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Accueil du site > Actualités > Politique > Qui a eu l’idée géniale d’inventer le dialogue social (...)

Qui a eu l’idée géniale d’inventer le dialogue social ?

Une idée géniale, le dialogue social ? C'est à voir, en tout cas pas pour tout le monde. C'est ce que je vais essayer d'établir ici en en révélant, de plus, son origine.

Pour la vérité, pour la démocratie, dévoilons l'histoire de cette mystification.

N.B. : texte proposé à titre personnel.

Rappel : Il ne peut y avoir anticléricalisme s'il n'y a pas eu menace ou action cléricale auparavant.

Les relations entre le patronat et les salariés sont, par nature conflictionnelles, puisque les intérêts des uns et des autres sont antagonistes. Le conflit Air-France en est un exemple intéressant.

Le gouvernement actuel veut imposer la négociation entre les syndicats du personnel dits représentatifs et ceux du patronat (les actionnaires). Tous réunis autour d'une table dans une salle du MEDEF, les partenaires sociaux devraient parvenir à un accord satisfaisant pour tous. Il est évident que le dialogue est inégal, les patrons menaçant de délocalisation, de licenciements, baisse de salaires et d'avantages sociaux, alors que les salariés n'ont guère de moyens à opposer. Lors de la Révolution, il avait été décidé que le contrat de travail se négocierait entre personnes égales. Hélas, nous n'avons plus la même culture à part quelques contestataires. Par ailleurs, la politique gouvernementale génère une situation défavorable aux salariés.

C'est donc le pot de terre contre le pot de fer, accentué par le choix du niveau des négociations suivant le principe de subsidiarité. Cependant, ce beau déséquilibre s'est effondré au prix de deux chemises déchirées dans l'entreprise Air-France. Les revendications se sont révélées alors moins pacifiques.

MEDEF ET SALARIES, MEME COMBAT POUR LE BIEN COMMUN ?

"Les rapports entre patrons et ouvriers se sont modifiés. La richesse a afflué entre les mains d'un petit nombre et la multitude a été laissée dans l'indigence." "Tous ces faits, sans parler de la corruption des moeurs, ont eu pour résultat un redoutable conflit." Il faut "une solution conforme à la vérité et à l'équité.""Il est difficile...de préciser avec justesse les droits et les devoirs qui règlent les relations des riches et des prolétaires, des capitalistes et des travailleurs.""L'erreur capitale, dans la question présente, c'est de croire que les deux classes sont ennemies nées l'une de l'autre, comme si la nature avait armé les riches et les pauvres pour qu'ils se combattentmutuellement dans un duel obstiné"..."Les deux classes...ont un impérieux besoin l'une de l'autre." "Il importe au salut public et privé que l'ordre et la paix règnent partout". Quelle est la solution ? "Que le patron et l'ouvrier fassent donc tant et de telles conventions qu'il leur plaira, qu'ils tombent d'accrd notamment sur le chiffre du salaire." "Il sera préférable d'en réserver la solution aux corporations ou syndicats..""Nous voulons exposer ici leur opportunité..et indiquer comment elles doivent s'organiser et quel doit être leur programme."

A votre avis, qui est l'auteur de cet appel au dialogue pour régler les conflits sociaux en douceur ? S'il n'y avait pas ce petit parfum d'antan dans certaines expressions, ce pourrait être Combrexelle, Valls ou Macron, mais ce n'est pas la bonne réponse. Cette "trouvaille" pour éviter les grèves et autres troubles a germé dans le cerveau du Pape Léon XIII et les extraits cités sont tirés de la doctrine sociale de l'Eglise qu'il présenta le 15 mai 1891 et qui porte le nom de "Rerum Novarum".

RERUM NOVARUM, LA PREMIERE ENCYCLIQUE SOCIALE DE L'EGLISE.

Il serait injuste de dire que Léon XIII n'a pas voulu améliorer le sort des ouvriers souvent plongés dans la misère la plus noire. Certains prétendent qu'il était en avance sur son temps et qu'on pourrait l'appeler aussi "le Pape des pauvres" tant sa bonté apparaissait à travers son texte.

Sa bonté ? Je me pose la question ...Il avait avant tout un gros problème à régler : un fort sentiment de révolte se répandait autour des fabriques et cette exploitation si insupportable provoquait de graves désordres envers les patrons, mais aussi contre la religion dont les serviteurs s'affichaient avec les bourgeois. L'athéisme se propageait au même rythme que les idées socialistes et marxistes. Le Pape devait remédier à cette situation.

"DIALOGUE SOCIAL" contre "LUTTE DES CLASSES

Dans son Encyclique, Léon XIII conseillait aux patrons et à l'Etat d'être moins gourmands et de pratiquer la charité chrétienne afin que la misère des familles ouvrières reste supportable. Il fallait empêcher que soit justifiée l'idée de lutte de classes. Il disait aux ouvriers qu'ils devaient se méfier des mauvais conseilleurs qui les mèneraient à leur perte, qu'ils devaient comprendre que Dieu avait fait la société avec des riches et des pauvres, mais que ces derniers auraient une vie éternelle d'autant plus douce qu'ils auraient souffert dans leur vie terrestre et mortelle. Patrons et ouvriers devaient s'entendre puisqu'ils concouraient tous au bien commun, aussi pourquoi se laisser aller à la grève, la violence, le tumulte qui nuisaient aux intérêts de la société ? Il leur fallait ensemble signer des conventions en avançant chacun du juste chemin afin de trouver l'accord le plus juste. Léon XIII, très attaché aux corporations et aux syndicats, jugeait qu'il leur appartenait de négocier l'accord social, dans un esprit de charité chrétienne... Quel charmant tableau !

"LA RELIGION AINSI CONSTITUEE SERA LE FONDEMENT DE TOUTE LOI SOCIALE" (LEON XIII).

Plus tard, une autre encyclique, Quadresino anno, a complété cette pratique par le principe de subsidiarité, issu directement du Droit Canon (Thomas d'Aquin). Il devait permettre de décider du niveau le plus apte à régler les problèmes, en général le plus proche des intéressés. Ne peut-on pas imaginer que soit choisi en réalité liveau le plus sûr pour orienter la décision dans le sens désiré ? Par exemple, celui de l'entreprise.

C'est ainsi, le rapport Combrexelle, les lois Macron, Valls ou autres, tous destinés à supprimer nos acquis sociaux sont l'application directe des principes édictés par l'Eglise Catholique dans sa Doctrine Sociale, la même Eglise qui a participé à la construction de l'UE, qui a été confortée dans son empreinte par le choix du drapeau bleu marial orné d'une couronne de 13 étoiles, ainsi que par les paroles de l'Ode à la Joie devenue l'hymne européen. Personne n'aurait accepté, avec juste raison, que la Charia ou un autre projet de société issu d'un culte devienne notre Droit, mais on nous cachait que la religion catholique inspirait en silence la Commission européenne et la finance internationale. En France même, le rapport du MEDEF "Besoin d'Air" proposait que le dialogue social soit inscrit dans la Constitution. Le MEDEF l'a souhaité, Hollande l'a écrit dans son programme de campagne.

Jean-Paul II, pape politique s'il en fut, a célébré le 1er mai 1991 le Centenaire de l'encyclique Rerum Novarum et, à cette occasion, a enrichi lui-même la Doctrine Sociale de l'Eglise d'un nouveau texte, Centisimus annus. Il y a écrit qu'il n'existe pas de véritable solution à la question sociale hors de l'Evangile.

Cela suffit ! Si certains Etats de l'UE ou d'ailleurs souhaitent que leur politique soit influencée par l'Eglise catholique ou une autre religion, cela les regarde, mais la France est une République laïque. Qu'ils soient rabbins, imams, évêques et même papes, ces religieux n'ont jamais été élus par les citoyens et nos gouvernants, nos parlementaires n'ont pas à prendre des avis auprès d'eux. Le pouvoir de l'Eglise catholique réside d'abord dans son organisation toujours impressionnante. Que ce soit auprès des institutions de l'UE grâce à la COMECE, auprès du gouvernement par des ministres ou leurs conseillers proches du Vatican, auprès de nos parlementaires par la présence active du Service d'Etudes Politiques de la basilique Sainte Clotilde, si proche de l'Assemblée Nationale qu'un employé m'en a parlé comme d'une annexe, par sa messe annuelle des femmes et hommes politiques où ces derniers peuvent aller prendre les instructions papales et par tout son réseau d'influences envahissant, les représentants de l'Eglise ne doivent pas oublier que la France n'est plus un pays concordataire. Les citoyens, eux, ne l'oublient pas.

L'EGLISE CHEZ ELLE, L'ETAT CHEZ LUI !

(Victor Hugo)

 


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38 réactions à cet article    


  • Robert Lavigue Robert Lavigue 28 octobre 2015 10:14

    Pas mal ce marxisme à rebours où les superstructures (Eglise) conditionnent les infrastructures (rapports de production)... Ca doit être ça la nouvelle vraie gauche...

    Vous devriez développer un peu la trame de votre roman qui n’est pas sans rappeler les oeuvres hilarantes de Léo Taxil...

    J’ai particulièrement apprécié le passage où les parlementaires vont prendre leurs ordres lors d’une cérémonie secrète.
    Probablement que les consignes sont imprimées en braille sur les osties !


    • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 28 octobre 2015 17:12


      @Robert Lavigue
      Bonjour. Cet article n’a rien d’un roman, la vérité est respectée puisqu’il y a des citations d’extraits des encycliques et les sources sont souvent précisées dans le texte lui-même. Tout est exact et si, en sus, il fait fonctionner vos zygomatiques, c’est un article salutaire, bon pour votre santé.

      Plus sérieusement, pour répondre à votre expression « cérémonie secrète », je suis heureuse de pouvoir compléter mon information par quelques preuves. Cette messe portait le nom de « messe des parlementaires » jusqu’à ces dernières années où on lui a donné un titre plus large « messe des hommes politiques » afin de l’ouvrir aux conseillers, attachés parlementaires etc...Elle a lieu à la rentrée, en septembre ou octobre, dans la basilique Saint-Clotilde à Paris. Pour vous apporter la preuve de ce que j’avance, je vous invite à lire deux articles sur les sites de deux journaux qui ne sont pas connus pour leur anticléricalisme : il s’agit de La Croix et « La Vie » (Vie catholique, autrefois), plus précisément :
      http://www.la-croix.com/Religion/Spiritualite/Comment-ne-pas-désespérer-de-la-politique
      et sur « La vie » (le site) décembre 2011 : les dix commandements de l’homme politique.
       


    • Robert Lavigue Robert Lavigue 28 octobre 2015 18:20

      @Danièle Dugelay

      Je ne mets pas en doute l’authenticité de vos sources. Chez Umberto Eco, il en est de même et c’est ce qui fait en partie le charme de ses romans !

      Je me doutais bien qu’il restait quelques parlementaires catholiques. Ils ne doivent plus être très nombreux, vu que la messe a été élargie au petit personnel de maison !
      Mais, ceci n’explique pas pourquoi ils ne vont prendre leurs instructions secrètes qu’une fois par an...

      Dans votre roman, vous pourriez aussi faire une petite place au Docteur Grenier, le premier député musulman de France. Lui aussi, avait une doctrine sociale !
      http://migrations.besancon.fr/histoire/1800-1914/740-philippe-grenier-le-depute-musulman-de-pontarlier-.html


    • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 28 octobre 2015 22:15

      @Robert Lavigue
      Merci pour votre lien, très intéressant. Un autre député de la même époque, élu en 1899, était aussi très particulier. Vous le connaissez peut-être, il s’agit du «  »député en blouse", mineur de son état et qui avait voulu conserver sa blouse bleue dans l’enceinte de l’Assemblée Nationale et avait déclaré qu’il ne l’enlèverait que lorsque l’abbé X... et le général Y..., également parlementaires, ôteraient l’un sa soutane, l’autre son uniforme
      Il me semble que toutes les religions monothéistes ont un projet d’organisation de la société, donc politique. Ils sont appliqués dans les théocraties. Par contre, les dogmes ne sont pas compatibles avec la démocratie.

      Christophe Thivrier.

    • oncle archibald 28 octobre 2015 23:07

      @Danièle Dugelay : je ne parlerai pas des religions que je ne connais pas, mais le Christianisme est l’initiateur de la séparation de l’église et de l’état. « Rends à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu » ça a vingt et un siècles et c’est toujours d’actualité. La catastrophe a toujours été de mélanger les genres, mais les rois « de droit divin » c’est bien fini, au moins en France, et la démocratie est non seulement compatible avec la foi chrétienne mais c’est même le seul régime politique compatible avec le respect de l’autre et le concept d’égalité parfaite des hommes entre eux. Une voix vaut une voix, que celui qui vote soit analphabète ou professeur de philosophie, c’est un concept tres « chrétien », je ne doute pas que vous le sachiez.


    • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 29 octobre 2015 00:27

      @oncle archibald Ah non, oncle Archibald, vous n’allez pas me faire le coup du catéchisme !
      La phrase que vous mentionnez aurait pour auteur un certain Jésus-Christ dont quelques uns, historiens reconnus, contestent le fait qu’il ait existé. Vous, vous en êtes certain et vous en avez le droit, mais ne dites pas que cela dure depuis vingt et un siècles. L’Eglise catholique et Constantin ont bien passé un accord pour le grand intérêt de l’une et de l’autre et ça, ça a duré jusqu’à la Révolution.
      Je n’ai pas parlé de « foi », mais de « dogme » et c’est vous qui mélangez les deux. Un dogme ne peut pas faire l’objet d’un débat puisqu’il est intangible, or le débat est indispensable à l’existence de la démocratie. Je ne comprends pas très bien dans votre phrase ce qui est compatible avec le respect de l’autre. Est-ce la foi chrétienne ou la démocratie ? Pour moi, l’Humanisme tout simplement entend le respect de l’autre, de plus quel que soit son sexe. Ce n’est pas le cas dans l’Eglise catholique qui refuse le sacerdoce aux femmes. Quant à l’égalité d’un mendiant et d’un évêque dans l’isoloir et devant l’urne, moi je le présente comme un miracle : le miracle de la République. Quand j’en parle pour lutter contre l’abstention, je n’ai pas l’impression de mettre en valeur un concept chrétien, mais un principe républicain.


    • oncle archibald 29 octobre 2015 10:48

      @Danièle Dugelay : il ne me gène en rien que vous pensiez que Jésus Christ soit un mythe, mais ses prétendus disciples ont véhiculé des idées qu’ils lui attribuaient et ces idées étaient parfaitement « révolutionnaires » .... 


      Ces idées se sont répandues en Europe et ont prospéré, c’est difficile à nier me semble-t-il, et la déclaration des droits de l’homme parfaitement laïque et républicaine ne peut que convenir aux chrétiens croyants. Les philosophes des lumières avaient un passé, une histoire, des parents qui leur ont donné une éducation, pourquoi vouloir absolument penser qu’avant eux il n’y avait que des sauvages et que l’église n’a fait que du mal ? 

      La démocratie c’est le respect de l’autre puisque chacun peut exprimer son point de vue et le soumettre à l’avis de la majorité. C’est ne ce sens que je trouve une similitude avec la liberté de parole véhiculée par ceux qui se prétendaient les disciples de Jesus de Nazareth, souvent au péril de leur vie, car si« nombre d’historiens sérieux » ne trouvent pas la trace du dit Jesus, les mêmes trouvent facilement la trace de ceux qui se prétendaient ses disciples. Et qu’importe qui véhicule les idées si les idées sont bonnes ?

    • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 29 octobre 2015 12:10

      @oncle archibald
      La liberté de penser, la liberté d’expression... oui, ce sont des valeurs importantes pour toute société
      et, quand on les respecte, cela permet de vivre ensemble en bonne harmonie.
      Je ne voudrais pas vous faire de la peine, oncle Archibald, mais avez-vous oublié l’inquisition, les guerres de religion, le délit de blasphème ? La dernière victime en a été le Chevalier de la Barre si jeune. La statue qui le représentait à Paris avec le dictionnaire de Voltaire à ses pieds a été détruite sous le régime de Vichy. Je sais bien que les premiers chrétiens ont aussi subi des violences intolérables et supporté des morts horribles, mais un crime n’en justifie pas un autre. Les guerres pour des raisons ou des prétextes religieux emplissent nos journaux télévisés en ce moment et il y a des endroits de la planète où il est préférable de n’être ni chrétien, ni athée.
      Par contre, je suis d’accord avec vous, toutes les idées humanistes, qu’elles soient chrétiennes ou issues des Lumières ou d’ailleurs, sont toujours de bonnes idées.


    • oncle archibald 29 octobre 2015 12:49

       ans@Danièle Dugelay : Je ne voudrais pas vous faire de la peine non plus, Danièle, mais avez-vous oublié les têtes coupées à tour de bras, les vendéens coulés par centaine au milieu de la Loire, les curés espagnols écartélés entre deux camions, les nones violées dans leur couvent et toutes ces sortes de mauvaises choses que les uns et les autres sont capables de faire ? Un homme en vaut un autre, chacun est capable de faire très bien ou très mal, c’est mon crédo. 


      Un de mes confrères architectes avec qui j’ai été associé un moment, était réfugié espagnol venu à pied du fond de l’Espagne avec sa mère lorsqu’il avait neuf ans. Il est parti rejoindre son père ultérieurement à Alger car pour son père l’urgence à quitter le territoire espagnol était absolue sous peine de mort. Il a donc émigré une deuxième fois lorsque les « pieds noirs » ont du quitter l’Algérie, a fait sa vie en France mais revenait prendre ses vacances dans son village natal dès que cela a été possible, pour pouvoir entre autres parler encore avec son instituteur devenu le « vieux sage » du village. 

      Il me disait : je pars quatre semaines, parce que je ne vaux rien de plus que le facteur, mais rien de moins non plus. Moi qui hésitait toujours à partir une semaine entière, ça m’a beaucoup plu et fait réfléchir.

    • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 29 octobre 2015 13:20

      @oncle archibald
      Les exemples que vous donnez, oncle Archibald, concernent des révolutions, des luttes de libération,des guerres civiles. Ils ne concernent pas directement les religions, mais si des religieux en ont été victimes, c’est sans doute qu’ils avaient supporté un camp plutôt qu’un autre ou s’en était montrés complices auparavant. Cela ne justifie pas qu’on les ait tués sans aucune forme de procès.

      Cela me donne une idée. Pourquoi n’imposerait-on pas un dialogue pacifiste aux Chefs d’Etat qui se déclarent la guerre, avec obligation de parvenir à un résultat. Si la Lutte des Classes est refusée,
      la guerre aussi. Bien entendu, je mets à part les guerres de libération menées par les peuples.


    • oncle archibald 29 octobre 2015 16:18

      @Danièle Dugelay : non Madame, la sœur qui vit au fond de son couvent et n’a jamais foutu le nez dehors, qui a été violée et tuée, ne pouvait en rien faire du tort aux « républicains » sauf à croire à l’efficacité de la prière, je doute que ce soit votre cas. 


      Le mec en face d’elle était un sauvage, il l’a tuée non pour ce qu’elle était personnellement mais parce qu’elle était supposée être du camp opposé. Point barre. Pas plus d’excuses pour lui que pour l’inquisiteur ou l’abruti de Daesch qui jouit de faire couler le sang. 

      Le « sans doute » est en trop dans votre phrase, il me met mal à l’aise. Si ce n’est toi c’est donc ton frère ! On ne peut tuer personne parce qu’on suppose qu’il est ci ou ça, ni juste parce qu’il est catholique ou juif ou musulman, ou alors il faut renoncer à vanter les mérites de « l’humanisme » si ces crimes sont perpétrés en son nom. Pour moi la société ne peut pas être divisée en deux camps, les bons et les méchants.

    • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 29 octobre 2015 18:37

      @oncle archibald
      Vous déformez complètement ma pensée et vous devenez agressif. Le « sans doute » introduisait une supposition, en aucun cas une justification. Je pense qu’il faut se rendre à l’évidence, nous ne pouvons pas nous entendre, au moins par échange de commentaires. Aussi, si vous voulez bien, je vous propose d’en rester là, sur ce simple constat que nous n’avons probablement jamais été du même côté. Notre débat devient stérile. A plus tard, oncle Archibald, sur un autre terrain, moins rude.


    • oncle archibald 28 octobre 2015 10:25

      « Dialogue social » contre « lutte des classes »


      « Aimez vous et entendez vous les uns les autres » contre « haïssez vous et détruisez vous les uns les autres », pour moi il n’y a pas photo.

      • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 28 octobre 2015 17:25

        @oncle archibald 

        Si les patrons voulaient bien aimer davantage leurs salariés que leurs actionnaires ...
        Le droit au travail est un droit fondamental. Ne serait-il pas moral, sur le plan de la morale laïque ou morale chrétienne si vous préférez, que le système économique permette de respecter ce droit nécessaire à la subsistance ? Donc plus de chômage !


      • oncle archibald 28 octobre 2015 19:57

        @Danièle Dugelay : « Si les patrons voulaient bien aimer davantage leurs salariés que leurs actionnaires » ... et réciproquement si les salariés voulaient bien accepter que tous les patrons ne sont pas des ordures bénies par le Vatican (ce passage de votre billet m’a bien amusé !), au paradis sur terre on y serait déjà. Cf Brassens : mourir pour des idées, l’idée est excellente, moi j’ai failli mourir de ne l’avoir pas eue.


        Mais chère Danièle, because un homme est un homme, il y a des tas de cas singuliers et des hommes qui se font face pour traiter d’un contrat de travail. Un contrat on le signe à deux et en principe quand les deux parties sont d’accord sur son contenu.

        Après, il y a des entreprises ou il n’y a pas d’actionnaires et ou pourtant le « patron », le « boss », le « singe » n’aime pas ses employés. Il trouve qu’ils n’en font pas assez tandis que les ouvriers trouvent qu’ils en font déjà trop pour le salaire qu’on leur donne.

        Il y en a d’autres ou le patron aime beaucoup ses salariés et connait la valeur de leur travail, les rémunère correctement, parfois parce qu’il a commencé comme eux avec un pinceau ou une truelle à la main. 

        En bref, j’ai toujours eu horreur des simplifications et des pré-jugés. Les hommes sont des hommes et je pense que la meilleure façon de régler les problèmes « contractuels » est d’en discuter.

        Enfin cerise sur le gâteau, il y a eu une expérience d’états qui ont fonctionné « sans patrons exploiteurs de la misère du peuple (TM) » parfois après les avoir zigouillés ou au minimum les avoir envoyé réfléchir au goulag sur le bien fondé des revendications salariales auxquels ils n’avaient pas donné suite. 

        Cette expérience a duré un bon gros demi siècle, mais il n’a pas été observé que les gens vivant « sans employeurs » dans des entreprises « sans actionnaires » mais sous le regard bienveillant du « petit père des peuples » aient été plus heureux ou plus « riches » qu’ailleurs (euphémisme). Pourtant ce brave Joseph ne recevait pas d’ordre des popes ! Il doit y avoir quelque chose qui cloche.


      • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 28 octobre 2015 21:49

        @oncle archibald

        Quand il est question de dialogue social, on se réfère plutôt aux grosses entreprises, surtout quand l’affaire « Air-France » a défrayé la chronique tout récemment. Les relations sont souvent différentes dans les PME, surtout les toutes petites. J’ai travaillé dans une de ces « petites boîtes ». Le patron était très gentil, certains diraient « paternaliste », un vrai père pour ses employés. Il ne donnait jamais d’augmentation générale, mais selon son bon vouloir « au mérite » et dans l’enveloppe le salarié découvrait alors un petit billet « Cette augmentation vous a été attribuée à titre individuel. Votre
        discrétion sera appréciée pour l’avenir. » Bien sûr, personne n’était syndiqué parmi les employés, enfin personne sauf lui : il était président d’un syndicat patronal dépendant de la Métallurgie...

        Cependant, j’en garde un bon souvenir et, quand j’ai démissionné pour vivre autre chose, j’ai eu la surprise de trouver sur ma feuille de paie une prime exceptionnelle pour me remercier de la qualité de mon travail. C’était un geste désintéressé.

        Je n’ai jamais été favorable aux dictatures, qu’elles soient de droite ou de gauche. Lénine a fait une erreur monstrueuse lorsqu’il a opté pour le « parti unique ». En URSS, le capitalisme existait, mais c’était un capitalisme d’état. Par contre, le socialisme n’était pas au rendez-vous car il était complètement dénaturé. Les habitants de l’ancienne RDA apprécient maintenant la liberté, la démocratie, mais certains regrettent cependant les avantages sociaux et le plein emploi (source personnelle).
        Pas besoin de Popes dans les pays ex-socialistes : la politique elle-même était un dogme.
        Merci pour votre commentaire très intéressant, Oncle Archibald.


      • Robert GIL Robert GIL 28 octobre 2015 10:26

        La mascarade, au sens propre réunion de gens masqués et déguisés, est au sens figuré une action hypocrite relevant d’une mise en scène trompeuse, fallacieuse. Ce qui se prépare autour de la Conférence sociale pour l’emploi à partir du 19 octobre et des semaines qui vont suivre est bien de cet ordre...lire la suite


        • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 28 octobre 2015 17:40

          @Robert GIL
          Cette « suite » à lire est bien intéressante. J’invite à la lire. Merci.


        • rocla+ rocla+ 28 octobre 2015 11:22

          Le dialogue social a été inventé par la CGT .


          Partout où elle passe les entreprises trépassent . 

          Vive la CGT  !
           

          • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 28 octobre 2015 17:42

            @rocla+

            Bachibouzouk, Capitaine ! C’est sans doute pour cela que la CGT a refusé d’y aller...


          • rocla+ rocla+ 28 octobre 2015 18:10

            @Danièle Dugelay


            Comment avez vous fait pour trouver que mon nom de famille c ’est
            Bachibouzouk  ?

            Je suis stupéfactionné ...

          • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 28 octobre 2015 20:53

            @rocla+
            Très sincèrement, Rocla, je vous aime bien.


          • rocla+ rocla+ 28 octobre 2015 20:55

            @Danièle Dugelay


            C ’est gentil Danièle , ça fait plaisir . 

            Bien à vous ....

          • colere48 colere48 28 octobre 2015 11:59

            Achhhh le dialogue social !
            « das gross pipo » 

            N’est-ce pas une invention allemande, non ?

            Les parties fines du comité d’entreprise (les échos)

            « En cet été 2005, les lecteurs allemands ont un feuilleton croustillant à lire sur la plage : Volkswagen n’est pas seulement ce laboratoire technologique allemand, ce paritarisme social où direction et syndicats s’accordent sur les lancements de modèles et les cycles de production. Sans doute pour mieux forger ces fameuses relations sociales à l’allemande, dirigeants et pontes du comité d’entreprise se sont vu offrir les services de prostituées aux frais de la maison. Brésil, Lisbonne, Inde, chaque voyage lointain du CE en avion privé comptait de tels extras - en plus des traditionnels séminaires et visites d’usines »


            • oncle archibald 28 octobre 2015 12:39

              @colere48 : bof ! Mon fils qui est cadre dans une grosse boite s’est vu reprocher par sa direction de ne pas avoir offert les prostiputes aux clients potentiels qu’il avait été chargé de démarcher en Espagne ... Désormais offrir le super restau ne suffit plus, il faut en plus offrir les putes.


            • aimable 28 octobre 2015 13:33

              @oncle archibald
              qui est -ce qui fait marcher le monde des affaires et de la politique depuis toujours , le fric et le sexe
              la chaire est faible


            • zygzornifle zygzornifle 28 octobre 2015 13:52

              quelqu’un qui passait son temps a parler au lieu de travailler .....


              • sls0 sls0 28 octobre 2015 16:52

                Il y avait des entreprises qui me proposaient ces joyeuses sorties, j’ai fais en sorte qu’elles ne soient plus dans le panel des consultables, j’avais les bons arguments.
                Certains de mes collègues n’ont pas dû apprécier, mais il est difficile de l’ouvrir et d’avoir des arguments. Paradoxalement ce n’était pas les plus grosses qui proposaient les plans culs.
                Ce n’est pas l’ascétisme non plus, le PDG de Siemens ou autres leurs rencontres ne se font pas au formule 1.

                Si j’écris ces mots ce n’est pas pour jouer un remake du justicier blanc mais pour dire que c’est assez facilement supprimable ne serait-ce que par une personne.
                Je travaillait dans une entreprise où la notion de service public était encore à la mode, c’était plus facile aussi.

                Si ça continu c’est qu’il y a peu être quelques choses de pourri au royaume du Danemark.

                Je me suis aussi aperçu que le corrupteur était très attiré par cet aspect de la corruption, c’est un paramètre à prendre en compte aussi.

                J’ai eu aussi des ascètes, coté probité j’étais gagnant mais c’était parfois des buses techniquement parlant, le sens du mot perfection n’est pas acte parfait dans un monde parfait mais acte correct dans un monde imparfait.


                • Yohan Yohan 28 octobre 2015 20:16

                  Le dialogue social en France (pour résumer ) ressemble à ceci près : 


                  - Responsable syndical : « Camarade, le patronat vous ment et vous exploite, vous les ouvriers, je propose de voter une motion pour la grève !... » 
                   - Ouvrier de production « Nous on voudrait discuter d’abord avec la direction avant de se mettre en grève » 
                   - Responsable syndical « Ta gueule, toi, infâme suppôt du capitalisme ! »

                  • rocla+ rocla+ 28 octobre 2015 20:21

                    @Yohan


                    s’ pèce  de Bachibouzouk  !

                  • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 28 octobre 2015 20:52

                    @ Yohan
                     Je pense que le responsable syndical a raison. Si il doit absolument y avoir dialogue social, il est bon que les salariés fassent une démonstration de leurs forces auparavant. Ainsi, le fameux dialogue sera mieux équilibré.

                    Votre ouvrier de production a trop écouté la radio, vu le J.T. ou lu Le Point, Le Figaro etc... A moins qu’il soit allé trop souvent à la messe.


                    • alinea alinea 28 octobre 2015 22:34

                      L’Église et le pouvoir politique ont toujours été cul et chemise.
                      On a déchiré la chemise, quand est-ce qu’on botte le cul ?


                      • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 29 octobre 2015 00:33

                        @alinea
                        Merci alinéa. Si vous voulez bien me prêter ce super slogan, je vais le faire prospérer...


                      • alinea alinea 29 octobre 2015 14:50

                        @Danièle Dugelay
                        je vous le donne ! de tout coeur !!


                      • Renaud Delaporte Renaud Delaporte 29 octobre 2015 12:04

                        L’EGLISE CHEZ ELLE, L’ETAT CHEZ LUI !

                        (Victor Hugo)

                        Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu

                        (Jésus de Nazareth)


                        • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 1er novembre 2015 21:56

                          @Renaud Delaporte
                          Vous connaissez l’adresse de Dieu pour envoyer le paquet ? A la rigueur, l’adresse de ses parents ?

                          Voyez-vous, Je suis trop cartésienne pour croire sans preuves en un dieu. Pourquoi celui-ci ? Il en existe tant de par le monde et dans l’espace-temps. Où est l’origine d’une divinité, s’il n’en existe pas cela ne donne aucune solution. Vous, vous avez choisi et cela ne me regarde pas. Cependant, respectez s’il vous plaît mon refus de choix en absence d’éléments de preuve. Il faut savoir attendre, mais j’ai bien peur que la disparition de l’espèce humaine survienne avant qu’on ait expliqué scientifiquement ce grand mystère d’un début qui n’a pas de début.


                        • Bubble Bubble 1er novembre 2015 12:29

                          Je suppose que c’est très démocrate de votre part de préférer l’opposition physique à l’opposition verbale...


                          • Danièle Dugelay Danièle Dugelay 1er novembre 2015 22:42

                            Je ne suis pas certaine que la violence verbale soit moins douloureuse que la violence physique.
                            Là n’est pas la question. Le patronat est maintenant souvent représenté par l’actionnariat. L’argent a dans notre société des pouvoirs énormes, il a pratiquement tous les droits et même celui de détruire une entreprise qui fonctionne et rapporte des profits. Il peut embaucher, licencier comme il veut. Ceux qui apportent leur force de travail n’ont pas grand chose à opposer à la puissance de l’argent, si ce n’est l’arrêt du travail qui entraîne l’arrêt du profit et, de plus, la force du nombre. C’est pour rétablir un équilibre acceptable qu’il existe un Droit du travail. Ce Droit du travail, avec hollande-Valls-Macron tombe en lambeaux. Toutes les grandes conquêtes se sont imposées par la lutte des classes à part les 35 heures et le lois de 1982. A voir le MEDEF s’époumoner à leur sujet, je pense qu’elles auront du mal à résister au dialogue social que vous traitez de violence verbale. De plus, ce dialogue social, simple application de la pacification sociale du Vatican, est organisé pour toujours se dérouler au détriment des salariés. Le gouvernement a décidé d’exclure certains syndicats en se basant sur des élections qui n’ont rien à voir, de ce fait les représentants des travailleurs se retrouvent aussi en situation de concurrence. Les syndicats patronaux s’organisent comme ils veulent et n’ont rien qui puissent gêner une parfaite coopération. Les syndicats « jaunes » suivent le patronat, les syndicats chrétiens sont trop heureux d’appliquer la doctrine de l’Eglise. C’est le cas de la CFTC, mais savez-vous que la CFDT a attendu 2014 pour retirer toute référence chrétienne dans l’article 1 de ses statuts ?

                            Le dialogue social, ainsi expliqué, est un leurre pour « les gens bien-pensants » et une énorme arnaque pour les salariés. C’est cela votre démocratie ?

                            La démocratie, c’est le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Elle ne peut exister que pour l’intérêt général, mais le dialogue social donne toujours un résultat en recul sur les droits sociaux ou les salaires. L’intérêt général, c’est l’intérêt du plus grand nombre et pas celui d’une poignée de gros actionnaires, c’est l’intérêt des salariés plus nombreux, pour le progrès social. Je crois que votre réflexion n’est pas au point, un peu trop simple, non ?

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