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Accueil du site > Actualités > Politique > Quand on parle Décroissance à l’assemblée...

Quand on parle Décroissance à l’assemblée...

Certes, le mot n’a pas été ouvertement prononcé, mais les propos de Martine Billard du groupe GDR lors de sa question au gouvernement mardi 26 mai sont sans équivoque. Voilà donc, pour ceux qui ont souvent l’impression de se battre contre des moulins à vent une reconnaissance explicite de ce que beaucoup considèrent comme une utopie.

Ce n’est pas tant le fait que cela puisse paraître une utopie qui gêne ceux qui sont conscients que l’avenir est dans une décroissance soutenable, mais le fait qu’il faille revoir nos façons de penser, d’agir. Il est sur que sortir du cycle infernal de la surconsommation n’est pas un cheminement facile lorsque l’on est abreuvé de pubs plus dithyrambiques les unes que les autres. Pas facile donc de sortir du formatage intellectuel que le système productiviste a inséré peu à peu chez l’individu pour en faire un consommateur inconscient.

A partir de cette constante bien ancrée dans les esprits, les capitalistes qui voient dans la demande de produits prétendus écologiques l’opportunité de nouveaux marchés, vont continuer à privilégier une croissance exponentielle en collant une appellation « bio » à grands coups d’atomiseurs de peinture verte. Il est évident que si on réduit en apparence quelque peu la production de carbone avec des subterfuges comme le nucléaire, ce qui n’est pas prouvé car malgré les contraintes apparentes le taux d’émission à encore augmenté considérablement, on ne réglera aucun problème. A fortiori, c’est par une démarche intellectuelle et volontariste qu’il faut se sortir du concept de la civilisation de la bagnole, ne raisonner qu’en termes de nécessité pour divers produits devenus des symboles consuméristes. Ce cheminement des idées amènera donc à œuvrer sur des bases autres, à considérer une décroissance choisie en toute connaissance de cause comme salvatrice pour la planète.

Par conséquence, la science devra aussi être mise au service de l’individu, et non à celui des multinationales. Bref, pour clarifier l’exemple le plus cité, il est évident que l’on n’est pas contre la voiture particulière qui il est évident devra être améliorée pour moins de pollution, car ce serait une aberration de la renier, mais pour que notre regard à son endroit soit différent en l’écartant de la priorité de nos sociétés au profit de diversités sociales et humaines.

Donc les paroles de Martine Billard vont tout à fait dans ce sens, voilà un extrait de son intervention :

Nous savons qu’il faut impérativement contenir l’augmentation des températures en deçà de deux degrés pour ne pas atteindre le point de non-retour. L’urgence climatique nous impose des décisions courageuses et rapides afin de rompre avec un modèle de développement, de distribution et de consommation responsable de la crise écologique actuelle, mais aussi de la crise économique et sociale.

Les pays les plus riches, dont la France, doivent montrer l’exemple. Il est absurde et criminel au regard de la vie sur terre de vouloir continuer à surconsommer au Nord, de poursuivre la construction d’autoroutes et d’aéroports générateurs de gaz à effets de serre, de chercher à produire toujours plus d’énergie, notamment par le recours au nucléaire, au lieu de réduire massivement et sans attendre notre consommation énergétique. Les pays les plus pauvres, pourtant les moins responsables de ce changement climatique, s’en retrouvent les premières victimes. Pour y faire face, ils ont besoin de l’aide financière et technique des pays riches….

Allez-vous vous contenter de mesurettes ou réorienter le Grenelle de l’environnement à la hauteur des enjeux ? Ce n’est plus seulement la maison qui brûle : c’est la terre qui se transforme en cocotte-minute !

Enfin sur les bancs de l’assemblée on entend des propos responsables. Certes insuffisants en insistant pas suffisamment sur la responsabilité première du productivisme capitaliste, néanmoins cette prise de conscience est tout à fait louable et doit être signalée.

Ce dont Europe Décroissance a pris en compte, et demande que cette manière d’envisager notre futur fasse partie des préoccupations premières de nos élus.

http://le-ragondin-furieux.blog4ever.com 


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5 réactions à cet article    


  • Montag Montag 29 mai 2009 12:58

    Merci à l’auteur pour cet excellent article.

    Pour les personnes qui souhaitent approfondir le sujet, je recommande les différents ouvrages écrits par Serge Latouche.


    • Lisa SION 2 Lisa SION 2 29 mai 2009 16:11

      A plus ou moins un pour cent, décroissance / croissance, ne sont qu’une sorte de stabilité relative.

      Voici comment nos lobbyistes puissants découragent les industries ayant besoin de partenaires pour s’implanter sur les marchés : http://www.tontuyau.com/v.asp?id=18787 Les autres vidéos relatives à cette innovation ont disparu du ouaib... ?

      Curieusement, ce mode efficace et en respect avec l’environnement en matière de rendements : http://www.segway.fr/ reste curieusement confidentiel, pourquoi ?


      • TARTOQUETSCHES TARTOQUESCHES 29 mai 2009 22:07

        La vrai utopie c’est celle du libéralisme et de la croissance infinie. On est encore bien loin d’une prise de conscience politique car tous les partis « de gouvernement » y vont de leur plan de relance à la noix... Relance vers quoi et pourquoi on sait pas... ils restent accrochés à des dogmes idiots sans avoir compris que les 30 glorieuses sont finies car la croissance (= surconsommation /gaspillage) se heurte déjà au mur de la finitude des ressources énergétique et alimentaires... Le capitalisme a vécu. Il a échoué car c’est une impasse et son échec sera bien plus dramatique que celui du communisme. Reste a inventer un autre système ou les plus riches ne soigneront plus leurs égos/névroses en consommant comme des cons et en regardant les autres crever sans sans faire le lien avec leurs actes. Le chemin sera long...il est fort parier que nous le subirons plus que nous ne l’anticiperons. La balance Vices/Vertus penche largement du mauvais coté chez l’Homme, l’égoisme, la cupidité l’emporteront tjs sur la fraternité la générosité et l’empathie...Le communisme a tenté de brider les vices (bien commun..) en sacrifiant la liberté et n’a généré que corruption et totalitarisme, le libéralisme a érigé la liberté en dogme en sacrifiant fraternité et égalité et n’a généré qu’une société hyper-inégalitaire qui porte en elle les germes de son implosion. Bon allez, une note d’optimisme : Il n’y a d’autre solution que l’extinction de cette espèce stupide et l’avènement de l’Hommo 3xSapiens, dans 10000 ans peut être.... si le2x Sapiens n’a pas fait tout pété d’ici là...


        • Bois-Guisbert 30 mai 2009 11:02


          Nous savons qu’il faut impérativement contenir l’augmentation des températures en deçà de deux degrés pour ne pas atteindre le point de non-retour. L’urgence climatique nous impose des décisions courageuses et rapides afin de rompre avec un modèle de développement, de distribution et de consommation responsable de la crise écologique actuelle, mais aussi de la crise économique et sociale.

          A supposer que soient prises les décisions rapides et courageuses évoquées par la dame, et que le point de non-retour soit quand même atteint, qu’est-ce qu’ils font les Billard et consorts ? Hara-kiri en Mondiovision ? Parce que, dans ce cas, je pourrais peut-être faire un effort, de mon côté !

          Les pays les plus pauvres, pourtant les moins responsables de ce changement climatique, s’en retrouvent les premières victimes. Pour y faire face, ils ont besoin de l’aide financière et technique des pays riches….

          Quoi qu’on fasse ou ne fasse pas, les pays les plus pauvres ont toujours, et dans tous les cas de figure, besoin de l’aide financière et technique des pays riches, c’est-à-dire, des pays efficients.


          • blibgnu blibgnu 31 mai 2009 13:48

            Chouette article merci.

            Ceci dit c’est le minimum, on a constaté comment le grenelle a été efficace (sic).

            Si les écolos gagnent les européennes cela voudra au moins dire que suffisamment de gens s’en inquiètent pour provoquer d’eux même ces changements, au moins par leurs votes...

            Et n’oublions pas le premier système-D  : change toi et tu changeras le monde.

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