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Reportage d’Acturevue en pleine manifestation : la colère gronde !

« Travailler plus pour mourir plus », « La retraite à 60 ans parce que je le Woerth bien » tels étaient les slogans que l’on pouvait apercevoir lors de la manifestation du 7 septembre qui a réuni, selon les syndicats, 2,7 millions de personnes.

 À en croire les syndicats, il fallait au moins 2 millions de manifestants pour pouvoir crier victoire bien que beaucoup ne « croient plus » à un recul du gouvernement.

En effet, pour Martine Aubry, la victoire n’aura lieu que « lorsque le gouvernement aura décidé de remettre complètement à plat cette réforme ». Elle ajoutait à Acturevue qu’une « réforme est nécessaire, mais qu’elle doit être juste dans la répartition des efforts financiers et juste aussi pour que les Français qui ont commencé à travailler tôt puissent partir plus tôt ».

Également interrogé par ActurevueBenoît Hamon déclarait avec conviction que « la mobilisation était réussite ». Elle est d’autant plus réussite que, selon lui, « le gouvernement a tout fait pour la faire échouer en expliquant que de toute façon la réforme passerait et en laissant passer l’été ». Le porte-parole du PS ajoutait ne pas être « optimiste » mas restait sûr d’une chose, c’est que « le gouvernement est au pied du mur ».

On ne pouvait pas non plus échapper à toutes les pancartes faisant allusion à la délicate position d’Eric Woerth. En pleine affaire Bettencourt, beaucoup disent qu’il ne peut conduire, avec toute la crédibilité et la sincérité que cela exige, la réforme des retraites.

Alors que selon Martine Aubry « il ne faut pas mélanger les choses, même si Eric Woerth a des problèmes avec la vérité. C’est ce que l’on remarque lorsque l’on voit ce qu’il a raconté aux Français sur la réforme, lorsque l’on voit la campagne télévisuelle qui a été faite avec l’argent des Français, qui racontent des choses fausses, notamment sur ce qui se passe à l’étranger ».

Benoît Hamon, lui, est plus radical et pense que la légitimité d’Eric Woerth est « quasi inexistante ». Il n’a surtout pas « la disponibilité d’esprit » précise Cécile Duflot qui estime « qu’il n’a pas non plus la capacité de se présenter comme un interlocuteur sincère, fiable et qui est incapable de mentir ».

Enfin, une chose était commune à tous les manifestants : la colère.

En effet, à travers chaque métier ou corporation, l’on pouvait entendre la souffrance et la révolte contre ce qu’ils appellent souvent un « matraquage social ». Anesthésiste et cardiologue à l’Hôpital Henri Mondor, le Docteur Canacié estime que le gouvernement « massacre les carrières du monde hospitalier ». Il ajoute que « le travail est de plus en plus dur avec un résultat en terme de vie qui est sans cesse dégradé et la réforme des retraites ne fait qu’aggraver la situation ».

Face à la colère qui gronde en France, face aux sondages toujours plus défavorables vis -à-vis du Président de la République, face à un ministre qui s’engouffre chaque jour plus profondément dans ses mensonges, le gouvernement peut-il passer en force une réforme des retraites qui, sur bien des points, reste injuste et inefficace ? Il reste à espérer que non et à attendre la suite le 23 septembre.

D.Perrotin

Propos recueillis par J-B.R, C.Merlaud et D.Perrotin à la manifestation à Paris le 07/09/10 http://www.acturevue.com

 

Interview de Jean-Luc Mélenchon 

 Acturevue

Pourquoi remettez-vous en cause les arguments démographiques du gouvernement à propos de la nécessité de réformer les retraites ?

J-L.M : On nous dit que le nombre d’actifs par rapport aux inactifs diminue et que par conséquent cela nécessiterait que l’on change la durée de cotisation et l’âge de départ à la retraite. Mais ce qu’il faut considérer, ce n’est pas le nombre de cotisants, mais la productivité du travail. Or, la productivité du travail fait qu’aujourd’hui deux personnes produisent ce que produisaient trois personnes il y a quinze ans. Par conséquent, le ratio est toujours le même et il n’y a pas besoin d’y toucher. Il apparaît beaucoup plus équitable de faire cotiser les hauts revenus financiers et d’augmenter le nombre d’emplois. 

