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Rejet de la confiance au gouvernement : la moins mauvaise solution ?

Disons le d’emblée, si le paysage politique ne connaît pas d’évolution majeure d’ici aux élections présidentielles et législatives de 2017 ; celles-ci ne peuvent être que catastrophiques pour la gauche. L’actuel gouvernement a complètement discrédité l’idée même de solutions politiques de gauche ; et le Front de Gauche et les autres formations ne parviennent pas à apparaître comme une alternative crédible. Et je ne parle pas du risque d’un excellent score du Front National.

L’enjeu majeur aujourd’hui est « comment changer drastiquement le paysage politique pour éviter un scénario catastrophe en 2017 » ? Le rejet de la confiance du parlement au gouvernement Valls 2 pourrait être la bonne réponse.

Aujourd’hui, il est acté que le gouvernement poursuit une politique « social-libéral » pour ne pas dire libérale tout court. F. Hollande a renié toutes ses promesses pour faire la « seule politique possible » selon lui, celle de la droite. Ce faisant, il entraîne le PS dans le discrédit dont il est victime. Et avec le PS, il entraîne l’idée même de solution de gauche au rang des utopies illusoires. Et si rien n’est fait d’ici là, aucun « droit d’inventaire » ne changera rien au discrédit dont souffrira le PS en 2017.

 
On pourrait s’en féliciter si l’ « autre gauche », la vraie gauche plutôt, était en mesure d’apparaître comme une alternative crédible. On doit malheureusement faire le constat que ce n’est pas le cas. Le gouvernement et le PS entraînent toute la gauche, y compris celle qui se veut en rupture avec le capitalisme dans leur chute.
 
Mais si, les députés « frondeurs » du PS allaient au bout de leurs convictions et au lieu de s’abstenir – ce qui n’a aucune conséquence réelle – osait voter contre la confiance au futur gouvernement Valls 2, celui-ci n’aurait pas de majorité et serait contraint de présenter sa démission.
Ce séisme politique pourrait être la pierre de base pour reconstruire la confiance envers la « gauche ». Un tel vote des députés PS contre la dérive libérale de leur parti permettrait d’envisager la construction d’une majorité alternative, basée sur d’autres perspectives politiques : politique de la demande, relance, lutte contre les pouvoirs excessifs de la finance…
Jean-Luc Mélenchon appelait au début du mandat à la construction d’une telle majorité parlementaire. C’est aujourd’hui Pierre Laurent qui appelle à rassembler « toute la gauche » face à un gouvernement « qui quitte la gauche et mène une politique qui va à l’échec ».
 
François Hollande serait alors face à un choix : prononcer la dissolution de l’assemblée nationale ou accepter un autre premier-ministre pour mener une autre politique qui ait la confiance d’une majorité de députés de gauche. Une sorte de cohabitation au sein de la gauche.
Mais même si le président de la république s’entêtait jusqu’à prononcer la dissolution de l’assemblée, cette solution serait moins catastrophique que ce qui semble nous attendre en 2017. Avec une « opposition de gauche » suffisamment forte pour avoir fait tomber le gouvernement, il y’aurait les bases pour redonner confiance au peuple français envers une politique de gauche, qui ne soit ni le libéralisme de la droite, ni le populisme du FN.
 
Billet paru initialement sur le blog de Pingouin094

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14 réactions à cet article    


  • bernard29 bernard29 29 août 2014 16:07

    Si la confiance n’est pas votée, alors il ne peut y avoir que dissolution ou la démission de Hollande puisque c’est son programme. Après « Alea jacta est » !!


    • Fergus Fergus 30 août 2014 08:08

      Bonjour, Bernard.

      C’est très exactement le choix qui incomberait à Hollande. Et je parie qu’il choisirait la dissolution pour rester à l’Elysée avec un gouvernement Juppé. En espérant que, comme en 1986 pour Mitterrand, le gouvernement se planterait et favoriserait sa possible réélection. Ce en quoi Hollande pourrait se tromper dans les grandes largeurs : un échec de la droite après un échec de la gauche PS durant le même mandat pourrait conduire à l’élection de Le Pen en 2012.


    • Fergus Fergus 30 août 2014 08:08

      Erratum : Le Pen en 2017.


    • César Castique César Castique 29 août 2014 16:59

      « François Hollande serait alors face à un choix : prononcer la dissolution de l’assemblée nationale ou accepter un autre premier-ministre pour mener une autre politique qui ait la confiance d’une majorité de députés de gauche. »


      Il ne suffit pas qu’il y ait une majorité de députés de gauche-selon-vous, il faut qu’il y ait d’abord une majorité d’électeurs de gauche-selon-vous, ce qui ne sera pas facile à réunir vu qu’il n’y a plus grand monde pour croire aux chimères d’un XIXe siècle littéralement antédiluvien.

      • Fergus Fergus 30 août 2014 08:13

        Bonjour, César Castique.

        Vous soulevez là le problème majeur pour la gauche. Comme dans une large majorité des pays européens, l’électorat dérive toujours plus vers la droite. La victoire de Hollande en 2012 a d’ailleurs été assez largement due au rejet du comportement personnel de Sarkozy.

        Mais une chose est sûre : le salut n’est certainement pas dans le FN !


      • bernard29 bernard29 30 août 2014 14:34

        bonjour Fergus.

        « l’électorat dérive toujours plus vers la droite... ; » Voilà le big problème. 

         « la gauche vraie », la gauche véritable« autrefois »l’autre gauche«  , »gauche unie« ou »gauche plurielle« , et maintenant »vive la gauchen’en sont réduites qu’à compter, sur une mobilisation des abstentionnistes pour tenir le coup.. C’est pour cela que Mélenchon préconise le vote obligatoire et la majorité à 16 ans. Mais pour faire rêver, il ne suffira pas de dire constituante , les citoyens sont plus pragmatiques. ( qui va la mettre en place ; Il faut d’abord gagner les élections présidentielles, ah bon et pour gagner la présidentielle ce n’est pas avec cette seule promesse qu’on y arrivera. Il faut à tout le moins des propositions démocratiques fiables, radicales et respectueuses des personnes. ( je considère pour ma part, que le mandat impératif et le référendum révocatoire sont contraires à la responsabilité individuelle (s’il y a faute il y a des tribunaux, s’il y a erreur , il y a le non renouvellement du mandat). 

        les questions qui préoccupent notre démocratie sont celles

        a) de la formation d’une oligarchie (donc modalités des mandats, cumul et renouvellement..) 

        b) de la disparition des contre pouvoirs. ( presse, organes de contrôle et de sanction, séparation des pouvoirs, conflits d’intérêts etc..),

        c) de l’absence d’implication citoyenne ( donc référendum d’initiative citoyenne etc ..) 


      • Fergus Fergus 30 août 2014 19:07

        @ Bernard.

        Entièrement d’accord avec ce commentaire.

        Pour ce qui est du « mandat impératif », je ne comprends même pas que l’on puisse lui voir une utilité, hors cas exceptionnels. Car ce type de mandat est incompatible avec les impondérables liés à l’exercice du pouvoir sur la durée d’une mandature présidentielle.


      • César Castique César Castique 31 août 2014 12:42

        « ...le salut n’est certainement pas dans le FN ! »


        Peut-être pas, mais il est assurément du côté du FN !!!

      • Enabomber Enabomber 31 août 2014 13:53

        fergus, pas la peine de cacher ta carte du ps, ton discours est exactement celui d’une aile gauche qui voudrait faire diversion pour renforcer la direction du parti.


      • reveil 30 août 2014 00:28

        Pour les élus grassement payés dont la plupart sont cumulards, faire sauter le gouvernement, cela reviendrait quelque soit leur désaccord à provoquer de nouvelles élections. Au vu des résultats de la politique actuelle, ces élections tourneraient au cauchemard et la plupart de ces élus tous mandats et avantages confondus perdraient environ 60 000€ par mois. Vous comprendrez, au sein de cette république archi corrompue que tout changement soit inenvisageable sans révolution.


        • septikettak septikettak 30 août 2014 09:47

          Tout à fait exact.


        • Fergus Fergus 30 août 2014 11:42

          Bonjour, Reveil.

          Il est évident que les élus, quasiment tous carriéristes et soucieux de conserver leurs avantages, ne scieront pas la branche sur laquelle ils sont assis.

          Peut-on souhaiter une révolution pour autant ? Non, car cela pourrait déboucher sur une situation politique encore pire, comme c’est le cas dans la plupart des cas. Cela dit, des manifestations massives et une grève générale pourraient suffire à faire tomber les partis qui se partagent le gâteau depuis des décennies sans tenir compte des attentes des classes populaires.


        • Yohan Yohan 1er septembre 2014 20:55

          PS : je compatis pour le fion des cocus. Vous prendrez bien un peu de vaseline Monsignor smiley smiley

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