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Quelle communication pour François Hollande après la parution du livre de Valérie Trierweiler ?

« L’une des rentrées politiques les plus tourmentées de la Ve République », affirment les commentateurs politiques. Après la parution de Merci pour ce moment, François Hollande a adopté une communication en deux temps. Exit le Président normal...

La pièce de théâtre en plusieurs actes débute fin août, à l’occasion de la traditionnelle Fête de la Rose du Parti Socialiste. Par ses déclarations amplement relayées dans les médias, Arnaud Montebourg, suivi par Benoît Hamon, prend une nouvelle fois le dessus sur l’autorité du chef de l’Etat. Quelques jours plus tard, le gouvernement Valls I présente sa démission au Président qui, pour sa part, prononce un énième discours sous des trombes d’eau. L’image est forte, et c’est d’ailleurs la seule qui subsiste au retour de François Hollande de l’Ile de Sein. Interrogés sur ce choix déconcertant d’avoir laissé le Président seul sous la pluie, les communicants de l’Elysée avancent un argument d’ordre éthique : « François Hollande a fait face aux conditions climatiques difficiles (…) pour honorer la mémoire des résistants sénans qui ont combattu par tous les temps ». Honorable, certes, mais ont-ils pensé une seconde à la puissance d’une telle image tournant en boucle sur les chaînes d’info en continu ? L’image se moque des valeurs, ils l’auront appris à leurs dépends.

Puis, dans la foulée, Emmanuel Macron se montre favorable à l’assouplissement des 35 heures, le chômage continue d’augmenter, Manuel Valls déclare sa flamme au patronat, Rebsamen assure vouloir contrôler les chômeurs, l’affaire Thévenoud est sur le point d’éclater… Et Valérie Trierweiler publie, le 4 septembre, un livre retraçant son expérience de Première dame de France. De Merci pour ce moment, une expression s’impose : les « sans-dents ». Tout bascule alors pour le président normal qu’Hollande avait voulu incarner face à Sarkozy l’hyperactif. Le terme normal concentre de nombreuses significations et, parmi elles, celle d’un discours modéré, équilibré et réfléchi. Ou encore l’idée d’un comportement qui serait représentatif de la majorité. Ici, au contraire, François Hollande bascule dans l’excès avec un jugement de valeur extrême qui n’est pas sans rappeler l’Ancien Régime.

La communication d’Hollande faisant suite à la publication de cet ouvrage se déroule en deux temps. Sans s’exprimer officiellement, il laisse d’abord fuiter ses états d’âme par ses proches et ses collaborateurs. Comme à chaque crise qu’il a traversée, le Président tente alors de se réfugier dans les affaires internationales en organisant un déplacement en Irak. Cela avait déjà été il y a deux ans quand, en pleine tourmente politique et personnelle, François Hollande avait trouvé dans l’intervention au Mali une parade pour évacuer les doutes le concernant. Dans un deuxième temps, on apprend le 10 septembre la publication à venir d’une interview du chef de l’Etat par Le Nouvel Observateur. Peut-être pour anticiper sa conférence de presse de rentrée, prévue pour le 18 septembre, il change de ton et décide de réagir à chaud à la parution du livre de son ex compagne. La normalité holandienne s’efface pour laisser réapparaître le spectre de l’hyperactivité sarkozyste. Le Président du changement s’en remet au temps des médias – celui de l’instantanéité – et laisse l’affect prendre le pas sur l’intellect, pourtant caractéristique du président normal qu’il pensait représenter. Voilà encore de quoi questionner la stratégie présidentielle de François Hollande fondée autour de l’adjectif normal, véritable artifice de communication. A quel point un Président de la République est-il un citoyen comme les autres ? Dernièrement, Mara Goyet, professeure d’histoire-géographie, revendiquait sur le plateau de Ce soir ou jamais « un droit imprescriptible de faire des sales blagues en privé ». Rien de plus logique pour un président normal. Mais, répétons-le : le Président de la République n’est pas un Français parmi les Français. L’adjectif normal a tout bonnement été suggéré par des communicants qui, soucieux de marquer la rupture avec Nicolas Sarkozy, s’en sont remis à un terme séduisant mais inadéquat. La rupture, d’accord, mais qu’elle reste conforme à la singularité de la fonction de Président de la République.


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3 réactions à cet article    


  • claude-michel claude-michel 13 septembre 2014 07:58

    Arrêtez donc de parler de ces malades mentaux...(hollande-Sarkozy)


    • bernard29 bernard29 13 septembre 2014 10:52

      Hollande peut réagir positivement ; Puisque la question est celle du respect du à la fonction présidentielle dévalorisée autant qu’ sa personne , il lui reste à faire cette déclaration lors de la conférence de presse à venir le 18 septembre 2014

      http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/hollande-le-revolutionnaire-ou-le-156568 


      • zygzornifle zygzornifle 13 septembre 2014 18:02

        Hollande a mis en marche sa machine à mentir ......

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clément


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