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Rentrée pourrie à l’Élysée (4) : un casting calamiteux (suite et fin)

La rentrée 2014 a été particulièrement éprouvante pour le pouvoir socialiste, qui, chaque jour, fait grimper le crédit des sirènes du populisme à la bourse du chômage et du déficit. Retour sur le casting hollandien (suite et fin).



Des nouveaux ministres, d’anciens qui s’en vont ou des nouveaux qui font des boulettes. Voici maintenant la plus grosse boulette de la rentrée.


L’affaire Thévenoud

Car, é
videmment, je n’oublie pas la plus grosse boulette ministérielle de la période, à savoir la situation fiscale du nouveau sous-ministre Thomas Thévenoud qui a donné sa démission dès le 4 septembre 2014 « à sa demande et pour des raisons personnelles ». Dans la journée, Matignon a cependant cru bon de préciser que c’était Manuel Valls lui-même qui lui avait demandé de partir, faisant de lui le ministre le plus bref de l’histoire de la Ve République, neuf jours à égalité avec Léon Schwartzenberg (1923-2003), ministre du 29 juin au 7 juillet 1988, et quatre jours plus bref que Jean-Jacques Servan-Schreiber (1924-2006), ministre du 27 mai au 9 juin 1974.

La raison ? Des indélicatesses fiscales depuis plusieurs années. Cette anomalie ("non conformité") avait été découverte par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique créée par la loi organique n°2013-906 du 11 octobre 2013 adoptée à la suite de l’affaire Cahuzac, et présidée par Jean-Louis Nadal (proche de Martine Aubry, nommé par François Hollande le 2 décembre 2013 pour six ans).

Proche d’Arnaud Montebourg dans ses responsabilités locales à Montceau-les-mines, Thomas Thévenoud avait été désigné le 15 mai 2013 vice-président de la commission d’enquête parlementaire sur l’affaire Cahuzac présidée par Charles de Courson, ce qui l’avait amené à prononcer publiquement des paroles fermes pour la moralisation de la vie politique (l’arroseur arrosé, en somme).

Déjà pressenti en avril dernier, proche de Dominique Strauss-Kahn, le député de Marmande Matthieu Fekl (37 ans), normalien, IEP Paris et ENA, a été nommé dès le 4 septembre 2014 à la succession de Thomas Thévenoud. Pour l’anecdote, il a été aussi conseiller de Jean-Pierre Bel lorsque ce dernier fut Président du Sénat, tandis que l’épouse de Thomas Thévenoud en était …la chef de cabinet.

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Thomas Thévenoud a été exclu du Parti socialiste mais a refusé de démissionner de son mandat de député (comme le lui ont demandé publiquement tant Manuel Valls le 16 septembre 2014 que François Hollande le 18 septembre 2014). Il n’a cependant pas pris part au vote de confiance du nouveau gouvernement le 16 septembre 2014. Pour rappel, Jérôme Cahuzac n’avait pas osé reprendre son mandat parlementaire après sa démission du gouvernement en 2013. Dans tous les cas, la carrière de Thomas Thévenoud est compromise par une sorte de "lynchage" médiatique qui paraît d’autant plus justifiée que c’est sur ce terreau à scandales que prolifère l’influence électorale du Front national.

L’affaire Thévenoud a fait beaucoup de bruit dans les médias pour ce qu’elle révèle de comportement amoral de certains ministres. Cependant, elle a montré également l’efficacité des nouvelles lois de transparence qui ont su déceler très rapidement les manquements fiscaux d’un sous-ministre. Quoi qu’on en dise, c’est une avancée démocratique.


Et il y a aussi Pierre Moscovici

Dernière roue du casting hollandien, l’ancien Ministre de l’Économie et des Finances dont la faible compétence a été reconnue même par le Président de la République et l’actuel Premier Ministre. Après son échec municipal, Pierre Moscovici (57 ans) a quitté en effet le gouvernement le 31 mars 2014. Très proche des leaders sociaux-démocrates européens (en particulier, Enrico Letta et Martin Schulz), il a été désigné officiellement par la France le 10 septembre 2014 pour être Commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires, de la Fiscalité et de l’Union douanière.

Beaucoup de pays (dont l’Allemagne) ont quelques doutes sur la capacité de Pierre Moscovici à contrôler les dérapages budgétaires de la France, d’autant plus qu’en tant que député, il a voté la confiance au gouvernement Valls II et a donc accepté le retard de réduction du déficit public à 3% (reporté à 2017 au lieu de 2013 puis 2015) annoncé le 9 septembre 2014. "Der Spiegel" n’a pas mâché ses mots : « Jean-Claude Juncker veut nous faire croire que ce roi du déficit mettra dorénavant des bâtons dans les roues de ses amis socialistes s’ils entendent poursuivre leur politique sociale sur le dos de leur voisin d’outre-Rhin. ».

blogCommissionJuncker20140910


Cette désignation a été formellement proposée par le futur Président de la Commission Européenne Jean-Claude Juncker, et fait maintenant l’objet d’une procédure très rigoureuse de ratification par le Parlement Européen. Pierre Moscovici se verrait a priori encadré par deux Vice-Présidents qui furent d’anciens Premiers Ministres dans leur pays et auraient un poids politique nettement supérieur au commissaire.

Pierre Moscovici a été durement auditionné par les députés européens le 2 octobre 2014 et a dû rendre également ce 7 octobre des réponses écrites à certaines interrogations. Sa nomination aurait pu être refusée pour compenser le rejet éventuel du commissaire espagnol pressenti issu du PPE. Le drame est en train de se nouer cette semaine. Le 8 octobre 2014, la candidature de Pierre Moscovici a été approuvée, mais pas celle de sa collègue slovène. Le 22 octobre 2014 aura lieu le vote global de la Commission Juncker au Parlement Européen.


Il manque un bon DRH à l’Élysée

Sans évoquer ses choix affectifs qui ont eu pour conséquence la publication d’un livre terrible qui l’a discrédité pour longtemps aux yeux des Français, François Hollande a montré depuis deux ans une réelle incapacité à nommer les bonnes personnes aux bons postes et au bon moment.

Il a dû nommer un ancien ministre au poste stratégique de Secrétaire général de l’Élysée, Jean-Pierre Jouyet (60 ans), nommé le 16 avril 2014, en succession de Pierre-René Lemas (63 ans), ancien directeur de cabinet de Jean-Pierre Bel, lorsque ce dernier était Président du Sénat.

Il a mis presque deux ans pour s’apercevoir que son principal conseiller politique, Aquilino Morelle (52 ans), docteur en médecine, IEP Paris et ENA, se moquait de la précarité de nombreux citoyens et surtout, serait soupçonné de conflits d’intérêt (il a dû démissionner le 18 avril 2014). Pour l’anecdote, sa compagne, directrice de cabinet de la Ministre de la Culture, a dû également démissionner le 15 mai 2014.

yartiRentree201408


Il a fallu attendre presque deux ans pour se décider à nommer un véritable Premier Ministre. Il a mis presque un an pour savoir que celui qui était chargé de faire la chasse aux fraudeurs du fisc était l’un des plus grands fraudeurs du pays.

Combien de temps mettra-t-il encore avant de penser à faire participer une personnalité politique de premier plan qui, aujourd’hui, se tait mais n’en pense pas moins, Martine Aubry ? Car à gauche, plus que jamais, la clef se trouverait à Lille. Ce n'est pas un hasard si finalement, Martine Aubry va rencontrer prochainement Manuel Valls...


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (9 octobre 2014)
http://www.rakotoarison.eu

Pour aller plus loin :
François Hollande.
Manuel Valls.

Le couple Hollande-Valls.
Martine Aubry.

Arnaud Montebourg.
Aurélie Filippetti.
Benoît Hamon.
Pierre Moscovici.
Jean-Pierre Bel.
François Rebsamen.
Valérie Trierweiler.
Les sondages désastreux de la rentrée 2014.

yartiRentree201401

 


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3 réactions à cet article    


  • sophie 9 octobre 2014 14:32

    suite et fin : ouf !


    • agent ananas agent ananas 9 octobre 2014 19:46

      Casting calamiteux ? L’auteur aurait il préféré que Macron vienne de Goldman Sachs ? Il est vrai que la banque Rothschild en comparaison, fait poids plume...


      • zygzornifle zygzornifle 10 octobre 2014 08:06

        Ouverture de comptes en Suisse voila le passeur :

        Lorsqu’il exerçait comme avocat, Nicolas Sarkozy accompagnait ses clients fortunés pour gérer leurs affaires en Suisse.http://rue89.nouvelobs.com/2009/04/02/quand-sarkozy-lavocat-ne-meprisait-pas-les-paradis-fiscaux

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