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Accueil du site > Actualités > Politique > Quand les politiques se servent de la France au lieu de servir les Français (...)

Quand les politiques se servent de la France au lieu de servir les Français ?

La belle vulgate de la pensée politique pour les « nuls » tente de nous convaincre que les élus du peuple servent les citoyens même si parfois, ils se servent copieusement de la manne publique pour améliorer leur quotidien et celui de quelques proches, en toute légalité ou quelques fois en transgressant les lois de la république. Mis à part ces malversations, l’élu local ou le ministre agit de telle manière qu’il participe à améliorer l’existence de ses concitoyens électeurs ainsi que de contribuer à l’intérêt général. C’est ce l’on pense le plus souvent et c’est ce qui est écrit dans les manuels de politiques traitant de la démocratie. Pourtant, quelques faits récents tendraient à forger la thèse d’un fonctionnement politique inversé. Autrement dit, un « certain nombre » de politiciens agissent de telle manière que l’action politique tend à résoudre leurs problèmes plutôt qu’à solutionner ceux des Français.

Je me propose d’employer un procédé descriptif et explicatif permettant de renverser le regard mais en prenant le risque de distordre la réalité et de sacrifier au procès d’intention. Tant qu’à faire, autant utiliser le procédé en l’appliquant au plus haut de nos élus, le président en personne, François Hollande, dont on aura remarqué le déplacement pas vraiment approprié à Florange. Ne peut-on y déceler quelque manière de conjurer un fâcheux contentieux dont l’origine remonte à la campagne de 2012 et qui s’est soldé par un sentiment de trahison de la part des sidérurgistes avec à la clé une stèle sur les promesses non tenues et une médiatisation soutenue. De quoi laisser une fausse note dans le passif présidentiel. Alors François Hollande est venu et pour acheter une sorte de paix sociale, il a mis sur la table 20 à 50 millions d’euros pour un centre de recherche sur la sidérurgie. Est-ce bien utile et s’il s’agit d’un symbole ça fait tout de même cher ? Le président s’engage à revenir, pour le suivi de cette plateforme qui on s’en doute, ne résoudra pas le problème d’emploi et de reclassement de la plupart des salariés licenciés par Mittal, mais permettra à Hollande de se sentir et paix avec sa conscience et de pouvoir dormir sereinement, le sentiment d’une mission conjuratrice accomplie. Cela étant dit, il se peut que cette analyse relève d’un mauvais procès. Après tout, la plupart des actions politiques peuvent être raccordée à un problème personnel que cherche à solutionner l’auteur de ces actes.

Ainsi, ne pourrait-on supposer que la réforme scolaire de Vincent Peillon a plusieurs objectifs dont le principal serait de justifier la place du ministre et le faire entrer dans l’Histoire comme un grand réformateur ? Et puis envisager quelque revanche politique chez un Laurent Fabius si coriace avec le régime syrien qu’il était prêt à saboter la voie diplomatique. Pareil pour Hollande se prenant à imiter les Bush et Sarkozy en reconnaissant l’opposition syrienne. Imiter n’étant pas le terme approprié, je voulais dire se doter d’une posture de chef d’Etat en ayant du poids sur la scène internationale. Allez, on entre dans la psychologie de bistrot, pourquoi pas, Hollande et un complexe d’infériorité ? Quant à Arnaud Montebourg, on verra sans doute un comportement très narcissique qui le met en position délicate lorsque ses desideratas ne sont pas exaucés. Madame Duflot lance des invectives contre Valls. Est-ce pour exister dans les médias, pour faire exister son mouvement et ses revendications fiscales vertes ou bien par honnête conviction et empathie vis-à-vis des Roms ?

Le jeu politique est complètement troublé. Un phénomène d’époque sans doute dû à la conjonction de deux conditions de la vie politique. La médiatisation qui incite à la décomplexion, à l’ostentation et au narcissisme. Les politiciens osant s’afficher sans complexe dans leurs travers parce que plus personne n’est sourcilleux ni choqué. Ensuite le narcissisme et l’individualisme, trait qui n’est pas spécifique aux politiques car présent, à des degrés plus importants, chez les journalistes, les intellectuels et plus encore, les célébrités du monde culturel, chanson, cinéma, animation… Le jeu politique est complètement troublé. Il semblait plus clair à une autre époque, moins décomplexée mais peut-être plus duplice, coincée et hypocrite. Maintenant, les citoyens ont une vision plus nette des choses du pouvoir (peut-être en apparence) mais ils sont moins impliqués dans la vie politique et la réflexion sur les enjeux collectifs. Les politiciens peuvent s’afficher narcissiques, combinards et intéressés par leur personne puisque les citoyens le sont aussi. Les gens ont les élus qu’ils méritent et qu’ils élisent. Les gens sont tout aussi décomplexés que les célébrités. Enfin, c’est plus contrasté, car chez les gens simples on trouve encore et souvent de la vertu, de l’éthique, du partage, de l’empathie, tous ces traits de caractère et d’âme qui semble-t-il ont déserté les élites. Les cris d’orfraie prononcent ce mot galvaudé, cynisme.

La psychopolitique ne doit pas être écartée, même si les décisions paraissent le plus souvent motivées par la raison. La politique doit en premier lieu composer avec les nécessités du système qui imposent des dirigeants et des élus après une campagne électorale. Mais parfois, les élus d’écartent de la droiture et persistent dans le mensonge, une fois que le mensonge est prononcé publiquement. Les gens « ordinaires » aussi, comme par exemple les parents de Fiona. Les politiciens sont des humains comme les citoyens. Cahuzac s’est enfermé dans le mensonge, comme du reste ceux qui dans un autre contexte, se persuadent que l’on doit agir sur le climat ou bien attaquer la Syrie. Dieu merci, la vie politique prévoit des portes de sorties, avec une vie parlementaire qui peut contrecarrer la folie de l’exécutif si il a lieu et aussi une opinion publique. La vie politique ne tolère que des mensonges mineurs et surtout masqués. Des petits arrangements, locaux ou nationaux. Bref, cette société, il ne faut pas espérer qu’elle soit parfaite, c’est comme la circulation sur les routes, chaque année des accidents, 4000 morts, et des blessés se comptant en dizaines de milliers. L’homme est perfectible. Son Système aussi.

En vérité, l’appréciation se doit d’être contrastée. Les politiciens donnent l’impression de jouer leur propre partition mais c’est sans doute une distorsion due aux médias. N’importe quel citoyen ferait la même chose s’il était au pouvoir. Le problème fondamental relève du système et de l’anthropologie contemporaine. Il échappe à l’entendement et aux intellectuels. Les élites dominent en barrant la voie vers la civilisation. Il n’y a pas de complot. C’est systémique. Le vertige de la démocratie révélé avec la profondeur de l’âme humaine. Un vertige promis au vestige. La profondeur de l’âme contemporaine n’ayant plus la solidité des fondations de la civilisation. La société va s’écrouler. Ou peut-être pas. Pour revenir à nos politiciens, on dira que leurs actes sont motivés par une combinaison de convictions personnelles, d’intérêts tout aussi personnels, de convictions idéologiques partagées et de sens de l’intérêt public. Bref, le schéma est déjà complexe en plus d’être brouillé d’autant plus que l’image médiatique vient troubler la représentation et que nombre de politiciens d’Etat franchissent les frontières du narcissisme. Ce n’était pas le cas du temps de Pompidou, Messmer et Peyrefitte. Mais ce n’était pas mieux.

La situation est assez claire dans le concept mais assez floue dans le réel car on ne sait pas vraiment quelles intentions et objectifs motivent les actions politiques lorsqu’elles sont en dehors du champ de l’intérêt public. Parfois c’est évident dans le cas par exemple de Berlusconi qui n’hésite pas à instrumentaliser ses confrères du gouvernement pour un intérêt personnel, celui d’échapper à la destitution de son poste d’élu, au risque de plonger l’Italie dans une grave crise politique. Que penser de ces élus locaux qui luttent pour leurs mandats, se mettent à bâtir des infrastructures comme des grands stades, ou même se plaisent à imaginer une métropole comme Bordeaux avec le million d’habitants ? Est-ce vraiment pour l’intérêt des gens ou la gloire personnelle ?

La politique est vraiment la profession nourrie de toutes les ambiguïtés. A se demander si certains élus ne finissent pas par croire à leurs propres mensonges, dans le fil de l’action, avec le déni de réalité qui convient à une situation où l’on se persuade que l’on est au service des citoyens alors qu’au fond, on cherche autre chose. La politique laisse perplexe. On comprend alors que les gens se détournent de la politique, surtout que les médias présentent les choses comme étant assez simples.

Et les politiciens aussi finissent par présenter les choses comme étant simples, car ils sont quelque part prisonniers de l’image médiatique et du jeu théâtral imposé sur les plateaux de télé, sans oublier les pièges d’un système où l’économie est devenue dominante. La dette n’est plus possible et la concurrence est insurmontable. Les marges sont réduites comme jamais. La politique ne peut plus formuler des projets à part éviter le naufrage. C’est le cas dans la plupart des pays occidentaux.

 


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13 réactions à cet article    


  • morice morice 30 septembre 2013 10:47

    vous dérivez FN, Dugué....


    En vérité, l’appréciation se doit d’être contrastée. Les politiciens donnent l’impression de jouer leur propre partition mais c’est sans doute une distorsion due aux médias. N’importe quel citoyen ferait la même chose s’il était au pouvoir.

    VOUS PEUT ETRE... mais pas tout le monde :cessez donc d’amalgamer en vous prenant comme référence....

    • PaxBZH PaxBZH 30 septembre 2013 12:20

      C’est bien vrai morice, tout le monde n’est pas comme ça et fort heureusement il existe des hommes de conviction avec une force de caractère pour résister à la tentation de servir ses propres intérêts avant ceux de notre pays mais combien ?

      N’est il pas temps de passer à autre chose ? Un système qui mettrait à la fois l’homme providentiel en avant tout en mettant les ambitions personnelles ou celles d’un groupe hors d’état de nuire ?

    • morice morice 30 septembre 2013 10:49

      Ainsi, ne pourrait-on supposer que la réforme scolaire de Vincent Peillon a plusieurs objectifs dont le principal serait de justifier la place du ministre et le faire entrer dans l’Histoire comme un grand réformateur ?


      ridicule : dans ce cas Haby devrait l’être aussi....

      • eau-du-robinet eau-du-robinet 30 septembre 2013 12:09
        Quand les politiques se servent de la France au lieu de servir les Français ?

        Cella durée depuis les années 70 ... il ne jamais trop tard pour se rendre compte que les hommes politiques et leurs maîtres, le monde de la finance, se gavent, voire la photo de cet article qui caricature bien ces abus, de plus en plus. 

        Celui qui se gave le plus c’est Goldman & Sachs


        • Luc le Raz Luc le Raz 30 septembre 2013 16:16

          Je le pense depuis des années « Nous sommes les otages des cartels de la finance internationale ». Ça se résume en peu de mots : « La bourse ou la vie ? » Pffff... smiley


        • Loatse Loatse 30 septembre 2013 12:58

          «  Allez, on entre dans la psychologie de bistrot, pourquoi pas, Hollande et un complexe d’infériorité ? »
           
          Ce que vous appelez la psychologie de bistrot (avec une pointe de mépris ou je me trompe ?) c’est le bon sens populaire dont la part intuitive peut s’exprimer sans réserves et sans crainte de déplaire par une apparente simplicité...

          Aussi est il de bon ton, pour se démarquer de cette plèbe pensante (bordu elle ose penser et parfois juste !) de la parer de vapeurs d’alcool...

          ainsi l’honneur est sauf...


          • soi même 30 septembre 2013 14:48

            Ils vont bien un jours attraper la goutte et le diablebête !
             !


            • Luc le Raz Luc le Raz 30 septembre 2013 16:22

              « diablebête » Combien d’entre eux, lui ont vendu leur âme ?  Vade retro satanas !!!


            • Denzo75018 30 septembre 2013 16:35

              Espérons que les Français sauront s’en souvenir le moment venu de glisser le bulletin de vote dans l’urne !

              En tous les cas, il va falloir que ça change........parce que trop c’est trop la France, par la faute de nos politiques, est immobile depuis 30 ans et se comporte comme un village gaulois  !


              • troletbuse troletbuse 30 septembre 2013 22:06

                Mais pourquoi veulent-ils tous entrer au parlemnt européen ? Je me le demande

                http://www.sauvegarde-retraites.org/docs/Retraite_Hauts_fonctionnaires_europeens_Annexe_3_Etude_27.pdf


                • mpag 1er octobre 2013 00:56

                  Changer les politiques reviens à changer la nature de l’être humain et ces motivations 

                  Tous le monde n’est pas dans le même panier mais on peut tout à fait faire le constat que la droite et la gauche ont tous les deux échouer au vue de l’état du pays
                  Ils ont perdu toute crédibilité, ce que reprochait l’autre il y a 5 ans le fait aujourd’hui 
                  idem 5 ans avant et on peut remonter loin 

                  Ils intéressent plus à leur partie qu’à leur patrie ( tout à fait surprenant les dires d’un actuel sénateur qui reprochent aux autres ce qui a pas pu appliquer dans son propre partie politique)

                  Et la partie de tennis continuent, on fait juste office de balles

                  Quelques fois l’envie me prend de sortir les Kalachnikovs..........

                  L’auteur est dans le vrai malheureusement 

                  • Michel DROUET Michel DROUET 1er octobre 2013 08:27

                    Bonjour Bernard

                    Les médias ont sans doute une responsabilité dans le fait que l’image des politiques se dégrade, mais il faut bien constater que ceux ci y mettent souvent du leur.

                    Je ne crois pas non plus à la thèse du « tous pourris » y compris les citoyens élus potentiels.

                    Par contre, comme l’être humain est faible, des outils, comme le non cumul de mandats et la limitation à deux des mandats successifs seraient à même de moraliser la vie publique et d’éviter les dérives narcissiques.

                    Mais, bon, quelle majorité pour voter de tels dispositifs ? On ne scie pas la branche sur laquelle on est assis. 


                    • Cedric Citharel Cedric Citharel 6 octobre 2013 13:23

                      Avant d’être de dangereux psychopathes, les politiciens sont au service des magnats de la finance et de l’industrie.

                      Actuellement, on assiste d’ailleurs à un début de répartition des tâches. Le gouvernement semble relayer les désirs des banques tandis que les parlementaires se contentent d’obéir aux industriels...
                      En attendant, pour savoir qui dirige le pays, et comment ils s’y prennent, lisez On les croise parfois, de Cedric Citharel.

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