• vendredi 25 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > Quand Marine Le Pen analyse la crise
40%
D'accord avec l'article ?
 
60%
(102 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Quand Marine Le Pen analyse la crise

Rentrée de vacance à la suite des derniers désordres financiers, Marine Le Pen a, jeudi dernier, prononcé une grande conférence de presse dans laquelle elle présente son analyse des origines de la crise (la main-mise des marchés financiers). Elle prône la sortie de l'euro, refuse de payer les dettes des autres pays et de sacrifier la protection des Français. Elle refuse de rechercher, pour son peuple, du sang et des larmes. Contre les risques d'inflation, elle prône une échelle mobile des salaires. Elle refuse également de tailler dans les effectifs de professeurs, d'infirmières ou de policiers. Il y a suffisamment de vraie mauvaise dépense à chasser.

Elle commence par rappeler que la crise était, pour elle, inévitable, qu'elle l'a largement anticipée et annoncée depuis longtemps, voire même depuis la mise en place de l'euro, à laquelle elle n'a jamais été favorable.

Elle nous livre son diagnostic et ses solutions.

SON DIAGNOSTIC

Marine Le Pen invite ses auditeurs à se reporter aux déclarations qu'elle a pu faire depuis 2008, et à constater qu'elle n'a jamais annoncé que la crise était terminée. Elle annonçait bien au contraire :

1/ Une crise politique et institutionnelle du modèle fédéraliste de l’Union Européenne.

2/ Et une désintégration du système monétaire, financier, bancaire, financier et social

La crise institutionnelle

Marine Le Pen nous rappelle que :

" ... de notre côté, dès la création de l’euro, nous avons pointé le caractère non viable de cette monnaie unique, et lors du déclenchement de la crise de l’euro, nous avons précisé que tels des dominos les pays de la zone euro tomberaient les uns après les autres tant qu’on ne réglerait pas le problème à la racine. Après la Grèce et l’Irlande, j’ai plusieurs fois cité le Portugal, qui est tombé en 2010, et l’Espagne et l’Italie, qui sont aujourd’hui dans l’œil du cyclone."

Actuellement, d'après elle, le système ne se bat pas pour l'intérêt des peuples, mais il cherche à sauver l'euro (et le fédéralisme qui le sous-tend) pour des raisons purement idéologiques.

"C’est ce qu’on appelle la faillite d’une idéologie."

Cette idéologie c’est celle de l’ultralibéralisme, du libre échange total, de la soumission de l’homme à l’économie, du court-termisme, de la recherche hystérique du profit maximum, de l’abandon du bon sens et de l’économie réelle au bénéfice exclusif d’une économie virtuelle aux mains d’une hyper-classe et au détriment des peuples.

Dogme central de cette idéologie, l’euro. Nicolas Sarkozy et le gouvernement s’acharnent à le « sauver à tout prix » comme le dit le président de la République lui-même… Depuis 2010, on ne cesse de multiplier les réunions de crise, les sommets officiels, les plans de renflouement pour sauver les victimes chaque trimestre plus nombreuses de la crise finale de la monnaie unique.

C’est parfaitement absurde. C’est faire de la politique en dehors de la réalité. L’euro est mort. Il n’a pas fait ses preuves. Il n’est pas viable. C’est tout."

 Mais l'euro ne peut plus être sauvé, et il n'est pas grave qu'il ne soit pas :

"Et ce n’est pas dramatique. Il faut juste l’accepter, et cesser d’être en permanence tourné vers le passé pour tenter de ranimer ce cadavre qui nous aura tant fait souffrir."

La désintégration du système financier

Marine Le Pen nous appelle à ne pas chercher à sauver ce système non viable. Elle le fait en citant quelques chiffres montrant la folie des transferts financiers que l'on exige du peuple français :

"Dans l’immédiat, je demande à Nicolas Sarkozy que la France revienne dès aujourd’hui sur le plan de renflouement de la Grèce décidé à Bruxelles le 21 juillet dernier.

Comme l’a avoué François Fillon, ce nouveau plan alourdira de 15 milliards d’euros supplémentaires notre dette publique, qui a déjà explosé sous Nicolas Sarkozy. Ce dernier est le champion incontesté de la dette. En effet, sur 1 650 milliards de dettes, 500 milliards sont imputables exclusivement à Nicolas Sarkozy, es qualité de Président de la République. Vous me permettrez donc de considérer qu’avec un pareil résultat, Nicolas Sarkozy est aussi légitime pour imposer « la règle d’or » de maîtrise des déficits que Mesrine pour réformer le Code Pénal.

Ces 15 milliards s’ajoutent aux 17 milliards du premier plan grec décidé en 2010, et aux plans irlandais et portugais.

Déjà, on nous dit qu’il faudrait élargir les capacités du FESF, le fonds que les pays de la zone euro abondent pour renflouer les victimes de la monnaie unique. Il faudrait le porter à 2000 voire 3000 milliards d’euros, nous dit-on. La quote-part de la France étant de l’ordre de 20%, cela signifierait un engagement de la France à hauteur de 400 ou 600 milliards d’euros, beaucoup plus que le budget annuel de l’Etat ! C’est tout simplement fou."

Elle souligne aussi le caractère illégal, par rapport au texte des traités, du FESF envisagé, et se demande si nous sommes encore dans un Etat de droit.

Elle se réjouit que l'Allemagne oppose une résistance farouche à ces projets de mise en commun de la dette, tout en soulignant l'ironie qu'il y a à devoir compter sur l'Allemagne pour défendre nos intérêts.

SES SOLUTIONS

Marine le Pen veut rompre avec le modèle économique ultra-libéral, et propose à ce titre ce qui suit :

"- reprendre le contrôle du processus financier et revenir sur la privatisation scandaleuse de l’argent public issue de la loi Pompidou Giscard de 1973.

- Imposer que la création de monnaie revienne aux Etats représentant de l’intérêt général.

- Œuvrer à la réintroduction d’un étalon polymétallique (or, argent, platine…) au niveau du système monétaire international afin de mettre fin définitivement à la spéculation des prédateurs internationaux.

- Refuser de faire payer la crise aux Français en sacrifiant sur ordre de la troïka (UE, FMI, BCE) notre système de protection sociale et nos services publics.

- Réarmer notre pays contre la mondialisation par la restauration d’un Etat stratège, fer de lance de la réindustrialisation de la France.

S’opposer à la tyrannie d’un libre échange échevelé et d’une concurrence mondiale déloyale qui sacrifie nos entreprises et nos emplois.

Rétablir l’échelle mobile des salaires, supprimée par les socialistes afin de permettre aux salaires à proportion de l’augmentation constatée des prix

Retrouver la maîtrise de nos frontières en rétablissant un contrôle des flux de capitaux, de marchandises et de personnes."

Utopiques, ces propositions ? Non. C'était la façon dont fonctionnait l'économie durant les Trente Glorieuses. Et maintenant encore, il ne manque pas de pays qui ont leur propre monnaie nationale et qui s'en portent bien.

Marine Le Pen fait encore d'autres propositions pour tailler dans la mauvaise dépense publique sans confondre rigueur budgétaire et saccage social :

- cesser d'encourager l'immigration, qui coûte une trentaine de milliards d'euros par an (selon l'universitaire JP Gourevitch)

- mettre un terme aux dérives de la décentralisation

- s'attaquer à la fraude sociale ; croiser les fichiers ; lancer une grande opération de contrôle des cartes vitale ; désactiver les 10 millions de fausses cartes

- lancer une grande opération de contrôle des trains de vie suspects dans les cités

- en finir avec les guerres inutiles et meurtrières (Lybie, Afghanistan)

- cesser de verser de l'argent à Bruxelles

- faire contribuer les grandes fortunes à l'effort de résorbsion de la dette

Elle conclut :

"Je refuse d’offrir comme seule perspective à mon peuple de la sueur et des larmes. Le désendettement est possible en suivant le plan que je viens de dessiner, il peut commencer dès aujourd’hui. Et il peut se faire sans tout sacrifier aux marchés, sans la terrible cure d’austérité qu’UMP ou PS réservent aux Français, et qu’ils essaient de cacher pour passer le cap de 2012. Il est aujourd’hui quasi inéluctable que, malgré l’épouvantable cure d’austérité qui se concocte à Bercy, les marchés financiers auront à très court terme la peau du triple A de la France.

Cela suppose un principe essentiel : reprenons le gouvernail du bateau France, et rompons avec les partis et les hommes qui se sont donnés pour maîtres la finance internationale et les banques."


par Catherine Segurane lundi 15 août 2011 - 223 réactions
40%
D'accord avec l'article ?
 
60%
(102 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Luc-Laurent Salvador (xxx.xxx.xxx.152) 15 août 2011 13:00
    Luc-Laurent Salvador

    @ Perseus

    Je viens ici témoigner du contraire de ce que vous affirmez. J’ai toujours considéré le FN comme le diable en politique. Le problème est quand on voit que le diable est le seul à dire la vérité sur un certain nombre de points. Quand on voit qu’il est systématiquement victime d’attaques de la part de journalistes qui se prennent pour des chevaliers blancs et ne sont que des roquets bruyants.

    Après que j’ai fait ma révolution conspirationniste sur 9/11, que de sioniste je suis devenu anti-sioniste et que j’ai compris que l’esclavage du peuple par l’argent dette aux mains des banques privées faisait la misère de ce monde, j’ai cherché qui pouvait défendre cette vision du monde.

    Malheureusement pas les Verts dont je suis encore. Un ami Lucadeparis a pu vérifier auprès d’Eva Joly qu’elle était il y a peu complètement ignorante des processus de création monétaire.

    Alors je ne dis pas que Marine Lepen est LA solution, qu’elle a le programme qu’il nous faut, surtout je ne perds pas de vue qu’elle n’est qu’une personne et qu’il y a derrière un parti avec des personnages et des visions peu reluisants mais, mais, mais, qui, à présent, a la moindre chance de faire porter dans le débat national des questions vives comme celle de la création monétaire si ce n’est ceux qui ont quelques chances de se retrouver au second tour ?

    Pour ma part,j’aime beaucoup ce que fait François Asselineau qui, me semble-t-il, a tout bon (voir sa formidable conférence de Perpignan sur les 10 raisons de sortir de la CEE, c’est du 10/10) ou Nicolas Dupont-Aignan. Mais qui fait cas de ceux qui font moins de 5 % ?

    Qu’elle perde ou, plus improbable, qu’elle gagne, l’intérêt de la candidature de Marine Lepen c’est d’abord de secouer le cocotier d’une société étranglée par les lobbies et les marionnettes de droite et de gauche. Son pouvoir de nuisance sur l’Establishment est maximal et c’est de cela dont il faut tirer profit au maximum.

    Si elle devait parvenir à la présidence, imaginez juste une seconde l’effervescence et la liberté de pensée du peuple (je sais ça paraît furieusement paradoxal, mais c’est comme ça) qui tout à coup aurait vraiment à se choisir une assemblée représentative parce que l’incertitude serait totale. Bien sûr, ce serait toujours les mêmes pékins corrompus ici et là qui se présenteraient, mais ils seraient perdus et le débat serait citoyen avant tout et les programmes proposés auraient du sens car il y aurait un enjeu maximal : la fin du système pourri qui est le nôtre serait à portée, au moins pourrions-nous le croire à ce moment.

    Ne serait-ce que pour ce moment où le peuple retrouverait sa souveraineté, je trouve que ça vaudrait le coup de voter pour elle.
    Je suis dans cette disposition d’esprit actuellement.
    Si quelqu’un peut me prouver que je me trompe je suis tout ouïe.

    Dernier point ; quid de Asselineau et autres défenseurs de la sortie de l’euro et de l’Europe ? Que ne se rallient-ils à Marine Lepen ? Je sais Soral a tenté puis il est reparti. C’est peut-être pas possible.

    Et bien dans ce cas nous n’irons pas loin. Malheureusement.
    Mais peu importe, l’important me paraît être de faire ce qu’il y à faire, quitte à ce que la bataille soit perdue d’avance, au moins, finir en beauté en ayant le sentiment de s’être donné tous les moyens de vaincre.
    Il y a une expression française qui dit quelque chose comme ça (idée de dernière bataille à cause perdue) mais elle m’échappe (alzheimer ?). Merci d’avance au lecteur qui la retrouvera.

  • Par Luc-Laurent Salvador (xxx.xxx.xxx.152) 15 août 2011 13:10
    Luc-Laurent Salvador

    A tel point que ce sera peut-être chose faite avant la fin de l’année si les Allemands décident de jeter l’éponge.
    Ou si, c’est la France qui doit renoncer lorsqu’elle perdra son AAA devant le poids des dettes des autres qu’elle devrait assumer.
    La question est donc juste qui jettera l’éponge le premier ? Mais l’éponge sera jetée.

    L’Euro va s’effondrer comme un fruit pourri et dès lors l’Europe made in USA, FMI & OTAN va éclater.

    Chouette !

    Enfin libres ! ! ! ! !

    PS : suite à mon message plus haut, je précise que dans mes conversions, il y a donc aussi eu le passage européistes à anti-europe telle que concoctée par les puissances (financières) de ce monde.

  • Par Ardechois (xxx.xxx.xxx.108) 15 août 2011 10:37
    Ardechois

    Peut-on sincèrement, penser que Marine Le Pen se trompe... ???
    Qu’elle affabule, qu’elle noircit le tableau, qu’elle en rajoute... ???

    Aux vues de ce que nous constatons depuis près de 10 ans, je pense qu’elle est dans le vrai et, sans pour autant tomber dans la démagogie du café du commerce, les faits qui font notre quotidien, semblent bien le confirmer... !!!

    Si 95% des pays de ce monde ont leur monnaie, la maîtrise de leurs frontières, de leurs décisions budgétaires, sociales, économiques et voire démographiques, pourquoi cela ne serait pas possible en France alors que nous fonctionnions de cette manière il y a 10 ans en arrière... ???

    D’alternance en cohabitation, la droite et la gauche ont gouverné sans partage depuis près de 40 ans et ce, pour les résultats que nous connaissons aujourd’hui, d’autant qu’avec leur bilan qui est loin d’être positif, il est incontestable qu’un changement de cap radical soit s’opérer... !!!

    Les semaines qui viennent donneront certainement raison à Marine Le Pen et les récents évènements qui se sont déroulés en Grande-Bretagne, ne sont que les prémices de ce qui risque d’arriver en France et dans d’autres pays de l’UE... !!!

    Comme plus de 30% des Allemands, je crois sincèrement que la monnaie unique est mauribonde et de voir la monnaie Suisse, et surtout l’or, gagner en valeur dans de telles proportions, cela donne du crédit aux propos de Marine Le Pen... !!!

  • Par Peachy Carnehan (xxx.xxx.xxx.105) 15 août 2011 16:16
    Peachy Carnehan

    Ils ne manquent pas d’air au Monde.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox