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Quand Sarkozy contre ATTAC...

Je viens d’écouter le discours de ce jour de notre président (à Argonay en Haute-Savoie).
Fidèle à ce que l’on apprend (ou apprenait peut-être...) à l’école, il va du général au particulier et est constitué de trois parties bien distinctes.
 
La première est une critique très vive du capitalisme, la seconde fait une sorte de bilan des réformes engagées en France et des actions récemment menées au niveau européen, la troisième fait des propositions concrètes pour les PME françaises.
 
En première partie, la critique était si acerbe à l’endroit du système capitaliste que – comme on nous avait promis des annonces – j’ai cru que notre président allait destituer Mme Lagarde au profit d’un collectif ATTAC et annoncer le remplacement au pied levé d’Henri Guaino par Fidel ou maintenant Raoul... Le discours devait durer 20 mn, on en a pris pour 1 heure !
Juste une anecdote avant de poursuivre. Le cours du CAC 40 était affiché sur l’écran tandis que notre président déclamait. Et plus, il accusait les maux du capitalisme (car ils sont presque tous passés en revue), plus le cours descendait... C’était assez drôle... A un moment donné, un incident technique peut-être ?!? – il a cessé d’être affiché...
 
La forme de cette première partie si appuyée avec « force conviction » semble – au-delà de la démagogie habituelle – nous dévoiler à demi-mots et dans le langage fleuri que notre président affectionne particulièrement, son for intérieur : « Bon, on a vraiment déconné ! Suffisamment pour avoir quand même la trouille que le peuple se révolte pour de bon maintenant... Il faut calmer le jeu avant que tout nous pète à la gueule, alors, on va leur dire que l’on va moraliser le capitalisme, on va donner le change et les pauvres cons vont se cass... heu... se calmer... OK. »
 
La seconde partie du discours a permis d’affirmer clairement (à l’opposé exact de ce qui précédait) que les réformes françaises entamées devaient être poursuivies soulignant les rôles importants de Mesdames Lagarde et Dati et le soutien qu’entendait leur apporter notre président. On a eu droit au tutoiement avec François et Christine... à l’image de l’entreprise car le modèle est loin d’être oublié et réapparaît en filigrane dans la forme... on est manager ou on ne l’est pas !
 
Cette partie a permis également de souligner son rôle majeur dans la gestion de la crise par l’Europe car l’Europe c’est lui ou du moins il l’aimerait bien pendant encore un à deux ans (le sous-entendu était à peine tiré par les ficelles...) et par la même occasion de faire oublier l’initiative de Gordon Brown... et la présence de Jean-Claude Juncker dont le nom n’a pas été cité si mes souvenirs sont bons...
 
La troisième partie s’est focalisée sur les propositions concrètes au profit des entreprises et notamment les plus petites... Très bien... je n’en dirais pas plus sur cette dernière partie car je trouve singulier que les médias n’ont retenu qu’elle, vous verrez ! Certes elle était – à juste titre – très attendue et il faut parer au stress ambiant... au plus vite... mais pour aller où au fait ?
par Caramelle vendredi 24 octobre 2008 - 56 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Mr Mimose (xxx.xxx.xxx.31) 24 octobre 2008 15:00
    Mr Mimose

    Puisque je suis un gros connard. Puisque je parle comme Le péripate. Donc le péripate est un gros connard.
    CQFD.

  • Par ZEN (xxx.xxx.xxx.232) 24 octobre 2008 18:59
    ZEN

    J’adore ta capacité de rebond...
    Les Autrichiens, parlon-en, eux qui ont fait école aux uSA et ont produit les effets que l’on sait...

    Son programme est exposé dans Constitution de la liberté (1960) : déréglementer, privatiser, diminuer les programmes contre le chômage, supprimer les subventions au logement et les contrôles des loyers, réduire les dépenses de la sécurité sociale, et enfin limiter le pouvoir syndical. L’État n’a pas le droit d’assurer la redistribution, surtout en fonction d’un quelconque critère de « justice sociale ». Son rôle est réduit à la fourniture d’un cadre juridique garantissant les règles élémentaires de l’échange. En 1976, il va jusqu’à proposer la dénationalisation la monnaie, c’est-à-dire la privatisatisation des banques centrales nationales pour soumettre la création monétaire aux mécanismes du marché. D’autres prises de positions semblent nuancer la radicalité de son libéralisme, il préconise par exemple la création d’un revenu minimum, mais cette proposition doit être pensée comme une réhabilitation de la loi anglaise des indigents et non comme la marque d’un « socialisme hayèkien » [

    La théorie développée par Hayek est fondée sur une croyance partagée par tous les libéraux, des classiques jusqu’aux partisans des thèses autrichiennes. La métaphore de la « main invisible », qui assure dans la pensée d’Adam Smith l’adéquation de l’offre et de la demande sur les différents marchés, illustre parfaitement ce présupposé commun qu’ils cherchent tous à démontrer à partir de différents postulats : équilibre général de Walras, redéveloppé par Pareto ; ordre spontané du marché ou catallaxie pour l’école autrichienne. Celle-ci est le résultat d’actions non concertées et non le fruit d’un projet conscient. L’ordre du marché n’est pas voulu, pas planifié, il est spontané. ...

    Une pensée dogmatique qui s’enracine dans des présupposés quasi-religieux...

  • Par Caramelle (xxx.xxx.xxx.254) 24 octobre 2008 17:43

    Le problème est que ne pas s’y interesser revient non seulement à le laisser dire mais surtout à le laisser faire... (Toute comparaison mis à part c’est précisemment sur ce procédé de laisser faire - laisser dire que la crise actuelle a éclaté, que des Adolf, Joseph et autre Pol Pot ont pu sévir...)
    Pour ma part, je préfère "démonter" ses discours pour montrer où et comment il nous prend pour des gros bennets mous. C’est une forme d’autodéfense intellectuelle en quelque sorte...

  • Par Caramelle (xxx.xxx.xxx.254) 25 octobre 2008 10:10

    Je ne peux qu’être d’accord, c’est bien loin d’être une crise financière !

    Il s’agit bien d’une crise de société et en effet j’ai bien peur que l’on nous confisque toute réflexion collective en nous coupant l’herbe sous les pieds - comme c’est l’habitude de Sarko -

    Proclamer haut et fort la moralisation du capitalisme permet à beaucoup de se reposer (ou de se rendormir) à nouveau en se disant que le Président va s’en occuper et qu’ainsi le problème est entre de bonnes mains. En réalité bien sûr cela ne changera rien sur le fonds. Une fois encore tout restera dans la forme. (cf article "jours de colère")
    Mais malheureusement l’"insurrection des consciences" c’est extrêmement difficile si l’on ne veut pas manipuler... Je vous conseille si je peux me permettre... la lecture d’"Un si fragile vernis d’humanité" de Michel Trestchenko (passez peut-être l’introduction...) Edition La Découverte Poche

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