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Accueil du site > Actualités > Politique > Rocard franchit la ligne jaune

Rocard franchit la ligne jaune

En appelant à une alliance, et ce dès le premier tour, avec l’UDF de François Bayrou, Michel Rocard, Bernard Kouchner et Claude Allègre ont franchi une nouvelle fois la ligne jaune en s’exprimant contre leur parti. En pleine élection présidentielle, ils prennent délibérément le risque de torpiller la candidature de Ségolène Royal et de faire gagner la droite.

Déjà en 2004, Michel Rocard avait soulevé l’indignation de bon nombre de militants du Parti socialiste. Souvenez-vous : le fondateur de la « moderne » deuxième gauche des années 70, déjà responsable de la catastrophique ouverture de 1988 (vous rappelez-vous de son ministre Jean-Pierre Soisson ? celui qui a ensuite gouverné sa région avec... le FN !), laudateur de Balladur et de Juppé, soutenait, en plein mouvement social, les réformes Fillon. Ce qui ne l’empêchait pas par ailleurs de remuer ciel et terre à l’intérieur du PS pour obtenir un mandat de député européen de ceux qui combattaient le gouvernement Raffarin. Belle cohérence politique.

Vendredi dernier, à deux semaines du premier tour, il déclare à nouveau son amour à la droite, suivi rapidement par deux spécialistes de la rupture de ban, dimanche, Bernard Kouchner, et lundi Claude Allègre.

Par pudeur, et dans la plus parfaite complaisance médiatique (on sait combien les rédactions de certains grands quotidiens français sont favorables depuis des années à cette hypothèse), ils n’osent dire ouvertement qu’ils veulent gouverner avec la droite, ils appellent simplement à « l’alliance au centre ».

Le centre n’existe pas : le centre, c’est la droite !

La mort de René Rémond ne doit pas nous faire oublier son apport à l’histoire politique de l’après-Révolution française. Son analyse sur les trois familles de la droite française est toujours aussi pertinente. Même si elles sont en permanente recomposition, on distingue encore aujourd’hui assez bien en France : une droite libérale catholique vaguement sociale (héritière de la droite orléaniste) qu’on appellerait chrétienne-démocrate en Allemagne ou en Italie, une droite néoconservatrice (héritière en partie de la droite bonapartiste et ayant assimilé le thatchérisme) et une extrême droite classique de tradition française (issue de la droite légitimiste).

François Bayrou est un homme de droite : un libéral catholique et conservateur dans le privé, humaniste bon teint en public. Il est l’héritier de Valéry Giscard-d’Estaing, de Raymond Barre, d’Edouard Balladur, dans la plus pure tradition de la droite orléaniste. Sa « rupture », à six mois de l’élection présidentielle, avec la majorité UDF-UMP ne peut tromper personne.

D’ailleurs son programme, au demeurant incroyablement flou, ne laisse aucun doute. Son programme économique ? De droite : il ne propose que des allègements de charges. Aucune espèce de volontarisme et d’ambition quant au rôle de l’Etat pour réguler l’économie. Son programme sur les services publics ? De droite encore : il propose uniquement de baisser le nombre de fonctionnaires pour réduire la dette de l’État. Son programme pour l’Éducation nationale ? De droite toujours : il propose de « sanctuariser » le budget de l’Education nationale après les cinq années de pillage de la droite chiraco-sarkozyste. Son programme social ? De droite et pour cause : il n’en a pas !

Face à ses adversaires, Ségolène Royal a d’ailleurs bien insisté lors de cette campagne sur la réalité du clivage droite-gauche en France et sur l’escroquerie qui consiste à la nier.

Dès lors se pose une question : comment des hommes aussi intelligents que lesdits Rocard, Kouchner et Allègre peuvent-ils se laisser abuser par les mirages d’une alliance avec un centre qui n’existe pas ?

Une tentative de coup de force idéologique

Le problème finalement, c’est sans doute que le programme socialiste tel qu’il est défendu par Ségolène Royal ne leur convient pas du tout. Pour ceux qui rêvaient de faire exploser le PS après le référendum sur la Constitution européenne, pour ceux qui admirent tant Tony Blair qui a désintégré la gauche au Royaume-Uni, pour ceux qui trouvent si formidable la grande alliance entre la CDU et le SPD en Allemagne, le programme du PS doit être difficile à avaler.

Le Pacte présidentiel de Ségolène Royal est issu directement de la synthèse du Mans et du projet des socialistes, piloté notamment par Henri Emmanuelli dans le cadre des États généraux de 2006. Il est centré sur les questions économiques et sociales et affirme un réel volontarisme en la matière. Il ambitionne de réconcilier les Français avec l’Europe en s’opposant au libéralisme dérégulé et en redonnant à la construction européenne le sens de la solidarité et de la coopération entre Etats.

Or, sur tous ces sujets, Rocard, Kouchner, Allègre incarnent une gauche honteuse qui capitule face au libéralisme. Bien sûr, ils n’ont jamais osé proposer directement leurs convictions sociales-libérales aux militants du Parti socialiste. Eux, qui parlent de « modernisation » et de « clarification », éprouvent un problème pour assumer leur dérive vers la droite.

Alors pourquoi l’afficher maintenant ? Tout simplement parce qu’ils doivent penser que la période est propice au coup de force idéologique contre le Parti socialiste et ses militants.

La justification de ce coup de force est par ailleurs assez grossière : selon eux, la gauche n’étant pas majoritaire aujourd’hui, pour battre Sarkozy, il faudrait nécessairement rallier une partie de la droite. La belle arithmétique ! Que constate-t-on en fait ? L’électorat de gauche a du mal à se mobiliser longtemps avant les élections au-delà du PS, notamment du fait de la dispersion des candidatures. Et dans les prévisions de deuxième tour, on retrouve une gauche entre 47 et 50 % selon les sondages. On voit bien combien il est absurde de prétendre rassembler et mobiliser les électeurs de gauche au second tour face à Sarkozy, en se jetant dans les bras de Bayrou...

L’alliance prônée par Rocard : un désastre économique et social, doublé d’un désastre démocratique

Michel Rocard dans sa tribune parle de « gâchis social » en cas de victoire de Sarkozy. Nous sommes bien d’accord. L’élection du candidat néoconservateur provoquerait la destruction brutale du modèle social français. C’est bien ce qui est en jeu dans cette élection. Mais pour combattre Sarkozy, quelle curieuse idée que de vouloir s’allier avec celui qui a soutenu le même gouvernement de 2002 à 2006 !

L’alliance que proposent Rocard et ses congénères serait porteuse des mêmes menaces pour le modèle social français. Bien sûr, Bayrou et ses nouveaux alliés n’auront pas la brutalité grossière du patron de l’UMP. Mais ne nous y trompons pas, à terme, le résultat pourrait être semblable. Quelle serait la politique de Bayrou pendant cinq ans ? Son programme est clair : il s’agira d’adapter la France aux exigences de la dérégulation libérale, sur les bases du compromis entre sociaux-libéraux, chrétiens-démocrates et conservateurs qui dirigent aujourd’hui la Commission européenne et le Parlement européen.

Pire encore, cette alliance droite-gauche souhaitée par Rocard aurait aussi pour effet de détourner durablement du vote socialiste, et sans doute du vote tout court, l’électorat de gauche traditionnel, à savoir les classes populaires et les classes moyennes, en les privant d’une réelle alternative au libéralisme. On sait combien, pour cette raison, la démocratie américaine est aujourd’hui une démocratie incomplète.

Ségolène Royal ambitionne de gouverner avec une alliance à gauche organisée autour d’un PS fort, sur les bases du Pacte présidentiel. Tous ceux qui ne partagent pas ces orientations sont libres d’aller chercher ailleurs ce que le PS ne leur offrira jamais.

En un mot comme en cent : ils ont franchi la ligne jaune, bon vent !

Bastien Recher


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20 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 20 avril 2007 13:37

    Heu comment se fait-il que les grands états à l’étranger ont ce parti dont vous fustiger Rocard ? smiley

    cet auteur manque un peu d’imagination ! smiley


    • Dedalus Dedalus 20 avril 2007 14:50

      A quelques jours du 22 avril, je ressens comme beaucoup l’importance de ce qui va s’y dérouler et le besoin de dire quelques dernières petites choses pour tenter de convaincre, de convaincre encore, c’est-à-dire de faire partager, ou du moins entendre cette conviction qui est la mienne.

      Dimanche prochain, chacun d’entre nous sera appelé à se rendre aux urnes pour, au terme d’une longue campagne, exprimer son choix et faire entendre sa voix. Ce jour-là, le pouvoir sera effectivement entre les mains du peuple et il nous faut, chacun, avoir conscience de cette part de pouvoir que nous détiendrons alors et dont nous aurons le devoir citoyen d’user en conscience, c’est-à-dire conscient de la responsabilité qui nous incombe.

      A quelques poignées d’heure de ce moment important dans la vie de notre démocratie, voici ce que signifie, pour ma part, cette responsabilité :

      En premier lieu, je n’oublie pas que s’il y a deux tours de scrutin, il n’y a qu’une élection. Il s’agira dimanche prochain autant que deux semaine plus tard d’élire le Président de la République Française. Dès le 22 avril, il s’agira de cela et uniquement de cela. De quoi d’autre ?

      Parmi les trois candidats susceptibles de l’emporter, ma préférence d’homme de gauche va sans l’ombre d’un doute à Ségolène Royal - mais n’entre pas dans le cadre de cet article de dire pourquoi. Il s’agira pour moi d’user de ma part de ce pouvoir électoral afin de favoriser son élection. Pourquoi sinon mettre un bulletin dans l’urne ? Dans quel objectif ?

      Or je sais la chose suivante : c’est au premier tour, aussi au premier tour, que se gagne ou se perd une élection. Dimanche prochain, il ne s’agira donc pas seulement que Ségolène Royal soit au second tour, il faudra encore qu’elle y parvienne dans les meilleures conditions afin d’amorcer une dynamique qui puisse être victorieuse.

      J’irai donc voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai conscience que Sarkozy à 26% et Royal à 22% n’est pas du tout équivalent à Sarkozy à 26% et Royal à 26%, même dans l’hypothèse où dans les deux cas ces deux-là arriveraient en tête.

      J’irai voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai conscience qu’au soir du 6 mai, soit la droite sera au pouvoir pour les cinq ans qui viennent, soit ce sera la gauche, et que ça fait une sacré différence. Et j’ai conscience qu’une bonne part de ce résultat se jouera le 22 avril.

      J’irai voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai également conscience que des élections législatives se dérouleront à l’issue de ces présidentielles. Si Ségolène Royal l’emporte, ce pourra alors avoir un sens de voter Verts ou PC ou ailleurs... afin de peser sur le gouvernement que la Présidente aura mis en place et orienter la politique qu’elle devra mettre en oeuvre. Sarkozy président, non seulement mon vote du 22 avril aurait été vain, mais celui des législatives le serait tout autant.

      J’irai voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai conscience que, si en sport l’important est de participer, voire de se faire plaisir, lors d’une élection - et surtout à l’occasion de celle-ci - l’essentiel est d’abord de ne pas perdre, ensuite de gagner.

      J’irai voter pour Ségolène Royal dès le 22 avril parce que j’ai conscience qu’on ne vote pas pour ses idées, mais qu’on vote pour que ses idées puissent progresser, afin qu’une orientation politique soit prise plutôt qu’une autre, afin qu’on puisse aller de l’avant - et ce même si ce n’est pas y aller aussi vite que l’on voudrait. Et donc, oui, et quoi qu’on en dise, et même si ce n’est pas satisfaisant, un vote aura été utile à la victoire ou bien il ne l’aura pas été.

      Je vais voter pour Ségolène Royal et ce dès le 22 avril... et si ce n’est pas elle qui l’emporte le 6 mai, mon vote aura été inutile parce que je pense que les français les plus défavorisés le seront alors encore davantage. Or c’est bien de cela qu’il s’agit. Oui, en réalité, uniquement de cela élire un(e) président(e) avec l’espoir que cela aille mieux pour ceux pour qui cela va mal.

      Le 22 avril, j’irai voter pour Ségolène Royal parce que je refuse de renoncer à espérer en la gauche et en ce qu’elle porte d’espérance. Et la gauche ce n’est pas le PS ou le PC, ce n’est pas les Verts ou les trotskistes, et ce n’est pas non plus davantage les uns que les autres. La gauche ce sont avant tout les hommes et les femmes qui composent ce peuple de gauche, des hommes et des femmes héritiers d’une histoire et porteurs de valeurs et d’espérance en un monde meilleur. La gauche, c’est cette longue marche en avant à travers l’Histoire vers le progrès social et le désir d’un vivre mieux ensemble - désir d’égalité et de liberté, désir de fraternité et de solidarité, et désir de lutter pour y parvenir. On ne doit jamais renoncer à cela, et certainement pas au moment de voter.

      Alors je vais apporter ma voix à Ségolène Royal parce que la réalité est qu’à cette élection elle et nul autre qu’elle est en position de nous faire reprendre cette marche en avant après cinq années où déjà beaucoup de chemin a été perdu, ouvrant sous nos pieds un gouffre social où les plus fragiles d’entre nous n’ont cessé de s’enfoncer. Nos libertés ont reculé. L’égalité des chances a été baffouée. Les solidarités ont été démolies. Et il n’y a plus guère d’espace non plus pour fraterniser quand la droite n’a de cesse que de nous diviser, d’opposer les uns aux autres et d’exacerber les tensions.

      Et puis, enfin, je vais voter Ségolène Royal, et ce dès le 22 avril, parce que je perçois en Nicolas Sarkozy une menace bien plus importante que celle que représente habituellement la droite, parce que je vois avec lui venir ce quelque chose d’inimaginable et dont on préfère toujours penser que cela n’arrivera pas... Et c’est justement pour cette raison que chaque fois c’est arrivé, et pour cette raison que cela arrivera encore.

      Je perçois ce qui pourrait survenir, je sens le danger qu’il y aurait à confier le destin d’un pays à un homme tel que lui, qui semble réinventer la démagogie en chaque mot qu’il prononce, un homme en lequel on devine une faille effroyable, une folie contenue, si difficilement contenue... et dissimulée avec tant d’habileté qu’elle en devient d’autant plus effrayante. Et si même j’étais dans l’erreur, ce doute suffit à m’effrayer et à me mobiliser tout entier. Et à me mobiliser maintenant, afin d’éviter d’avoir à le faire trop tard. L’Histoire de la démocratie nous apprend qu’il est des diables à ne pas tenter, et qu’il vaut mieux parfois miser pour ne pas voir.

      Voilà ce que j’avais envie de partager avec vous, en toute sincérité. Ce que j’avais sur le coeur à la veille d’une élection où les enjeux sont sans doute plus importants et plus graves que l’on ne voudrait le penser. Mais peut-être aussi plus chargés d’espoir.

      Cela ne dépend que de nous.

      permalien : http://sarkononmerci.fr/files/conviction%20et%20vigilance.html


      • Marie Pierre 20 avril 2007 15:24

        @ Dedalus,

        Vous votez Ségolène Royale ?

        Plus sérieusement, le parti socialiste s’est foutu de la gueule de ses militants quand, lors du TCE ces derniers ont voté OUI à une large majorité et que certains du PS ne se sont pas inclinés. Vive la démocratie.

        Comment admettez-vous que Ségolène Royale dise qu’en tant que femme libérée, elle se libère aussi du programme du PS voté par les militants ?

        Que le programme de Ségolène Royale propose une dérive droitière très inquiétante ?

        Il aurait fallu que le PS explose en 2005, et se reconstruise sur des bases plus claires.

        Et je voterai Bayrou, ne voulant surtout pas Sarko président.


        • Christophe Christophe 20 avril 2007 15:28

          En pleine élection présidentielle, ils prennent délibérément le risque de torpiller la candidature de Ségolène Royal et de faire gagner la droite. Au moins, dès le début on sait à quoi s’attendre pour le reste de l’article.


