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Accueil du site > Actualités > Politique > Royal veut vaincre sans combattre

Royal veut vaincre sans combattre

L’éléphanteau du peuple rose joue la cheftaine à la veille des primaires : si ses aînés pachydermes la mènent au bain de boue, elle se carapatera. Une vision nord-coréenne du débat démocratique.

Imaginez. Imaginez une nouvelle politique, sans candidats qui s’étripent, sans envolées lyriques, sans accusations mensongères, sans petites phrases assassines. Imaginez une campagne électorale, fût-elle la plus importante d’entre toutes, la présidentielle, sans échanges, sans points de vue discutés, sans engueulades. Imaginez le choix rendu soudain plus clair pour des électeurs, seulement bercés par le ronron plus ou moins charismatique de l’élu de leur cœur, qui les aurait pendant des mois convaincus de l’utilité de voter pour lui, et rien que pour lui. Imaginez une campagne façon nord-coréenne, sans affiches, sans programme, sans idées, sans choix. Imaginez une politique qui ne soit pas spectacle, qui ne défraie pas la chronique, qui soit sans livres d’enquêtes, sans investigations intempestives, sans révélations dérangeantes. Sans coups bas.

Ségolène Royal rêve de cela quand elle ne se rase pas, c’est-à-dire tous les matins. Tout le temps de sa journée. Elle rêve d’une campagne avec le genre de débats auxquels on assiste quand on est seul(e) à « débattre », justement. Sans réplique, sans « mais », sans « vous croyez que », sans « si je vous comprends bien ». Ségolène Royal ne veut ni qu’on la comprenne, ni qu’on la contredise, ni qu’on lui demande des explications ou des éclaircissements. Elle veut qu’on l’écoute, et qu’on la ferme. Ou pas loin. Elle veut bien débattre, mais pas trop. « Je ferai les débats dans la mesure où ils sont nécessaires », a-t-elle déclaré, affirmant ne pas vouloir se laisser « ballotter ». Le ballottage, pourtant, chère Ségolène, c’est très politique, c’est ce qui se passe notamment lorsque les sondages se plantent et qu’arrivent les résultats du vote, moins triomphants que prévus, plus « sujets à débat » qu’annoncé. « S’ils sont trop nombreux, si les débats sont détournés de leur véritable destination, à ce moment-là je me réserve le droit de ne pas m’y assujettir », a ajouté la reine rose. « Détournés de leur véritable signification », intéressant ça. C’est quoi débattre, justement ? N’est-ce pas comparer des points de vue, éventuellement contester, s’opposer, s’expliquer ? Quelle autre utilité que les débats, en période électorale, si ce n’est de départager différents candidats, pour essayer de deviner lequel ou laquelle est le plus à même de mériter nos suffrages ? Le débat est-il là pour une autre raison ? Et n’est-il pas de ce fait même, de par sa fonction même, un élément rigoureusement indispensable à la vie politique ? L’absence de débat n’est-elle point l’empreinte de régimes ou de partis peu démocratiques ? Au FN non plus, il n’y a pas de débat. C’est le fait du chef, et rien d’autre. On s’y plie, ou on se casse. Est-ce de ce genre de fonctionnement que rêve Ségolène ?

Alors bien sûr, dans sa réticence à affronter les débats, on devine la « crainte » de « dérapages », la peur d’attaques dites « personnelles ». Et les fans de Ségolène ne manqueront pas de monter au créneau pour défendre l’honneur de leur première dame qui ne souhaite pas entrer dans des discussions de bas étages sur le fait de savoir si elle a la carrure, qui gardera les enfants, est-ce que son frère fait encore la bombe, j’en passe et des pires. Les supporters royalistes se précipiteront sur ces motifs-là pour justifier le bémol posé par leur favorite : madame Royal a une autre idée de la politique que ces batailles de chiffonniers-là, et comme il y a de grandes chances que du côté des fabiusiens (au hasard) quelques perles fusent, elle préfère prévenir qu’elle refusera qu’on dépasse certaines bornes et que le cas échéant, elle tournera les talons et s’en ira faire chauffer la soupe du François. Son alibi serait alors tout trouvé : la volonté de faire une politique « propre », de « rompre avec certaines mauvaises habitudes ». On connaît ce type de défense, c’est celle de l’escroc ou du camelot, du perdant ou du coupable. Quand on n’a pas d’argument, de toute façon, mieux vaut trouver un moyen d’abréger les débats.

« Halte aux discussions inutiles », tel pourrait être le slogan de Royal à la veille d’étaler les divisions au sommet du PS. Elle veut « une autre politique » et dans l’avenir qu’elle désire, manifestement, il n’y pas de place pour le débat d’idées autre que celui qui suivrait scrupuleusement les règles par elle-même édictées, à savoir :
-  Pas de questions gênantes sur le « fond » (l’Europe, la politique internationale, le déficit budgétaire)
-  Pas d’attaque personnelle (les habits, la vie de famille, les frères, les enfants)
-  Pas de référence à son genre (féminin)
-  Pas d’interrogation sur son « inexpérience ».
-  Rien non plus sur ses militaires censés encadrer les jeunes délinquants.
-  Et tu n’as pas besoin de l’autorisation de ton copain pour t’exprimer, tu es libre...
-  Aucune question qui puisse l’empêcher de sourire.

C’est important, le sourire. C’est une sorte de programme, chez Royal. C’est comme les caméras et les micros chez Sarkozy. Chez Ségolène, c’est le sourire, net, parfait, appuyé, insistant. Qui dit parfois « je t’ai déjà répondu tu m’emmerdes avec ta question », et qui dit parfois « je n’ai rien à dire sur les sujet, est-ce que ça va durer longtemps ? ». Le sourire, c’est tout ce qu’elle demande, en fait, du sourire et de l’amour. Qu’on l’aime, qu’on lui déclare notre flamme. Que les militants socialistes l’ovationnent sans que le Fabius ou le Strauss-Kahn lui pourrissent la vie à coups de chiffres, de bilans, de projections ou d’hypothèses.

Ségolène ne participera aux débats qu’à condition qu’elle puisse y sourire. Si elle se sent visée, si elle sent qu’on veut lui faire dire ce qu’elle ignore, alors elle se « réserve le droit » d’écourter les agapes. C’est comme ça, ce n’est pas autrement. La seule des trois candidates à l’investiture socialiste qui pose ainsi ses conditions. Sans doute le genre de panneau dans lequel Strauss-Kahn et Fabius espéraient qu’elle tomberait.

C’est fait.


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272 réactions à cet article    


  • chiffo (---.---.86.34) 13 octobre 2006 14:02

    Hypothèse personnelle sur cette très surprenante déclaration « je ne me laisserai pas ballotter ... ». SR fait le maximum de voix lorsqu’elle peut se poser en victime (des éléphants, du machisme ...). Ce crédo commençait un peu à s’épuiser car cela fait bien longtemps que je n’ai pas entendu de critique de « bas étage » de la part de ses 2 concurrents socialistes. Elle offre donc un angle d’attaque pour que ses compétiteurs s’y ruent et qu’enfin elle puisse déclarer « vous voyez bien, ils n’arrêtent pas de me critiquer ». C’est un deux bandes classiques, mais bien aidé par quelques comparses, cela peut marcher.

    Deuxième hypothèse : les remontées de débat parmi les militants socialistes ne sont pas si bons que ça, et SR décide donc de jouer l’opinion contre les militants, en poussant éventuellement le raisonnement jusqu’à une candidature hors investiture PS.


    • Prêtresse Prêtresse 13 octobre 2006 14:58

      Armée de pointes roses et de boucliers provoquants, Fraye toi donc un occulte chemin.

      Ils rampent déjà...

      — -


    • admiratif (---.---.4.246) 13 octobre 2006 19:07

      Y’a pas prêtresse:peut-être t’ai-je mal jugée !Mais faut reconnaître que pour le bagout,tu nous la fais à minima:remarque,ça repose des querelles P.A et D.W homèriques....


    • Bill (---.---.76.11) 13 octobre 2006 14:21

      Cette femme est proprement effrayante à mon avis !

      En tous cas, elle semble s’appliquer le proverbe « soit belle et tais-toi »... Mais à ce stade, pourquoi ne pas élire la ciciollina.. ? Non ?


      • Nicolas (---.---.235.241) 13 octobre 2006 14:50

        « La politique n’est pas un concours de mensuration » Copyright Aubry.

        A tout prendre, je préférerais une Melyssa Theuriau.


      • Bill (---.---.76.11) 13 octobre 2006 15:32

        tout à fait d’accord ! Je trouve également que SR manque de charme, sa plastique m’indiffère et je ne comprend pas trop qu’elle ait pu être désigné comme étant la plus sexy. Encore un sondage bidon !

        Même ce surplus de charme qu’on peut trouver dans la voix d’une femme et dans son ton et ses propos est absent chez elle. Mais c’est égale pour moi en politique, que le président soit une femme, même affreuse ne compte pas, tant qu’il gère bien le pays...


      • (---.---.31.104) 15 octobre 2006 13:27

        Je ne sais pas vous, mais pour moi l’« indifférence » de Bill a l’égard de la beauté de Mme Royale, qui lui suscite déjà deux commentaires me semble suspecte. Je le lis à l’envers. smiley


      • gabur (---.---.155.16) 13 octobre 2006 14:49

        1) L’idée est de ne pas faire de politique avec les « politiciens » mais pour les français. Quel intérêt de débattre avec des gens qui ne font que se regarder le nombril ou débattre des sujets « non polémique », surtout dans le PS ?

        2) Je passe les remarques stupides sur le manque d’expérience : Zapatero, Schroeder ou Blair n’ont pas plus d’expérience que Mme Royal (voir moins car Zapatero n’était pas ministre avant) avant d’acceder aux plus hautes fonctions.

        3) Je pense qu’on ne se focalise pas sur le sexe de Fabius ou la vie personelle de DSK (partouzeur dites vous ?), pourquoi doit on parler de la vie de la famille de Ségolène ?

        Au global, tout au contraire de vouloir être écoutée sans être challengée, Segolène Royal est à l’écoute pendant ses meetings « live » : venez donc en voir un et vous changerez d’avis.

        Et son site Internet repose justement sur cette idée d’écoute d’ou la volonté de ne pas se prononcer « à la légère » sur certains sujets à contrario de M. Sarkozy ou Fabius.


        • Phinic (---.---.45.146) 14 octobre 2006 09:03

          Bien-sur que Ségolène est à l’écoute et elle en a besoin puisque comme elle l’a déclaré cette semaine elle pense comme l’opinion publique. Elle n’exprime donc pas ses idées mais celle de la majorité des gens qu’elle écoute.


        • yves (---.---.181.15) 15 octobre 2006 11:38

          Tout à fait d’ accord, je pense depuis très longtemps que Mme Royal ne fait que humer l’ air du temps pour proposer ce qui se coule au mieux dans les présupposées de la « Bien-pensance ».


        • (---.---.107.66) 16 octobre 2006 11:49

          « Bien-sur que Ségolène est à l’écoute et elle en a besoin puisque comme elle l’a déclaré cette semaine elle pense comme l’opinion publique. Elle n’exprime donc pas ses idées mais celle de la majorité des gens qu’elle écoute. »

          N’est-ce pas là l’essence même de la démocratie ? Les hommes (et femmes) politiques sont-ils là pour imposer leur propre vision en dépit de ce que pense le peuple, ou bien pour mettre en oeuvre celle dont les gens (qui ont voté pour eux) ont envie ?

          D’un côté on se plaint que les politiciens vivent dans leur bulle et ne sont pas à l’écoute des demandes du peuple, de l’autre on se plaint qu’ils n’imposent pas leurs idées et qu’ils calquent leurs idées sur les demandes du peuple. Ségolène Royal m’énerve sur beaucoup de points, mais au moins sur celui-ci, je l’approuve.


        • timtam (---.---.211.32) 16 octobre 2006 23:50

          Le propre de la politique, c’est aussi de faire des vraies propositions, et d’avoir au moins une opinion sur les sujets qui intéressent les citoyens. Avoir comme chef d’Etat quelqu’un qui me dit : ma réponse à vos questions, c’est vos réponses, ça m’intéresse pas ! J’attend d’un président qu’il ait une opinion sur l’entrée de la Turquie en Europe, j’attend d’un président qu’il ait une opinion sur la question du nucléaire iranien. Ce n’est certainement pas le cas de Ségolène Royal, qui se contente de faire du populisme de bas étage.


        • (---.---.107.66) 17 octobre 2006 10:27

          « Le propre de la politique, c’est aussi de faire des vraies propositions, et d’avoir au moins une opinion sur les sujets qui intéressent les citoyens. »

          Alors autant je suis d’accord pour dire qu’un homme politique doit avoir des idées claires sur certains sujets (politiques économiques, sociales, environnementales), parce que l’avis de la majorité ne débouche pas forcément sur des projets cohérents dans ces cas-là, autant sur un sujet aussi « irrationnel » que l’entrée ou non de la Turquie dans l’Europe, je ne vois pas trop en quoi son avis personnel devrait primer sur l’avis de la majorité de la population. Il s’agit d’un choix avant tout d’ordre culturel, symbolique, il s’agit d’un peuple (européen) qui décide ou non d’en accueillir un autre (turc). Donc la réaction de Royal sur ce point me paraît adéquate. L’Europe appartient aux Européens, c’est à eux de décider ce qu’ils veulent en faire.


        • duong (---.---.123.107) 17 octobre 2006 10:29

          Etre à l’écoute c’est très bien, évidemment, mais les problèmes et souhaits de la population sont extrêmement divers et contradictoires alors comment choisir ?

          en fonction de priorités, d’idées,

          et surtout en fonction du MOMENT DEMOCRATIQUE MAJEUR qu’est l’élection, le vote, le choix : celui où la MAJORITE de la population exprime un souhait.

          Dire qu’on peut « gouverner directement par le peuple » en dédaignant les élections, c’est tout à fait caractéristique des régimes anti-démocratiques.

          La démocratie, ce n’est pas le chèque en blanc, et la démocratie c’est la diversité, la contradiction, donc forcément le débat et le choix par le vote.


        • (---.---.107.66) 17 octobre 2006 11:54

          « Dire qu’on peut »gouverner directement par le peuple« en dédaignant les élections, c’est tout à fait caractéristique des régimes anti-démocratiques. »

          Qui parle de dédaigner les élections ?

          « donc forcément le débat et le choix par le vote. »

          C’est à mon avis ce qu’elle avait en tête au sujet de la question de la Turquie dans l’Europe : se ranger à l’opinion des Français telle qu’exprimée dans un référendum futur. Avec donc moult débat qui se conlueraient par un vote.


        • duong (---.---.194.89) 17 octobre 2006 13:49

          Sur la question de la Turquie, je peux comprendre sa position, même si comme l’a dit Strauss-Kahn, avant d’en arriver à un référendum, il y a d’abord des discussions, des prises de position avec les partenaires européens donc nécessité d’avoir des positions en la matière, on ne lui demande pas forcément une position « oui » ou« non » mais plutôt « pourquoi oui » ou « pourquoi non », quels sont à son sens les principes selon lesquels il faut aborder cette question.

          Quand je parlais de « dédaigner les élections », c’est le sentiment que j’ai : pour moi, ne pas poser les débats, ses positions, les objectifs, les options, les principes clairs (et pas seulement les grandes phrases avec lesquelles tout le monde est d’accord ... mais au nom desquels on peut mener toutes les politiques imaginables différentes) selon lesquels on entend gouverner ... c’est dédaigner les élections et donc la démocratie.