 

Interview de Benoît Hamon

Acturevue

On a vu que vous vous étiez rapproché nettement d’Olivier Besancenot ces jours-ci, cela signifie-t-il que comme lui, vous êtes favorable au retour des 37,5 annuités de travail et de la suppression des réformes Balladur ?

B.H : Je n’ai pas les mêmes propositions qu’Olivier Besancenot, mais nous sommes d’accord sur le fait qu’il faudra revenir à l’âge légal de la retraite à 60 ans. Nous manifestons ensemble et participons à des meetings ensemble car nous savons que nous avons besoin de toute la gauche ; qu’elle soit rassemblée dans une bataille comme celle-ci. 

 

Martine Aubry livre quelques pistes sur le projet des socialistes pour 2012

Acturevue à la recherche d’un programme socialiste

Vendredi 27 août, lors de l’université d’été du PS et du MJS à La Rochelle, Martine Aubry a débattu avec les militants du MJS durant une heure et demie, sans caméra. Acturevue était tout de même présent.

Dans un jeu de questions-réponses entre les jeunes socialistes et la patronne du PS, cette dernière a dû aborder de nombreux sujets tels que le logement, l’emploi, les retraites ou encore le « care ».

Sujet central chez les jeunes socialistes, le logement fût le premier thème abordé entre la salle et Martine Aubry. La première secrétaire a d’abord rappelé qu’avant, la part des dépenses dues au logement correspondaient en moyenne à 15% du revenu des ménages ; aujourd’hui, cette part a explosé puisqu’elle est de 40% voire 50% pour certains ménages. La maire de Lille a ensuite dénoncé les niches fiscales. En effet, elle a rappelé que les dépenses de l’Etat en matière de logement qui s’élèvent à 30 milliards d’euros ne sont pas bien distribuées. Selon elle, parmi ces 30 milliards d’euros, 10 milliards sont versés à des ménages qui sont déjà propriétaires alors que de nombreuses personnes sont mal logées ou ne sont pas logées.

Martine Aubry propose de « contruire plus social, plus durable et plus mixte  ». Construire « plus social » renviendrait par exemple à l’obligation d’intégrer 1/3 de logements sociaux lors de la construction d’un bâtiment comprenant au moins 15 logements. Contruire « plus durable » serait d’intégrer la norme HQE (Haute Qualité Environnementale) dans les nouvelles constructions. Enfin, construire « plus mixte » s’inscrit dans l’idée « d’unir et de ne plus isoler ».

La gratuité des transports n’est pas possible pour le moment selon Mme Aubry. Il n’y a pas encore assez d’argent pour se permettre cela, bien que l’idée la séduise. Selon elle, « l’argent doit prioritairement être dépensé dans le logement notamment  ». Pour autant, elle souhaite instaurer « un coût réduit pour les transports domicile – travail et domicile – étude qui ne dépasse pas 1 euro par jour ».

Souhaitant prolonger les lois de 1986 et 2004 sur la décentralisation, Martine Aubry souhaite « conforter les rôles des régions et des métropoles et conforter les rôles des collectivités territoriales de proximité telles que les départements et les communes en leur donnant une vraie autonomie dans leur gestion et dans leur fiscalité ».

Elle souhaite également les démocratiser en instaurant de vrais scrutins à la proportionnelle. Enfin, dans le but de montrer aux français que les élus locaux socialistes se battent au quotidien pour la défense de leurs droits et non pas pour la défense de leurs postes, Martine Aubry organisera le 25 septembre des « portes ouvertes des collectivités territoriales » pour que les citoyens voient de l’intérieur leurs institutions. Elle a aussi rappelé que 70% des élus locaux ne sont pas rémunérés.

Concernant l’emploi, Martine Aubry a affirmé que certes, la crise a favorisé le chômage mais que celui–ci augmentait déjà avant la crise. Selon elle, « l’Etat se désengage de tout actuellement. Il n’y a plus de politique industrielle. Le gouvernement est bien trop libéral ». Elle a ainsi rappelé que l’Etat n’a pas hésité à aider la Bourse et les banques mais délaisse totalement les PME et les industries. Constatant que le chômage des jeunes est deux fois plus élevé que la moyenne nationale, «  la société doit pouvoir proposer un avenir à ses jeunes ». Selon elle, les emplois–jeunes « donneraient aux jeunes les moyens de gagner leur vie et de leur faire confiance  ».

La création de 350000 emplois–jeunes coûte 3,5 milliard d’euros par an, « soit autant que la baisse de la TVA à 5,5% dans la restauration qui n’a créé aucun emploi  ».

Martine Aubry reste cependant très floue au sujet des retraites. Elle a précisé qu’elle souhaite avoir un projet « juste et efficace » et appelle « les Français à descendre dans la rue le 7 septembre aux côtés des syndicats ».

Critique envers le gouvernement, Mme Aubry s’est indignée car « il fait semblant de régler le problème des retraites puisqu’ils piquent le fonds de réserve en ne taxant ni les stock–options, ni les grandes entreprises, tout en augmentant l’âge légal de départ à la retraite ». 

Enfin, la première secrétaire a souhaité réexpliquer ce qu’est la société du « care » qu’elle souhaite se voir dessiner en France. La « care » serait « une société où tous les hommes et femmes de culture, d’âge, de religion, de catégorie socioprofessionnelle différente auraient envie de vivre ensemble. Dans cette société, on regarde l’autre, y compris dans sa différence ».

Ces pistes montrent quelle est la ligne actuelle du Parti Socialiste mais ces propositions ne sont ni concrètes ni chiffrées. Le PS a donc encore un long chemin à faire pour élaborer un programme crédible à présenter aux Français. 

C.Merlaud

 Retrouvez les vidéos interviews sur http://www.acturevue.com


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1 réactions à cet article    


  • Kalki Kalki 10 septembre 2010 14:12

    AH la gauche et ce vide abyssal, cette absence d’idée, de réflexion, de vision à long terme, d’organisation, et de courage. Si vous acceptez d’évoluer, si vous acceptez la lecon, vous vivrez, sinon vous disparaitrez. POINT.

    Obama a déclaré que ces riches contribuables exonéré d’impot ( comme en france et ailleurs), sont "les gens qui sont moins susceptibles de dépenser l’argent" pour aider la croissance de l’économie. Ainsi il décide de remettre les taxes de l’époque de Bill Clinton, sur les plus riches.

    Obama defends opposition to tax cuts for rich Americans

    "With all the other budgetary pressures we have - with all the Republicans’ talk about wanting to shrink the deficit - they would have us borrow $700bn over the next ten years to give a tax cut of about $100,000 to folks who are already millionaires," he said.

    “These are the folks whose policies helped devastate our middle class and drive our economy into a ditch,” the President said.

    “We knew it would take time to reverse the damage of a decade’s worth of policies that saw a few folks prosper,” the President said. “It will take more time than any of us wants to dig out of the hole created by this economic crisis.”

    President Barack Obama strongly defended his opposition to extending Bush-era tax breaks for the wealthiest Americans on Wednesday and delivered a searing attack on Republicans and their House leader for advocating "the same philosophy that led to this mess in the first place."

    Of the debate over the expiring Bush tax cuts, Obama said, "I believe we ought to make the tax cuts for the middle class permanent. These families are the ones who saw their wages and incomes flatline over the last decade — and they deserve a break. And because they are more likely to spend on basic necessities, this will strengthen the economy as a whole."

    "But the Republican leader of the House doesn’t want to stop there. ... He and his party believe we should also give a permanent tax curt to the wealthiest 2 percent of Americans.« Obama said these taxpayers were  »folks who are LESS LIKELY TO SPEND MONEY" to help the economy grow.

    RSA Animate - Crises of Capitalism, ( expliqué aux « économistes »)

    AND BY THE WAY : THIS WAR IS OVER . Cette guerre des classes est terminée.

    il est temps de FAIRE LA PAIX ECONOMIQUE

    Restez humble : tout absolument tout peut être fait avec des machines : y compris votre « travail ».

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