• vendredi 25 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > SACEM et compagnie, le chant de l’argent
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(36 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

SACEM et compagnie, le chant de l’argent

Ha bon, vous organisez un bal du village pour financer le comité de jumelage ?
Vous êtes une association loi 1901 (sans but lucratif), certes mais pas nous. Nous nous sommes la SACEM et nous devons ponctionner vos bénéfices pour payer un salaire décent aux artistes qui nous font confiance.

" Cette rengaine, nous l’entendons résonner à travers toutes la France. Pas d’exception, pas de répit, tout le monde doit payer la dîme pour ce culte avilissant qui fait de la culture une marchandise comme les autres. Les percepteurs de la SACEM sont à l’affût des kermesses d’écoles, des bals pour financer les échanges entre communes...

Mais puisque cet argent est là pour aider les pauvres artistes à survivre, eux qui sont tant piratés sur internet, on ne peut pas refuser, surtout avec des menaces glissées entre les lignes (montant de la pénalité en cas de non paiement....) : même le gars des impôts qui vous écrit pour vous réclamer des arriérés est plus aimable. Pourtant, d’après le rapport annuel de la cour des comptes sur les organismes de gestion des droits d’auteurs, il semble que l’argent subisse une sorte d’évaporation dès qu’il arrive dans les caisses d’organismes comme la SACEM ou la SCPP (1).

Un parlementaire UMP, député de la Mayenne va demander l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire au président de l’assemblée nationale. Par ce biais il souhaite avoir des éclaircissements au sujet des rémunérations pharaoniques perçues par les dirigeants de ces sociétés alors que le marché de la musique est censé être en pleine crise. (2)
Il en a assez de constater que concitoyens voient leurs efforts ponctionnés si sévèrement. Et il n’a que trop raison, quand on sait que pour une somme dépensée aujourd’hui l’artiste ne touchera en moyenne son dû qu’en juin 2011, on se demande où passe l’argent durant tout ce temps. Et surtout où passe la partie qui manque ?


Non content de faire payer la taxe pour la copie privée aux hôpitaux qui ne font que mettre des données médicales dessus (contrairement à ce que croit la Sacem et compagnie, les hôpitaux ne sont pas des usines où on grave à la chaîne les CD piratés), les organismes de gestion ne défendent même pas les artistes comme ils le prétendent.

Mais dormez tranquille, braves gens, le gouvernement veille et il veille avec d’autant plus d’ardeur qu’il couche dans le même lit que les professionnels du divertissements et les lobbies. Nous l’avons encore vu lors de l’examen de la loi création et internet (HADOPI) où la ministre de la culture, Mme Albanel a fait siens des chiffres fournis par l’industrie culturelles. Ces chiffres montraient quel danger représentait le piratage, et donc la nécessité de conserver à la fois la taxe sur la copie privée mais aussi celle de durcir la réglementation envers ceux qui essaient d’user de ce droit pour lequel ils paient une taxe. Malheureusement pour elle, la cours des comptes américaine vient de fustiger les chiffres imaginaires et contrefaits fournis par l’industrie de la culture.... (3).

Il reste à espérer qu’en France on puisse nous aussi ôter les oeillères qui empêchent nos élus de voir clair dans le jeu de lobbies culturels et de remettre à plat le système de répartitions des droits d’auteurs une bonne fois pour toutes.....


(1) http://www.pcinpact.com/actu/news/56327-hadopi-crise-cour-compte-controle.htm

(2) http://www.pcinpact.com/actu/news/56650-yannick-favennec-sacem-enquete-parlementaire.htm

(3) http://fr.readwriteweb.com/2010/04/19/divers/gao-affirme-les-chiffres-du-piratage-sont-contrefaits/

par Oliver North (son site) mardi 4 mai 2010 - 16 réactions
3%
D'accord avec l'article ?
 
97%
(36 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Gemini (xxx.xxx.xxx.193) 4 mai 2010 10:18
    Gemini

    Il faudrait vraiment être le dernier des imbéciles pour ne pas y voir clair dans leur jeu. Pour ma part, je pencherai plutôt pour le fait que nos chers représentants soient de mèche avec ces gens là. C’est tellement gros qu’il ne peut pas en être autrement.

    Une solution en attendant : pour les kermesses et autres, ne diffuser que de la musique libre et envoyer bouler les racketteurs de la SACEM ; pour les particuliers, acheter tous les supports taxés (CD/DVD et matériels) à l’étranger.

    Également, il me semble qu’il est possible, notamment pour les institutions et les industriels, de récupérer la taxe indument prélevée. Un hôpital ne devrait aucun mal à justifier qu’il n’utilise pas ses supports pour de la copie privée

  • Par robin (xxx.xxx.xxx.1) 4 mai 2010 13:44

    Je le sais bien pour être moi même musicien interprète semi-pro, cette mafia de la SACEM est responsable de la quasi disparition sur le territoire des musiciens interprètes (avec la redevance SACEM ça coûte trop cher aux organisateurs) .

    Etant par ailleurs bénévole dans une association caritative, même en jouant gratuitement, il faut payer ces sangsues, c’est assez incroyable. Même de simples particuliers qui organisent des fêtes non lucratives y sont astreints. Je pense même que juridquement c’est illégal dans la mesure où il faudrait alors faire payer une redevance à tous les matuvus qui laissent leur autoradio hyperpuissants fonctionner sur la voie publique.

    Je pense qu’on a essayé à plusieurs reprises d’enquêter sur cette mafia, mais elle est très protégée et je crois que la cour des comptes n’a jamais eu le droit d’y mettre son nez.

  • Par Yann Amare (xxx.xxx.xxx.1) 4 mai 2010 15:29

    La SACEM, appelée aussi "la Pieuvre", est très douée (comme il est dit très justement dans ce papier) pour récupérer des droits d’artistes mais beaucoup moins quand il est question de les reverser à ces mêmes artistes, surtout quand ils sont étrangers. On se souviens de l’affaire des droits encaissés pendant la guerre et jamais reversés aux auteurs compositeurs sous prétexte qu’ils étaient juifs, ce qui démontre que c’est une vieille habitude. Je connais des tas d’artistes étrangers qui ont tout les peines du monde à se faire payer leurs droits.

    Une des arnaques les plus flagrantes de la "Pieuvre"est l’entourloupette des listes. Les patrons de bistrots qui passent de la musique sont tenus de faire une liste des œuvres le plus souvent diffusées dans leur local, la plupart du temps ils ne la font pas pour diverses raisons de temps etc. Dans ce cas (hélas fréquent) il y a une liste qui se substitue automatiquement avec bien sûr en tête Didier Barbelivien grand ami bien sûr des directeurs de la SACEM. Et c’est comme ça que ce nullard (et d’autres) se retrouve richissime, bien sûr il doit reverser quelque chose à ses copains de la Pieuvre...Et le tour est joué, pas vu pas pris !... smiley smiley

  • Par frugeky (xxx.xxx.xxx.42) 4 mai 2010 09:30

    Ben quoi, les parasites et les voleurs aussi ont le droit de vivre, non ?

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox