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Accueil du site > Actualités > Politique > Roublard même le 11 novembre

Roublard même le 11 novembre

Rendre hommage aux déserteurs et aux mutins de la grande guerre est inadmissible si c’est leur participation à la guerre que l’on vante. Car cette guerre, ils l’abhorraient.

Ce n’est pas là l’œuvre d’un belliciste intransigeant que vous avez sous les yeux, l’œuvre d’un homme qui, comme ces officiers détestables, vanterait les mérites des jugements scandaleux des Conseils de guerre qui, pendant la Première Guerre mondiale et, on l’oublie trop souvent, la Seconde Guerre mondiale, firent fi de l’humanisme de ceux qui haïssaient le sang, le froid, les rats, la folie meurtrière...

Ce n’est pas là l’œuvre d’un citoyen qui trouve naturelle la soumission d’un homme à la passion criminelle des généraux, d’un Nivelle barbare à souhait ou d’un Pétain qui, améliorant la nourriture et le confort des soldats accablés, les encourageait à se précipiter au front, à la mort...

Car c’est l’écrit d’un citoyen qui ne voit que trop bien que le président de la République, Nicolas Sarkozy, loin d’opposer au courage des déserteurs, qui combinèrent responsabilité et moralité, l’ahurissant comportement des chefs et des politiciens de l’époque, prêts à laisser s’abattre sur la France la honte et l’infamie sur les générations futures, a loué à Douaumont, dans son allocution du 11 novembre 2008, lors de la célébration nationale du 90e anniversaire de l’Armistice de 1918, l’attitude de ceux qui, selon ses dires, "se sont battus dans l’honneur et dans la dignité" et "ne devinrent jamais des machines". En deux mots, le président de la République considère la bravoure des soldats comme une preuve de leur humanité, et en disant qu’"ils restèrent des hommes" et qu’"au milieu de tant de sauvagerie, leur conscience resta éveillée", il refuse aux déserteurs à ceux qui comprirent l’absurdité du conflit, à ceux qui se révoltèrent, l’humanité qu’il confère aux combattants.

Le président de la République ne remet jamais en cause l’injustice de cette guerre, ni d’ailleurs la cruauté de la mobilisation générale, et il fait somme toute des mutins et des déserteurs, "ces hommes qui un jour, n’ont plus eu la force de se battre", des faibles, quand ils furent de tous les plus humains, refusant d’aller à la mort, de donner leur corps en pâture aux canons.

Lorsque le président de la République affirme qu’il pensera "également à ceux qui n’ont pas tenu, à ceux qui n’ont pas résisté à la pression trop forte, et qui après tant de courage, tant d’héroïsme, sont restés paralysés au moment de monter à l’assaut", il en fait des hommes moins éminents que ceux qui ont obéi aux ordres aberrants des chefs.

Le président de la République ne considère pas les déserteurs comme des hommes courageux, comme des hommes ayant compris que la guerre n’est pas la vie, et que la vie vaut mieux que la guerre. Certes il fallait se battre pour que triomphe la vie et, à ce titre, cela est indéniable, le sacrifice des soldats morts fut louable.
Mais quelle vie après cette guerre ? Etait-il judicieux d’obtempérer sans un mot quand on vous intimait de vous donner à l’ennemi ? La Première Guerre mondiale fut, dans la violence et dans l’absurdité, une inexorable fuite en avant, et c’est par humanisme, non par faiblesse, que des hommes abandonnèrent leur poste. Ces hommes furent la conscience au milieu des instincts et le président de la République en fait des faibles.

Tout en demandant la réhabilitation des déserteurs et des mutins fusillés pendant la Première Guerre mondiale, M. Nicolas Sarkozy ne parle pas de leur haine de la violence et de la guerre. C’est en tant que combattants qu’il les absout, lors même qu’ils désavouèrent les assauts. Car ce qui est digne, c’est de pâtir sans mot dire, c’est de se battre pour la France, et d’être patriote, et d’obéir, et de vaincre, et qu’on nous les rappelle à notre bon souvenir.

"Alors oui ils furent grands ces soldats qui endurèrent les pires souffrances".

Et Nicolas Sarkozy d’intercaler l’incontournable :

"ces hommes se mirent au travail en silence", esquissant dans cette allocution retorse les traits d’une trilogie réhabilitée : Travail, Famille, Patrie. 

Photo : Reuters


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64 réactions à cet article    


  • cathy30 cathy30 12 novembre 2008 11:10

    Inadmissible, c’est bien le mot. Nul besoin de chercher à décoder les textes de sarkosy, nous serons toujours dans l’ambiguité, la négation de l’autre, en cherchant la division, les uns contre les autres. Tous ces discours ont été écrit par un psychopate.
    Je n’ai entendu qu’une phrase du discours qui finissait par "l’ordre", (grrrr) D’ailleurs si une personne pouvait mettre en ligne toute la totalité du discours, je suis preneuse.
    Merci pour cet article, pour tous les soldats qui ont vécu l’horreur et l’absurdité de ce début du XXème siècle.


    • MKT 12 novembre 2008 12:35

      Les discours du Président de la République sont en général disponibles sur le site de l’Elysée.
      Il est possible d’avoir sous forme de texte le verbatim du discours.

      J’attire votre attention sur le fait qu’il s’agit d’une retranscription d’un texte parlé, et comme on n’écrit pas comme l’on parle...

      En tout cas la lecture permet de prendre le temps d’analyser, et ça c’est redoutable.


    • catastrophy catastrophy 12 novembre 2008 12:28

       
      L’art suprême du bonimenteur :
      Il se fait de la pub + passe pour un coeur généreux.
       Tragediante comediante. 
      Roulez !, il y a rien à voir !


      • 5A3N5D 12 novembre 2008 13:16

        @ Haddock,
        Pourquoi personne ne dit que c ’était bien de rompre le train-train et d’ aller à Douaumont ?

        Cela vous arracherait-il la gueule ?


        Cela vous arracherait-il la gueule de dire que, déjà, en 1998 (eh oui, 10 ans déjà !) Jospin s’était rendu au Chemins des Dames et à Craonne, et avait souhaité que "Que ces soldats, désignés pour l’exemple, réintègrent pleinement notre mémoire collective nationale".

        Qui s’est, à l’époque, opposé au réexamen des décisions des tribunaux militaires ??? Qui vient, par des artifices de langage, d’enterrer définitivement tout espoir de réhabilitation juridique de ces "fusillés pour l’exemple" ?

        Mais, si, cherchez bien !


      • LE CHAT LE CHAT 12 novembre 2008 12:49

        si la reconnaissance posthume de ces hommes qui "étaient allés au delà de leurs forces " constitue un léger progrès , l’absurdité de cette guerre et de cette vaste boucherie n’est pas assez évidente pour nos gouvernants qui s’ils voulaient vraiment faire de la repentance ,,devraient s’excuser pour les millions de morts et de bléssés de cette guerre qui se voulait totale , où l’on a deshumanisé l’ennemi à souhait !
        trop de de rue portent le nom des bouchers de cette guerre maudite !


        • Walter SALENS Walter SALENS 12 novembre 2008 13:23

          Et oui : "Les Sentiers de la Gloire" - Stanley Kubrick, vu en Belgique l’année de la sortie et interdit en France pendant de longues années...... Et dire qu’en plus un ministre voudrait que l’histoire enseignée par l’EN obéisse à certaines règles !!!


          • Céphale Céphale 12 novembre 2008 14:27

            @ Walter SALENS

            Un article intéressant sur Les sentiers de la Gloire :

            http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=31393


          • Céphale Céphale 12 novembre 2008 14:23

            Bravo Florentin !

            On pourrait d’ailleurs établir un parallèle entre les déserteurs de 14-18 et les suicidés des grandes entreprises du CAC-40 où il faut travailler plus, la peur au ventre, pour gagner moins.


            • CAMBRONNE CAMBRONNE 12 novembre 2008 15:03

              MONSIEUR L’ETUDIANT EN KHAGNE

              Un seul mot pour qualifier votre article , le mien !

              Salut et exaspération .


              • vendeenagk 17 novembre 2008 08:21

                d’accord avec vous !

                ce sont les mêmes qui seront contre
                dès que quelque chose vient à eux, ils sont contre car droits dans leurs bottes : "sark....stop : ce qu’il fait ou dit est digne d’un malade
                quand je pense qu’il s restent en France gouvernée par un psychopathe, un roublard etc...


              • Daniel Roux Daniel R 12 novembre 2008 15:04

                La sublimation du sacrifice suprème pour la gloire de nos armées et de la France est l’un des plus grands mensonges de l’histoire de France telle qu’elle est racontée aux enfants des victimes.

                La réalité est que nos généraux étaient des bouchers sanguinaires capables d’envoyés sans broncher des dizaines de milliers d’hommes en pantalons rouges à travers des plaines au devant de mitrailleuses allemandes crachant 7 balles à la seconde. Résultat des premiers jours de guerre : Des centaines de milliers de morts et un repli général jusqu’à la Marne.

                Toujours en retard d’une guerre et incapable de comprendre les renseignements qu’ils possédaient, l’état major français, les Foch et cie, ont rejeté sur la troupe leur incroyable incompétence. Pendant que le gouvernement filait à Bordeau en abandonnant lâchement l’autorité aux généraux, ces derniers établissaient un régime de terreur en faisant fusillés des centaines de soldats à la moindre vétille et parfois même au hasard.

                Les soldats Français de la Grande Guerre ont été traités comme du bétail.

                Les Russes se sont révoltés mais pas les Français. Probablement parce que ces malheureux élevés dans la haine de l’Allemand et dans l’esprit revanchard des armées après la débacle de 1870, étaient trop respectueux et avaient trop confiance en leur élite. 

                Lorsque nos grands-pères se sont rendus compte de l’incroyable incompétence alliée à l’insupportable arrogance de leurs officiers supérieurs, il était trop tard, ils étaient prisonniers des tranchées, de la boue et de la peur.

                 Aujourd’hui encore, la classe dominante est toujours aussi arogante. Héritière des vieilles ganaches galonnées, elle continue à leur refuser obstinément la réhabilitation officielle.

                Qu’importe, les Français l’ont fait depuis longtemps. Ils savent bien de quel côté était le courage et de quel côté était l’ignominie.

                 


                • LE CHAT LE CHAT 12 novembre 2008 15:42

                  BRAVO !

                  et dire que les bouchers ont eu un destin similaire , Von Hindenburg a servi de marionette à Aldolf et Pétain fit la marionette de Laval ! smiley


                • Gilles Gilles 12 novembre 2008 15:31

                  "ces hommes qui un jour, n’ont plus eu la force de se battre"

                  Sauf qu’un grand nombres de fusillés le furent au pifomètre ou pour des broutilles...pour l’exemple.
                  Ou simplement, pas pour désertion, mais par refus d’obéïr à des ordres totalement ineptes qui tombaient d’en haut. Que toute une compagnie soit décimée à la mitrailleuse simplement pour montrer à l’ennemi qu’on est toujours d’attaque.. ;quelle débilité.

                  Voilà le gros des fusillés


                  • Dzan 12 novembre 2008 21:36

                    L’ exemple de ce malheureux, qui fut fusillé, pour ne pas avoir voulu revêtir le pantalon d’un mort encore gluant de sang.

                    Allez à Gentioux, petite commune de la Creuse, seul monument aux morts en France qui porte cette maxime :
                    MAUDITE SOIT LA GUERRE.


                  • Dzan 12 novembre 2008 22:09

                    Que dire de l’offensive de la Somme et du "fameux" général Nivelle qui fit massacrer des dizaines de milliers de soldats, avant d’étre -quand même- relevé de ses fonctions.

                    Mon grand -père qui fut au Chemin des Dames, avait en sainte horreur, "les culottes de peau" ( les officiers)

                    Les instits de l’époque, qui étaient lieutenants, d’office, sortaient les 1ers des tranchées en képi, gants blancs, révolver au poing.

                    Ainsi disparut le 22 Septembre 1914, Alain Fournier auteur du Grand Meaulnes.


