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Accueil du site > Actualités > Politique > Quel avenir pour le centre ?

Quel avenir pour le centre ?

Depuis les municipales, les différents mouvements centristes s’accusent d’avoir plus perdu les uns que les autres. Ils voient dans l’échec de l’autre une justification de leur propre stratégie. Pourtant les uns comme les autres ont autant perdu. Les villes de Blois ou Amiens, par exemple, pour le Nouveau Centre, des élus à Paris, Lyon et Marseille pour le MoDem. Sur l’ensemble de la France et tout particulièrement dans les 90 % de communes de moins de 10 000 habitants qui ne sont pas couvertes par les médias nationaux, de nombreux centristes de toutes chapelles et des indépendants ont été élus. L’UMP en a perdu à la pelle.

Le courant de pensée centriste est aujourd’hui le troisième courant de pensée en France. Dans d’autres pays, cela assurerait au centre une représentation politique importante. Dans un système majoritaire, il faut soit composer une coalition majoritaire comme cela se faisait jusqu’en 2002 (RPR+UDF d’un côté, PS+PC+Verts de l’autre), soit utiliser sa prépondérance et détourner le système majoritaire pour éliminer ses concurrents comme le font l’UMP et le PS depuis 2002 face à leurs alliés respectifs.

La volonté hégémonique de l’UMP et du PS conduit à avoir en France un pouvoir soutenu par une minorité de la population. Un pouvoir impuissant à conduire les réformes faute d’un soutien populaire large. Un Parlement dont sont exclus de représentation 41% des électeurs de la présidentielle de 2007. Cela conduit à un débat public qui se résume à des anathèmes plutôt qu’à des débats constructifs comme sur la question des déficits et des économies budgétaires. La France a besoin d’un centre fort pour contraindre la droite et la gauche à s’écouter à nouveau pour faire avancer le pays.

Dans ce contexte quel est l’avenir du courant de pensée centriste ? S’allier comme l’affirme le Nouveau centre, pour reconduire les coalitions majoritaires du passé ? Ou l’indépendance comme le prône le MoDem pour parvenir au niveau électoral à partir duquel tout bascule et l’on passe du statut de troisième éliminé à celui de second en position de force ?

Le centre a pour vocation de former des coalitions dans l’avenir. C’est l’essence même de son projet de rassemblement au-delà des clivages. Mais, pour former ces coalitions, le centre doit d’abord gagner le respect de ses futurs partenaires. Ce respect ne peut se gagner que par une influence électorale dans les urnes. C’est parce que la vieille garde centriste n’avait plus été à la conquête depuis les législatives de 1978 qu’elle s’est retrouvée en situation de faiblesse face à l’UMP en 2002.

A ce jour, le centre ne peut pas s’allier à une UMP dirigée par des individus qui organisent activement l’extermination politique du centre par toutes sortes de manœuvres : seulement 22 députés Nouveau Centre sur 577 soit 4 % pour représenter les 18 % d’électeurs de Bayrou, appels à voter PS au second tour lorsque le centre est en seconde position, investiture à un maire PS à Pau... Cette extermination politique vise autant les centristes du MoDem comme à Pau, que les centristes du Nouveau Centre comme à Annecy, que les centristes de l’UMP comme à Toulouse ou encore que les centristes indépendants comme à Chamonix. Pour faire des alliances encore faut-il avoir des alliés qui vous respectent et vous écoutent. L’UMP a été une machine à broyer les centristes ambitieux : Méhaignerie et Douste ont d’abord disparu de la circulation, de Robien ensuite... Morin, Santini et Létard bientôt, Cornillet, Arthuis et Mercier vont bientôt échanger leur poids politique pour un maroquin. En politique, on n’a d’influence qu’à proportion des voix que l’on représente. Lorsqu’on n’exprime plus les idées centristes de ses électeurs, on n’a plus d’électeurs et donc plus d’influence.

Le centre ne peut pas non plus s’allier avec un PS qui n’a toujours pas fait sa mue et qui ne sait toujours pas s’il doit améliorer le libéralisme ou le rejeter. Le centre est libéral et social. Il ne peut donc pas s’allier à un PS français qui est le dernier PS européen à rester antilibéral. Le centre ne peut pas non plus s’allier à un Parti socialiste autoritaire qui veut décider seul façon Bertrand Delanoë à Paris. Seul un profond changement du PS à son Congrès de l’automne 2008 pourrait en faire un partenaire possible du centre.

