de perdre son emploi. D’autant que chacun d’où qu’il soit, en subit directement ou indirectement les conséquences. Qui ne connaît pas dans son entourage un de ces nombreux personnels licenciés pour raisons économiques. Et cette peur à elle seule justifie pour beaucoup le mouvement syndical.
 
Mais il ne faut pas s’y tromper. Le message porté dans la rue est à la fois plus large et clairement identifié. Il s’agit de l’attente d’un geste, même symbolique de la part d’un gouvernement qui semble parfois faire la sourde oreille. Ou pire, qui entend, comprend, compatit mais ne se résoudra pas à se détourner de son cap idéologique.
 
Car même en pleine tempête, chacun voit midi à sa porte. Et la tourmente sociale rassemble les compagnons d’infortune sans atteindre les plus fortunés. C’est pourtant bien ce paquet fiscal qui est montré du doigt comme une injure face à l’irrémédiable de la situation quotidienne des familles.
 
Désormais, il n’est plus question de pragmatisme mais de stratégie politique pour conserver une cohérence. Peut-on toucher au symbole d’une élection sous le prétexte d’une crise ? Même implicitement, la question est posée. Elle est sur la table et chacun tente d’y répondre de sa fenêtre.
 
D’aucuns diront que ce paquet fiscal est un bouclier utile qui empêche la fuite des grandes fortunes et permet au pays de se maintenir à flot. Seulement voilà, pendant que les garanties financières tentent de se maintenir à flot, une partie de l’équipage coule.
 
D’autres en appellent à la solidarité nationale ? Et comme le disent certains membres de la majorité, à circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. Ce slogan sonne plutôt bien dans un tel contexte.
 
Si l’on tente de poser l’équation de manière objective : est-il plus important de maintenir la situation de quelques rentiers pour qui le train de vie ne change guère afin de garantir à l’Etat les moyens de sa subsistance et faisant fi des difficultés sociales des autres. Ou doit-on accompagner la souffrance sociale de ceux qui la subissent de plein fouet, au risque de voir partir les plus fortunés et de remettre en cause les raisons de son élection. C’est là que le bât blesse. Pour d’autres situations, le président Sarkozy s’est montré briseur de tabous mais à présent l’enjeu est de taille. Car pour prendre une telle décision, on ne doit plus seulement faire appel à sa fierté, à sa reconnaissance ; non, il s’agit dans ce cas ni plus ni moins que d’une question morale qui se rapporte directement à l’éthique et non à la seule tactique.
 
Car le pragmatisme appelle à la morale et au sens des réalités là ou l’idéologie ne conduit qu’à l’aveuglement.

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