                    5 Aout 1915

                    J’ai toujours omis de vous dire que les boches, étaient ivres les 13 et 14 Juillet. Leur élan était beau, mais il se brisait au bout de notre baïonnette. Comme des fous, ils avançaient sans se rendre compte du danger.
                    Ce n’étaient plus des soldats qui se dissimulaient lors des 1ers jours de la guerre ; c’étaient des hommes qui marchaient en avant, offrant à nous tout leur buste.....
                    Ils venaient de Metz, et ces soldats équipés de neuf, avient de 17 à 20 ans                             
                    Cf Paroles de poilus...Librio.



                  • Dzan 12 novembre 2008 22:16

                    Le récit

                     

                    Les jours précédant l’exécution, les combats faisaient rage.

                    Leurs amis, leurs copains, leurs frères d’armes mouraient dans

                    la boue des tranchées. Leurs corps déchiquetés par la mitraille et les obus qui pleuvaient sans discontinuer, étaient méconnaissables.

                    D’autres, les membres brisés, imploraient qu’on vienne les chercher ; mais chaque tentative pour les sauver prenaient encore des vies.

                    C’étaient effroyable, insoutenable, les hommes étaient en état de choc dans l’indifférence de leurs officiers, la plupart à l’abri dans les casemates lors des offensives.

                    Dans le froid, les pieds et les mains gelés, ils leurs fallait sans cesse repartir à l’assaut.

                    Aux attaques succédaient les échecs.

                    Les officiers n’ayant par nature rien à se reprocher, seule la lâcheté des soldats expliquait à leurs yeux l’inefficacité des ordres qu’ils avaient donnés. Ils devaient donc faire des exemples.

                    Ainsi six caporaux et dix-huit soldats furent arbitrairement désignés responsables de l’incompétence de leurs supérieurs.

                    Finalement, seuls quatre Caporaux furent condamnés à mort et exécutés pour l’exemple le 17 mars 1915 à 13h00.

                    Mon père né un an plutôt ainsi que les enfants des autres Caporaux ASSASSINES devinrent orphelins.

                    Je vo


                  • morice morice 12 novembre 2008 15:44

                     Le président de la République ne remet jamais en cause l’injustice de cette guerre, ni d’ailleurs la cruauté de la mobilisation générale, et il fait somme toute des mutins et des déserteurs, "ces hommes qui un jour, n’ont plus eu la force de se battre", des faibles, quand ils furent de tous les plus humains, refusant d’aller à la mort, de donner leur corps en pâture aux canons.

                    je ne vois pas la phrase dans le même sens ; figurez-vous ! et il y a bien reconnaissance pour moi. Et par la même condamnation du responsable des "erreurs" ; : Pétain.


                    • Traroth Traroth 12 novembre 2008 20:30

                      Pas d’accord, Morice. Sarkozy reconnait qu’il y a eu des erreurs (c’est sa spécialité...) dans la manière de mener la guerre, mais ne remet pas en question son principe.


                    • Alex 12 novembre 2008 16:34

                      J’ai lu l’article, ensuite j’ai regardé le discours du président sur le site de l’Elysée et puis j’ai relu l’article.
                      Ma conclusion en un mot : incroyable.

                      Incroyable cette propension qui consiste à retourner les phrases pour faire dire au président ce qu’il n’a pas dit.
                      Il prononce un discours de paix, sans aucune haine contre qui que ce soit et on trouve le moyen de le critiquer (ou plutôt déverser sa bile) et de finir en le comparant à Philippe Pétain. Magistral.

                      Un billet plein de sophismes et de mauvaise foi, à un point qui frise le ridicule.


                      • Scaevola 12 novembre 2008 19:44

                        Mais non, il ne prononce pas un discours de paix, mais un discours de propagande : il est déjà (ou encore) en campagne électoral ce gars là.


                      • noop noop 12 novembre 2008 17:02
                        Ailleurs ça donne "Sarkozy pardonne aux mutins"...

                        L’absurdité de la guerre n’est plus a démontrer.

                        En revanche c’est intéressant le sujet des mutins. De leur perception. Traîtres, héros. A t’on droit à la complexité ? Déjà tous les fusillés en étaient-ils des mutins ? Je crois savoir qu’il y avait de l’arbitraire. Il devait aussi y avoir des mutins réfléchis, des mutins faibles, des mutins inconscients, des mutins partisans qui auraient bien fait la guerre mais pour une "cause", etc.
                        Le pouvoir, les chefs de guerre n’en étaient pas à quelques milliers d’hommes, de corps près, devraient on dire.
                        La guerre est absurde, c’est l’échec de la raison. Oui mais après ? On fait quoi ? On accepte la loi du plus fou, du plus fort ? Le plan B du mutin encore une foi c’est quoi ?
                        Echapper à l’absurdité, pour rentrer dans la soumission, voir pire. Il y avait de la dignité à refuser la boucherie, il y en avait aussi à faire face. Qui est l’instrument ? Qui est le méchant ? Regardez les deux guerres mondiales. Elles ne sont pas de même nature. La France a « gagné » la plus absurde. Mais la deuxième n’exigeait-elle pas moins de pacifisme et plus de sacrifice ?
                        La guerre est absurde, mais celui qui s’y refuse, est-il prêt à assumer les conséquences pour lui, pour sa famille, pour son pays. Où envisage-t-il de fuir à chaque fois ? Laissant le champ libre à l’injustice, à la cruauté, s’interdisant de participer à un projet de société, prêt à fuir à la première tension, prêt à l’abandon. Refuser la guerre par principe, c’est refuser de ce montrer solidaire quelque part. C’est détourner les yeux. C’est aussi refuser d’être instrumentalisé, mais c’est refuser d’être solidaire d’un opprimé, c’est peut-être laisser ce perpétuer un crime. Dilemme. Un de plus. Pour les « citoyens du monde ».

                        • Traroth Traroth 12 novembre 2008 20:31

                          Le problème est qu’il n’y a rien à pardonner. Au contraire, il faut s’excuser auprès d’eux et reconnaitre que c’est eux qui avaient raison !


                        • fredR31 12 novembre 2008 23:39

                          "L’absurdité de la guerre n’est plus a démontrer."

                          L’absurdité de la vie non plus !


                        • Traroth Traroth 16 novembre 2008 17:35

                          Peut-être, mais la vie n’est pas une création humaine. Je serais d’avis que nous devrions nous abstenir de créer des absurdités !


                        • Thoth 12 novembre 2008 18:00

                          Je me souviens que mon père (paix à son âme), gravement blessé au cours d’une attaque de nuit à Souain, en Août 1915, me racontait qu’il avait assisté à l’exécution d’un camarade qui s’était mutilé parcequ’il n’en pouvait plus. Jamais, il ne m’a parlé avec mépris de cet homme, bien au contraire ! Il en pleurait, chaque fois qu’il y repensait. Les dernières paroles de ce pauvre soldat furent : "Vous direz à ma femme que je meure en héros". Et il l’a fait dignement, refusant d’avoir les yeux bandés. Il est certains que ceux qui l’ont condamné, ne devaient pas souvent marcher dans la merde et dans la boue...


                          • Thoth 13 novembre 2008 18:05

                            J’ai oublié de préciser qu’il fut blessé vers trois ou quatre heures du matin. Ce n’est qu’au lever du jour, alors qu’il avait perdu énormément de sang, que les brancardiers qui passaient par là le découvrirent. Vu son état lamentable de mourant, ils voulurent continuer leur chemin. Heureusement, un "arabe" de son village (oui, nous sommes des pieds-noirs, tous engagés-volontaires dans les armées, depuis des générations, pour défendre une mère-patrie qui nous a reniés à un certain moment), je disait donc : ce musulman était un ami d’enfance de mon père. Lorsqu’il vit l’attitude des brancardiers, il les mit en joue, les menaçant de les descendre, s’ils ne secouraient pas mon père. C’est ainsi qu’il fut sauvé. Malheureusement, il ignora toujours ce qu’était devenu "cet indigène", ce frère d’armes.


                          • impots-utiles.com 12 novembre 2008 18:29

                            Après l’appel d’offre du SIG, c’est maintenant le Ministère de l’Education qui piste sur Internet tout ce qui pourrait constituer un "risque opinion". Objectif : détecter les "lanceurs d’alerte", anticiper les effets de "contagion", et limiter les crises "dans lesquelles les ministères se trouveraient impliqués".