Le centre n’a donc pas d’autres alternatives que de continuer à convaincre pour atteindre le seuil à partir duquel tout bascule. Le problème du scrutin majoritaire lorsqu’il est détourné comme c’est le cas depuis 2002, c’est qu’il élimine le troisième. Mais dès que le troisième devient second alors soudainement c’est la révolution. L’histoire a prouvé que ce qui paraît éternel un jour peut disparaître le lendemain.

Le centre a le choix entre une disparition programmée sous tutelle ou petit à petit de convaincre suffisamment de Français pour atteindre le seuil qui lui permettra d’être second.

Est-ce possible ? Ce travail de reconquête sera très difficile. Le centre devra venir à bout de trois handicaps. En premier lieu, il y a le handicap des moyens financiers et humains. Les subventions publiques du centre sont environ 5 fois inférieures aux moyens financiers à disposition du PS et de l’UMP. Deuxièmement, la prime au sortant rend les conquêtes difficiles. Plus de 8 sortants sur 10 sont réélus aux élections cantonales, législatives et municipales. Entre la longévité des carrières politiques en France et la prime au sortant, le territoire des conquêtes possibles se limite au maximum à 30 % des unités électorales. Troisièmement, le centre est pénalisé par ses multiples divisions.

Mais le centre dispose à l’opposé de trois atouts. En premier lieu, une nouvelle génération de candidats qui élection après élection s’implantent. D’abord une centaine lors des législatives de 2002, puis environ 400 lors des cantonales et régionales de 2004, puis 500 lors des législatives de 2008, et environ 10 000 conseillers municipaux lors de ces municipales. Voilà une armée de candidats en marche qui tranche des tergiversations de la vieille garde centriste. Le centre se trouve en position d’être le premier parti politique qui pourra répondre à l’attente de renouvellement politique de la génération post baby-boom. En second lieu sa capacité de nuisance est très forte. L’UMP avait été créée pour être une machine à gagner les élections. Mais son incapacité à fédérer les électeurs du centre l’a transformé en machine à perdre : perte avec fracas des élections régionales et cantonales de 2004, perte du second tour des législatives de 2007, perte encore des municipales et cantonales de 2008. Il est invraisemblable qu’une majorité de départements soit contrôlés aujourd’hui par le PS alors que le mode de scrutin cantonal lui est très défavorable. L’étendue des pertes de l’UMP est telle que même le Sénat pourrait lui échapper durablement en 2011. On peut se poser la question de savoir si c’est l’UMP ou seulement Sarkozy qui a gagné les présidentielles et le premier tour des législatives de 2007. Le jour où l’UMP voudra enfin gagner, elle devra apprendre à respecter les Français du centre. Entre le PS et l’UMP, la tentation est grande d’isoler le centre pour rester dans un face-à-face confortable. Ils peuvent éliminer des candidats, mais ils ne pourront jamais supprimer un courant de pensée dans la population. Le premier des deux mouvements politiques qui sort de ce duopole, et forme une coalition avec le centre sera dans une position majoritaire durable. Le PS le fera-t-il en premier à l’automne en se transformant en mouvement social-démocrate ? Ou l’UMP voudra-t-elle en premier sortir de la spirale infernale de ses défaites ?

Que peuvent faire les centristes ? Certains se posent des questions philosophiques : exercer le pouvoir au détriment de la défense de ses idées ou défendre ses idées et ne jamais participer au pouvoir ? Le dilemme n’est que d’apparence : à quoi bon exercer le pouvoir si on ne peut y mettre en œuvre ses convictions comme le proposent PS et UMP à ce jour qui ne veulent du centre que comme faire-valoir électoral plutôt que comme partenaire respecté. Hervé Morin ne participe aux décisions qu’à la faible mesure de ses 4 % de parlementaires, c’est-à-dire qu’il exécute plutôt qu’il ne co-décide.

Notre seul choix c’est de continuer de convaincre patiemment un à un les Français. De gagner un peu plus d’électeurs à chaque élection que l’on perd, pour parvenir un jour au point de bascule du système majoritaire. C’est parce que l’UMP et le PS savent que ce point de bascule est à portée des centristes qu’ils s’acharnent à détruire le centre quitte à s’entendre entre eux. C’est aussi parce que ce point de bascule est à notre portée que nous nous acharnerons à convaincre les Français de la justesse de nos convictions. Pour tous les centristes de toutes les obédiences, la seule solution pour faire progresser le centre c’est de convaincre chaque jour quelques Français supplémentaires que la France a besoin à nouveau de son centre pour avancer.

Lors de son congrès de Lyon en janvier 2006, l’UDF avait fait le choix de la liberté. Avec la liberté vient la responsabilité. La responsabilité de défendre ses convictions.

Croire en quelque chose et ne pas le vivre, c’est malhonnête (Gandhi).


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20 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 17 avril 2008 10:58

    Une analyse intéressante.

    Soyons honnêtes, les récents développements de cette famille politique sont inquiétants. Divisions, querelles de personnes, éclatement… tout cela l’affaiblit considérablement, à l’heure même où son espace politique n’a jamais été aussi flagrant.

    La lente chute d’influence de l’UDF est due à son positionnement automatique, comme l’est la chute d’influence des autres partis Verts, PC, PRG, MPF etc... Tant que l’UDF représentait une alternative de pouvoir, elle avait une influence réelle et un attrait électoral, c’est à dire jusqu’en 1988 et l’échec de Raymond Barre. Par la suite, son alignement automatique sur l’autre parti de droite l’a condamnée à un rôle de supplétif, lentement érodé par l’appétit de son puissant allié, jusqu’à la tentative d’absorption par l’UMP. Pour l’électeur en effet, quel intérêt de voter pour un parti systématiquement aligné sur un autre, et sans pouvoir réel... ? Il semble que la tentative de résurgence de l’ancienne UDF ait été définitivement enterrée hier lors de la réunion de son bureau, ce qui est certainement une bonne nouvelle pour le centre.

    Un centre réuni (je préfère l’appellation démocrates, plus logique, car un centre n’a par définition mathématique pas de surface) aurait un poids politique considérable, surtout avec l’affaiblissement du président et les querelles de l’UMP d’un côté, et les luttes intestines du PS de l’autre. Il serait donc logique de travailler à un rassemblement avec les autres partis et groupuscules de la galaxie centriste. Mais cette démarche n’a de sens que si elle s’effectue selon un préalable : l’autonomie politique du centre, c’est à dire l’absence d’automatisme de ses alliances. Que ce centre, dont le MoDem représente l’élément principal en terme électoral (et non d’élus), décide ensuite qu’une alliance avec l’UMP a plus de sens actuellement qu’avec le PS, ou l’inverse, pourquoi pas. Mais en aucun cas cela ne peut être un préalable, faute de mener à la disparition de ce centre.

     

     Néanmoins, ce type d’accord parait très dangereux à court terme : pour exister, ce centre a besoin de proposer un projet alternatif crédible aux yeux des électeurs. En raison du positionnement actuel du PS et de l’UMP, un accord de partenariat semble effectivement très compliqué, et ne pourrait apparaître aux yeux des électeurs que comme un ralliement.

    Ajoutons que le calendrier électoral plaide pour un statu quo actuel du positionnement politique du centre (ce qui ne signifie pas statu quo dans son organisation ou son projet...) :

    l’évolution du PS. Celui-ci tiendra un congrès assez déterminant à la fin de l’année. Suivant le projet, l’orientation politique, et la désignation de son leader, cet évènement décidera largement des possibilités futures d’alliances entre centre/démocrates et PS.

    l’évolution de l’UMP. Bien que traditionnellement mené d’une main de fer, ce parti maintenant très hétérogène est agité par de sourdes luttes d’influences entre sarkozystes et neo-gaullistes, sans compter la marginalisation des anciens chrétiens-démocrates. De plus, il faut aussi prendre en compte la fin de l’état de grâce du président de la république

     

     Pour autant, le fonctionnement actuel du MoDem n’est pas satisfaisant, et des mesures pourtant simples devraient être prises par ses dirigeants pour asseoir sa crédibilité (organisation interne, présence de porte-parole thématiques dans son bureau exécutif, travail de fond pour présenter des propositions alternatives plutôt que des critiques systématiques…).

    Reste que le principal obstacle à un centre/parti démocrate puissant et uni réside effectivement dans le mode de scrutin de la plupart des élections en France. Celui-ci favorise le parti arrivé en tête, et donc la soumission des partis qui ne peuvent espérer l’emporter afin de conserver des élus, au détriment de leur influence effective. C’est la raison pour laquelle le parti radical de JL Borloo ou le Nouveau Centre, à droite, tout comme le PRG, à gauche, demeurent prisonniers dans de telles alliances, qui les étouffent à petit feu.

    Le pari de F. Bayrou est donc celui de gagner la seule élection qui puisse faire basculer la tendance, l’élection présidentielle. En remportant cette élection, il permettrait une recomposition du paysage politique, et l’émergence d’un parti central puissant, tout comme VGE avait réussi à le faire après son élection. Mais, cercle vicieux, il a besoin pour cela d’un parti fort, ou au moins suffisamment crédible, et d’alliés. Tout dépendra donc des forces en présence en 2011-2012 : si la droite de Nicolas Sarkozy parait en position de l’emporter facilement, les parties satellites du centre-droit lui resterons fidèles, afin de sauver quelques miettes de pouvoir, tout en se condamnant à moyen terme. En revanche, si celui-ci apparaît en difficulté, et qu’aucun leader n’émerge vraiment à gauche, alors Bayrou pourrait réunir sur son nom la galaxie centriste, pourvu qu’il assure cette fois-ci à ses partenaires qu’en cas d’absence au second tour, il se ralliera au plus fort… D’ici là, le centre demeurera divisé, et le MoDem devra tenter de sauver les meubles aux prochaines élections, européennes et régionales.  

     


    • Marianne Marianne 17 avril 2008 18:36

      @ Voltaire.
      Toujours clair, visionnaire et remarquablement exprimé. Qui se cache donc derrrière ces lumières de Voltaire ? Au fait, et Rabelais, que devient-il ?


    • Yann 35 Yann 35 17 avril 2008 12:52

      Le MoDem n’est plus le centre, il est démocrate et devra beaucoup travailler et vite pour arriver à faire comprendre ce nouveau positionnement aux électeurs.


      • ZEN ZEN 17 avril 2008 14:26

        Aucun


        • Yann 35 Yann 35 17 avril 2008 16:17

          Exact, le centre n’a aucun avenir parce que le centre, sur une ligne gauche-droite, ce n’est rien, rien qu’un point rikiki, un truc inexistant. C’est pour ça qu’on lui ajoute toujours un qualificatif  : "centre-droit" "centre-gauche", mais dans ce cas c’est la droite (un peu sociale) ou la gauche (un peu libérale), bref ce qui permet de pas trop se mouiller. Le MoDem c’est autre chose, ce n’est pas du lobbyisme idéologique qui annonce à l’avance l’orientation des solutions aux problèmes qu’on ne connaît pas encore, le MoDem entend plutôt rechercher à chaque problème la meilleure solution sans se poser cette question imbécile : "est-ce de gauche ou est-ce de droite ?".


        • casp casp 17 avril 2008 16:43

          Deplus quand on parle de centre on sous entend une position intermédiaire. La vocation du modem est de sortir de l’histoire du centre pour devenir démocrate et donc capable de prendre des positions plus à gauche que le PS sur certains point quand on estime que des valeurs humaines le nécessite (ecologie, faim dans le monde etc..) ; Et plus libéraliste que l’UMP sur certains points ; car nous croyons sincèrement dans le libéralisme comme unqiue possibilité d’organiser une société et une europe démocratique une forte liberté ; aussi bien d’expression que d’entreprendre, mais avec aussi de fort contrepouvoir quand nécessaire ; pour contrer toute dérive qu’elle soit lié a une recherche malveillante de pouvoir ; ou a une derive financiere inconsciente.


          • Imhotep Imhotep 17 avril 2008 17:56

             A propos de cette détestable dialectique du mot " centre ". Chacun tire à boulets rouges sur ce mot quand il s’agit de politique mais personne ne trouve à redire quand on parle de " centre de recherche ", " centre hospitalier ", " centre ville " qui n’est bien évidemment pas un seul point mais un lieu qui désigne là où la vie se passe dans une ville, " centre de perfectionnement " pour ne pas parler de centre pénitentiaire ou bien de centre spatial. Alors il me semble que cette histoire mathématique est un peu légère et un peu courte. Le centre est un mot de la langue qui est plus riche et qui ne se résume pas à de la mathématique.


            • Algunet 19 avril 2008 13:59

              Aucun, car notre gauche française n’a aucun avenir... Hélas !


              • tvargentine.com lerma 20 avril 2008 00:50

                Le centre c’est la politique du plus pourri

                Je veux dire que ces gens pour exister ont besoin de se vendre au plus offrant car ils n’ont aucune conscience politique

                Ce sont des conservateurs de la vieille France qui ne veut pas de réformes ou si on en fait cela ne doit les concerner

                Et bien,avec les dernières éléctions nous avons pu constater que les français été vaccinés des démagos en politique avec F BAYROU et c’est une bonne chose pour la France

                 


                • Chtiboom 20 avril 2008 21:12

                  Bonjour,

                  Je viens de regarder les résultats des élections à Saint Julien en Genevois sur le site du Ministère de l’Intérieur.

                  J’ai tenté d’analyser, au vu des noms présents sur les listes et des résultats, ce qui a pu à peu près se passer chez vous, ce qui permet d’éclairer votre article avec une certaine acuité.

                  Au premier tour, le PS a fait 39% des voix, le Modem 32%, et l’UMP 28%. Quand on regarde la liste que vous avez conduite au premier et au second tour, on ne voit pas de changement. Vous n’avez donc pas fusionné avec la liste UMP.

                  Au second tour, le PS a fait 51,3% et vous avez fait 48,7%. Ce qui veut dire que vous n’avez réussi à "récupérer" qu’à peine la moitié des voix qui s’étaient portés sur l’UMP au premier tour.

                  Très concrètement, vous avez perdu, parce que vous avez refusé de négocier avec l’UMP. Et en perdant, ce n’est pas juste une élection que vous avez perdue, mais vous avez fait perdre les idées que vous défendez. Vous avez fait perdre votre liste à ne pas vouloir fusionner, et fait perdre votre programme à vous entêter.

                  Je ne sais pas si vous vous comptez dans "les nouvelles têtes politiques" que le Modem a faites émerger, mais si tous les candidats du Modem ont une stratégie aussi gagnante, ca promet....

                   


                  • Antoine Vielliard (Saint-Julien-en-Genevois) Antoine Vielliard 24 avril 2008 08:48

                    Bonjour Monsieur,

                    Notre liste comportait déjà des membres de l’UMP. Elle comportait également des centristes et des sympathisants socialistes. Fusionner avec une autre liste aurait changer les équilibres. Ce n’était pas possible.

                    Les membres de l’UMP avaient été exclus de l’UMPavant le premier tour pour avoir pratiqué l’ouverture.

                    Nous avions annoncé avant le premier tour que nous nous retirerions du second tour sans consigne de vote si nous étions troisième. Il semblait donc équitable que l’UMP en face autant.

                    Il s’est trouvé que l’UMP à Saint Julien s’est retiré et que sa tête de liste le jeudi avant le second tour a annoncé son soutien à la liste PS sur France Bleu Pays de Savoie. Soutien dont s’est prévalu le maire PS sortant. Comme quoi les clivages droite gauche peuvent être revus lorsque cela bénéficie aux intérêts électoraux de l’UMP et du PS. A Saint Julien en Genevois comme dans beaucoup d’autres communes, les électeurs ont pu constater "l’intégrité" et "la sincérité" des convictions des UMP.

                    Comme je l’indiquais dans ma note, nous ne pouvons rien négocier avec un mouvement politique qui organise notre extermination politique par tous les moyens possibles.

                    J’espère être effectivement représentatif d’une génération qui défend ses idées sans se compromettre. Nos idées ont perdu à court terme vous avez raison. C’est la raison pour laquelle nous continuerons de convaincre.

                     

                    Antoine Vielliard


                  • Chtiboom 24 avril 2008 11:12

                    "Fusionner avec une autre liste aurait changé les équilibres" Mais bien sûr ! Evidemment, et c’est normal !

                    Quand vous avez une liste de rassemblement comme la vôtre, qui fait 32% et une liste uniquement UMP, comme celle de votre concurrent, qui fait 28% à elle toute seule, il est NORMAL que le rééquilibrage de la fusion au second tour passe par un renforcement du poinds de l’UMP.

