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Accueil du site > Actualités > Politique > Réforme du lycée : quand Sarkozy dicte la leçon

Réforme du lycée : quand Sarkozy dicte la leçon

Afin d’éteindre les manifestations des lycéens et les grèves des enseignants, Nicolas Sarkozy a simulé le retrait du projet de réforme du lycée. Depuis, il claironne avec son ministre qu’il faut se donner le temps du dialogue. Conformément à sa stratégie désormais habituelle, le gouvernement affiche devant la presse son ouverture aux débats mais en prenant bien soin de choisir les acteurs qui lui seront favorables : les seuls discours relayés et entendus sont ceux qui vont dans le même sens que les décisions de la majorité au pouvoir.

Ainsi dans un article du Figaro(1), on apprend l’existence d’un collectif «  Ambition lycées  » regroupant 19 organisations de lycéens, de parents d’élèves et d’enseignants qualifiés explicitement de « réformateurs » comme pour stigmatiser les syndicats s’opposant à l’actuelle politique d’Education. Mais à la lecture des « neuf propositions pour réformer le lycée », fruit du travail de ce collectif, on s’aperçoit qu’elles sont en tout point similaires au projet initial de Xavier Darcos.

Alors que le gouvernement est censé avoir retiré le « lycée à la carte », avec des modules d’enseignement généraux et des modules d’exploration puis de spécialisation, le collectif suggère une « organisation du lycée modulaire » avec des modules « communs et d’exploration » en seconde et des modules « communs et de spécialisation » progressive en première et terminale !

De même une proposition prévoit de « fusionner les voies générales et technologiques », ce qui rappelle étrangement la volonté du ministre de faire disparaître les différentes filières au profit d’un parcours unique. Même s’il s’agit d’une reprise qui ne trompe personne, notons la simplification du langage du collectif quand Xavier Darcos usait de la métaphore « coloration du parcours » pour masquer la suppression de classes.

Concernant la répartition horaire en seconde, le gouvernement avait prévu de diminuer les heures de cours proprement dits pour instaurer trois heures de modules d’accompagnement. Et le collectif de proposer de « limiter l’horaire de cours des élèves », sans pour autant qu’ils passent « moins de temps au lycée », car seraient ménagés des « temps d’accompagnement » ou de travail personnel.

Enfin, même si Darcos ne s’est jamais risqué à annoncer ouvertement la suppression du Bac au profit d’un contrôle continu, on retrouve curieusement dans le texte d’ « Ambition lycées » la mention d’une modification de l’examen consistant en un nombre réduit d’épreuves terminales et la mise en place d’évaluations au cours de l’année.

Beau coup d’esbroufe de la part de Nicolas Sarkozy ! La démocratie participative est ainsi présentée sur la scène médiatique comme la clé de voûte des réformes entreprises par le gouvernement, alors que tout a été dicté d’avance. Il faut dire que les suppressions de postes massives de cette année et des années à venir doivent trouver une justification autre que budgétaire.

L.Monserrat


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11 réactions à cet article    


  • oncle archibald 17 janvier 2009 11:54

     Il est possible que vous ayez raison et que le collectif "ambition lycée" soit très "pro réforme Darcos", peut être même manipulé par des politiques "sarkosistes", mais ce que l’on aimerait entendre ce sont des propositions de réforme constructives émanant de l’opposition, qu’elle ne se contente pas de ressasser que l’école manque de moyens alors que c’est tout à fait faux. Qu’elle ne se contente pas de déposer des milliers d’amendements pour in fine lire du zola ou donner des recettes de cuisine à la tribune de l’assemblée nationale.


    • Algunet 17 janvier 2009 12:57

       Sarkozy n’a jamais dit ou fait dire à aucun des ministres le mot "retrait" concernant le projet de réforme du lycée. Par contre le terme "report" est celui qui a été employé. Retrait est ce que les opposants au projet ont mis en avant et retenu...
      Pour le reste aucune réforme n’est et ne sera possible, hélas, quel que soit le gouvernement.
      Break lock... no kill.


      • Laurent Monserrat 17 janvier 2009 22:23

        Bonsoir,

        Vous avez parfaitement raison de revenir le terme "report" (il manque effectivement cette note de bas de page à mon billet) car tout est dit à partir de là. Sarkozy a juste repoussé son projet de lois et engage des débats qui n’ont pas lieu d’être dans la mesure où les plans ont déjà été établis.

        Il faut se souvenir du discours de Sarkozy, un an après son élection, dans lequel exprimait la nécessité de faire de la pédagogie aux Français. Dès lors, on ne revient pas sur une loi on prend le temps de la faire ingurgiter aux Français en usant le plus souvent de stratagèmes communicationnels.

        Bien à vous,

        Laurent


      • foufouille foufouille 17 janvier 2009 14:08

        darcos est favorable au retour de l’uniforme


        • Algunet 17 janvier 2009 14:54

           C’est son point de vue, et il semble récurrent. Il est partagé par beaucoup de familles et aurait des avantages, selon les rêgles d’application fixées...
          - gommage des discrimination sociales.
          - arrêt ou frein du diktat des marques et leur coût énorme pour les familles.
          - adhésion à un groupe, appartenance .
          -...

          Bref cela mérite effectivement débat et si, ce dont tout le monde se fout, j’y suis plutôt hostile, je pense que les familles devraient pouvoir avoir le choix entre des établissements avec ou sans uniformes, comme il a le choix de mettre son enfant dans le privé ou le public, voir même de le mettre dans aucun établissement (CNED).
          Pourquoi restreindre les libertés et au nom de quel autoritarisme ?


        • foufouille foufouille 17 janvier 2009 15:54

          je me demande si il veut interdire les gauchers comme en 70
          et organiser des match de foot entre uniforme different
           smiley


        • Algunet 17 janvier 2009 19:42

          Il ne veut rien interdire il est favorable à ce que les élèves portent l’uniforme. Ouvrir un débat n’est pas réac me semble-t’il...


        • foufouille foufouille 17 janvier 2009 20:09

          bizarre l’uniforme me rappelle une epoque ou les gauchers etaient interdit


        • Le bateleur Le bateleur 17 janvier 2009 16:43

          Les projets de monsieur Darkozy n’ont aucune visibilité
          et ne semblent dictés que par des motifs tacticiens ou de désir du moment (la dernière impulsion)

          C’est précisément ce qui rend très difficile le contre
          qui se retrouve à batailler en des sables mouvants en situation de guerrilla.

          Le frontal ne sert ici à rien.

          La pensée latérale nous dit qu’il faut créer un nouveau front (un véritable front)
          là où se trouve la question
          laquelle doit donc être préalablement déterrée
          car la manoeuvre Darkozienne vise précisément à rendre le problème de l’enseignement illisible.
          problème qui pourrait s’énoncer ainsi

          "Pourquoi TOUS les systèmes d’éducations des pays développés ont ils un rendement (de plus en plus) décroissant ?"


          LiesBuster


          • oncle archibald 18 janvier 2009 09:37

             "Pourquoi TOUS les systèmes d’éducations des pays développés ont ils un rendement (de plus en plus) décroissant ?"

            J’ai une proposition de réponse : parce qu’un grand nombre de parents et même d’enseignants ne croient plus eux-mêmes aux vertus de l’éducation en lycée, et donc n’inculquent pas cette notion à leur enfants.

            Classes surchargées ? Au lycée Pierre de Fermat à Toulouse dans les années 60 nous étions 34 dans chaque classe de terminale. En revanche nous ne passions pas notre temps à beugler dans les rues.

            Egalité des chances ? Toujours dans le même établissement dans les années 60 j’ai eu l’honneur d’être dans la même classe que le premier prix du concours général de Mathématiques, qui était le fils d’un ouvrier mécanicien salarié au garage Renault.

            Temps de travail ? Mon gendre est prof d’électromécanique dans un lycée technique, il doit consacrer le premier tiers de l’heure de cours à faire revenir le calme pour pouvoir commencer son cours.

            La réforme il faut d’abord la faire dans les comportements et dans les esprits des potaches de leurs parents et de leurs enseignants. Si les adultes demandaient aux enfants de travailler au lieu de les envoyer dans la rue faire de la politique à leur place ; peut être que ça irait déjà beaucoup mieux.


          • gtouze 18 janvier 2009 18:12

            Il faut relire l’appel initial : http://ambitionlycees.wordpress.com/category/texte-de-lappel/
            Si nos propositions ont une proximité, c’est avec ce que JP de Gaudemar aurait pu proposer et que Darcos a refusé.

            Guillaume

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