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Quand Sarkozy voulait instaurer les subprimes en France

Quand Sarkozy voulait instaurer les Subprimes en France.
Voilà ce que disait notre président « qui n’a pas fait d’erreur depuis le début de la crise économique » au sujet des prêts hypothécaires :
 
Jeudi 17 mars 2005 en conférence de presse : (la vidéo de cette conférence existe)
Il faut mettre en œuvre rapidement la réforme du crédit hypothécaire. Ce n’est quand même pas excessivement audacieux de proposer que les crédits immobiliers soient tout simplement et uniquement garantis sur la valeur des biens achetés ; ni excessivement anormal de demander aux banques d’accorder sur la même hypothèque un nouveau crédit, lorsque le précédent emprunt a été partiellement remboursé. Il faut inciter les banques à prêter à tous et pas seulement aux plus aisés
 
http://www.u-m-p.org/propositions/index.php?id=credit_hypothecaire
Le site de l’UMP, en voilà la transcription :
 
Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d’Europe. Or, une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est une économie qui ne croit pas en l’avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain. C’est pour cette raison que je souhaite développer le crédit hypothécaire pour les ménages et que l’État intervienne pour garantir l’accès au crédit des personnes malades.

Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement.

Il faut réformer le crédit hypothécaire. Si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué. Ceci profiterait alors directement à tous ceux dont les revenus fluctuent, comme les intérimaires et de nombreux indépendants.
 
Alors de quoi s’agit-il ? Il s’agit de permettre aux gens d’emprunter sans se « focaliser sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué » et « d’accorder sur la même hypothèque un nouveau crédit, lorsque le précédent emprunt a été partiellement remboursé ». Ceci n’est, dixit Sarkozy, ni excessivement audacieux, ni excessivement anormal. Cette proposition a été défendue par Sarkozy ministre des finances à l’époque et repris par Sarkozy président de l’UMP. Heureusement qu’il n’était pas seul à décider à cette époque.
 
Cette proposition de réforme du crédit hypothécaire, inspirée du modèle américain et anglais, nous a amené la crise dite des subprimes, à l’origine de la crise financière. Il ne s’agit pas d’hypothèses ici mais de faits avérés. Quel en est le fonctionnement ? Quelqu’un veut acheter un bien immobilier, souvent bien au dessus de ses moyens, et la question de sa capacité à rembourser le crédit est secondaire. L’essentiel, c’est la valeur du bien hypothéqué. Le banquier se dit que s’il y a défaut de paiement, le prêteur ne risque rien car il n’a qu’à saisir le bien et se rembourser. On permet même au fur et à mesure que le crédit est remboursé de réemprunter sur la même hypothèque. De toutes façons le créancier a toujours le bien en garantie donc il ne risque rien. Cela parait plein de bon sens à première vue………mais à première vue seulement. Le ministre des finances qu’était Sarkozy à l’époque (ou le candidat à la présidentielle) aurait dû se rendre compte de l’énorme piège et des conséquences désastreuses d’un tel système pour le prêteur et l’emprunteur. Tout le monde qui suit un tant soit peu le marché immobilier sait qu’il est cyclique. Alors tant que la valeur des biens augmente, tout va bien et c’est même l’euphorie. Mais quand la valeur de ces biens diminue, que se passe-t-il ? Les banques se retrouvent avec des crédits accordés supérieurs à la valeur du bien censé les garantir. Les propriétaires dont la valeur du bien est inférieure au crédit contracté ne veulent plus ou ne peuvent plus rembourser. Car ces crédits, soit dit en passant, sont consentis avec des taux supérieurs à la moyenne car ils sont considérés plus risqués. Alors on vend, souvent à perte des deux côtés, les prix continuent à chuter et la spirale infernale s’accélère et aboutit à la crise des subprimes. Les conséquences sont terribles pour tout le monde comme l’a montré la crise actuelle.
 
Alors au-delà de l’incroyable incompétence dans le domaine économique et financier de notre président, il y a aussi et surtout son modèle de pensée. Les causes de la crise dont il est censé nous sortir est justement cet ultralibéralisme économique qui constitue le fondement même de sa pensée (all right je sais qu’il ne pense pas beaucoup !). Dans quelle galère la France s’est-elle embarquée en élisant ce………..je vous laisse le choix de la sémantique.
par Sylvain jeudi 21 mai 2009 - 18 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par hans (xxx.xxx.xxx.200) 21 mai 2009 12:58

    exact, j’ai entendu cela , il était "intolérable" que les ménages ne soient endétés qu’au niveau moyen de 40% alors qu’en
    "etatsunie" il est souvent supérieur à 100 % !!!!
    à mourir de rire (ou de pleurer !!)

  • Par Sylvain (xxx.xxx.xxx.6) 21 mai 2009 16:30
    Sylvain

    Merci pour votre commentaire. D’abord la politique et l’économie sont étroitement liées car ce sont les hommes politiques qui malheureusement prennent les orientations économiques. Vous avez raison quand vous dites qu’on l’a échapé belle car le politicien qu’est Sarkozy ( et il n’est surtout pas un économiste, il n’y entend rien) nous aurait mis dans une situation catastrophique s’il avait eu il y a quelques années le pouvoir qu’il a aujourd’hui. Le problème, c’est qu’il est aujourd’hui au pouvoir et il est toujours aussi mauvais en économie, tout comme Lagarde (voyez mon article à ce sujet). Vous avez raison aussi quand vous dites que l’immobilier ne s’effondre pas car les pratiques préconisées par Sarkozy n’ont pas trouvé preneur. Par contre, et c’est là le lien avec la politique, il s’attribue la relative stabilité des prix en prétendant que c’est grâce aux mesures qu’il a prises. On est bien là à fond dans la démagogie politicienne qu’il maitrise si bien.

  • Par Sylvain (xxx.xxx.xxx.6) 21 mai 2009 17:09
    Sylvain

    Mes sources sont les conférences de presse que Sarko et son gouvernement donnent régulièrement. Ils y expliquent en parlant de l’immobilier en particulier, des banques ou de l’économie en général que "la France résiste mieux grace aux mesures prises". Si vous avez une télé et un ordinateur, cela ne peut vous échapper. Tout le monde s’entend pour dire que la structure sociale de la France sert d’ammortisseur à la crise. Or ceci s’est construit sur des décennies et le gouvernement ne peut en aucun cas le revendiquer. C’est de la démagogie. Alors quand ils disent qu’ils ont sauvé les banques, ils se moquent de nous. S’ils avaient été au pouvoir quelques années plus tôt, nous serions en pleine crise des subprimes et les banques auraient des avoirs toxiques en garantie de biens immobiliers dont les prix auraient chuté. Et ils n’auraient pas les moyens de les sauver.

  • Par chlegoff (xxx.xxx.xxx.106) 21 mai 2009 15:35

    C’est sur qu’une population endettée jusqu’au cou peut difficilement défendre ses intérêts. Propagande + asservissement économique = totalitarisme. On peut reprocher à Sarkosy beaucoup de choses mais certainement pas de na pas avoir annoncé la couleur. Ne disait’il pas en 2006 l’homme n’est pas une marchandise comme les autres. Le fondement idéologique de l’UMP c’est que tout doit être géré comme une entreprise. Encourager le stock que nous sommes à être débiteur des banquiers est parfaitement cohérent. Il appartient aux français de choisir quel type de contrat social ils préfèrent ; mais comme disait De Gaulle, "les français sont des veaux".

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