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Quand le béton va, tout va

L'immobilier au bout du bâton. En 1989, cherchant un emploi, je suis entré en contact avec le " groupement européen du marketing ". Rien que le nom déjà en dit long sur l’origine du système. Une certaine madame P. habitant dans un château autour de Chateaumeillant, dans le Cher, j’y reviendrais, qui accompagnait mon interlocuteur, m’a emmené à Chateauroux et me briffait durant tout le trajet. J’avais déjà avant d’arriver, l’impression de tomber dans une sorte de secte. A Chateauroux où j’ai eu droit à une formidable parade de soumission envers le chef prédicateur, un certain Goldzich, ce qui veut dire en germano-britton," or moi ",( c’est vous dire si on on est du plomb à côté...) j’en suis sorti tétanisé, pratiquement hypnotisé, mais surtout pétrifié.

Quelques jours avant de signer, je vais chez mon coiffeur, et pendant qu’il me coupait les cheveux, il me vient l’idée de lui vendre des produits que le G.P.E.M. déclarait exclusifs, et dont j’avais sous les yeux des presques semblables. Je lui en parle à sa caisse et il m’ouvre son catalogue. Celui-ci proposait le même blaireau à raser, avec une rondelle dorée en moins sur le manche en fausse ambre verte...et exactement au même prix ! 37 fr. Je compris rapidement le système dans lequel j’allais entrer, qui consistait simplement à me faire moi-même le trajet vers l’entrepôt et de me charger moi-même de la livraison au domicile de mon futur client. Ainsi, à mes frais personnelles, vendant un produit équivalent au commerce, tout le bénéfice revient à la maison mère qui n'a besoin ainsi ni de service de livraison avec flotte de camionnettes, ni entrepôts de stock coûteux.

Quelques jours après, ayant refusé la signature à mon interlocuteur, celui-ci est devenu menaçant et lui ayant rendu son carton de babioles bon marché chinois, il m’a dès le lendemain au tél, accusé de vol et menacé. Cette boite, pour alpaguer le blaireau que j’ai failli être, promettait de récompenser ses meilleurs vendeurs qui gagneraient une maison américaine dûment présentée sur grand écran. C'est l'immobilier au bout du bâton. Ha ! Le rêve étasunien, la maison en carton qui s'envole en petits morceaux à la première tornade, ça fait rêver non ? Pensez donc, j'habite une solide bâtisse du douzième siècle, un véritable « cachot du guet »...

Cette organisation a fait bruyamment faillite en 1995, quand les dirigeants ont foutu le camp avec la caisse remplie par le bas de la solide pyramide qu’ils avaient constitué, et qui avait été remplie par les milliers de cotisations d’inscription des derniers gogos dont j’ai failli être. Elle était entièrement basée sur la politique de la carotte au bout du bâton, qui reposait entièrement sur cet immobilier américain, Nulle doute qu’une politique économico-immobilière basée sur cette pyramide de château de carte, est condamnée à terme à la première vague de confiance ou au premier vent de panique et encore plus avec Katrina. Les taux d'intérêts des subprime étaient des bâtons auxquels n'étaient pendus que des leurres et à la fin de ce système, il ne reste que le bâton, et ses coups (coûts) sur le dos.

Dix ans plus tard, la Même dame de Chateaumeillant, je l’ai rencontrée chez moi, alors que j’avais passé une annonce en cherchant un aspirateur / nettoyeur / vapeur pour mes chambre d'hôtes.Elle a essayé de me vendre un appareil des plus commun, qui doit coûter deux euros la construction au Bouquistan...trente sept mille francs... !!! C’est à dire, presque le prix d’une petite voiture de l’époque.

(Groupement Européen des professionnels du Marketing)

Abus de biens sociaux : trois ans de prison pour un patron américain

AFP, 25 janvier 2007 EVREUX (Eure) - Le tribunal correctionnel d'Evreux a condamné jeudi à trois ans de prison par défaut pour abus de biens sociaux Jean Godzich, 57 ans, le patron américain de l'ex-Groupement européen des professionnels du marketing (GEPM), qui avait déposé son bilan en 1995.

Fondateur du GEPM en 1987, Jean Godzich était soupçonné d'avoir transféré illégalement vers les Etats-Unis près de six millions d'euros provenant de la trésorerie de l'entreprise. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, M. Godzich, également condamné à une amende de 500.000 euros, n'avait pas assisté à son procès qui s'est tenu le 18 octobre 2006. Trois cadres français de l'ex-GEPM poursuivis pour complicité et qui avaient assisté à l'audience ont été condamnés à des peines allant de huit mois à deux ans de prison, toutes assorties de sursis, ainsi qu'à des amendes allant de 10.000 à 80.000 euros. Installé à Fleury-sur-Andelle (Eure), le GEPM était une entreprise commerciale qui a été accusée de pratiquer "la vente pyramidale". Ce procédé consiste pour un vendeur mandaté par une société-mère à s'attacher les services d'autres vendeurs qui eux-mêmes recruteront d'autres vendeurs et ainsi de suite. L'ex-GEPM qui commercialisait des articles très divers, des bijoux jusqu'aux lessives en passant par des vêtements et des cosmétiques, a compté jusqu'à 400 salariés, s'appuyant sur une "toile" de 40.000 vendeurs. L'entreprise s'était fait connaître en 1994 en achetant l'équipe du coureur cycliste Luc Leblanc mais, accusée dans de multiples articles de presse de pratiques sectaires, elle avait déposé son bilan en 1995.

Cette politique tentant de vous vendre, avec intérêt fluctuant selon l'humeur du banquier, une maison en carton qui vous en coûtera autant une fois payée en frais d'entretien égales à vos dernières mensualités, est fondée par ceux qui, après les premières ventes peuvent envisager d'acheter les plus beaux châteaux français et dieu sait s'il y en a. Me promenant dans l'Allier un jour, je suis tombé sur une superbe bâtisse ancestrale d'un seul volume sur trois niveaux, avec plusieurs tours escalier et un donjon de 10X10, en rentrant je l'ai cherché sur mon catalogue des 2500 châteaux de notre beau pays, elle n'y était même pas répertoriée. De savoir que l'administration a du s'en gaver pour y installer son faisceau de maison psychiatrique, colonies de vacances ou autres, qu'aujourd'hui toute secte un peu influente en a au moins un. Quand on apprend qu'autour de la vente des derniers aux environs de chez moi, la rumeur court que c'est ou une star du paf ou un homme politique important quand il n'est pas déjà président ou futur, on peut se demander s'ils n'aient pu participer ouvertement ou sournoisement à ce processus de renouvellement de titres de propriétés.

Malheureusement, pour nous, ces nouvelles maisons en carton s'installent toujours en bordure ou proche banlieues de tous nos charmants petits villages ruinant ainsi leur cachet patiné par le temps. A chaque entrée des plus beaux villages de France est disposée bien en évidence, une maison qui au premier abord semble séduisante, et qui disparaitra sous peu derrière son tapis de verdure, et surtout, qui participe également à la publicité pour le constructeur. Mais si vous même vous empressez de compter les bienfaits de votre logement tout neuf et tenez le même discours rodé devant chaque assemblée et pendant chaque repas, rien n'empêche que dans dix ou vingt ans, vous ayez à réviser votre ligne éditoriale interne et personnelle.

Chez nous, dans la vague qui provient directement de ce même mouvement de panique, nos gouvernants s’activent à vendre notre patrimoine public immobilier français, deux milliards d'euros ces dernières années, et vingt six hôtels particuliers vue sur la Seine dans les plus beaux quartiers de Paris, et cela pour remplir les caisses en vue de la facture bancaire annoncée de milliards d'intérêts sur la dette. Quand une famille est piégée par le sur endettement, elle peut très bien demander, avant d'avoir affaire à la commission, d’accorder des délais de remboursement, de diminuer le montant des dettes, ou d’en effacer une partie ou la totalité. Question, notre État est sur endetté, pour s'en tirer il est contraint de vendre ses bijoux de famille appartenant à la nation dont le total se monte à cinquante cinq milliard d'euros. Lui qui donne des leçons aux français sur leur mauvaise conduite économique, alors qu'il est aussi responsable de l'absence de surveillance en matière de publicité pour ces pièges sociaux établis dans les failles des législations, pourquoi n'entreprend il pas de s'auto amnistier sur sa dette, comme il l'a fait sur sa responsabilité, et ainsi d'une simple signature se sortir de la crise ainsi que tout le peuple dans la foulée ?

La vente s'accélère, ne répondant pas à la demande, puisque aux enchères quasiment confidentielles et connues que des professionnels initiés aux carnets d'adresses internationaux. C'est comme cela que des châteaux certes pas toujours bien entretenus se retrouvent vendus pour le tiers du prix, cela même alors que l'ouverture aux marché mondiaux devrait entrainer une sévère hausse de la demande.. Et pour clore ce sujet sur la dette et la crise, la plus grande part des nouveaux propriétaires projettent d'ouvrir dans ces murs, de l'hostellerie quatre ou cinq étoiles... le " bâtiment " sera sauvé mais la grande privatisation sera surtout une privation.

Entre 1978 et 2007, la valeur du patri­moine national a été multipliée par huit, pour atteindre 12 513 milliards d'euros, selon une étude publiée hier par l'Insee. à la fin 2007, chaque ménage français possédait, en moyenne, un patrimoine net de 380 000 euros, contre à peine 160 000 euros en 1997, En 75 une DS neuve toutes options coutait 25000f soit 3811 euros... Pour avoir le même type de voiture, avec les mêmes options, il faut multiplier le prix par 10 au moins. Même chose pour les loyers.

Quand le béton va, tout va bien pour les amoureux des vieilles pierres ancestrales.

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Quand le béton va, tout va

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21 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 30 juin 2011 11:08

    C’est quoi le sujet de l’article ??
    L’immobilier , vos déboires dans une structure pyramidale , le proces de GPEM , les maisons en cartons ???

    Rien compris au sujet

    Philippe


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 30 juin 2011 11:35

      c’est effectivement un poil complexe et quelques tournures de phrases sont noueuses.

      Le gepm tendait l’immobilier étasunien en étendard pour faire rêver ses 40.000 vendeurs, un par commune française...Cet immobilier en carton, promu avec succès puisqu’il y en a au moins une dans chacune de nos petites bourgades, était la vitrine du système. La solide promotion pour cet immobilier annonçait la crise qui suivit et les vaillants promoteurs habitent désormais nos châteaux en province. Ayant serré la main de ce fameux Goldzich, je peux vous dire que cet homme là était en béton armé de cristaux de cocaïne.

      Y a t-il un rapport direct entre la dette nationale et les guerres de la drogue mondiale ? Je vous pose la question. 


    • jef88 jef88 30 juin 2011 11:39

      J’aime bien la photo d’en tête....
      Un chateau du 18ème....
      Souvenez vous , c’est la période ou ont été construits le plus de chateaux ! Pauvres contribuables...
      Et cela s’est terminé par ? 1789  !


      • Lisa SION 2 Lisa SION 2 30 juin 2011 12:12

        Un léger doute jef,

        les fondations apparentes montrent trois des cinq tours dont il était formé à l’origine, bordées de fosses en eaux. La ruine de l’original daterait d’avant la Révolution ? En tous cas, il est à vendre. http://www.image-demeure.fr/?gclid=CIW46t2x3akCFYEo3wodmRYyZw

        Donc, d’après votre raisonnement, nous sommes en 1788...


      • jef88 jef88 30 juin 2011 20:43

        Même si le batiment d’origine était du 12ème il n’empéche que des frais énormes ont été faits au 18ème


      • easy easy 30 juin 2011 13:52

        Bonjour Lisa,

        Vous avez un vécu qui vous a conduit à établir des liens entre touyes les choses de ce vécu. Ce lien étant votre personne-exploratrice.

        Mais votre parcours, comme le nôtre, est spécial.
        Quand vous nous racontez un film fait des ces liens qui vous sont trop propres, sans penser, par empathie, aux difficultés que nous aurons pour vous suivre, vous ne parvenez pas à être suivi sinon en pointillé.

        Là, en pointillé, je vous suis très bien. Mais en continu non.

        Nous sommes très nombreux à avoir ce défaut quand nous construisons un papier.

        Au fond, un papier devrait certes comporter des éléments de marge pour être intéressant et singulier mais il doit tout de même être construit selon des principes mainstream.


        Ce qui m’est apparu, depuis que je vous lis, c’est que le bâti ancien représente quelque chose de très important à vos yeux.
        Il vous a forcément fallu améliorer le confort de votre demeure pour attirer et conserver une cliéntèle mais alors qu’elle en demande toujours plus et vous confronte au moins implicitement aux établissements *****, vous sous seriez peut-être contenté, pour votre stricte part, d’une bonne dose de rusticité considérée comme authentique.


        Beaucoup d’autres Français considèrent la maison comme un élément important de leur vie. C’est une banalité de le dire. Mais ce que nous mettons derrière le mot maison différe un peu des uns aux autres.

        Toute humilité ou modestie bue, hors Loto, la majorité d’entre nous verraient dans une maison (donc modeste, donc bon marché) qu’elle résolve par exemple le problème d’indépendance disons sonore vis-à-vis des voisins. Le problème de place (mais il ne faut pas que ce soit trop grand car trop de corvées) Le problème de garage, celui des chambres pour les enfants....Et cela, sans aucun regard pour les vieilles pierres, le plus souvent. (sinon en négatif parfois) . Là j’emploie bien une grammaire mainstream.



        Votre sourde, sans doute inconsciente, bataille-revanche avec les châteaux plus flamboyants que votre demeure, vous conduit à produire ce papier contenant un je-ne-sais-quoi de règlement de compte pas évident à suivre.

        (J’ai vécu dans toutes sortes d’habitats sauf chalet, piloti, troglodyte, flottant, yourte, roulotte et insulaire isolé)


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 30 juin 2011 14:34

          Bonjour easy,

          j’aime beaucoup votre sens de la synthèse. En effet, je m’étais interdit de parler de ma pomme et de me mettre en avant sur le net, par méfiance et modestie. Je parlais surtout de ma vision des chose externes vues de mon point de vue...Là, c’est mon expérience et les ponts qui la relie au faits d’actu, d’où le pointillé.

          Le bâti ancien, nos racines, les tentacules de notre histoire nous relie à la terre notre mère à tous. Le malaise qui étreint la Société toute entière vient de ce manque de pierre.

          vous dites " Votre sourde, sans doute inconsciente, bataille-revanche avec les châteaux plus flamboyants que votre demeure, vous conduit à produire ce papier contenant un je-ne-sais-quoi de règlement de compte pas évident à suivre. « j’étais satisfait jusqu’à présent d’avoir pu être déclaré nostalgique mais sans aigreur, j’ai surtout autant de compassion pour ceux qui vivaient tranquille il y a peu dans leurs » chalet, piloti, troglodyte, flottant, yourte, roulotte et insulaire isolé.

          merci à vous d’être venu. L.S.


        • easy easy 30 juin 2011 19:38

          Ahhh la synthèse !

          On en parle un peu ?


          En France on connaît ce mot. On recommande même aux élèves de synthétiser. Mais après avoir analysé. Ici, la synthèse semble ne pouvoir résulter que d’une analyse fouillée.

          Depuis Démocrite, le mieux diseur est ici celui qui découpe le mieux les choses. Jusqu’aux confins de ce découpage, jusqu’à l’atome, dans un premier temps.
          Ici, on a absolument tout coupé en menus morceaux pour mieux découvrir la vérité. Tout est passé au scalpel et à la loupe.
          Ici, on est analyste financier, pas synthétiste financier.



          Au Vietnam, « un Français » se dit « personne française ». Alors que l’on désigne un Sénégalais ou un Vietnamien, on commence par dire leur point commun, elles sont toutes deux d’abord une personne. Il est alors assez difficile de dénier une communauté d’état avec quelque étranger que ce soit.

          Le « un » français semble valoir genre fondé sur le sexe. Mais comme on accorde à un caillou le genre masculin, Il vaut finalement plutôt sens d’article cardinal. 

          Au Vietnam s’il y a des genres c’est pour distinguer entre tout ce qui est animal depuis les humains jusqu’aux méduses, de ce qui est végétal ou inerte. Et cet article qui peut précéder tout ce qui est du règne animal est aussi le mot qui désigne l’enfant. Quelque chose dans la langue conduit donc à considérer tout le règne animal un peu comme son enfant et, forcément, tous les enfants comme les siens.
          A 30 ou 60 ans, on est encore appelé « enfant » par toutes les personnes nettement plus âgées que soi, même si l’on est président.



          Au Vietnam, quand on interpelle un inconnu dans le rue, dès le second échange sinon au premier, on passe au « oncle, tante, frère, soeur, cousin.. » 
          Une personne est toujours considérée avec son fatras d’ancêtres, disons de présence des ancêtres morts. 

          Quand on visite une maison à acheter, on ne sort pas frénétiquement son mètre ruban, on considère d’abord si les ancêtres -qui ne peuvent plus parler- s’y sentiront bien. On y est donc tout le temps à opérer sous les yeux des ancêtres qui nous jugent à l’aune de notre histoire (et de la leur forcément), non à une quelconque autre toise. Cette présence des ancêtres non pas exactement en soi mais plutôt à côté de soi, en chaque instant, fait que mutuellement, on se considère les uns les autres avec le fatras de regards ancestraux, avec le cortège de responsabilités afférentes. 
          Un individu ne se limite donc pas à 50 kilos de viande et on ne pourrait même pas analyser sa psychologie sans convoquer celle de toute sa famille.

          Les blessés, infirmes et invalides restent donc incorporés dans la vie courante et ils grouillent comme tout le monde, on ne les dissimule pas à la vue, on doit les assumer en toute responsabilité familiale.
           
          Quand on compte, c’est sur un boulier chinois où tous les « chiffres » sont comme présents en permanence. On ne les fait pas surgir du néant. On ne les invente pas.

          Nombreuses sont les légendes où il est question du thème d’inséparabilité entre des frères, des amoureux, des jumeaux mais aussi des animaux ou plantes. Par exemple celle sur le bétel, l’aréquier et la pierre de chaux. On concevra toujours le commensalisme, pas le parasitisme.
          Au point que même à un tigre ou un cobra, on accordera quelque commensalisme, et cela bien avant le WWF

          Pas de tannage, pas de cuir, pas de trophée animal, pas de fourrure dans la tradition Viet.

          On n’aurait jamais eu l’idée de pendre un squelette de quoi que ce soit dans les salles se science ou les musées

          Aucun ornement animalier porté sur soi avant la colonisation française. Pas même de plumes. Les minéraux oui, les végétaux oui, pas les bestioles, surtout pas avec sens qu’on serait fier de les avoir tuées

          Les parfums corporels, au regard de ce qui se fait au Moyen Orient et en Inde, il n’y en a pas.

          Les statues représentent des êtres entiers, pas des bustes. Même concernant les animaux. Un homme ne peut donc pas se représenter avec des ailes ou une tête de taureau, des pattes de chèvre, une queue de serpent...

          Il n’y avait pas le Diable avant l’arrivée des chrétiens. Des esprits facétieux
           qui ne cessent de nous mettre dans le pétrin oui. Mais il y a pas de personne diabolique (alors qu’il y a de terrifiants bandits-pirates-rebelles-indépendantistes...)
          Il n’y a pas de possession par le diable.


          Un fantôme, extrêmement fréquent, c’est une personne, parfois un animal, qui erre d’avoir subi une mutilation corporelle ou surtout un abandon, un rejet, un oubli. Et ce fantôme n’ayant donc pas de havre, il emmerde n’importe qui. Il ne fait pas de facéties mais apparaît rappelle à la collectivité qu’il a subi une lourde injustice et fait très peur. Je garantis qu’il suffit d’y croire comme tout le monde pour en voir, qu’on soit seul ou en groupe.



          Aucune sorte de maquillage, de piercing, de peinture corporelle, de scarification, de tatouage, de mutilation. Exception pour les Tonkinois qui se laquent les dents en noir, ce qui les protège très bien des caries (Il y a 50 ethnies ultra minoritaires dans les montagnes, genre Hmong, elles répondent elles aussi à ces critères) 

          Une maison à la campagne, dans la montagne, dans la jungle, c’est sans aucune barrière ni clôture. Fallait pas compter sur eux pour inventer le fil de fer barbelé.

          Une robe (hommes et femmes) comporte deux pans reliés par la partie haute. La palanche qui leur sert à tout transporter, même les gosses, c’est deux paniers reliés par une lame souple de bambou. insensés si séparés.

          Les hommes, les femmes, même chapeau conique très simple.

          Quand une personne a mal au ventre ou au pied, elle est soignée en considération de son corps entier et esprit des ancêtres inclus

          Une personne est considérée ancêtres et responsabilités historiques incluses.

          On ne coupe, ne tranche, ne hache qu’en cuisine. Pas de couteaux ni rien qui puisse blesser ou verser le sang à table entre convives.
          On ne mange aucune bestiole encore vivante. On ne gobe pas les oeufs, on ne mange pas d’huîtres vivantes...

          En France, les plus grandes fêtes, Noël et Nouvel-an, tendent à envoyer les gens chez eux. Au Vietnam, les plus grandes fêtes sont l’occasion d’une démonstration de socialisation à toutes les échelles de grandeur, esprits inclus. Et il y a des fêtes très publiques où ce sont les animaux qui sont les vedettes (sous forme de représentations). Dont le théâtre sur l’eau où toutes les bestioles aquatiques sont à l’honneur

          Aucune fête, aucune démonstration phallique (malgré le Japon si proche). Strictement rien qui évoque un tant soit peu les organes génitaux (absence de lingam malgré l’Inde si proche).
          Le sexe, pas plus que les mains, ne peut être séparé de tout le reste et la sexualité s’accomplit, comme tout, sous le regard de ses ancêtres, avec une responsabilité grand familiale. 