          • Dedalus Dedalus 20 avril 2007 15:35

            Marie-Pierre,

            Bayrou ne sera pas au second tour : battre sarkozy, c’est voter Royal dès le premier tour afin de créer une dynamique positive, déterminante en vue du second tour.

            je vous renvoit à cet article qui saura peut-être vous convaincre :

            http://sarkononmerci.fr/files/APPEL%20dynamique%20gauche%20premier%20tour.html


            • Marie Pierre 20 avril 2007 16:46

              @ Dedalus,

              Je vous rappelle mes griefs : le PS s’est fichu de ses militants.

              La dynamique positive viendra au moment des législatives.


            • pouloute 20 avril 2007 16:59

              Calmos, vos arguments sont édifiants en somme vous êtes le néan l’ami !


              • etarcomed 20 avril 2007 22:23

                On est dans le grand jeu d’essayer de lire les pensées d’un Rocard d’un Kouchner. Allègre il est clair il ne veut pas de Ségolène. Mais Rocard tente-t-il un coup de poker en voulant éliminier Ségolène pour Bayrou ? Ou ne veut-t-il que se débarrasser des mélanchons et autres morceau de la gauche du PS ? Où encore n’est-il réellement qu’une avant garde pour préparer les accords du deuxieme tour, peut-être même envoyée par Ségolène ?

                Pas trop le genre du bonhomme d’être en service commander. Serait-il dans un tout sauf Ségo ou dans un tout sauf sarko et ségo ? Ca m’inquiete, si les plus proches veulent la faire trébucher est-elle dangereuse ?

                On simplement un jeu double ? Rocard est proche de DSK chacun joue un camps, un peu comme à deux chacun prend sa caisse au macdo et on prend la plus rapide à la fin ?


                • ExSam 21 avril 2007 00:27

                  Faut-il rappeler que le traître Rocard a été invité et a assisté, avec les « honneurs » qui lui étaient dûes, au mariage de la fille de Seillères.

                  On mesure, à l’aune de cet arriviste répugnant, la différence entre le soutien difficile de valeur, et l’éclat de la bulle de champ millésimée.


                  • ExSam 21 avril 2007 00:30

                    Excellent et courageux article sur les traitres de la gauche.

                    Nul doute que les militants du PS sauront rappeler à leurs dirigeants que le PS n’a pas vocation à partager le plat de lentilles avec la droite de Bayrou.


                  • ekarine 21 avril 2007 15:01

                    se partager, le plat de lentilles ? c’est bien mon souci, je ne considère pas mon pays comme un plat de lentilles.

                    Pouvez-vous me citer une réponse claire de Ségolène depuis le début de sa campagne ? Il n’y en a pas beaucoup. Sûrement était-elle première de la classe du cours de langue de bois de l’ENA, elle ne parle plus que ce langage là. Humaniste, Altruiste ? Il existe de nombreux témoignages émanant pourtant de militants socialistes convaincus de la personnalité de Ségolène. Intelligente ? Elle n’a pas su m’en convaincre et visiblement, beaucoup en doutent, si ce n’est de cette forme d’intelligence qu’on appelle l’ambition mais qui ne donne pas beaucoup de réultat une fois arrivée à bon port.

                    Je voterai Bayrou qui a au moins le mérite de s’exprimer clairement et d’avoir une relative constance dans ses idées politiques.


                  • ExSam 21 avril 2007 22:50

                    ekarine

                    Le « plat de lentilles » renvoie à un passage de la Bible.

                    Que Ségolène n’est pas de convictions tranchée, d’après toi, m’importe peu. Je parle de Rocard.

                    Accessoirement, il faudrait que tu t’informes sur la proposition de Rocard à Ségolène, en parlant d’ambiton...

                    Dernier point, tu votes Bayrou. C’est ton problème.

                    Moi je vote Bové. En toute lucidité.


                  • vivelecentre 21 avril 2007 08:12

                    la pseudo alliance avec l’udf est illusoire

                    ce ne serait que strategie electorale au profit principal du clan Bayrou

                    Par contre, l’issue incertaine de ces elections, la victoire du centriste qui est une hypothese possible nous conduirait certainement vers une fausse aliance et une vrai cohabitation

                    En effet, le Ps ne se ferait pas hara kiri fort de son implantation au parlement, il resterait probablement majoritaire par rapport à l’udf officielement, il y aurait alliance mais dans la réalité, et la nomination forcement d’un premier ministre socialiste, ce serait une lutte de pouvoir entre le ps et l’udf Cela risquerait de deboucher sur une bataille constitutionnel avec des discutions sans fin sur les pré carré de chacun et des volontés de reformes constitutionnelle au profit des interets opposé des deux clans

                    A coup sur, une periode instable evidement peut propice à l’avancée necessaire des reformes en france

                    C’est pourquoi , plus que jamais , le choix doit etre clair , pour ces elections entre la droite et la gauche et tant pis pour la posture ni ni de Bayrou

                    Il aurait du plutot revendiquer la primaire à droite, cela aurait été plus clair et plus SAIN

                    Ce qui est sur avec bayrou, c’est que nous aurons un premier ministre de cohabitation

                    Cohabitation larvée, mais opposition certaine entre le ps et l’udf au sein même du pouvoir !

                    immaginez vous un dsk ou un Lamy a la botte et la gloire du president Udf, le petit doigt sur la couture pret à obeîr ?

                    immaginez vous les socialistes faire les « faire valloir » du grand homme et falider tout ses projets ( reforme isf et droit de succession, reduction charge, reforme 35H )dans la bonne humeur generalisée ?


                    • janus 21 avril 2007 08:52

                      Même si Bayrou est de droite : Rocard et autres n’ont pas appeler à voter Bayrou, mais à s’allier avec lui. Est-ce que quand Jospin a mis des communistes dans son gouvernement on a dit qu’il était communiste ?

                      Pour ma part je trouve beaucoup plus sensé de rasssembler le PS avec l’UDF pour gouverner, plutôt que Besancenot, Buffet, Chivardi, Voynet et leurs idées loufoques et irréalistes...

                      La stratégie de Mitterand « d’union de la gauche » est obsolete il faut se rendre à l’évidence, car elle pousse le PS a draguer les électeurs à sa gauche et donc à avoir un discours pas du tout en phase avec la politique qu’il mène quand il est aux affaires, politique qui est une « real politik » qui fait avec le capitalisme dans lequel nous vivons il faut bien d’admettre.

                      S’allier avec une extrême gauche qui scande perpetuellement une opposition frontale entre des méchants patrons et des pauvres travailleurs victimes de ces méchants patrons est un peu dépassé : bien sûr les patrons veulent gagner de l’argent. Bien sûr certains employés sont sous-payés, exploités. Mais la solution est elle dans l’affrontement ? Et les employés n’ont il pas aussi besoin de patrons ? Je suis employé, et je n’aimerais pas être patron : c’est compliqué, stressant, on a plus de vie de famille, et donc ca ne me choque pas que ces gens gagnent beaucoup d’argent quand ils font bien leur boulot.

                      La solution pour moi passe par le pouvoir des consommateurs : les entreprises obéissent à leurs clients dont elles dépendent, et les clients c’est nous ! Nous ne voulons plus de délocalisation ? il suffit de boycotter les produits fabriqués en Chine, par exemple. Mais le problème, c’est que les mêmes qui fustigent les délocalisations sont bien contents d’acheter des produits pas chers made in China... de boycotter les produits fait par des entreprises dont les patrons gagnent trop. Il faut donc plus d’information des consommateurs.

                      Il ne faut pas s’opposer au capitalisme, mais en ajuster les règles pour que son fonctionnement aille plus dans le sens de l’intérêt général. Pas simplement avoir toujours plus d’Etat, toujours plus d’Etat... On voit où ca mène la dette...

                      Et en celà une alliance avec l’UDF d’un PS acceptant celà serait bien plus utile au pays qu’une alliance avec une extreme gauche simpliste, revendicatrice et complètement dépassée et déconnectée des réalités du Monde.


                      • vivelecentre 21 avril 2007 10:37

                        dans la majorité pluriele, qui a dirigeait le pays ?

                        les verts, les communistes ,les radicaux ?

                        Entre deux formation aux tendances hegemoniques qui fera plier l’autre ?

                        Le projet d’alliance udf ps et uniquement electoraliste, chacun esperant « secretement » prendre l’assendant sur l’autre

                        Ne vous faites pas d’illusion, le pouvoir est si difficile a obtenir qu’il ne se partage pas

                        Imaginer le combat de bayrou depuis 5/10 ans, son pari de se venger de la creation de l’ump, toutes ces années pour offrir sur un plateau le pouvoir aux socialistes ?

                        Si l’alliance n’etait pas qu’oportune pour composer le front anti sarko , elle aurait déjà debouchée sur quelque chose de concret

                        Point de cela, chacun reste sur ses positions attendant le rapport de force du premier tour pour negocier

                        Voulez vous cautionner ces operations d’appareils ?

                        la france n’a t’elle pas d’autre ambition que ces conbinaisons politiciennes ?


                        • manu 21 avril 2007 10:43

                          c’est bien de continiuer a se taper la tête contre le mur...mais le mur est plus solide !

                          Vous croyez vraiment que l’intervention de Rocard a fait « basculer » la campagne en ralliant les indécis à Bayrou ? ou est ce que ce changement est intervenu depuis quasiment 2 mois ?

                          Rocard n’a fait que dire tout haut, ce qui se passe concrètement !

                          J’etais électeur de gauche jusqu’en 2002, ou j’ai trouvé un candidat PS transparent, sans force, un programme flou, sans âme et surtout ne tenant aucun compte des réalités économiques qui n’existaient pas dans les années 70 et 80.

                          J’ai donc voté Bayrou en 2002, qui malgré sa marginalité avait déjà à son actif des coups d’éclats envers le RPR, et surtout un programme « lucide » et en phase avec le XXIième siècle tout en ayant une base « sociale ».

                          Quand j’ai vu ségolène l’emporter au PS en prenant non pas un virage idéologique mais réaliste et pragmatique face aux réalités du monde d’aujourd’hui, trouvant dans le blayrisme quelques idées bonnes et ayant de plus une volonté de se détacher du dogme strosko-socialiste du PS, j’été prêt à revenir au PS.

                          Depuis ça été un succession de propositions contradictoires, d’appel des éléphants, de propositions économiquement et budgétairement irréalisables. Propositions retouchées ou remises au placard quelques jours après..des zigzag et des tangos qui ont rendu son projet flou et démago.

                          Seul Bayrou est resté droit, à proposer un programme ou chaque dépense étayée et justifiée était financée par des recettes chiffrées. Programme qui n’a pas changé en permanence. un orthodixie budgétaire, un réalisme économique et une volonté sociale claire. Ses maitres à penser sont les De Gaulle, Rocard, Delors..les mêmes que les miens !

                          Rocard a été avec Beregovoy un des meilleurs premier ministre de gauche, avec des actions fortes (smic) et des dossiers et projets très fouillés, très éclairés, très pro (livre blanc des retraites).

                          Ces hommes sont comme moi , des hommes qui ont une fibre sociale profonde, qui souhaitent que l’état joue son rôle de régulateur pour proteger les plus faible et garder une solidarité à la Française, mais qui ne sacrifient pas à la démagogie des domes archaïques, des hommes qui pensent que l’intelligence et le coeur sont les meilleurs ’armes’ pour assurer un bon dévellopement de notre nation, et qui ne réfléchissent pas en Paradis socialiste ou enfer libéral, qui ne pensent pas que le maternage ou l’ultralibéralisme sont les solutions. des hommes qui pensent qu’un juste milieu économiquo-sociale éxiste..des sociaux démocrates, des hommes qui mettent la priorité sur les Français en cherchant à rassembler les meilleurs compétences, quelque soit l’étiquette, pour faire que les meilleurs spécialistes dans leur secteur mettent au point les meilleurs solutions et les plus réalistes. Rocard avait dans sa commission des gens de gauche du centre et certains de droite, le fruit de ses commissions (comme le livre blanc des retraites) est l’exemple type de ce que l’intelligence , quand elle se moque des frontières idéologiques peut faire !

                          Tels les moutons de panurge , à gauche comme à droite vous suivez une pancarte, un sigle un logo, quelque soit la compétence de la personne qui tient cette pancarte au lieu de vous servir de votre tête, de ne pas regarder les étiquettes mais les compétences !

                          On voit ce que les étiquettes ont apporté à la France depuis 30 ans...un échec social et économique.

                          Continuez à creuser votre tombe en chantant les louanges de vos partis sclérosés et dépassés. Continuez à fermer les yeux sur les réalités et continuez à écouter la douce petite musique de ces dirigeant de partis qui ne font que suivre une trace de leurs ainés qui à fait la preuve de leur échec.

                          Moi mes amis je les chosi pas en fonction de la couleur de leur peau , de leur origine, de leur « étiquette », mais en fonction de leur coeur, de leur intelligence, de leur bonté ! j’ai des amis d’ultra gauche, de gauche, de centre et de droit..et tous ensemble on forme une bonne bande de copains, et tous ensemble on sait avancer et réussir en faisant confiance aux autres et à leur compétence. Et c’est pareil sur mon lieu de travail..

                          Pourquoi cela serait différent dans mes choix politiques..pourquoi suivrais je aveuglement sans réflechir ?

                          qu’importe la couleur ou l’étiquette et même le passé d’un homme comme Bayrou...mois quand je lis son programme, que j’écoute l’homme, je « sens l’homme, ses convictions, son désir, sa volonté ».. je remonte 10 ans auparavant, je regarde ses coups de gueule à l’assemblée, je le vois avec son bâton de pélerin au coeur de l’été, porter plainte au conseil constitutionnel sur le dossier de la privatisation des autoroutes, je le vois monter à la tribune de l’assemblée se battre pour maintenir le minimum social de solidarité , à la place de la gauche, dont les seuls PS présents dorment sur les bancs, ou détournent la tête, pendant qu’un soit disant « homme de droite » fait leur boulot et se bat comme un lion..voilà ce que je vois !

                          Alors vos lignes jaunes, vos murs de berlin politique, vos dogmes, vos consignes....je n’en ai cure !


                          • manu 21 avril 2007 10:49

                            erraturm : « avec des actions fortes (smic) »...je voulais dire le (Rmi)


                          • vivelecentre 21 avril 2007 13:46

                            s’il avait eu le minimum de competences, il n’aurait pas été dans le mur avec cette ridicule procedure contre les concessions d’autoroute et eviter ainsi de depenser unitilement de l’argent de l’udf pour une procedure voué a l’echec !!

                            d’ailleur, cette croisade qui n’a rien apportée a sa gloire ne date pas de dix ans......

                            Et il n’a pas pris de baton de pelerins mais les moyens financiers de l’udf pour tenter un coup personnel !!

                            Les Bayrouistes parlent de mur de berlin droite gauche

                            outre que l’expression est consternante( demander a ceux qui ont subit ce veritable mur), il n’y a qu’eux , dans leurs delires paranoiaque pour en voir un !


                            • manu 21 avril 2007 14:34

                              tu as raison, vaut mieux pas dépenser l’argent pour lutter contre les magouilles, la grande braderie de l’infrastructure, laisser la droite déplumer les citoyens et s’engraisser comme pour airbus ou les scandales immobiliers. je préfère que mon argent server à lutter contre ses dérives plutôt que de servir à engraisser de petits fours nos dirigeants dans les palais de l’elysée... Les prix des péages ont augmenté depuis l’été dernier de + de 10% et surtout sur les troncons privatisés... mais bon je suppose que tu sera content de passer au péage pour payer encore plus les actionnaires des sociétés privés.

                              Chacun à le droit de se complaire là dedans et d’apprécier d’avoir payé par ses impôts une infrasctrure routière qui est bradé aux interêts privés qui eux se mettront dans la poche les bénéfices de la qualité du réseau routier que vous aurez payé avec vos impôts et que vous paierez encore plus cher cet été


                            • vivelecentre 21 avril 2007 17:27

                              Magouille ? je crois que la justice a rendu deux descisions....

                              cela devrait suffir en terme de droit et pour une procedure qui etait voué à l’echec au nivau juridique

                              d’ou l’allusion au probleme de competence et à l’argent depensée pour rien

                              ce n’est pas tres grave, c’est juste l’argent de l’udf et de ses militants acquis à la gloire du bearnais...

                              par contre , si on veut une gestion etatique, c’est un choix politique et il faut placer son combat sur ce terrain

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