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Accueil du site > Actualités > Politique > Quand M. Sarkozy réécrit l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale : (...)

Quand M. Sarkozy réécrit l’Histoire de la Seconde Guerre mondiale : Personne n’en parle !

Depuis quelques jours, on peut découvrir sur la toile, plusieurs montages vidéo dans lesquels on peut voir M. Sarkozy faire la déclaration suivante :

"Les Européens ont eu l'idée folle de la Shoah, la France et l'Allemagne."

Au départ, me méfiant des rumeurs et des fausses informations qui circulent et prolifèrent sur Internet, comme ailleurs, j'ai spontanément pensé qu'il s'agissait, en l'espèce, d'un "faux" grossier et d'un montage vidéo manipulé et malhonnête.

Je suis donc remonté à la source de la vidéo, et j'ai pu ainsi visionner dans son intégralité, l'intervention de M. Sarkozy, le 8 février 2012, au dîner annuel du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) ; le ton et les pauses entre les différentes phrases ne laissent guère planer de doute.

D’autant que la source sur laquelle je l’ai regardée se trouve être le site Internet officiel de l’Élysée. Le discours de M. Sarkozy y est visible in extenso :

http://www.elysee.fr/president/les-actualites/discours/2012/discours-du-president-de-la-republique-a.12978.html

La phase exacte y est prononcée entre 7mn 10s et 7 mn 17 s.

Le compte-rendu écrit du discours figurant sous la vidéo, confirme qu'aucune ambiguïté n'est possible quant à l'assertion du président sur la responsabilité de la France dans "l'idée de la Shoah". Le propos complet, ainsi retranscrit sur le site officiel de l'Élysée, lève toute équivoque :

" Qui s'est plus détesté, qui s'est plus affronté à travers l'histoire de l'humanité, que les Français et les Allemands ? Où y a-t-il eu les conflits les plus barbares, les plus sanglants ? Où s'est déroulée la Shoah ? En Europe.

En Europe, pas au Moyen-Orient, en Europe avec des Européens, pas au Moyen-âge, au XXème siècle. Hier, hier, on s'est entretué, on s'est détesté, on s'est envahi, on s'est déchiré, on s'est massacré. Les Européens ont eu l'idée folle de la Shoah, la France et l'Allemagne. "

Capture d'écran du site officiel de l'Élysée {JPEG}

Quelques mots de trop, à côté desquels, on passerait presque sans s’en apercevoir, mais, qui, si l'on veut bien prendre le temps de s’y arrêter et d'en comprendre le sens, s’avèrent littéralement incroyables. En effet, à moins d’être un lecteur distrait, un auditeur inattentif, ou de tout ignorer de l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale, de tels propos sont d'évidence, tout sauf anodins.

D'abord, car il ne s'agit en aucun cas d'un dérapage puisque ce ne sont pas des propos tenus à l'emporte-pièce, mais qu'il s'agit d'un discours lu (et d'ailleurs parfaitement assumé ; la phrase étant restitué à l'identique par écrit sur le site officiel de la présidence de la République). Ensuite parce que ces propos incriminent directement la France en l’associant nommément à "l'idée de la Shoah" ; dès lors, il me semble plus approprié de parler d'une accusation grave et mensongère, à l'égard de la France et de son Histoire.

C'est une accusation grave, car il ne s'agit pas, comme le fit M. Chirac, le 16 juillet 1995, de faire prendre à notre pays, par une reconnaissance officielle, sa part de responsabilité dans le crime que constitua sa participation à la déportation de Juifs vers les camps nazis.

Au contraire, il s'agit ici d'affirmer une responsabilité de l'Europe en général, et de la France en particulier, mise, de facto, sur un pied d'égalité avec l'Allemagne, dans la conception théorique et l'instauration du projet d'extermination des Juifs d'Europe.(" Les Européens ont eu l'idée folle de la Shoah, la France et l'Allemagne. ").

Cette formulation rend spécifiquement notre nation co-responsable du génocide des Juifs et laisse croire que les Français auraient donc été, non seulement complices, mais aussi à l'initiative de ce crime contre l'Humanité.

Théorisée et mise en œuvre par Hitler et le régime nazi, "l'idée de la Shoah" ne peut en aucun cas, être imputée à la France, et ce, même si les responsables de l'"État français" ont effectivement collaboré avec l'occupant.

Il s'agit donc, à n'en pas douter, d'une accusation mensongère.

M. Sarkozy, se livrant, ni plus, ni moins, à une inquiétante réécriture de l'Histoire qui montre que l'idéologie de la repentance perpétuelle trouve ainsi ses limites, ici, celles de la vérité historique.

Car à ce jour, , il n'existe aucun élément, aucun fait, qui permettent d'affirmer que des dirigeants français et encore moins le peuple, aient pu avoir, de près ou de loin, une quelconque responsabilité dans la conception de la "solution finale". C’est pourtant cela qu’affirme M. Sarkozy, et rien d’autre.

Encore une fois, les propos de M. Sarkozy, ne consistent pas à dénoncer la complicité active du régime de Vichy dans la déportation des Juifs, ou à dénoncer les écrits d'une partie de l'intelligentsia française, furieusement antisémite, allant parfois jusqu'à l'appel au meurtre. Non, il s'agit, bel et bien, pour M. Sarkozy, d'attribuer à la France, à égalité avec les nazis, la responsabilité de la Shoah tant dans son élaboration que dans son exécution.

Ainsi, ce discours, passé totalement inaperçu, abîme-t-il notre pays, sa mémoire et son Histoire.

En effet, par delà l'énoncé d'une contre-vérité historique flagrante, M. Sarkozy fait fi, implicitement, de la Résistance française mais aussi d'un certains nombres de faits avérés qui attestent que la France ne fût pas qu'un pays de "collaborateurs", et encore moins "d'inventeurs de la solution finale".

Comme l'écrit Serge Klarsfeld, dans son ouvrage Vichy-Auschwitz, si la majorité des Juifs de France ont échappé à la déportation, c'est grâce à "la sympathie sincère de l'ensemble des Français, ainsi que leur solidarité agissante à partir du moment où ils comprirent que les familles juives tombées entre les mains des Allemands étaient vouées à la mort ". De même, Simone Veil a rappelé, dans son autobiographie, Une vie, que la France fût l'un des pays occupés où les Juifs avaient été le plus et le mieux protégés.

De tels propos, ne sont pas seulement le fruit d’un simple ressenti, né de leur expérience intime et personnelle, mais aussi le résultat d’une étude raisonnée, approfondie et sincère de la réalité historique. Et puisqu’il faut en passer, par là, attardons-nous sur quelques données statistiques, ô combien sinistres, mais qui n’en demeure pas moins nécessaires à la bonne compréhension de l’Histoire de la Seconde Guerre Mondiale et au rôle que joua la France dans le processus d’extermination des Juifs d’Europe.

Pour citer une nouvelle fois, Serge Klarsfeld, il faut savoir, que selon ses travaux*, la France comptait en 1940, 190 000 Juifs Français et 140 000 Juifs étrangers, et que de 1941 à 1944, 76 000 d’entre eux furent déportés, dont 21 000 Français et 55 000 étrangers.

Ainsi 254 000 Juifs présents sur le territoire français échappèrent à la déportation soit une proportion globale de 75% (elle s’élève à près de 89 % pour les seuls Juifs Français). A titre de comparaison, en Belgique seuls 40 % des Juifs furent épargnés, tandis qu‘au Pays-Bas, ils furent seulement 15 % à échapper à la mort, et à peine 10 % en Pologne.

Nous n’avons certainement pas à nous réjouir de ces chiffres, ni à en tirer quelque malsaine fierté nationale, pourtant, il fallait bien que cela soit rappelé afin que chacun puisse prendre conscience de la dimension profondément inique de la phrase si courte mais si lourde de sens de M. Sarkozy

Loin de moi l'idée de prétendre que l'ensemble des Français et leurs dirigeants auraient eu un comportement exemplaire durant cette période, trop de nos concitoyens, en effet, se rendirent complices de la barbarie nazie.

Cependant il reste inacceptable que M. Sarkozy puisse dans un même discours, travestir la vérité, en prétendant que la France serait avec l’Allemagne, l’instigatrice de la Shoah, tandis que par une omission coupable, il passe sous silence les comportements dignes et souvent courageux dont firent preuve nombre de nos compatriotes, "héros de la Résistance" ou "gens ordinaires".

Alors, à moins que M. Sarkozy ne reconnaisse son erreur, ou ne concède, éventuellement, une lecture malheureuse d'un discours qu'on rédigeât pour lui, il serait légitime que soit rétablie, sous peu, la vérité historique.

Pour ce faire, il conviendrait, que dès à présent l'ensemble de la communauté d'historiens, spécialistes de la seconde Guerre Mondiale, se mobilise afin d'exiger, a minima, qu'un rectificatif sans ambiguïté, soit apporté à de tels propos, indignes de tout président de la République Française qui se respecte, et surtout, respectueux de son pays et de son Histoire.

En tous cas, une telle déclaration ne saurait être passé sous silence et devrait assurément rencontrer une plus large audience.

Car, à ce jour, l’ensemble des grands médias et des représentants de la classe politique française, (pourtant présents en nombre au dîner du CRIF, au cours duquel fût prononcé ce discours), eux, d’habitude, si prompts à s’indigner à maintes occasions, n’ont daigné, à ma connaissance, s’élever contre ces propos inacceptables.

Tom Joad 

Post scriptum : S'agit-il, en l'espèce, d'un cas d'amnésie présidentielle ? Il convient de se poser la question si l'on compare le récent discours de M. Sarkozy au dîner du CRIF, et ce qu'il disait sur le même sujet, au cours de la campagne présidentielle de 2007. Voici, par exemple, ce qu'il déclara lors de son meeting à Caen, le 9 mars 2007 :

" La France n'a jamais exterminé un peuple ! La France n'a pas inventé la solution finale ! La France n'a pas commis de crime contre l'Humanité ! La France n'a pas commis de génocide ! "

*Cités par Jean Sévillia dans son ouvrage Historiquement correct, Éditions Perrin, 2003


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51 réactions à cet article    


  • appoline appoline 20 février 2012 18:39

    Il renvoie juste la balle à ses copains du CRIF ; depuis quelques années Sarkosy et ses sbires cherchent à ce que les français culpabilisent. Les souvenirs sont encore trop frais pour que les citoyens soient dupes, mais le fait que notre président soit un demi-juif n’est pas étranger à ce comportement absurde et malsain.


  • rosemar rosemar 20 février 2012 12:36

    Des images éloquentes qui montrent la soumission au voisin allemand:les français deviennent les clones des allemands,tout cela pour imposer les mêmes mesures d’austérité aux peuples européens...


    • Mais dans quel monde vit-on ? 20 février 2012 12:41

      « Où y a-t-il eu les conflits les plus barbares, les plus sanglants ? Où s’est déroulée la Shoah ? En Europe. En Europe, pas au Moyen-Orient, en Europe avec des Européens, pas au Moyen-âge, au XXème siècle. »

      Ici, la bêtise du bonhomme, en même temps que celle de son nègre, éclate dans toute sa splendeur. Si ces conflits les plus barbares, les plus sanglants, se sont déroulés en Europe, si la Shoah s’est déroulée en Europe, c’est parce que l’Europe en avait les moyens technologiques, et c’est tout.

      Voyez-vous, M’sieur Sarkozy, plus on en a, des moyens technologiques, plus on fait de gros dégâts en de moins en moins de temps. Donc, ces conflits les plus barbares et les plus sanglants ne pouvaient se produire que dans des pays très développés.


      • Hesbois Hesbois 20 février 2012 13:12

        Je suis, en partie, d’accord avec votre raisonnement.
        On se tape dessus partout avec les moyens du bord et c’est seulement aujourd’hui que ces moyens se sont plus ou moins mondialisés comme le reste.
        Mais alors, pourquoi une telle différence au 20ième siècle entre le continent européen et le continent nord-américain ? Pas une seule bombe n’est tombée là-bas !
        A priori, j’en vois une : sur le continent américain, il y avait les Etats Unis et sur le continent européen, il y avait les Etats Pas Unis.

        Bon je vous avoue que je ne crois pas à « la nation », je suis solidement enraciné dans mon village tout en me sentant terrien. Un pouvoir au niveau local (l’Alsace, la Wallonie, la Lombardie, l’Andalousie, la Bavière, etc.) pour régler les problèmes concrêts des gens au quotidien et un pouvoir au niveau mondial pour gérer l’équilibre de la planête seraient amplement suffisants. Tous les niveaux intermédiaires sont à la fois sources de tensions et stratégies de diversion, les vraies décisions se prenant de toutes façons actuellement à l’insu du vote populaire.

        Pour le reste, la réécriture orwellienne de l’histoire par Sarkozy et ses sbires a été permanente durant son mandat. Et visiblement, ça marche sur le plus grand nombre ! Moi, ça me dépasse que certains puissent encore le croire...


      • Mais dans quel monde vit-on ? 20 février 2012 16:34

        « Bon je vous avoue que je ne crois pas à »la nation« , je suis solidement enraciné dans mon village tout en me sentant terrien. »

        Vous soulevez toute la problématique des sentiments d’appartenance et vous-même, vous appartenez à une petite minorité.
         
        « Un pouvoir au niveau local (l’Alsace, la Wallonie, la Lombardie, l’Andalousie, la Bavière, etc.) pour régler les problèmes concrêts des gens au quotidien et un pouvoir au niveau mondial pour gérer l’équilibre de la planête seraient amplement suffisants. »

        J’imagine que vous vous rendez compte que :

        1. ce pouvoir planétaire ne pourra en aucun cas être démocratique (déjà l’U.E. ne parvient pas à l’être, sinon sa construction serait entravée en permanence par des risques de référendum d’initiative populaire*)

        2. ce même pouvroir planétaire empiètera continûment sur les prérogatives des entités régionales

        * Vous ne le savez peut-être pas - les médias européens ont été très discrtets sur la question - mais jeudi le Parlement européen a entériné un accord de libre-échange agricole avec le Maroc qui permettra à ce pays de concurrencer directement, avec des conséquences dramatiques, les producteurs sud-européens de fruits et de légumes, dont les pays ne se portent déjà pas bien du tout, économiquement parlant...


      • Hesbois Hesbois 20 février 2012 20:07

        Je ne crois pas appartenir à une petite minorité. Les gens qui sont attachés à leur village sont nombreux dans toutes les campagnes du monde. Et les parisiens aiment Paris, les londoniens Londres, les lillois Lille, etc.

        Il y a un sens historique qui va de la communauté familiale vivant dans sa grotte jusqu’au peuple mondial. C’est inéluctable et irréversible même si ça doit encore prendre mille ou deux milles ans.

        Je ne crois pas que notre système est une démocratie. Il s’agit d’une dictature économique où l’on crée sans cesse des nouveaux besoins inutiles pour laisser le peuple dans un état de manque permanent.

        C’est probablement parce que vous êtes français que vous ne vous rendez pas compte qu’un alsacien n’a rien à voir avec un corse. « La France » est une invention toute récente dans l’histoire de l’humanité ! Même pas deux millénaires ! Par rapport à la durée de vie de notre planête, c’est microscopique !

        Mais bon, il faut les trois blocs qui se tapent dessus comme décrit dans « 1984 ». C’est la solution, d’accord, d’accord...


      • Mais dans quel monde vit-on ? 20 février 2012 20:26

        « Je ne crois pas appartenir à une petite minorité. Les gens qui sont attachés à leur village sont nombreux dans toutes les campagnes du monde. Et les parisiens aiment Paris, les londoniens Londres, les lillois Lille, etc. »

        Bien sûr, mais parce qu’ils sont de leur village, ils sont Français, parce qu’ils sont Parisiens, ils sont Françaisl, par qu’ils sont Londoniens, ils sont Anglais.

        Il y a un sens historique qui va de la communauté familiale vivant dans sa grotte jusqu’au peuple mondial. C’est inéluctable et irréversible même si ça doit encore prendre mille ou deux milles ans.

        On peut toujours rêver, mais moi, je ne peux calquer mes positions actuelles sur le fait que dans mille, voire deux mille, ans, il n’y aura plus de « nous » et de « eux » d’un bout à l’autre de la planète. Je note déjà qu’en sept cents ans, les Espagnols de souche, les juifs et les musulmans, ne sont pas parvenus à consituer un seul peuple.

        « Je ne crois pas que notre système est une démocratie. Il s’agit d’une dictature économique où l’on crée sans cesse des nouveaux besoins inutiles pour laisser le peuple dans un état de manque permanent. »
        Un jour, les ressources manqueront pour créer de quioi entretenir cet état de manque.

        « C’est probablement parce que vous êtes français que vous ne vous rendez pas compte qu’un alsacien n’a rien à voir avec un corse. »

        Vous vous trompez lourdement. Je sais d’expérience que la gauche a énormément de problème avec les sentiments. Elle a besoin de gens qui fonctionnent par la raison, qui se déterminent par la raison et qui choisissent en vertu de la raison. C’est une utopie !

        Ce que l’Alsacien et le Corse ont en commun, c’est l’essentiel, le mortier d’un pays, comme les Suisses romands, les Suisses alémaniques, les Suisses italiens et les Romanches, et c’est le sentiment d’appartenance !

        C’est fondamental. Là où il n’existe pas, le pays ne tient pas, comme on l’a vu en Yougoslavie ou en Tchécoslovaquie, comme on le voit en Belgique. Et la raison n’y peut rien. Evidemment !


      • BARTH 21 février 2012 08:46

        Réécoutez « les imbéciles qui sont nés quelque part » !

         ça aide...


      • Hesbois Hesbois 21 février 2012 09:03

        Effectivement je suis belge smiley

        Et c’est ce qui me permet d’avoir un point de vue différent du vôtre.

        J’ai néanmoins dépassé le cap du « vous vous trompez lourdement » envers ceux qui émettent un avis différent du mien. La loi de la relativité...il n’y a pas de vérité absolue.
        Précisons que je ne suis pas de gauche. Ni de droite d’ailleurs.

        Par contre, en Alsace, là où on appelle la France « le pays de l’intérieur », je vous jure que ceux qui rêvent d’une Alsace où ce seraient les alsaciens qui décideraient pour les alsaciens sont eux franchement de droite ! Alors que les basques indépendantistes sont plutôt de gauche......offrez un referendum aux bretons pour voir...
        Vous savez, sans l’Europe, mon pays aurait explosé....mais elle a tout fait, de manière très discrête mais avec d’énormes pressions, pour que ça n’arrive pas. Pourquoi ?
        Allez dire à un écossais qu’il est britannique !!! smiley Et l’Irlande du nord est toujours un territoire occupé...
        En Italie, cela fait longtemps que la ligue du nord rêve de faire sécession d’un sud devenu trop lourd à porter à ses yeux.
        Quant au « modèle allemand » dont les français parlent tant, ils en oublient une composante essentielle : c’est un pays décentralisé. Le pouvoir donné aux Lands est énorme.....ce qui leur permet d’être plus rapides, plus efficaces dans la compêtition économique internationale, ils sont très bien coordonnés entre eux par madame Merkel qui, apparemment, se garde bien d’expliquer au petit Nicolas pourquoi cela fonctionne si bien chez elle (je suis par ailleurs en accord avec les analyses d’Emmanuel Todt sur ce sujet).

        Ca faisait un moment que la France était sur le déclin mais depuis Sarko (et DSK), elle s’est carrément discréditée aux yeux des observateurs du monde entier. Comme l’Italie de Berlusconi. En effet, comment pourrait-on imaginer que des peuples capables d’élire de tels clowns sinistres ne sont pas manipulés de A à Z ? La seule erreur de De Gaulle a été de croire que la 5ième république pouvait lui survivre. Lui incarnait la France dont vous parlez et dont je reconnais l’existence d’ailleurs (même si pendant la guerre, il y a eu deux France). Et puis, ça s’est dégradé petit à petit pour arriver jusque Sarko.

        Le gouvernement belge représente la totalité des belges car il est élu à la proportionnelle. Tous les votes sont utiles.
        Votre système permet à un parti de prendre tous les pouvoirs exécutifs alors qu’il ne représente que 30% des français. (parce qu’il fait 50% des votants mais que vous n’êtes pas, contrairement à nous, obligés d’aller voter)
        Vos élections présidentielles sont passionnantes à suivre, un peu comme le tour de France avec des rebondissements à chaque étape.
        ...mais de l’extérieur, elles sont impossibles à prendre au sérieux ! Sarkozy-De Funes, Hollande-Bourvil, Bayrou-Fernandel, Melenchon-Galabru, Le Pen-Maillan, Joly-Joly, vous voyez le casting de rêve !

        Encore une fois : le pouvoir économique n’a plus aucune frontière et agit comme une dictature. Les hommes politiques ne sont là que pour détourner l’attention. Je vous invite d’ailleurs à lire ou à relire (elles ne font que deux pages) « les dix stratégies de manipulation des masses » de Chomsky. C’est une grille passionnante à appliquer sur le modéle chinois, le modèle arabe, le modèle américain...ou le nôtre. 10 manipulations qui agissent simultanément en permanence...

        Rappelez-vous au début des années 80, les arabes étaient nos alliés et les soviétiques étaient nos ennemis ; aujourd’hui, les islamistes sont nos ennemis et les russes sont nos alliés. Parce qu’il faut un ennemi au système pour qu’il survive économiquement.
        Et ce qui est incroyable, c’est qu’Orwell ai décrit ce phénomène en 1948 !
        Dans « 1984 », il y a des écrans partout et puis Ben Laden sur lequel déverser la haine, la réécriture permanente de l’histoire, les dérives de la chirurgie esthétique et j’en passe.
        J’adore la littérature contemporaine ! Murakami, Baricco, Easton Ellis, Süskind, Carver, Hornby, Gaarder, Pennac et tellement d’autres. Leurs livres sont les miroirs du monde.

        Tant qu’on se tapera dessus, nous ne serons pas encore tout à fait des êtres humains mais je fais partie de ceux qui pensent que nous le deviendrons un jour.

        C’est pas grave si on n’est pas d’accord smiley

        Au plaisir d’avoir conversé avec vous.




      • Mais dans quel monde vit-on ? 21 février 2012 11:20

        « Réécoutez »les imbéciles qui sont nés quelque part«  ! ça aide... »


        Et vous méditez sur les imbéciles qui ramènent tout Brassens à cette chanson, en vous souvenant qu’il s’en est allé rendre son dernier souflle sur la terre qui l’a vu naître, avant de s’y faire enterrer.

        Ca n’aide peut-être pas à grand-chose, mais tout de même à éviter de reseriner les mêmes âneries que tout le monde.


      • Mais dans quel monde vit-on ? 21 février 2012 11:30

        « J’ai néanmoins dépassé le cap du »vous vous trompez lourdement« envers ceux qui émettent un avis différent du mien. »

        J’insiste, vous vous trompez lourdement, en cela que vous ne tenez aucun compte de ce qui fait l’appartenance, c’est-à-dire le sentiment d’appartenance. Et vous persistez tout au long de votre intervention, à ignorer ce facteur décisif.

        C’est, au demeurant, ce même sentiment d’appartenance qui fait que les Corses, les Alsaciens et les Bretons sont, très majoritairement, supporters de l’équipe de France dans les compétitions sportives internationales.

        « En Italie, cela fait longtemps que la ligue du nord rêve de faire sécession... »

        La Ligue du Nord a inventé la Padanie - qui n’existe pas, rigolent ses adversaires - et elle existe aussi fortement qu’exclusivement grâce, encore une fois, au sentiment d’appartenance que beaucoup d’Italiens du Nord éprouvent à son égard.

        « (je suis par ailleurs en accord avec les analyses d’Emmanuel Todt sur ce sujet. »

        Ce que j’ai retenu de Todd, c’est que le principal atout des Allemands, c’est d’être des Allemands. En 1919, Gustave Le Bon disait à peu près la même chose, en observant que si les Allemands avaient été plus patients, ils auraient dominé l’Europe par la simple extension de leur puissance industrielle. Etonnant, non, vu de 2012 ?

        « Parce qu’il faut un ennemi au système pour qu’il survive économiquement. »

        Les sociétés ont besoin d’ennemis pour se constituer comme sujet social. Ce n’est pas moi qui le dis, mais des gens aussi « progressistes » qu’Eugène Enriquez ou Elian Djaoui.
         
        Castoriadis parlait, lui, de « l’apparente incapacité de se constituer comme soi sans exclure l’autre . » Plus trivial, l’auteur britannique de romans policiers. Michael Dibdin écrivait dans « Lagune morte » : « On ne peut avoir de vrais amis si on n’a de vrais ennemis. A moins de haïr ce qu’on n’est pas, il n’est pas possible d’aimer ce qu’on est. Voilà des réalités très anciennes que nous sommes en train de redécouvrir avec douleur après plus d’un siècle de sentimentalité. » C’est cette douleur qui conduit au déni de réalité.

        « Tant qu’on se tapera dessus, nous ne serons pas encore tout à fait des êtres humains... »

        Et quand nous cesserons de nous taper dessus, nous serons plus du tout des êtres humains, juste des zombies lobotomisés ou des robots radioguidés pour la paix.


      • Hesbois Hesbois 21 février 2012 15:41

        Vous vous trompez lourdement si vous pensez que mon sentiment d’appartenance n’est pas, au minimum, aussi puissant que le vôtre.

        La seule différence, apparemment, c’est que je comprends le vôtre et que vous ne comprenez pas le mien parce qu’il est d’une essence différente du vôtre.

        Nous avons chacun nos propres références visiblement ce qui explique notre différence de pensée. C’est un vieux débat, vous êtes du côté de Kant, je suis du côté de Nietzsche. Y en aurait-il un de ces deux-là qui a raison et l’autre tort ?

        Ou alors, peut-être est-ce là qu’il y a cet « autre » dont vous parlez qui permet de définir ce que nous sommes : dans les différents courants philosophiques...

         

         


      • Mais dans quel monde vit-on ? 21 février 2012 16:30

        « Vous vous trompez lourdement si vous pensez que mon sentiment d’appartenance n’est pas, au minimum, aussi puissant que le vôtre. »

        Je n’ai jamais mis en doute votre sentiment d’appartenance, ni sa force, j’ai observé que, comme les gens de gauche, vous ne prenez pas le sentiment d’appartenance en compte dans vos réflexions.

        Ce qui fait que bon nombre de vos réflexions sont, dans l’optique de l’appartenance, pratiquement hors sujet. Par exemple, qu’est-ce que cela change à leûr sentiment d’appartenance que les indépendantistes alsaciens soient de droite, et que les indépendantistes basques soient de gauche ? A peu près autant que le fait pour les uns ou les autres d’être carnivores ou végétariens.


      • Hesbois Hesbois 21 février 2012 21:05

        Si je prenais les exemples des alsaciens et des basques, c’était pour montrer justement que le même sentiment peut être ressenti quelque soit ses opinions. Savez-vous que le basque n’est même pas une langue indo-européenne ? (l’estonien non plus) D’où viennent exactement ces deux peuples, cela reste une énigme.

        Le territoire français actuel s’est constitué à partir de guerres gagnées, non ? On ne va pas refaire toute l’histoire de France mais avouez que ce fut mouvementé et que « l’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. » Si Hitler avait gagné la guerre, nous serions nés allemands et fiers de l’être ?

        La France est devenu le pays le plus centralisé d’Europe. Et elle est en train de couler à pic sous nos yeux ébahis (enfin vu de Belgique). Vos dirigeants politiques ont des thèmes de campagne à la con alors qu’il faudrait complêtement moderniser vos institutions pour rendre votre pays compétitif face aux défis économiques du 20ième siècle.

        C’est rigolo, parce que vous êtes de droite et que je ne suis pas d’accord avec vous, tout en respectant vos opinions, vous persistez à me prendre pour un gauchiste ! Pourtant, ma référence en matière de politique française, c’est le général : il n’a pas eu besoin d’un parti pour se faire élire et il a appelé ceux qui lui semblaient être les meilleurs à ses côtés. 
        Je sais aussi que c’est Mitterrand qui a créé le Front National et je n’ai vraiment pas apprécié. En Belgique, les socialistes, ils se refilent les mairies de père en fils (ou fille) depuis trois générations. Je n’apprécie pas ce procédé non plus.
        Et mon écrivain français préféré c’est Céline, encore un super-gauchiste ! Mais j’ai aussi tous les San-Antonio, j’adore F. Dard, M. Audiard et tous les anars de droite...

        En fait, comme je vous rappelle que la politique n’a aucune importance vu qu’on lui impose les décisions de l’extérieur, It’s just a game for people, je pense que si j’étais français, je voterais pour Villepin. Il a une belle gueule, de l’humour, le sens de la répartie, il présenterait bien sur les photos ! Mais il est comme les autres hein, je ne le défends pas et je ne pense d’ailleurs pas qu’il aura vos fameuses 500 signatures.

        Je suis contre l’euthanasie, pour la chasse, pour la corrida, enfin bref je ne suis pas « de gauche » ou « de droite », c’est tellement réducteur ! Par contre, je suis humble et quand j’engage une conversation comme la nôtre, c’est toujours plus pour essayer de comprendre plutôt que pour essayer de convaincre.

        Et je vous remercie pour la minutie avec laquelle vous avez répondu à mes arguments. J’en sais plus aujourd’hui qu’hier, c’est le principal smiley

        Bonne soirée.


      • Mais dans quel monde vit-on ? 22 février 2012 00:26

        « ...vous persistez à me prendre pour un gauchiste ! »

        Nous avons tellement de peine à nous comprendre que je m’interroge quant à l’opportunité de poursuivre. Je ne vous prends pas pour un gauchiste, j’ai dit que vous avez des difficultés d’homme de gauche à intégrer le concept de sentiment d’appartenance à votre réflexion.

        Et ce sentiment n’a rien à voir avec la politique. Avec l’impératif territorial, il rattache celui qui l’éprouve à une communauté et à un territoire. Et si les vainqueurs écrivent l’histoire, ils ne peuvent trafiquer le passé et se servir de leur fiction pour construire un avenir.

        Un échec comme celui de la Yougoslavie, qui survient brutalement soixante-dix ans après l’invention du pays et,. plus encore, celui, moins spectaculaire, de la Belgique, cent cinquante ans après sa fondation, cent ans après la lettre au Roi de Jules Destrées, montrent bien que les peuples sont loin d’avoir la malléabilité que certains imaginent.


      • ricoxy ricoxy 20 février 2012 13:11

        Ou comment NS fait tout pour amadouer le lobby juif, y compris en compris en crachant sur la France (il n’est pas le seul).


        • Aldous Aldous 20 février 2012 13:35

          Sarko est un ignare, mais un ignare qui cultive sont ignorance.


          N’est il pas convaincu d’avoir participé à la destruction du mur de Berlin ?

          • Massaliote 20 février 2012 17:28

            Notre grand historien dévoile l’étendue de sa culture. N’a t’ il pas écrit le 26/01/12 à Erdogan en incriminant la France et en citant "les pages noires de l’histoire de France : la traite négrière, le rôle de l’Etat dans la déportation des juifs, et « les souffrances indicibles et la brutalité aveugle de la colonisation française en Algérie ».

            Quel est l’imbécile actuellement capable d’ignorer la mission qui a été dévolue à notre Conducator ?

            PUNIR LA FRANCE, NON POUR SES FAUTES REELLES OU FANTASMEES, MAIS PARCE QUE SA DESTRUCTION EST PROGRAMMEE PAR L’EMPIRE


          • appoline appoline 20 février 2012 18:47

            Il se dit mi catho mi juif notre président, j’ai surtout l’impression qu’avec le sécateur, ils n’y sont pas allés de main morte les rabbis. A moins que ce fut maman Sarko qui lui raconta la shoah en guise d’histoire de chevet depuis sa prime enfance ; notre nain a donc subi un grave traumatisme et mêle maintenant la fiction et la réalité, d’ici quelques semaines on le verra au côté de Patton pour la libérations des camps. Avec ça et le mur de Berlin, sûr qu’il va marquer des points.



          • Le citoyen engagé Le citoyen engagé 21 février 2012 12:13

            Quand on dit que Sarko c’est l’anti-France on ne se trompe pas.

            Le citoyen engagé


          • Spip Spip 20 février 2012 14:15

            C’est quand même assez typique de l’ambiance qui règne actuellement au Sarkozystan. Devant les sondages calamiteux (même provenant des copains), il faut faire feu de tout bois. L’Histoire travestie, pour cause de racolage électoral, en est donc le dernier exemple.

            Je ne crois pas du tout que le Candidat-Président soit un ignare en Histoire (de toute façon, tout discours est soigneusement construit, rédigé et relu pour obtenir un effet bien précis) C’est fait froidement, en escomptant l’absence de réaction de ceux dont le métier est d’informer.

            Ce discours datant de 12 jours maintenant, force est de constater que la manoeuvre, aussi grossière soit-elle, est passée. Nos chers journalistes ont encore fait la preuve, soit de leur soumission, soit de leur inculture crasse (si l’on est optimiste...)

            La France de Pétain a eu assez de choses à se reprocher sans qu’on en invente.


            • Pelletier Jean Pelletier Jean 20 février 2012 15:11

              C’est en effet assez incroyakle qu’il est pu ainsi déraper et qu’aucun média, ni politque d’opposition ne se soit emparer de cela.
              Mais je crois qu’iol ne réfléchit pas beaucuoup et qu’il ne s’est même pas rendu compte de l’énormité qu’il proférait.
              http://jmpelletier52.over-blog.com/ 


              • joelim joelim 20 février 2012 15:46

                Je comprends pourquoi Sarko a ruiné la France. C’est parce que selon lui tous les français sont responsables de la Shoah.

                Outre qu’il déteste le peuple français, ce mec est profondément dérangé. L’UMP qui l’a porté au pinacle porte une immense responsabilité.

                Qu’on s’en souvienne à toutes les élections !

                • Lucsaint Lucsaint 20 février 2012 16:34

                  Tom Joad vous êtes dans le vrai mais pas pour les raisons que vous croyez.
                  Cet article montre que vous ne connaissez pas grand chose de cette période qu’est la seconde guerre mondiale.
                  Vous devriez lire des bouquins de toute origine sur le sujet, et pas seulement celui de Klarsfeld ou les livres de l’histoire officielle, distribués à l’école. 

                  Les Français, les Anglais (et d’autres) peuvent être considérés comme co-responsables des camps de concentrations nazis puisque ayant souvent freiné ou empêché les migrations de juifs provoquées par les Allemands. Et même fait du zèle anti-juif dans certains cas. Mais l’histoire est encore plus compliquée que ça. La connaissance parfaite de cette (triste) partie de l’histoire (et de sa suite) vous permettrait de comprendre POURQUOI Sarkozy continue de passer les plats au dîner du CRIF. 
                  Or, il est impossible de rentrer dans le détail de cette période puisque toute remise en perspective est devenue illégale en France depuis la fameuse Loi Gayssot (créée pour faire taire certains historiens)...


                  • Richard Schneider Richard Schneider 20 février 2012 16:55

                    Que ne ferait-on pas pour faire plaisir à Tata Angela !

                    En attendant, voir : 
                    Discours de Nicolas SARKOZY Metz – Mardi 17 avril 2007 Mes ...


                    • sophie 20 février 2012 18:58

                      Bsr , pas trop d’accord Richard, il accuse clairement l’Allemagne dans ce discours, au dela de cela ce qui me stupéfie c’est que l’assemblée ne se soit pas levée pour quitter la salle suite à ce mensonge qui ne répare rien (au contraire) par rapport à la collaboration active de la france
                      Merci à l’auteur, très bon article


                    • boyardmais 20 février 2012 17:11

                      Quand le président Sarközy prend-il le plus de liberté avec la réalité ?

                      1) Lorsqu’il parle de la Shoah, sans préciser à quoi il fait référence : la Loi Fabius-Gayssot interdisant toute discussion sur le sujet, nous ne le saurons jamais.
                      2) Ou bien lorsqu’il attribue l’idée de cette Shoah, qu’il ne caractérise pas, aux Européens (les juifs en faisaient-ils partie ?) et à la France et à l’Allemagne ?

                        • Mais dans quel monde vit-on ? 20 février 2012 18:19

                          Je suis allé voir vos propositions. Vous n’avez aucune chance d’entraîner beaucoup de monde dans votre sillage - peut-être quelques mélenchoniens qui s’égareront dans votre marigot -, et c’est tant mieux.


                        • Traroth Traroth 20 février 2012 23:14

                          Tant mieux ? Vous préférez un monde plus cruel, c’est ça ?


                        • Mais dans quel monde vit-on ? 21 février 2012 00:24

                          « Tant mieux ? Vous préférez un monde plus cruel, c’est ça ? »

                          Quand vous aurez établi votre monde charitable, alors, vous devrez commencer à faire les comptes avec les cruels venus d’ailleurs et ils ne vous rateront pas, vous, vos bons sentiments, vos trahisons et vos lâchetés.

                          Ce qui fait que ce monde d’après ne sera pas moins cruel, il sera juste cruel autrement. Ni plus ni moins, mais autrement.


                        • Traroth Traroth 21 février 2012 13:41

                          Ce sont les gens comme vous qui font du monde un endroit cruel, ni plus ni moins. Et vous vous justifiez en disant que vous n’êtes pas seuls. Votre erreur fondamental, c’est d’assimiler la solidarité (et non la charité) avec de la faiblesse et même de la « lâcheté ».


                        • Mais dans quel monde vit-on ? 21 février 2012 17:00

                          « ...c’est d’assimiler la solidarité (et non la charité) avec de la faiblesse et même de la »lâcheté« . »

                          Peut-être comprendrez-vous un jour que ce qui importe, ce n’est pas votre intention, ici la solidarité, mais la façon dont interprèteront votre attitude, ceux envers qui vous entendiez faire preuve de solidarité.

                          Comme ce sont, dans leur immense majorité des gens très « nature », ne se reconnaissant que dans leur communauté et dans aucune autre, il est pratiquement acquis qu’ils ne vous trouveront jamais assez solidaire. D’autant plus qu’ils n’auront pas de raison de l’être avec vous, solidaires, et que vous leur aurez donné le sentiment d’être en position de force par rapprot à quelqu’un, vous, qui ne saura pas leur dire « non »...


                        • epicure 20 février 2012 17:41

                          Sarkozy et son nègre, ont oublié une page de l’histoire de France, qui a eu un retentissement international : l’affaire Dreyfus.
                          Un juif accusé de trahison et espionnage, quand sa culpabilité a été remise en cause, la droite réactionnaire l’a vilipendé comme juif, la gauche et les modérés petit à petit ont pis sa défense, en dépassant sa double appartenance comme juif et bourgeois.
                          Au final, la France innocentera Dreyfus.

                          Comment un pays qui innocente un juif de trahison et espionnage, peut il être à l’origine de l’extermination des juifs ?
                          Comment une nation qui reconnait au juif son statut d’individu égal aux autres en droits et en devoirs, peut elle être à l’« origine d’un projet qui nie au juif toute humanité et respect ?
                          Faut il rappeler la philosophie française vis à vis des juifs : »tout aux juifs en tant qu’individus, rien aux juifs en tant que nation"
                          Alors que la Shoah c’est exactement l’inverse : négation de l’individualité de chaque juif, et traitement de chaque juif comme une seule communauté séparée.


                          • Rensk Rensk 20 février 2012 17:53

                            Le fait est qu’il cite la France... avant l’Allemagne... smiley
                            Vous avez déjà entamé une approche possible... Une autre possible = il a droit a des infos que le premier n’ose même pas lire...

                            La création de notre État n’a pas été facile... les livres d’histoire en oublient déjà une bonne partie alors qu’il n’a été crée qu’en 1979...


                            • modesto modesto 20 février 2012 17:57

                              j’en tombe de l’armoire !!! mais pourquoi aucun média ne s’en est-il fait l’écho ? quelqu’un sait-il quelque chose à ce sujet ?... mediapart, le monde, libé sont ils informés ???

                              je ne comprend pas ...
                              soit cet homme est un allumé dangereux (on en a une petite idée, mais bon, rien n’est démontré), soit il domine vraiment les médias et tout le pays et, auquel cas, il sera réélu !

                              • Spip Spip 20 février 2012 18:04

                                Votre mise au point est à la fois exacte et discutable.

                                Il est historiquement vrai que les pays européens et les USA ont durci leurs quotas d’immigrés juifs, au fur et à mesure que le régime nazi mettait en œuvre son programme. Cela ne fait pas d’eux des co-responsables (ce qui voudrait dire à égalité).

                                « impossible de rentrer dans les détails... »
                                Pourquoi pas ? Personnellement, je n’ai aucune crainte, alors allons-y : on pourrait peut-être parler de non-assistance à personnes en danger, et seulement à partir du 20 Janvier 1942, date de la trop fameuse conférence de Wansee, où s’est décidé l’extermination, et encore, à condition d’avoir été au courant de ça (seules 15 personnes, triées sur le volet ont participé).

                                Si Sarko (et d’autres avant lui) se sent gêné aux entournures, c’est bien parce que l’Etat Français de l’époque a collaboré, en allant parfois au delà des exigences des allemands, pas parce qu’il aurait co-écrit le protocole de Wansee. C’est quand même différent.


                                • Et hop ! Et hop ! 20 février 2012 20:21

                                  «  Si Sarko (et d’autres avant lui) se sent gêné aux entournures, c’est bien parce que l’Etat Français de l’époque a collaboré, en allant parfois au delà des exigences des allemands »


                                  ---
                                  Il n’y a aucune raison d’être gêné.

                                  La France était vaincue et occupée, l’Allemagne a envahi la zone libre en 1942, et c’est uniquement à partir de ce moment que les Juifs ont commencé à être arrêté par la gestapo, avec la police et la SNCF qui agissait sur réquisition.

                                  Il n’y a eu aucun camp d’extermination créé par Vichy, aucuns progroms ou spoliations organisés contre les Juifs comme en Allemagne, pas même le port de l’étoile jaune, aucun Juifs arrêtés et déportés dans les autres territoires français restés sous l’autorité de Vichy et non occupés par les Allemands : Maroc, Algérie, Indochine, AEF, Dom-Tom,.. Des centaines de milliers de fugitifs juifs Belges, Allemands, Polonais se sont réfugiés en zone libre, avec la protection tacite de Vichy, l’aide du clergé catholique et ils ont pu rejoindre l’Espagne où ils ont été aidé par Franco à s’enfuir au Maroc ou aux USA où on ne voulait pas d’eux.

                                  La seule gêne pouvait provenir de René Bousquet qui était secrétaire général chargé des Juifs au Ministère de l’Intérieur à partir de l’invasion de la zone libre en 1942, au moment des rafles du Vel d’Hiv et du camp de Drancy, mais il a été innocenté à la Libération, c’était un radical-socialiste, et d’ailleurs c’était un ami de Mitterrand et il déjeunait avec le mari de Simone Veil, Badinter, Fabius,.. 

                                  Ce qui est étonnant n’est pas que Sarkozy dise que la France a été avec l’Allemagne à l’initiative du programme d’extermination des Juifs, c’est qu’aucun journaliste n’ait relevé une telle absurdité historique.

                                • Spip Spip 20 février 2012 23:22

                                  @ Par Et Hop.

                                  Si, il y a quelques raisons d’être gêné. Si votre description de la situation est globalement correcte, il ne faudrait quand même pas oublier quelques « détails ».

                                  - Les lois d’exclusion visant les juifs dès 1940.
                                  - Le Statut des Juifs, rédigé de la main même de Pétain (2 Juin 1941)
                                  - Le Commissariat général aux questions juives qui organise l’appropriation des biens juifs par le Régime de Vichy (loi du 22 juillet 1941) donc spoliation.
                                  - Laval, qui livre aux allemands des enfants juifs (de moins de 16 ans) que ceux-ci n’avaient pas demandé.
                                  - Les diverses rafles, qui ont été grandement facilitées par les fichiers français mis à disposition de l’occupant. Sans ça, ils n’auraient jamais pu arrêter autant de personnes.
                                  - Il est exact que l’étoile jaune n’a jamais été portée en zone libre, simplement un tampon « Juif » sur les papiers d’identité...

                                  Quant à René Bousquet, secrétaire général de la police (il n’était pas spécialement chargé des juifs), le personnage était ambigu. S’il était opposé à la déportation de juifs français, il a participé très activement à celle de tous les autres. Après un entretien de 5 heures avec lui (Avril 43), Himmler s’était déclaré « impressionné par sa personnalité » alors que, par ailleurs, il était détesté par les milieux collabos.

                                  Il aura la chance d’être le dernier jugé par la Haute Cour, en 1949. L’ambiance s’était un peu calmée, il aurait (comme d’autres) un peu aidé certains mouvements de résistance et surtout on était en pleine guerre froide. Bref, après une condamnation de principe, il a rejoint le milieu de la banque (comme, etc...)

                                  Pour les journalistes, je ne suis pas étonné (voir plus haut).


                                • Spip Spip 20 février 2012 18:05

                                  PS : encore une fois tapé trop vite : je m’adressais à Lucsaint.

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