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Accueil du site > Actualités > Politique > RGPP : et si on allait voir ce qui se cache derrière ?

RGPP : et si on allait voir ce qui se cache derrière ?

De partout où il y a un mouvement social, on entend parler de la RGPP. Mais ça sort d’où ? Plutôt qu’une protestation frontale vouée à l’échec, puisque les intérêts financiers ont lavé le cerveau des Français pour qu’ils croient que les réformes c’est le bon sens, allons voir ce qui se cache derrière la RGPP pour attaquer le mal à la racine.

Vous avez cru que les suppressions de tribunaux, de postes d’enseignants, d’hôpitaux, de bases militaires, etc. étaient des réformes menées par le gouvernement ? Eh bien voilà encore un mythe qui tombe : les 336 mesures issues de la RGPP sont l’œuvre de la finance anglo-saxonne. Si « l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie » [1] était considérée pendant longtemps comme une condition de la liberté et de l’indépendance, nous nous devons de dénoncer aujourd’hui une oligarchie financière qui s’est immiscée jusque dans les cabinets de la République.

Dette et terreur budgétaire

D’après le ministère de la Fonction publique ainsi que les services du Premier Ministre, la Révision générale des politiques publiques (RGPP), lancée en juin 2007 par celui qui venait tout juste de prendre sa fonction de président de la République, émane directement des recommandations du rapport Pébereau sur la dette, commandé en 2005 par l’ancien PDG de l’Economie, Thierry Breton.

Vous vous rappelez sûrement de cette campagne de battage médiatique qui commença alors en décembre 2005, à 15 mois des élections présidentielles, et qui avait pour but de « préparer l’opinion à une sévère cure d’austérité », comme le disait sans gêne Le Figaro de l’époque.

Michel Pébereau n’est pas seulement le président de BNP-Paribas, mais il dirige aussi l’Institut Aspen (l’un des nombreux groupes de « réflexion » de l’oligarchie financière internationale) et l’Institut de l’Entreprise. Avec ce dernier ils avaient décidé en 2006 « d’intervenir dans l’agenda de l’élection présidentielle » en orchestrant une véritable terreur budgétaire grâce à laquelle tout débat sur l’avenir, les investissements publics et les grands projets, avait été exclu de la campagne (souvenez vous du fameux « chiffrage » des programmes).

Néanmoins, toute cette propagande reposait sur une fraude : la dette publique est à moitié constituée d’intérêts et ne correspond donc pas à des dépenses faramineuses dont on essaye de nous rendre coupables. Entre 1980 et 2006, la dette de l’Etat s’est accrue de 913 milliards d’euros, mais dans le même temps, la France a remboursé 1176 milliards d’intérêts [2] aux grandes banques françaises et internationales, dont la BNP-Paribas.

Les cost-killers débarquent

Consciencieux et scrupuleux, Michel Pébereau a pris à cœur d’être le coach de cette cure d’amaigrissement « slim fast ». Il siège aujourd’hui au comité de suivi de la RGPP, où les équipes procédant à l’audit de l’Etat doivent présenter leurs travaux. Et comme « il ne saurait exister de différence entre bonne gestion publique et bonne gestion privée » (tel que le président de BNP-Paribas aimait à le rappeler avec insistance lors de sa tournée de promo antidette pendant l’année 2006), quoi de plus naturel que de s’en remettre aux cabinets d’audit les plus prestigieux au monde pour aller fouiller « dans tous les coins et recoins » (dixit Eric Woerth) des ministères et de l’administration.

Les consultants de chez Deloitte, du Boston Consulting Group, de McKinsey, ou encore d’Accenture (un reliquat du géant feu Arthur Andersen, démantelé sur décision de justice en 2002 après le scandale Enron) ne sont pas dépaysés lorsqu’ils doivent rendre leurs comptes puisque le ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, Eric Woerth, a été directeur associé chez Arthur Andersen pendant six ans. Soucieux de s’assurer que dans les ministères, l’action succède aux recommandations de ses anciens collègues, il a nommé à la tête de la Direction générale de la modernisation de l’Etat le polytechnicien François-Daniel Migeon, tout frais sorti de deux années chez McKinsey.

On se retrouve donc avec des inquisiteurs financiers travaillant pour le compte des plus gros intérêts économiques de la planète plein nos institutions, planifiant avec zèle la réorganisation de la Justice, du ministère de l’Intérieur ou de l’Armée française. Le cabinet international Roland Berger Strategy Consultants, qui conseille Rachida Dati, explique simplement que « le gouvernement est comme une entreprise, avec un DG – le Premier Ministre – et des patrons de "business units" les ministres – qui recourent à nos méthodes, éprouvées dans les grandes firmes, pour faire mieux et moins cher ». Si on en déduit que les fonctionnaires sont donc les employés de cette entreprise France, est-on en train de nous expliquer que les Français servent de matière première ?

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Notes :

[1] Les jours heureux – Programme du Conseil national de la Résistance, adopté et publié dans la clandestinité le 15 mars 1944.

[2] Les dix plus gros mensonges sur l’économie, Philippe Derudder et André-Jacques Holbecq, Dangles, 2007


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24 réactions à cet article    


  • takakroar 25 juillet 2008 12:03

    Je crois que l’on a installé aux affaires de l’état les clones des "chicago boys" qui ont "fait leurs preuves" dans de nombreux pays comme le rappelle Naomi Klein dans son livre "la stratégie du choc".

    Cette façon de démanteler l’Etat aux profits des grands groupes et des grandes banques s’est accompagnée partout d’une extension de la pauvreté pour les plus pauvres et de l’augmentation du nombre de ceux-ci avec l’appauvrissement des cadres et d’une augmentation énormes des revenus des plus riches. Ce qui permet, en additionnant le tout d’afficher, dans certains, cas une augmentation du revenu moyen, pour glorifier la méthode...

    Le tout, bien sûr, accompagné d’un recul de la démocratie et des mesures d’intimidation pour décourager toute velléité de protestation.

    . Quand on a lu ce livre de Naomi Klein., Nombreux sont les signaux qui prêtent à penser que les français qui ne sont pas du bon côté de la société ne vont pas tarder à affronter cette "thérapie de choc".


    • bobbygre bobbygre 25 juillet 2008 12:37

      Et les Français, on les connait...
      Ah, ça ira, ça ira, ça ira....


    • Emmanuel W 25 juillet 2008 14:04

      Exact Takakroâr, en une phrase :

      faire croire au désastre, quitte à le provoquer, pour faire avaler plus facilement la sainte trinité, privatisation, dérégulation, baisse des fonds publics.

      Contre-stratégie : se démerder pour limiter ses échanges monétarisés.


    • Vincent Perrier-Trudov Vincent Perrier-Trudov 25 juillet 2008 13:33

      Ce qui se cache derrière la RGPP, c’est que l’administration française est mal organisée, et que les premiers empêchés de faire correctement leur travail, ce sont les fonctionnaires eux-mêmes.

      Par l’empilement des missions, organismes, directions locales dans tous les sens, on a créé un monstre d’inefficacité, apte à décourager les serviteurs de l’Etat les plus zélés.

      La RGPP n’est ni plus ni moins que le processus d’amélioration de l’organisation des services de l’Etat.

      Putôt que, lorsque quelque chose ne fonctionne pas bien, rajouter des dépenses aux dépenses, il me semble tout à fait sain de se poser la question de savoir si on peut faire autrement.

      Et, croyez moi, il y a plein de choses que l’on peut faire autrement...

      http://vincentperriertrudov.wordpress.com


      • Bertrand Bertrand 25 juillet 2008 13:55

        Je ne crois pas que l’on doit se limiter à la vision complètement réductrice et négative de l’Etat telle qu’elle a été batie depuis 25 ans.

        J’ai parlé avec un gars du ministère de l’agriculture qui a débuté dans les années 60. Il disait qu’à l’époque, il y avait un enthousiasme qui animait les gens car ils avaient pour mission de développer, de transformer complètement la France. : leur mission était d’organiser l’autosuffisance alimentaire de la France, créer les ressources en eau douce notamment dans le sud (Provence, Gascogne), faire des percer technologique et scientifique dans le domaine agricole et les rendre accessible à tous les agriculteurs (INRA), etc. A l’époque, y avait une vision pour l’avenir (Commissariat au plan) et on s’en donnait les moyens (Banque de France et Trésor public qui organise le crédit public à bas taux).

        Aujourd’hui on a toujours besoin de transformer le pays, mais y’a pas de vision et pas de moyen. Ce que me disait ce messieurs sur le ministère de l’agriculture en particulier mais ça s’applique ailleurs je pense, c’est que 1) les gens au ministère se font chier 2) evidemment puisque y’a plus de mission, alors y’a plus besoin du personnel.

        Donc, plutôt que de se résigner à la logique financière, on ferait mieux de remettre en cause la pacte de stabilité, la politique anti-développement de la BCE, et remettre la transformation de la France sur l’agenda politique.

         


      • JPL 25 juillet 2008 20:22

        à Vincent Perrier-Trudov

        Votre présentation de la RGPP relève un peu de l’optimisme béat.

        Pour l’heure la seule chose claire au titre de la RGPP est le non remplacement d’un départ à la retraite sur deux.

        Il y avait eu des déclarations prometteuses en 2007, par exemple M. Santini évoquant des ministères centrés autour de missions (et non d’administrations) et susceptibles de reconfiguration régulière au cour du temps.

        Aujourd’hui  :


        - aucune direction claire de réforme de l’état n’a émergé, on est toujours à parler d’un objectif général, sans stratégie définie, sans orientations claires


        - les cabinets ministériels sont plus pléthoriques que jamais (jusqu’à une petite quarantaine de personnes), à l’image de l’Elysée qui atteint un millier de personnes contre 200 à 300 dans les années 80 et environ 700 sous M Chirac. Que font des cabinets aussi pléthoriques : du micromanagement, de l’entrisme etc. sûrement pas de la stratégie et de la réforme des processus...

        Tant que ce sera cela, ce sera non seulement un machin qui fait du sur place comme actuellement, mais aussi sans doute et surtout un cache du plan de rigueur en cours de mise en place.



      • JPL 25 juillet 2008 20:28

        à Bertrand

        Pourquoi pour vous la " vision complètement réductrice et négative de l’Etat" ... "a été batie depuis 25 ans" ?
        Vous avez mal calculé... vous vouliez dire depuis 1981 et vous avez tapé sur 1983, dommage...

        Au-delà de la naïveté du propos quelques faits :

        - le commissariat général au plan que vous regrettez a été supprimé en 2005 (M. Raffarin premier ministre, M Chirac président).

        - la fonction publique n’était pas moins au clair quant à ses missions dans les années 80 que dans les années 60, vos amis du ministère de l’agriculture doivent ête des cas atypiques

        En revanche, il est vrai que les fonctionnaires, à force depuis vingt ans de s’entendre dire par la droite et par une part croissante de français qu’ils sont une engeance nuisible à réduire le plus possible et le plus vite possible,... ont du vague à l’âme.
        Vous devriez aussi vous intéresser aussi
        à ce facteur là...


      • Bertrand Bertrand 26 juillet 2008 01:18

        @ JPL

        Merci d’avoir éclairer notre lanterne !

        Le commissariat général au plan ce n’est pas un nom ou une fonction. C’est un organe d’animation dans un corps économique vivant. Ca fait depuis bien avant 2005 que la planification a disparue.
        Considérons même la période 1971-73 où Wormser et VGE interdisent à la Banque de France d’octroyer des avances au Trésor, qui pouvait ensuite orienter ce crédit à bas taux vers les projets déterminés par le plan.

        Donc dans les années 80, on a plus de financement et la réalisation de projet chute. On abandonne l’aménagement du territoire tout en le délégant aux régions et aux départements qui n’ont pas les moyens gigantesque que l’Etat avait avec le crédit public...





      • JPL 26 juillet 2008 12:21

        à Bertrand

        Je vous accorde bien volontiers que le Commissariat général au plan avait cessé d’exister avant 2005, mais certainement pas dès les années 80.

        Pour ce qui est de la décentralisation des années 80 (première vague donc) je ne suis pas d’accord pour dire qu’elle aurait tué la stratégie de l’état, car c’est bien de cela qu’il s’agit.

        Ce qui est vrai en revanche c’est que la contrainte économique s’est renforcée année après année depuis 30 ans (crises économiques diverses, monnaie qui ne dépend plus de l’état, nombreuses contraintes acceptées dans le cadre de l’UE, coupes dans les impôts qui enlèvent encore de la capacité d’action, poids croissant du remboursement de la dette...).
        Du coup alors que l’état tout puissant et en période de croissance (que certains croyaient infinie) des années 60 pouvait beaucoup décider et investir, l’état en est arrivé aujourd’hui à organiser son rétrécissement.



      • takakroar 25 juillet 2008 14:14

        "Le gouvernement est comme une entreprise..."

        Je reprends un lien qui était donné il y a plusieurs mois dans un article écrit sur AgoraVox :

        http://www.bancpublic.be/PAGES/106eer.htm

        A tître d’exemple, s’agissant plus particulièrement de l’éducation, gigantesque marché potentiel. Il est intéressant de voir que l’Europe, à travers l’OCDE, donne aux Etats d’excellents conseils pour éviter les vagues en allant vers une privatisation générale :

        http://daniel.calin.free.fr/ocde.pdf

        Le passage relatif à l’enseignement se trouve page 30 au chapitre :"les mesures de stabilisations peu dangereuses". On remarquera l’art dont fait preuve l’OCDE pour trouver les expressions soft pour envelopper un contenu hard. Le rapport s’intitule d’ailleurs " La faisabilité politique de l’ajustement"...

        Au passage, s’agissant du premier lien, on appréciera (!) le cynisme du texte introductif qui éclaire bien sur la direction générale à laquelle se rallient les puissants de ce monde La barque est trop chargée (surpopulation), il n’y aura plus assez de vivres pour tout le monde (surexploitation des ressources), il faut sacrifier des passagers. Rien à dire sur la logique du raisonnement....

        Surtout si, refusant de voir, on pense que les passagers en trop, ce sont les autres...







        • takakroar 25 juillet 2008 14:52

          Le rôle des fonctionnaires...

          Retraité de la fonction publique, j’ai travaillé dans des services mettant en place dans les années 58, un service de psychologie du travail et d’ergonomie (physiologie du travail, à l’époque). Notre expertise était reconnue "sur la place de Paris", mais notre utilisation plus sollicitée en dehors de l’Administration qu’en dedans.

          Quelques années plus tard j’ai travaillé au Ministère de la même administration dans le service social où, de la même manière d’autres administrations venaient nous consulter, enfin dans un service d’audit interne où les sociétés privées (forcémént plus compétentes) appelées sur les mêmes sujets et payée grassement s’adressaient à nous pour faire leur enquête...

          Dans ces années où on trouvait facilement du travail, de nombreux fonctionnaires choisissaient cette voie avec une "certaine idée" de leur métier orienté vers le "bien commun". Je sais, çà fait con à l’heure actuelle.

          Il y avait de nombreuses compétences, de nombreuses études, de nombreux rapports désintéressés parce qu’il n’y avait aucune pression ni aucun intèrêt financier en jeu pour ceux qui les établissaient, sur des tas de sujet. Mais déjà, l’avis personnel du décideur, du ministre, influencé par une anecdote personnelle ou un lobyiste, ou par la crainte de déplaire, rendait inutile tout le travail des fonctionnaires.

          Maintenant la tendance n’a fait que s’accentuer.

          Alors oui, des tas de fonctionnaires peuvent ne servir à rien, alors donc autant les virer, mais surtout pas à cause de leur incompétence. L’incompétence est du côté des décideurs qui, plus préoccupés de leur carrière que de l’efficacité du service public n’ont jamais voulu mettre en valeur les richesses humaines de leur administrations, préférant à toute idée novatrice et productive, le "surtout pas de vagues".

          Retraité depuis quelques années après 38 ans de service (je précise car on imagine tellement de choses sur ces planqués de fonctionnaires), j’ai vu mon Administration détricoter tout ce qui avait été construit et mal utilisé, avant de filer vers la privatisation sans que ni le sort de ses employés, ni l’efficacité de son service ne se soit amélioré.



        • JL JL 25 juillet 2008 15:13

          "Le problème de fond est que la rhétorique du marché est brandie de manière sélective : elle est revendiquée quand elle sert des intérêts particuliers et rejetée quand ce n’est pas le cas." (J. Stigliz : la fin du néolibéralisme )

          La privatisation des services publics ne peut que dégrader les services, les preuves sont accablantes : centrales nucléaires, canalisations De gaz, marché de l’eau, etc. etc.

          L’Etat une entreprise ? c’est une hérésie qui ne peut servir que de cache misère à la logique libérale : si l’Etat était une entreprise, pourquoi alors est-il impossible à l’Etat d’emprunter aux banques ? Que les libéraux répondent à ctte question

           



        • diver diver 25 juillet 2008 14:39

          Bien que je sois d’accord sur le fond de l’article, je propose l’idée que la RGPP n’est que l’application des accords dits de l’"AGCS" (signés dans les années 1990). Accords qui visaient à transformer tout ce qui est vendable en service que de grands groupe peuvent proposer.

          A mon sens il reste effectivement à détruire complétement ce qui reste de l’éducation nationale et de l’université et de traiter le problème de la santé publique.

          Les services de la Justice et des armées, y compris l’intérieur resteront seuls des services de l’état. Tout le reste peut être réalisé par des entreprises privées.

          La réduction des moyens de la justice permet de faire trainer les affaires pour lesquelles les citoyens ont élévé des recours contre les services proposés par des grands groupes industriels.

          Du pur libéralisme : Plus de contrôles régaliens qui viendraient contrer les intérêts des société en charge des services au public.
          CQFD


          • Nous tenons à démentir formellement les informations selon lesquelles le cabinet Roland Berger conseillerait Madame Rachida Dati. Cette information est erronnée. Aucun cabinet privé ne conseille Madame Dati dans le cadre de la Révision Générale des Politiques Publiques.

            Service de presse de Madame Rachida Dati, Garde des Sceaux, ministre de la Justice


            • Bertrand Bertrand 25 juillet 2008 15:18

              C’est ce qu’a affirmé le magazine Capital de Mars 2008, p.30 "Nos ministres se paient des consultants de luxe" par Arnaud Bouillin.

              Cet article affirme d’ailleurs que ces sont les "partners" de ce même cabinet qui ont concocté la simplification du divorce par consentement (remplaçant les juges par les notaires et réduisant donc le recours aux avocats), et ceci pour faire économiser au ministère 40 millions d’aide juridictionnelle. Avez-vous démenti cette information ? Et si Mme Dati n’est pas conseillée par un cabinet privé dans le cadre de la RGPP, est-ce le cas par ailleurs ?

              En tous cas, merci pour votre réactivité.


            • Christophe 25 juillet 2008 15:31

              @ Service de presse de Madame Rachida Dati,

              Je suis un peu étonné de vous voir affirmer que Madame la ministre n’a pas eu besoin de demander avis et conseils à des entités privées dans le cadre des RGPP ?

              Elle et ses conseillés (publics) doivent en savoir des choses...


            • JL JL 25 juillet 2008 15:01

              Bon article, bons commentaires. L’absence d’opposition est symptomatique. Je dirais qu’entre le PS et l’UMP, les moyens sont différents, la fin est la même ; le premier réformait en catimini, le second le fait "à la hussarde", autrement dit une "stratégie de choc".par Olivier Bonnet

              "Les Etats-Unis dépensent pour la santé deux fois plus par tête d’habitant que les autres grands pays industrialisés, et les coûts continuent à augmenter plus vite que les revenus", à lire là : "Qui veut du modèle libéral ?"

              La privatisation des services publics c’est de la prédation.


              • zelectron zelectron 25 juillet 2008 17:28

                Ceux qui siègent dans ces commissions, organismes et ministères sont directement en conflits d’intérets avec leurs employeurs et ou associés passés actuels ou futurs, je me demande si un simple et obsur comptable ne ferait pas l’affaire et découvrirait tout les jours un nouveau pot aux roses, notre seule consolation serai le parfum ennivrant... quoique les roses OGM...


                • Cug Cug 25 juillet 2008 18:23

                  L’oligarchie financière est en place et elle contrôle le système, l’état n’est plus qu’une façade pour laisser penser que rien n’a changé.
                  Jusqu’à présent sa réthorique était l’apport dans le monde de la démocratie de marché elle même pourvoyeuse de progrés tirant le tout vers le haut, une méchante mascarade ... les résultats commencent à poindre, inégalités croissante incroyables, contrôle des populations dont certaines deviennent "jetables" si non utiles au système, destruction de l’environnement sur l’hotel du profit, etc etc ...


                  • Bertrand Bertrand 25 juillet 2008 19:03

                    Non, justement.

                    Faut arrêtez de fixer sur sarko, ça rend aveugle !

                    Y’a une bataille sur cette planète pour savoir si les peuples et les nations vont survivre où si on va aller dans un krach démographique et économique.

                    Arrêtons donc de nous identifier à un schéma réducteur "les riches dominent les pauvres", parce que ça rend impuissant. Soit on bâti des républiques contre toute les oligarchies, soit rien. Si y’a quelque chose a démentelé aujourd’hui, c’est que y’a eu quelquechose de bâti hier. Et je pense pas qu’au CNR il passait leur temps à pleurnicher sur leur sort, sur comment la situation était terrible et inéluctable.

                    Je conseille une bonne relecture du programme du CNR, ça aide à penser grand.


                    • fredleborgne fredleborgne 27 juillet 2008 12:20

                      Derrière, il y a l’OCP et Robocop.

                      L’image est faible, j’en conviens, mais le sabotage systématique des institutions n’a que pour but la fin du système équilibré français, ce qui n’empêche pas certains "grands patrons" d’avoir au sein des institutions françaises des placards dorés.

                      Les politiciens, mi-complices, mi-contraints (besoins financiers pour campagne électorale), bradent ainsi pour quelques miettes personnelles les avoirs de la populations.

                      Ce n’est pas grave. On peut tout récupérer du jour au lendemain, avec des fourches, des tournevis, et pourquoi pas des poêles, des casseroles ou des panneaux de circulation. En 1789, il y avait beaucoup moins de métal disponible. Les pieux étaient en bois durcis par le feu et supportait très bien les anciennes "têtes pensantes".

                      Les effectifs de l’armée baisse. Tant mieux. Ce ne sont pas les gendarmes et les policiers qui seront assez nombreux pour arrêter les vagues de manifestants.

                      Je fais de la provoc ? Le traitement de choc auquel la France est soumise aurait selon moi pour but de provoquer l’état d’urgence dans 4 ans qui permettrait à notre hyper-président de rester au pouvoir. Car il sait bien qu’il ne sera jamais réélu, même si les socialistes et le centre sont dans les choux.

                      A moins qu’une "guerre sainte" en Iran crée aussi ce conflit meurtrier qui appauvrirait une troisième fois l’europe pour que les états-unis reste encore la première puissance mondiale.

                      L’armée, l’éducation nationale...sont des bastions de la démocratie et de la république. Tout est fait pour en détruire la quintessence, en privatisant au maximum. Hopitaux, sécu : on descend leurs qualités de prestation pour faire monter les prix du privé.

