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Accueil du site > Actualités > Politique > Quelques propositions pour sortir de la crise des cités

Quelques propositions pour sortir de la crise des cités

Moi qui ai grandi dans l’un de ces quartiers qui brûlent aujourd’hui, je vois ces événements d’un très mauvais oeil. Les journaux étrangers parlent de guerre civile, et je suis convaincu qu’elle n’est pas si loin. Voici juste un regard de citoyen qui connaît les deux faces du miroir français.

Il est temps de réfléchir à la manière de relever le défi que nous posent ces émeutes avant que le pays ne sombre dans la guerre civile, ou que les cités ne deviennent un énième front pour le Djihad. Il est temps de laisser tomber nos a priori sur ces quartiers, ces jeunes et ces problèmes. D’abord, cherchons à comprendre le mode de fonctionnement de ces quartiers.

Il est vital de réaliser que ces jeunes n’ont pas le même système de penser que les habitants d’autres quartiers de France. Le drame d’ Epinay éclaire un peu mieux ce système. Si cet homme a été sauvagement agressé, il ne s’agit pas d’une simple histoire de vol d’appareil photo, comme je l’ai trop entendu. Cet homme est mort parce qu’il prenait des photos du quartier. De leur quartier ! Cet homme rentrait dans leurs vies par effraction. Cela peut vous paraître complètement irrationnel, mais c’est pourtant la vérité. (C’est d’ailleurs tout autant irrationnel que la fuite de Banou et Ziad prêts à mourir plutôt que de tomber entre les mains de la police !) Comment en est-on arrivé là ?

D’abord, l’exclusion. Depuis des années, ces jeunes sont de nulle part ! Dès qu’il mettent un pied en dehors de leurs quartiers, tout leur rappelle qu’ici, ce n’est pas chez eux. Contrôles de police à répétition, discrimination à l’embauche, à l’entrée des boîtes de nuit, au logement, et parfois même à l’entrée des supermarchés ! Au mieux, ils seront suivis à la trace par deux vigiles tout au long de leur présence dans le magasin. Bref, ils sont indésirables parce que considérés comme nuisibles. La France n’est donc pas leur pays. “Qu’on les renvoie chez eux !” hurlent déjà au loin les extrémistes ! Si seulement c’était si simple ! Sachez que beaucoup de parents de la première génération ne rêvent que de ça ! On ne compte plus le nombre de mariages forcés. Et les interminables litanies des parents pour convaincre leurs enfants de s’installer au “bled”. C’est aussi le rêve de beaucoup de jeunes qui se voient, fortune faite, s’installer au pays. Sauf que le pays, le bled, ce n’est pas chez eux non plus ! Quand, tous les étés, ils retournent dans leurs pays d’origine, on les accueille à bras ouverts, eux et les cadeaux qu’ils rapportent. Mais la rancœur n’est jamais loin. “De quoi peuvent-ils se plaindre ceux-là ! Il sont Français ! C’est la belle vie ! Pas comme ici, où on a connu soit le terrorisme islamiste, soit la misère au quotidien des faubourg de Rabat ou de Tunis !” Voilà ce qui se dit dans leurs pays d’”origine” ! Ils ne peuvent donc pas non plus se sentir de là-bas ! Alors d’où sont-ils ? De leurs quartiers. Leur univers, leurs horizons, leur avenir, c’est le quartier.

Un rappeur français du nom de Passi résumait cette situation en une phrase : “ Nous sommes des satellites sans orbites” . Et il arrive que certains de ces satellites s’écrasent au sol, à Epinay, un après midi d’automne. Et puis, il y a eu une fracture dramatique ces dernières années. Retour en arrière : 12 juillet 1998, 1,5 millions de personnes sur les Champs-Élysées (dont beaucoup étaient issues de ces banlieues) fêtant la victoire de la France Black, Blanc, Beur ! On pouvait même lire “Zidane président” au fronton de l’Arc de triomphe ! Le grand soir pour tous ces jeunes ! Ils étaient enfin reconnus, félicités et désirés ! Ils se sentaient Français ! Ces jeunes, qui avaient une petite vingtaine d’années à l’époque, ont pour beaucoup décidé de jouer le jeu des études, puisqu’ils se sentaient accueillis fraternellement par la France ! Mais le rêve est vite retombé ! “Zidane président” n’était qu’un énorme coup de pub d’un équipementier et la France Black, Blanc, Beur, qu’une nouvelle envolée lyrique des élites politiques et médiatiques ! Du vent ! Il n’y avait rien ! Pire, on leur avait menti. La preuve tomba nette, froide, précise !

21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen au deuxième tour. Et les jeunes diplômés chômeurs de banlieues de devenir aux yeux des plus jeunes (ceux qui cassent aujourd’hui) le symbole de ceux qui se sont faits rouler dans la farine ! “La France ne veut pas nous laisser rentrer ! C’est pas grave, on fera le tour et on passera par la fenêtre !” se sont-ils jurés. C’est ce qu’ils pensent être en train de faire depuis dix jours. Le constat fait, comment peut-on sortir de cette situation ?

A court terme, je pense que la seule solution pour ramener le calme rapidement est la démission de Sarkozy. Mais obtenir la démission d’un ministre encore soutenu par 57% des français de cette manière-là, c’est encore creuser le fossé entre la France et ses banlieues. L’idéal serait qu’un mouvement social “conventionnel” puisse naître de cette colère et de cette détermination jusqu’ici incontrôlées. On peut également tenter de faire des propositions, plus ou moins acceptables pour les deux “camps” en gestation dans cette France de 2005. En voici trois, extraites d’une liste évidemment non exhaustive.

- INSTAURATION D’UN NOUVEAU SERVICE NATIONAL. Le service militaire était sans conteste un creuset où se formait la citoyenneté française. Il permettait de donner des règles de base à beaucoup de jeunes déstructurés, et était parfois la première véritable rencontre avec l’ordre et l’autorité. Bien sûr, les besoins de l’armée sont plus restreints aujourd’hui, mais il manque tellement de bras en France dans le domaine social. On pourrait créer un service civique obligatoire pour tout jeune (fille ou garçon) ne pouvant justifier d’un certificat de scolarité ou de travail à sa majorité. Outre la découverte de la citoyenneté, de l’ordre et de l’autorité, on pourrait espérer que cette mesure ferait naître des vocations, et permettre de former des jeunes sortis beaucoup trop tôt de l’école. Il permettrait de faire en sorte que se côtoient des jeunes qui n’auraient pas eu l’occasion de se connaître et que s’instaure du respect, voire de l’amitié entre les “deux France” tout en redorant le blason de ces jeunes de cité qui auraient l’occasion de se rendre utile à la collectivité.

- DISCRIMINATION POSITIVE GÉOGRAPHIQUE. Ces jeunes fonctionnent énormément au symbole. Déclarer que les habitants des banlieues doivent être prioritaires pourrait ramener l’espoir d’être un jour un citoyen “normal”. Mais cette discrimination positive ne doit surtout pas être ethnique, car elle pourrait nourrir des rancœurs chez de trop nombreux Français Cette discrimination positive doit intervenir tout au long du parcours de ces jeunes.

* Il faut créer des crèches ouvertes plus longtemps qu’ailleurs, pour que les plus jeunes soient sous l’autorité d’adultes 24h/24. Les frères et sœurs ont déjà bien assez à faire en s’occupant de leur propre vie.

* Il faut changer la manière dont l’éducation nationale gèrent ses effectifs. Les meilleurs profs ne doivent plus être nommés dans les grands lycées parisiens. La banlieue a besoin du meilleur des forces de la République. Et ceci est valable pour tous les services d’État (notamment la police)

* Il faut remettre en cause le système des zones franches. Les entreprises ne doivent plus s’implanter en banlieue seulement pour rafler les exonérations de charges. Pour y prétendre, il faudrait qu’elles embauchent au moins 50% de leurs effectifs dans les quartiers alentours.

* Il faut créer des bourses spécifiques pour l’accès de ces jeunes aux grandes écoles, ainsi que des filières d’intégration différentes adaptées à ces jeunes (sur le modèle de science po)

- LÉGALISATION ENCADRÉE DE LA VENTE DE CANNABIS. Même si j’ai conscience de toucher là à un tabou énorme de la société française, il est temps que l’on prenne la réalité en compte. Tout le monde s’accorde à dire que l’économie souterraine ravage ces quartiers. Mais sous le terme d’économie souterraine, se cache principalement le marché du cannabis. Et comme tout marché, il repose sur l’offre mais également, et on a trop souvent tendance à l’oublier, sur la demande. Et les chiffres sont clairs. 5 à 6 millions de Français consomment occasionnellement ou régulièrement du cannabis, soit 10% des Français.

Évidemment, on retrouve ces consommateurs à tous les niveaux de l’échelle sociale et dans toutes les sphères de la société. Les “dealers” ne font que répondre à une demande de plus en plus forte. Si on laissait de côté nos a priori sur le produit en lui-même, on verrait tout le bénéfice que l’on peut tirer de la légalisation. D’abord, elle aurait pour effet de couper les ressources des “caïds”. Ensuite, on inciterait les petits dealers à officialiser leurs commerces, on les intégrerait dans l’économie traditionnelle ! Il suffirait qu’ils aillent s’inscrire au registre du commerce, comme tout commerçant. Ils paieraient alors taxes et impôts comme tout le monde, et devraient assumer les responsabilités de tout chef d’entreprise.

Ce qui intéresse ces jeunes, ce n’est pas d’être marginaux, c’est de s’en sortir ! Donnons-leur les moyens d’y parvenir. Enfin, laisser la vente du cannabis dans les cités (et pas chez les pharmaciens ou les buralistes) permettrait de faire rentrer de l’argent frais dans des quartiers qui en manquent cruellement. Évidemment, la vente doit être sévèrement encadrée. Interdiction au mineur, interdiction au volant, interdiction dans les lieux publics (clos ou ouvert), interdiction de publicité, etc. L’idée n’est pas d’ouvrir des supermarchés du “shit”, mais que la vente, qui se fait depuis des années aux yeux de tous, se fasse de manière claire, contrôlée, et qu’elle puisse apporter un nouveau dynamisme économique aux banlieues.

En bref, soyons pragmatiques ! Il y a évidemment tellement d’autres choses à faire, mais ces trois propositions pourraient être, à coup sûr, une base solide pour rétablir le dialogue entre deux France qui jusqu’ici s’ignoraient, et qui sont en passe de se haïr.


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51 réactions à cet article    


  • (---.---.101.8) 7 novembre 2005 12:06

    Simple remarque de détail sur l’éducation nationale : les « meilleurs profs » ne sont pas mutés dans les meilleurs lycées. L’affectation est aléatoire - syndicalisée..Et ensuite tout n’est affaire que du mutation. Une fois les points accumulés, pas mal d’enseignants s’en vont en province ou ailleurs... Mais on ne choisit pas pour eux. Enfin, la notion de zone d’éduication prioritaires existe déjà. ( remarque : les budgets des enseignants en zones d’éducation prioritaires sont déjà plus important que ceux dans les zones classiques. Ca permet paar exemple de faire des photocopies et de ne pas demander aux élèves d’acheter dix livres par ans..par exemple.) ok ça ne fait pas tout, mais ça y contribue un peu.


    • Nicolas Aubert 7 novembre 2005 12:31

      Ok, on a déjà tenté certaines choses mais la vérité c’est que la majorité des profs en cité sortent tout juste de l’IUFM !


      • Marie (---.---.10.80) 7 novembre 2005 13:10

        les buralistes en crise pourraient devenir coffeeshop a la hollandaise. cela aurait le mérite de casser un tabou ...si français. Chaque buraliste serait associé à une jeune (casier vierge) pour faire un partenariat d’affaires.

        Cessons hypocritmenet aussi de mettre au feu de jeunes diplomes d’iufm ...qui n’ont pas la sagesse et la répartie pour pouvoir encadrer certaines classes. Remettons les pions dans les collèges et lycées. Instruisons aussi les parents....qui faute de bien parler notre langue se replient, fuient le contact social.

        Réformons les services d ’orientation. D’ailleurs, a-t-on jamais mésurer leur efficacité ?

        Que les médias nous montrent aussi ceux et celles qui réussissent :)

        Un peu plus d’acteurs de toute origine, d’animateurs tv et radio (certes c’est court mais ca se voit tres vite....).


        • Nicolas Aubert 7 novembre 2005 13:16

          Ton affection pour les buralistes me touche ! Mes parents en étaient ! Mais l’idée de ma mesure c’est de donner une légitimité à ceux qui vendent du cannabis depuis des années, pas de donner un buisness juteux à des gens qui ont déjà un gagne pain.


          • (---.---.7.69) 7 novembre 2005 13:34

            Ce n’est pas qu’une affaire d’idée, mais aussi une affaire de lobby. Quand les vignettes ont disparu et que les cigarettes ont augmenté, les buralistes ont ralé et ont gagné des avantages (ou aides) supplémentaires en moins de deux.
            Faut pas réver, qu’on légalise le cannabis et ça sera aussitôt pour la poche des buralistes.
            De plus, vu le discours anti tabac actuel, légaliser le cannabis, considéré comme une « super cigarette », c’est un doux rève ...


            • Nicolas Aubert 7 novembre 2005 13:38

              Une guerre civile en france n’était qu’un affreux cauchemard... qui est en train de ce réaliser ! Il faut que tout le monde change d’état d’ésprit. Les solutions à la crise n’existent pas encore, à nous de les inventer ! C’est modestement ce que j’essaie de faire.


              • felix (---.---.110.3) 7 novembre 2005 13:49

                Quelle grande naïveté de ta part Nicolas ! La drogue est dans les cités car elle rapporte. En faire un commerce nuirait aux profits. C’est l’économie parallèle qui intéresse : vols, prostitution, cigarettes... exonérée d’impôts, de taxes, d’Urssaf. Mettre les dealers et consorts au travail ! fais gaffe, ils vont mal le prendre.


                • Nicolas Aubert 7 novembre 2005 14:00

                  Et toi, préférerais-tu vivre dans la clandestinité et ne payer ni impot, ni URSAF ni rien ! Je ne le penses pas !Ton discour n’est qu’un reflet des clichets qui tournent sur la banlieue ! Ces jeunes veulent être comme tout le monde, ils ne sont ni pires ni meilleurs que toi ! Mais ce qui me dérange dans ta remarque, c’est que dérrière ce cache l’idéé que ces jeunes sont irrécupérables. Alors que proposes-tu ? De les brûler comme ils brûlent les voitures ?


                  • (---.---.20.123) 7 novembre 2005 14:05

                    A vous ecouter, il faudrait légaliser le racket...allons un peu de serieux


                    • Nicolas Aubert 7 novembre 2005 14:11

                      Vous voyez, vous « extrémisez » mes propos ! Le cannabis est trop tabou pour vous ! Expliquez moi le point commun qu’il y a entre pouvoir acheter ou vendre du cannabis et le consomer librement chez soi et racketer un gamin à la sortie de l’école ! Perso, je n’en voit aucun !


                      • felix (---.---.110.3) 7 novembre 2005 16:04

                        Ne te fâche pas. L’écriture permet de réfléchir et de poser ses idées. N’écris pas comme tu parles, et argumente. Tu questionnes : irrécupérables ? Il faut toujours laisser sa chance à quelqu’un. Ce qui est sûr c’est que ce sera très dur d’en sortir ; ils sont en marge du système (lequel n’est pas bon, certes) car pas d’éducation, pas de culture, pas de savoir faire, pas de conscience, pas de famille, pas de religion, pas de travail, pas de statut social, pas d’avenir, pas de morale, pas de lois autre que celles qu’ils ont inventé à leur profit. Je parle toujours des dealers et consorts.

                        Mais comment aider le gamin de 10 ans dont les parents ne parlent pas français, sont au chômage ou gagnent mal leur vie, où l’école sert plus de garderie que lieu d’apprentissage, qui voit les dégradations (tags, carcasses de voiture, halls pisseux) au quotidien, et à qui l’on propose portable, fringues de marques ou argent pour faire le guet en même temps qu’il joue au bas de l’immeuble ? Il connaît déjà les regards différents qui se posent sur sa peau basanée. C’est un environnement de haine qui s’offre à lui, un monde d’irrespect véhiculé depuis longtemps par un langage basique fait de gros mots. Quelle chance a-t-il de s’en sortir, lui ? Sinon de sortir de sa cité, de sa banlieue, bref de fuir.

                        La cité est un problème architectural mêlé d’un problème social (le chômage) et culturel (le manque d’intégration) ; cela devient un ghetto quand on y regroupe les gens d’une même société. Le marché de la drogue y a trouvé son bonheur. Mais ce n’est pas en légalisant le cannabis qu’on atténuera les problèmes de fond.

                        Il faut réapprendre aux enfants les valeurs du respect, de l’effort et du mérite. Demandez-leur quels sont leurs modèles aujourd’hui ? Ce qui les fait rêver, et vous comrendrez mieux à la fois leurs aspirations et les limites de ces aspirations transmises par une boîte à images et une société de consommation aliénante.

                        Difficile d’être libre aujourd’hui ; mais prendre conscience de ce manque de liberté, c’est déjà un pas vers cette liberté.


                        • Nicolas Aubert 7 novembre 2005 16:30

                          D’abord excuse moi d’avoir été un peu sec dans ma réponse ! Je partage à 90% ton analyse de la société et des problèmes inhérants aux jeunes de ces cités. Mais je crois que tu n’as pas compris le sens de ma proposition sur le cannabis. Mon but n’est pas de réouvrir l’éternel débat sur le cannabis. J’essaie d’être pragmatique. 5 à 6 millions de français consoment ce produit. Nous n’avons pas 5 à 6 millions de toxicomanes en France. Donc un fumeur de cannabis n’est pas un toxicomane. Donc les vendeurs de cannabis ne sont pas des vendeurs de mort ! Donc on criminalise à tort des jeunes qui ne font que répondre à une demande (présente tout autant dans les cités que dans les quartiers chics). Je ne prêche pas pour une amnistie pour les voyous ! Les violeurs, les voleurs, etc... doivent être puni ! Je dis juste que le cannabis est aujourd’hui une réalité de notre société et que trop souvent des jeunes tombent de leurs branches (déjà si fragile) pour des histoires de Shit ! Enfin, je vois des raisons économiques ! Combien de millions d’euro génère le cannabis ! Les déficits français ne permettent plus de financr les programmes dont les cités ont besoin. Ne nous privons pas de revenus énormes juste au prétexte que le cannabis c’est mal !


                          • (---.---.20.123) 7 novembre 2005 17:04

                            je continuerai à faire ma mauvaise langue, le cannabis, j’en fume et le fait pousser moi même, de ce fait, je n’alimente « plus » la mafia, et qui ne l’oublie nourrit les réseaux mondiaux du terrorisme...cette argent se sera, jamais propre si elle provient de réseaux mafieux...nous ne vivons pas encore en Hollande, qui a une approche completement différente de ce « Buziness » comme disent les jeunes au sens propre, puisqu’ils prosuisent la plus grand part de ce qui est consommé. Mais je reste d’accord sur une dépénalisation et sur le fait que l’aetat pourrait y gagner. Cependant cela n’est la réponse au problème immediat.


                            • Nicolas Aubert 7 novembre 2005 17:20

                              Je pense au contraire que cela peut contribuer à apaiser les ésprits ! Les jeunes des cités vivent très mal l’hypocrisie française sur le cannabis. Et comme je l’ai expliqué plus haut, ils sont très réceptifs aux symboles. Pour eux, les « gaulois » ont leurs vins, les « bourgeois » leurs cocaÏnes ( interdite mais connue de tous comme étant la substance de prédiléction du showbiz et qui mis à part kate moss, n’a jamais causé de tord à personne au point de vue judiciaire). Pourquoi n’auraient ils pas leurs cannabis ? ou en tout cas pourquoi n’arrête-t-on jamais les dealers de Johnny ou autres alors que certains tombent pour une barette ! Cela fait aussi partie des injustices qu’ils subissent !


                              • Senatus populusque (Courouve) Courouve 7 novembre 2005 21:23

                                L’apprentissage dès 14 ans, proposition ce soir de Galouzeau de Villepin, n’est pas une mauvaise idée. Mais elle revient bien tard ...


                                • (---.---.10.79) 7 novembre 2005 21:33

                                  Quelques-unes de ces propositions, comme le service civil obligatoire, me semblent intéressants, mais à mon avis, tout ça ne marchera pas, rien ne marchera et toute cette situation finira vraiment très mal, parce que le vrai problème vient de la mentalité de ces jeunes qui exigent tout comme des dus, et ne supportent aucune contrariété, au point d’être scandalisés parce que le ministre de l’Intérieur de la République française leur envoie la police quand ils ne respectent pas les lois ! Comment ose-t-il pénétrer dans ce qu’ils considèrent leur teritoire ! Vous ne vous rendez pas compte que c’est fou, que c’est des espaces du territoire national qu’ils prétendent exclure à la souveraineté nationale ? Ce n’est pas de la psychologie ça, c’est de la politique ! Ils crient à l’injustice parce qu’on leur applique la loi, et ne comprennent pas que la police représente la nation, et agit au nom de la nation ! Est-ce que c’est possible ? Imaginez qu’ils justifient tous les dégats qu’ils ont fait depuis dix jours, parce qu’il faut qu’ils se vengent du ministre de la république française qui a osé les menacer ! Et il ne s’agit pas d’enfantillages ! Vous voyez bien que le pays est en feu ! Et vous voulez en plus qu’on légalise, pour leur faire plaisir, le commerce du canabis ? C’est à eux de s’adapter à la République et à la société française et non le contraire !


                                  • Martine Geronimi (---.---.165.249) 7 novembre 2005 21:36

                                    Voilà une véritable réflexion qui dépasse les habituelles litanies négatives.

                                    Je pense que vous êtes vraiment au fait de cette réalité des banlieues et vous avez compris qu’il fallait véritablement faire une révolution dans l’esprit immobiliste de la majorité des Français.

                                    Partie en 1994 de France, née en Tunisie au temps du Protectorat, je sens cette fracture lamentable qui me fait vraiment penser aux citoyens de second ordre que sont les Afro-Américains de ma Nouvelle-Orléans.

                                    Je pense que la France vit un nouveau Mai 68, avec ses martyrs et ses troubles venant de la jeunesse méprisée et sans rails. Que veut dire être Français quand on ne sait plus où sont nos racines !

                                    J’ai enseigné l’histoire de France en 1979 à des classes de ZEP à Saint-Priest et je me souviens de ce trouble en prenant conscience que Louis XIV n’était pas leur tasse de Thé ... Je me rappelles avoir improvisée sur les guerres européennes si loin de leurs préoccupations.

                                    Ici à Montréal, les immigrants du Maghreb sont peu nombreux mais ont depuis 2002 une difficulté majeure à trouver de l’emploi malgré leurs diplômes et des immigrants triés sur le volet : 22% de chômage contre 8,2% pour la moyenne québécoise.

                                    La situation n’est guère brillante mais c’est calme et respectueux en apparence. Ce sont les employeurs qui ne sont pas vraiment ouverts, moins les citoyens...mais là aussi cela change...

                                    Si vous avez du temps allez lire mon Blog http://routesamericaines.blogspirit.com/

                                    Je vais vous recommander dans mes cours à l’Université du Québec à Montréal Martine


                                    • julialix (---.---.116.210) 7 novembre 2005 21:42

                                      Le cannabis est un problème annexe.

                                      La vrai solution est de donner aux exclus la possibilité de sortir de leur puit sans lumière.

                                      A 35 ans, je me suis recyclée : un CES + un formation de BEATEP. 18 mois dans un SUFC( service unniversitaire de formation continu) avec 15 autres personnes dont 8 issues de l’immigration et 14 de moins de 25 ans.

                                      Ce que j’y ai appris :

                                      1°) Que pour une famille ,un peu soit tant basanée, la seule façon de sortir des quartiers c’est de pouvoir acheter son logement.

                                      2°) Qu’une mère de famille quelqu’elle soit veut un environnement serein et une bonne école pour ses gosses.

                                      3°) Que tout le monde veut s’en sortir et dans la dignité.

                                      Alors quoi, en France actuellement pour avoir un logement décent et une voiture qui ne tombe pas en panne tout les 1er du mois, il faut un travail et à temps plein.

                                      Et d’ailleurs pour faire un crédit pour un logement, une voiture ou les études sup de ses gosses, il faut un CDI.

                                      Donc si on continue de précariser les gens faudra penser à réformer les banques et aussi les bailleurs de logement.

                                      Et enfin faire vraiment la chasse à la discrimination : boite de nuit, logement et patrons !!!!!!


                                      • (---.---.104.61) 7 novembre 2005 21:58

                                        Martine, que vous répondre ! J’ai bien peur de ne pas avoir assez d’arguments pour vous convaincre. Relisez mes lignes. Je ne suit l’avocat de personne mais j’essaie de vous éclairer sur le pourquoi de tout çe qui se passe dans nos banlieues. Une chose est de les considérés comme inrrécupérables, une autre en est de dire ce qu’on fait des irrécupérables dans une société démocratique !


                                        • (---.---.104.61) 7 novembre 2005 22:01

                                          MARTINE VEUILLEZ M’EXCUSER. LE MESSAGE ETAIT DESTINÉ A L’AUTEUR DU MESSAGE PRECEDENT LE VOTRE. ENCORE PARDON !


                                          • ATOU (---.---.73.126) 7 novembre 2005 22:39

                                            Ne vous en déplaise ; 1) La qualité celà ne se décrête pas ; ne sera journaliste, présentateur ou autres que celui qui le mérite et non pas pour lui faire plaisir et acheter la paix sociale... ! 2°) OK pour que chacun est un boulot payé au SMIC (il n’y a aucune raison que pour des raisons de paix sociale, des fouteurs de merde est sur un plateau un emploi, alors que d’autres galèrent seuls et n’obtiennent rien !), mais alors, je ne crois pas qu’ils l’acceptent longtemps ; avec l’économie souteraine en banlieue, ils gagnent 1 SMIC par semaine !

                                            3°) il existe en France un communautarisme ARABE ; Combien de fois dans les transports en commun j’ai entendu des propos anti Blancs (’fromage blanc’ ! sales français etc...) anti juifs ! Les arabes aussi tiennent des propos racistes envers d’autres cultures ou peuples...mais le MRAP est bien silencieux à ce sujet ! Au fait le MRAP soutiendrait-il un blanc si ce dernier déposait plainte pour injures racistes contre un arabe ????


                                            • Jeriko (---.---.159.68) 7 novembre 2005 22:43

                                              Voilà ça fait 20 ans que je suis scolarisé et je ne sais pas ce que c’est un certificat de scolarité. Soit j’en ai 20 soit j’en ai aucun.Celui de maternelle suffit ?

                                              la discrimination positive c’est du racisme, et c’est non.

                                              le canabis c’est non. Mais ou est le rapport ? Shooter la populace pour éviter qu’elle ne souffre ? A intégrer dans le commerce légal ? C’est drole : si tu as le choix entre un rendement à 50% et un autre à 5% tu choisis quoi ? C’est pas parce qu’ils sont dans les banlieues qu’ils sont crétins.


                                              • Nicolas Aubert 7 novembre 2005 22:48

                                                ATOU, nous ne sommes ni à Jérusalem est, ni à Poitiers il y a quelques siècles ! Vos propos n’engagent que vous et ne méritent aucun autre commentaire !


                                                • Jeriko (---.---.159.68) 7 novembre 2005 22:53

                                                  L’apprentissage à 14 ans c’est ridicule aussi.

                                                  1) l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans 2) le travail des mineurs. Moi aussi sans réfléchir je me dis que ça serai bien, l’apprentissage. Ex : un gosse de 14 ans qui te demande : « bonjour monsieur combien de tranches de jambon ? » C’est ça aussi l’apprentissage, le patron qui a un employé qui lui coute à peine plus cher qu’un stagiaire, qui a bonne conscience ... etc ... Mais merde ! on n’est pas en Chine quand même....


                                                  • mathias (---.---.64.89) 7 novembre 2005 22:58

                                                    Nicolas, il y a en france un tres fort besoin de techniciens chauffagistes, d’electriciens, de plombiers, de specialites de la chaine du froid et j’en passe , dont les plus astucieux, les plus organisés et les plus volontaires montent une affaire, embauchent des jeunes, et se paient des salaires de patrons qui ne feraient rougir vraiment personne ;

                                                    Comment expliquez vous que ces adolescents meprisent autant ces metiers dont les formations leur tendait les bras, leur etaient payées par tous ?

                                                    Comment expliquez vous que ces adolescents ou jeunes adultes au chomage ne se remettent jamais en question : oui, ils ont foiré leur etudes, avant d’etre refusés par des patrons ;

                                                    Oui certains ont decouragé les patrons potentiels par leurs attitudes déjà violentes ; oui ils ont une grande part de responsabilité. Et leurs parents plus encore.

                                                    il est triste pour eux que l’on ne leur donne pas cette chance de commencer à les considerer comme responsables de leur vie ; on ne les grandira pas en ecoutant uniquement leur recriminations ; il est temps de leur parler en hommes ; ils ne sont pas devenus violents à 20 H un soir en ecoutant les JT ; ils ont grandi en violence car ils n’ont jamais rencontré un adulte pour leur montrer que leur pulsions doivent avoir des limites : demission des parents qui ne rappellent pas chez eux des enfants qui zonent trop souvent, demission de l’ecole où meme les heures de colle sont taboues, demission collective qui permet aux parents de refuser un redoublement la liste est longue ;

                                                    il y surement des bourses à multiplier par dix pour encourager, et des punitions à multiplier par dix pour decourager ; Mais oui, juger, punir , recompenser, cela demande du temps, cela peut amener à se tromper ; qui veut encore prendre ces risques , prendre ce temps ?


                                                    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 7 novembre 2005 22:58

                                                      L’école, obligatoire ou pas, c’est bien quand on en profite ; mais si c’est pour casser l’ambiance, faire chier les profs et s’entraîner aux incivilités, c’est du gâchis ; alors l’apprentissage à 14 ans, voire plus tôt, pourquoi pas pour celles et ceux qui sont réfractaires à notre enseignement ? À 18 ans, mieux vaut avoir un métier que la haine ...


                                                      • Didier Vincent Didier 7 novembre 2005 23:15

                                                        > Nicolas Parlons sans tabou puisque vous le demandez et que c’est bien ainsi. Je comprends vos propositions, on peut en discuter mais quelque chose me gêne : vous répondez à un problème irrationnel par des propositions rationnelles. La question n’est pas d’ordre économique ni sociale, elle est d’ordre culturel et pshychologique.

                                                        Pour parler clairement, il ne servira à rien de faire de la discimination dans un sens ou dans un autre, de proposer de l’apprentissage, de légaliser je ne sais quoi ou de demander aux meilleurs profs d’aller dans les zones classées sensibles, tant que la majorité des Français rejetera cette minorité qui n’est pas acceptée. De mon point de vue, le travail essentiel n’est pas à faire auprès des personnes qui se révoltent, mais auprès de celles qui les rejètent. Nous pourrons déverser tous les milliards d’€ que nous voudrons sur ces plaies que cela ne servira à rien tant que la majorité des Français retera dans l’état d’esprit qu’elle a aujourd’hui. C’est cette réalité là, peu glorieuse, qu’il nous fait regarder en face. La haine de l’autre, la peur de l’autre, l’égoïsme et la Fraternité dévoyée. Je crois que c’est cette question là qu’il nous faut traiter d’urgence. beaucoup y sont prêts, beaucoup hélas sont aussi prêts au combat afin de conserver une France étriquée qui n’existe plus. C’est dur, très dur. Et les hommes politiques sont d’une médiocrité inqualifiable.


                                                        • fred (---.---.189.163) 8 novembre 2005 00:32

                                                          Bien que la france, à travers ses représentants, ne connaisse aucune limitation de son influence culturelle sur le monde moderne ; celle-ci méprise ceux qu’elle a félicité voici quelques années. Les arrières pensées politiciennes alimentées par des ambitions présidentielles nous évoque cet aveuglement opportun d’une classe politique ne représentant qu’une frange délicieusement enrichie par les subsides de l’état, donc par nous. Si ces messieurs du parlement n’ont toujours pas accepté la décolonisation, il ne faut qu’il le fasse payer aux jeunes français des quartiers. Nous sommes responsables collectivement de l’abandon de ces territoires en raison de notre facilité à dénoncer à tours de bras les exactions sans intervenir à quelques niveaux que ce soit. Ayons le courage d’accepter que la France est différente aujoud’hui de celle de nos parents et que cette évolution nous apporte plus que ce qu’elle nous prends.

                                                          c’est ensemble que l’avenir se construit et la présence ou non de sarkozy n’est qu’un artifice car nous ne comptons pas avec lui....


                                                          • claude (---.---.55.191) 8 novembre 2005 05:05

                                                            le problème majeur est le racisme qu’aucun déploiement d’argent ne pourra jamais compenser ;ilnous faut nous regarder en face et changer avant tout ; la violence est en ce moment à la hauteur de la souffrance.....Tout le reste c’est du blabla


                                                            • eric (---.---.170.107) 8 novembre 2005 10:11

                                                              Bonjour

                                                              Le cannabis est utilisé illégalement par 10% des français. Mais combien prennent légalement des antidepresseurs ? Est ce qu’un peu d’égalité ne suffirait pas ? Un SMIC à 3000€. Une allocation chomage qui soit la même pour tous les chomeurs (PDG ou ouvrier), 1500€ par exemple. Et tout cela sans augmentation des prix de consommation, évidemment. A part la technologie, rien n’a changé depuis le moyen âge. Il y a toujours des serfs et des seigneurs. La plus importante des inégalités, c’est l’argent. Demandez donc à un jeune banlieusard s’il ira toujours brûler des voitures, si on lui octroit un SMIC à 3000€.


                                                              • (---.---.110.3) 8 novembre 2005 10:19

                                                                A Claude

                                                                Faire des efforts pour contrer le racisme, bien sûr. Mais ces mecs-là qui organisent le bordel, vivent de revenus parallèles, crachent sur les Français, comme ils crachent sur les ouvriers, comme ils crachent sur les filles qui se refusent à eux, comme ils crachent sur toute autorité, parce qu’ils ne se sentent pas Français. Ce sont des apatrides (ni Africain, ni Maghrébin, ni Français)qui ne veulent pas s’intégrer de toute façon.

                                                                Ils méprisent le travail et l’effort, se veulent plus malin que les autres. Le problème est qu’ils nuisent à l’image de toute leur communauté. C’est pourquoi je disais plus haut qu’il faut sortir de la cité pour essayer de réussir, essayer car il faut faire accepter sa couleur de peau à des gens qui en ont une très mauvaise image, des gens qui ne font même pas la différence entre un antillais et un africain.

                                                                Quand vous les entendez à la télé demander la démission de Sarkozy ou évoquer le gazage de la mosquée, ce ne sont que des prétextes. Vous les retrouverez chaque fois qu’il y a des mouvements de foules : Nouvel an, 14 juillet, fête de la musique, grève des lycées...

                                                                Ce qui est terrible, c’est de banaliser ces meurtres (à mains nues !) Epinay, Stains, mais rappelez-vous Lille, et d’autres qui n’ont pas eu l’honneur d’un article ou d’un passage à la télé, pour cause de tsunami. Ces meurtres sont intolérables dans une société dite démocratique. C’est le règne de la peur et de la violence gratuite. Doit-on s’armer ? s’autodéfendre ? Je ne le veux pas.

                                                                Sarkozy prône le modèle américain : on en a les travers.


                                                                • Jean Ohanessian (---.---.89.9) 8 novembre 2005 10:22

                                                                  Il existe statistiquement une frange d’ irrécupérables et dans les cités leur concentration est certainement plus forte qu’ailleurs . La meme qu’a Rammallah , Djenine ou Bagdad . Que faire ? que faire contre la prostitution ? les incendies de forets ? comme disait le Général : « vaste programme !!! »


                                                                  • léon (---.---.244.129) 8 novembre 2005 10:44

                                                                    Une réaction épidermique contre ceux qui s’imaginent que le mérite est inné, que les « fouteurs de merde » se sont faits tout seuls. Les êtres humains se construisent à l’image de leurs conditions de vie. Quand on connait la galère des banlieues on est surpris de la retenue des révoltés.

                                                                    Il y a dans ce pays des hommes qui décident pour l’avenir de beaucoup d’autres. La plupart de ces puissants ne sont pas élus : ce sont les patrons de médias, les grands propriétaires... Ils sont en contact personnel, direct et permanent avec les élus et se font tailler des lois sur mesure.

                                                                    Les politiques ne savent plus quoi imaginer pour satisfaire leurs maîtres. Il n’y a plus de frein. Pour eux tout devient imaginable depuis qu’il n’y a plus de force organisée en face, le mouvement ouvrier. Les idées de Chirac, de Villepin et Sarkozy relèvent du délire des « Damnés » de Visconti, avec au mieux la naïveté en plus : Même si la bourgeoisie française réussissait à appliquer son programme, celui-ci ne peut mener à rien d’autre qu’un épisode comme 39-45 : une tourbillon de folie raciste, meurtrière, qui laissera le continent en ruine.

                                                                    Dans l’immédiat, on peut rêver de la meilleure façon que la révolte des banlieues s’arrête : ce serait que le mouvement ouvrier, les partis « de gauche » et les syndicats organisent des manifestations de solidarité avec les jeunes et les chomeurs de banlieue, en reprenant à leur compte les revendications pour un avenir pour la jeunesse et les banlieues. Cela donnerait une voix politique et organisée à la rage. Ce n’est pas seulement une obligation morale de défendre les exclus. C’est dans l’intérêt de la classe ouvrière de rétablir le calme des banlieues et virer les provocateurs en costume ou uniforme. C’est aussi son intérêt de défendre les jeunes mis au ban de la société. C’est une occasion de montrer la force de la classe ouvrière, qui est bien plus capable que la police de stopper ses jeunes, à condition de prendre leur défense.

                                                                    C’est ce qui s’était passé en 1986 après la mort de Malik Oussekine, pendant les manif étudiantes, par les voltigeurs motocyclistes de Pasqua. J’étais un jeune lycéen à l’époque. Pour les jeunes d’aujourd’hui j’explique : deux flics sur une moto, celui de derrière avec la matraque. Malik Oussekine a été tué dans l’éntrée d’un immeuble où il cherchait refuge. Alors qu’il était seul, sans défense, il a été tabassé à mort. Mais ça vous savez ce que c’est... Je me souviens que d’un seul coups les parents sont sortis avec nous dans la rue et le mouvement ouvrier a montré ses muscles. On s’est retrouvé 500 000 à Paris, un million dans tout le pays, et pas des enfants de coeur ! Ca avait mis un frein aux délires des réac et des racistes.

                                                                    Malheureusement, une issue comme 1986 n’est pas évidente dans la situation actuelle : à la couardise et la servilité des partis « de gauche », s’ajoute leur perte de crédibilité, pour cause de trahison. Les travailleurs sont complètement désorganisés. Enfin, la perspective historique est plus terne : la bourgeoisie française n’a pas peur des chars soviétiques ou des grèves, qu’elle casse allègrement, et elle se sent aiguillonnée par les puissances concurrentes. Cet incendie encore modeste s’arrêtera peut-être progressivement, ou par le sang.

                                                                    En tout cas, il ne s’agit pas seulement d’arrêter cet épisode de révolte, il faut arrêter les délires d’une bourgeoisie qui ne se retient plus. La question qui est posée est celle l’avenir de la société française et du continent européen tout entiers.


                                                                    • Jean ohanessian (---.---.89.9) 8 novembre 2005 11:01

                                                                      Les conditions des émigrés Armeniens étaient loin d’etre luxueuses et tous étaient trés pauvres et trés désespérés . Travail , solidarité ,discrétion etaint leurs cailloux et leurs bombes incendiaires . Qui a eu a se plaindre d’eux ... ??


                                                                      • Senatus populusque (Courouve) Courouve 8 novembre 2005 11:39

                                                                        La remarque sur les Arméniens vaut aussi pour les Asiatiques.


                                                                        • (---.---.110.3) 8 novembre 2005 12:13

                                                                          A Léon

                                                                          Tu dis des choses intéressantes sur les problèmes du monde du travail, et moi je m’étonne que cela n’explose pas davantage. Mais ne crois pas que casseurs et ouvriers aient les mêmes problèmes. Les premiers n’ont aucune revendication réelle si ce n’est de foutre le bordel pour montrer qu’ils existent et se sentir fort. Quant aux ouvriers, ils sont en voie de disparition comme les syndicats censés les aider. Ne te trompe pas : les deux jeunes morts de Clichy n’ont rien à voir avec Malik Oussekine. Ils sont morts en prenant des risques pour éviter un contrôle de police ; Malik est mort à cause de ses idées et sans doute de sa couleur de peau, du fait de la police.

                                                                          Le problème de l’emploi n’est ni français ni européen, mais mondial. Tant que l’on obligera les personnes à quitter leur terre natale pour aller travailler ailleurs, nous aurons des problèmes. Cela vaut pour les africains et les maghrébins, mais aussi pour les antillais, les bretons, les basques, le provincial qui doit monter à Paris, le campagnard qui doit aller vivre en ville, le banlieusard qui traverse Paris pour bosser. C’est un luxe aujourd’hui de travailler à moins d’un quart d’heure de chez soi ; c’est un bonheur que de rester dans le pays (au sens large) de son enfance, de ses racines, que l’on soit de Dakar, Bayonne ou Villemomble. Par contre, je ne suis pas certain que l’on puisse rêver de vivre toujours dans sa cité ; être nostalgique oui, d’une époque, des potes, de son enfance, mais pas des tours, des barres, de l’escalier H ou de l’allée n’3.


                                                                          • BOTROS (---.---.183.41) 8 novembre 2005 13:38

                                                                            Excusez-moi parce que je parle pas correctement le francais, je suis étudiant étranger à Paris mais j’aimerais bien m’éxprimer sur ce sujet..

                                                                            Un message simple pour les jeunes comment De Villiers, sans être daccord avec tout ce qu’il dit, a dit : « Vous aimez la France ou vous la quittez... »

                                                                            La pauvreuté n’est pas un justificatif pour c’est que les gens de la cité font maintenant..il y a des francais pauvres mais qui font pas ça... et en plus dans beaucoup d’autres pays et surtout les pays de maghrebes il y a de pauvreuté mais ces l’émeuts ne se produit pas là-bas, pourquoi ?

                                                                            Le racisme ? j’en étais victime une fois ici... et ca m’a trop énérvé... mais si j’ai dis que tout les francais sont raciste alors dans ce cas là je deviens moi aussi raciste car je judge les francais comme un race et pas comme des gens differents entre eux il y a des biens et des mauvais..le taux de chomage est de 9,8%, c’est dur de trouver un boulot.. Il y a qqs mois j’ai trouvé un boult mais je sais qu’il y a beaucoup des francais qui arrivent pas à y trouver..

                                                                            J’étais choqué par des marocains francais qu’ils m’ont dis qu’ils considérent pas eux même des francais et qu’ils détéstent la France même qu’ils ont la nationalité ...c’est trop bizzard.. moi je suis pas francais..et je sais que c’est trop dur pour moi de rester en France.. mais je l’adore...même si je vais continuer ma vie ailleur apres.. mais la France je la trouve une pays magnifique et je l’adore..alors je comprens pas comment vous donnez les nationalités aux gens qui détéstent la France.. mais je sais que c’est pas facile à le savoir mais c’est un facteur qu’il faut jamais le n’égliger.

                                                                            vous parlez comme le gouvernement a tort et les gens de la cité sont des saints.. pourquoi les autres vagues des immigrations ont bien intégré en France ? L’islam et l’intégration ? ça pose une question, non ?

                                                                            Cannabis !! ca me choque de penser à le légaliser comme seul solution et vous pensez pas par exemple à prendre des mésures beaucoup plus sévéres pour baisser sont traffic et consomation.. En tout cas c’est un sujet à discuter mais ça rien avoir avec les événement du moment je crois..

                                                                            Je sais que le gouvernement doit prendre des mesures pour améliorer la mode de vie des francais en générale mais ca ne justifie d’aucun façon c’est ce qui se passe en France pour le moment....


                                                                            • Catherine (---.---.252.69) 8 novembre 2005 18:39

                                                                              Nicolas, vos propositions sont très intéressantes. Mis à part celle d’un service national, peut-être...parce que celui-ci pourrait être vécu comme une autre « brimade »... il faudrait lui trouver un autre nom, et surtout ne pas associer ça à quoi que ce soit de militaire... Vos autres propositions me paraissent tout à fait bonnes.


                                                                              • claude (---.---.24.249) 8 novembre 2005 19:07

                                                                                je suis d’accord sur le fond de ton propos ;nous nageons dans la maladresse ;comment faire avec nos politiques ..... le couvre feu !!!! c’est le délire !! comment structurer des gosses livrés à eux meme ,pour certains, depuis bien des années car tout cela fermente depuis plus de 50ans !!


                                                                                • Sylvio (---.---.19.252) 8 novembre 2005 19:12

                                                                                  Le problème n’est pas dû à une « immigration » réussite ou non ou au fait que ces casseurs soit d’origine nord africaine ou non. Le problème vient de leur intégration au sein de la population française. Pourquoi ? à cause des cités ghettos, je l’explique plus loin.

                                                                                  Attention dans ce que je dis, je ne cherche pas à excuser les casseurs mais à chercher les causes et c’est bien cela qu’il faut faire.

                                                                                  Déjà, il y’a une partie de ces jeunes qui sont d’origine française et qui cherche eux aussi à être intégré dans la société française et qui eux aussi n’ont rien eu d’autre à foutre qu’aller s’amuser gagner le concours du plus gros incendiaires de voitures. Les faits sont là, c’est un jeu pour eux, au quartier qui en cramerà le plus. Moi aussi à 15 ans j’étais cons et j’ai fait quelques conneries, sauf que les répères ne sont pas les mêmes : mettre le feu à une voiture est pour eux aussi grave et banal que lorsque j’ai cassé une vitre d’une maison abandonné avec une pierre à 15 ans. Pourquoi les reperes ne sont plus les mêmes :
                                                                                  - Ils sont dans des cités de « non droit », des cités abandonnés par la France, par les politiques qui ne les aiment pas et préfèrent les mettre au placard avec un petit coup de balai.
                                                                                  - Quelquesoit son origine, le malaise est le même dans ces cités ghettos.
                                                                                  - La discrimination accentue le malaise des populations d’origine étrangère mais bien souvent les jeunes d’origines françaises de ces quartiers sont solidaires (et non entrainés).
                                                                                  - Mettez-vous dans leur peau, est-il possible de vivre dans ses cités face à tous les problèmes : pas de travail, aucune estime, pas de reconnaissance, pas de nature, pas d’encadrement.
                                                                                  - Même la police de proximité les a quittés (pas les jeunes mais les habitants !). Et celle-ci doit être là : une cité peut avoir des milliers d’habitants, toutes villes en france de cette taille à un poste de police ou de gendarmerie.
                                                                                  - Et j’en passe : Tout ceci à entrainé une spirale : criminalité, fuite de responsabilité, discrimination, rejet de la société. Ca ne peut que empirer si rien n’est fait.

                                                                                  C’est un fait : ce n’est plus la France, la république dans ces cités, comparez-vous même les commodités d’une petite ville de 5000 habitants et les commodités d’une telle cité.

                                                                                  La seule solution est une meilleure intégration. Une meilleure intégration réside dans la suppression lente et progressive de ces guettos, à donner espoir au population en attendant que ce soit accompli et à rendre les français d’origine plus tolérants, plus compréhensif. Cet espoir : l’intégration citoyenne et politique : auto-gestion des cités, intégration dans les partis politiques de ces minorités (Pour une fois, aux USA et en Angleterre, ils sont devant nous là dessus), Rétablissement des polices de proximités, voir de pompier, samu de proximité : et ne pas hésité à embauché ceux des quartiers pour ces postes.

                                                                                  Ces débordements sont à la fois une révolte et un jeu de gamin sans repère et désoeuvré. Pour ces 2 raisons : les causes et les solutions sont les mêmes.

                                                                                  Après tout ce qu’il s’est passé, il va faloir entérré la hache de Guerre, « des 2 cotés » :
                                                                                  - si les « franco-français » répondent par encore plus d’intolérance et de préjugés racistes, et ne veulent pas entendre la cause de tout ça, la guerre ne fera que commencé.
                                                                                  - si les personnes desoeuvrés des cités ne se prennent pas en main et ne reconnaissent pas les efforts à faire ensemble, des 2 cotés pour rétablir la république, ces efforts ne serviront à rien et ils resteront isolés en France.

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