          Le Vietnam offre le seul passage plat entre l’Inde et la Chine. Il est un passage physique, économique et culturel. Alors on y bricole volontiers avec tout ce qui le traverse et qui pourrait s’inscrire dans la tradition du respect qu’on doit aux anciens, imperfections bien comprises. On y trouve donc la plus syncrétique des religions, le caodaïsme où se trouvent rassemblés en exemples ou inspirateurs aussi bien Jésus que Lénine, Pasteur, Churchill, Shakespeare, Jeanne d’Arc ou Victor Hugo.

          Lorsque Giap avait conduit ses guerres, il avait opéré sur tous les fronts imaginables, aussi bien dans la jungle que dans les villes, avec des fusils, que dans les cités occidentales avec des textes.

          Le Vietnam, coupé en deux ? Une folie occidentale dans un pays qui ne considère les choses qu’ensemble, telles que la nature les a réunies.

          Au Vietnam, la lutte contre l’envahisseur, chinois, français, japonais, américain, a un sens. La haine n’a pas de sens. Même la vengeance n’y est pas une valeur. A peine l’envahisseur est-il reparti, qu’on s’ennuie de lui. Ce n’est pas une blague. Un pays qui a fonctionné depuis si longtemps au ciment de sa culture spéciale, se morfond et s’étiole quand il n’est plus envahi. Des milliers de chansons élégiaques construites sur fond de guerre et de perte d’un proche, rapprochant ainsi les esprits des survivants dans une sorte de messe à la tristesse, deviennent ridicules après 50 ans de paix. Les chansons, mais aussi les musiques et les instruments, tellement adaptés à l’élégie doivent passer à la trappe après 50 ans de paix.


          Tout ayant été transformé par l’occidentalisation, les Vietnamiens commencent à avoir l’esprit d’analyse. Mais ils ne sont pas entièrement analystes. Ils peuvent sans doute revenir plus facilement que d’autres à une vision plus synthétique mais ça dépend bien entendu du pays où ils ont passé le plus clair de leur enfance, s’ils ont vécu en ville ou à la campagne, avec ou sans la télé...


        • Lisa SION 2 Lisa SION 2 1er juillet 2011 07:05

          Peut on résumer, synthétiser la Bible en un mot ? oui !
          poussière ou merde comme le dirait le formaté à la culture télévisée...


        • Clojea Clojea 30 juin 2011 16:20

          Salut Lisa. Un petit coup de gueule.... Un peu touffus à suivre mais bon, en tout cas, belle dénonciation d’un arnaque. J’avais entendu parle de cette affaire, mais je n’avais pas trop prêté attention. A +


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 30 juin 2011 17:20

            Salut Clo, confus mais retombe sur ses pattes. Affaire révélatrice d’un système essentiellement basée sur la fuite à terme, comme toutes les autres y compris gouvernementales ...a+.


          • Lisa SION 2 Lisa SION 2 30 juin 2011 17:27

            Merci Le Sudiste,

            dérapage, c’est ce que pratique notre gourou en chef à la barre, sauf que c’est le gouvernement qui contrôle, la police qui contre poids, et le peuple qui dégueule !


            • Sandrine Lagorce Sandrine Lagorce 30 juin 2011 19:30

              Bonjour Lisa,
              J’ai très bien suivi votre démonstration et elle me laisse un goût amer.
              Il m’arrive souvent d’être écoeurée par la grande braderie du patrimoine français... Je suis restauratrice d’oeuvres peintes (tableaux, peintures murales, décors polychromes) et il m’arrive de me colleter avec l’administration française sur la question. Pour restaurer des oeuvres classées ou inscrites au Monuments Historiques (Coll. publiques musées, salles spécifiques de tel château ou tel hôtel particulier à Paris ou en province, etc.), tout se passe officiellement par appels d’offres. L’attribution se fait par un comité scientifique qui note les dossiers et les devis (souvent notation à 40% sur l’approche technique et 60% sur le budget). Il se trouve que les copinages, les conflits d’ntérêt et autres passe-droit sont courants dans ce domaine et que les attributions atterrissent souvent chez les mêmes qui, de surcroît, créent des équipes au rabais en faisant venir des Italiens ou des Polonais (pas forcément diplômés mais bons techniciens) qu’ils paient des queues de cerise, et ce, bien-sûr au détriment des restaurateurs locaux formés qui demandent un tarif horaire un peu plus conséquent (en France, les restaurateurs habilités à travailler sur les oeuvres ne sont pas employés de musées mais indépendants, c’est une particularité française).
              Quand la conservation du Patrimoine se fait à l’arrache ou pas du tout, quand des toiles sont bousillées ou pourrissent au fond des réserves, quand des projets Louvre Abou Dhabi vont concrètement transférer notre patrimoine peint sur des longues durées, voire définitivement, en échange de facilités diverses (énergétiques, financières,etc.), on a de quoi s’inquiéter pour l’avenir culturel de notre pays...


              • easy easy 30 juin 2011 20:40


                Bonjour Sandrine,

                Vous me donnez l’impression de sauter sur l’occasion pour dire votre problème sur les oeuvres nettement plus artistiques et surtout mobilières.

                Exact ou pas, en tous cas, j’en fais souvent autant  smiley




                Il est toujours possible de disserter sur quelque point commun aux châteaux et aux tableaux ou sculptures. M’enfin je trouve qu’il y a bien plus de choses qui les séparent.

                Les châteaux « transportent » avec eux une notion de classe élitiste que l’on aurait décapitée (même si des milliers de néochâteaux et folies ont été construits un siècle après la Révolution). Il semble toujours un peu à ceux qui y habitent, qu’ils risquent un raccourcissement en cas d’embrasement social.
                 
                Il me semble que lorsqu’on regarde la Joconde, on ne pense pas trop à François 1er, à la noblesse, à la révolution, à la guillotine, à quelque infamie d’un camp ou d’un autre. On ne pense pas à la guerre civile en regardant le radeau de la Méduse ou en tournant les pages d’un livre écrit et tripoté par Cervantes.

                On trouve des toiles dans les châteaux et des châteaux dans les toiles. Malgré cet effet, un tableau, à moins qu’il n’illustre une scène particulièrement aristocrate comme par exemple une chasse à courre, n’évoque ou n’appelle pas à quelque décapitation. On se passe les tableaux de mains en mains sans autre transcendance en tête que celle relative à ses qualités intrinsèques sublimées par le temps et la rareté, ainsi que par son prix de marché et ce qu’on peut gagner à spéculer dessus.

                C’est une toute autre histoire avec les châteaux où, idéalement, afin de calmer tous les esprits, il vaut mieux placer des colonies de vacances ou des maisons de retraite, que des villégiatures trop privatives. Même en tant qu’hôtel de charme, c’est limite provocateur un château. On sera plus tranquille en investissant un moulin !

                Hélas, les châteaux, à moins qu’ils restent strictement privés, doivent non seulement être entretenus voire retapés, comme les tableaux, mais ils doivent en plus être mis aux normes. Ce qui ne concerne pas du tout les oeuvres mobilières. Et là, c’est la cata pour les châteaux.


                Un château ça vaut rarement plus de 10 millions et les travaux peuvent coputer autant pour à la sortie, ne rien valoir de plus.
                Alors qu’une toile vaut souvent ce prix pour un coût de restauration et de conservation dérisoire.

                Même les formules de défiscalisation ne suffisent pas à faire de bons coups et on se vautre plus souvent qu’on y gagne.

                Les châteaux, ce n’est donc pas la meilleure combine comparée aux oeuvres mobilières.






                Vous êtes affligée devant les désastres que subissent les trésors mobiliers.
                Qui ne le serait pas.

                Mais bon, chaque année, des millions d’artistes en produisent des millions.
                Sans casse et disparitions, où les mettrions-nous ?
                Allons-nous construire 5m de mur à hautes cimaises chaque fois qu’un artiste produit une toile ?
                Est-ce qu’on doit insister dans cette voie où une croûte est très normalement mieux protégée et assurée qu’un être humain ?

                C’est déjà miracle, fantastique, que les oeuvres survivent à leur auteur.




                D’autre part, mais là je vais sur un terrain bien glissant.

                Il se pourrait que la nourriture que nous offrent ces toujours mêmes oeuvres ou de toujours mêmes pattes ou écoles, nous figent en termes d’évolution. 
                 
                L’art Nouveau a été frappé en plein vol par la guerre alors qu’il était tout en grâce et légèreté bien féminine si l’on veut. Ca a offert une place en or à l’art déco qui a été également été fauché par une guerre, pour laisser la place à autre chose encore.

                Ces renouveaux qui ont fait suite à des fins peut-être prématurées, n’ont pas conduit qu’à des changements de forme ou de couleur. A chaque virage, c’est une foultitude de choses qui ont changé. Un coup c’était le bois, un coup c’était le métal. Un coup le bois français, un coup le bois exotique. Un coup on traçait à la main levée, un coup à la règle et au compas. Un coup le papier, un coup le tissu...

                Si donc nous sommes actuellement en crise et comme coincés de toutes parts, qui sait si une opération en tabula rasa dans le domaine artistique ne conduirait pas à une explosion de nouvelles voies à explorer.
                Arrhhh vous savez bien que oui.

                Me voilà à presque souhaiter ces moisissures et autres mérules qui vous désolent, chère Sandrine.

                Mais comment regretter que les vilains tyrannosaures n’aient pas été balayés pour laisser la place aux si délicieux humains ?


              • Sandrine Lagorce Sandrine Lagorce 30 juin 2011 21:58

                Cher Easy,

                JE SUIS FOLLE DE RAGE !
                Je viens de passer environ une heure à vous répondre de façon circonstanciée point par point - avec des anecdotes truculentes notamment sur la migration de la gomme arabique du liant des pigments minéraux dans le bois d’acacia des sarcophages égyptiens !!! Et cruche que je suis, en relisant, j’ai voulu corriger une faute d’orthographe et tout a sauté. Je suis donc très énervée.

                De plus, j’ai eu ce qu’on appelle une journée de merde (un montage de dossier d’appel d’offre avec un confrère qui m’a pris des jours et des jours et dont j’ai appris ce soir qu’il était déjà attribué et ce, avant l’ouverture officielle des plis... De là, la réaction de cause à effet. smiley

                Aaah Easy, je n’ai pas la force de recommencer !!! trop, c’est trop...
                Mais peut-être écrirai-je un jour un petit article là-dessus...


              • easy easy 30 juin 2011 22:50

                Arrrrggggggg !

                Ouh la la que j’ai mal !

                Allez, gardons courage Sandrine

                Disons-nous qu’un lutin se sera joué de nous.

                Il est si mignon ce farceur.


                Eugnnng, quand même Sandrine, moi les aspects techniques, ça m’intéresse bigrement.

                Alors comme ça, si un jour vous avez un peu de temps à m’offrir, attaquez direct une histoire de pigments, de migration, de liant, de vernis toussa.








              • Sandrine Lagorce Sandrine Lagorce 30 juin 2011 23:07

                C’est noté. smiley


              • Lisa SION 2 Lisa SION 2 1er juillet 2011 07:16

                Bonjour Sandrine,

                j’aime à penser que vous ayez trouvé mon terrain suffisamment compassionnel pour venir y épancher votre soif de justice envers notre patrimoine commun. Comme un archéologue travaillant à dégager des tessons au pinceau, vous même nettoyez chaque cm² d’un tableau quasiment à la loupe avec une acuité semblable au peintre. Vous avez avec lui le soucis de restaurer notre passé commun pour le projeter dans l’avenir avec une nouvelle jeunesse. D’où la souf-France...


              • njama njama 30 juin 2011 22:00


                @ Lisa
                manque à l’article, la photo d’une maison en carton smiley


                • njama njama 30 juin 2011 22:48

                  ça y est ! j’ai trouvé la MAISON EN CARTON Youpi !

                  Vous rêviez d’une résidence secondaire ... les châteaux en Espagne peuplent vous rêves « uniquement » ... ou vous êtes comme on dit « démunis », bref vos revenus sont modestes ... ou très modestes. La maison Borloo-Boutin à 100.000 €uros  !!!!!!!! même pas la peine d’y songer ! avec en plus un crédit sur 20, 25 ou 30 ans !

                  La MAISON EN CARTON est faite pour vous ! Elle est, on peut le dire ; quasiment à la portée de toutes les bourses 5.000 € (6.000 francs suisses) le prix d’une petite yourte !

                   Ce prix comprend la plomberie, une chambre aménageable - jusqu’à 8 couchages -, une véranda, une douche et un toilette.

                  L’ Universal World House est un habitat « de papier » d’une superficie de 36 m2 pensé et breveté par Gerd Niemoeller, un inventeur suisse.

                  Hi-Tech de surcroît, un « château d’air » ... faute d’avoir un « air de château » smiley

                   

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