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Accueil du site > Actualités > Politique > Royal et Sarkozy comme produits de la propagande démocratique

Royal et Sarkozy comme produits de la propagande démocratique

Demandons à l’opinion ce qu’elle pense du rapport entre propagande et démocratie, et vous verrez les gens répondre que les systèmes totalitaires sont connus pour gouverner grâce à la propagande, alors que dans une démocratie, là où les gens peuvent librement s’exprimer, alors que la pluralité médiatique est effective, eh bien il n’y a pas, ou très peu, de propagande. Or, cette opinion est infondée, comme l’a explicité Ellul dans son livre intitulé Propagandes (1962, rééd. Economica, 1990) Le pluriel est de mise, étant donné qu’il existe plusieurs types de propagandes pouvant agir de surcroît dans des régimes politiques divers, y compris dans la démocratie. Cela surprend. Non seulement la démocratie est parcourue par la propagande, mais celle-ci lui est indispensable, à l’instar d’une transmission sans laquelle une automobile ne pourrait avancer. La propagande n’est pas antagoniste de la démocratie, affirme Ellul, mais elle ne sert pas à améliorer la démocratie. Aurait-elle pour conséquence de pervertir, voire de dévoyer la démocratie, ou alors la « société démocratique », pour employer un mot plus signifiant ?

En quoi la démocratie a-t-elle besoin de la propagande ? Prenons les choses au commencement. La propagande est un mode de communication par lequel un groupe d’individus, constituant un rouage de la société (le gouvernement, par exemple), veut, pour des raisons précises, exercer une influence sur les individus dans une société, voire sur une partie d’entre eux. Cette influence s’exerce par différents instruments de communication où transitent des images, des discours, des informations. Si propagande il y a, c’est parce qu’une nécessité d’ordre technique et politique se fait jour. Ellul fait le raisonnement suivant. Il part du fait qu’une société démocratique est gouvernée par un Etat moderne dont le dilemme est qu’il doit informer l’opinion des actions qu’il mène alors que pour des raisons d’expertise et de techniques, bon nombre de mesures et décisions nécessitent la confidentialité. Louis XIV et Napoléon, précise Ellul, savaient pertinemment que pour gouverner « tranquillement », loin de la pression des masses de sujets ou de citoyens susceptibles de troubler la « bonne gouvernance » sans forcément des intentions claires, il est préférable de s’installer dans un coin reculé du territoire. (Propagandes, p. 141)

Le ressort essentiel de la propagande tient à une structure sociale où, par différents moyens, un ensemble social se regroupe pour former ce qu’on appelle une masse et où par d’autres moyens, cette masse est amenée à interférer avec le pouvoir en place, et réciproquement. Si on considère que la société moderne possède un caractère organique, alors la propagande est une fonction de cet organisme, comme peut l’être le système de soins ou la police. Partant de ce constat, on ne voit pas en quoi une démocratie échapperait au système de la propagande, étant donné qu’une démocratie est dotée d’un Etat, d’un gouvernement, composée de masses et de gens. Par ailleurs, les systèmes de communication renforcent la massification des individus par le biais des médias à grande diffusion (presse, radio, télévision), ces MMC largement présents dans l’étude d’Ellul. Au cours du XIXe siècle, l’opinion de l’individu se constituait en confrontation avec l’Etat, alors qu’au XXe siècle, l’intermédiation des MMC producteurs d’opinion dissout l’individu aux prises avec deux systèmes amenés à devenir propagandistes, l’Etat par nécessité, et les médias (par contingence ?).

Gouverner en toute discrétion n’est pas possible dans un système où l’information est libre. En fin de compte, une démocratie se distingue d’une dictature par un usage libre (et libéral) des moyens d’informer. Si bien qu’un gouvernement totalitaire a le monopole de la propagande, alors qu’une société démocratique possède une dynamique d’opposition et de concurrence entre les systèmes de l’information, et ainsi, la démocratie repose aussi sur des pouvoirs et contre-pouvoirs de propagande. De ce fait, les citoyens sont associés aux décisions de l’Etat alors que la propagande fait en sorte que les citoyens aient le sentiment de vouloir les mesures de l’Etat (p. 147) Au vu des événements récents, on saluera ce constat d’Ellul. Bien évidemment, l’Etat n’avouera pas qu’il fait de la propagande et parlera d’une explication aux citoyens, de pédagogie, pour faire accepter les réformes (Aux Etats-Unis, les spin doctors sont chargés de cette tâche). Parfois cela réussit, et d’autres fois, cela échoue, comme lors du dernier référendum sur le TCE. Il est apparu que la pédagogie de la propagande européiste a été neutralisée par les citoyens grâce à un travail de compréhension appuyé par des propagandes diverses, anti-européistes nationalistes d’un côté, antilibérales de l’autre.

Les sociétés modernes démocratiques et médiatisées ne peuvent échapper à la propagande qui est un instrument de manipulation des esprits devenu indispensable au fonctionnement du système, comme peut l’être la voirie publique. De l’analyse d’Ellul, fort détaillée, on retiendra également la possible transformation de l’idéologie en mythe par les propagandistes (p. 223) On y ajoutera la fabrication des stars, autrement dit, le mythe incarné ou plutôt l’individu mythifié (voir le livre d’E. Morin) La star soigne son image à l’instar du gouvernement qui fait la propagande sur son action. L’objectif est pour le politique de supprimer les frictions en gagnant l’opinion à sa cause tout en combattant la mauvaise opinion ; ainsi le citoyen est satisfait car il croit que le gouvernement agit en épousant la volonté populaire. La star s’efforce de séduire l’opinion et d’adapter son image aux goûts du public. Et le public est satisfait de trouver des produits culturels conformes à ses goûts moyens. On connaît des spécialistes capables de fabriquer des tubes pour coller à l’époque et de s’ajuster aux « aspirations culturelles moyennes ». Barbelivien, Cocciante, Obispo en sont des exemples.

Pour Ellul, la propagande est une nécessité pour le pouvoir autant que pour l’individu ; elle est analysée dans le système technicien. L’homme ne comprend pas ce système exigeant qu’il vive dans une atmosphère de guerre permanente, de craintes diffuses, en travaillant plus que nécessaire pour satisfaire des desseins lui échappant. Vacuité de l’homme, errance, désert, porosité, perméabilité ; ainsi il n’est pas exagéré de penser que le système de la propagande est produit en commun par le pouvoir et les masses composées d’individus isolés, malgré l’agitation sociale et les moyens de communication. Selon Ellul, la propagande répond à ce dispositif psychique et sert notamment à combler un vide, à rassurer l’individu, à lui donner quelques éléments de justification pour continuer à agir dans un monde virant vers l’absurde. Certes, les choses ont changé depuis 1962, quand Ellul publia son investigation savante sur la propagande, mais le schème n’a pas disparu. Toujours des craintes, un monde absurde, un labeur dont la forme a changé. J’ajouterai que le système du divertissement avec stars, compétitions sportives, jeux, émissions, est de nature à combler les failles du sujet, en complément des neuroleptiques altérant les productions anxiogènes et dépressives.

Et la politique ? Elle participe d’une certaine confusion, jouant sur le bon sens autant que la propagande, avec la complicité de faits divers exemplifiés dans les médias, des chiffres, des statistiques, des sondages d’opinion et de la part des deux principaux candidats, une tactique de séduction où l’on confond l’orateur médiatique et le politicien en œuvre dans une situation. On use de vieilles ficelles et on caresse l’individu dans le sens du poil. De la discipline juste, et du jury citoyen, propose Ségolène Royal ; une libération du droit de travailler pour gagner plus, suggère Nicolas Sarkozy. Dans les deux cas, il s’agit de faire accroire aux gens qu’ils sont les acteurs et les producteurs dont la mobilisation va changer la société ou la condition individuelle. De la bonne vieille propagande adaptée à la mentalité de l’époque. Pourtant, on peut penser que Sarkozy est sincère quand il évoque une rupture, mais on le voit bien, accoler le mot tranquille répond bien à cette aspiration des masses à la quiétude. Ce qui va exactement dans le sens du caractère anxiolytique de la propagande dévoilé par Ellul. Les gens ont besoin de croire aux histoires qu’ils entendent et qu’ils se racontent.

Propagande et antipropagande, on retrouve les mêmes, Sarkozy et Royal, les candidats officiels de la médiacratie, opposés au conglomérat des marges et opposants à la bipolarisation, à droite comme à gauche. Toutes les formations naviguent entre propagande du discours et discours de propagande, avec des militants sur le terrain, des activistes sur le Net, des connivences médiatiques et un maigre contenu assez conventionnel. Un mélange de considérations rationnelles et d’artifices propagandistes. Pour l’essentiel, les candidats jouent sur l’émotion, la mythification personnelle, la séduction, la crainte ; et quand il s’agit d’affronter l’adversaire, le gros des arguments porte sur des chiffres et des idées assez floues où il s’agit de montrer que l’autre ment alors que soi-même, on parle vrai et authentique, près du citoyen et du réel. Et puis, il faut redonner espoir et confiance aux Français. Une société qui perd sa foi dans le gouvernement se défait peu à peu. Ses citoyens rechignent alors à s’investir.

Ce que j’ai essayé de montrer (mais il y eût fallu plus de place), c’est que les "phénomènes" Royal et Sarkozy sont des productions du « système de la propagande » tel qu’il a été pensé par Ellul, à savoir comme une fonction sociale indispensable au fonctionnement des sociétés modernes et qui, si elle n’existait pas, mettrait en péril le fonctionnement de l’ensemble (pp. 137-181). Ainsi, Royal et Sarkozy apparaissent comme deux icônes de la propagande suscitée par la société, les sondés, les médias, les militants, les partisans. Bref, comme le dit Ellul, ces deux-là répondent à une commande sociale pour 2007 ; à un besoin de croire pour que le pays puisse avancer et se gouverner. Mais aussi une manière de conjurer la défiance entre politiques et citoyens, défiance traduite par le scrutin de 2002 et le référendum de 2005, preuve que le pays n’a pas suivi la propagande des élites. Par ailleurs, Sarkozy et surtout Royal viennent à point pour servir de paravent au vide politique incarné par des programmes bricolés sans inventivité ni responsabilité.

Ellul avait vu juste. Les démocraties ont besoin de propagande parce que le pouvoir s’y exerce, autant que dans une dictature mais différemment, et que les individus en ont besoin. Et dans la mesure où la technique a pris une ampleur supplémentaire depuis quarante ans, avec les technologies de communication, alors on ne doit pas être surpris par le développement des propagandes, avec des politiciens starisées et des stars politisées (Bové, Hulot).

Alors que le système capitaliste a besoin de la publicité pour fonctionner, la propagande comble le vide spirituel, tout en satisfaisant aux besoins de réponse de l’individu de masse désemparé face à la complexité des techniques et de la société. La propagande fait suite à la religion, puis à l’idéologie. Elle combine les deux dans une synthèse qui, au lieu de les dépasser, les amalgame en réduisant leurs contenus respectifs. La propagande est à la religion, l’idéologie, ce que le papier peint est à l’œuvre d’art. Si Andy Warhol était vivant, il aurait choisi Ségolène Royal ou Nicolas Sarkozy après Marilyn Monroe et Elvis pour un remake de ses prints.

 


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40 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 19 décembre 2006 10:49

    Bien vu Bernard , le nabot et la nunuche ne sont que de vulgaires produits marketing .Moi qui pratique le tri selectif pour recyclage ,dans quelle benne faudra t-il les jeter ?

    Leur pub est vraiment trop envahissante , mais l’autocollant que j’ai placé sur ma boite à lettre n’est pas efficace pour la télé,l’anti-spams non plus .comme beaucoup de gens jettent la pub à la poubelle sans même la lire , il n’est aucunement écrit que le deuxième tour leur est acquis .


    • mcm (---.---.121.69) 19 décembre 2006 10:54

      Trés juste votre reportage, si vous le voulez bien j’y ajouterai une conclusion :

      Comment combattre la propagande, sinon en donnant son suffrage à ceux qu’elle diabolise et en supprimant son suffrage à ceux qu’elle sanctifie ?


      • Marsupilami Marsupilami 19 décembre 2006 11:07

        Bon article Bernard, comme d’habitude. J’ai commandé au Père Noël une poupée Ken Sarko et une Barbie Ségo. Et aussi une boîte d’épingles au curare, histoire de jouer au vaudou en attendant le Veau d’Or qui ne manquera pas de surgir après le 2e tour de la présidentielle.


        • LE CHAT LE CHAT 19 décembre 2006 11:26

          salut Marsu , tu dois être en retard , barbie a plaqué ken qui erre sous prozac comme une âme en peine . est-elle avec BayrouBlaine ? avec inaction-hollandman ?

          le gland bleu a commandé des poupées Klaus barbie qu’il fera brûler pour se donner bonne conscience .


        • DEALBATA (---.---.166.140) 19 décembre 2006 11:27

          Attention Marsu

          Si Barbie tue Rick, Ken tue qui ?


        • DEALBATA (---.---.166.140) 19 décembre 2006 11:46

          @B.Dugué

          Une parodie de spiritualité en la vidant de son sens, vous exprimez bien la dégradation qui part de la religion, des Lumières puis cette espèce de mélasse technico-démocrate qui se cherche elle-même et qui est obligée de se tenir par cette propagande insidieuse pour légitimer son vide interne et qui remplit l’esprit des veaux (doux d’abord, dort ensuite et puis rien au final Cf. Marsu). La contre-initiation est en route, les psychismes récalcitrants n’ont qu’à bien se tenir.

          P.S. : J’ai trouvé l’article plus lisible que d’habitude, soit la propagande était plus claire et a donc touché le simple d’esprit que je suis soit je rentre dans la danse de Shiva sans m’en apercevoir, ce qui est le but recherché d’ailleurs ...


        • (---.---.229.236) 19 décembre 2006 11:17

          « La propagande fait suite à la religion, puis à l’idéologie. »

          Bof non, propagande, ca vient du christianisme, et ca n’a pas forcément une connotation négative, comme vous sembler le croire.

          Par ailleur, la démocratie, c’est bien sur le peuple qui controle le gouvernement, bien qu’il ne décide pas, et donc le gouvernement doit lui présenter les choses d’une maniére adapter à ses capacités cérébrales. Mais en quoi cela comble un vide spirituel ? Je ne vois pas, ou alors chez des personnes qui mélangent des choses qui n’ont pas à être mélanger, car la politique est amorale et utilitaire, pas du tout « spirituel ». C’est uniquement de la gestion, avec manipulation accessoire des gogos, démocratie oblige, mais ce n’est rien que cela.


          • roman (---.---.253.231) 19 décembre 2006 11:51

            Cet article serait-il de la propagande anti gauche-droite ? A part ce point essentiel, il défend des idées intéressantes.

            Pourquoi ne parlez vous que de Sarko et Ségo, ils ne sont pas les seuls politiques francais à user de la propagande. Est-il connu que l’extrême gauche n’est jamais de mauvaise foi et que l’extrême droite ne fait que dire ce qu’elle pense vraiment ?

            La propagande c’est avant tout faire passer un message en gros caractères qui fait plaisir à la masse des gens. Dans une démocratie, on rajoute en tout petit en bas de la page, la vérité (pour les hommes politiques honnêtes). Dans une dictature on ne prend pas la peine de marquer quoique ce soit en bas de la page, ce qui amplifie encore plus la propagande (un gros mensonge passe mieux qu’un mensonge à moitié avoué).


            • Vilain petit canard Vilain petit canard 19 décembre 2006 11:52

              Analyse pertinente du « phénomène ». Je vois d’autres éléments à prendre en compte dans ce décryptage, que je me permets de développer ci-dessous.

              Il me paraît clair que ces deux protagonistes (Pimprenelle et Nicolas) jouent à fond sur l’iconologie des rôles sociaux dominants de l’Homme et de la Femme. Sarkozy joue un rôle mâle, en accaparant tous les mythes du positionnement masculin : hyperactivité, hyper-rapidité, décisions, rapport de force comme réponse unique à toute opposition, incarnation de la loi (voir sa productivité délirante en termes de textes de lois, depuis 5 ans), pour ne citer que les principaux.

              L’escapade de sa femme nous a même permis d’assister au grand rôle du mâle souffrant mais résistant au chagrin, mâchoires serrées (« je vais très bien, je vais même très bien », puis : « c’est dur la solitude, mais il y a de jolies jeunes femmes qui ne demandent qu’à prendre la place », etc.). Il faut ici souligner la touchante unanimité de la presse à souligner à la fin (?) du feuilleton que Nicolas avait reconquis Cécilia : une femme, c’est fait pour être pris, comme un bien, une forteresse, ou une circonscription.

              Sa contracture musculaire permanente, ses épaules relevées, ses expressions « musclées » (kärcher, ...) indiquent bien qu’il se positionne plus du côté de la force que de l’écoute. Son obsession (affichée) de l’action participe également de cette posture (« Moi ce qui m’intéresse, c’est de faire des choses », il le répète souvent, voir l’interview chez Le Meur comme exemple).[

              En face, Mme Royal, au nom incroyablement médiatique, incarne avec ferveur les attributs de la féminité : sexy (là encore, touchante unanimité de la presse, avec couverture people en maillot de bain), mais surtout Mère. Rien ne nous est épargné : accouchement, Enfance (même Moati dimanche dernier, l’a cuisinée sur son enfance, alors que l’idée ne l’effleurerait même pas d’aborder ce sujet devant Sarkozy), Education, discipline, protection des malheureux(ses), tout l’attirail de la Mère compréhensive et empathique, quoique sévère. La vraie dame patronesse. Et une Mère qui sait ce qui est bon pour les Enfants (c’est nous).

              Son écoute est devenue proverbiale : en fait, c’est son produit d’appel. « Mon programme c’est le vôtre », « désirs », « souffrances », même son régionalisme rampant (par opposition à la capitale, sourde, qui ne connaît pas les vrais problèmes du terrain), concourt à dresser le portrait d’une immense oreille, tendue vers les bruits faibles et inarticulés des petits, des provinciaux, des enfants et des femmes (encore). Réceptivité maximale, opposée à l’Activité maximale de Sarkozy. Pour paraphraser celui-ci, on imaginerait bien Royal dire « Moi, ce qui m’intéresse en politique, c’est d’écouter et de comprendre ».

              Finalement, la machine médiatique, en nous (sur)présentant ces deux icônes, nous demande : dis-moi, petit, tu préfères ton papa ou ta maman ? Question typique de double-bind (ou : double contrainte), expliquant à la fois pourquoi les supporters de l’une ou de l’autre dérivent facilement vers le passionnel, et pourquoi certains refusent avec tout autant de passion ce choix forcé.

              Pourquoi d’ailleurs transformer cette élection en Duel ? J’y vois plusieurs raisons :

              Tout d’abord, opposer deux candidats, c’est évacuer les autres candidats, ou tout au moins les disqualifier : Bayrou proteste assez pour qu’il soit inutile de développer.

              Ensuite, présenter cette élection comme une lutte entre deux personnalités, dont l’une doit gagner et l’autre perdre, c’est également évacuer le fait que ce sont plusieurs millions d’électeurs qui devront décider qui élire, et pas uniquement deux candidats qui combattent isolés. On raccourcit l’élection en faisant disparaître les électeurs de l’équation !!! On assiste ainsi au spectacle aseptisé d’une espèce de ring médiatique, ou « luttent » deux personnalités qui ne devraient leur réussite qu’à leurs seules forces, décorées des métaphores guerrières auxquelles la presse « politique » nous ont habitué militaires longtemps : « états-majors », « campagne », « conquête » des électeurs, de telle circonscription, « victoire par KO » ou « de justesse », « fiefs », etc.). Il n’est pas inintéressant de noter que Royal se vêt volontiers de blanc (vierge sacrée ou ... « chevalier blanc » ?).

              En résumé, on transforme les électeurs, actifs par devoir, en spectateurs, passifs par nature. C’est comme dans les feuilletons : le spectateur ne décide pas qui le gentil flic va tabasser (pardon, menotter) : c’est la scénariste (invisible) qui a tout prévu. La Star Ac’ est devenu le modèle dominant : une compétition en cercle fermé, avec des candidats pré-sélectionnés, un jury choisi sur des critères opaques au public (mais transparents financièrement), et surtout pas d’innovation : toujours choisir des chansons qui ont déjà été interprétées depuis suffisamment longtemps pour qu’on soit sûr de leur succès.

              Papa, Maman, la Guerre, la Star Ac’ : la Grande Régression est en cours, saurons-nous l’arrêter ?


              • LE CHAT LE CHAT 19 décembre 2006 12:43

                vilain petit canard , plutôt que d’avoir des parents comme ça , je préfère être orphelin .Tout ne fini pas comme dans les contes d’andersen , malheureusement......


              • ZEN ZEN 19 décembre 2006 15:23

                @ Vilain petit canard ,

                « Vilain » canard, mais subtil et cruel observateur...C’est bien vu . Et si vous proposiez ce papier au Figaro ?


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 19 décembre 2006 16:18

                NOOON ! Papa le saura et il sera très colère !!!


              • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 décembre 2006 19:05

                Bonsoir et merci à tous pour les commentaires. J’ai les batteries à plat mais vais tenter de réagir à toutes des réflexions fort intéressantes. Petit à petit

                «  »« n résumé, on transforme les électeurs, actifs par devoir, en spectateurs, passifs par nature. C’est comme dans les feuilletons : le spectateur ne décide pas qui le gentil flic va tabasser (pardon, menotter) : c’est la scénariste (invisible) qui a tout prévu. »«  »

                C’est ce que dit Ellul de la propagande, il y a les actifs et les passifs

                «  »« Tout d’abord, opposer deux candidats, c’est évacuer les autres candidats, »«  »

                Les autres formations font aussi de la propagande, moins efficace. Il faut surtout voir dans ce duel un dessein visant à conjurer le 21 avril.

                Quant à Sarkozy et Royal, il serait bon d’examiner quel type d’autorité ils représentent (lire Kojève par exemple) Celle de Sarko tient plus du chef (Aristote) mais aussi du Père (saint Thomas). Royal, ce serait un peu l’autorité du juge (Platon) quoique, c’est plutôt le règne du vide qui se manifeste.

                à plus pour d’autres réactions


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 19 décembre 2006 19:05

                Finalement, vous avez raison, mais je le publie sur mon blog, sur le site du Nouvel Observateur !!


              • Vilain petit canard Vilain petit canard 19 décembre 2006 19:10

                @ Bernard

                Je verrais plutôt Ségo comme icône de la Mère, et Sarko dans celui du mâle bêta (qui essaie de détrôner le mâle alpha). Ce qui ne manque pas de piquant : cela indiquerait que l’enjeu symbolique pour le Petit Nicolas serait non seulement de tuer Chirac (ce qu’on savait), mais aussi de conquérir Ségolène ! Où nous mène l’éthologie...


              • parkway (---.---.18.161) 19 décembre 2006 13:31

                Comment parkway ne pourraît-il pas être d’accord ?

                Bon article, enième argument pour prouver, s’il en était encore besoin, la manipulation politique permanente de nos chers élus et médias interposés !

                Mais comme dirait JDCH, nous sommes des fainéants qui n’ont rien compris et qui préfèrent la critique non constructive à une politique financière libérale et productive, etc...


                • ZEN ZEN 19 décembre 2006 15:06

                  Bonjour Bernard,

                  Bon article. Mais plutôt que le terme « propagande » , qui se réfère à mon avis plutôt ,dans l’usage courant, à un type de conditionnement purement extérieur par slogans, répétitions,etc... dans des régimes plutôt autoritaires,je préfère le terme de « croyance idéologique » ou d’« idéologie »( au sens où Marx l’a défini),qui caractérise plutôt des influences procédant subtilement et souvent invisiblement par entrisme,imprégnations inconscientes, adhésions non critiques (comme tu en donnes des exemples)

                  Spinoza avait déjà bien noté que le roi ne pouvait assurer durablement son pouvoir que par « consentement » résultant de la peur et de l’ignorance.

                  Un exemple de la manière dont l’idéologie US a pu fonctionner (et continue encore de le faire, puisque tu évoques ce problème) pour essayer d’aboutir à ce que Eudes appelait la conquête des esprits" :

                  http://www.voltairenet.org/article144364.html


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 19 décembre 2006 15:29

                    A Zen

                    Tu as raison de pointer ce terme. Ton intervention recouvre en fait la question primitive (comme Freud parle d’une scène primitive) : mais qui donc organise donc tout ça ? Y a-t-il un comité secret de propagandistes (ou d’idéologues, pour reprendre ton terme) qui décide de plans d’actions, de stratégies, d’évaluations ? Ou tout simplement rien, pas de Cabinet Noir, rien que la somme des égoïsmes et intérêts personnels, que des enjeux très locaux, qui font que tout ça tient debout comme un seul ouvrage ?

                    Il est dur de répondre en quelques lignes, mais je trouve que cette question mérite d’être posée explicitement.


                  • ZEN ZEN 19 décembre 2006 15:37

                    Ma remarque, qui n’était pas une critique, me semble avoir moins de portée, à une deuxième lecture de ton article trés dense, quand tu dis :« Bien évidemment, l’Etat n’avouera pas qu’il fait de la propagande et parlera d’une explication aux citoyens, de pédagogie, pour faire accepter les réformes (Aux Etats-Unis, les spin doctors sont chargés de cette tâche) »

                    Il est vrai que la plus habile et efficace « propagande » est celle que l’on ne reconnaît pas comme telle,celle qui semble aller dans le sens de son intérêt et de ses désirs (tels qu’ils ont été conditionnés, formatés, générés).Encore Spinoza :« Les hommes se croient libres parce qu’ils sont ignorants des causes qui les font agir »


                  • DEALBATA (---.---.166.140) 19 décembre 2006 15:44

                    Cette propagande invisible et présente partout, c’est forcément celle du Démiurge !


                  • ZEN ZEN 19 décembre 2006 16:19

                    @Dealbata,

                    Le démiurge ? Plutôt l’effet des structures, d’un système,comme aurait dit le vieux Althusser, comme le suggère « vilain Canard ». Mais un système qui peut générer des prises de conscience, des révoltes le remettant en question (dialectique entre la nécessité et la liberté).Mais c’est plus compliqué que cela...affaire à suivre...


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 19 décembre 2006 16:24

                    @ Dealbata

                    Je reconnais bien vos influences guénoniennes (et gnostiques), mais je crois que malheureusement, l’homme n’a pas besoin du Démiurge pour se f... lui-même dans la m... Il ne faut jamais sous-estimer le pouvoir de l’avidité et de la connerie - qui sont peut-être les armes de l’Ennemi, d’ailleurs ?


                  • Vilain petit canard Vilain petit canard 19 décembre 2006 16:37

                    @ Zen

                    Merci pour Althusser ! Je suis flatté d’être en telle compagnie...

                    Je crois plutôt à la force d’enjeux très locaux, de la part de chaque acteur, qui toutes ensemble, font « monter la sauce ». Un peu comme chaque fourmi, qui n’est pas consciente du plan de la foumilière, construit quand même sa petite partie locale, et chaque petite partie tient avec la petite partie de la voisine, et tout ça fait une fourmilière d’apparence complexe. De même, le rédacteur en chef qui fait sa Une avec Sarkozy ou Royal ne voit que son intérêt local et immédiat de vente du journal (ça fait vendre, paraît-il), et fait l’impasse sur la démocratie et les grandes valeurs (sauf en glapissant que le « public a le droit de savoir », ce qui ne coûte rien).

                    La remarque de Dealbata n’est pas si farfelue qu’elle en a l’air : imaginons un démon chargé de liquider la démocratie. Il aura avantage à persuader chacun qu’il est de son intérêt immédiat de participer à son échelle à un chantier dont le but général lui sera opaque. Le système a fait ses preuves (voir les fiscalités incitatives).

                    Reformulée, ma question se pose ainsi : y a-t-il un démon chargé de placer Sarko-ou-Ségo ? Et quel intérêt plus vaste poursuit-il ?

                    En gros, pendant qu’on nous impose le tandem infernal, de quoi ne veut-on pas que nous nous occupions ?


                  • LE CHAT LE CHAT 19 décembre 2006 16:40

                    pour ça vilain petit canard , c’est pas comme l’eau potable ou les hydrocarbures , les reserves en connerie humaine sont intarissables ! et l’humain est le seul être qui scie la branche sur laquelle il est assis !


                  • Bernard Dugué Bernard Dugué 19 décembre 2006 21:47

                    Je vais essayer de dire deux ou trois choses sur cette intéressante discussion initiée par Zen.

                    Sur la propagande, je m’en tiens à l’analyse d’Ellul, qui tape justement dans le mille car elle est faite d’idéologie et de pulsion, contrairement au plan marxiste qui se veut idéologique, complètement transparent, à l’instar de la pensée du philosophe qui joue son Hegel et sait la ruse de la Raison.

                    Propagande est le terme approprié, pour peu qu’on le dépouille de son image péjorative liée aux usages qu’en firent les systèmes totalitaires, mais aussi les States (voir les analyse d’Adornio sur le système du cinéma américain)

                    Démiurge, non, démon oui, les icônes de propagandes sont une oeuvre qui n’a rien de divin et tout de l’humain, de la part émotionnelle et instinctive.

                    Le système a produit Sarkozy et Royal comme il a produit Johnny ou Depardieu. C’est du même ordre avec la rationalité politique en plus, autrement dit, un minimum d’idéologie. L’Art, c’est plus Vander et Magma que Obispo et Johnny, la politique, dans son excellence, c’est une autre dimension que ce qu’en propose le système de la propagande. Mais vu l’état d’avancement des âmes, c’est cette option qui a été choisie.


                  • DEALBATA (---.---.166.140) 20 décembre 2006 08:02

                    @Zen

                    Le système, mais nous parlons sans doute de la même chose mais pas au même niveau de réalité, le Démiurge est l’ensemble de tous les systèmes, c’est l’existence. Ce système est justement cet enfermement mental de plus en plus prégnant dans lequel nous nous enfonçons. Mais contrairement à vous, je crois qu’il ne peut rien sortir de lui-même si ce n’est que des parodies de « prises de conscience » qui piégeront de plus en plus subtilement l’humain sans jamais le faire sortir de son illusion. La logique interne de ce système doit aller jusqu’au bout d’elle-même et pour cause les mentalités ne pourront retrouver leur liberté que par un arrêt brusque de cette projection-illusion entraînant une forme de dissipation collective du mental : La projection du film ne se fera pas en douceur. En attendant, soyons spectateur sans être dupe du spectacle.


                  • DEALBATA (---.---.166.140) 20 décembre 2006 08:39

                    @Vilain petit canard

                    C’est vrai que la lecture de l’oeuvre de Guénon (entre autre) m’a aidé pour y voir clair et qu’elle correspond le plus à ma perception de l’existence car elle aide justement à ne pas tomber, autant que faire se peut, dans l’illusion de l’existence. L’avidité et la connerie sont des expressions humaines, elles participent donc à l’ensemble de l’existence et il faut avoir la faculté de les transcender, c’est à dire, de voir l’unique à travers le multiple, pour les remettre à leur juste place. Toutes expressions, matérielles ou psychiques, révèlent pour moi la présence du Démiurge, c’est en cela que le combat est rude puisqu’il faut d’abord commencer par soi-même. Vaste programme dont les Religions nous ont indiqué le chemin en mode symbolique mais qui est de plus en plus escarpé de nos jours.


                  • DEALBATA (---.---.166.140) 20 décembre 2006 10:53

                    @zen

                    « imaginons un démon chargé de liquider la démocratie. »

                    Mais, la démocratie est une des formes du Démiurge : Elle fait croire à l’humanité qu’elle peut être seul juge d’elle-même et s’adoube en quelque sorte par elle-même. C’est l’expression même de l’égocentrisme et de la vanité. Sans ordre hiérarchique supérieur institué par une autorité spirituelle, toute tentative de société ou d’organisation humaine n’est qu’un leurre, la démocratie a donné l’illusion non pas par ses principes mais par le développement technique qui l’a accompagné et la subtile confusion dû à cet espèce de bonheur éphémère technique a masqué, jusqu’à maintenant, le néant des fondements de la démocratie.


                  • ZEN zen 19 décembre 2006 17:21

                    @ Canard,

                    C’est vrai que le jeu est complexe. Pour faire comprendre un aspect du problème, on peut analyser simplement l’« idéologie du client », telle qu’elle est plus ou moins intériorisée par la plupart d’entre nous, telle qu’elle est produite aussi(parfois savamment) par des intérêts qui nous dépassent et dont nous sommes les effets et les acteurs (plus ou moins conscients et volontaires). Chacun se reconnaîtra en cette période festive de frénésie consommatrice..Voici :

                    http://www.monde-diplomatique.fr/1998/12/LAZULY/11399

                    Pour une approche plus élaborée et approfondie des savantes manipulations du système économique néolibéral,se présentant comme « naturel » et postidéologique, l’excellent petit livre de Keith Dixon :« Les évangélistes du marché » est trés éclairant...


                    • FredSud37 (---.---.115.142) 19 décembre 2006 20:38

                      (.....) « Si le rassemblement venait à s’opérer autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon, ce serait un nouveau pas, concret et sensible, vers la rénovation de l’ensemble de la Gauche de transformation sociale. Une rénovation qui exige le dépassement des clochers et des questions de prééminence partidaires ». (.....)

                      Extrait de « La candidature Mélenchon, une perspective de victoire » disponible : ICI.

                      Pour la République Sociale


                      • moebius (---.---.143.43) 19 décembre 2006 22:23

                        propagande ? t’a pas cent balles plutot pour la république sociale


                        • candidat 007 (---.---.122.128) 19 décembre 2006 23:24

                          « la communication est à la démocratie ce que la force est à la dictature ; » Noam Chomski.


                          • lolokerino (---.---.41.177) 20 décembre 2006 07:52

                            tout cela serait fort interessant si c’etait accompagné d’un soupçons d’objectivité

                            Comme par exemple d’etudier aussi la participation des autres candidats à ce systeme

                            Constater aussi , par exemple, que le candidat centriste a plus de 200 sites de soutient sur le net ( beaucoup plus que celui de l’ump) , fait paraitre des livres opportuns et utilisent autant l’accés à la television que les deux sus nommés ( journaux de 20H, Moati, france europe express grand jury rtl Lci le monde, etc) pour sa ....propagande

                            Cela aurait certainement renforcé votre demonstration !

                            A moins que...


                            • arturh (---.---.119.98) 20 décembre 2006 09:18

                              Comme souvent, l’auteur de cet article ne définit pas ce qu’est une démocratie. Sa démonstration est donc vaine.


                              • Briseur d’idoles (---.---.168.135) 20 décembre 2006 10:12

                                Ce qui est certain c’est que tous les candidats roulent pour « La France d’en Haut » et que la défense des Français, en particulier des plus démunis, est le cadet de leur souci.

                                Royal et Sarkozy (et aussi les autres) sont les candidats du CRIF et les produits de l’antidémocratie !

                                La démocratie existerait si elle permettait à des personnes comme moi, de se présenter aux élections présidentielles...

                                Mais où est la démocratie, quand l’argent et les signatures font obstacle à ces candidatures !


                                • yupi (---.---.127.9) 21 décembre 2006 19:53

                                  Médias : l’esquive “Royal”

                                  Ségolène R devait initialement passer Vendredi 17/11/06 au journal du soir de Claire Chazal sur TF1, elle a préféré attendre le Lundi 20/11. Est-ce parceque PPDA aurait un faible pour les femmes,, sait truquer les interviews (cf : fausse interview de Fidel Castro), ou accepterait les montages raccords d’interviews préenregistrées(faux direct = non signalé lors de la diffusion) avec prompteur si nécessaire ? Ne parraissait-elle pas avoir hyper progressé depuis ses dernières apparitions , des 16 et 17 novembre à la TV ?

                                  Comment Ségolène Royal conçoit le débat démocratique et le rôle des médias dans la campagne présidentielle.

                                  Contactée lundi 11 décembre pour être un de ses contradicteurs à l’émission Ripostes de dimanche 17, Mme PECRESSE a accepté avec enthousiasme, ravie de pouvoir enfin débattre des questions que soulèvent chez moi certaines de ses attitudes ou de ses récentes prises de position politiques qui me font personnellement douter de sa stature présidentielle. Mais deux jours plus tard, j’apprenais que Mme Royal refusait de débattre avec moi. Elle s’opposera ensuite à une confrontation avec mes collègues Nadine Morano et Patrick Devedjian. Au total, Mme Royal refuse tout dialogue qui pourrait tourner en sa défaveur...

                                  Pressée néanmoins d’accepter un contradicteur de l’UMP par une équipe journalistique lassée de ses exigences, elle choissira elle-même le thème du débat - celui qui la met le plus en valeur, l’environnement, dont elle a été ministre ! On comprend bien qu’un dialogue entre elle et mon amie Nathalie Kosciusko-Morizet, spécialiste de ce sujet et donc finalement retenue pour l’émssion, sera un tout autre débat, que celui que Mme Royal aurait eu face à des contradicteurs exerçant des fonctions politiques à l’UMP .

                                  Cet exemple est une illustration de la “méthode Royal", aux antipodes de ses déclarations sur la démocratie participative : je vérouille les émissions de télévision, je choisis les thèmes de discussion et je récuse les interlocuteurs qui pourraient me mettre en difficulté. Combien de temps pourra-t-elle encore esquiver le débat ? Royal impériale

                                  La contradiction entraîne un débat où le candidat ne peut s’exprimer complètement ; il n’est pas inutile d’avoir des émissions où il peut développer à fond et sans entraves sa pensée.Mme Royal avez donc peur qu’il ne risque de la convaincre ?

                                  Il est d’ailleurs amusant de voir que sur son site, ce que reprochent la majorité des intervenants à l’émission « Ripostes » de Ségolène, c’est qu’il y ait eu des contradicteurs (forcément perfides et de mauvaise foi) qui ont osé la contredire et ne lui ont pas permis d’aborder certains sujets.

                                  En somme, l’idéal, ce serait : des émissions sans contradicteurs pour Ségolène (ou alors avec des contradicteurs qui seraient d’accord avec elle), et des émissions avec contradicteurs virulents pour Sarkozy.


                                  • ArbreBlanc (---.---.34.245) 22 décembre 2006 21:27

                                    N’est-ce pas un peu too much, cette vision de la propagande ? Je ne suis, à la base, pas d’accord avec la définition qui en est donné. L’influence qu’on cherche à exercer est inhérente à tout acte de communication. Chaque parole prononcée a vocation à être écoutée et entendue, tout dépend du contenu qu’on y met, et de la forme du dialogue qui s’engage, mais surtout de la finalité de ce discours !

                                    Je pense que l’esprit de propagande porte plutôt sur un type d’influence particulier, qui a pour but d’étouffer le travail de réflexion, car c’est le plus dangereux de tous, celui où le citoyen est le plus souverain, et il est donc le plus à même d’être défavorables à certaines idées. Comportez-vous en abrutis, ne réfléchissez pas et tout ira bien ! Faîtes-moi confiance ! N’ayez pas peur ! C’est là le point commun avec les dictatures.

                                    Ce n’est pas au sens propre la définition de propagande, qui est plus proche de celle que tu donnes. Mais n’est-ce pas l’acception qui nous intéresse ?

                                    La propagande n’est pas un dialogue, elle cherche à forcer en détournant du travail de réflexion. Il existe de nombreuses formes de propagande. Celle que tu cites est la plus efficace : taper plus bas que la pensée, au niveau des émotions (peur, attrait), en rassurant (« Je vous protège ») ou en dissuadant (« Si vous ne votez pas Oui au TCE, vous risquez de vous brouiller avec les autres pays européens »). Mais il y a aussi celle qui oriente les réponses au point de les dicter (« Voici LE pacte écologique, c’est à prendre ou à laisser, vous acceptez ou vous refusez ? »). Ou bien encore celle qui cherche à étouffer dans une réflexion plus avancée qui semble difficile à appréhender, qui nécessite un effort pour répondre (genre « Le communisme est supérieur au capitalisme »).

                                    Si je ne suis pas d’accord donc avec la définition, je suis d’accord avec la conclusion. Sarko et Royal ne cherchent pas à faire naître la réflexion, mais s’adressent volontiers aux peurs (l’Europe, la sécurité) ou séduisent (« je suis une femme »), pour éviter que le citoyen ne réfléchisse et ne parte dans des directions critiques. Ce dont ils ont tout à craindre, étant donné la faiblesse et l’incohérence de leurs programmes respectifs, qui sont en réalité coincés entre libéralisme et acquis sociaux / corporatismes pour l’un (Sarko), et social et libéralisme pour l’autre (où ça coince d’ailleurs beaucoup plus à mon avis). Moins on parle des programmes, mieux ils se portent !

                                    Ils font tout pour que nous n’en venions pas à ce sujet central, conflictuel par essence, qui consiste à trouver des solutions capables de concilier économie et social. Ils font tout pour ne pas parler du chômage en fait. Car c’est la racine du mal.

                                    Je ne cherche pas à les excuser, mais croyez-vous qu’ils puissent faire autre chose « d’utile » en attendant que le temps passe ? Nous sommes trop loin de l’élection pour parler programme (voire même ils ne sont pas prêt, c’est le cas de Ségo), mais il faut occuper le terrain ! Alors ... parlons d’autre chose qui rapporte des voix ! Par la faute des médias, qui se précipitent sur le sujet car il passionne plus, par la faute de l’enjeu, qui est celui d’élire le monarque républicain de notre pays, et probablement par la faute de tout les politiques, l’attention se détournant des questions plus concrètes, immédiates et difficiles


                                    • kreativkaos (---.---.74.183) 23 décembre 2006 02:35

                                      Bonjour,

                                      Bel exposé. Merci de rappeler des auteurs, Ellul ici, qui ont déjà défriché et déchiffré la réalité sociale avec acuité pour nous.

                                      Pour tomber de votre chaise après cette belle analyse qui nous a entraîné au bord, écouter les révélations de feu Pierre Bourdieu concernant la candidate « socialiste »...

                                      http://youtube.com/watch?v=W1_YNeNd_g8

                                      Au plaisir de vous relire.


                                      • konébien (---.---.229.51) 23 décembre 2006 16:41

                                        ségolène et la propagande En 1992, le général Royal, oncle de Marie-Ségolène Royal, publiait, dans le Bulletin des Anciens de son régiment, la mise au point suivante :

                                        « Ségolène Royal est ma nièce, fille de mon frère aîné Jacques, qui a terminé sa carrière militaire au grade de lieutenant-colonel dans l’artillerie de marine.

                                        Si je ne partage en aucune façon ses opinions politiques, l’esprit démocratique me contraint à les supporter.

                                        En revanche, je ne puis admettre que, pour construire sa carrière politique, elle ait sali de façon outrageante la mémoire de son père.

                                        Lors de la sortie de son livre « Le printemps des grands-parents », titre très cocasse quand on saura qu’elle a été parfaitement odieuse avec mes parents (ses grands-parents), elle a accordé un certain nombre d’interviews d’où il ressortait qu’elle avait eu une enfance très dure du fait de son père, militaire rigide et borné qui la brimait.

                                        Par contre, au moment de la guerre du Golfe, dans une interview donnée au journal La Nouvelle République, elle disait son soutien aux soldats français, évoquant avec émotion le souvenir du départ de son père pour l’Algérie et sa mort au combat. En réalité, mon frère est mort du cancer en 1981.

                                        « Autre article dans Le Courrier de l’Ouest du 2 mars 1992. Je cite : On sait moins que son père était militaire et que, petite fille, à la maison, il lui faisait faire, contrainte et forcée, sa prière quotidienne.

                                        En conséquence, je n’ai aucune relation avec cette jeune femme résolument mythomane et j’ai honte de voir le nom de ma famille ainsi galvaudé ».

                                        pas beaucoup su cet aspect de la personnalité de la madone des médias


                                        • (---.---.229.253) 5 janvier 2007 00:59

                                          Un documentaire qui date de 1995, rien n’a changé ....

                                          Ce documentaire traite de la favorisation médiatique de certains candidats lors d’une campagne politique et de l’hypocrisie des médias à le reconnaître.

                                          Y est également abordé l’organisation de la campagne autour de deux candidats ..... (« Royal et Sarkozy comme produits de la propagande démocratique »)

                                          http://video.google.fr/videoplay?docid=-1918757958161910687&q=pierre+carles

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