Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > Rwanda, 25 ans après le 01/10/1990

Rwanda, 25 ans après le 01/10/1990

“In a time of universal deceit, telling the truth is a revolutionary act.”

George Orwell

 

"If you tell a lie big enough and keep repeating it, people will eventually come to believe it. The lie can be maintained only for such time as the State can shield the people from the political, economic and/or military consequences of the lie. It thus becomes vitally important for the State to use all of its powers to repress dissent, for the truth is the mortal enemy of the lie, and thus by extension, the truth is the greatest enemy of the State.

Joseph Goebbels, Minister of Propaganda, Nazi Germany

A l'AG de l'ONU de septembre 2015, Paul Kagamé a attaqué "l'occident donneur de leçons" ; les "ONG internationales (manipulées par des groupes de gens ayant des intérêts et agendas cachés aboutissant à l’affaiblissement et destruction de régimes indésirés) et, bien entendu, la CPI. A Amsterdam, ce 04/10, il a sorti : "Nous refusons de vivre selon une façon dictée par d’autres". Le ton était donné depuis quelques temps déjà. N'oublions pas que ce 01/10/2015 est aussi la date du 25ième anniversaire de l'agression du Rwanda par la FPR.

Déjà à l'annonce de l'arrestation de Karenzi Karake, fin juin 2015 à Londres, Paul Kagamé avait évoqué l'"arrogance" et le "mépris" de l'Occident vis à vis de l'Afrique. Il aurait dit : "La solidarité occidentale pour avilir les Africains est inacceptable". Il avait en plus inventé le mythe de la "folie des pro-génocidaires". Tels étaient les réactions hystériques, compulsives, maniaques qu'un Kagamé et les derniers survivants de son Akazu, ont manifestées une fois de plus, lors d'une mise en cause précise de leurs rôles dans les 25 ans de malheurs que de l'Afrique des Grands Lacs vient de traverser.

Ces attitudes révèlent, s'il en était encore besoin et d'une manière totalement caractéristique, les traits fondamentaux de la paranoïa collective dont souffre cette nébuleuse kafkaïenne, véritable "nomemklatura africaine". Elles confirment la dérive démentielle dont souffre Kagamé, depuis plus de 25 ans, fluage mental prévisible pour ceux qui avaient des yeux pour voir et des oreilles pour entendre, à l'époque. Les "sorties officielles" de Kagamé sont, désormais, dignes d'un Ceausescu ou d'un Kim Il Sung et de leur descendance.

Comment osent-"ils", lui et les membres de son premier cercle, invoquer un manquement de la Communauté Internationale au moment du Génocide, étant eux-mêmes les provocateurs initiaux de ce Génocide : la première injuste agression restant, encore et toujours, l'invasion militaire du Rwanda, par le FPR, sans aucun préalable ni ultimatum, mais sous "backing" ougandais, le 01/10/1990. "Ils" ont été les promoteurs du cataclysme aidés en cela par ces mêmes puissances occidentales. Ce sont celles-là mêmes qui, en connivence avec le FPR, acceptaient de faire semblant de ne pas voir ce que leurs mains gauches donnaient (pour garantir l'impunité des premiers coupables) tandis que leurs mains droites sapaient fallacieusement toutes les initiatives qui auraient pu minimiser la catastrophe. Ils préparaient, mieux, ils planifiaient, ainsi, consciemment, la "balkanisation de la Région des Grands Lacs" et le pillage des ressources de la RDC.

Du côté Gouvernemental rwandais, "on" s'épuisait à "diluer la solution", en ajoutant du solvant tant qu'il en était possible et disponible (Réajustements structurels obligent ; appuyés par les reniements, les parjures ; les traîtrises ; les intoxications et mensonges des anciens alliés dont, en tête, la Belgique). Et cela avec certains calculs, bien entendu, pour ne pas aller ni trop loin ni trop vite et tenter ainsi d'éviter d'être lui-même, le Gouvernement rwandais, accusé d'"inside-job" (éventuellement sous fausse bannière), d'être la cause première du "chaos contingent" et de la "solution finale". Cette "éventualité ultime" était redoutée et appréhendée par le Gouvernement rwandais. Elle était espérée, ébauchée et suscitée par le FPR. Elle était "boostée in petto" par la Communauté Internationale. Elle était finalement, plus que pressentie comme inévitable par les observateurs indépendants, sur place.