          Car pour moi il ne peut pas y avoir de démocratie du « chèque en blanc ». La démocratie c’est d’abord les élections, un CHOIX entre différentes options claires, un débat assez approfondi pour permettre de mieux connaitre et d’être sûr de la nature réelle de ces différentes options.


        • duong (---.---.194.89) 17 octobre 2006 13:52

          Et l’ambigüité permanente, dire une chose puis l’atténuer, voire la contredire systématiquement, est peut-être dans la fidélité à Mitterrand mais c’est pour moi aussi totalement anti-démocratique car ça ne permet pas d’avoir cette vision claire des choix proposés.


        • (---.---.107.66) 17 octobre 2006 14:45

          « pour moi, ne pas poser les débats, ses positions, les objectifs, les options, les principes clairs (...) selon lesquels on entend gouverner ... c’est dédaigner les élections et donc la démocratie. »

          Ne dites pas de telles généralités sur la démocratie. Il y a différentes conceptions possibles de celle-ci. Votre conception est très « 5è République », ou un homme de poigne doit diriger le pays selon sa pensée forte, mais pour certains, en démocratie, le rôle des gouvernants est au contraire de suivre et d’appliquer ce que demande le peuple, c’est au peuple de penser et de fixer les objectifs, d’être à l’origine des changements de société. Citons Tocqueville par exemple : « Le plus grand soin d’un bon gouvernement devrait être d’habituer peu à peu les peuples à se passer de lui ». On est bien à l’opposé de cet idéal, actuellement... à qui cela profite-t-il ?


        • duong (---.---.123.107) 17 octobre 2006 16:36

          « Votre conception est très »5è République« , ou un homme de poigne doit diriger le pays selon sa pensée forte »

          Mais c’est complètement l’opposé : je suis un farouche partisan de la suppression de l’élection présidentielle !!

          La seule chose que je dis, c’est que pour choisir lors d’une élection, il faut choisir sur quelque chose, donc sur un projet !! et à l’issue d’un débat.

          Je suis complètement à l’opposé de la conception du monarque républicain qui serait désigné sans avoir aucun dialogue avec le peuple, sur sa « bonne mine et sa profession de foi ».

          Evidemment je suis pour la démocratie participative, même si elle est par nature très limitée (et Royal le sait), évidemment je suis pour le dialogue au gouvernement et pas seulement avant l’élection.

          Mais vous ne pensez pas que vous prenez les choses complètement à l’envers en commençant par squeezer le débat AVANT l’élection et la possibilité de choisir sur des priorités et des projets et pas seulement sur une bonne mine personnelle ?

          On élit quand même nos dirigeants, et on n’a pas encore inventé un mode de fonctionnement démocratique qui permette de faire en sorte que ce dirigeant soit parfaitement « transparent » et à chaque instant, à tout moment, soit en cohérence totale avec la volonté profonde du peuple ! Ce « peuple » dont on n’imagine pas la diversité !

          Quelles réformes institutionnelles Ségolène Royal a t-elle proposées pour se rapprocher à 100.000 kilomètres au lieu de 120.000 de cet idéal ? Rien ou presque, en dehors de sa « bonne mine » !

          Ce mythe du dirigeant en permanence en cohérence avec la volonté profonde du « peuple » est en réalité une idée qui n’a jamais été professée que par des ennemis de la démocratie ! (De Gaulle inclus)

          Je suis vraiment atterré par la manière dont la candidature de Ségolène Royal est en train d’anéantir, en tout cas d’enfouir encore plus profondément les basiques même de la démocratie dans l’esprit des gens ! C’est dramatique ! Vous ne faites plus la différence entre « exprimer clairement des idées et vous laisser le choix » et « dicter sa propre volonté » ! Vous niez que le moment crucial qui distingue toutes les démocraties des régimes anti-démocratiques c’est l’ELECTION ! Le fonctionnement courant de la démocratie, la démocratie participative (extrêmement difficileen dehors du niveau local), très bien il faut les améliorer (par des propositions concrètes), mais d’abord l’ELECTION !

          Personnellement, je préfère des vrais démocrates : mon préféré est Rachid Nekkaz, il y a aussi Arnaud Mourguy avec d’autres propositions, deux conceptions de la démocratie, mais en tout cas deux démocrates !


        • Le Hérisson (---.---.121.162) 13 octobre 2006 15:01

          Sans participer aux débats ! C’est le comble, surtout que SR et Hollande ont imposé des mesures « digne d’une négociation israëlo-palestinienne » dixit la presse. J’ai fait ici meme un article « pourquoi SR va baisser dans les sondages ». J’ai oublié une cause ; elle va se scratcher elle même !!!


          • Bonjour Tristesse (---.---.241.185) 15 octobre 2006 17:03

            Hérisson Vous ne croyez pas que vous prenez vos désirs StraussKhanien pour la réalité ?


          • x (---.---.33.228) 13 octobre 2006 15:09

            Quelle bonne idée de programme, etre toujours dans le sens du vent, etre de l’avis de la majorité de la population. Ségoléne aurait donc, par exemple, maintenu la peine de mort en 81. Heureusement que nous ne sommes pas en Allemenagne dans les années 30, on sait dans quel partis en aurait milité et pour quel dictateur future elle aurait voté.

            PS : Son site internet est systèmatiquement néttoyé des questions génantes. Encore une belle preuve de démocratie citoyenne (quand ca lui convient).


            • Bill (---.---.76.11) 13 octobre 2006 15:26

              Tout à fait d’accord ! Le conformisme est effrayant, surtout en politique ! Et on peut se demander jusqu’où il pourrait aller.


            • Popeux (---.---.2.173) 13 octobre 2006 16:42

              SR n’est pas la girouette, c’est le vent.


            • Bronstein (---.---.2.244) 13 octobre 2006 18:31

              Vu de l’extérieur de la France :

              Si SR ne fait que du vent, alors ces hésitations vis-à-vis des débats internes du PS sont peut-être aussi du vent. Peut-être un vent qui deviendra une tempête le moment venu. Nous verrons. Nous pensons qu’à ce stade la seule des trois candidat(e)s qui fait des propositions fortes et concrètes, c’est SR. Fabius et DSK c’est du théorique, souvent très éloigné du « peuple ».

              Bronstein


            • machinchose (---.---.129.40) 13 octobre 2006 18:52

              Bronstein, si vous acceptiez d’aller un peu plus loin que la seule couverture médiatique vous sauriez que Fabius comme DSK qui ne sont pas franchement des amateurs (contrairement à Mme Royal ?) font des propositions extremement concrétes et plus sérieuse que « mon opinion c’est celle des français »...


            • timtam (---.---.211.32) 17 octobre 2006 00:00

              Ségolène Royal fait des propositions concrètes ??? Rétablir l’ordre juste (concept de St Augustin et Benoit XVI), la républiqe du respect... ? aller en Corse sans parler des attentats ? c’est ça des propositions concrètes proches du peuples ??? Quand on lui pose une question, sa réponse est soit « vous ne me poseriez pas cette question si j’étais un homme », soit « ma position est celle du peuple français », soit « il faut régionaliser, comme en Poitou-Charentes »...

              J’appelle pas ça des propositions, mais se moquer du monde.

              Au moins, un candidat comme Fabius fait de vraies propositions, le SMIC à 1500€, un référendum pour une république parlementaire dès les mois qui suivent l’élection, la laïcité.


            • atlanticman06 (---.---.94.73) 19 octobre 2006 18:40

              Il faudrait une bonne dose de charbon actif...


            • Gérard Wecker (---.---.119.14) 13 octobre 2006 15:11

              Vers l’annulation du scrutin des militants au PS ?

              PARIS AFP (13/11/2006) - Selon François Rebsamen, numéro deux du Parti socialiste et soutien de Ségolène Royal, celle-ci aurait confirmé sa demande d’annulation pure et simple des trois débats télévisés prévus les 17, 24 octobre et 7 novembre. Elle serait également décidée, toujours selon ce proche de la candidate socialiste à l’investiture, à annuler le vote des militants le 16 novembre pour demander au Conseil national de l’investir directement par un vote. Ni François Hollande, premier secrétaire du PS, ni les deux autres candidats ne se sont encore exprimés suite à ces propos.


              • Jojo2 (---.---.158.64) 13 octobre 2006 15:18

                Le piège a été bien tendu par les médias à la solde de Sarko : voir les candidats PS s’étriper à la télé, c’est assister à un suicide...

                A quand un face à face MAM-Sarko-Dupont Saint-Aignan ?


                • Jules (---.---.190.161) 13 octobre 2006 16:20

                  >>> Le piège a été bien tendu par les médias à la solde de Sarko.

                  Jojo, tu pourrais étayer cela, svp. Ca me paraît trop important comme remarque pour la lâcher comme ça.


                • Jojo2 (---.---.158.64) 13 octobre 2006 16:29

                  Bayrou l’a fait avant moi. Sur la 2.


                • Jojo2 (---.---.158.64) 13 octobre 2006 16:39

                  Pardon sur tf1...

                  Je cite de mémoire « je ne critique pas NS en rapellant la proximité qui est la sienne avec des responsables économiques extrèmement puissants...c’est une proximité qui est affichée et même étalée dans différents journaux...etc.. »

                  A voir


                • Popeux (---.---.2.173) 13 octobre 2006 16:47

                  Tu délire. Les débats sont une idée de Hollande.

                  Ou alors Hollande roulerai pour Sarko ! Mais bien sur ! Pour que Ségo se pete la gueule et qu’il puisse prendre sa place pour 2007... super complot de la mort.

                  Arretez de voir Sarko partout. Quand il s’agit de se rendre ridicule, le PS n’a besoin de personne.


                • Jojo2 (---.---.158.64) 13 octobre 2006 17:05

                  Point du tout...LCI c’est tf1, tf1 c’est Bouygues, Bouygues c’est Sarko...


                • T.B. (---.---.21.162) 13 octobre 2006 18:06

                  Jojo2, il faut vraiment tout leur expliquer !

                  Sarko a pour alliés occultes et objectifs France2, Bouygues, Dassault et Parisot avec ses sondages Ifop qui ont créé de toutes pièces l’adversaire Ségo. Il y aurait eu probablement la Royale pour se disputer le trône de France mais là ils ont vraiment mis - volontairement - le paquet sur marie-ségo. Rien de tel pour foutre le bordel dans un PS déjà calamiteux. Ou la main occulte de Sarko à Ségo, ça c’est pour le jeux de mots.


                • T.B. (---.---.21.162) 13 octobre 2006 18:14

                  J’ajouterai que ces mêmes personnes, globalement, ont placé Chirac à l’Elysée en 2002 en jouant à fond sur le thème de l’insécurité. Que va nous pondre cette fois-ci cette joyeuse équipe ?


                • machinchose (---.---.129.40) 13 octobre 2006 18:54

                  Aux Etats unis les primaires sont autrement plus sanglantes, il est bon d’avoir aussi un débat avant, histoire d’en savoir davantage sur les candidats et leurs idées.


                • (---.---.79.82) 14 octobre 2006 18:57

                  Tout à fait pertinent comme remarque !! Cela s’appelle une machine à perdre...

                  Louise


                • lheureestgrave (---.---.4.246) 14 octobre 2006 19:17

                  @ machinchose:j’espère que tu plaisantes en enviant les primaires aux USA:ce n’est pas de la politique,c’est du cirque qui engage beaucoup de fric et qui demande à être payé en retour:comment et pourquoi crois-tu que Bush a été élu ? Et tu les envies ? Maso ?

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