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Accueil du site > Actualités > Politique > Quotient familial : une réforme au secours des classes populaires

Quotient familial : une réforme au secours des classes populaires

François Hollande a proposé de moduler le quotient familial pour davantage d’équité entre les familles françaises. Nicolas Sarkozy quant à lui a qualifié cette initiative de « folie » et ne souhaite pas toucher à la politique familiale à la française. Dans cette note publiée sur Débats2012.fr, le site de Terra Nova dédié à la présidentielle, Olivier Ferrand et le pôle Affaires sociales de Terra Nova nous montrent que la mesure proposée par le candidat socialiste est un redéploiement et non une réduction, encore moins une destruction de la politique familiale.

Depuis que la gauche a évoqué la possibilité de réformer le quotient familial, la droite a sorti l’artillerie lourde : ce serait une « folie » que de s’attaquer à ce « socle de la politique familiale », ce serait la « destruction de la politique familiale »…
 
La droite fait d’abord preuve d’une mauvaise foi politicienne qui ne fait pas honneur au débat démocratique. Les socialistes ont pris soin de préciser que la réforme envisagée se ferait à enveloppe financière constante de la politique familiale : il s’agit donc d’un redéploiement et non d’une réduction, encore moins d’une destruction de la politique familiale.
 
L’UMP fait ensuite preuve d’une méconnaissance de la politique familiale française. Le quotient familial n’est pas son « socle » : il ne représente qu’à peine plus de 10% de l’ensemble des dépenses familiales – 13 Md€ sur plus de 100 Md€ au total.
 
L’UMP est ensuite assez incohérente. Elle prétend partir à la reconquête des classes populaires. Or que propose-t-elle ? Conserver un dispositif qui bénéficie de manière disproportionnée aux ménages aisés (les 10% des familles les plus aisées captent 42% de l’avantage fiscal) : « la présidence des riches », une nouvelle fois, comme le dénonce François Hollande. Que propose la réforme ? Rééquilibrer le dispositif au profit des classes populaires – ces 50% de foyers non imposés à l’impôt sur le revenu et qui, de ce fait, ne bénéficient pas du quotient familial. Sans toucher aux classes moyennes : la réforme est neutre pour elles.
 
Au-delà de la polémique, il est possible de dresser un bilan lucide de la politique familiale française. C’est ce qu’a fait Terra Nova dans un récent rapport : « Politique familiale : d'une stratégie de réparation à une stratégie d'investissement social »
Le rapport souligne l’efficacité de la politique familiale française en matière de natalité. Mais il pointe deux défauts.
 
Le premier est bien connu : si la politique familiale opère une vraie redistribution « horizontale » (des couples sans enfants vers les familles nombreuses), elle est porteuse d’effets inégalitaires importants en termes « verticaux » (des familles modestes vers les familles aisées). Ceci est dû au fait qu’il y a peu de prestations sous conditions de ressources (17 Md€ sur 100 Md€) et, surtout, que la politique familiale passe pour l’essentiel par des dispositifs fiscaux. C’est le cas, typiquement, du quotient familial. Au total, pour la politique familiale française, l’enfant d’une famille riche « vaut » plus que l’enfant d’une famille modeste. La France pratique discrètement un eugénisme soft.
 
Le second est moins connu, et a été pointé par le rapport de Terra Nova : la politique familiale repose sur une logique de réparation. L’enfant est considéré comme un coût qu’il faut rembourser aux parents. Le cas le plus symptomatique concerne les majorations de pensions de retraite au profit des parents qui ont eu à charge des familles nombreuses. Ces majorations sont très importantes : 14 milliards d’euros par an. Elles sont d’ailleurs très inégalitaires : il s’agit d’un supplément de 10% sur la pension de base (plus la pension est élevée, plus l’avantage est important), qui plus est défiscalisé. Elles relèvent à l’extrême de la logique de réparation : la collectivité rembourse aux parents le coût de l’éducation des enfants, vingt ans après, au moment de la retraite. Pourquoi ne pas investir ces sommes au profit des enfants, au moment de l’éducation des enfants ? Car tel est bien la faiblesse de la politique française : en dépit de dépenses très importantes, l’investissement dans le développement de l’enfant est défaillant. Par exemple, les deux tiers des jeunes enfants ne trouvent pas de solutions de garde en France.
 
Le rapport de Terra Nova propose, à enveloppe constante pour la politique familiale, de corriger ces deux défauts. Il propose un changement majeur : passer d’une logique de réparation, dominée par un soutien financier aux familles pour compenser le coût de l’enfant, à une stratégie d’investissement social, centrée sur des prestations de services au profit de l’enfant et de son développement. Cette stratégie se veut égalitaire, pour mettre fin à l’injustice actuelle, où tous les enfants n’ont pas la même valeur pour la République.
 
Les propositions du rapport s’organisent ainsi autour de trois axes :
− promouvoir le développement de l’enfant par la mise en place d’un service public de la petite enfance (SPPE) et par un plus grand investissement des parents (et notamment du père) via une réforme des congés parentaux ;
− accroître l’équité des transferts de la politique familiale ;
− soutenir les choix conjugaux et la parentalité.
 
La politique familiale mérite un vrai débat pour la présidentielle. Terra Nova entend contribuer à la sortir du caniveau politicien dans lequel l’UMP l’a jetée.

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95 réactions à cet article    


  • posteurfou posteurfou 18 janvier 2012 16:58

    Vite des infos bidons afin d’attirer de l’electorat ! gauche et droite coalition ..ils sont a vomir ..

    ( je ne parle pas de l’auteur)

    Crdt ..


    • SATURNE SATURNE 18 janvier 2012 18:15

      Ce projet du PS est suréaliste dans sa justification :

      « ceux qui ne paient pas d’impots n’ont pas droit à réductions d’impots : c’est injuste ».

      On croit rêver. Celui qui ne paie pas d’impôt n’est certes (en général) pas riche (sauf à organiser son insolvabilité). Mais tout de méme, que ces gens s’estiment heureux (par rapport à un smicard célibataire qui , lui, en paie.)

      Bref, les réductions d’impots, par définition, c’est pour ceux qui paient des impots.
      Obtenir une réduction sur une facture que l’on ne paie pas, il va falloir nous expliquer...

      Sauf à considérer, par exemple, que les réductions et rabais de 10 ou 12% consentis par les concessionnaires à ceux qui achètent une voiture sont scandaleux, pour ceux qui n’achètent pas de voiture.

      A ce rythme là, on va bientôt voir les riches demander un remboursement de TVA aux pauvres.
      En effet, un riche qui achète une voiture à 50 000 euros paie le méme pourcentage de TVA sur sa voiture que le smicard en Clio, mais ca ne fait pas la méme somme ( 19, 6% de 50 0000, ca fait plus d’argent que 19,6% de 10 000).
      Donc, les riches vont dire aux pauvres : je paie 10. 000 euros de TVA à l’achat de ma voiture
      et vous beaucoup moins, c’est un scandale, rendez-moi ma TVA.

      Vous allez avoir un franc succès aux élections avec des raisonnements de ce genre....
      Bouffons, va...


      • jpm jpm 18 janvier 2012 18:25

        Les réductions d’impots, par définition, c’est surtout moins d´impots recoltes par l´Etat et donc moins d´argent a distribuer a ceux qui en ont le plus besoin pour elever leurs enfants et surtout moins d´argent a investir dans l´education de tous les enfants.

        Donc au bout du compte les reductions d´impots accordees aux familles les plus aisees, penalisent bien les foyers les plus modestes... et la proposition du PS n´est pas si irrealiste que cela puisqu´elle va vers une allocation des ressources plus juste.
         
        Penser que les classes moyennes ou superieures seraient perdantes, c´est reconnaitre implicitement qu´elles sont actuellement gagnantes... et beneficiaires de la solidarite nationale.


      • JL JL1 18 janvier 2012 18:53

        "Sauf à considérer, par exemple, que les réductions et rabais de 10 ou 12% consentis par les concessionnaires à ceux qui achètent une voiture sont scandaleux, pour ceux qui n’achètent pas de voiture." (saturne)

        Vous mélangez les genres ! Une chose est les réductions consenties par le vendeur ; une autre les subventions payées aux frais de la communauté.

        Je m’arrête là pour l’instant : si vous avez un peu de bon sens, on pourra peut-être poursuivre : j’ai encore plein de choses à vous dire sur le sujet.


        • eric 19 janvier 2012 08:17

          , Et il y en a qui se moquent du chiffrage de le Pen !
          Donc, il s’agit de 13 milliards. Dont 42% vont aux « riches » 5 milliards ? On va augmenter leurs impots de combien globalement 5%, 10% ? Pour avoir quoi 250, 500 millions d’euro de plus.
          Au mieux la moitie du budget du deficit du regime d’assurrance chomage des intermittent du spectacle....Bref, non seulement les enfant sne sont pas un cout, mai sla culture n’a pas de prix....
          Vu le nombre de « riches » pas mal d’argent par famille et surout par unite de consommation en moins. Vu le nombre de pauvre, pas necessairemetn beaucoup plus par tete. Mais vu la sociologie du pS, peut etre pas mal de « clients en plus ».
          Avec cela, on va cree des postes de fonctionnaires ( service de la petite enfance....)

          On va faire payer la famille 10% avec trois enfants, beaucoup plus, pour avoir peu d’argent pour payer des agents publics, tout en accroissant les inegalites avec la famille 10% sans enfants, qui elle ne participera pas a cette solidarite accrue avec la famille trois enfants « pauvre ».

          Resultat evalue : Selon le ministère du Budget les ménages gagnant moins de trois smic y gagneraient mais « 55 % des couples avec deux enfants payeraient au moins 1000 euros d’impôt sur le revenu par an en plus et 31 % des couples avec trois enfants, 2571 euros en plus ».

          La bonne nouvelle ? Le PS n’hesite plus a toucher aux acquis sociaux de 1945. Enfin, il comprend que la societe a change...
          La seocnde bonne nouvelle : il y a un eu de coherence chez Terra nova, ils ont dit qu’il ne fallait plus s’interesser au peuple mais aux nouvelles categories populaires : femmes divorcees avec enfants et migrants. Ils tiennet parole. Mais cette facon de favoriser les familles sans pere et d’origine etrangere, on se gardera de parler« d’eugenisme » car on en est pas a leur niveau, en revanche, on rapellera que c’est comme cela, en sursubventionnant les femmes noires isolees aux etats unis, que la politique americaine a fortement contribue a demanteler les familles les plus defavorisees, en l’occurrence noire. Cela devenait financierement trop interessant que le pere quitte la famille...

          Tout un modele de societe....Du pain et des jeux, des intermittents du spectacle et des allocations a parents isole, et des fonctionnaires pour garder des gosses sans peres.

          Tous cela est trop coherent pour qu’on parle d’absurdite. C’est un choix de societe. A nous de choisir....


          • Taverne Taverne 19 janvier 2012 11:35

            Clientélisme électoral : le PS veut récolter les voix des familles pauvres issues de l’immigration et de l’Outre-Mer. Il veut leur verser une grosse prime de fin d’année pour qu’elles s’achetènt des écrans plats et des i-pod. J’exagère à peine.

            S’il faut raboter cette niche fiscale des familles les plus aisées, faisons-le mais avec circonspection (les enfants de ces familles ont un mode de vie plus onéreux et cela doit être un minimum pris en compte. je sais que pour des gauchistes égalitariste, c’est dur à admettre...). L’argent des impôts récupéré doit être réutilisé dans l’intérêt de tous, soit pour combler les dettes et déficits qui nous coûtent cher, soit pour conduire une politique bien définie et discutée à l’avance. Exemple : aider les familles à la rue (plus de la moitié des appels au 115 concernent de familles à la rue), les mères isolées pour qu’elles puissent suivre des formations et travailler, etc.


            • jpm jpm 19 janvier 2012 12:05

              En gros Taverne, vous trouvez juste que l´Etat finance une chambre spacieuse dans le 16eme pour certains enfants bien nes... et un lit superpose dans une toute petite chambre pour d´autres. Il ne vous vient meme pas a l´esprit qu´une famille modeste puisse desirer avoir une chambre plus spacieuse pour ses enfants... plutot que le dernier i-pod a la mode ?


            • Taverne Taverne 19 janvier 2012 12:21

              Pas du tout.


            • Taverne Taverne 19 janvier 2012 12:22

              Pas du tout. Vous déformez mes propos. J’ai parlé de rabotage de niche et d’utilisation à bon escient de l’argent public et sans racolage électoral.


            • jpm jpm 19 janvier 2012 12:28

              Et bien c´est exactement ce que propose le PS pour le coup... car le remplacement du Quotient familial par un credit d´impot correspond bien a un rabotage de cette niche fiscale. Seuls les familles les plus aisees seront vraiment penalisees au profit des familles les plus demunies... les familles moyennes retrouveront a peu pres en credit d´impots ce qu´elle perdront en economie d´impots.

              Maintenant vous n´allez quand meme pas reprocher aux socialistes de tenter de mener une politique sociale smiley


            • Taverne Taverne 19 janvier 2012 12:30

              « une politique socialiste » vous voulez dire...


            • jpm jpm 19 janvier 2012 12:34

              Et c´est quoi la politique centriste en matiere de social ?


            • ThierryCH 19 janvier 2012 11:44

              Le quotient familial n’est pas un « bénéfice » pour les plus aisés, c’est une réduction de la charge fiscale pour ceux qui paient l’IR et ont par ailleurs charge de famille. Or l’IR est progressif, ce que tout le monde trouve équitable, donc mathématiquement, les réductions qui proviennent de l’application du quotient familial sont plus importantes sur les tranches les plus élevées ; ce qui serait alors inéquitable ?

              L’équité ne doit pas fonctionner que dans un sens.

              La suppression du quotient familial procède d’une logique toute socialiste : c’est un faux nez pour augmenter les impôts, qui vise en outre à enlever toute responsabilité à la cellule familiale au profit de la collectivisation de l’éducation des enfants.


              • epapel epapel 19 janvier 2012 14:10

                Et que pensez-vous de la TVA sociale ?


              • ThierryCH 19 janvier 2012 14:19

                Dans son principe, j’y suis favorable, et j’aurais aimé qu’on la teste dès 2007.


              • epapel epapel 19 janvier 2012 19:50

                Vous êtes donc en faveur de l’imposition des pauvres et de l’exonération des riches.


              • ThierryCH 20 janvier 2012 16:11

                Ben voyons, si c’était si simple. La TVA ne frappe donc que les pauvres.

                Vous en avez d’autres des raisonnement abrupts comme celui-ci ?


              • ThierryCH 19 janvier 2012 11:46

                Le quotient familial est équitable en ce sens qu’il permet de calculer l’IR sur la base d’un revenu moyen par tête plutôt que par foyer fiscal.

                Supprimer le quotient familial par souci d’équité, cela revient à dire qu’il est injuste qu’une famille puisse consacrer plus de moyens à ses enfants, qu’une famille qui a des revenus moindres. C’est de l’égalitarisme : on préfère priver certains enfants des moyens que leurs familles sont capables de leur consacrer, sous prétexte que toutes les familles ne sont pas capables du même effort.

                Ou alors, poussons la logique jusqu’au bout : il est dont inéquitable de gagner mieux sa vie que son voisin ? Faisons donc comme M. Mélenchon, et plafonnons les revenus …

                Une réforme véritablement juste au profit des familles les plus modestes consisterait plutôt à augmenter les prestations sociales en leur faveur, plutôt qu’augmenter les impôts des familles qui en payent.


                • jpm jpm 19 janvier 2012 12:01

                  Et vous la financez comment votre reforme veritablement juste au profit des plus modestes, ce qui est justement le but du pogramme socialiste ? Pour augmenter les prestations sociales pour toutes les familes, ce que propose le PS avec son credit d´impot enfant, et bien il faut bien recuperer l´argent quelque part... et donc recuperer plus d´impots.

                  Maintenant si les familles riches ne pensent pas pouvoir consacrer un peu d´argent a l´education de leur enfant sans l´aide du quotient familial... alors que devraient dire les familles les plus demunies ?


                • ThierryCH 19 janvier 2012 13:12

                  Je les finance par un redéploiement des ressources, comme les 60 000 postes de professeur, par exemple.

                  Si il faut vraiment des ressources supplémentaires, une augmentation des taux d’imposition ou des taxes me paraît plus juste que la suppression du quotient familial.

                  Enfin je n’ai pas dit qu’il fallait augmenter les prestations sociales pour toutes les familles.


                • jpm jpm 19 janvier 2012 13:22

                  Un redeployement des ressources, ce n´est pas ce que propose le PS ? Ils veulent renforcer la politique familiate au profit des familles les plus modeste... et cela a cout constant pour la nation... c´est a dire en transferant une partie de l´aide de l`Etat attribuee aux foyers les plus aises... qui ont normalement de quoi gater leurs rejetons, vers les familles qui ne beneficient pas de cette niche fiscale car elles ne gagnent pas suffisamment pour payer des impots et gater leurs enfants.


                • ThierryCH 19 janvier 2012 13:33

                  En supprimant le quotient familial, on aura bien d’un côté des recettes d’IR supplémentaires, de l’autre des dépenses supplémentaires sur des prestations à destination des familles.
                  D’un côté on crée une ressource supplémentaire, de l’autre côté une dépense.
                  Le taux d’imposition global va augmenter, ainsi que le niveau des dépenses.


                • epapel epapel 19 janvier 2012 14:11

                  Sauf si on ne redistribue que ce qui a été prélevé.


                • ThierryCH 19 janvier 2012 14:20

                  Non, même à l’équilibre, il y aura bien d’un côté plus de recettes et de l’autre plus de dépenses.


                • epapel epapel 19 janvier 2012 19:53

                  L’équilibre des recettes et dépenses signifie par définition qu’elles sont égales.


                • epapel epapel 19 janvier 2012 19:55

                  Et je vous signale qu’une exonération d’impôt s’appelle une dépense fiscale selon la définition du ministère des finances.


                • ThierryCH 20 janvier 2012 16:13

                  Il y aura bien plus de recettes ...

                  De quelle exonération parlez vous ?

                  Le QF n’est pas une éxonération, c’est un mode de calcul de l’IR qui permet de prendre comme base le revenu par tête.


                • eric 19 janvier 2012 12:08

                  La pluspart des commentaires denoncent le caractere egalitariste de cette proposition demagogique. Je pense que c’est un mauvais combat. On a le droit en democratie d’etre aussi egalitariste que l’on veut. Le vrai probleme est surtout qu’on va frapper fort un petit nombre de gens pour lesquels cela pourra avoir de vraies consequences, pour collecter des clopinettes a repartir dans des proportions non chiffrees entre embauche de fonctionnaires et saupoudrage sur les « innombrables pauvres » (quand on fait le total dans les papiers de Terra Nova on arrive a 19 millions de travailleurs pauvres en France... !) Au doigt mouille, si on admet qu’ils ont tous plus ou moins des enfants et qu’on adopte les logiques et les chiffres de Terra Nova, que l’on fait 50/50 pour le fric entre embauche et aides a 10% de baisse de« l’aide au riches », on arrive a 10 euro par foyer pauvre finance uniquement, a revenu egal, par ceux qui ont des enfants.

                  Il est vrai, et l’article aurait du le preciser qu’en realite il ne s’agit pas d’aider les « classes populaires » mais bien les « nouvelles classes populaires » et chez Terra Nova, la distinction est importante.

                  Finalement peut etre qu’il serait effectivment legitime de parler d’eugenisme concernant leurs propositions....

                  Un copain chez les graques, me disait, « nous sommes parmis les apparachiks de gauche, le club de ceux qui savent compter », vu la presence des Terra Nova dans les debats « Hollandais », foce est de constater que les cultureux l’ont emporte sur les matheux....


                  • Taverne Taverne 19 janvier 2012 12:20

                    « On a le droit en démocratie d’être aussi égalitariste que l’on veut ». Je ne suis pas d’accord avec cette affirmation. Démocratie n’est pas synonyme d’égalitarisme. « Egalité » non plus d’ailleurs. « Ce »on a droit à« m’inquiète, il est la formule récurrente des gauchistes redistributeurs extrémistes : »on a droit à l’argent« que vous gagnez, »on a droit à« l’argent que vous investissez, »on a droit à" la récupération de l’argent que vous employez pour vos enfants...


                  • Taverne Taverne 19 janvier 2012 12:33

                    Ma critique vaut aussi pour l’autre extrême : « on a droit à » puisqu’on est fils ou fille de« . Ou »on a droit à« ne pas payer d’impôts puisqu’on est riches, »on a droit à" tous les meilleurs postes de la République puisqu’on connaît Untel, etc.

                    Tous les abus dans une bonne démocratie doivent être évités et combattus.


                  • ThierryCH 19 janvier 2012 13:19

                    On a le droit en démocratie d’être aussi égalitariste que l’on veut, mais on a aussi le droit, en démocratie, de ne pas être d’accord avec les politiques égalitaristes, et de dénoncer des propositions que l’on considère comme telles.

                    Mais ce n’est pas le seul argument contre cette proposition, vous avez raison.

                    Il s’agit simplement de souligner que cette proposition procède d’une logique égalitariste, et non d’une logique sociale.

                    C’est le problème des socialistes (de mon point de vue) : leur tendance sociale (qui n’est pas rédhibitoire en soi, il faut évidemment de la solidarité et une politique sociale) a parfois tendance à verser dans l’égalitarisme, qui est pour moi le côté obscur du social.


                  • eric 19 janvier 2012 14:07

                    Taverne et thierryCH je suis d’accord en principe avec tous les deux. Mon propos n’est pas de defendre l’egalitarisme, mais de montrer que les mesures proposees par TN ne le sont que de nom comme la plus part des politique de gauches.
                    Ce sont des politiques demagogiques, categorielles clientelistes ou de classe, qui se parent d’un egalitarisme de facade.
                    Elles se preoccuppent plus d’appauvrir ceux dont ils pensent qu’ils ont plus d’argent qu’eux, que de se soucier vraiment de ceux qui en ont reellement moins. Ici on va prendre relativement pas mal d’argent a quelques familles pour en reditribuer tres peu a beaucoup, mais essentiellement a ceux dont on espere qu’ils voteront bien,, tout en se sucrant au passage sous forme de creations de poste pour sa clientele. Accesoirement, la population qui a le plus fort taux d’acces aux creches de la vielle de Parism ce sont les enfants des employes de la ville de Paris...

                    Le vrai probleme est que ce n’est meme pas egalitariste....C ;est on veut que les autres payent plus pour que nous ayons plus, quitte a faire un effort symbolique pour les vrais pauvres.

                    Je n’ai pas regarde leur truc en detail, mais cela ressemble beaucoup a « que les riches ou moyens avec beaucoup d’enfants payent pour les pauvres avec beaucoup d’enfant. QU’ils se debrouillent entre eux et que l’on foute enfin la paix aux riches et moyens sans ou avec peu d’enfants.

                    La premiere erreur de calcul dans cette combinaison cynique, c’est que le public cible, la »nouvelle categorie populaire« celle qui doit remplace le populao francais qui a fuit au front, c’est une femme immigree plaque par son mari et il se trouve qu’elle vote peu ( notamment pour des raisons de nationalite).

                    La seconde, c’est qu’ils pensent que comme la femme socialiste, celle qui les entoure, a 1,5% enfant par femme, il en va de meme pour l’homme socialiste. Ainsi, leur clientele ne participerai pas a l’effort. Mais avec les » familles redecomposees", en realite, celui ci en a sans doute 2, quelque chose a entretenir et a faire garder. Comme Jospin la derniere fois il risquent de tomber de haut quand l’electeur de gauche va faire ses comptes...


                  • ThierryCH 19 janvier 2012 14:25

                    Je n’irai pas jusqu’à dire que le PS ne se préoccupe pas des plus modestes et cherche uniquement à assomer les riches, ce qui me semble aussi absurde que de dire que la droite ne roule que pour les riches.

                    En revanche, je suis intimement convaincu que le PS, à travers une telle proposition, verse dans l’égalitarisme. La proposition de Terra Nova consistant à supprimer le quotient conjugal, que le PS n’a pas encore reprise, procède de la même logique.


                  • Taverne Taverne 19 janvier 2012 14:33

                    Après avoir été saignées par Sarkozy pour aider les riches, les classes moyennes vont devoir se préparer à être saignées par Hollande pour aider les pauvres.


                  • JL JL1 19 janvier 2012 14:52

                    "Après avoir été saignées par Sarkozy pour aider les riches, les classes moyennes vont devoir se préparer à être saignées par Hollande pour aider les pauvres." (Taverne) !

                    Votez Bayrou : il organisera la charité !

                     smiley


                  • lulupipistrelle 19 janvier 2012 16:28

                    @ThierryCH

                    Non, ils n’ont pas osé encore reprendre l’idée du quotient conjugal, et pour cause :

                    c’était une proposition très claire de Martine Aubry, qui parlait elle d’individualiser la déclaration d’impôt des femmes mariées, EN 2002 ? pendant la campagne électorale de JOSPIN, ha, ha, ha...

                    PS : A l’époque l’idée était de remettre au travail les femmes diplômées qui préféraient se consacrer à l’éducation de leurs mômes, plutôt que de continuer à travailler , parce que fiscalement et socialement à un certain niveau, ça vaut plus le coup de travailler , hé, hé.


                  • daryn daryn 19 janvier 2012 12:47

                    Terra Nova serait bien inspiré de ne pas parler de mauvaise foi politicienne ni de méconnaissance de la politique familiale française.

                    Interrogé récemment sur France Inter, François Bayrou rappelait de manière lumineuse que (La politique familiale en général repose sur ) ... une idée simple que il faut que lorsqu’on fait le choix d’élever des enfants on ne perde pas trop en niveau de vie par rapport au même niveau social de familles semblables avec des revenus du même ordre.

                    L’accusation — odieuse — d’eugénisme soft est donc un contresens absolu.

                    Bien que ne représentant que 10% de l’enveloppe totale de la politique familiale, et même plafonné, le Quotient Familial est la seule mesure qui prenne en compte positivement la différence de niveau social. Parce que pour reprendre les termes de Terra Nova, si l’enfant d’une famille riche « vaut » plus que l’enfant d’une famille modeste, c’est tout simplement parce qu’il « coûte » plus. Le niveau de vie est la base même de la distinction entre classes supérieures, moyennes et populaires. Il est évident qu’un ou deux chambres supplémentaires coûtent plus cher dans un quartier résidentiel que dans un quartier populaire. Lorsque les niveaux sociaux sont différents, les dépenses de logement, transport, habillement, nourriture, équipement, culture, loisirs, etc. diffèrent également. Sauf à vouloir éradiquer complètement jusqu’à l’existence de classes moyennes et supérieures — et donc l’aspiration de chacun à améliorer sa condition — cette réalité persistera.

                    La suppression du Quotient Familial et le redéploiement à enveloppe constante de la politique familiale balayent le principe simple énoncé ci-dessus, et sont en fait parfaitement représentatifs d’une politique générale de nivellement vers le bas des statuts et conditions. L’idéologie sous-jacente, purement démagogique dans son argumentaire (les cadeaux fiscaux aux riches), avance évidemment masquée sous le masque confortable et extensible à l’infini de l’équité. En terminale ES, quand on aborde en cours de SES (et non de philosophie) la notion d’équité, on avertit — en principe — contre l’erreur courante qui consiste à la réduire à une justification de l’intervention de l’état. Il semble que Terra Nova n’ait pas intégré cette leçon, ou choisisse délibérément de l’ignorer.

                    Rien n’empêche de vouloir considérer d’autres mécanismes de redistribution, mais ceux-ci devraient, pour le bien du débat démocratique, montrer leur véritable visage, à savoir une ponction supplémentaire des classes moyennes et supérieures au profit des plus défavorisés.


                    • jpm jpm 19 janvier 2012 12:54

                      Vous travaillez pour Loreal ou bien ? A vous entendre, les enfants de familles aises doivent etre davantage aides tout simplement parce qu´ils le valent bien !

                      Ca veut dire qu´un enfant qui a eu le hazard (ce n´est meme pas une question de chance) de naitre dans une famille modeste est condamne a passer toute son enfance dans un petit lit et une toute petite chambre et porte des vetements tres bas de gamme, alors que celui qui est ne dans les beaux quartiers pourra beneficier d´un meilleur confort... et en plus d´une aide superieure de l´Etat. Je ne sais pas si j´apprecie vraiment votre sens de la solidarite.


                    • ThierryCH 19 janvier 2012 13:27

                      jpm,

                      Je trouve que le vocabulaire que vous utilisez est biaisé : le quotient familial n’est pas une « aide de l’état », c’est un dispositif qui permet de calculer l’IR sur la base du revenu par tête au sein du foyer plutôt que sur la base des revenus totaux du foyer.
                      Ce que l’on ne peut objectivement pas qualifier de dispositif inique.


                    • daryn daryn 19 janvier 2012 13:32

                      @jpm,

                      il est clair que vous ne supportez pas l’inégalité, quelle qu’elle soit. Si on pousse votre raisonnement, aucune différence de condition ou de destin n’est tolérable. Un problème est que toutes les discriminations positives coûtent très cher à l’état et la société, pour un bénéfice à long terme qui n’est pas toujours facile à évaluer.

                      Personnellement j’apprécie la vision de John Rawls dans sa Théorie de la justice. Il prend acte de l’existence des inégalités consubstantielles à toute société, mais remarque que ces inégalités peuvent être source de progrès en offrant des étages à gravir et des aspirations à s’améliorer. Ce qui n’est pas limité à la condition sociale : certains sont plus grands que d’autres, ou plus rapides, ou plus habiles de leurs mains, ou plus intelligents, ou plus doués pour la musique... Où qu’on regarde on trouve des différences, et des voies d’amélioration si on le désire et pour peu qu’on veuille progresser. Pour lui l’équité consistera à corriger les inégalités les plus inacceptables mais en veillant à préserver la dynamique des différences. Cette approche me semble plus féconde que la simple équité redistributive.

                      Au final, le problème n’est pas que des différences existent mais bien d’offrir ou non la possibilité de s’en affranchir si on le désire. En terme social, cela signifie que c’est la mobilité sociale qui doit être favorisée, et non un nivellement contre-productif.

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