                    Et qu’est-ce qui compte le plus pour vous ? Garder "l’équilibre de la liste", ou faire gagner l’essentiel de vos idées ? Attendre encore 6 ans pour mettre en place, si vous gagnez, seul contre tous, tout votre programme, ou faire passer dès aujourd’hui les choses les plus essentielles que vous teniez à faire ?

                    Franchement, vous me faites de la peine...


                  • Antoine Vielliard (Saint-Julien-en-Genevois) Antoine Vielliard 24 avril 2008 11:26

                    Desole de vous faire de la peine ce n’etait pas mon intention. Mais notre liste etait representative de la diversite de la ville. Si nous avions fusionne nous perdions cette representativite. Cela allait a l’encontre de nos engagements.

                    Par ailleurs je n’ai jamais constate que l’UMP soit particulierement soucieuse de representativite : on l’observe a l’Assemblee nationale ou meme les centristes du Nouveau centre ne se sont vu accordes que les circonscriptions qu’ils detenaient deja : 22 sieges pour les centristes plus de 300 pour l’UMP c’est la version UMP de la representativite. (et encore l’UMP a presente des candidats contre des sortants Nouveau Centre comme a Annecy).

                    Nous avons suivi cette regle : le troisieme se retire. Ils l’ont fait.. meme s’il a fallu 48heures pour prendre cette decision. Par ailleurs, ils ont decide de soutenir le sortant PS. Libre a eux. Ce faisant ils ont prouve que leur discours anti PS du premier tour n’etait que de la farce et que l’anatheme du clivage droite gauche n’est qu’une gigantesque blague puisque cette anatheme peut soudain etre revu pour proteger des interets electoraux.

                    Notre campagne a permis de defendre un projet pour la ville. Elle a aussi permis de prouver publiquement aux electeurs les contradictions de l’UMP et du PS entre leurs discours et leurs actes.

                    http://antoinevielliard.hautetfort.com


                  • Thomas Thomas 21 avril 2008 11:15

                    Bonne analyse. La France va droit vers la bipolarisation et c’est sans doute le seul élément de programme commun du PS et de l’UMP.

                    C’est François Mitterand qui a commencé, en nommant 4 ministres communistes en 1981, tout heureux de montrer à leurs électeurs le profit que l’on pouvait tirer d’une alliance avec le puissant voisin idéologique. On sait ce que pèse aujourd’hui le PC.

                    Hélas pour le PC, ses idées étaient déjà en perte de vitesse à l’échelle mondiale et il n’avait guère le choix de ses alliés. Ce qui n’est assurément pas le cas du MoDem.

                    Le PS a d’ailleurs continué son travail de bipolarisation en affichant pour la première fois des candidats PS aux municipales (avec plus ou moins de succès) face à des élus communistes de longue date.

                    Sarkozy lui, a tué son voisin de droite, non pas en s’alliant avec lui (ce qui n’était politiquement pas envisageable vu l’oprobe collective dont le FN est l’objet) mais en reprenant une partie de son fond de commerce idéologique et en le maquillant pour en faire du « racisme à visage républicain ». On sait ce que pèse le FN aujourd’hui.

                    Ayant fait le ménage aux extrêmes, les deux partis majoritaires ont désormais un intérêt commun à faire le ménage au milieu, d’autant que ce milieu a connu un regain d’intérêt à la dernière présidentielle et empiète sur leurs deux plate-bandes.

                    Mais le PS se retrouve sur deux fronts à la fois du fait de la ré-émergence de l’extrême gauche. Le PC est bien mort mais son idéologie fait encore recette. Du coup, le PS est tiraillé entre son intérêt à conquérir le centre grâce à un virage socio-libéral et sa volonté d’englober les anti-libéraux dont le poids politique devient non négligeable. Difficile de faire ainsi le grand écart, sinon en conservant une ligne politique très floue, ce que François Hollande réalise avec brio. Heureusement pour le PS qu’à l’échelle locale, les positionnements sont souvent plus marquées, ce qui explique en partie ses récents succès.

                    Le message est clairement que le succès à long terme du centrisme (s’il arrive un jour) ne peut passer que par une ligne autonomiste.


                    • atabalari 21 avril 2008 23:23

                      Qui dit centre ne peut être ni à droite, ni à gauche, mais au milieu.Le nouveau centre, n’est pas le centre, il a beau changer de nom, le plateau de la balance a basculé à droite. Le centre, C’est le rassemblement de personnes de sensibilités d’origines différentes, qui ne disent plus, je suis de droite, je suis de gauche, mais se reconnaissent autour d’un " PROJET " démocratique, moderne, tourné vers l’avenir, dans lequel l’argent, les honneurs, le pouvoir ne sont pas les seules valeurs pour lesquelles on vend son âme...

                      Le projet démocratique est notre chemin, notre vision de l’avenir, dans une Euope démocratique, dans le respect des valeurs humaines, environnementales, économiques, il redonne à l’ homme sa vraie place, sa liberté, sa dignité

                      les institutions doivent être démocratiques, il ne faut pas mélanger les pouvoirs, les élus doivent être intègres, et défendre les intérets de tous les Français. et ne pas penser qu’au pouvoir, 

                       Non à toutes ces parties de ping pong à répétition, à ces décisions contradictoires, à ces manoeuvres de toutes sortes, à ces mensonges. Nous ne sommes plus en démocratie, Il faut rétablir un vote à la proportionnelle, où toutes les sensibilités puissent être représentées

                      On cherche à casser le Mouvement Démocrate par tous les moyens, les bassesses, mais il est bien là, la flamme n’est pas éteinte, au contraire, nous sommes avec vous François Bayrou pour mettre en place notre projet, seule alternative devant les impasses, les désillusions.

                       

                       


                      • vivelecentre 23 avril 2008 23:06

                        Mais c’est quoi votre projet ?

                        il suffit de dire que c’est un projet démocrate pour avoir tout dit ?

                        qu’est ce qui vous permets de dire "seule alternative devant les impasses, les désillusions." ?

                        n’y a t’il pas eu d’impasse et de désillusions au sein même de l’action de F Bayrou pour avoir mené en 12 ans l’udf a ce qu’est aujourd’hui le modem udf ?’ 

                        vous dites :

                        Le projet démocratique est notre chemin, notre vision de l’avenir, dans une Europe démocratique, dans le respect des valeurs humaines, environnementales, économiques, il redonne à l’ homme sa vraie place, sa liberté, sa dignité"

                        n’est ce pas une formule de plus, vide de sens ou seul compte l’usage de mot idéalisé et d’expressions éculées ?

                        Croyez vous par ce que vous dites cela que les autres formation ne sont pas démocratiques, n’ont pas de respect pour l’honnêteté le courage la rigueur et autre qualité humaine ? qu’elles sont fondamellement liberticides et indignes ?

                        Qu’est ce qui vous permet de revendiquer le monopole de ces valeurs ?

                        Croyez vous qu’en pratiquant le vote a main levée sous la pression de l’équipe dirigeante , qu’en ne mettant pas en place d’investiture et en conservant un candidat unique pour 2002, 2007 et vraisemblablement 2012, vous donnez aux autre des leçons de democratie ? 


                        • Antoine Vielliard (Saint-Julien-en-Genevois) Antoine Vielliard 24 avril 2008 08:54

                          La fameuse question du projet. Celle qui parait si pertinente à première vue.. et qui est si déplacée lorsqu’on regarde de plus près.

                          Chaque candidat a un projet pour chaque élection. Je vous invite à consulter le projet de François Bayrou pour les présidentielles de 2007, et celui de chacun des candidats aux municipales. Vous trouverez le mien en ligne sur www.portevoix.fr Il portait sur trois priorités municipales : la maitrise de l’urbanisme, les déplacements collectifs et l’accueil de la petite enfance avec des propositions dans chacun de ces domaines.

                          Pour les élections à venir, il faudra attendre les semaines qui précèdent pour pouvoir le copier.

                          Le problème c’est que comme peu de gens lisent les programmes.. il est si facile de dire qu’il n’y en a pas.

                          Pour la démocratie interne, je suis d’accord avec vous, il serait souhaitable que le Mouvement démocrate s’applique à lui même les principes démocratiques qu’il recommande pour le pays. Le choix du candidat est en revanche un choix ouvert. De Robien aurait pu se présenter.. il ne l’a pas fait car il savait qu’il perdrait. Il a d’ailleurs disparu de la scène politique depuis. Pour le reste aussi je suis d’accord avec vous. Nous devons être plus exigeant avec nous mêmes.

                          Cordialement,

                          Antoine Vielliard


                        • Antoine Vielliard (Saint-Julien-en-Genevois) Antoine Vielliard 24 avril 2008 11:24

                          Desole de vous faire de la peine ce n’etait pas mon intention. Mais notre liste etait representative de la diversite de la ville. Si nous avions fusionne nous perdions cette representativite. Cela allait a l’encontre de nos engagements.

                          Par ailleurs je n’ai jamais constate que l’UMP soit particulierement soucieuse de representativite : on l’observe a l’Assemblee nationale ou meme les centristes du Nouveau centre ne se sont vu accordes que les circonscriptions qu’ils detenaient deja : 22 sieges pour les centristes plus de 300 pour l’UMP c’est la version UMP de la representativite. (et encore l’UMP a presente des candidats contre des sortants Nouveau Centre comme a Annecy).

                          Nous avons suivi cette regle : le troisieme se retire. Ils l’ont fait.. meme si il a fallu 48heures pour prendre cette decision. Par ailleurs, ils ont decide de soutenir le sortant PS. Libre a eux. Ce faisant ils ont prouve que leur discours anti PS du premier tour n’etait que de la farce et que l’anatheme du clivage droite gauche n’est qu’une gigantesque blague puisque cette anatheme peut soudain etre revu pour proteger des interets electoraux.

                          Notre campagne a permis de defendre un projet pour la ville. Elle a aussi permis de prouver publiquement aux electeurs les contradictions de l’UMP entre son discour et ses actes.


                          • Chtiboom 25 avril 2008 10:20

                            Votre conception de la représentativité a recueilli 32% des voix. Leur conception de la représentativité a recueilli 28%. Une vraie représentativité de vos deux listes aurait été de répartir 17 places pour votre liste et 15 pour celle de l’UMP.

                            Et c’est d’autant plus stupide (désolé je ne vois pas d’autre qualificatif) qu’étant devant, pour auriez pu sans difficulté obtenir la tête de la liste commune. Et vous auriez gagné.

                            C’est ça qui est fou ! Vous préférez perdre tout seul que gagner à plusieurs.

                            Quant à la représentativité, elle ne se gagne pas par des élucubrations intellectuelles, en se posant des questions sur le sexe des anges si le centre pèse potentiellement ceci ou cela. La représentativité, elle se mesure en bulletins de vote.

                            Les députés du NC ont défendu leur circonscription et l’ont conservée, et en ce qui concerne JC Lagarde, il avait même un candidat UMP contre lui. Et le NC a gagné Agen et Chatellerault face à la gauche.

                            L’UMP, comme le PS, ne négocieront qu’en fonction de cela.

                            Quant à l’appel de votre adversaire pour vous faire battre, c’est de bonne guerre. Vous refusez l’alliance, vous l’obligez à se retirer, et en plus vous voulez qu’il appelle à voter pour vous ??? Vous vous prenez pour qui ? Vous croyez que c’est quoi la vie ? Que les gens vont vous dérouler le tapis rouge parce que vous vous auto-proclamez représentant d’une nouvelle politique ?

                            Si l’UMP a appelé à voter pour la liste PS, c’est qu’il a considéré qu’au niveau local, il vaut mieux travailler avec quelqu’un peut sait faire preuve d’ouverture qu’avec quelqu’un incapable d’entendre raison.

                            Vous avez fait passer votre orgueil avant vos idées. Et cela me rappelle quelqu’un...


                          • FrédéricLN FrédéricLN 13 mai 2008 10:21

                             "Les députés du NC ont défendu leur circonscription et l’ont conservée, "

                            Pas tous, pas tous ! Voyez Rodolphe Thomas : aussitôt perdue la législative, il est repassé à l’UDF/MoDem, et a été réélu maire avec une large majorité. Mystères de la représentation !

                            @ Antoine sur l’article "le Centre a 5 fois moins de moyens publics que l’UMP et le PS" : Effectivement, l’aide totale approchera 80 millions d’euros, dont environ 5, je pense, en totalisant UDF/Modem et Nouveau Centre, contre de l’ordre de 33 pour l’UMP et u peu plus de 20 pour le PS - en se basant sur 2003. (De façon étonnante, le site de la CCNFP ne semble publier le détail des versements que jusqu’en 2003 ! - en lien).

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