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Accueil du site > Actualités > Politique > Salaud de contribuable

Salaud de contribuable

Quelle effervescence ! On dirait douze comprimés d’aspirine dans un demi verre d’eau. Une vraie tempête ! Oh les méchants patrons ! Ils se distribuent des bonus et des stock-options, pendant que l’état leur file de l’argent à gogo, alors qu’ils ont plongés de bonbon et qu’ils vont licencier pleins de salariés qui n’y sont pour rien. Regardez-moi ça ! Le contribuable se sent superfloué, le président est en méga-colère, le comité d’éthique du MEDEF est au bord de l’implosion nerveuse et même les petits porteurs commencent à ruer dans les assemblées générales.

Tout ça parce que dans cette fébrilité permanente personne n’écoute personne et pourtant, on vous l’a expliqué, je ne sais combien de fois. Souvenez-vous, début février à la télé, même le président avait essayé d’en convaincre Pujadas et Ferrari, apparemment en vain, parce qu’il ne s’est même pas écouté lui-même. Donc :
 
1.) L’argent que l’état donne aux banques, aux assurances etc., n’est, soi-disant, pas de l’argent donné, mais de l’argent prêté ! De l’argent qui travaille, qui rapporte ! Le contribuable va, lui aussi, pouvoir se faire coudre des parachutes en or. Alors où est le problème ? Mais c’est que tout d’un coup le contribuable n’est plus partageur, il veut tout pour lui, le parachute, le bonus, la stock-option et la secrétaire de direction !
On lui montre ça, il veut CA (Non, pas le Crédit Agricole, bande de nigauds) !
Quand une banque prête de l’argent au contribuable pour l’achat d’une maison, le directeur de l’agence ne va pas aller vérifier, si le salon est exposé côté sud ou que la ventilation de la salle de bain fonctionne correctement. Alors lâchez-leur le cigare !
 
2.) Nous savons tous que le bon fonctionnement de l’économie mondiale est basé sur la confiance. Alors imaginez un instant que les agents des banques aient dit à leurs clients il y a quelques mois : "Ah non il faut surtout pas acheter des actions Sixitan, vous les achetez aujourd’hui à vingt euros, mais dans six mois il ne vaudront sûrement plus qu’un euro quarante !", la confiance aurait foutu le camp illico. Imaginez que les dirigeants des grosses boîtes aient fait savoir qu’il renonçaient à leurs bonus, pourtant inscrits dans leurs contrats, qu’ils n’allaient pas distribuer de dividendes à leurs actionnaires, qu’ils allaient même diviser leurs salaires par deux pour tenter désespérément de sauver les coffres, eh bien, la confiance aurait explosé en vol et l’économie mondiale avec elle.

Il faut donc comprendre que tous ces gens, des directeurs, sous-directeurs, cadres supérieurs, cadres inférieurs, jusqu’aux guichetiers, ont fait leur boulot du mieux possible quand ils ont dit à cet ouvrier retraité que les actions Sixitan étaient un excellent placement pour financer les études de sa petite fille, vu que ses parents étaient au chômage (oui, j’adore faire pleurer dans les chaumières), et c’est à ce prix que la confiance aveugle a pu continuer à faire des ravages quelques mois de plus. Tous ces gens ont donc amplement mérité ce qu’un discours poujado-démagogique veut leur enlever aujourd’hui. 
 
3.) Revenons, pour en terminer, à ce salaud de contribuable, qui la plupart du temps joue aussi les salariés, pas toujours dans une banque, mais forcément dans une entreprise qui en a besoin, qui est obligé de faire le consommateur, et qui est convié de temps en temps à faire l’électeur. Alors quand le contribuable s’énerve, s’égosille, s’indigne, vocifère avec la meute, il schizophrénise à mort, car en tant salarié, consommateur et électeur, il oublie deux ou trois petites choses :
- C’est en acceptant un salaire de misère tout en la fermant, qu’il paie les bonus des patrons à la sueur de son propre front.
- C’est grâce aux entourloupes de ces mêmes méchants patrons qu’il a pu profiter un peu plus longtemps de l’illusion capitaliste de la croissance sans limite, voire garder son job pour l’instant.
- C’est en voulant consommer le plus possible le moins cher possible qu’il soutient une économie de fabrication de camelote de masse qui justement paie ses salariés avec un lance-pierre.
 
Vouloir moraliser le capitalisme, interdire les bonus et les primes ? Autant demander à un pouvoir menteur de bien vouloir, gentiment et sans attendre, rendre les bulletins qui l’ont fait élire.
 

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13 réactions à cet article    


  • homosapiens homosapiens 28 mars 2009 14:50
    - C’est en acceptant un salaire de misère tout en la fermant, qu’il paie les bonus des patrons à la sueur de son propre front.

    c’est vrai ; et ce salaire est acceptable car il y a un nombre suffisant de chomeurs et qu’à l’heure de la mondialisation ton salaire n’est plus comparé à ceux de ton pays mais à ceux du monde entier. L’accepter est une faiblesse en première instance, mais une force en dernier ressort car si on refuse ce sera rapidement la même chose, moins cherèe (donc encore plus rentable pour les salauds de patrons) dans un pays où ce moins cher suffira à motiver les autres pour rendre ton salaire potentiel encore plus misérable au prochain coup (et encore si t’ a la chance qu’on te propose un autre boulot). Bref t’accepte sion t’es mort, ou alors il faut atomiser la chine et l’inde.

     
    - C’est grâce aux entourloupes de ces mêmes méchants patrons qu’il a pu profiter un peu plus longtemps de l’illusion capitaliste de la croissance sans limite, voire garder son job pour l’instant.

    C’est vrai, le modèle "american way of life" est sans doute la plus énorme connerie de tous les temps. La droite y trouve son compte car plus le gogo consomme plus elle s’en met plein les poches, et la gauche toujours prete à croire que le progrés technique va libérer l’homme (alors qu’elle l’aliène encore plus) se réjouit à l’idée d’une société où plus personne ne fout rien grace à de merveilleuses machines.



    - C’est en voulant consommer le plus possible le moins cher possible qu’il soutient une économie de fabrication de camelote de masse qui justement paie ses salariés avec un lance-pierre.

    C’est vrai, mais si on l’avait empéché on aurait été traité de protectionistes, nationalistes, égoistes...au contraire il fallait envoyer nos sous pour aider tous ces miséreux dont en baffouait tant les droits, qu’on avait colonisés, à qui il fallait dire pardon...et avec nos sous, nos bonne intentions, ils ont fait des usines, mis en place leur protectionisme et flingué nos emplois. Et ce n’est que le début.

    • Romain Desbois 28 mars 2009 19:06

      Oui nous avons le choix, c’est même le talon d’Achille du capitalisme !
      Toutes les banques ne se ressemblent pas (exemple LANEF), toutes les formes de consommation ne se valent pas.
      Nous avons chacun le pouvoir de notre porte-monnaie. A nous de l’utiliser comme une arme, intelligemment.


    • Romain Desbois 28 mars 2009 20:43

      Un systême qui emprunte de l’argent aux banques au nom des contribuables pour qu’ils puissent emprunter à ceux à qu’ils ont prêté, ça ne ressemblerait pas au systême Maddof ?


      • appoline appoline 29 mars 2009 20:20

        @ Romain,
        La phrase est joliment tournée et oh combien réaliste. En ce moment, pour quelques 80 euros, débités sur mon compte (sans mon autorisation, cela va de soi) pour la location d’un coffre rendu depuis un an, la société générale freine des 4 fers. Ca doit leur couter bonbon en ramette de papier car, depuis un bon mois maintenant, ils font des notes à qui mieux mieux pour savoir le pourquoi du comment ; mais en attendant, toujours pas de remboursement. Je m’accroche car leurs margouilles me dégoutent. Je changerais bien de banque mais je risque d’ouvrir un compte chez une qui est plus véreuse encore.


      • nonmaisdisdonc 28 mars 2009 20:49

        @romain desbois...vous avez trois fois raison...à minima nous avons encore un droit, celui de DIRE NON !
        IL faut s’implement agir au quotidien pour rester coherent avec ce droit de dire non lorsque cela s’impose. OUi LA NEF est une banque differente, oui on est pas obligé d’adopter comme regle la pensée unique, oui les choix de consommations nous appartiennent, oui on est pas obligé de regarder n’importte quel media pour fournir des espaces de cerveau vide pour coca cola (A moins d’en avoir ;;des espaces vides !).
        Oui vous avez raison de penser que cela inquiete le systéme en place et le quotidien reste souvent une affaire choix. Ce n’est pas toujours simple. IL faut simplement garder et developper son SENS CRITIQUE, apprendre a devenir des CONSOM’ACTEURS au lieu d’être le CONSOMATEUR que l’on voudrait que nous restions bien calmement, ne jamais oublier qu’immediatement derrière une info se profile une desinformation, rester eveiller en eteignant la télé pour allumer notre cerveau et surtout botter les fesses au politiquement correct si cela ne peut pas se faire autrement. Resistance smiley


        • MAIKEULKEUL 29 mars 2009 00:25

          La BRI explique que de nombreux investissements ont été financés sur les marchés à court terme, en deux temps : des dettes contractées en monnaie nationale (euro, livre, etc...) ont été ensuite converties en dollars via des contrats de « swaps », d’échanges entre devises.

          Ce type de montage contraint les banques à devoir se procurer des dollars pour maintenir leurs positions et les expose globalement à un type de « risque de financement » qui avait été sous évalué.

          Le graphique ci-dessous donne une idée de la transformation massive du système bancaire européen ces dernières années(1999-2008), et du mécanisme où l’endettement en devise locale a servi à alimenter l’acquisition d’actifs à l’international, à l’exception notable de la Belgique et de l’Espagne.
          http://contreinfo.info/rubrique.php3?id_rubrique=50

          Nos bankters européens ont joué avec l’argent de nos dépôts libellés en €, et les ont changés en dollars.

          Comme le dollar ne va pas tarder à plonger, ça va exploser et on n’ a pas fini de payer leurs saloperies


          • Jean-paul 29 mars 2009 09:58

            @romain desbois
            MP3,tele plasma ,Nikes ,portables derniers cris ,play station,vacances a la neige ,voiture neuve etc..........


            • foufouille foufouille 29 mars 2009 11:13

              @ jean-paul
              c’est ta vie ?
              ou tu sort jamais de ton pavillon ................


            • JL JL 29 mars 2009 10:00

              Inégalités : Bonus et primes : le (résistible) chantage des " compétents " : " " Qui possède veut plus encore. La richesse finit par n’avoir plus d’autre objet qu’elle-même (…), elle devient sa propre fin, elle se pose comme besoin universel, insatiable, illimité, que rien ne pourra jamais assouvir. … Camille Landais rappelle que, là où le revenu fiscal déclaré de 90 % de la population française a augmenté de 4,6 % entre 1998 et 2006, celui du 1 % supérieur a augmenté de 19,4 %, celui du 0,1 % de 32%... et celui du 0,01% de 42,6 % ! … Pour les patrons il y a donc des chaînes qui libèrent… On les sort chaque fois que nécessaire et pour transfigurer le démérite individuel patronal en carence collective aussi étendue que possible. Cependant lorsqu’il s’agit d’annoncer les 12 milliards d’euros de profit de Total c’est son président et lui seul qui est au pupitre, et nul ne doit en douter : ce profit est bien son œuvre."

              par Frédéric Lordon " les profits sont attribuables à ma responsabilité individuelle et les pertes à la responsabilité collective. " : Cette idée que l’entreprise doit tous ses mérites au patrons mais tous ses désordres aux employés ou à des tiers va de pair avec le principe de nationalisation des pertes et privatisation des profits.


              • ddacoudre ddacoudre 29 mars 2009 10:49

                bonjour parkane

                c’était amusant de lire ta présentation de la problèmatique, et à la fois c’est tristre de mesurer le taux d’ignorance de la population, et surtout de leur "veulerie" sans laquelle ceci ne serait pas produit, s’ils avaient eu le courage de prendre leur affaire en main plutôt que de se laisser séduire par tous les renards du placement de leur fromage.

                l’ignorance est une constante par laquelle se réalise l’évolution, et dans ce fabuleux monde de l’illusion informative, les moins nantis en savoir disposent forcément de moindre capacités de discernement.

                cordialement.


                • JONAS JONAS 29 mars 2009 22:36

                  @ TOUS :

                  Juste une petite parenthèse, les Stock-Options (C’est sous la Gauche Mitterrandienne, qu’elles ont vu le jour !).

                  Bizarre ! J’ai dit bizarre moi ? !  smiley  smiley  smiley


                  • nonmaisdisdonc 30 mars 2009 08:11

                    Certes JONAS mais une certaine dose d’honneteté intellectuelle aurait dûe vous pousser à preciser le contexte de la loi a ce moment là.
                    Ces "stocks Options" ont été crés pour permettre aux "Start Up" du moment d’offrir des compensations de salaire aux cadres createurs et autres de ces "jeunes pousses" qui ne pouvaient, en raison de leurs fragilités financières bien comprehensibles, pas attirer par des salaires motivants les profils requis .
                    C’est par la suite que la CUPIDITE du monde de la finance et des conseils d’administrations ont dévoyés à l’envie le systeme en le generalisant et en en faisant une regle de recrutement.
                    Voilà ce que vous auriez du dire cher Jonas si vous aviez voulu apporter une information complete et impartiale. Mais bon....dans ce cas là votre post n’aurait lui, eu aucune raison d’être ! smiley


                    • JONAS JONAS 30 mars 2009 10:35

                      OUI ! C’est comme les dons d’organes ! En Occident cela est bien réglementé !

                      Dans le tiers et quart monde, c’est du cannibalisme….. !

                      " C’est par la suite que la CUPIDITÉ du monde de la finance et des conseils d’administrations ont dévoyé à l’envie le système en le généralisant et en en faisant une règle de recrutement ".
                       

                      Je ne crois pas que la Gauche soit exclue de la cupidité du monde des finances…. !

                      (Ce que vous essayez d’insinuer habilement, c’est que ce sont les gens de droite qui ont vicié le système…)

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Parkane


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