                      La justice est mise au pas dans certaines affaires, et permet de mettre en prison plus de 60 000 français, un record historique dans notre, loin de prouver l’efficacité en matière d’insécurité . Elle sert aussi, sous des prétextes fallacieux, à faire taire ceux qui critiquent, grace à des procés pour "diffamation" à propos de n’importe quoi coupé du contexte. La LEN en est une excellente représentation.

                      La repression "rapporte", via les radars automatiques, et des "flics" au rabais (réservistes) qui servent de chauffeurs à ces machines embarquées. Il faut souligner que le nombre d’accident ne baisse pas. Mais avec une vitesse moindre, on ne se tue qu’à moitié. Or, c’est le nombre de chocs qu’il faut faire baisser. Seulement, à vitesse réduite sur route trop sécurisée, la vigilance baisse. Le nez sur le compteur, on regarde moins la route aussi.

                      L’information d’état est aussi devenue la même que l’info privée : tous nos problèmes ne se réduisent qu’à l’économie. Nous devons travailler plus pour consommer plus, sans gaspiller pour autant et en rapportant plus à nos patrons, sinon ils s’en iront.
                      La RGPP, c’est la fin de la notion de "service de l’état" par le peuple. Pour une paie modique, mais assurée, le fonctionnaire faisait de son mieux pour rendre service au reste de la population. Aujourd’hui, il sera payé au mérite, s’il travaille comme deux, voire trois en période de vacances. Au mérite, c’est à dire une prime dérisoire : il est d’ailleurs plus rentable de le menacer sur son avancement.

                      L’externalisation, alliée à la concentration des acteurs économiques, permet une entente patronale sur les salaires de base (Les grands cadres seront toujours sujet à enchères), qui paupérise plus pour faire travailler plus.

                      Tant que l’abêtissement général poussera les foules devant leurs téléviseurs pour suivre du sport-spectacle à la télé, les dirigeants pourront dormir l’esprit tranquille. Mais les ventres commencent à se creuser. La tête du plus débile sait réagir dans ces cas-là...


                      • Bertrand Bertrand 28 juillet 2008 09:31

                        Fredleborgne a dit :
                        Tant que l’abêtissement général poussera les foules devant leurs téléviseurs pour suivre du sport-spectacle à la télé, les dirigeants pourront dormir l’esprit tranquille. Mais les ventres commencent à se creuser. La tête du plus débile sait réagir dans ces cas-là...

                        De ça deux choses : espérons que l’âbetissement général ne te pousse pas trop devant ton ordinateur ; ainsi tu auras plus de temps pour anticiper cette réaction populaire qui arrivera dans les mois qui viennent probablement.

                        Car si tu te souviens 1789, les leaders républicains ont été dépassés par les idéologues, les opportunistes, et les faibles d’esprit, et la révolution s’est transformée en bain de sang, puis en Empire, puis la destabilisation permanente, le chaos, la confusion pendant près d’un siècle.

                        Je dis ça parce que si on est conscient de la situation, alors on voit qu’un grand changement peut arriver (ça faut des années que j’entends me dire que y’aura jamais de changement, blablabla...et ben c’est faux !), mais il faudra des gens intelligents, engagés et qui aiment aussi les autres pour éviter les travers de 1789.


                      • Botsu 27 juillet 2008 15:26

                        Ils méritent qu’on les félicite, ces banquiers pour qui l’état est un monstre, qui prêtent de l’argent à l’état avec l’épargne des ménages et perçoivent des intérêts dessus (!) et s’empressent de courir dans ses juppons en implorant la nationalisation aux frais du contribuable lorsque tout va mal. Au bûcher, et vite.


                        • craven 28 juillet 2008 00:08

                          D’un gouvernement à l’autre les actions dites de modernisation, voire de réforme changent simplement de nom pour satisfaire l’ego du ministre promoteur de la chose. Ainsi sommes passés successivement des SMR (stratégies ministérielles de réforme) aux audits de modernisation puis maintenant la RGPP. Aux manettes un ministre bien sûr avec l’assentiment du premier d’entre eux et comme bras armés les grands corps d’inspection : finances, affaires sociales et administration et pour seconder, assister ces très hauts fonctionnaires, purs produits de l’ENA, des cabinets de consultants supposés produire les idées les plus novatrices et les méthodes les plus efficaces (pour un tarif journalier qui voisine au oins les deux ou trois milliers d’euros hors taxe par intervenant).

                          Inspecteurs et consultants produisent de l’analyse et du rapport à tour de bras, des milliers de pages, de schémas et de croquis, livrés dans les délais. Mais au fond que sont ces rapports : il s’agit pour l’essentiel de recyclage systématique d’études plus anciennes, pieusement stockées dans les placards de l’administrations car à l’époque leurs conclusions étaient considérées iconoclastes, trop innovantes voire socialement dangereuses. Il en est de même pour les consultants. Tous ces diplômes n’ont pas et de loin inventé l’eau tiède, ils recyclent en permanence le fond documentaire de leur société mère, artiste du copié collé, de la diapo power point bien construite et relookée pour satisfaire le client. Il suffit de naviguer sur les sites gouvernementaux de l’Australie, du Canada, de Grande Bretagne pour s’en rendre compte et c’est d’autant plus facile que ces cabinets, à dimension internationale vendent leurs références pour emporter de juteux contrats publics.

                           

                          Revenons un instant sur les décisions de la RGPP. Au nombre de 350 environ, moins d’un quart trouvera une application réelle avant la fin de la législature pour deux bonnes raisons au moins : d’une part la formidable résistance au changement des administrations et d’autre part le manque de courage des politiques.

                           

                          Tout cela n’est que poudre aux yeux, miroir aux alouettes, gesticulation démagogique. Un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite ne sera pas remplacé, et alors ! Cela ne coûtera pas sensiblement moins cher au contribuable, car il faudra bien verser une pension, même mince aux partants et un salaire pendant 35 ans à l‘entrant. On reste encore à la périphérie des problèmes.

                           

                          Absence de rigueur budgétaire en nous laissant croire que l’essentiel de la charge repose sur les frais de fonctionnement de l’Etat. Les gisements d’économie sont ailleurs : en premier lieu la dette et ses intérêts et en second lieu les transferts et autres aides en faveur des entreprises. On ignore qu’au fil des ans et des législatures des dispositifs d’aides plus complexes les uns que les autres ont été mis en place, se superposent et prospèrent au grand bénéfice des initiés. Le tout pour une dépense d’un peu plus de 65 milliards d’euros par an ! Ce montant est supérieur au budget de l’éducation et de la recherche, plus cher que les militaires, mais totalement invisible et qui rapporte plus que l‘impôt sur les sociétés, . Aucun dispositif imaginé n’a été évalué sérieusement, on suppose simplement qu’il sert car la demande existe, et ce ne sont pas les entreprises qui vont se plaindre. Un excellent rapport a été réalisé sur le sujet dans le cadre des audits de modernisation, la presse spécialisée l’avait évoqué mais sans aller plus loin et tout est retombé dans l’oubli.

                           

                          Il convient de noter aussi que l’objectif initial de la RGPP était de trouver les voies et moyens pour atteindre l’équilibre budgétaire vers 2011, 2012 : donc diminuer la charge de l’État d’environ 60 à 70 milliards d’euros. Mais les plus hautes autorités ont décidé de surseoir aux travaux de la RGPP sur les transferts et interventions, tout en maintenant la pression sur les aides à la personne : remise en cause du RMI, revue des allocations aux handicapés, études diverses sur les allocations familiales au prétexte de tout simplifier et le pire est à venir.

                           

                          En fait tout change, rien ne change même si la mode est à la rupture. On ne nous trompe ni plus ni moins qu’auparavant, mais aujourd’hui le discours se nimbe d‘une insolence de plus en plus insupportable.

                           

                           


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