• vendredi 25 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > Raymond Barre : disparition d’un homme d’État d’exception
58%
D'accord avec l'article ?
 
42%
(33 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Raymond Barre : disparition d’un homme d’État d’exception

Mémoire courte, hommages hypocrites... ou sincère reconnaissance d’une classe politique qui a toujours contesté celui qui s’est constamment posé en homme libre.

L’ancien Premier Ministre Raymond Barre est mort ce 25 août 2007 à Paris.

Évidemment, cette nouvelle, qui suit plein d’autres mauvaises nouvelles du même genre, m’a profondément ému.

Son aura, sa stature, son intelligence, son courage politique... tout fait que l’homme qui aurait pu présider la République française de 1988 à 1995 est regretté.

Surtout en comparaison de la classe politique actuelle.

J’avais écrit déjà un article sur sa personnalité lors de son hospitalisation, en avril dernier, qui avait d’ailleurs été repris par Agoravox.

Certains rappellent des propos qui étaient inacceptables (sur le "lobby juif"), mais en oubliant toutes ses qualités, d’autres regrettent ses quelques phrases malheureuses tout en soulignant ses compétences et ses valeurs... mais tous lui rendent un hommage appuyé.

Et je crois rêver... tant d’hommages rendus par tant d’hommes politiques. La plupart étaient d’ailleurs pour lui de redoutables adversaires qui ne lui avaient fait aucun cadeau. Il y a presque de l’indécence dans ce bouquet d’éloges.

Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac pour ne citer qu’eux... Anciens Présidents de la République.

Pendant le premier septennat de François Mitterrand, les trois hommes, Barre, Chirac et Giscard, se disputaient le leadership de l’opposition : le premier était très populaire, le second avait un parti devenu véritable machine de guerre (Sarkozy l’utilisera à son avantage par la suite) et le troisième se croyait irremplaçable.

Un peu à la manière de ces luttes de rivalité qui opposaient dans le camp républicain, au début de la IIIe République, Jules Grévy, Jules Ferry et Léon Gambetta.

Aujourd’hui, beaucoup d’eau a coulé.

Comme si cette excessive compétition électorale de 1988 n’avait jamais existé. Tant mieux peut-être... mais toutes ces qualités, tous ces regrets... pourquoi ne pas l’avoir soutenu à l’époque ?

Par la suite, la guerre de succession à ces trois "grands" n’aura réussi ni à Édouard Balladur (de la même génération), ni à Alain Juppé, ni à Philippe Séguin, ni même à François Léotard, et c’est finalement l’enfant terrible, plus jeune, Nicolas Sarkozy qui se montrera le plus habile de tous (de son camp, je ne parle pas de la gauche).

Je n’insisterai jamais assez sur le fait que le maintien pendant plus d’une décennie de cette concurrence entre Giscard d’Estaing, Chirac et (dans une moindre mesure, jusqu’en 1988) Barre aura sacrifié justement cette génération des jeunes "quadras" des années 1980 (Alain Juppé, François Léotard, Philippe Séguin, mais aussi Dominique Baudis, Bernard Bosson, Alain Madelin...) au bénéfice de la suivante (Nicolas Sarkozy, François Fillon, Jean-Louis Borloo, François Bayrou, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin, et même Philippe Douste-Blazy...).

Et ce Jack Lang qui regrette maintenant en Raymond Barre un continuateur de Pierre Mendès France.

De ce dernier, Raymond Barre a eu certainement ce méchant péché, celui de refuser de s’insérer dans les normes du jeu politique, voire politicien, celui d’être un extra-terrestre au microcosme parisien.

Comme son premier maître, membre de son jury d’agrégation, qui, en 1959, l’appela pour diriger son cabinet lorsqu’il fut nommé ministre : Jean-Marcel Jeanneney (fils de Jules, père de Jean-Noël), universitaire entré en politique par la grande porte, penseur et acteur, mais jamais vraiment inséré dans le sérail.

Raymond Barre avait écrit dans son dernier livre d’entretiens qu’il ne considérait pas comme incohérent le fait de gouverner avec des socialistes, car la France a besoin d‘être gouvernée au centre. Un discours passionnément tenu par François Bayrou pendant la dernière campagne présidentielle (, ou encore ).

Franchissant même le pas, Jean-Marcel Jeanneney, le gaulliste historique, du haut de ses 96 ans, n’a pas hésité à soutenir (le jour même de l’hospitalisation de Raymond Barre) la candidature de Ségolène Royal.

Aujourd’hui, ce concert de louanges est la juste reconnaissance d’une vie intègre et honnête au service de l’État. Il va être honoré à la fois par la ville de Lyon et l’évêque de Lyon.

Comme une coïncidence, la disparition de Raymond Barre survient moins de trois semaines après celle de son principal biographe, Henri Amouroux (ce lien, ou celui-ci).

La France est orpheline.

58%
D'accord avec l'article ?
 
42%
(33 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox