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Plutôt bien remise de sa « non-victoire », Ségolène Royal a déjà demandé un ticket pour 2012 au Parti socialiste. Les éléphants, pas plus que monsieur Hollande, ne l’entendent de cette oreille, et préfèreraient que la madone du Poitou retourne chez BHL.
A l’origine, le récent « Conseil national » du PS n’avait pour objectif que de clarifier les positions en vue des législatives. L’ordre (juste) du jour : après la débâcle, comment reconstruire pour ne pas enchaîner sur une déroute ? Manque de bol, la perdante du 6 mai dernier ne l’entendait pas ainsi : Ségolène est rapidement montée en chaire pour expliquer qu’après sa splendide campagne elle souhaitait rempiler et mener les éléphants et tous ceux de gauche qui les détestent à la victoire en 2012 ! Ni plus ni moins ! "Il faut que le candidat ou la candidate soit désigné beaucoup plus tôt, qu’il ne soit pas épuisé dans des querelles et conflits internes". Cette phrase est superbe, de la part d’une candidate socialiste tout juste sortie d’une raclée comme rarement la gauche en a ramassé depuis le début de la Ve République. Au moins, on avait déjà pu s’en rendre compte durant la campagne, Ségolène Royal ne manque pas de toupet, sinon d’audace.
Est-ce BHL (dont on sait depuis la « Femme fatale » que c’est le gourou de la gourou) qui lui a soufflé dans un dîner à Saint-Germain d’attaquer ainsi d’emblée de front le PS ? Ou est-ce que c’est une tentative improvisée de la dame de Hollande pour prendre le contrôle du parti à la hussarde ? On peut raisonnablement pencher pour cette seconde hypothèse, tant l’improvisation, l’amateurisme et l’à-peu-près (ce que d’autres appellent « démocratie participative ») semblent être la règle d’or de Royal depuis de longs mois.
Quel est son raisonnement ? Simple : j’ai réuni sur mon nom 17 millions d’électeurs, j’ai ramené des électeurs de gauche aux urnes, et si j’ai perdu c’est la faute des éléphants qui n’ont pas arrêté de me critiquer pendant toute la campagne. Donc, ce n’est pas ma faute, donc je suis légitime, la seule à avoir une chance d’être élue dans cinq ans. Voilà en substance ce que pense, ce que dit Ségolène Royal. Le seul problème, c’est qu’elle est la seule à le penser, la seule à le dire au sein du PS. DSK, lui, le premier d’entre ses ennemis, pense qu’elle est grandement responsable de son échec, que sa politique du flou permanent a fini par égarer les électeurs qui n’ont rien compris à son programme, si programme il y avait, ce dont Strauss-Kahn se permet de douter, parfois à voix haute. Mais Hollande non plus ne soutient pas Royal dans son nouveau combat pour 2012 : pas à l’ordre du jour, pas d’actualité, trop précipité. Hollande, très visé aussi par DSK, qui préfère que le PS, en vue des législatives, maintienne une ligne claire, lisible, en ne mélangeant pas les échéances. Même désapprobation chez Laurent Fabius, qui dénonce les « arrière-pensées » déplacées de certain(e)s. Idem chez Elizabeth Guigou, qui, sur Canal + dimanche, a « salué » le « travail » de Royal avant de préciser que maintenant il fallait « passer à autre chose ».
Personne, en fait, n’a suivi Ségolène dans son envolée, sauf ses lieutenants, qui, pour l’instant, les braises chaudes, la suivent encore sans trop ouvrir les yeux, Bianco, Dray, Montebourg, de plus en plus gênés aux entournures quand même.
Il faut dire que le problème Royal n’est pas mince, pour les socialistes. La dame, bien que défaite (elle préfère parler de « non-victoire »), reste très populaire auprès des sympathisants du parti. L’éjecter comme une malpropre est impensable. De plus, le problème Royal est aussi un problème Hollande : le premier secrétaire, compagnon de la « non-présidente » demeure entre deux chaises, plus proche de la sortie de secours que de celle des artistes. Enfin, quand Royal affirme que pendant la campagne elle a été critiquée à chaque prise de position, elle n’a pas tort. Mais elle inverse les rôles : le problème n’est pas qu’elle ait été critiquée, le problème est qu’elle était effectivement critiquable. Moins pour son incompétence, d’ailleurs, que pour cette espèce de suffisance qui lui faisait prendre ses décisions sans jamais en référer à la rue de Solferino. C’était pas « La France présidente », c’était « Qui m’aime me suive », sans réfléchir, sans poser de questions. De quoi faire barrir le plus rose des éléphants !
L’ennui avec les socialistes, c’est qu’ils cultivent une sorte d’amour-haine envers madame Royal, qui les empêche de la remettre à sa (juste) place. On peut se demander si certains d’entre eux n’espéraient pas qu’après les résultats de dimanche elle se retirerait de la « vie politique » comme son frère de déroute Jospin. Royal vaincue rentrerait dans le rang, on la remercierait et on passerait à autre chose. Manque de pot, et avant même que DSK, le soir du second tour, n’allume les premiers contre-feux, miss Melle était déjà en train de remotiver ses électeurs pour repartir au combat. Une fois de plus, les éléphants et d’autres à gauche auront sous-estimé la capacité d’encaissement de Royal. Non seulement elle ne s’est pas retirée, mais elle envisage bien plus sérieusement de s’ancrer pour longtemps, et de préférence sans partage, à la proue du navire socialiste. Elle y croit, elle sent que « quelque chose s’est levé qui ne s’arrêtera pas », elle a 2012 « chevillée au corps ». Elle veut y aller, et elle veut qu’on lui dise oui, tout de suite. Les socialistes n’ont alors plus trop le choix : soit ils cèdent et ils prennent un pari fou sur l’avenir, soit ils refusent de céder et ils s’engagent dans un bras de fer qui ne peut que les diviser, donc les affaiblir encore plus.
Présentée il y a quelques longs mois, mais pas une éternité non plus, comme une « chance magnifique », un « signe de renouveau » pour la gauche, au sortir de primaires très surestimées, Ségolène Royal pourrait bien s’avérer en fait la pire catastrophe qu’ait connu le Parti socialiste depuis la fin de l’ère Mitterrand. Même Jospin n’aura pas fait autant de dégâts. Et ce n’est pas fini.

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"Le juste milieu est le dieu des pauvres cons." (Nabe)
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29/05 17:29 - Dr Rached TrimècheOubliez S.Royal et suivez de prés N. Sarkozy. C’est ce qui me parait le plus important. (...)
20/05 11:49 - napcheEncore et toujours à Catafalque ! j’ai oublié de vous dire : voilà une des premiéres (...)
19/05 23:30 - generalmachinà Catafalque : primo, l’âge ne fait rien à l’affaire ! secundo, trés sincérement, (...)
19/05 23:11 - generalmachinRoyal n’a pas perdu parce que c’est une femme, mais parce qu’lle n’est (...)
19/05 22:00 - jrrBonsoir Catafalque. J’en connais aussi énormément, que dis-je, des légions qui ont voté à (...)
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