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Accueil du site > Actualités > Politique > Révolution sous les lambris ?

Révolution sous les lambris ?

La victoire de la gauche dans ce renouvellement partiel de la Haute Assemblée était une hypothèse entretenue depuis quelques semaines et largement crédible. Elle permet en premier lieu de balayer certaines critiques faisant état d’une impossibilité d’alternance au Sénat.

La composition de cette assemblée n’est pas le résultat d’un vote direct des citoyens. Elle reflète le positionnement des élus locaux, municipaux, départementaux, régionaux et de grands électeurs élus par ces diverses assemblées locales. C’est la raison pour laquelle on la désigne souvent comme « l’assemblée des territoires ». Si le Sénat devait être la « photocopie » de l’Assemblée Nationale, élue selon les mêmes modalités et en fonction des mêmes critères, il faudrait se poser la question de son utilité.

Il est donc très logique que les mouvements au sein de cette assemblée soient plus lents, plus amortis. Il est à remarquer également que des réformes récentes promues par Nicolas Sarkozy réduisent la durée du mandat des sénateurs et surtout c’était la première fois que le renouvellement intéressait le même jour la moitié de l’aéropage, alors qu’avant la réforme, le renouvellement s’effectuait par tiers. Le renouvellement par tiers ralentissait encore la prise en compte des changements sur le terrain. Les projets de réforme des collectivités territoriales, la fusion conseil généraux et régionaux sous-jacente, n’auront pas été sans impact sur le vote des élus locaux hier.

Ensuite, il faut savoir que les notions purement politiciennes ou partisanes, peuvent parfois réserver des surprises dans cette instance : des groupes inusités, des positionnement inhabituels, s’y développent, permettant parfois un certain flou dans l’appréciation des forces en présence lorsqu’il s’agit d’un vote personnel et à bulletins secrets. Il faudra donc attendre samedi prochain et l’élection à la présidence pour apprécier définitivementt la situation.

Il faut rappeler également que le Sénat peut certes gêner l’exécutif par des obstructions ou des amendements, provoquant les fameuse « navettes » des textes de Loi , mais qu’en dernier ressort la parole reste en priorité à l’Assemblée Nationale si les deux assemblées ne réussissent pas à se mettre d’accord à l’issue des « navettes ».

C’est pourquoi, cette victoire attendue de la gauche si elle représente effectivement un caractère hautement symbolique, n’est pas le « tremblement de terre » que décrivent certains. Elle n’empêche pas l’exécutif de faire aboutir ses projets. Il sera donc impossible à ce dernier d’invoquer cette « bascule » pour justifier l’immobilisme : sauf pour ce qui concerne « la règle d’or » bien sûr. Parallèlement l’opposition actuelle devenue majoritaire ne pourra plus invoquer l’impossibilité de l’alternance. Pour ces raisons l’alternance au Luxembourg, logique, est plutôt une bonne chose.

Une autre incidence du changement éventuel de présidence au Sénat, réside dans les pouvoirs de « nomination » au Conseil constitutionnel et autres instances importantes. Le Président du Sénat est le deuxième « personnage » de l’État dans le protocole de la République. On se rappellera l’intérim assuré par Alain Poher lors du décès de Georges Pompidou.

Il reste maintenant à la gauche à faire la preuve de son unité. Le PS n’est pas le seul gagnant, il devra tenir compte des Verts des Radicaux et du fameux groupe RDSE etc. C’est dire que les couloirs vont bruisser pendant ces quelques jours qui nous séparent de l’élection du Président, certes, mais aussi des présidents de commissions, des questeurs etc. C’est aussi la responsabilité de la gauche de prouver qu’elle offre effectivement une alternative crédible, une majorité soudée. Avec une marge de manœuvre relativement courte, tous les « coups tordus » sont possibles.

Pour terminer cette réflexion à chaud sur le « basculement » du Sénat, il était amusant d’entendre hier soir les divers responsables de la gauche victorieuse, s’épancher sur ce grand « moment » démocratique. C’est très curieux ; avant la victoire le scrutin était qualifié d’inique, d’antidémocratique. La victoire le revêt immédiatement des habits d’un grand succès de la démocratie. Résumons : quand la gauche gagne c’est un succès de la démocratie, quand c’est la droite, c’est inique et antidémocratique ! Comprenne qui pourra …

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14 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 26 septembre 2011 10:06

    Revolution, revoluyion, pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué, la révolution a commencé en France il y a une bonne vingtaine d’années, les signes avant coureurs ont été nombreux,
    mais personne n’y a fait réellement attention. Ou plutôt si, certains l’ont vu mais
    n’ont pas été entendus. Ça n’est pas aussi spectaculaire qu’en Tunisie ou en Égypte
    mais c’est terriblement efficace. Cette révolution silencieuse et pernicieuse, avance
    par étape, mais plus son enracinement est profond, et plus son offensive devient
    globale. La révolution ne se fait pas en un jour, c’est un processus long.Voir :
    http://2ccr.unblog.fr/2011/02/06/en-france-aussi-la-revolution/


    • Kalki Kalki 26 septembre 2011 11:51

      Votez PIRATE

      Vous ne serez pas déçus : NOURRITURE ET ÉNERGIE ET TRANSPORT POUR TOUS, PAR TOUS

      Votez pirates :

      9% pour le Parti Pirate à Berlin ! Et si la politique pouvait vraiment être réformée ? Adieu l’UMPS : retour d’un meilleur niveau de vie !

      Nourriture libre et énergie libre .... ca vous dit quelque chose, vous devez vous recentrer

      50 euro de matériel pour produire votre nouriture , ca serait un bon slogan politique

      Pour des habitants totalement autonomes, il ne manque plus que a) de l’énergie renouvelable , et b) des fertilisants et engrais, biologiques, ou produit à partir d’un écosystème … les algues par exemple pour obtenir l’équivalent pétro chimique naturel. c) Soit de la conscience, et de la conscience politique : pas de la décroissance, mais du partage inconditionnel de la sur abondance ! le pouvoir d’achat conditionne la prospérité réelle d) des échanges d’informations sur un réseau respectant à jamais la neutralité du net e) Une mobilité ‘verte’ garantie, f) De la justice, et une intégrité des données / entités / individus

      Ce n’est pas tant, ou pas seulement les moyens de productions qu’il faut se réapproprier, mais bien plus le droit au dividende sur les ressources – qui surabondent  : et donc ni une taxe, ni un pouvoir d’achat basée sur le travail. Espérons que vous comprenez comment fonctionne l’économie basée sur les ressources : prenons l’exemple du pétrole ou son prix est arbitraire, sa quantité en stock truqué … « pour des raisons politiques et économiques », il n’y a pas que le pétrole … l’énergie est abondante. Second exemple : le travail qui disparait car il y a sur abondance de force de travail – y compris machine – dans tous les secteurs est il un problème ? … Est ce que cela empêche le partage pourtant nécessaire ? L’effet de comprendre l’économie de l’abondance, et de l’infinité des ressources, et le passage psychologique vers celle ci permet une « ‘explosion’ de croissance économique » … ou sinon tout du moins une vie bien remplie, pour tous.

      Les hackers / citoyennistes doivent donc prendre le pouvoir politique, suivant eux mêmes les règles des pirates : partage – celui qui a besoin assouvi son besoin, la communauté et le bien commun avant tout, et le chef n’a pas plus que deux fois la part de celle d’un autre. A l’abordage !!!


    • Emmanuel Aguéra LeManu 26 septembre 2011 10:18

      Rien à braire des états d’âme de la droite. Elle se prend une (première) claque et ça fait du bien.
      Pour le reste, voyez entre vous.


      • Yvance77 26 septembre 2011 10:34

        Salut,

        Ce que l’on entend pas assez est que la chambre sénatoriale est un « machin » parfaitement inutile, coûteux, et qui permet de maintenir des potentats locaux, tout en dilapidant l’argent des contribuables.


        • Fergus Fergus 26 septembre 2011 10:40

          Bonjour, Jlhuss.

          L’ironie finale sur la gauche est quelque peu déplacée dans la mesure où, malgré cette victoire évidente de la démocratie en dépit de l’état actuel du vote, le scrutin sénatorial reste effectivement inique. Malgré les ajustements récents, il continue en effet de favoriser outrageusement le vote rural, traditionnellement droitier, relativement au vote urbain. Cette anomalie en forme de déni de démocratie devra être corrigée.

          Autre chose : le président du Sénat ne nomme pas seulement un membre du Conseil constitutionnel, mais également (sauf erreur de ma part) des personnalités au Conseil économique et social et à la Cour des comptes.


          • RogerTroutman RogerTroutman 26 septembre 2011 10:58

            Chute de quoi de qui ? La « gauche » a gagné, la « droite » a perdu, la belle affaire. L’umPS a gagné, l’UMPs a perdu. Blanc bonnet, bonnet blanc. Ils ont tous milité pour le Oui de Maastricht, ils voulaient tous recapitaliser les banques avec vos impôts en 2009 et veulent toujours tous le faire aujourd’hui encore, ils ont tous besoin de plus de sans papiers pour faire baisser les salaires et traiter les céfrans de franchouillards racistes, ils ont tous applaudit quand Sarkö nous a enfilé sa vraie-fausse constitution européenne dans la rondelle... Ils se partagent le pouvoir depuis 40 ans, mais dinent ensemble tous les mois au Siècle.

             La seule division que je vois entre la « gauche » et la « droite » c’est....heu....bah non en fait j’en vois pas.

            • Alexis_Barecq Alexis_Barecq 26 septembre 2011 12:53


              Assez de cette dictature démocratique. On pille les pays d’Europe au profit de l’Empire US, on pille l’Afrique, au besoin à l’aide de guerres d’agressions comme en Libye... Bicaméralisme ? Mais de qui se moque-t-on ? C’est une vaste escroquerie intellectuelle que de nommer ça « démocratie ».


              • Vipère Vipère 26 septembre 2011 17:55

                Tès bien nourris, logés somptueusement dans de beaux H.L.M hausmaniens, blanchis par du petit personnel, transportés par un chauffeur particulier, et en prime « une koursi en or » !!!

                Beaucoup d’appelés et peu d’élus pour trôner sur la chaise de sénateurs qui est très demandée !!!






              • Voxien2011 26 septembre 2011 17:07

                Bravo l’aristocratie, le PS et l’UMP, ils savent partager.

                Au bout de la course, le koursi (la chaise) du pouvoir.

                Qu’elle est confortable cette chaise !


                • Vipère Vipère 26 septembre 2011 18:03

                  Au Palais du Luxembourg, une fois par an, est organisé des portes ouvertes, pour que le petit peuple puisse voir les chaises des sénateurs !

                  Celle de Gérard LARCHER doit valoir le coup d’oeil !!!


                • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 26 septembre 2011 17:11

                   À l’auteur,

                  La réduction à six ans du mandat des sénateurs (et par voie de conséquence, son renouvellement par moitié et plus par tiers) n’a rien à voir avec la réforme des institutions du 23 juillet 2008 émanant de Nicolas Sarkozy mais provient de la loi organique n° 2003-696 du 30 juillet 2003, soit bien avant l’élection de Nicolas Sarkozy. Pour des raisons techniques (sénateurs élus pour 9 ans, parfois même pour 10 ans à cause de 2008), la réforme de 2003 s’applique pleinement seulement en 2011.

                  Par ailleurs, loin d’être un aréopage (encore moins un « aéropage » !), le Sénat est une assemblée ouverte organisant des manifestations très courues des professionnels en faveur de l’innovation, de la valorisation de la recherche etc. et a su améliorer le texte de nombreuses lois (aujourd’hui, il pourra créer des commissions d’enquête sur des sujets qui pourraient fâcher l’Exécutif).

                  Cordialement.


                  • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 29 septembre 2011 09:04

                    Non, ce n’est pas de la blague. Votre réaction montre que vous ne connaissez manifestement pas le Sénat qui s’est beaucoup ouvert sur le monde économique et social depuis la fin des années 1990.

                    Je vous livre quelques liens juste pour votre information.

                    Sur l’apprentissage :
                    http://www.senat.fr/evenement/maf/2011/index.html
                    http://www.entreprises.senat.fr/rubrique.php3?id_rubrique=68

                    Sur l’environnement :
                    http://www.senat.fr/evenement/rendez_vous_citoyens/eco_11_2007/index.html

                    Sur les banlieues :
                    http://www.senat.fr/evenement/talents_cites/2010/palmares.html

                    Sur les entreprises et l’innovation :
                    http://laviederev.net/news@REV/FEVRIER%202011/1_CP%20Tremplin%20Entreprises%202011.pdf

                    Cordialement.


                  • Ptetmai 26 septembre 2011 17:38

                    Excellente conclusion.

                     Cette élection sénatoriale comme les précédentes, comme les européennes, comme les régionales est amorale et « anti-démocratique »

                    Même si c’est des canailles, le ou les premiers de liste sont élus ou réélus à l’avance , sans aucun mérite, de par la position que leur attribue l’état-major parisien de leur parti.

                    Ce que nous appelons « la démocratie », c’est vraiment de la médiocratie.

                    Avec, comme toujours, quelques rares exceptions


                    • Sylvain Rakotoarison Sylvain Rakotoarison 27 septembre 2011 09:03

                       À Ptetmai

                      Eh oui, c’est l’inconvénient majeur du scrutin proportionnel qui est le scrutin préféré des partisans du régime des partis. Certains voudraient l’instituer aussi pour les législatives, mais c’est une erreur.

                      Cela dit, dans le cas des petits départements, le scrutin majoritaire des sénatoriales n’est pas vraiment adapté non plus à une répartition équitable puisque lorsqu’il y a une majorité de grands électeurs dans un camp, il permet de rafler la totalité des sièges (c’est le cas du Morbihan... mais à l’avantage du PS !).

                      Cordialement.

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