                            Prix de la surveillance : 220 000 euros

                            http://www.impots-utiles.com/220000-euros-pour-surveiller-le-net.php


                            • Marcel Chapoutier Marcel Chapoutier 12 novembre 2008 18:34
                              Cette guerre honteuse a surtout servi a détruire toute velléité de changement et d’amélioration de la condition humaine des plus humbles habitants d’Europe, sinon comment expliquer l’abattoir monstrueux et systématique dans lequel tout les combattants devaient s’immoler jusqu’au dernier. Cette boucherie a enfanté 20 ans plus tard des crimes que l’humanité n’avait jamais connu.

                              La démographie de toute l’Europe ne s’est jamais remise de cette saignée, moi-même comme d’autres, je ne dois mon existence qu’à un petit fil très ténu qui a échappé par chance à la boucherie générale. Mes deux grand pères étaient à Verdun, l’un dans les tranchées l’autre dans l’artillerie, gazés tout les deux ils sont morts par la suite prématurément des suites de cette guerre honteuse laissant leurs familles démunies.

                              C’est pour cela que je me fous totalement de ce que dit ou pense Sarko 1er à ce sujet ça n’a pas le moindre intérêt. Pour moi presque tout les généraux français, allemands, anglais des états majors auraient dû passer au tribunal pour crimes de guerre et bien sûr collés au mur, bien que je sois contre la peine de mort. 

                              Hélas, il y a depuis un excès d’impunité et 90 ans après rien n’a pas bougé d’un poil, au contraire. (voir le génocide du Rwanda en 1994)
                               

                              • Annie 12 novembre 2008 18:41

                                Wilfried Sassoon s’est déclaré objecteur de conscience pendant cette guerre. Et pourtant il est retourné se battre. Dans les deux cas, c’était sa façon à lui de protester contre cette boucherie qu’était la 1ière guerre mondiale. Pourquoi ne pas admettre qu’il faut autant que de courage pour se battre que pour résister ?


                                • noop noop 12 novembre 2008 18:46

                                  "Pourquoi ne pas admettre qu’il faut autant que de courage pour se battre que pour résister ? "

                                  Parce que derrière un écran, avec l’aide d’un clavier, toutes les "audaces" sont permises...


                                • Emile Red Emile Red 13 novembre 2008 10:00

                                  Annie

                                  Je vais me faire moinser mais tant pis,
                                  C’est étrange que ce soit une femme qui dise ça, on croit que la femme naturellement défendrait son enfant, et là vous démontrez le poids de l’éducation, ce qui était encore plus vrai au début du XXeme.

                                   Les femmes étaient les plus virulentes, elle agissaient en conformité avec le sermon endoctrinant de l’église reçu dimanche après dimanche, et puis chaque jour quand elle ruaient.
                                   Maitresse de l’éducation, elles poursuivaient le travail en insuflant ces idées de patrie, de vengeance, de dette à leurs mâles d’enfants et si elles craignaient de les perdre jouaient, pourtant, la courroie de transmission, dans la promesse faite de combler le chagrin par les honneurs.
                                   
                                  Les deux responsables de cette boucherie furent l’église et la propagande, les femmes furent coupables de ne pas être libres et d’en survivre.


                                • TSS 12 novembre 2008 18:45

                                  il ne rehabilite rien du tout  !!

                                  Avant que Guaino ecrive le texte cet ignare,inculte ne savait même pas qu’il y avait eu des mutins en 14..


                                  • Emile Red Emile Red 13 novembre 2008 10:01

                                    Suryout qu’en 14 sa famille était dans l’autre camps...


                                  • Christoff_M Christoff_M 12 novembre 2008 19:19

                                     mr Blablabla, qui réabilite tout du moment que ça ne concerne pas le présent, et que ceci n’a pas de portée concrète financièrement, faire des belles paroles sur le passé c’est confortable en cas de crise et ça n’engage à rien !!


                                    • jaja jaja 12 novembre 2008 19:44

                                      Ce qu’il faut dire aussi c’est que tous ceux (socialistes et même anarchistes) qui avant guerre appelaient à faire la "guerre à la guerre" se sont, tout de suite après l’assassinat de Jean Jaurès, à l’exemple de Marcel Cachin, retrouvés dans "l’Union sacrée" à appeler les Poilus à "faire leur devoir"... A mourir pour les intérêts de la classe capitaliste qui les exploitaient déja avant-guerre...

                                      Dans ce climat de trahison, résister n’était pas facile et transformer la guerre impérialiste en guerre révolutionnaire, comme promis auparavant, tout à fait impossible... Ne restait plus qu’à crever dans les tranchées ou déserter...


                                      • anwe 12 novembre 2008 20:02

                                        "Les uns ont dit : ce garçon-là, c’est un anarchiste, on va donc le fusiller, c’est le moment, tout de suite, y’a pas à hésiter, faut pas lanterner, puisque c’est la guerre !..."

                                        Lire, relire Céline "Voyage au bout de la nuit"


                                        • Traroth Traroth 12 novembre 2008 20:23

                                          En affirmant que ces soldats déserteurs n’avaient "pas démérités", Sarkozy pardonne la faiblesse en réaffirmaent que le combat était le comportement normal, ce qui est faux. On ne le répétera jamais assez : les poilus (français, anglais, allemands, étasuniens, russes, austro-hongrois, ottomans...) étaient des victimes non-consentantes, pas des héros. On les a envoyé sans raison à la mort, par pure vanité et nationalisme haineux, de part et d’autre. En entretenant ce mythe de l’héroïsme, c’est le nationalisme qu’on entretient dans l’ombre.

                                          http://traroth.blogspot.com/2006/11/la-premire-guerre-mondiale.html

                                          http://traroth.blogspot.com/2008/01/louis-de-cazenave.html


                                          • Florentin Gastard 12 novembre 2008 20:33

                                            Je réalise avec fierté que la plupart des citoyens qui ont lu notre article sont conscients des fourberies de l’homme qui fait office de président de la République.

                                            Non, la France n’est pas partie en guerre "la fleur au bout du fusil", éternel mythe destiné à entretenir notre flamme patriotique.

                                            Or le président de la République ne conçoit pas qu’on puisse être mutin sans être un faible (par rapport aux braves soldats qui, eux, combattaient l’ennemi sans relâche), qu’on puisse être un déserteur sans avoir cédé sous la pression trop forte d’une guerre trop dure, trop physique, trop épuisante...

                                            Ce que M.Nicolas Sarkozy ne conçoit pas, c’est qu’on puisse être déserteur parce qu’on est un homme, et un homme responsable.
                                            Non, les Français n’étaient pas heureux d’être en guerre.
                                            Non, ils n’ont pas fait preuve de courage si l’on entend par là qu’ils ont défendu la France en tuant leurs semblables, là-bas, dans les tranchées d’en face.
                                            Ce qu’il tait, cet homme, c’est que nos ancêtres, dont il ne reste plus personne pour témoigner, étaient sous la menace permanente de leurs chefs, et qu’un refus de combattre, c’était la pour eux la peine capitale.

                                            Oui, pourquoi se battaient-ils ? Pour ne pas mourir.
                                            Dans leur camp au-dessus de leurs têtes les sinistres balles ennemies étéaient prêtes à les anéantir, les balles de leurs chefs étaient plus dangereuses encore que celles des Allemands.
                                            Des deux solutions, rester dans les tranchées ou partir à la bataille, ils choisirent la moins risquée : se donner à ceux qu’on présentait comme leurs adversaires.
                                            Quand leurs adversaires étaient ceux qui parlaient la même langue qu’eux.


                                            • Olga Olga 12 novembre 2008 22:07

                                              Si tous les combattants s’étaient entendus pour déserter ensemble, dès la première seconde de la guerre, il n’y aurait pas eu de guerre, faute de combattants. Ceci reste valable pour les guerres à venir, qui du coup n’en seraient pas.


                                            • Traroth Traroth 12 novembre 2008 22:28

                                              Vos paroles sont pleines de sagesse, comme toujours Olga !

                                              Et pourquoi ne pas aller plus loin : si tous les pays du monde dissolvaient collectivement et simultanément leurs armées ?

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