De l'autre côté (FPR), "on ajoutait peu à peu du soluté" pour arriver patiemment à la sursaturation et finalement à la rupture de l'équilibre ("comme avec une capsule de bouteille de bière "Primus" qui permet vider tout un tonneau" : sic Kagamé).

Des deux côtés on avait conscience de la stratégie adverse. Celle de Kagamé était déjà soutenue, sans condition aucune, par la Communauté Internationale, Amie du peuple Rwandais ; tandis que celle d'Habyarimana était, elle aussi déjà, diabolisée par cette même communauté. Il fallait des images d'Epinal, il fallait des slogans correspondant à la largeur disponible des "Colonnes à la "Une" des rubriques "ad hoc" de la presse "main stream" de l'époque. Il fallait d'un côté des mauvais et de l'autre des bons ! Plus personne ne pourra donc, jamais, dire si c'est le "manque de solvant" ou la "surabondance du soluté" qui provoqua la "sursaturation de la solution" entraînant la réaction catastrophique de rupture de phase, la réaction de "précipitation" (au sens de René Thom) : le Génocide des Tutsi et, en plus, le géno-suicide des Hutus eux-mêmes. Mais en octobre 2015, les 25 années qui ont suivi le 01/10/1990 mettent en évidence, en dehors de tous doutes raisonnables, les objectifs de la Communauté Internationale, dans ce que Roméo Dallaire a lui-même, d'ailleurs, cité dans son livre : ""l'orchestration pour le retour au statut quo d'avant 1959"[1]

Alors que les pourparlers pour le retour des "réfugiés" Tutsi de l'Ouganda allaient aboutir à une première phase de réalisation, fin septembre 1990, cette procédure a été rompue, sans préalables, de facto et unilatéralement par ces mêmes "réfugiés". Les membres du HCR qui participaient aux négociations peuvent en témoigner. Le 01/10/1990, sous uniformes d'unités régulières de l'armée ougandaise, le FPR a été le premier injuste agresseur du Rwanda. Les Tutsis, d'origine rwandaise, qui formaient une partie de cette troupe n'avaient plus le statut de réfugiés, ayant pris les armes sous l'uniforme du pays d'asile pour attaquer le pays d'origine. Les autres parties étaient composées de mercenaires Erythréens, Somaliens, Soudanais et Tanzaniens. Pour la première fois au Rwanda on voyait des Kadogos, enfants soldats d'origine ougandaise, que le FPR importait pour infiltrer les positions adverses. Cette stratégie avait déjà été utilisée par les rebelles Ougando-Rwandais de l'armée de Musévéni pour sa prise de pouvoir contre Obote en 1986.

Fred Rwigéma, n°1 du FPR, était "parrainé" par Musévéni (et par le frère de ce dernier Salim Saleh) pour prendre, précipitamment (avant la date soi-disant "arrêtée préalablement" avec le n°2, Kagamé[2]), l'initiative de la guerre, "court-circuitant de la sorte ce même Kagamé", opportunément envoyé (écarté) par Musévéni, en "formation", à Fort Leavensworth aux USA !!! Pour avoir essayé de doubler Kagamé (révélant ainsi son véritable visage à son "plus fidèle ami"), Rwigéma signa son arrêt de mort et payera de sa vie cette trahison. Il sera assassiné dès le 02/10/1990[3]. Ceux qui l'ont tué, sous les ordres directs de Kagamé, les Bunyenyezi et Bayingana, seront eux-aussi assassinés par Salim Saleh. Ce qui positionne bien le clan Musévéni et celui de Kagamé l'un par rapport à l'autre depuis cette époque et jusqu'aujourd'hui.

Le reste de la guerre qui n'avait rien d'une libération, ni d'une rébellion, ni d'une guerre civile se résume en une succession d'actes terroristes entrepris par une armée régulière (celle de l'Ouganda), par des infiltrés sous fausse bannière et par une cinquième colonne, engendrant de la sorte des répliques, tout aussi barbares, d'une population déboussolée et hors contrôle.

Etait-ce un fait spontané de la population locale ou d'une partie de l'armée gouvernementale que les assauts (ratés) sur les camps militaires du plateau de Kigali, qui ont été tentés, la nuit du 3/10/1990 au 04/10, (avant le retour de Kagamé à Kampala) ou le fait de cellules dormantes infiltrées lors de la visite du Pape de septembre 1990[4] ? Etait-ce le fait d'une "armée de libération" ou un acte de terrorisme que de saboter la centrale hydroélectrique de Ntaruka, privant de la sorte le pays de 35% de ses besoins en électricité [5] ? Etait-ce un geste de "libérateur du peuple rwandais" que de brandir une Kalachnikov en disant "la démocratie : c'est cela pour nous.... ?". La communauté Internationale a-t-elle dénoncé cette "assertion" de Kagamé ? Les assassinats d'Emmanuel Gapyisi, de Félicien Katabazi et de Melchior Ndadaye ont-ils été perpétrés pour conforter les accords de paix ? Qui, dans la communauté Internationale a demandé un véritable enquête sur ces actes terroristes ? Etait-ce une action libératrice que l'attaque sur Ruhengéri ? La déroute de l'armée gouvernementale a permis, entre autre, de faire sortir Lizinde de prison (mais c'était pour l'assassiner, deux ans après la victoire consommée). Le nombre de civils, femmes, enfants vieillards, alors, froidement exécutées entre Byumba et l'Akagera, entre Kibungo et Rwamagana a-t-il ému les observateurs présents à la frontière ougandaise et qui ont vu les mouvements des troupes du FPR via Cyanika ? Ces régions qui grouillaient d'une population très dense se sont transformées en véritables déserts. Aucun témoin, aucun journaliste, aucun "correspondant" de guerre ne pouvait se rendre, à ce moment, dans ces régions et un million de personnes, déplacées vers Kigali, y ont créé un véritable et inévitable chaos, planifié par le FPR. Un million de personnes déplacées à l'intérieur même du Rwanda, sur untotale de 8 millions, sans que personne ne dénonce cette tactique criminelle du "bouclier humain" d'un nouveau genre, une stratégie offensive finement organisée. En effet, la Communauté Internationale cautionnera le refus de Paul Kagamé de laisser ces déplacés retourner sur leur terre, sachant que l'importation de paysans ougandais avait été planifiée et avait déjà commencé pour spolier définitivement ces nationaux.

Et ceci, ce ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres, objets du "black out" généralisé de la part de cette Communauté Internationale sur les crimes commis par FPR, avant, pendant et après la guerre.

 

Les chiffres que le FPR a avancés et que la Communauté Internationale a, de suite, avalisés sans aucune base objective de vérification, ont été prouvés comme incontestablement "techniqués". Les extrapolations les plus extravagantes ont été acceptées comme argent comptant. Mais maintenant on sait que le FPR n'a pas voulu, après la fin de la guerre et du génocide, que des enquêteurs diligentées par l'ONU effectuent des recherches sur des charniers bien identifiés...pourquoi ? Alison Desforges en avait localisés plusieurs de ces charniers dont Kagamé voulut préserver leur caractère "clandestin" ! Et de ce fait, Alison Desforges est devenue "persona non grata" au Rwanda...Un comble de cynisme pour Kagamé !!!.......Mais la chape de plomb et les silences complices de la Communauté Internationale, sur l'ampleur de tous les méfaits du FPR, permettent à Kagamé de stigmatiser, aujourd'hui encore, cette même Communauté Internationale. Tous ces crimes n'ont pas soulevé le moindre commentaire chez les Amis du Peuple Rwandais et, en cela, Kagamé a raison de parler du cynisme de l'Occident.

Tout le monde, en fait, était d'accord pour qu'"il" sacrifie, comme il l'avait annoncé, les petits Tutsi, ceux de l'intérieur qui n'appartenaient pas au "bon clan", au bon "lignage", qui n'étaient que des "traîtres" (n'ayant pas eu la "volonté" ni les moyens de partir en exil au bon moment, au bon endroit)....Le nombre de 50.000 "victimes" était d'ores et déjà annoncé, avant le Génocide, comme prix acceptable à payer[6] pour arriver à l'"instauration théorique" de la Paix, de la Démocratie et de la Liberté. Mais pour tétaniser la Communauté Internationale et la rendre aphone devant l'horreur et le diabolisme évident, il fallait aller plus loin et pour, en plus, soumettre le peuple Hutu, il fallait l'amener à commettre l'erreur fatale ou tout au moins faire croire au monde que c'est ce peuple qui a commis, à lui seul, la totalité des crimes du Génocide et que c'est le FPR qui, à lui seul, a fait cesser le Génocide. La planification infernale était parfaite et, à quelques "bavures" près, a totalement bien fonctionné.

Il était absolument nécessaire, pour "apporter la démocratie" au Rwanda, d'obtenir la garantie occidentale de non intervention.[7] Devant l'ampleur croissante du désastre, qui, de la Communauté Internationale, pouvait, dès lors, avoir la volonté, le courage et le temps de se retourner, faire marche arrière, admettre la réalité et avouer qu'"on" s'était trompé ? Kouchner ? Michel ? Blair, ? Twagiramungu ? Dallaire ? Bizimungu ?.....Kagamé a fait ce dont il avait besoin pour, dès ce moment-là : obtenir l'assurance que personne, jamais, ne pourrait plus dire, devant le cataclysme en cours, autre chose que  : "Sorry : nous ne savions pas !..." et on connaît le reste de la chanson....

Etait-ce réellement le seul moyen de faire aboutir le processus d'Arusha, dont l'accord avait été signé le 3 août 1993, que d'abattre l'avion présidentiel le 6 avril 1994 ? Toutes et tous savent très bien qui a fait quoi, comment, où, pourquoi et quand : Boutros Boutros Ghali, Kofi Anan, Madeleine Albright, Willy Claes, Bill Clinton, Louis Michel, Roméo Dallair, David Rawson, Johan Swinnen, Shakilasvili, Winter, Vukovic, Samantha Power, Susan Rice, etc, etc.

Kagamé lui-même, dans l'émission "Hard Talk", de Stephen Sackur (BBC) reconnaît implicitement sa culpabilité : "Stephen Sackur : Mais vous n’aviez pas le droit de descendre son avion et de l’assassiner  ! Paul Kagame : Eh bien j’avais le droit de me battre pour mes droits ! Stephen Sackur : Mais croyez vous que vous aviez le droit de l’assassiner ? Paul Kagame : Non [rire], mais bien sûr, Habyarimana étant du côté de ceux que je combattais, il était possible qu’il meure facilement. Supposez que j’y eusse laissé moi-même la vie ; ce juge serait-il entrain de s’intéresser à ma mort et à celui qui m’aurait tué ?...Je dis que nous étions dans une situation de guerre. Mais ceci n’a rien à voir avec l’assassin de Habyarimana. Je ne traiterai même pas de ce sujet. Je dis tout simplement qu’il n’est pas étonnant qu’un belligérant meure. Est-ce que cela signifie que quelqu’un peut monter des accusations grossières contre moi sans........ Stephen Sackur :Excusez-moi de vous interrompre…Mais vous étiez en négociation de paix avec lui à cette époque ! Le FPR négociait avec lui. Paul Kagame : Oui, et le génocide a commencé juste après. Nous avons eu un génocide.........".(BBC 7 décembre 2006)[8]

Les Hutus auraient-ils planifié[9] le génocide au début de la saison des pluies ? Eux qui n'avaient pas de ravitaillements aéroportés comme la FPR (C-130 parachutant le "matériel", d'après Twagiramungu). La saison des pluies : ce sont les routes coupées, les glissements de terrain, les ponceaux emportés et les pistes impraticables ; ce sont les accès impossibles aux rivières. 40.000 corps dans la Nyabarongo ? Qui a compté quoi ? Quand et où ? Un corps dans la Nyabarongo est évidemment celui d'un Tutsi génocidé par un ou des Hutus génocidaires ! Même un conseiller du SG de l'ONU a vu les corps depuis le pont de Rusumo, côté Tanzanie (Victor Angelo, Ancien Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies). Evidemment des Tutsi tués par des génocidaires Hutus ! Plus de 350 de Km de rivières en crues (Mukungwa, Rukarara, Nyabarongo, Akagera) avec environ six ponts (dont 4 dans la "zone" FPR) seuls endroits d'où les corps, transportés par camions, pouvaient être déversés. Ailleurs, le lit primaire des rivières en crue était inaccessible. Ensuite, à travers marais, papyrus, crocodiles et autres charognards ces cadavres seraient arrivés, "labellisés Tutsis génocidés par des Hutus génocidaires", au Lac Victoria, à environ 400 km du dernier pont rwandais..... !!!!! C'est physiquement impossible ! Et aucun témoin de tueries, aucun photographe de guerre....pour le total annoncé !!! (Sauf un certain L.H., témoin de ce qui "restait" là où les troupes du FPR étaient passées. Témoin vivant actuellement dans la clandestinité, sous protection policière.....ce qui est normal après tout !....Il ne faut jamais être là où il ne faut pas et quant il ne le faut pas ! ....). Extrapolation faite sur une période non commensurable avec celle de l'observation, sans aucun recoupement, sans analyse de la factibilité matérielle de ce qui était dénoncé !

 

Au cours du Génocide, c'est Kagamé lui-même qui a refusé l'aide étrangère. Des milliers de militaires super équipés (à Nairobi, Kampala, Entebe, Mombassa, Bujumbura, ainsi que des troupes américaines venant de l'Eurocom de Stuttgart et ceux de l'Opération Distant Runner, depuis Mogasishio) et du matériel hautement sophistiqué ainsi que toute l'intendance étaient mobilisables, en quelques heures, pour intervenir efficacement et faire arrêter les tueries. Kagamé a refusé l'intervention des forces étrangères et a même menacé de tirer sur les troupes belges si elles n'évacuaient pas dans les 48h ! Kagamé a refusé toutes les demandes de cesser le feu. Pourquoi les USA ont-ils refusé le renforcement de la Minuar et ont-ils intensément fait du lobbying pour son retrait ? Kagamé a mis trois mois pour "pacifier" un territoire minuscule (3/4 de la Belgique) qu'il aurait pu désarmer en quelques jours s'il n'avait pas été lui-même (et ses troupes) occupés à "nettoyer" l'intérieur du pays où aucun témoin n'a jamais été autorisé à accéder. Guillaume le Conquérant, en 1066 n'a mis que 17 jours pour traverser la Manche et gagner la bataille d'Hastings. Les alliés ont libéré, en 1944, la Normandie et sont arrivés à Paris en moins de 70 jours et à Bruxelles en moins de 90 jours depuis le débarquement : un territoire libéré d'une superficie de 4 à 5 fois celle du Rwanda, en moins de 100 jours, et en plus, contre des Panzers Divisons et la Luftwaffe. L'opération militaire de la fin de la sécession Katangaise a été exécutée en 2 semaines en 1963, la première guerre du Shaba dura 80 jours en 1977 et la deuxième quelques jours, en 1978. La superficie du Katanga - Shaba est 15 fois celle du Rwanda. Le Général rwandais, James Kabarebe, en 96-97, lors de la première guerre du Congo, est arrivé à Kinshasa, en moins de 7 mois. La superficie du Zaïre est 100 fois celle du Rwanda !!!!! Mais devant des hordes de quelques dizaines de débiles mentaux, ivres, camés à mort, armés de gourdins, de houes et de machettes, pataugeant dans le potopoto, il a fallut 100 jours, en 1994, au FPR de Kagamé ! En fait, pour "achever le travail" il fallait à Kagamé et l'appui d'une intendance technologiquement sophistiquée de la part de la Communauté Internationale et le délai que Bill Clinton lui garantissait avec la "War Power Resolution" du 12 avril 1994[10]. Kagamé a donc reçu, de fait, "carte blanche" de la part de la Communauté Internationale riveraine de l'Atlantique Nord pour massacrer "under false flag" et faire commettre à son "ennemi", l'erreur fatale du génocide. Diabolique ?...Mais, n'est-ce pas Carla Del Ponte qui pose la question : "Le diable n'existe-t-il pas ?". Dallaire a donné la réponse : il lui a serré la main ! Cette réalité qu'ont entrevue Christopher Black et Keyth Armon Snow rappelle, d'une façon frappante par la similarité, les faits de guerre qui se sont déroulés à Varsovie du 01/08 au 02/10 1944 et dont l'authenticité ne peut être mise en doute. Aux portes de Varsovie, l'Armée Rouge s'est arrêtée dès que le soulèvement de la résistance polonaise s'est manifesté. La SS a reçu, de facto, le feu vert des Soviétiques pour "nettoyer" Varsovie. Staline a fait personnellement stopper les mouvements du "1er Front Biélo-Russe" sous le commandement de Koniev et de la 2ième Armée Blindée (quartier Praga). Les Alliers à l'Ouest n'interviendront pas (sous prétexte de mauvaise météo) et "respecteront" ainsi le "partage Est-Ouest" de l'Europe bientôt libérée, partage préalablement déterminé et convenu entre les "blocs". La condamnation à l'extermination d'une ville d'un million d'habitants faisait aussi, très bien, l'affaire de tous. L'armée soviétique avait le temps de se "reposer" et de "nettoyer" derrière le front...... Les "100 jours de Kagamé" révèlent ainsi une tactique sous un éclairage tout à fait cohérent. Ce constat effarant est d'autant plus paralysant, stupéfiant, aveuglant pour l'observateur objectif que toute velléité de raisonnement analytique à ce sujet est immédiatement taxée de négationnisme !.....

Car après le Génocide au Rwanda, il y a les effroyables guerres d'invasion du Congo...avec des massacres d'une dimension, d'une organisation et d'une systémique telles que le Mapping Report de Navi Pillay envisage la possibilité d'un autre génocide....Et surtout, le pillage organisé, planifié et bien connu des "Amis du Rwanda", des richesses des Kivu et du reste de la RDC, en cours depuis bientôt 25 ans accompagné d'un cortège de barbaries qui est le prix à payer pour la "stabilité de la région" a travers l'imposition d'un chaos créatif d'un nouvel état d'"équilibre".

 

De Gaulle a dit qu'on ne connaîtrait jamais la vérité sur l'assassinat de Kennedy, car ce serait la fin des Etats Unis. La Perestroïka de Gorbatchef a mis en place les conditions de la déliquescence de la Nomenklatura et donc de l'URSS. Citer aujourd'hui les véritables responsables du chaos africain serait faire un pas supplémentaire vers une "révolution" plus terrible que celle de 1789 pour l'ensemble de la communauté internationale riveraine de l'Atlantique Nord.

Citer les méfaits sans citer les noms des malfaiteurs est évidemment insensé. Mais citer les noms de ceux qui ont des intérêts bassement maffieux dans l'est du Congo, en Somalie, au Soudan, en Libye, en Syrie, en Ukraine, dans les fournitures d'armes, dans les ventes d'aides humanitaires, dans les trafics de matières premières, dans les traitements inhumains (prostitutions, drogues, kadogos ; trafic d'organes) est une entreprise périlleuse à l'heure où les Cameron, Sarkozy, Rodham, Kouchner ; Michel, Blair reprennent du poil de la bête pour dire, en choeur : "Sorry"...nous ne savions pas !!!!!

 

[1]"Shake hands with the devil" : p 476

[2] S. Kinser : "A thousand Hills", P64 : la "fable" ! (ISBN 978-0-470-12015-4)

[3] Kagamé fera de Rwigéma un héros national, comme Mobutu a fait élever, à Kinshasa, une statue à la mémoire de Lumumba, à l'assassinat duquel il avait étroitement collaboré !

[4] Des milliers de jeunes catholiques Ougandais étaient entrés, officiellement, au Rwanda pour fêter la venue du Pape début septembre 1990, à Kigali. Plusieurs centaines ne retournèrent jamais officiellement en Ouganda après la visite papale !

[5] Un coopérant belge, travaillant à Electrogaz, a affirmé avoir constaté, sur place à Ntaruka que les moyens utilisés pour cette attaque étaient d'origine ougandaise.

[6] Suivant l'effroyable expression employée par Madeleine Albright à propos de l'embargo contre l'Irak.

[7] Susan Rice n'a-t-elle pas dit : "Ils savent ce qu'ils ont à faire nous n'avons qu'à regarder ailleurs" ? - L'ambassadeur belge Swinnen n'a-t-il pas reçu, dans sa résidence, Kagame et Rawson, non encore accrédité comme ambassadeur US, trois mois avant l'attentat ?

[9] Citer à la fois le mot Hutu" et le mot "planification" n'est-ce pas déjà commettre un oxymore ?

[10] S. Power fait allusion aux moyens humains et matériels mis à la disposition du FPR par les USA, dans son livre : "A problem from the hell" pp 354 et suivantes (ISBN 978-0-06-11014-5)


Moyenne des avis sur cet article :  3.33/5   (3 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • sarcastelle 8 octobre 2015 13:06

    Tiens, Goebbels écrivait en anglais. 

    Pour une courte citation, je ne crois pas qu’il y ait des droits de traduction en français à respecter. 


    • Dom66 Dom66 8 octobre 2015 22:18

      Article un peu trop court, dommage


      • Bertrand Loubard 9 octobre 2015 17:28

        @Dom66

        Peut-être un peu sarcastique comme commentaire ?...En effet, il aurait, peut-être, fallut être plus concis...Mais cette page tragique de l’histoire humaine est d’une telle importance qu’elle en prend une valeur universelle.......Et le diable ne se cache-t-il pas dans le détail ?


      • agoraphobe 7 avril 17:45

        Bonjour,

        vous écrivez : « Fred Rwigéma, n°1 du FPR, était »parrainé" par Musévéni (et par le frère de ce dernier Salim Saleh) pour prendre, précipitamment (avant la date soi-disant « arrêtée préalablement » avec le n°2, Kagamé[2]), l’initiative de la guerre, « court-circuitant de la sorte ce même Kagamé », opportunément envoyé (écarté) par Musévéni, en « formation », à Fort Leavensworth aux USA !!! Pour avoir essayé de doubler Kagamé (révélant ainsi son véritable visage à son « plus fidèle ami »), Rwigéma signa son arrêt de mort et payera de sa vie cette trahison. Il sera assassiné dès le 02/10/1990[3]. Ceux qui l’ont tué, sous les ordres directs de Kagamé, les Bunyenyezi et Bayingana, seront eux-aussi assassinés par Salim Saleh. Ce qui positionne bien le clan Musévéni et celui de Kagamé l’un par rapport à l’autre depuis cette époque et jusqu’aujourd’hui.« 

        et vous renvoyez à :
        2] S. Kinser : »A thousand Hills« , P64 : la »fable«  ! (ISBN 978-0-470-12015-4)

        Cette explication très intéressante de la concurrence entre Rwigema et Kagame l’est d’autant plus que les méandres internes au FPR sont vraiment très méconnus et que cette décision de lancer la guerre (qui ? quand ? pourquoi ?) est un problème en soi.

        Kinser : »la fable«  ? vous voulez dire que c’est la version »tué par les FAR" ?

        Merci de votre réponse.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès