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Réformes, nous voilà !

 Les protestations des irréductibles groupes de pression de gauche ont bien monopolisé les médias à défaut de réellement conquérir la sympathie des français. Pour quelle raison ? Contre une réforme qui n’en est pas réellement une. 

En effet, le système des retraites reste inchangé. Juste un léger paramètre est modifié. D’ailleurs un peu comme il est indolore de revoir chaque année le plafond des IJSS de la sécurité sociale en fonction de l’inflation, il parait assez logique et raisonnable de relever l’âge de départ à la retraite en fonction de l’espérance de vie. Peut-on vraiment prétendre à une réforme des retraites ? Pas vraiment. On reste sur le principe dogmatique de la répartition, et les différences entre régime général et régimes spéciaux perdurent.

Mais cette semaine aurait dû aussi être marquée par la rencontre fondatrice à Deauville entre notre Président, la Chancelière Angela Merkel et le Président de la fédération de Russie Medvedev. Il s’agit d’une rencontre qui doit dessiner la feuille de route d’une Europe de l’Atlantique à l’Oural. Il y a quelques années, j’aurais très certainement réagit sur un ton négatif, très influencé par la bashing médiatique des clichés qu’on nous sert sur la Russie, pour ses « travers » non démocratique notamment. J’ai découvert cependant ce pays à travers des voyages, les affaires et surtout récemment le programme d’échange Talleyrand-Gorchakov. J’ai été agréablement surpris et je ne peux pas m’empêcher de témoigner de mes impressions.

La Russie, en 20 ans, est sortie d’un régime socialo-communiste pour se hisser au rang d’une économie ouverte et attractive, avec une classe moyenne de plus en plus importante (représentant 68% selon une étude de la banque Troïka Dialog en Août 2010) et une économie cherchant à se diversifier d’une dépendance forte de ses matières premières. J’ai découvert un pays où les affaires ne sont pas uniquement une question de bénéfices à court terme mais où le respect et la connaissance de l’autre sont importants pour établir des partenariats durables. Ce pays à moindre échelle me rappelle étrangement Singapour. Un Etat strict est nécessaire pour installer les bases d’un Etat de droit sain et impartial, pour lutter contre la corruption et les régimes mafieux. La récente mise au placard du richissime maire de Moscou (d’ailleurs plutôt l’équivalent d’un préfet en France) en est l’exemple. Mais lorsqu’à cet Etat strict et nécessaire suit une économie d’ouverture alors l’avenir ne peut être qu’optimiste pour les Russes.

Des vraies réformes, la Russie, elle au moins, en connait. Actuellement pour moderniser son économie, par exemple, le pays composé d’une population en déclin mise beaucoup sur la jeunesse. Tout d’abord, il n’est pas rare de voir des jeunes à des postes de très hautes responsabilités dans l’administration présidentielle, comme Ministres, élus à l’Assemblée ou bien au Conseil de la Fédération. Le résultat est intéressant comme contre poids à une situation démographique en vieillissement. Cela donne une impulsion moins conservatrice et favorise la prise de risque.

Tournée vers l’avenir, la Russie mise aussi sur l’éducation. Le gouvernement a entrepris une réforme ambitieuse et refonde son système d’éducation. D’un système ultra monolithique à l’instar de notre éducation nationale, une décentralisation majeure est en cours. L’objectif est d’offrir le meilleur service aux jeunes russes et pour cela de stimuler les établissements à donner le meilleur d’eux mêmes par un système de chèque éducation. Bien d’autres exemples de modernisation pourraient être encore évoqués dans l’industrie où la volonté est de donner au PME une représentation de plus de 50% du PNB, pour l’innovation avec la création de la « Silicon Valley » Russe ou dans la santé. Il y a encore du travail à accomplir et des obstacles à franchir. L’opposition existe et agit. Un projet vital d’autoroute entre Moscou et St Petersbourg est par exemple actuellement bloqué à cause des pressions de groupes écologistes.

Alors si la Russie en 20 ans peut modifier profondément son fonctionnement et décider de laisser le socialisme qui s’est effondré derrière elle, la France peut-elle en cette période de contestation remettre en question son modèle socialiste d’après guerre qui lui aussi aujourd’hui est en bout de course ? Finalement la Russie, avec laquelle nous avons des liens historiques et une certaine confiance, pourrait peut être devenir notre modèle à suivre pour entrer dans la voie de la modernisation sociale et économique.

Ludovic Lassauce

par Ludovic Lassauce (son site) samedi 23 octobre 2010 - 7 réactions
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  • Par Login (xxx.xxx.xxx.210) 23 octobre 2010 08:33
    Login
    Les protestations des irréductibles groupes de pression de gauche ???

    Je crois que ces évènements sont un avertissement solennel à l’ensemble des politiques, et aux syndicats d’ailleurs qui je le crois n’ont d’autres choix que de marcher devant ou de se démettre. La conduite du pays est dans les mains de gens qui ne montrent qu’arrogance et mépris, agissant avec la conviction d’une impunité totale. Ils ne sont plus légitimes pour une grande partie du pays. Il n’est pas un jour ou l’on ne constate que ces gens utilisent le pouvoir en invoquant des nécessités qui se révèlent n’être que des prétextes. A cela, s’ajoute qu’ils nous prennent ouvertement pour des cons. Notre problème n’est pas de ne pas avoirs d’alternatives. C’est de ne pas avoir les moyens de les faire valoir. S’il y a un projet à mener, c’est regrouper toutes les compétences, juridiques en particulier, délaissés par cette société pour bâtir des outils nécessaires à la conduite des transformations que nous souhaitons pour la plupart car nous voulons réformer le pays et la première de ces réformes est de se débarasser de ces menteurs. 
    PS : Pour cela nous n’avons pas besoin des russes

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